vendredi 26 février 2021

Best Song Ever (épisode 105) : House of Jealous Lovers par The Rapture


Autre hymne du début du siècle produit par the DFA, le merveilleux hit de The Rapture : House of Jealous Lovers ! Après Radio 4 et les premiers singles emblématiques du groupe de James Murphy (le fabuleux Losing my Edge de LCD Soundsystem notamment), le duo hype du moment, alias DFA, va apporter sa touche electro-clash au groupe new-yorkais.

Après avoir affolé la toile et les réseaux peer to peer naissants (Kasa ou e-mule en tete), The Rapture compose la chanson imparable de rock sutvitaminé, qui dans les mains de James Murphy et Tim Goldsworthy va devenir un ovni dancefloor imparable.

Dès l'intro, le ton est donné : basse hyper groovy, simple et à la limite de l'infra basse, cowbell typique de la James Murphy touch et cette guitare post punk so late 70's. La voix éraillée et sans retenue de Luke Jenner apporte une émotion folle et vibrante. Sorte d'Elvis en train de se faire égorger...

Le dancefloor nous appelle : impossible de ne pas sautiller et de se dandiner, en hésitant entre un pogo et une danse chaloupée et disco! 

Malheureusement, le reste de la discographie du groupe, bien qu'intéressante, ne répondra pas aux promesses de ce single presque parfait! L'intention dancefloor punk rock ne sera qu'imparfaitement reproduite...



vendredi 19 février 2021

Best Song Ever (épisode 104) : Me and Giuliani down by the school yard (a true story) by !!!


Après Radio 4, un autre brûlot anti-restrictions avec cet ovni lancé par les trublions de !!!. Un nom de groupe improbable prononcé chk chk chk. L'une des premières signatures Cross-Over du mythique label electro IDM de Sheffiield, Warp Records, en 2004 (suivront notamment Maximo Park, Gravenhurst ou encore Grizzly Bear) qui doivent diversifier le label et essayer d'être à la hauteur des cultes Boards of Canada, Autechre, Aphex Twin, LFO... 

Mission bien évidemment impossible mais les !!! apporteront un vrai vent de fraicheur et surtout de folie avec leur mélange  survitaminé de rock, electro minimaliste et funk. Et quelle énorme baffe en live, rappelant les délires des Happy Mondays de la grande époque : Jubilatoire!

Sur ce titre, extrait de leur 1er album chez Warp, Louden up now (tout un programme...), le gang originaire de Sacramento s'en prend ouvertement au maire de New-York qui a banni la danse des bars de la pomme, en lui conseillant de se laisser aller et de se perdre dans la musique et la laisser prendre contrôle de son corps...

Encore une fois, que ce titre est d'actualité. En ces temps de disette sociale et de contacts humains limités, le fait de se perdre dans la musique, live notamment ou sur les dancefloors nous manque cruellement. On voit là tout le besoin vital que le fait de danser et de se laisser aller au son de la musique représente. c'est tribal, instinctif, nécessaire! On peut encore le faire dans son salon, heureusement, mais sans la magie de l'interprétation live ou les basses d'un soundsystem dans la gueule, et avec les réprimandes des voisins...

Une chanson labyrinthique, dans laquelle le groupe semble vouloir nous perdre, pour mieux nous désorienter et nous faire lacher prise... Crescendos, effets sonores, changements de rythme, pont puissant et cathartique, tout est fait pour nous emporter, nous mettre en transe et susciter en nous une envie de recommencer!

Brillance en clair obscur, celui du levée du soleil sur une piste de danse...



dimanche 7 février 2021

Best Song Ever (épisode 103) : Dance to the Underground par Radio 4


Au début du nouveau millénaire, le maire de New-York, Rudolph Giuliani, devenu par la suite conseiller de Trump, avait décidé de "nettoyer" la ville. En interdisant de danser dans les bars en réactivant une loi oubliée du temps de la prohibition et non abrogée, Giuliani avait failli tuer la vie sociale au coeur meme des lieux d'effervescence et de convivialité que sont les bars... Quelle ironie du sort de penser qu'il y a des similitudes avec ce monde covidé que nous connaissons avec la fermeture des bars, des restos, des lieux de culture depuis plus de 3 mois maintenant...

