samedi 1 octobre 2022

LIFE au Point Ephémère (30/9/22)


 Encore un nouveau groupe ultra excitant venu de la terre du Brexit. LIFE (quel nom!) était de passage au Point Ephémère pour soutenir son 3ième opus, le succulent North East Coastal Town sorti cet été du coté de Liquid Label.

LIFE n'est pas le groupe UK dont on parle le plus dans ce déboulé de talents qui s'épanouissent dans le chaos des crises successives... Comme à la fin des années 70, il semble que la crise sévère engendre au Royaume Uni une flopée de rejetons qui transforment la merde ambiante en art! 

Alors que leur 3ieme LP est un grand disque où leurs influences punk nourrissent des mélodies imparables, à moins que ce ne soit l'inverse, on ne comprend pas vraiment que LIFE ne soit pas plus remarqué... 


Pourtant sur scène, l'énergie folle véhiculée est contagieuse. Dès le 3ieme morceau, le chanteur Mez Sanders-Green descend dans la fosse et crée une mini émeute. Les pogo sont lancés et ne s'arrêteront presque plus durant tout le concert. Il faut dire que l'énergie punk du combo ne peut qu'amener son auditoire à se trémousser, à se dépenser, à se libérer et tout ça dans un joyeux bordel.

LIFE jouera la quasi intégralité de son nouvel album et il est clair que ce disque les voit passer un sacré cap. Ce disque regorge d'hymnes aux refrains fédérateurs imparables et aux mélodies qui vous restent scotchées dans le crâne un moment.


La plume est aiguisée et percutante avec des  punch lines qui font mouche (Big Moon Lake, Almost Home, Self Portrait, The Drug). Et avec une chanson du calibre de 'Friends without Names' LIFE tient même son classique instantané. On entend meme du Johnny Rotten ou du Iggy Pop dans la voix de Mez...

Quel bonheur cette soirée, un vrai bon groupe de live qui vient défendre un disque impressionnant et jouissif! Que demander de plus...

A lire également le renouveau rock UK avec Yard Act, Wet Leg, Working Men's Club, Fontaines DC ou encore Sinead O'Brien.

mercredi 28 septembre 2022

Wu-Lu à la Maroquinerie (27/9/22)


 Que de nouveaux talents en quelques semaines à Paris! Après Sinead O'Brien et Working Men's Club, nouvelle pépite avec Wu-Lu, qui vient de signer un premier album prometteur sur l'iconique label défricheur Warp (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre...).

On ne sait vraiment pas comment définir la musique hybride produite par Wu-Lu. Hip-hop expérimental, rock indé bizarre, jazz vrillé et mutant? Par rapport à l'écoute des disques, on est surpris de voir sur scène une basse, une guitare et une batterie. 

Même si quelques bandes sont lancées de ci, de là, l'essentiel de la musique est joué en live alors même qu'elle s'assimile à un patchwork de sons, d'ambiances et de structures... Etonnant.

Le rendu est exceptionnellement dense et intense. Mention spéciale au batteur dont la dextérité permet de rendre le flow quasi drum'n bass de certains morceaux... Une prouesse... On passe d'une ambiance jazzy dark et groovy à des envolées de saturation typiques rock indé en passant par des apesanteurs hip-hop old school...


En fait la démarche est très punk dans l'esprit... En se foutant des conventions et des règles, Wu-Lu invente son propre répertoire, et ca fait mouche, on adore!!!

Une heure et quart de concert en apnée, passé à une vitesse folle. C'est original, chaotique tout en étant cohérent... C'est infine ultra moderne! un artiste à suivre...

A lire sur la planète Warp: Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, Seefeel, Prefuse 73, !!!, Squarepusher...

lundi 19 septembre 2022

Working Men's Club à Petit Bain (17/9/22)

On plaçait beaucoup d'attente dans ce concert de Working Men's Club à Petit Bain. Au sommet de notre TOP 10 2020 avec leur tout premier album, éponyme, on a du attendre 2 ans pour les voir enfin sur scène... 

Leur mélange de techno, de house et de rock sonnait comme une bouffée d'oxygène captée au beau milieu d'une noyade atroce symbolisée par la période horrible que nous avons tous traversée, entre confinements et couvre feu... Ce 1er disque, dansant et rempli d'éclairs de génie ('Trapped inside a town inside my mind") a truffé de danses frénétiques dans le salon les longues nuits de couvre feu : un exutoire tellement précieux.

Le second disque, Fear Fear, sorti en juillet sonne encore plus claustrophobe, encore plus synthétique. Plus coldwave que Madchester, plus sombre et moins pop oserions nous dire... Un disque de son temps, exprimant la noirceur de la période tout en essayant de la surpasser...

C'est assez fou de penser que le démiurge du groupe, Syd Minksy-Sargeant n'a que 20 ans... En contraste, on est surpris de voir que dans la fosse la moyenne d'âge est assez élevée. Cette musique serait elle trop radicale et trop dark pour les nouvelles générations? Etonnant.


Sur scène, les Working Men's Club (synthés, guitares et boite à rythmes, pas de batteur) sonnent encore plus rêches et synthétiques que sur disque. Les beats bastonnent, la TB 303 rugit et la voix du chanteur est quelque peu noyée dans le tourbillon sonore claustrophobe qui se déploie. Et pourtant on est entrainé dans une danse frénétique et obsédante.

