jeudi 19 mai 2011

Best Song Ever (épisode 77): New Paths to Helicon Pt1 par Mogwai

Notre quête de la Best Song Ever nous mène irrémédiablement vers le chef d'oeuvre du merveilleux combo de Glasgow : Mogwai. Étiquetés post-rock, noisy et indie-rock, les écossais n'auront eu de cesse depuis 1995 de proposer une musique ambitieuse, essentiellement instrumentale et explorant la quintessence de l’énergie électrique de la six cordes.

Sorti en février 97 sous forme de 45 tours limité à 3000 copies (ayant pour face B New Paths to Helicon Pt2), ce morceau de bravoure synthétise l'essence même du groupe : une composition élégante, classieuse et élégiaque... Un pur moment de bonheur.

Le morceau démarre de manière subtile et raffinée par quelques harmonies avant qu'une paisible et envoûtante ligne de basse ne vienne bercer l'auditeur. Surgissent alors la batterie et quelques strates de guitares stratosphériques qui vous embarquent tout au long de ce nouveau chemin vers Helicon. Le voyage est exaltant, magnifique et passionné. On se sent apaisé, on se laisse happer par la chaleur de l'environnement... Et là, contre toute attente, le turbo est enclenché, la vitesse s'accélère et le voyageur est transporté à la vitesse de la lumière par le son d'une guitare distordue, noisy et d'une rondeur bienveillante... Une propulsion vers l'extase... Avant la descente tout en douceur...

Un sublime voyage devenu l'un des sommets de leurs concerts abrasifs. A voir sur youtube. A lire également, Mogwai au Trianon de Paris.

vendredi 6 mai 2011

Best Song Ever (épisode 76) : Loaded par Primal Scream

Loaded ou la chanson avec laquelle le tsunami acid house rock teinté d'ecstasy a déferlé sur l'Angleterre puis le monde entier au tout début des années 90. Une véritable révolution initiée par Primal Scream et qui est arrivée presque par hasard... Comme souvent...

Andrew Weatherall, alors journaliste pigiste pour le NME, est envoyé faire un live report du groupe de Bobby Gillespie fin 89. Le combo est alors au bord du gouffre mais contre toutes attentes Weatherall apprécie ce qu'il entend et devient même ami avec les musiciens... DJ à ses heures perdues, il entreprend de remixer l'un de ses morceaux préférés du second album de Primal Scream : 'I'm losing more than I'll ever have'. Sur une idée du groupe, il introduit le morceau par un monologue de Peter Fonda extrait du film The Wild Angels et renomme le tout loaded dans un hommage non dissimulé à la génération ecstasy qui s'éclate depuis peu sur les dancefloors britanniques.

Weatherall réinvente complètement le son du groupe qui devient un mélange improbable et inédit de guitares, de dub, de rythmiques électro planantes et de piano acidulé... Une tuerie qui s'impose instantanément. Le disque sort en février 1990 et s'écoule à 100 000 exemplaires en quelques semaines. Il confère une aura nouvelle à Primal Scream qui se voit introniser leader de la génération acid house!

Avec les royalties Primal Scream investira dans de l'équipement d'un studio où ils passeront la plupart de l'année 90 a élaboré le fantastique et légendaire Screamadelica qui vient tout juste d'être ré-édité en édition luxueuse (et hors de prix) pour fêter ses 20 ans... Moins Dieu 20 ans... Et dans quelques semaines on fêtera les 20 ans de Nervermind mais aussi de Loveless ou encore du Black album... Tout ça ne nous rajeunit pas...

vendredi 29 avril 2011

Patricia Barber au New Morning (27/4/11)

Grande soirée de musique au New Morning mercredi dernier avec le passage à Paris de Patricia Barber et de son habituel quartet. Artiste jazz moderne inspirée, la pianiste et chanteuse de Chicago livre toujours des prestations envolées. le concert du New Morning ne dérogea pas à la règle.

Entourée de ses fidèles complices (Neal Alger à la guitare, Larry Kohut à la basse et l'incroyable Eric Montzka à la batterie), Patricia reprend bien sûr des standards du jazz mais n'hésite jamais à s'aventurer du côté de la pop music ou même du Rock. Beaucoup de musicalité, de maîtrise, d'improvisation et de plaisir de partager un moment de musique en groupe.

De ce set à placer dans les bons crus, on retiendra quelques titres de Cole Porter, la reprise du Black Magic Women de Santana et surtout une version dantesque et enthousiasmante du Milestones de l'immense Miles Davis. Fabuleux!

Le groupe excelle sur scène, on sent une grande complicité et un plaisir immense à jouer live devant nos yeux. Les alternances de passage chantés et de longs instrumentaux homériques est la grande force du combo. On ne s’ennuie jamais, on est sans cesse transporté dans un voyage subtile et réjouissant...

Ça ne vaut peut-être pas les sets décontractés et libérés du mythique Green Mill de Chicago (Patricia et son groupe y jouent presque tous les lundis soir lorsqu'ils ne sont pas en tournée) mais on aura passé un bon moment. Ceux qui voudraient avoir un aperçu de ces soirées se précipiteront sur les enregistrements "Monday Night : Live at the Green Mill" disponibles uniquement en téléchargement via le site de l'artiste.

samedi 16 avril 2011

Troy Von Balthazar à la Machine du Moulin Rouge (15/4/11)

Quel plaisir de retrouver l'immense Troy Von Balthazar sur scène à Paris! 6 mois après un concert exceptionnel au Point Ephémère (et qui aura tout de même valu à Troy de décrocher la 1ère place du classement MRM des meilleurs concerts 2010!!!), le chanteur de Chokebore terminait la tournée de promotion de son second album solo à la Machine du Moulin Rouge.

En opening, on a le droit à la prestation du guitariste de Chokebore, Jonathan Kroll, qui vient défendre seul sur scène son projet experimental Newborn Riot of Dreams. Durant une demi-heure, il construit une sorte de concerto pour guitare... Plutôt spatial... Il sample ses propres parties de guitares dont il accumule les strates pour dessiner au fur et à mesure une bluffante mini-symphonie... Apaisant, hypnotique et transcendant! C'est ça le courage artistique, chapeau bas... Et dire que cette prestation s'est effectuée sur fond de brouhaha de personnes irrespectueuses qui préfèrent discuter plutôt que d'écouter l'effort de l'artiste... Un tel comportement est affligeant...

Après ce superbe interlude débarque le grand Troy sur scène. Une première chanson superbement balancée puis la tragédie. Son emblématique Télécaster ne répond plus. S'en suivent quelques minutes de flottements où Troy essaie tant bien que mal de réparer son trésor mais rien n'y fait... Et forcément quand on est artiste indé et troubadour sans le sou, on ne part pas en tournée avec des cargaisons de guitares... Fort heureusement, le crew local lui apportera une stratocaster, dont on apprendra plus tard qu'elle était restée backstage depuis 5 ans sans que personne n'y touche... Vous imaginez donc l'état des cordes et de l'accordage de l'engin après tout ce temps...

Malgré les soucis de cet instrument à l'agonie, Troy donnera le meilleur de lui-même et nous gratifiera d'une excellente prestation (malgré quelques fausses notes qu'on lui pardonnera vu les conditions). Il restera près de trois quarts d'heure seul en scène à défendre ses brillants morceaux I block the sunlight out, Very very famous, The tigers, Wings, Communicate... Troy a une vraie présence et énormement de charisme. Il ne se prend pas la tête, plaisante beaucoup et crée un vrai lien avec son public. Que du bonheur!