Avec Dance to the Underground, Radio 4 sonnait la révolte, ou tout du moins la résistance à l'oppression avec une formule en forme de pied de nez : puisqu'on n'a plus le droit de danser dans les bars, on va danser jusqu'au métro!!! 

Sorti en 2002 ce single dévastateur annonçait une second album, "Gotham", rempli de dance punk furibard et enthousiasmant. Produit par la team DFA, James Murphy et Tim Goldworthy, mélangent allègrement les compos punk sous influence Clash  de Radio 4 et les dernières poussées electro en vigueur à l'époque pour créer cet electro clash que DFA va aider à répandre sur la planète avec les disques de The Rapture ou LCD Soundsystem.

L'intro avec cette basse dansante fait mouche, les synthés vintage en harmonie et puis cette guitare post punk acérée et percutante! Ca part fort! Le chant nonchalant et tendu apporte la touche organique vitale! On se prend au jeu et on ne peut résister à ce désir de danser comme un dératé, en marchant bien sur, direction le tromé pour entamer la nuit et s'y bruler les ailes jusqu'à plus soif!

A lire également les années 2000 : la décennie du cross-over.



jeudi 28 janvier 2021

Best Song Ever (épisode 102) : The Valley of Death par The Warlocks


The Warlocks, voilà un groupe de vrais passionnés, investis d'une mission divine,: évangéliser les foules, parsemées, au rock psychédélique tendance drone le plus cramé et le plus sombre possible... 

En choisissant le tout premier nom du groupe qui allait se faire finalement appelé le Velvet Underground, Bobby Hecksher, fondateur et seul membre permanent du combo, avait tout de suite posé le décor. The Warlocks ne seraient écoutés que par une poignée de personnes dévouées et à jamais ensorcelées...

Ancien membre du Brian Jonestown Massacre, Hecksher aura la meme démarche qu'Anton Newcombe en consacrant sa vie à sa musique sans trop rechercher une véritable consécration commerciale. Après un troisième album, Surgery, rempli de pop songs spatiales et réveuses (Just like Surgery, Come Save Us) qui aura permis au groupe de parcourir la planète pour le défendre, The Warlocks sortent en 2007 Heavy Deavy Skull Lover :  tout un programme...

La chanson introductive, The Valley of Death, pose les bases... les mélodies rêveuses sont enterrées vivantes. L'ambiance est inquiétante, chaude, infernale... On est emporté dans un voyage dans la chaleur du désert. On suffoque, on succombe... Et on est heureux de le faire. 

Envoutés, portés, on se laisse aller. Une sorte de fascination exaltante nous emporte... La chaleur de la distorsion nous enveloppe et nous rassure. Comme dans un cocon, on se blottit à l'intérieur de cette musique élégiaque dont une beauté indicible émane... Prodigieux!



dimanche 24 janvier 2021

Best Song Ever (épisode 101) : Superstition par The Kills

Le retour à l'état brut, à la source originelle primaire, à l'état d'urgence salutaire, qui de mieux que les Kills, après les White Stripes pour l'incarner? Là ou les faux frères et soeurs de Detroit puisaient dans le linceul du blues et du garage, le duo anglo-américain laisse exprimer cette pureté ancestrale à travers leur relation électrifiée, hautement sensuelle, voire sexuelle.

Duo à la vie à la mort, brulant d'une passion commune toute récente, The Kills incarnent cette force sexuelle et dérangeante que le Rock a véhiculé dès ses débuts grâce aux Elvis, Litttle Richard, Jerry Lee Lewis and consorts. Sur scène, dès leur premier concert en France à la Boule Noire début 2003, cette force évocatrice, sulfureuse et fascinante était là.