Dès le 3ieme morceau, Minsky-Sargeant descend dans la fosse et avance presque jusqu'à la table de mixage, en donnant un coup d'épaule à votre serviteur et à ceux en travers de son chemin. Mais, semble-t-il, plus dans une envie de contact physique que dans un geste violent de protection. C'est comme çi il avait eu besoin de sentir le public.. de le réveiller...

L'heure de concert passa assez vite et le groupe partira assez vite de scène, sans dire un mot, comme pendant le reste du concert. La sensation est mitigée, on aura été pris par l'énergie mécanique de l'ensemble et la présence singulière de Syd mais la sentiment de noirceur moite ressentie laisse quelque peu perplexe... 

Working Men's Club écrit certainement la bande son la plus fidèle de l'époque et c'est surement pour cela que l'impression générale est si déroutante. On ne sort pas indemne de l'écoute de ce groupe à part...


On soulignera également la découverte en 1ère partie de Cate Hortl, fascinante avec sa techno d'obédience berlinoise / new wave, On aura passé tout le set à danser ardemment, emporté dans un voyage surprenant.

A lire également Working Men's Club en haut de notre TOP 10 ALBUMS 2020

samedi 17 septembre 2022

Sinead O'Brien au Point Ephémère (16/9/22)


Fascinante prestation de la jeune irlandaise Sinead O'Brien hier soir au Point Ephémère. Entre spoken word et incantations incarnées le trio a fait rugir de plaisir la petite salle parisienne... 

Il est bluffant de voir à quel point la scène rock britannique a la capacité de se regénérer  régulièrement et toujours aux moments les plus inattendus. Après le brexit et ces 2 années de pandémie, c'est en 2022 qu'une nouvelle cuvée de jeunes gens dans le vent débarque en provenance de la perfide Albion pour redonner un nouveau souffle aux musiques à guitares...

Et c'est comme si cette nouvelle vague tournait autour d'une seule et même personne. Au centre de ce cyclone dévastateur, le producteur Dan Carey. Tous les groupes UK du moment sont passés par son studio ces derniers mois : Fontaines D.C., Black Country New Road, Wet Leg, Squid, Black Midi, Geese (groupe de NYC) et donc désormais Sinead O'Brien.


Très vite comparée à Patti Smith pour l'attention toute particulière que l'Irlandaise porte à ses mots, à ses histoires racontées, la jeune femme nous fait penser à PJ Harvey pour l'intensité de ses performances et plus récemment à Billy Nomates. 

Sur scène, O'Brien est entourée d'un batteur, Oscar Robertson, et d'un guitariste, Julian Hanson, avec l'appui d'une boite à rythme  qui donne un élan presque dance à plusieurs titres. La musique est hypnotique, entre rock désincarné, post punk et boucles dance. Sinead O'Brien illumine l'ensemble d'une présence et d'une diction impressionnantes... 

On est emporté au fil des morceaux dans une sorte de transe libératrice... On a vraiment hâte de suivre l'évolution de cette très prometteuse irlandaise!

mardi 30 août 2022

Nick Cave, Arctic Monkeys, Fontaines D.C., Diiv, Jehnny Beth, Yard Act et Trentemoller à Rock en Seine (25/26/27/8/22)


 Enfin! Après 3 ans d'absence on a pu enfin refouler les pelouses du magnifique domaine de Saint-Cloud pour une nouvelle édition de Rock en Seine très attendue. Alors, bien sûr, depuis que François Missonnier et sa bande de potes (Radical prod, Garance) ont vendu leur bébé à M. Pigasse, il n'y a plus de festival Rock indépendant en Ile de France et Rock en Seine (RES) n'est plus le meme depuis 2018...

Avec l'appui du mastodonte AEG (rival mondial de Live Nation), RES a tâtonné 2 ans, avec des résultats de fréquentation mitigée en essayant d'intégrer les musiques dites urbaines (qu'on traduira dans le cas d'espèces en rap mainstream voir variété), la formule à 4 jours de 2022 mise sur 4 têtes d'affiches en exclu pour faire venir le plus grand nombre et une prog d'abord fidèle aux guitares les 2 premiers jours avant de basculer le samedi vers une pop plus mainstream jusqu'au dimanche ou les guitares sont presque absentes et où la maga star mainstream du moment, Stromae, cloture le festival...


Après une prestation pleine d'énergie de la très jeune Gayle en ouverture du festival le jeudi, ce sont les anglais de Yard Act qui font vraiment démarrer RES 2022. Les 4 de Leeds et leur post punk malin aux paroles drôles et incisives ont remporté la mise. Leur leader, James Smith sait comment mettre le public dans sa poche. Ravage sur la petite scène d'Ile de France nous montre que le punk rock n'est pas mort en France tandis que Beabadoobee nous aura fait passer un joli moment avec une pop à guitares 90s sympathique. 


Les Irlandais et les Anglais se sont rués en masse ce jeudi pour voir les Fontaines D.C., qui une semaine après leur set magistral à la Route du Rock ont rappelé tout le bien qu'on pense d'eux même si le son sur la scène de la cascade était un peu brouillon... Quant aux têtes d'affiche, les Arctic Monkeys, ils auront assuré un set maitrisé à défaut de totalement emballant, la faute, peut être à une setlist moins énervé que leur répertoire pré AM pouvait laisser espérer.


