Que c'est bon de retrouver Miles Kane en concert et au top de sa forme. C'est comme aller voir un vieux pote qu'on avait un peu perdu de vue et que l'on retrouve avec plaisir, toujours le même mais différent, Un ami qui a su, malgré les épreuves de la vie, se régénérer et garder sa précieuse générosité.
Dès ses débuts en 2008 avec The Rascals, on avait adoré le groove et la sincérité du petit gars de la Merseyside. On avait assisté, ébahi, à la consécration Last Shadow Puppets à l'Olympia cette même année 2008 avec James Ford à la batterie et derrière un orchestre symphonique. Son 1er album solo, Colour of the Trap était une masterclass et puis la suite nous a moins interessé.
Miles Kane s'est un peu perdu en partant vivre à LA, près de son pote Alex Turner qui tournait vrai con prétentieux à l'époque, après avoir sorti des disques remarquables avec les Arctic Monkeys jusqu'au chef d'oeuvre Suck it and See.
La renaissance de Miles Kane, date de l'après covid et de l'enregistrement du superbe album sous influence Motown, Change the show. En se reconnectant avec la musique de son enfance, Kane se réinventait et pouvait ouvrir un nouveau chapitre. Le disque suivant, One Man Band, produit et co-écrit avec son cousin, James Skelly, le leader des géniaux The Coral, enfonçait le clou et voyait Miles Kane revenir vers ses amours indie rock.
La rencontre avec Dan Auerbach des Black Keys semble avoir été un coup de foudre amical qui donna naissance à ce nouveau disque, Sunlight in the Shadows, co-écrit et produit par Auerbach et enregistré dans son studio à Nashville avec les meilleurs session men du coin. Un bijou.
Et c'est en live que l'on peut ressentir toute la générosité et l'authenticité de Miles Kane. Il donne tout à chaque fois dans un don de soi sincère qui touche son public. Si à l'Epicerie Moderne, le son était excellent, au Trianon, malgré un rendu sonore plus incertain, la réaction d'un public en feu a fait la différence.
Ce lien avec son public est indéfectible. On a rarement vu un artiste partir de scène avec un public qui continue de chanter le refrain de la chanson, "na na na don't forget who you are", pendant plusieurs minutes avant que le groupe ne revienne pour reprendre la chanson là où le public l'avait laissée. Phénoménal et jouissif...
La setlist entre les 2 shows est assez similaire, même si le public lyonnais aura droit à une reprise du "Lust for Life" de l'immense Iggy Pop. On regrettera l'absence de l'hymne Baggio des 2 concerts mais sinon c'est un best of qui tient sacrément la route. Mentions spéciales, tout de même, aux morceaux de One Man Band : Troubled Son, Heal, Never taking me alive. On a adoré aussi les 2 versions de Walk on the Ocean, peut etre meme encore plus psychédélique à Lyon. Une merveille.
Deux soirées enthousiasmantes et qui font du bien. On aura aussi découvert en 1ere partie au Trianon un autre groupe indie pop assez fantastique : After Geography. Les lyonnais viennent de sortir leur 1er album, A hundred mixed emotions, qui est un recueil de pop ensoleillée et magistralement arrangée. Sur scène, on a l'impression de voir un groupe ultra rodé alors qu'il n'a que quelques années d'existence. A suivre de près...
A lire également Miles Kane à l'Olympia ou the Last Shadow Puppets dans cette meme salle, ou encore The Coral ou Arctic Monkeys en Best Song Ever.








