Minimaliste et dépouillée, la musique de The Kills vous harponne d'entrée de jeu. En guise d'introduction à leur premier LP, Superstition dit tout de leur quête. Une boite à rythme (qu'ils appellent Little Bastard, le 3ieme membre du groupe) famélique en guise d'intro, des accords de quinte balancés en syncopes, avec un son énorme et ultra crade, une voix féminine envoutante, claire, chaleureuse et tellement évocatrice! 

Ambiance inquiétante, son rèche, la moiteur des salles obscures et enfumées est là. La tension sexuelle s'aiguise et tend autant les corps que les esprits... L'essence meme du Rock ! Jouissif!

A écouter en vinyle bien sûr!!!




mercredi 20 janvier 2021

Best Song Ever (épisode 100) : You get what you give par The New Radicals

Pile poile dans l'actualité avec la cérémonie d'investiture de Joe Biden pour laquelle vont se reformer les New Radicals à la demande de l'entourage du nouveau Président des Etats-Unis. Improbable et incongrue cette reformation qui nous rappelle à tous cette chanson oubliée datant de la toute fin du siècle dernier.

Avec "You get what you give", les One hit wonder californiens ont fait danser la planète en 1999. Chanson euphorisante et jubilatoire, You get file une pêche d'enfer et donne envie de tout casser, dans la joie et la bonne humeur. Le message est simple et universel "don't let give up, you've got a reason to live".

Très bien ficelée, cette song au piano d'obédience acid-house, mélangeant ambiance baggy, déjà rétro à l'époque (on est en pleine age d'or de l'electro sauce techno/house) et assauts de guitares grinçantes, possède une mélodie vocale imparable qui donne presque des frissons sur ses envolées en voix de tête.

"You got the music in you, don't let go". Ces mots ont résonné dans la famille Biden en devenant une sorte d'hymne durant la lutte du fils de Joe Biden contre le cancer. Et c'est tout un symbole que de demander au groupe ayant produit un unique album de se reformer, 22 ans après, pour re-chanter cette chanson, une fois encore, le jour où l'Amérique veut tourner la page de 4 années difficiles et offensantes sous la présidence Trump.

Un vrai message d'espoir et de résilience que seule la musique peut incarner dans toute sa force évocatrice!



samedi 16 janvier 2021

Best Song Ever (épisode 99) : Goodbye par The Coral

 


Dans la mouvance retour du Rock au début du siècle, les 5 musiciens de The Coral, originaires de la Merseyside, sont probablement les plus sous estimés de ces 20 dernières années. Leur premier album éponyme, sorti en 2002 sur Deltasonic, est unique, fou et transmet une énergie joyeuse et communicative incroyable!

Le second single extrait de ce debut LP, Goodbye, est totalement représentatif du style et des aspirations du quintette anglais à l'orée de leur carrière. Goodbye commence presque power pop avec un riff enthousiasmant, avant que le couplet ne montre le talent pop du groupe avec mélodie vocale impeccable et arpèges de guitares combinés de toute beauté (smithienne...). Le refrain, avec ses harmonies vocales de pub à la Beach Boys fait mouche...

Et que dire de ce pont surprenant et lunaire! Toute la folie du groupe est là, d'abord tapissée dans l'ombre elle surgit par surprise pour faire vibrer nos âmes. Ca part en une sorte de mouvement Ska Metal finissant presque psyché floydien avant une apaisement relatif en apesanteur et ce décompte à la "A Day in the Life" des Beatles... On touche la perfection!

Certains pisse-dru prétendront que le diamant est brut et mérite polissage. Que nenni, ce grain de folie présent sur l'ensemble de ce 1er album magnifique lui donne sa saveur si particulière. Comme bon nombre de groupes, malheureusement, The Coral perdra progressivement ce coté imprévisible en devenant... plus professionnel... L'urgence, tellement essentielle (pour reprendre un mot à la mode) de ces premiers albums fait avec ses tripes et sans pression, beaucoup de groupes de l'époque la perdront dès l'album suivant, la retrouvant par intermittence dans le meilleur des cas (The Strokes, Interpol, The Libertines, The Vines, The Kills...).