Au final, une belle journée Rock mais un chaos organisationnel important avec à partir de 18h30, près d'une demi-heure de queue pour une bière et près de 45 mn pour accéder aux toilettes femmes... 40 000 personnes sur le site de Saint Cloud c'est définitivement trop et ca dégrade l'expérience pour les festivaliers... L'ancienne équipe s'était arrêtée à une jauge max un peu au dessus de 30 000 et c'est déjà beaucoup... La nouvelle direction vise, sans complexe, le profit maximum comme le démontre la polémique sur le Golden Pit (zone réservée sur option payante (plus 20 ou 30 €) ou invitation) sur une large bande devant la grande scène... Là on est clairement dans la négation absolue de ce qu'est un festival Rock avec d'un coté les riches avec une expérience plus belle (emplacement, bar et toilettes réservées) et le reste de la population qui doit se contenter de faire la queue et d'etre loin de la scène ou concassé avec les autres... Odieux!


Le vendredi commence sur les chapeaux de roue avec la prestation tonitruante de Jehnny Beth. En trio et sans aucune guitare, ils réussissent à envoyer un rock rugueux flirtant avec la techno. En hésitant pas à rencontrer le public dans la fosse ou à ses abords, Jenny délivre une prestation intense et charnelle! Superbe début de journée. Dans la foulée Aldous Harding nous charme encore et même si sa pop sophistiquée sied mal aux grands espaces de la Grande Scène. Ensuite, les new yorkais de Diiv font vrombir leur guitares shoegaze, hypnotiques et diablement mélodiques, c'est l'extase... Sans transition ce sont les Liminanas qui prennent possession de la grande scène et émerveillent avec leur rock psyché yéyé ultra efficace.


Petit intermède  instrumental avec Los Bitchos avant la révélation pop indé des hollandais de Klangstof, ca méritera de les revoir... Squid et son math rock impressionnant de maitrise aura fait pulser la scène du Bosquet avant l'arrivée de Nick Cave... Franchement grandiose, tel un chaman ou un prêcheur habité, Nick Cave prend la foule à bras le corps, n'hésitant pas dès l'inaugural "Get Ready for Love" à venir serrer un nombre incalculable de mains ou de poings aux abords de la fosse. Le message est clair, l'australien est là pour embarquer tout le monde dans une communion, une grand messe rock sans retenue... Et ca marche! Monumental! On finira la soirée sur la techno ultra puissante et physique de Trentemoller, une valeur sûre et un défouloir ultime parfait pour terminer cette belle seconde journée.


Alors que les guitares se feront beaucoup plus rares tout au long du samedi, on aura eu la chance de revoir les doués Oracle Sisters, déjà aperçus en 1ere partie de Miles Kane en avril, et leur pop très sixties version Laurel Canyon. Dans la foulée, nos chouchous de Bryan's Magic Tears auront ébloui notre après-midi sous le soleil, même si leur rock évanescent et cramé aurait mérité une petite session nocturne. Sur la scène du Bosquet, November Ultra, que l'on ne connaissait pas nous a soufflé littéralement par l'émotion dégagée par cette jeune femme, seule en scène, drôle, attendrissante et capable de vous filer des frissons.... Un grand moment... De la suite on retiendra que Jamie XX a transformé l'espace de la Grande Scène en piste de danse géante avec sa house aux accents modernes...


On aura snobé le dimanche car vraiment rien ne nous attirait sur cette prog avant tout faite pour attirer le plus grand nombre et loin de l'esprit historique  du festival.


Au global on est content de retrouver Rock en Seine, qui garde ses lettres de noblesse Rock et assimilés sur au moins 2 jours et demi sur 4, ce qui n'est pas rien.... Même si on comprend le désir des organisateurs de renouveler le public en tentant des choses plus mainstream (samedi soir et dimanche), on regrette le gigantisme souhaité (qui dégrade l'expérience de RES) et la volonté de maximiser les profits (prix des places, golden pit et autres options supplémentaires) et certains choix vraiment limite dans le cadre d'un festival Rock (samedi et surtout dimanche).... Espérons que l'expérience Rock en Seine ne sera pas trop dénaturée dans les années à venir et que les nouveaux propriétaires ne vont pas en faire un Disney Land sans aucune aspérité comme le weekend peut le laisser supposer.

A lire également la Route du Rock 2022 et nos revues de Rock en Seine.

dimanche 21 août 2022

King Hannah, Aldous Harding, Wet Leg, Geese et Fontaines D.C. à la Route du Rock (17/18/08/22)


 Retour en configuration traditionnelle à la Route du Rock avec les concerts a Fort Saint-Père. Après une édition 2020 annulée et une édition capsule très réussie en 2021, cette Route du Rock traditionnelle était très attendue. Et pour cette historique 30ième édition, les programmateurs ont su tenir leur réputation en programmant sur les 2 premiers jours tous les groupes excitants du moment et c'est une vraie prouesse dans cette jungle compétitive des festivals d'été. 

Face aux mastodontes Live Nation (lollapalooza) et AEG (Rock en Seine), le festival (réellement) indé malouin se démarque par une recherche de jeunes talents en devenir. Cette année, beaucoup de groupes venant juste de sortir leur 1er album (King Hannah, Wet Leg, Geese, Yard Act) ont dynamité l'édition 2022.

