On fête cette année le 10ième anniversaire de Black Focus, l'album séminal de Yussef Kamaal, le duo formé à l'époque du clavièriste Kamaal Williams et du prodige Yussef Dayes à la batterie. Ce disque angulaire, qu'il faut absolument posséder en vinyle dans sa discothèque, a été l'étincelle qui cristallisa l'émergence de la nouvelle scène Jazz UK.
Dans leur sillon, des artistes ou groupes anglais comme Shabaka Hutchings, Nubya Garcia, Ezra Collective ou Kokoroko ont apporté une vitalité nouvelle au mouvement en mélangeant jazz, hip hop, trip hop, afrobeat, electro et bien sûr l'acid jazz mythique des 90s. Une belle porte d'entrée de cette scène, outre Black Focus, reste la compilation We out There sous la coupe de Shabaka Hutchings, personnage incontournable du mouvement.
C'est donc avec délectation, que je me rends au New Morning, pour enfin voir Kamaal Williams sur scène dans cet antre parisien du jazz (qui fut aussi le lieu privilégié par Prince pour ses after shows parisiens jusqu'à l'aube devenus légendaires...).
Contre toute attente, l'audience est plutôt jeune. C'est marrant de voir que ce mouvement attire plus les jeunes que les concerts de Rock... Kamaal Williams, hoodie noir et capuche vissée sur la tête (durant tout le concert) entame la soirée avec un duo avec le batteur David Collum II, originaire de Chicago.
Ca commence doucement avec des nappes de synthés aériennes et une batterie tout en finesse, David effleurant les cymbales pour apporter une résonance tout en nuances et au diapason des intentions du pianiste. Mais d'un coup, Williams entame des accords saccadés, façon acid jazz pour lancer David Collum II dans un déferlement tonique et enthousiasmant se rapprochant de l'état de transe.
Et c'est bien toute la magie de cette musique, de nous faire passer par des phases de douceur absolue, de contemplations, à d'autres frénétiques, dansantes et hypnotiques. Sur scène, le bassiste anglais Stuart Zender rejoint la troupe, ainsi qu'un saxophoniste de haut vol. Les ébats sont lancés et durant presque une heure et demie on naviguera entre free jazz, dance, transe, acid house, bossa nova (2 reprises avec au chant un DJ brésilien et un guitariste français). Un voyage épique et rempli de bonnes ondes...
David Collum II est très clairement impressionnant à la batterie. Dans la lignée des grandes références en la matière... Assurément. Entre free jazz et afro beat, un groove fantastique...
Une soirée euphorisante... A lire également Nubya Garcia et Sons of Kemet (Shabaka Hutchings) au Bataclan.



