Christian et Adeline le rejoindront pour une demi-heure électrique et Rock à souhait. Epatant encore une fois. Bien sûr, le concert n'atteint pas les sommets entrevus au Point Ephémère en novembre pour un concert qui avait été parfait du début jusqu'à la fin, mais on a quand même eu droit à une grande prestation d'un artiste qui mériterait tellement plus de reconnaissance.

On regrettera l'absence du set-list des deux perles de How to live on nothing : Dots & Hearts et Happiness and Joy. Mais merci monsieur Balthazar de faire scintiller si fort l'étoile incandescente de l'integrité artistique. On attend maintenant avec une impatience non dissimulée le retour discographique et scénique de Chokebore... Can't wait!!!

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet immense artiste, quelques titres et même des mp3 sont dispo sur son site, c'est ici.

Tous les articles sur Troy von Balthazar à lire ICI. et ceux sur Chokebore au Trabendo, à la Maroquinierie ou dans la saga Best Song Ever

vendredi 15 avril 2011

Chinese Robots en concert privé au Studio Campus (14/4/11)

Tout premier concert pour les Chinese Robots au Studio Campus. Un petit warm-up avant d’enchaîner trois dates parisiennes dans les semaines qui viennent. Pour tous les groupes, une première scénique c'est toujours quelque chose, un mélange d'excitation après des mois de repet et d'anxiété à l'idée d'affronter le révélateur de la scène et le verdict du public.

Et autant le dire tout de suite, les Chinese Robots s'en sont très bien tirés! Malgré quelques légers bugs par ci par là, le tout est carré et d'une grande cohérence. Les 6 musiciens sont bons et ça sonne comme un groupe déjà rodé.

Alors me diriez-vous, Chinese Robots quesako? C'est d'abord le projet d'un seul homme : le chanteur PH Perromat. Auteur-compositeur, PH s'est enfermé plusieurs semaines en studio pour enregistrer un bon paquet de titres sur lesquels il joue tous les instruments (à écouter sur Myspace). Il a recruté le groupe ensuite qui répète depuis décembre pour pouvoir enfin défendre sur scène le répertoire pop rock de Chinese Robots.

Sur scène, ce qui enthousiasme avant tout c'est l'énergie Rock dégagée. Les titres enregistrés sonnent plutôt pop synthétique alors qu'en live ca déménage grave. Les deux guitaristes s'en donnent à coeur joie et un batteur métronomique et une basse ultra-présente ne sont pas en reste. les arrangements guitare et synthés sont assez recherchés et apportent beaucoup de profondeur aux chansons.

La voix sonne pop tandis que les guitares s'aventurent souvent en terre noisy. PH est bien sûr la grande attraction de Chinese Robots. Il apparait comme possédé par ses chansons et sa gestuelle sans retenue attire le regard (synthèse improbable entre un chaman et un alcoolique sous influence psychotrope). Par la voix et l'attitude il ferait penser à un mélange de Bertrand Burgalat et Philippe Katerine et du coup on est presque déçu qu'il ne chante pas en français car sa pop maquillée de rock noisy et d’extravagances électro n'aurait pas d'équivalent dans le paysage français...

dimanche 10 avril 2011

Deerhunter à la Gaîté Lyrique (9/4/11)

Les américains de Deerhunter étaient de passage à Paris dans le cadre du festival Super Mon Amour (Festival d'épopées musicales... Tout un programme...). Ce nouveau lieu de culture qu'est la Gaîté Lyrique a plutot de la gueule, une programmation pointue et une belle salle de concert avec une acoustique plutôt réjouissante... Seul bémol, cette salle pourrait concurrencer le bataclan pour la chaleur qui y règne et ca c'est vraiment pas une bonne nouvelle!

Le groupe du génial Bradford Cox est certainement l'un des plus intéressants apparus ces deux, trois dernières années. 4 albums au compteur dont le récent et iconoclaste Halcyon Digest que l'équipe d'Altanta est venue défendre à Paris. Deerhunter mélange à la perfection des influences noisy pop et shoegazing assumées pour nous livrer une sorte de pop lunaire et fantasque...

Sur scène, on croit entendre à certains moments le meilleur de Ride période Nowhere, le mur du son éclatant de My Bloody Valentine où les expérimentations bruitistes de Sonic Youth, le tout en un peu plus pop, et c'est ce qui fait la marque de fabrique et toute l'originalité de Deerhunter.
une heure et demie de concert dans les hautes sphères d'un rock expérimental qui tente de percer le mystère de la pop music et de ses mélodies imparables...

Une bien belle aventure à laquelle il est possible d'accéder grace à Arte Live Web qui propose l'intégralité du concert sur son site... Ca le fait grave!

samedi 2 avril 2011

La compilation Mind Riot Music chroniquée par Dans le Mur du Son

Une jolie critique de la première compilation éditée par le label Mind Riot Music vient d'être publiée par le très pertinent site musical Dans le Mur du Son.

Après avoir déjà écrit une belle revue du premier album de Moslyve & The Good Demons, Dans le Mur du Son nous fait l'honneur de récidiver avec 'Time Machine Collection Volume 1'.

La revue de la compilation Mind Riot Music : Time Machine Collection Volume 1 par le site musical Dans le Mur du Son est disponible ici.

Pour la chronique de Nothing to Lose de Moslyve & The Good Demons publiée en décembre c'est ici qu'il faut se rendre.

Merci à eux pour ces encouragements...

Prochaine étape pour le label : l'enregistrement en juin du second album de Moslyve & The Good Demons.

Et pour ceux qui n'ont pas encore leur exemplaire de la compile, il nous reste quelques CD avant épuisement du stock (info at contact@mindriotmusic.com).

vendredi 25 mars 2011

L'Elysée Montmartre en feu : de précieux souvenirs partent en fumée

Désastre! Un incendie a ravagé la mythique salle de spectacle parisienne de l'Elysée Montmartre près de Pigalle. C'est un pan entier de la culture parisienne qui est parti en fumée par la reduction en cendre d'une salle qui aura laissé d'éblouissants souvenirs à des milliers de personnes. Et on apprend aujourd'hui que l'avenir déjà incertain des lieux serait plus que sombre.

L'Elysée Montmartre aura ouvert ses portes en 1807 Boulevard Rochechouart dans le 18ième arrondissement de Paris. D'abord salle de bal, elle aura été salle de théâtre, de réception, de combats de boxe, de spectacle et de concerts... Elle aura inspiré des artistes comme Toulouse Lautrec, Zola ou Maupassant. Depuis plusieurs décennies, l'Elysée Montmartre était devenue la salle Rock par excellence.

Sa fin tragique m'attriste au plus haut point. Que de souvenirs en ces lieux magiques me reviennent en tête. La toute première fois bien sûr pour un concert de Saez en décembre 2000 lors de la promotion de son premier album, des temps où il était encore un jeune espoir rock français et avant qu'il ne se fige dans une posture post-ado rebel caricaturale. Me Vient ensuite à l'esprit l'immense claque reçue avec l'une des toutes premières prestations en France d'un duo qui commençait à peine à faire le buzz : The White Stripes (5/3/02). C'était dans le cadre du festival des Festins d'Aden que j'avais eu la chance de découvrir Meg & Jack White pour un concert rageur et d'une rare intensité! Souvenir impérissable! La même année le rare DJ Shadow sera venu époustoufler l'audience avec un Live fabuleux alliant un ordi et 4 platines (5/11/02) tandis que Sigur Ros aura livré les charmes enchanteurs de ses ivresses aériennes (23/10/02).