En ouverture, à la Nouvelle Vague le mercredi c'est le duo King Hannah qui nous a totalement bluffé. On croirait voir un mini Portishead en courant alternatif branché sur une prise noise pop... La chanteuse, Hannah Merrick, est totalement envoutante. De sa voix grave et profonde elle dégage une énergie trouble. Sur des tempos lancinants, presque slow core le groupe irradie, avant des envolées noise pop magnifiques insufflées par le compère d'Hannah, Craig Whittle. Superbe groupe.


A la suite de King Hannah, on a eu droit à une performance de l'insaisissable Aldous Harding. Elle a l'air vraiment perchée, à moins que ce ne soit que le reflet de son jeu de composition. C'est comme si, la neo zélandaise jouait un rôle dans une pièce de théâtre qu'elle a elle même écrite sur une musique baroque surprenante et enveloppante... Une artiste définitivement à part.


Le lendemain au Fort Saint Père c'est toute la scène rock indé montante qui est là sous nos yeux ébahis. Prix spécial du jury à Geese, ce groupe de New-York aux accents strokiens plein de fougue et d'énergie. Les jeunots, à peine 20 ans, on mis le feu à la scène des remparts, provoquant un pogo endiablé dans les premiers rangs. On a besoin de ce genre de groupe de jeunes gens modernes qui enthousiasment leur congénères et leurs font découvrir la chose rock... Ils ont deja tout et il ne leur manque que quelques mélodies imparables pour devenir énormes... A suivre...

On aura été déçu par les Black Country New Road qui tentent de survivre au départ de leur chanteur en se répartissant chacun la tache... Malheureusement la magie n'opère plus sans la force évocatrice du chant de leur ancien leader... Les 2 anglaises de Wet Leg auront mis tout le monde d'accord. Elles étaient attendues et ont fait comme elle savent faire : ne pas se prendre la tete et essayer de prendre du bon temps... Et ca marche, la fraicheur pop irrésistible de leur 1er album malin est enthousiasmante sur scène...


Les 4 de Leeds, Yard Act, ont eux aussi mis le feu, grâce au charisme et au partage de leur leader James Smith.... Avant la claque du soir, les Fontaines D.C.... Nos irlandais favoris ont définitivement franchi un cap cette année avec la sortie de leur 3ieme Album Skinty Fia. On les retrouve en tête d'affiche à la Route du Rock. Et il ont tout cassé avec assurance, maîtrise et puissance....

La route du Rock, un festival unique et indispensable...

A lire également la route du Rock 2021 ou 2014... ou encore Fontaines DC à l'Olympia

samedi 23 juillet 2022

The Rolling Stones au Groupama Stadium Lyon (19/7/22)


Evènement planétaire avec la tournée Sixty des légendes vivantes les Rolling Stones. Après 2 années de pandémie et surtout après le décès de Charlie Watts l'année dernière, la série de concerts en Europe (13 villes) pour célébrer les 60 ans de carrière du plus illustre groupe de Rock & Roll de l'histoire revêt un aspect très particulier... 

On ne va pas le cacher, la probabilité de revoir les Stones sur scène pour la dernière fois est grande et l'envie de partager un ultime moment de bonheur avec eux irrésistible... Malgré la canicule qui sévit (39 degrés) la marée humaine qui déferle sur le Stade de Décines n'a qu'une envie : vivre un moment inoubliable avec ses icones...


60 ans de carrière au sommet d'une popularité mondiale jamais contredite, c'est inédit et ca risque de ne jamais plus se reproduire pour un groupe de musique, tout du moins pas dans de telles proportions de succès populaire... C'est un exploit de réussir à faire vivre le mythe aussi longtemps en concert tout en restant crédible...

Un concert des Stones c'est un show monumental où rien n'est laissé au hasard. Dès le début des années 80 ils ont été les pionniers et des innovateurs constants en terme de spectacle musical. C'esr rodé mais c'est surtout porté à bout de bras par Mick Jagger. A 79 ans, il continue de sauter de partout, de déployer une énergie communicative de dingue et surtout, il continue à chanter puissamment et avec justesse... C'est surnaturel... Chapeau bas Sir!


Keith, l'âme du groupe, veille au grain et Ron délivre de beaux soli sur sa guitare Les Paul. Mick parle en français et se met brillamment le public lyonnais dans la poche en lançant "on m'a dit que les lyonnais chantaient bien... mieux que les stéphanois".  Eclats de rire rire et applaudissements soutenus...

La setlist est quasi parfaite, on se croit dans un rêve... Ca commence par le pre-punk Street Fighting Man, toujours aussi percutant depuis mai 68... Le très vieux 45T "Let's spend the night together" (67) nous replonge dans les débuts des Stones avant un Tumbling Dice envoûtant... Avec "Out of Time" les Stones reprennent un titre issu de Aftermath (66) qu'ils n'ont probablement pas joué en live depuis cette époque... Surprenant...

On est pas au bout de nos surprises avec Dead Flowers (Sticky Fingers) l'un de leurs meilleurs titres country-folk et l'épatant Angie, pas joué tous les soirs... C'est beau... "Living in a Ghost Town" et son reggae vaporeux nous ramène aux heures sombres de la pandémie mais amène un souffle (re)nouveau salvateur...


Après le rituel intermède Keith Richards au chant avec l'inusable Happy notamment, c'est Miss You et son gimmick ravageur qui enflamme le Parc OL. Juste avant le morceau de bravoure, Midnight Rambler et ses presque 10 minutes de Blues originel, de soli, d'impro... Magique... On part loin...