A lire également : Années 2000 : le Retour du Rock



samedi 9 janvier 2021

Best Song Ever (épisode 98) : Little Room par The White Stripes


Avec les Strokes, les White Stripes ont été les autres grands artisans du retour du Rock en 2001! Meg et Jack White, fausse fratrie (les 2 acolytes ayant en fait été mariés dans les années 90) ont réactivé l'idée d'un rock originel brut de fonderie, sans artifice et avant tout physique.

Et avec ce Little Room, extrait de leur 3ième opus, White Blood Cells, le duo présente l'essence même de leur musique. Une batterie jouée uniquement au pied sur la grosse caisse et le charleston et uniquement la voix de Jack White. Pas de guitare, pas de chichis, rien de plus qu'une batterie réduit à sa plus basique expression et une voix, rauque, remplie d'émotion mais tout de même mélodique.

Le concept White Stripes résumé en 50 secondes : revenir à l'essentiel, enlever le plus de choses possibles pour se rapprocher du coeur du réacteur, pour toucher à la force pure, directe, à une intention primaire la plus authentique! Revenir à la source du Rock et du Blues en fait! Aller chercher au plus profond de soi cette énergie vitale et la communiquer de la manière la plus directe possible. C'est exactement ce que l'on chercher à faire avec Amain Armé et que l'on a tenté d'enregistrer avec le maitre du son Steve Albini...

Dans la foulée du duo, suivront bon nombre de groupes tentant d'exprimer cette énergie rock primaire et originelle : The Kills, The Black Keys... etc...

Les paroles de Little Room parlent de ce qui attend tout groupe qui commence à avoir du succès et qui se voit passer de son petit local de repet aux salles des bars, puis des clubs et de salles plus grandes. La perdition est proche et le souvenir du l'intention originelle est le seul aiguillon à conserver pour éviter le naufrage... Les affres du Music Biz en soi...



mardi 5 janvier 2021

Best Song Ever (épisode 97) : Up the Bracket par the Libertines


On continue avec l'année 2002, celle de la confirmation du retour du Rock après l'uppercut du 1er album des Strokes et du 3ième LP des White Stripes! La perfide Albion se devait de répliquer à la percée US et ce sont 2 gamins de Londres, Pete Doherty et Carl Barat, qui vont balancer la réplique.

Dandys destroy, nonchalants, arrogants juste comme il faut, la pépite Libertines est vite repérée par le légendaire Alan McGee, le boss de feu Creation, label vénéré plus que tous en ces lignes, qui hébergea tous les groupes indispensables anglais de 85 à 2000 (Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine, Ride, Primal Scream, Slowdive, Oasis... etc) qui devient le manager du groupe. Et qui de mieux pour produire ce 1er album que l'ancien Clash Mick Jones! Les planètes s'alignent...

La chanson éponyme de ce 1er LP démarre par un cris de chat égorgé qui surprend et qui met tout de suite les choses aux points, les Libertines ne sont pas là pour brosser dans le sens du poil. Le déferlement de guitares punk qui s'en suit vous fait vriller le sang d'un coup et vous donne envie de pogoter sur l'instant. La mélodie vocale, signée Doherty, vient prouver que les 4 lads savent aussi habiller leur brulots de mélodies addictives. 

Les paroles semblent raconter l'histoire du groupe entre insouciance, danger, fuck'em et préciosité punk... Un tour de force incendiaire qui, presque 20 ans après, n'a pas perdu de son énergie communicative et emballante! Le monde est aux courageux!




samedi 2 janvier 2021

Best Song Ever (épisode 96) : Obstacle 1 par Interpol


En sortant en 2002, "Turn on the bright lights", les new-yorkais d'Interpol contribuèrent, avec les Strokes, à remettre le rock et NYC au 1er plan. Si les Strokes ressuscitaient l'esprit du CBGB (Ramones, Patti Smith, Blondie), Interpol puisait plutôt son inspiration de l'autre coté de l'Atlantique du coté de la perfide albion, post punk et cold wave bille en tête mais en insufflant cet esprit rebel, sombre et dangereux du New-York des années 80.