En 2003, Interpol vient prêcher la bonne parole 'Turn on the Bright Lights' (23/3/03) dans une atmosphère à la fois intimiste et percutante. Du grand art! Ma première rencontre avec Mogwai se sera également produite à l'Elysée un jour de juin 2003 (5/6/03), c'était encore l'époque où ils poussaient le volume de leurs amplis au maximum. Leur son, certes brouillon par moments, dévastait tout sur son passage... Cette version ultime de Xmas Steps restera gravée. Ce mois de juin 2003 à l'Elysée Montmartre est marqué d'une pierre blanche puisque, outre Mogwai, les Queens of the Stone Age seront venus promouvoir leur meilleur album (Songs for the Deaf) dans un chaleur pré-canicule qui a du leur rappeler leur désert californien (11/6/03)... Torride... Les Libertines auront complété la donne pour soutenir Up the Bracket (18/6/03) mais sans Doherty viré quelques jours auparavant. Un concert sous amphétamine, ultra-court, assuré par le seul Barat au chant. Punk et donc imprécis. L'année à l'Elysée se terminera en beauté avec le concert borderline d'un Ryan Adams rempli d'émotions à l'état pur (22/11/03). Une grande performance.

En 2004, après un set pour une fois convaincant des Australiens de The Vines (23/4/04) c'est le grand Peter Kruder qui illumine la soirée Panik du 5 novembre. En 2005 c'est le second concert français d'Arcade Fire qui restera dans les mémoires (16/5/05). Ils se paieront le luxe de prendre leur auditoire par les tripes et de donner l'une de ces performances sans retenue qui feront leur légende! Incroyable! En 2007, c'est Black Rebel Motorcycle Club (20/11/07) qui enflamme l'Elysée de manière encore plus intense qu'en 2005 (2/11/05), ils réussiront la prouesse de surpasser ces concerts lors de leur retour en 2010 (1/12/10).

2008 restera une grande année elyséenne avec le retour en forme de Black Francis (16/2/08), le concert chamanique du géant Tricky (30/11/08), la coup de poing Melvins (11/09/08) mais surtout l'une des dernières prestations du regretté Alain Bashung avec ses dimanches à l'Elysée (23/11/08).

En 2009, J Mascis nous rappelera toute l'originalité de Dinosaur Jr et détruira ce qui restait de nos oreilles avec son mur d'amplis Marshall. De l'année dernière, on retiendra Foals (27/11/10) et Helmet (10/12/10).

Tous ces souvenirs ne font jaillir qu'une pensée : L'Elysée Montmartre doit renaitre de ses cendres. Ce Théâtre des rêves doit reprendre vie. C'est une partie de nous-mêmes que l'on perdrait dans la fin de cette histoire... L'aventure doit continuer...

Apportons nos soutiens aux gérants et espérons que les politiques en fassent de même!

vendredi 18 mars 2011

Mogwai au Trianon de Paris (17/3/11)

Le fantastique groupe de Glasgow a lumineusement éclairé la nuit parisienne par une prestation incroyable dans le superbe théâtre du Trianon de Paris. En tournée pour défendre leur dernier et excellent album au titre ultime (Hardcore will never die but you will) Mogwai a réussi une prestation énorme.

Un son dévastateur qui allie puissance et subtilité. Chaque instrument est clairement identifiable et les montées toutes en strates successives de guitares carbonisées forment un mur du son gigantesque qui prend toute la profondeur de la salle et transporte chaque spectateur dans un état second et proche du paradis.

Avec Mogwai c'est à un véritable voyage qu'il faut s'attendre. Lumineux et élégiaque de par les résonances du dernier album, le trip se veut aussi chaotique et abyssal par moments. La part belle est bien sûr consacrée à Hardcore avec 7 morceaux joués issus du LP. D'entrée de jeu White Noise conquis l'assistance et annonce la couleur : les sommets seront atteints durant ces quelques 90 minutes de show. Le Heavy et merveilleux Rano Pano vient de suite emporter la mise et ravir un public aux anges.

On retiendra comme sommet du concert le classique 'New paths to Helicon (part 1)', tout bonnement insurpassable! Christmas steps, I'm Jim Morrison I'm dead, San Pedro ou 2 Rights Make 1 Wrong ne se trouvant pas loin en bonne position dans cet enchainement en très haute altitude.

Mogwai, un groupe ébourifant qui crée une musique à part en repoussant les limites du Rock (quelques érudits appelant celà post-rock) et en inventant un nouveau langage et des modes de communication inédits d'émotions à travers la guitare, la basse, la batterie et le synthé... Tout juste, on regrettera que le concert n'ait pas duré 3 heures pour qu'ils aient le temps de jouer des classiques comme Batcat, The Precipice, Like Herod, Hunted by a Freak ou encore Mogwai fear Satan...

Un groupe indispensable et immense!

Le set-list du concert de Mogwai au Trianon de Paris : 1. White Noise 2. Rano Pano 3. Travel is Dangerous 4. Death Rays 5. Christmas Steps 6. I know you are but what am i? 7. How to be a Werewolf 8. I'm Jim Morrison, I'm Dead 9. San Pedro 10. 2 Rights Make 1 Wrong 11. New Paths to Helicon (part 1) 12. You're Lionel Richie
rappel : 13. George Square Thatcher Death Party 14. Auto-Rock 15. Mexican Grand Prix

mercredi 16 mars 2011

Interpol au Zénith (15/3/11)

Pour la 3ième fois de leur carrière, les new-yorkais d'Interpol prenaient le Zenith de Paris d'assaut pour promouvoir cette fois ci leur quatrième Album sobrement nommé Interpol.

En débarquant à l'improviste en 2002 avec un album d'une force intime, voire claustrophobique, irrésistible, les 4 de NYC avaient frappé un grand coup. En reprenant l'histoire là où l'avait laissée Joy Division 20 ans auparavant, Interpol réussissait la prouesse de reconstruire cette musique noire et intense pour la transposer dans le New-York citadin et apocalyptique de l'après 11 septembre. Joy Division transcendait le Manchester industriel et ouvrier en perdition pour batir les cathédrales sonores post-industrielles. Interpol assimilait ce son, cette rage eructée de manière controlée pour définir le son du revival 80's sauce années 2000.

Le bien nommé Turn on the Bright Lights alternait mélancolie, noirceur et déferlements soniques punkisants. Un album remarquable à écouter dans des endroits confinés et sombre sentant le soufre. Le passage d'Interpol à l'Elysée Montmartre en mars 2003 confirmait tout le bien que l'on pouvait penser du groupe. Un concert hypnotisant et rageur. Une vraie déflagration.

Le second album, Antics, aura déçu. Plus pop, plus ouvert et moins renfermé que le premier, il séduisait les foules et laissait les premiers fans perplexes. De retour en novembre 2004 à l'Elysée Montmartre, Interpol débutait le concert dans la même veine que le disque, sans trop savoir quoi faire... Avant qu'une interruption du concert pour cause de défaillance du batteur ne vienne tout changer. Quelques minutes de flottement plus tard et le groupe réapparaissait dans une rage folle qui devasta son auditoire... Et c'est malheureusement le dernier grand moment vécu avec Interpol en concert...

Suivront un Zenith très décevant en avril 2005 puis un bien meilleur en novembre 2007 pour la promotion du très réussi Our Love to Admire. Un grand et insurpassable premier album, un second décevant et anecdotique, un troisième avec du mieux et quelques perles (Pioneer to the Falls, Rest My Chemistry) et un dernier honorable... En somme, un groupe qui semble avoir eu du mal à digérer le succès et qui a essayé d'adapter son répertoire aux salles toujours plus grandes qu'il devait remplir.