Se suivent un quatuor de hits ultimes : Paint it Black, Start me up, Sympathy for the Devil (ouh ouh) et Jumping Jack Flash... Prévu dans la setlist originelle, Gimme Shelter ne sera pas joué en rappel (tout le monde étant rincé par la canicule) et le concert se terminera donc sur le mythe absolu Satisfaction...

Quelle claque, quel concert, quel groupe!!! 

A lire également les Stones en Best Song Ever avec Paint it Black et Sympathy for the Devil...

samedi 16 juillet 2022

Midnight Oil aux Nuits de Fourvière (14/7/22)


Dernière occasion de voir la légende australienne Midnight Oil en concert en France! Et encore plus dans le merveilleux cadre du théatre antique de Fourvière! Il était temps... Cette tournée mondiale 2022 est en effet leur dernière. Suite au décès de leur bassiste en 2020, les australiens, reformés en 2017 après 15 ans d'absence ont décidé de mettre un terme aux harassantes tournées. 

Leur avancée dans l'âge est aussi une raison et pourtant, en ce Bastille Day, les 5 australiens ont démontré que le Rock conserve bien et qu'avec la flamme cette musique peut s'exécuter, avec brio, à tout âge... Une belle leçon de vie.

Midnight Oil a été précurseur dans les années 80/90 en défendant avec force et passion la lutte pour la sauvegarde de l'environnement, les droits des aborigènes australiens et en dénonçant sans vergogne toutes les forces annihilantes qu'elles soient étatiques (US Forces  sur 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1) ou privées (Blue Sky Mine). Après des années de punk sauvage dans les bars australiens et une poignée d'albums incendiaires, Midnight Oil a connu un succès mondial à la fin des années 80 avec des albums devenus cultes ; Diesel and Dust et Blue Sky Mining.


Pour une fois, ce ne fut pas un militantisme de façade puisque Peter Garrett, le chanteur charismatique du groupe) a suivi son engagement d'actes, tout d'abord au sein d'ONG puis en se lançant en politique et devenant ministre de l'environnement puis de l'éducation du gouvernement australien entre 2007 et 2013.

Après avoir quitté la politique, Peter a rappelé ses vieux amis pour un dernier tour de chant (le groupe s'était arrêté en 2004 au moment de l'entrée en politique de Garrett), conclu avec la sortie d'un nouvel album, Resist, il y a quelques mois et cette tournée finale.

Surprise au début du concert, les musiciens entrent sur scène et commencent à jouer le récent morceau Rising Seas sans Peter Garrett, qui apparait en haut des gradins et commence à chanter en descendant les marches abruptes du théatre gallo romain... Quelle entrée en matière! Le reste du concert est au cordeau. Le groupe puise dans presque chacun de ses albums au moins un titre. Il garde la part belle pour les 2 monuments Diesel and Dust et Blue Sky Mining bien sur (5 et 3 titres).

Plusieurs chansons filent des frissons comme Dead Heart, Put down that weapon, My Country ou US Forces. L'intensité est là, Peter Garrett transmet une énergie incroyable. Le groupe est au taquet. Le batteur Rob Hirst nous gratifie d'un petit discours en français, rendant la soirée encore plus poignante...

C'est fort, intense, ca a du sens. Cette musique fait chavirer les coeurs tout en mettant en ébullition nos consciences... C'est ça l'ADN du rock... Les 5 derniers morceaux enchainés sont une explosion qui sonnent comme une éruption... Blue Sky Mine et son intro d'harmonica légendaire, Power and Passion, le hit ultime Beds are burning, King of the Mountain et l'energie Punk de Forgotten Years pour finir...

Les dernières notes retentissent à peine que le feu d'artifice lancé de la colline de Fourvière surgit... Une soirée mémorable...

vendredi 17 juin 2022

Bed à l'Olympic Café (16/6/22)


C'était certainement l'un des évènements de ces derniers mois : le retour à la scène du groupe rennais Bed! Dans un monde idéal, le projet porté par Benoit Burello aurait eu une renommée internationale tellement méritée.

Dès l'album inaugural, The Newton Plum, sorti en 2001, Bed  signe sa singularité en osant les silences, les chemins de traverse et les atmosphères éthérées. Spacebox, balancé deux ans plus tard en 2003 enfonçait le clou. En 2005, surprise et enchantement avec New Lines qui résonnent encore de milles harmonies lunaires et soniques...


Benoit Burello aura passé les années 2010 à revenir à une simplicité confondante avec 2 EP en solo mais toujours sous le nom de Bed... A l'Olympic Café c'est une formation en trio avec Thierry Chompré à la batterie et le génial Olivier Mellano à la guitare que l'on retrouve, une première depuis 7 ans! Et Oh miracle, la moitié du set sera constitué de nouvelles compositions, qui laissent présager la sortie prochaine d'un nouvel album de Bed en formation groupe!!!


Les 3 musiciens forment un trio d'une remarquable musicalité. Thierry Chompré réussit à caresser sa batterie pour se mettre au diapason du jeu de basse à la fois rond et très technique de Benoit Burello, on est dans un groove presque jazz. On est émerveillé par le jeu aérien et mélodique d'Olivier Mellano, c'est un véritable prodige de l'arpège.