Obstacle 1, tout un symbole en ce mois de janvier 2021... Obstacle numéro 1 franchit, what's next... Cette chanson résume parfaitement l'esprit de ce 1er disque et des fondations du collectif. Ca débute en douceur avec une guitare rythmique hypnotique et réverbérée, véritable rampe de lancement pour un riff de guitare addictif, une basse ronde et groovy et une batterie métronomique. Puis vient la voix de Paul Banks, rauque, d'abord enjôleuse puis très vite menaçante... "She can read, she's bad"... Cette histoire d'amour impossible, il 'exprime avec sincérité, tendresse, détresse et rage. Tout en tension et en retournement d'ambiances (alternances mid temp/:up tempo), la partition musicale des 4 compères est au diapason. On est pris à la gorge, pris aux trippes, on n'est embarqué dans une folle course en taxi jaune dont on ne sait si on s'en sortira vivant...

Je me souviens d'un concert grandiose à l'Elysee Montmartre en mars 2003, où tout l'intensité de ce disque était admirablement communiquée sur scène. Vivifiant, salvateur et tellement beau... Malheureusement, le groupe ne retrouvera ensuite jamais l'intensité de leurs débuts...

Ce 1er album du quatuor est leur chef d'oeuvre. Comment survivre à telle prouesse initiatique? Le groupe ne s'en remettra jamais, si ce n'est par inadvertance avec leur 3ieme LP sortit en 2007, "Our Love to Admire" qui s'approchera des sommets de "Turn on the bright lights". Le reste de leur discographie ne sera que veine tentative de retrouver la flamme initiale...



jeudi 31 décembre 2020

Best of 2020 : le classement MRM des 8 meilleurs concerts


Un classement des meilleurs concerts en 2020? Mais sur quelle planète vit-il?..

Les 8 concerts auxquels j'ai pu assister cette année étaient excellents (dont 7 entre fin janvier et début mars ce qui laissait augurer d'une excellente année...) et méritaient qu'on leur rende hommage. Et puis c'est aussi un acte de résistance, (à une très faible échelle ok ;-) ) et une belle leçon : profiter de tous les instants, on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve...

Sunn O))) trône au dessus de la masse. Majestueux, mystiques et envoutants, ils nous font vivre une expérience sonore intense et presque spirituelle. 

Dans une même veine élégiaque, les français d'Alcest nous attirent dans leur monde à la fois brutal, mélodique et aux accents lyriques. Une beauté cachée de la scène metal.

Seul concert post 1er confinement, le solo piano de Brad Mehldau à la Philharmonie a été une bouffée d'oxygène, certes éphémère, mais tellement indispensable!

Le benjamin des Gallagher, Liam, reste éternel. Avec le support de Bonehead, Liam a enflammé un Zenith tout acquis à sa cause en puisant autant dans un répertoire solo de qualité que dans la discographie riche et intemporelle d'Oasis.

Les jeunes parisiens d'En Attendant Ana n'auront, malheureusement pas eu beaucoup l'occasion de défendre leur très beau second album sur scène mais cette date inaugurale, chez eux, à Paris, était d'une sincérité touchante.

Le maitre anglais d'un blues rock moderne lorgnant une electro dark et down tempo, King Krule, a exposé toute sa grâce à l'Olympia.

Les vétérans du shoegaze, Ride, ont sorti l'année dernière un très bon disque de pop à guitares qu'ils sont venus brillamment défendre au Trianon.

Le Parrain de la scène pop française, le grand Etienne Daho, a eu la bonne idée de revisiter sur scène son album electro jungle de 96, Eden, plutôt incompris à l'époque. Une belle revanche et une retour en grâce salutaire...

MRM TOP 8 Concerts 2020.