Et autant le dire tout de suite, le concert d'hier était horrible. La faute a une sonorisation odieuse. Il était très difficile de distinguer les instruments dans la bouillie sonore qui nous a été déversée. Le son des guitares était inaudible faute à une reverb trop appuyée rendant le tout brouillon. Il fallait tendre l'oreille pour entendre la voix de Paul Banks et ne parlons même pas de la batterie... La caisse claire faisait un bruit strident désagréable. Seule la basse était bien reglée et d'ailleurs on n'entendait qu'elle et cette monstueuse batterie...

Difficile de prendre le moindre plaisir dans ces conditions. Les musiciens n'en prenaient pas plus que nous et ca se voyait. Ils ont expédié leur set en enchainant les morceaux comme à l'usine et alors que chaque song grandiose que l'on anticipait était massacrée on attendait plus qu'une seule chose : que le supplice prenne fin...

L'un des plus mauvais concerts auquel j'ai assisté ces dernières années! NUL!

Espérons que le résultat soit plus probant à Rock en Seine 2011 (Interpol a été annoncé hier en tête d'affiche avec les Arctic Monkeys, les Foo Fighters de Dave Grohl ou encore The Kills).


Mise à jour 2026 : En relisant cet article, je me suis rendu compte que j'ai été assez dur avec Interpol mais la déception était à la hauteur des formidables attentes découlant de cet immense 1er album. Depuis 2011, je me suis réconcilié avec Interpol en Live, notamment pour les 15 ans de Turn on the Bright Lights au Trianon à Paris ou encore pour les 20 ans Antics à la Philharmonie de Paris. J'écouterai avec attention le nouvel album prévu ces prochaines semaines...

lundi 14 mars 2011

Beady Eye au Casino de Paris (13/3/11)

Liam Gallagher et ses anciens acolytes d'Oasis (Gem, Andy Bell et Chris Sharrock) étaient de passage à Paris pour la toute première date en France de leur nouveau combo : Beady Eye. Dans un Casino de Paris sold-out depuis des semaines, c'est le tout Paris rock branché qui se mêle à une importante colonie de britanniques.

Alors que la sono hurle du Stone Roses que des dizaines d'anglais survoltés reprennent en coeur, la tension monte pour les fans. Que va donner cette version de la dernière mouture d'Oasis amputée de son son éminence grise : le Roi Noel?

A 21h10, Beady Eye entre en scène pour ses débuts français. Et on est tout de suite rassuré avec ce brûlot rock réussi qu'est Four Letter Word. Ils ont décidé de balancer l'artillerie lourde d'entrée, histoire de balayer les doutes et de montrer à la face du monde qu'Oasis n'est plus et qu'ils peuvent continuer leur histoire du Rock sans le maestro et despote en chef Noel Gallagher.

Liam est en forme et égal à lui même. Il aime ce rôle de frontman de groupe rock, il est né avec cette musique et on se demande ce qu'il aurait bien pu faire d'autre? Ca continue à swinguer avec Beatles & Stones puis Millionnaire avant que Beady Eye ne décide de chanter les deux perles de leur premier album: le classieux For Anyone et la ballade imparable The Roller qui aurait pu etre un excellent single d'Oasis. Et ca repart de plus belle avec un Bring the Light "Jerry Lee Lewis-ien" et un Standing at the edge of the noise tendu à souhait.

Une première partie de concert de haute tenue qui emporte la mise et confirme que Beady Eye est un bon groupe de Rock qui ne se prend pas la tête et réussit l'essentiel: nous asséner quelques mélodies imparables qui s'insinuent dans notre crâne et vont y passer quelques semaines, peut être quelques mois et nous accompagner dans ces quelques tranches de vie de l'année 2011... Quant à passer le "test du temps" comme Definitely Maybe et Morning Glory, on en est pas encore là...

La seconde partie du show sera moins exaltante puisque les titres les plus aboutis auront déjà été joués. Le choix des faibles Morning Son et Sons of Stage (reprise issue de la Face B du 45 tours de Bring the Light) interpelle. On aurait préféré terminer par Four Letter Word ou the Roller, histoire de ressentir cette sensation de manque qui caractérise les bons concerts...

Au final, un premier examen de passage plutôt réussi malgré un set-list mal ficelé qui nous laisse un peu sur notre faim... La vie post-Oasis a donc démarré et il faudra faire avec. On attend maintenant avec impatience le retour de Noel...

vendredi 11 mars 2011

Peter Hook plays Joy Division at Trabendo (10/3/11)

La légende Peter Hook était sur la scène du Trabendo jeudi soir! On ne présente plus celui qui aura été le bassiste de Joy Division et New Order, tellement ces deux groupes et leurs membres ont apporté au rock, à la pop et à la musique électronique... New Order séparé, Peter Hook a décidé de monter un nouveau groupe pour reprendre en live du Joy Division. L'attente était énorme, forcément... Et le résultat vraiment excellent!

A l'annonce de ce tour axé sur la performance live des chansons du groupe culte de Manchester, beaucoup se sont offusqués d'une telle initiative en accusant Peter Hook de vouloir faire de l'argent sur le dos d'un mort... En se suicidant en 1980, à la veille de la première tournée de Joy Division aux USA, le chanteur Ian Curtis avait scellé l'aventure d'un groupe en train de devenir culte... Joy Division deviendra un mythe absolu après celà, sorte de pierre philosophale du post-punk, de la cold wave et influence incontournable de milliers de groupes rock, new wave, goth etc...

Mais honnêtement, qui de mieux placé qu'un membre éminent de Joy Division pouvait se permettre de faire revivre en live ces titres qui ont pris une telle importance dans l'histoire du Rock...? Et qui plus est le bassiste du groupe dont le son aura à jamais marqué les esprits! Oui Peter Hook a la légitimité pour s'attaquer à une telle oeuvre! Et le verdict de la scène est imparable!

Pendant 1h30, on a vibré et totalement halluciné de redécouvrir toute la force et la justesse d'une telle musique. Les morceaux n'ont pas pris une ride et ils sonnent aujourd'hui encore comme une évidence. Le groupe assez jeune est plutôt bon, Peter Hook double les lignes de basse et se charge lui même du chant... Et c'est là que réside la grande surprise de la soirée, le timbre de voix de Hook rentre en résonnance avec celui de Ian Curtis. Le Show peut prendre son envol et l'assemblée communier avec un Peter Hook presque chamanique par moments.

Les premières chansons écrites par Joy Division il y a presque 35 ans nous sont balancées en pleine figure telles des grenades. Leaders of Men, Digital ou encore Transmission nous transportent d'entrée en plein Manchester post-industriel des années 70... Mais bizarrement ce son semble provenir du coeur même d'une ère post-crise financière, morose et désenchantée... Notre présent... Sidérant...

Et le groupe enchaine avec l'intégralité du chef d'oeuvre : le premier album de Joy Division "Unknown Pleasures" . Les chansons sont délivrées dans l'ordre avec une verve épileptique. la trilogie Insight - New Dawn Fades - She's lost control est à tomber par terre... Et que dire de ce rappel de feu avec Warsaw et le final homérique avec Love will tear us apart...

Une soirée hors de l'espace temps!

mercredi 2 mars 2011

Best Song Ever (épisode 75): La Javanaise par Serge Gainsbourg

En ce jour célébrant le 20ième anniversaire de la mort de Serge Gainsbourg, nous ne pouvions continuer notre quête de la Best Song Ever sans partir à la rencontre du grand Serge. Difficile d'isoler une chanson parmi les dizaines de perles que l'artiste nous a laissées, mais au final le choix de La Javanaise parait couler de source.