On aura droit à une surprenante reprise de Gil Scott Heron : Lady Day and John Coltrane, ainsi qu'à un morceau composé par Burello en 2008 pour un ciné concert d'un film Ukrainien de l'ère soviétique... La setlist est variée, les atmosphères belles et envoutantes! On a face à nous 3 brillants musiciens en pleine possession de leurs moyens. 

Il émane  une vraie sérénité de ce trio, un mélange d'élégance gracieuse et de maitrise. C'est beau et on aurait tant aimé que le concert dure plus que cette petite heure, arrêtée en plein vol par l'organisation pour laisser la place au groupe suivant... C'était tellement plaisant que personne ne s'était rendu compte que le temps alloué était dépassé...

On espère que ce retour scénique n'est qu'un prémisse !


jeudi 9 juin 2022

The Smile à la Philharmonie et aux nuits de Fourvière (7 et 8/6/22)

Pour être franc, on n'attendait pas grand chose d'un nouveau disque de membres de Radiohead mais contre toute attente le nouveau projet de Thom Yorke et Jonny Greenwood, The Smile, est carrément emballant. Et le doublé Philharmonie/Théatre Antique de Fourvière un pur plaisir...

Grand fans de Radiohead en ces pages (voir la longue liste de posts), on n'avait trouvé le dernier disque en date, A moon shaped Pool un peu chiant à la longue. Cet album manquait de souffle, ce qui peut certainement s'expliquer par la période compliquée que vivait Thom Yorke en privé.

Avec The Smile, il s'agit d'une vraie bouffée de fraicheur assénée en trio avec le support du batteur Tom Skinner, d'influence jazz (notamment batteur de feu Sons of Kemet du génial Shabaka Hutchings). Ce qui frappe le plus c'est la joie retrouvée de Yorke et Greenwood de s'amuser hors des sentiers battus. Leur enthousiasme saute aux yeux et aux oreilles.

Il est vraiment difficile de classer la musique de The Smile dans une catégorie. C'est un vrai mélange d'influences diverses et variées, réappropriées et régurgitées par le trio à l'aune de leurs propres expériences musicales. Ici tout est mélangé dans un maelstrom du meilleur effet (pop, ambient, rock rageur, eletronica, jazz). Une musique ultra moderne en quelque sorte...


Tom Skinner nous épate vraiment à la batterie, son jeu est à la fois complexe (le jazz) et décontracté. Les mouvements sont rapides mais semblent s'effectuer sans effort. Cette plasticité est le socle sur lequel se batit l'édifice The Smile. Il Officie également régulièrement aux sampleurs et aux synthés sur les morceaux les plus éthérés du groupe...

Jonny Greenwood et Thom Yorke montrent tous leurs talents de multi-instrumentistes en changeant d'instrument presque à chaque morceau et parfois pendant un même morceau (guitare, basse, piano, rhodes, synthés, séquenceurs etc...). Greenwood joue différemment en privilégiant les suites de notes aux accords en utilisant un paquet d'effets rendant son jeu très surprenant. Les 2 larrons s'amusent également comme des petits fous à chaque fois qu'ils prennent une basse. Ca swingue, ca pulse et insuffle un groove génial avec Skinner...

The Smile jouera 18 titres dont 4 inédits à la Philharmonie et 17 titres (3 inédits) à Fourvière. La différence résidant dans le nouveau track Friend of a Friend. A la Philharmonie, le coté très impressionnant de la salle donne une certaine solennité au concert alors que l'enceinte gallo romaine, son plein air et l'imminence de la pluie rendent l'atmosphère plus bucolique et peut etre plus adaptée aux fondamentaux du projet?

Yorke et Greenwood n'ont plus rien à prouver et montrent avec The Smile qu'ils ont toujours envie d'explorer et que leur élan artistique n'est toujours pas altéré malgré les années, la gloire. Le feu sacré est toujours là et leur aventure continue... C'est la belle et grande nouvelle!

A lire également Atoms for Peace, Sons of Kemet, Radiohead au Zenith

lundi 6 juin 2022

Beach House à l'Olympia (31/5/22)


 La Dream Pop nous attire toujours autant et à voir l'effervescence dans la salle de l'Olympia pour la venue du duo Beach House, on n'est pas les seuls. Que de chemin parcouru par Victoria Legrand et Alex Scally en presque 20 ans de carrière. Voir l'assistance rempli de jeunes gens modernes démontre que Beach House a encore un bel avenir devant lui, c'est clair...

En sortant un double album, Once Twice Melody, rempli de pépites stellaires, le duo expose sa verve intacte bien qu'il s'agisse de leur, déjà, 8ieme LP. Beach House y explore encore plus profondément ces univers feutrés, rêveurs et comme tout droit sorti du pays des songes. Si le duo de Baltimore avait su patiemment atteindre sa quintessence sonique et mélodique à travers ses 4 premiers disques, culminant avec leur chef d'oeuvre Bloom il y a tout juste 10 ans, il a su larguer les amarres et partit à la découverte de leur monde intérieur féérique et space...


Once Twice Melody est un véritable labyrinthe sonore où l'on adore se perdre. Tout est ici voué à l'ambiance, à l'atmosphère, à la mise en son d'un espace sonique. Une musique intemporelle, presque irréelle... C'est vraiment somptueux...