1. Sunn O))) à la Gaité Lyrique (31/1/20)

2. Brad Mehldau à la Philharmonie (20/9/20)

3. Liam Gallagher au Zénith (21/2/20)

4. Alcest à la Machine du Moulin Rouge (7/3/20)

5. En attendant Ana à la Boule Noire (1/2/20)

6. King Krule à l'Olympia (4/3/20)

7. Ride au Trianon (13/2/20)

8. Etienne Daho à l'Olympia (25/1/20)

mardi 29 décembre 2020

Best Song Ever (épisode 95) : As Happy as Possible par Les Thugs

 Le temps de réactiver l'impossible saga Best Song Ever est venu. 6 ans après la fin de l'aventure à son épisode 94, l'annus horribilis que nous venons de vivre qui a voulu sonner l'arret de nos désirs, de nos interactions, de nos découvertes, a fait réapparaitre l'envie de reprendre cette quête d'absolu. Un désir ardent de partager, d'écrire et de recentrer le débat sur les choses essentielles en ces temps de privation...

Et quel meilleur retour en grâce qu'avec ce monument d'un groupe légendaire, Les Thugs et cette maxime qui pourrait bien devenir la philosophie de nos vies contraintes :"As happy as possible". Premier et seul groupe français à avoir signé sur  Sub Pop, le mythique label de Seattle, avant meme qu'il ne devienne mythique. Avant l'explosion du grunge, Les Thugs d'Angers sont repérés par les boss du label américain lors d'un festival à Berlin fin 1988 (festival organisé pour les professionnels). Jonathan Poneman et Bruce Pavitt, tombent instantanément amoureux du groupe. Ils sont fracassés par la puissance et l'impact du mur de guitares qu'ils prennent dans la gueule ce soir là et happés par les mélodies envoutantes des compos.

Les Thugs signent sur Sub Pop et y sortiront "Still Angry, still Hungry" puis "As Happy as Possible" en 93 (alors que l'album entre les deux, IABF, sortira sur le label de Jello Biafra, Alternative Tentacles). La quintessence des Thugs réside dans ce titre. D'abord pour l'état d'esprit, malgré l'injustice et la dureté du monde extérieur, on tente d'en tirer le meilleur, ensemble, avec lucidité et voulant toujours aller de l'avant. Une sorte de résistance. en soi. 

L'univers musical est au diapason. Les guitares rentrent en scène de manière successive, la mélodie est reprise en choeur par les guitares et la basse, la batterie enrobe le tout. La voix d'Eric Sourice se conçoit comme un instrument supplémentaire, les backing vocals de Christophe Sourice font penser aux Beach Boys et apportent une bouffée d'oxygène pop au milieu du déluge sonique.

Un must pour un groupe à la carrière exemplaire! L'un des tous meilleurs qui ait évolué sur notre territoire! Une fierté française...


vendredi 18 décembre 2020

Best of 2020 : le classement MRM des 10 meilleurs albums

 


Une belle année de merde, c'est ce que l'on pense tous! Cette année,  je peux dire sans souci que la musique m'a sauvé! Comme elle a du le faire pour tous les passionnés de sa pleine singularité. Vitale, essentielle, primordiale, la musique est le remède aux troubles de l'âme. Cette substance sonore est un antidote, une potion, une source de vie. Sans elle, cette année aurait été impossible...

Privés de concerts et de ce partage émotionnel tellement intense et indispensable, les disques auront été le réconfort, la bouée de sauvetage et l'aiguillon de notre année troublée, déstabilisante et harassante. Et la seconde partie de 2020 aura été passionnante en terme de sorties de disques. Beaucoup de découvertes, de jeunes pousses sortant des premiers albums passionnants qui nous redonnent foi en l'avenir et nous donnent envie de vivre la suite des évènements avec impatience. Clairement pas une sinecure en ces temps où l'on a la sensation de se retrouver dans la peau de Bill Murray dans le film "Un jour sans fin" où il revit inlassablement la meme journée, celle de la Marmotte...