Cette avec cette chanson écrite pour Juliette Gréco en 1962 que Monsieur Gainsbourg obtient ses premiers succès. On peut penser que ce superbe titre aura marqué un vrai tournant dans la carrière du maitre. Sans La Javanaise peut-etre l'histoire aurait-elle été différente? Après avoir sorti une poignée d'albums qui n'auront pas eu le succès escompté, Gainsbourg se pose des questions sur son avenir dans la chanson...

Composée au lendemain d'une soirée bien arrosée au domicile de la chanteuse, le succès de La Javanaise, chantée par Juliette Gréco, va définitivement remplir Gainsbourg de la confiance qui lui manquait. Et quel chef d'oeuvre vient-il d'écrire. Une mélodie sublime et un texte d'une grande poésie (les allitérations en v sont une tuerie...). Il enregistrera sa propre version en 1968(LP Bonnie & Clyde).

L'une des plus belles songs de la chanson française...

lundi 28 février 2011

Band of Horses à la Cigale (26/2/11)

Belle découverte à la Cigale avec ce groupe méconnu en France, pourtant signé sur le mythique label de Seattle Sub Pop. Band of Horses produit un rock sous grande influence pop de très belle facture. Beaucoup d'énergie, de présence et de complicité qui saute aux yeux pour une vraie belle soirée.

Après un premier album sorti en catimini aux US en 2006 et un changement quasi complet de line-up l'année suivante et une relocalisation du groupe de Seattle vers la Caroline du Sud d'où est originaire le chanteur et leader du groupe, Ben Bridwell, Band of Horses sort en 2010 un troisième album qui leur permet tourner dans le monde entier et d'atterir à Rock en Seine fin aout.

L'opus en question, Infinite Arms, est un savant dosage de rock purement américain, voire sudiste, de refrains pop et d'ondes positives. En fin de promo pour Infinite Arms, leur passage parisien à la cigale se fera à guichets fermés devant un public ultra-enthousiaste (c'est tellement rare à Paris...). Plutôt jeunes, les fans se dandinent et sont aux anges, la plupart connaissent les paroles par coeur et n'hésitent pas à le faire savoir.

Un concert réjouissant dans une super ambiance... Et un rappel mémorable avec Evening Kitchen chanté à deux voix (le guitariste et le chanteur) autour d'une guitare acoustique... Un pur moment de beauté et de communion avec le public, j'en ai encore des frissons.

Un bon petit groupe qui permet enfin de lancer cette année de concerts après les déceptions Cold War Kids et PJ Harvey... Merci les gars...

photo : christopher wilson

dimanche 27 février 2011

PJ Harvey à l'Olympia (25/2/11)

La mythique salle de l'Olympia a accueilli la grande PJ Harvey pour deux soirées à guichets fermés depuis des mois. Artiste d'exception, Polly Jean avait marqué les années 90 par son rock racé, épuré et incisif. Pour beaucoup PJ incarnait le meilleur d'un rock indé sans concession et porteur des valeurs mêmes de ce mouvement : l'authenticité, la force vitale et la fureur de vivre...

Polly Jean n'aura eu de cesse de se réinventer et de tenter à chaque album d'apporter quelque chose de différent. Après l'âpreté et l'incandescence de Dry et Rid of me, elle opère un premier tournant avec To bring you my love en 95 et un album aux consonances plus variées et downtempo. Suivront 3 très bons albums alliant pop, rock, fureur et merveilles...

En 2007, PJ Harvey surprend son monde et ses fans avec White Chalk. Un album au piano où la chanteuse change radicalement sa manière de composer et surtout de chanter. Très austère et pas facile d'accès pour les fans de la première heure, le disque ne laisse personne indifférent...

En sortant le 14 février dernier son 8ième album, Polly Jean poursuit dans ce nouveau sillon. Sur ce disque, elle se transforme en storyteller. Après avoir étudié l'histoire de l'Angleterre et de ses guerres, elle compose des textes racontant ces histoires de soldats et de violences millénaires, le tout à la recherche d'un certain humanisme.

Pour ré-équilibrer ces écrits guerriers, PJ aura volontairement composé une musique pastorale aux relents pop et utilisé ses nouvelles facultés vocales hautes perchées pour exprimer ses fables sans affect.

A la manière d'un Thom Yorke qui aura su depuis 10 ans utiliser sa voix comme un véritable instrument, PJ s'ouvre de nouveaux horizons... L'album est plutôt réussi et s'écoute facilement. Il offre une nouvelle facette d'une artiste en perpétuelle évolution. Cette volonté de continuer à explorer de nouvelles voies ne peut être que saluée tellement elle apparait rare de nos jours parmi les musiciens reconnus et établis...

Alors venons en donc à ce passage olympien... La totalité de Let England Shake est interpreté note pour note par PJ et ses trois acolytes (dont les très fidèles Mick Harvey et John Parish). Ceux qui ont découvert PJ avec cet album sont aux anges. Les anciens fans aussi, contents d'être là et de voir Polly Jean en action... Mais après chaque chanson, on se demande à quel moment la belle va laisser tomber son auto-harp pour reprendre sa telecaster et nous balancer quelques-uns des brûlots qui auront jalonné sa carrière... Et on attendra longtemps... Même le jubilatoire Big Exit apparait fade car réinterprété à la sauce Let England Shake... Ca fait du mal de le dire mais on s'ennuie ferme...

On sort forcément déçu, on aura vu qu'une facette de la fantastique PJ Harvey... Quand on sait tout le talent de notre anglaise on a vraiment l'impression d'être passé à côté des sensations qu'on aurait aimées ressentir. On salut la performance du jour et la volonté de se réinventer... mais pas en faisant table rase du passé... Il manquait le coeur de la carrière de PJ. A la différence d'un Thom Yorke, elle n'aura voulu tenter la posture, certes schizophrène, consistant à revisiter toutes les facettes de sa carrière au cours d'un même show... Et c'est ce qui nous laisse sur notre faim...

vendredi 18 février 2011

Radiohead : The King of Limbs ou le petit frère apaisé d'Amnesiac

Ca y'est, le nouvel album est enfin disponible! C'est avec un jour d'avance que Radiohead a autorisé le téléchargement de The King of Limbs pour ceux qui l'avaient déjà pré-commandé et attendaient avec impatience la date du samedi 19 février 2011 pour avoir accès aux précieux Mp3 (ou Wave).

A la première écoute, le disque sonne très électro et il semble que Radiohead ait décidé de reprendre sa quête là où Kid A et Amnesiac l' avaient mené... Un son entre électro, psychédélisme et rock avec une attention portée aux rythmiques destructurées façon Autechre ou autres démiurges du label warp, le tout saupoudré de basses langoureuses et chaleureuses... Surtout dans sa 1ère partie, avant que la fin de l'album ne bascule dans une sorte de folk de l'espace éthéré et rêveur...

On tient donc là le petit frère apaisé d'Amnesiac qui se transforme sur la fin en ange accédant à la félicité... Une envolée bouleversante...

Un album ambitieux et à la première écoute rayonnante... Maintenant le temps fera son oeuvre... Et vous, vous en pensez quoi?

mercredi 16 février 2011

Cold War Kids au Bataclan (15/02/11)

Les enfants de la guerre froide étaient de retour en France pour promouvoir la sortie de leur troisième album : Mine is Yours. Pour l'occasion ils se réapproprient le Bataclan, déjà visité en novembre 2008. Un concert de bonne qualité mais loin des moments homériques de leurs prestations de 2007.