La setlist pioche dans les 4 derniers disques et s'arrete presque à Bloom (un seul titre de Teen Dream fut chanté, Silver Soul). Comme si le groupe avait définitivement fait le deuil de ses pop songs qui l'avaient révélé au grand public, de Devotion à Teen Dream (Norway, Take Care, Used to be, Turtle Island) en passant même par Bloom (Wild, Irene). C'est assez singulier et plutôt audacieux mais ca fonctionne...


Le destin de Beach House est surprenant, pour preuve le succès incroyable de Space Song (extraite de leur 5ieme album Depression Cherry sorti en 2015), star de Spotify et repris dans plein de videos sur Tik Tok...

Le concert est en tout point parfait, comme dans un rêve. Les lumières, les écrans, le son, la réaction extatique de la foule, tout rend cette expérience belle et surannée... On est durant 1 heure et demi dans un autre monde rêveur, enchanteur et dont on voudrait ne jamais se réveiller. 

A lire également Beach House au Trianon et à la Cigale, en Best Song Ever et dans nos tops!

vendredi 3 juin 2022

The National à la Salle Pleyel (30/5/22)


On continue ce mois de mai concert stratosphérique avec la venue de The National à la Salle Pleyel. 2 ans après leur passage remarquable à l'Olympia, les américains sont de retour sur scène, pour la 1ere fois depuis la pandémie et sans nouvel album à promouvoir.

The National est un groupe incontournable de la scène rock mondiale. Ils ont pondu au moins 2 chefs d'oeuvre avec The Boxer en 2007 ou dix ans plus tard le superbe Sleep well beast en hommage aux années Trump... Et le reste de la discographie est de très bon niveau.

On en rarement déçu sur disque avec The National. Leurs compositions sont toujours d'une grande délicatesse en terme d'arrangement et d'harmonie. Les jumeaux Dessner sont des orfèvres tandis que les jumeaux Devendorf forment une section rythmique inventive et ultra présente. 

Matt Berninger se fond totalement dans cette fratrie peu banale et son chant tout en nuance et subtilité magnifie complètement l'ensemble. Tout sonne à sa place chez The National, c'est d'une beauté saisissante.



Sur scène, The National a le défaut de ses qualités. La richesse harmonique des compositions induit souvent un mixage qui met moins en avant la batterie alors que sur disque, le swing innovant de Bryan Devendrof est un élément primordial (en tous les cas à nos oreilles). Et forcément les subtilités et nuances de la voix de Berninger ont du mal à ressortir dans le contexte d'un concert de Rock dans une grande salle. On le sent souvent à bout de souffle et contraint de forcer sa voix pour essayer d'émerger au milieu du tumulte.

Malgré cela, voir The National en concert reste une expérience intéressante. Le répertoire du groupe est telleemnt bon que vivre ces chansons en live vaut le détour. Les 3 excellents albums sortis entre 2007 et 2014 (Boxer, High Violet, Trouble will find me) se voient octroyer la part du lion avec pas moins de 5 titres chacun! On retiendra les superbes Fake Empire, Mistaken for Strangers, Terrible Love, Bloodbuzz Ohio ou encore Sorrow ou I need my girl.

3 nouvelles chansons auront été jouées (prémices d'un prochain LP), un set de presque 2 heures et le bonheur retrouvé d'un groupe de retour sur la route.

A lire également The National dans notre top 2017 ou 2010

vendredi 13 mai 2022

Tool à Bercy (12/5/22)


Incroyable semaine de concerts parisiens avec en final le retour dans la capitale, après 15 d'absence, des monstres sacrés du metal : les californiens de TOOL! C'est certainement l'un des évènements de l'année! 

Après 13 ans d'attente, le groupe avait enfin sorti son 5ième album studio en 2019, le magnifique "Fear Inoculum" et était parti sur les routes pour le défendre en Live. Malheureusement la pandémie étant passée par là il aura fallu patienter 2 ans avant de voir débarquer Tool à Paris (ils avaient eu le temps de passer par le Hellfest en 2019, unique scène française en plus de 10 ans...).

Qu'un groupe aussi exigeant, en terme d'écoute, de complexité des compositions et d'univers multiples et protéiformes créés, puisse remplir Bercy est plutôt réconfortant. Pour un grand nombre, la musique reste une expérience unique et non un simple bruit de fond banalisé et balisé.

TOOL est vraiment un groupe unique. on parle de metal mais c'est bien plus que cela tant le groupe navigue aux frontières de beaucoup de mouvements musicaux. Et c'est la beauté et la force de leur musique, de réussir à explorer des univers fascinants, complexes et puissants en puisant dans le metal, le drone, le psychédélisme, le stoner et même le Jazz. Oui n'ayons pas peur du terme, on reste convaincu qu'un Miles Davis aurait adoré TOOL et aurait peut etre cherché à explorer ces territoires....

Le show TOOL est total, immersion pleine et entière dans les méandres de leurs âmes grâce à des visuels nombreux, variés et fascinants qui prennent une place imposante. C'est un vrai travail artistique visuel et vidéo, du grand art même. Cela contribue à rendre l'atmosphère si intense et magique.

La setlist fait bien sûr la part belle au dernier LP, puisque 6 morceaux (sur les 7 du CD) seront joués, dont 3 en rappel dont le curieux Chocolate Chip Trip qui voit le batteur s'amuser avec un modulateur avant de partir sur des solis de drum assez bluffant...