J'avais découvert les Cold War Kids par hasard en février 2007 à la Cigale alors qu'ils assuraient la 1ere partie des New-Yorkais de Clap your Hands Say Yeah (disparus de la circulation depuis...?!). Ce fut un vrai choc! Leur rock épileptique, joyeux et touffu prenait vraiment aux tripes. Des chansons comme Hang me up to Dry ou We used to vacation sonnaient diablement bien et en contrepoint de la musique entendue à l'époque.

Une impression confirmée quelques semaines plus tard pour une tête d'affiche au Trabendo en mai. Un concert intense et urgent, comme si nos vies en dépendaient. A l'époque ils touchaient à l'essence même du Rock et transmettaient ce sentiment si jouissif de vivre un moment particulier... En Août 2007, ils remplaceront même au pied levé Amy Winehouse à Rock en Seine et ils assureront une belle performance sur la grande scène... On se souviendra longtemps de cette reprise possédée du Well, Well, Well de John Lennon.

Même si le premier album du groupe (Robbers & Cowards) était inégal, il contenait de vraies bonnes chansons d'une grande originalité, mélangeant rock, folk, influences gospel, le tout dans des structures alambiquées. Le second (Loyalty to loyalty) décevra un peu mais restera tout de même dans la lignée de son prédécesseur.

Le troisième album était attendu avec impatience et est donc sorti à la mi-janvier 2011. Mine is Yours me laisse quelque peu dubitatif. Il se laisse écouter et dispose de quelques belles mélodies. Un bon album de pop-rock calibré pour le mainstream. Mine is Yours devrait permettre aux Cold War Kids d'élargir sensiblement leur audience et peut-être même de réaliser une véritable percée populaire... Mais pour les fans de la première heure il manque l'originalité des débuts, la fougue et la fureur qui emportaient le quatuor de Los Angeles et insufflaient dans son oeuvre cette énergie vitale et incandescente qui faisait sa singularité...

Le concert du Bataclan aura été à l'image de l'album : sympathique et plaisant... Mais bien en deçà des prestations antérieures du groupe qui retrouva tout de même un peu de cette flamme perdue dans l'interprétation des quelques titres issus du Robbers & Cowards...

Une déception...

samedi 12 février 2011

Best Song Ever (épisode 74): Hard to explain par The Strokes

Ils sont arrivés de nulle part à la fin aout 2001, à une heure où le Rock, le vrai, avait presque disparu des radars. A la fin du siècle dernier, l'avènement mérité de la musique éléctronique avait ringardisé les groupes à guitares. Pour paraphraser James Murphy, il fallait bazarder ses guitares et acheter platines et samplers pour être hype. 4 new-yorkais de bonne famille ne l'entendèrent pas de cette oreille et osèrent balancer un album de rock racé, au son vintage et à l'énergie fulgurante, l'album annonçant la résurrection du Rock dans les années 2000 : Is This it?

Ce chef d'oeuvre concis de pop-rock songs imbibées de post-punk new-yorkais des grandes années du CBGB va exploser les oreilles de millions de gamins qui n'auront qu'une envie en écoutant The Strokes : fonder un groupe de Rock... Dans le sillage des Strokes, des White Stripes et des Libertines de l'autre côté de l'Atlantique, le mouvement renaissait une nouvelle fois de ses cendres. Le Rock est mort, vive le Rock!

Dans la pure tradition Rock, la pochette de l'album (représentant un superbe fessier) sera censurée aux Etats-Unis... Et dans le contexte du 11 septembre, la chanson ridiculisant les policiers new-yorkais (New-York City cops) sera même bannie des ondes et de la version US de l'album...

Parmi les nombreuses perles de quelques minutes qui agrémentent Is This it, Hard to explain est certainement la pierre angulaire de l'album. Un son garage et une énergie folle se dégagent de ce titre mêlant à la fois mélodies pop et guitares acérées sous influence punk, le tout sur un tempo soutenu et diablement entrainant...

Un sommet initiatique...

mercredi 9 février 2011

Best Song Ever (épisode 73): La nuit je mens par Alain Bashung

Au détour d'une fin de siècle, Alain Bashung signe avec Fantaisie Militaire l'un de ses plus beaux et plus ambitieux albums. Acclamé par la critique mais aussi le public, ce disque permet à son auteur d'atteindre des sommets d'orchestration et d'harmonie pour porter la chanson française vers de nouvelles contrées.

La langue français n'a jamais paru si majestueuse, ni si bien swinguer en chanson qu'avec ce trésor de voluptés qu'est Fantaisie Militaire. L'étendard de cet album étalon n'est autre que l'immense single La nuit je mens...

Une guitare sèche enchantée, une voix rêche qui prend l'espace, un piano Rhodes tout en retenu... Puis un déferlement de batterie qui soutient à merveille les envolées lyriques d'une section de cordes qui ne cesse de nous donner des frissons tout au long de cette chevauchée fantastique... Les mots sonnent divinement et font naitre en nous des tas d'images qui se bousculent au rythme effrené des scintillements sonores de l'orchestre.

En 2001, le maitre ira encore plus loin en poussant l'expérimentation post rock, voire post chanson française, le plus loin possible avec l'incroyable et tellement novateur l'imprudence... Un dytpique incontournable...

Une song inoubliable. Un artiste qui a laissé un grand vide en nous quittant...

Un clip superbe à voir sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=eLhz8WELr00

dimanche 23 janvier 2011

Best Song Ever (épisode 72): Parfume par Alexandre Varlet

Si il y a un chanteur français exaltant, classieux, doué et totalement ignoré, c'est bien le talentueux Alexandre Varlet. Après un premier album prometteur en 98 (Naïf comme le couteau), Varlet sort en 2003 un second album admirablement produit, le magnifique 'La dragueuse de fond' dont est extrait Parfume.

Tout semblait écrit d'avance et le dandy lettré aux textes poétiques souvent incisifs et aux mélodies imparables était promis aux sentiers de la gloire. Distribué par une major, et jouissant d'une production léchée, 'la dragueuse de fond' devait faire des ravages et placer ce nouvel intriguant sur le sommet de l'Olympe de la chanson française... Et Parfume était le hit single parfait et ambitieux...

Sauf que l'histoire begaya et le disque ne reçut pas le succès escompté... A ré-écouter cet excellent album, c'est toujours aussi difficile à croire... Comme le passage quasi inaperçu du troisième album du sieur Varlet (Ciel de fête) réalisé avec Nicolas Leroux qui donne le parfait écrin rock à la voix suave et aux textes du Monsieur. Le sublime 'Soleil noir', enregistré dans les mêmes conditions est sorti l'année dernière et est disponible en Vinyle uniquement via le label suisse Shayo (un disque qui aurait figuré dans notre top 10 de l'année si il avait été reçu à temps...).

Faisons table rase du passé et revenons à notre âge d'or lorsque sort en 2003 le titre Parfume. Une pop song belle et voluptueuse. La guitare acoustique scintille de mille merveilles, les arrangements de corde portent la chanson en apesanteur, la voix, les mots choisis par Varlet et son phrasé classieux sonnent à la perfection...

La nouvelle chanson française exigeante et talentueuse arrive sur le devant de la scène et va tout bousculer sur son passage, pour le meilleur... Malheureusement c'est le pire que l'on aura, star ac en tête, la crise du disque et des artistes au talent immense comme Alexandre Varlet seront sacrifiés sur l'autel de la médiocrité...