Tool puise dans l'ensemble de ses disques et en cela permet un voyage complet dans sa discographie, avec une vraie cohérence, bien que les premiers morceaux comme Opiate ou Hooker with a Penis n'ont rien avoir avec les atmosphères aériennes et contemplatives des morceaux du dernier album.

Après 2h30 de concerts, Maynard promet que le groupe n'attendra pas aussi longtemps pour revenir nous voir. On l'espère tous tant ce genre de soirée est unique et sans équivalents.

Grandiose et Fascinant!

A lire également TOOL dans notre TOP 10 2019.

mardi 10 mai 2022

Warpaint à la Cigale (9/5/22)


 Enfin, le retour sur scène de Warpaint. 6 ans après leur précédent disque, le 4ième LP, Radiate like this est sorti vendredi 6 mai et voilà les 4 Warpaint sur la scène de la Cigale 3 jours plus tard pour dejà défendre l'album à Paris.

Autant dire qu'on a pas eu le temps de vraiment bien écouter ce nouveau disque, qui néanmoins sonne d'une lumière radieuse sans pour autant bouleverser l'ADN du groupe. Et cela se confirme sur les planches de la Cigale. La section rythmique, formée de Stella Mozgawa à la batterie et Jenny Lee Lindberg à la basse est toujours l'une des plus groovy de la scène rock. 


Avec une basse chaloupée, presque dansante, une batterie très inventive et variée, les guitares aériennes alliées aux harmonies vocales superbement rêveuses de Emily Kokal et Theresa Wayman, les 4 musiciennes tiennent là une formule imparable qui les placent à part dans l'univers rock. On oserait le terme de The Cure psychédélique pour les définir.

Après les classiques Stars, issu du tout 1er EP du groupe, le superbe et vaporeux nouveau single Champion, ouverture emballante du nouveau disque et le diptyque ultime Intro/Keep it Healthy (l'une de nos Best Song Ever), place est donnée aux nouvelles pépites : Hips et Hard to tell you. Sur cette dernière, Emily n'a jamais aussi bien chanté. Ses envolées maitrisées dans les aigus nous donnent des frissons...


S'en suivent les perles Love is to Die et Krimson (1er EP là encore...) avant le morceau surprenant du set : Melting. Pour la 1ere fois les 4 artistes se regroupent au centre de la semaine pour chanter ensemble autout de la seule guitare Jaguar d'Emily. C'est beau à en pleurer... Un grand moment de ce concert!

Warpaint enchaine avec un autre morceau groovy et très convaincant, Stevie, avant de retourner une nouvelle fois à ce tout 1er EP initiatique, Exquisite Corpse, avec Beetles et Elephants en rappel. La soirée se conclut sur le final de Radiate Like this : Send Nudes, nouveau morceau de bravoure à ajouter à la collection.

Une soirée envoutante!

A lire également : Warpaint au Trabendo ou à la Cigale et en Best Song Ever

samedi 7 mai 2022

Silverbacks à l'International (6/5/22)


 Les 5 Irlandais de Silverbacks ont sorti en janvier l'un des tous meilleurs albums d'indie rock relevé et énergisant de ce début d'année 2022, Archive Material! Et c'est ce disque qu'ils sont venus défendre à l'International hier soir! C'était immanquable bien sûr!

En introduction, on est happé par pop classieuse des clermontois de Dragon Rapide, quelque part entre les Dandy Warhols et Weezer. La partie centrale du set, plus folk, nous aura moins plus, mais les parties plus électriques du show étaient flamboyantes. Une belle mise en bouche avant le plat de résistance de la soirée...


Remarqués en 2018 avec la sortie du single "Dunkirk", playlisté par la BBC et produit par Dan Fox (Girl Band), Silverbacks a d'abord sorti son 1er disque, FAD, en autoproduction en 2020, en pleine pandémie avant de signer sur le label londonien Full Time Hobby pour leur second effort, Archive Material. Album mis en avant par le magazine Magic (album de la semaine du numéro du 20 janvier) avec sa nouvelle formule qu'on adore (mais c'est une autre histoire). 

Ce disque de pop dite indépendante est magnifique. Il mélange brillamment de nombreuses influences et sonne très frais à nos oreilles. Bouillonnant d'idées et de refrains accrocheurs, les Silverbacks réussissent l'alchimie pop entre les Talking Heads et Pavement. Rien que pour cela on avait hate de les voir sur scène.

Dans cette bonne vieille salle de l'International à Paris où tant de groupes sont venus faire leurs dents (au hasard toute la galaxie Mind Riot Music : Moslyve, Chinese Robots ou Amain Armé), Les Silverbacks réussissent à s'accommoder du son imprécis de cette cave pour livrer un set relevé et totalement enthousiasmant. Il fait dire que leurs chansons sont tellement irrésistibles : Rolodex City, Archive Material et Dunkirk lancent la croisière de mains de maitre.


Daniel O'Kelly, le chanteur du groupe assure et n'hesite pas à monter dans les cordes, façon punk pour électriser la salle. Son frère Kilian et le second guitariste Peadar Kearney tissent des entrelacements de guitares qu'on avait peu entendu ces dernières années et qui nous ravissent. La bassiste Emma Hanlon nous charme totalement avec son jeu tout en swing et son timbre de voix exquis. Le batteur Gary Wickham tient la baraque derrière les futs.

L'ambiance est à la fois légère et électrique, on passe un super moment en se disant qu'on va les revoir bientôt dans de bien plus grandes salles...