A lire également Alexandre Varlet à Petit Bain et dans notre TOP 10 Albums et ICI.

samedi 15 janvier 2011

The Chemical Brothers au Zénith (14/01/11)

Les Frères Chimiques sont de retour en France après 3 ans d'absence... Plus de 15 ans après leurs débuts et leur explosion au milieu des années 90 avec une poignée de disques entrant en résonnance évidente avec leur temps (Exit Planet Dust, Dig Your Own Hole et Surrender) que reste-t-il aujourd'hui de ce groupe big beat ultra puissant? Après avoir brillamment rapproché la techno et le monde du pop-rock en créant l'écrin électro parfait pour quelques brillants pigistes vocaux triés sur le volet (Noel Gallagher, Richard Ashcroft, Hope Sandoval, Kele...) qu'attendre aujourd'hui des Chem?

Elément de réponse avec un Zénith sold out vibrant de tout son corps dès les premières déflagrations de basse balancées... La réponse est clairement dans le son et le trip insidieusement proposé. A l'instar d'un Laurent Garnier, les Chemical Bros font partie de cette caste très limitée de DJ/MC capable de vous prendre par la main pour un voyage qui vous fera passer par tous les états émotionnels, sans que vous ne puissiez rien y faire...

C'est la grande force de ce groupe : ses prestations live sont toujours aussi tripantes... On a beau les voir pour la 9ième fois, c'est encore aussi bon et on part une nouvelle fois très loin dès lors que l'on décide de se laisser guider et de se livrer complètement à leur son.

Certes, les derniers albums, sans être mauvais n'apportaient rien de neuf et ne pouvaient rivaliser sur la longueur avec leurs chefs d'oeuvre des années 90. Mais qu'importe, les Chemical Brothers sont un groupe qui se déguste Live, sur les dance floors, le corps possédé et l'esprit qui lâche prise...

Un son toujours aussi énorme avec bien sûr, les titres intemporels qui vont bien comme Out of Control, Galvanize, Block Rockin' Beats, Star Guitars ou encore Setting Sun...

Un trip toujours aussi bon!

mercredi 22 décembre 2010

Best of 2010 : le Top 10 des concerts par Mind Riot Music

Puisque beaucoup de lecteurs l’ont demandé, on va leur faire un petit cadeau de Noel pour se risquer à donner le Top 10 des meilleurs concerts de l’année selon Mind Riot Music. Exercice très difficile et forcément ultra-partisan, disons que la sélection s’est faite sur le souvenir de l’intensité de ces quelques shows vus cette année…


Top 10 Concerts 2010 :

1. Troy Von Balthazar au point éphémère (4/11/10)
2. Arcade Fire à Rock en Seine (29/8/10)
3. Black Rebel Motorcycle Club au Bataclan (12/5/10)
4. Massive Attack à Rock en Seine (28/8/10)
5. Chokebore à la Maroquinerie (19/2/10)
6. Iggy & The Stooges au théâtre antique de Fourvière (14/7/10)
7. Brian Jonestown Massacre au Bataclan (27/4/10)
8. LCD Soundsystem au Bataclan (8/5/10)
9. Gorillaz au Zénith (22/11/10)10. Helmet à l’Elysée Montmartre (10/12/10)

Quelques extraits des concerts pour se remémorer quelques grands moments de cette année musicale 2010 encore une fois très riche… En espérant que 2011 le soit tout autant, voire plus…






Chokebore - Ciao L.A. (live in Paris) from Chokebore on Vimeo.




dimanche 19 décembre 2010

Best of 2010 : les meilleurs albums et concerts de l’année

Le temps des bilans de fin d’année est déjà arrivé. La première année de cette nouvelle décennie se termine et on ne l’a pas vu passer… Après notre longue revue de la décennie 2000 publiée il y a tout juste un an, on va forcément faire plus court pour cette année mais tenter tout de même de vous faire revivre les grands moments de cette année musicale 2010 vue par le prisme Mind Riot Music…

Pour rebondir sur notre analyse des années 2000 et son manque criant de nouveau mouvement musical fédérateur, au contraire des décennies précédentes, on peut d’ores et déjà affirmer que 2010 reste dans la lignée de ses devancières… Pas de révolution mais une douzaine de mois assez excitants avec la publication de quelques albums incontournables, la percée de groupes avec un avenir resplendissant et le retour sur scène de quelques gloires passées…


Les meilleurs albums de 2010

Difficile de donner un classement clairement établi mais à la vue de l’appétence de nombreux lecteurs pour cet exercice de style attendu, on va donc s’y coller… La setlist 2010 idéale de Mind Riot Music ressemblerait à cela :

1. Troy Von Balthazar : How to live on nothing
2. Arcade Fire : The Suburbs
3. Gorillaz : Plastic Beach
4. Foals : Total Life Forever
5. Warpaint : The Fool
6. Artaud : Music from early times
7. Black Rebel Motorcycle Club : Beat the devil’s tattoo
8. Autechre : Oversteps
9. The National : High Violet
10. LCD Soundsystem : This is happening

Le meilleur album et peut-être même le meilleur concert de l’année (au point éphémère) ont été délivrés par Troy Von Balthazar. Le chanteur de Chokebore nous a servi un second effort solo tout simplement magnifique. Un songwriting classieux et lumineux que l’on n’avait plus entendu depuis des années. Ajoutez à cela une dévotion entière et complète à sa musique et vous obtenez un artiste singulier et tout bonnement exceptionnel… Une grande claque et un bonheur doublé par le retour sur scène en début d’année de son groupe cultissime des années 90 Chokebore pour un concert tonitruant à la Maroquinerie… 2010 l’année TVB.

Les montréalais d’Arcade Fire, élus par la critique internationale nouveaux sauveurs du rock, ont réussi l’exploit de ne décevoir personne en sortant un 3ième album somptueux. The Suburbs démontre que le groupe a réussi à digérer son succès et à continuer à enrichir son univers musical. Un son ultra travaillé et magnifiquement produit, des chansons variées, une grande maitrise et une sérénité retrouvée font la force de ce grand album.

Damon Albarn est décidemment un génie démoniaque. Après le parfait The Good, The Bad & The Queen, la reformation de Blur et son passage épique au théâtre de fourvière en 2009, le londonien enchaine et réussit à réinventer Gorillaz en insufflant une forte dose de hip-hop dans ses propos électro… Du grand art… On attend avec impatience la délivrance de ce fameux nouvel album de Gorillaz composé sur l’i-Pad d’Albarn durant la tournée américaine (selon les rumeurs il serait en téléchargement sur le site du groupe le jour de Noël).

Les Oxfordiens de Foals auront surpris leur monde avec leur deuxième album Total Life Forever sorti au printemps. Ambitieux sans jamais être pompeux, leur math rock sous influence dance se mue en pop rock spatial et explorateur… Un talent fou…

Les quatre filles de Los Angeles qui forment le groupe Warpaint sont certainement la révélation de l’année… Après un premier Ep remarqué produit par l’ancien RHCP John Frusciante, leur premier LP The Fool nous ravit. Des voix cristallines et hauts perchées à la Siouxsie qui se lovent dans des arpèges de guitare à la Cure sous l’impulsion d’une batterie puissante et groovy à la fois… Une percée…

Artaud nous sert brillamment la suite de ses aventures aux confins du jazz, de l’électro et de la musique classique : indispensable. Black Rebel Motorcycle Club n’innove pas sur ce 5ième album mais creuse encore plus profond ce sillon noir dont on ne saurait plus se passer. Pour notre plus grand bonheur, Autechre revient à la mélodie après une décennie à tenter de la repousser au loin et tente un album apaisé que l’on adore écouter. The National aura confirmé tout le bien que l’on pensait de de ce groupe de rock indé qui délivre une nouvelle offrande de haute qualité. Enfin, This is happening ou la conclusion de l’histoire de LCD Soundsystem ferme la marche de notre classement. Le groupe electro clash du génial James Murphy, qui aura illuminé nos années 2000, termine sa cavalcade avec un troisième album plus posé, on osera dire plus pop. Moins constant en qualité que ces deux prédécesseurs, l’album recèle tout de même quelques perles comme le fabuleux ‘you wanted a hit’…

Aux portes du Top ten, on citera Liars (Sisterworld), MGMT (Congratulations), Dead Weather (Sea of cowards), Broken Bells, Massive Attack (Heligoland), These New Puritans (Hidden) ou encore Vampire Weekend (Contra)…


Live, Baby Live : les meilleurs concerts de l’année

Une belle année 2010 de concerts avec un maximum de moments jubilatoires et cette intensité tant recherchée… Parmi les meilleurs shows de l’année on citera Troy Von Balthazar au point éphémère en novembre et le retour sur scène de son groupe culte Chokebore en février dans une maroquinerie incandescente… Rock en Seine aura délivré son lot de baffes supersoniques avec une programmation haut de gamme et très variée. On retiendra les prestations de Massive Attack, Cypress Hill, Underworld et le somptueux final Arcade Fire…

On aura vibré comme rarement avec la reformation du génial groupe Lo-Fi de Stephen Malkmus : les rois du rock indé de Pavement avec s’il vous plait The National en ouverture au Zénith en mai. Le même mois on aura explosé de joie au son des toujours jouissifs LCD Soundsystem au Bataclan avant de voir l’une des meilleures prestations de l’année avec Black Rebel Motorcycle Club dans cette même salle… Et dire que Robert Devon Been se sera payé le luxe de faire un set acoustique après le concert et juste devant la salle pour quelques dizaines de fans restés là à attendre le groupe… Un moment rare… et manqué… Et que dire de la venue de Gorillaz et de ses stars (Damon Albarn, Mick Jones, Paul Simonon, Bobby Womack…) au Zénith de Paris : énorme !

Confirmation du talent scénique des Brian Jonestown Massacre avec leur passage au Bataclan en mai. Les Liars auront aussi rappelé quel groupe à part et indispensable ils forment avec deux concerts monumentaux aux nuits sonores à Lyon puis quelques jours plus tard à la Maroquinerie.
Quel bonheur de revoir sur les routes une idole de la chanson française : Monsieur Jacques Dutronc qui n’a rien perdu de son talent. Dans le cercle des légendes de passage en France on aura halluciné avec le show Iggy Pop & The Stooges à fourvière ou encore l’énorme spectacle AC/DC au Stade de France… C’est ça le Rock’n’roll…

Côté rock français, deux belles prestations d’Eiffel à fourvière puis surtout au Zénith de Paris auront prouvé qu’ils sont bien les leaders de l’hexagone en la matière… Talonnés par M, toujours aussi spectaculaire en live…

Rayon découvertes enthousiasmantes : Warpaint à la Cigale, These New Puritans au point éphémère, The Xx à fourvière, Broken Bells au Nouveau Casino et Foals à L’Elysée Montmartre.
Le coup de cœur 2010 : Helmet à L’Elysée Montmartre !

Et bien sûr on rappellera la sortie sur le label Mind Riot Music du premier album noisy pop de Moslyve & The Good Demons (qui aura eu l’honneur d’une chronique dans MAGIC et danslemurduson) et de la très éclectique compilation Mind Riot Music : Time Machine Collection Volume I. En 2011 on attend avec impatience un possible volume II, quelques rééditions d’albums de Lys Last Stand et A Free Soul et surtout le deuxième album de Moslyve and The Good Demons.

Vivement 2011 !

dimanche 12 décembre 2010

Vincent Artaud au Duc des Lombards (11/12/10)

Changement radical de décor et d'ambiance pour ce dernier concert de l'année 2010. Direction Chatelet et le prestigieux club de jazz le Duc des Lombards pour voir en live le jazzmen français adepte de l'électro : Vincent Artaud.

Bassiste, arrangeur et en somme multi-instrumentiste talentueux, Vincent Artaud sort ces jours ci son 3ième album en solo (Music from early times). Ses aventures sonnent de manière toujours aussi incroyable. En mélangeant jazz, électro et même classique, il arrive à créer une musique ambitieuse, raffinée et presque d'avant-garde.

Il nous prend par la main et nous emmène dans un voyage passionnant et inédit aux frontières de la musique électronique, du jazz et de la musique classique pour nous faire découvrir un nouvel eldorado. Brillant, innovant et indispensable !

Dans le très parisien Duc des Lombards, Vincent Artaud expose pour la 1ere fois en live son nouvel ovni avec le concours d'un clavier (Rhodes), d'un spécialiste des instruments à vent (saxo, flûte, cor anglais) et d'un excellent batteur. Artaud s'occupe de la basse et d'une formidable palette de sons electro qu'il pilote avec un clavier maitre roland...

Dans cette petite salle, le rendu est tout bonnement époustouflant et on prend un plaisir fou à s'immerger dans ces nouvelles et excellentes compositions. On passe par tous les sentiments par la constance d'une musique ultra-moderne et élégiaque. On pense par moment au Miles Davis de 1970 au Cellar Door lorsque ce dernier faisait jouer Keith Jarrett sur piano électrique et qu'il découvrait l'electro jazz avant l'heure et de se lancer dans sa formidable épopée jazz-rock... C'est pour dire le niveau...

Un artiste épatant qui permet de finir l'année sur une note assez élevée.

samedi 11 décembre 2010

Helmet à l'Elysée Montmartre (10/12/10)

Le groupe de Page Hamilton était enfin de retour en France après de trop longues années d'absence. De manière assez surprenante, L'Elysée est loin de faire le plein et c'est devant une audience clairsemée que le combo originaire de New-York City débarque sur scène...

Quel plaisir de retrouver l'énergie magnifique de leur son, savant mélange de mélodies syncopées, de metal avec surcouche noisy et du chant plutôt rock et cristallin d'Hamilton... Une vraie marque de fabrique made in Helmet qui fait aujourd'hui encore toute leur singularité et leur force explosive. Tout amateur de rock dur devrait avoir dans sa discothèque la trilogie des nineties Meantime - Betty - Aftertaste... Un must absolu...

Cette musique prend tout son sens en live avec la force des décibels, la présence puissante des musiciens et la fougue d'un Page Hamilton en grande forme qui dira régulièrement quelques mots entre les chansons. Le public apprécie et lui fait savoir... L'ambiance est bon enfant et agréable malgré les décharges soniques assénées...

Le groupe puise dans chacun de ses 7 albums même si tout naturellement l'accent est mis sur le dernier en date Seeing Eye Dog. Sans surprise ce sont les morceaux issus des années 90 qui remportent la palme et créent une belle cohue dans la fosse (Unsung, Renovation...).

Et que dire de ce rappel monstrueux et dévastateur qui à lui seul pouvait justifier de s'être déplacé... Le Triptyque See U Dead - In the Meantime - Milquetoast embrase la salle... L'énergie est à son comble, la foule est survoltée et on prend un panard d'enfer...

On sort heureux et épuisé... On vient de prendre ce genre de décharge qui vous fait ressentir chaque atome de votre corps... Du grand art!