Au sommet de notre classement 2020, règne un groupe de lads anglais originaires de la région de Manchester : Working Men's Club. Ou devrait-on plutot dire le groupe du talentueux Sydney Minsky-Sargeant, 19 ans, qui aura enregistré ce 1er album éponyme quasiment seul avec l'aide du producteur Ross Orton, après avoir viré le reste du groupe et réembauché du nouveau personnel après le mixage. On tient là un personnage hors norme à suivre de près. Working Men's Club serait l'enfant terrible de Joy Division et des icônes de Madchester, soit la fusion ultime entre le post-punk et l'acid-house... Un rêve devenu réalité... Avec ces paroles "The Lukiest Man alive, one day he will die", tout est dit! Ou encore, comment résumer notre année avec cette phrase ouvrant l'album:"Stuck inside a town inside my mind". Un grand disque de Dance et de lacher prise qui fait un bien fou : jouissif et libérateur, on en redemande...

Avec Stillness, Laetitia Sheriff livre un album à coeur ouvert, à la fois réconfortant, spontané et vengeur. Avec une mise en son tout à fait remarquable signée Thomas Poli, Stillness fascine par la richesse des émotions suscitées et des univers voyagés par l'intermédiaire de ce grand disque! Entre Sunn O))) (l'intro phénoménale de Sign of Shirking), Cat Power (Pamper Yourself) et Radiohead (les fabuleux arrangements de People Rise Up ou l'on croirait entendre les ondes Martenot chères à Johnny Greenwood), on est transporté du début à la fin vers des rivages diverses, chaleureux et authentiques... Les nombreuses perles de ce disque sont un ravissement et on ne se lassera jamais d'écouter "Go to big sur", envoutante et sublime!

En troisième position, l'éternel Thurston Moore continue son chemin tout en réussissant à nous étonner encore avec des morceaux expérimentaux où il tente encore de se mettre en danger. Une belle source d'inspiration.

En retrouvant Terry Date le producteur de leurs grandes heures (White Pony) les Deftones semblent avoir retrouvé leurs forces, celles de marier avec brio mélodies, percussions metal et rage frondeuse. Un shoot d'adrenaline indispensable.

Peter Milton Walsh retrouve la foi et sort un album traditionnel de The Apartments, après le poignant opus de 2015, où la mélancolie et la sincérité des émotions émeut toujours autant. LANE, avec son 2nd disque nous fait un plaisir fou : retrouver les guitares aiguisées et mélodiques des nineties tout en sonnant d'aujourd'hui. Dans la même veine, la très jeune Beabadoobee (20 ans) nous montre que la pop à guitares n'est pas morte et qu'une jeune génération arrive pour nous le rappeler : un vrai bonheur! Toutes guitares hurlantes, les canadiens de Metz nous rappellent à leur bons souvenirs en essayant d'adoucir un peu leurs propos, toute proportion gardée pour ce combo punkrock bruitiste ;-)

Le jeune quintette francilien, En attendant Ana, avait dejà eu les faveurs de notre Top 10 avec leur debut LP. Avec Juillet, les protégés du label de Chicago, Trouble in Mind, enfoncent le clou pop ligne claire et livrent un disque pop indé indispensable!

La colombienne Ela Minus nous prend par surprise avec un disque de techno pop mid tempo addictif.

Enfin, pour terminer, une autre jeune pousse, en la personne de la canadienne Helena Deland qui délivre un disque de pop soyeuse, tendre et reconfortante.

Au final, une année musicale pleine de renouveau qui ne peut que nous redonner foi en l'avenir, au moins musical, et après cette anus horribilis c'est tout de meme un bel exploit! L'espoir fait vivre et la musique nous aide à survivre...


MRM TOP 10 ALBUMS 2020

1. Working Men's Club : Working Men's Club (Heavenly)

2. Laetitia Sheriff : Stillness (Yotanka)

3. Thurston Moore : By the Fire (Cargo)

4. Deftones : Ohms (Reprise)

5. The Apartments: In and Out of the Light (Talitres)

6. Lane : Pictures of a Century (Vicious Circle)

7. En attendant Ana : Juillet (Trouble in Mind)

8. Ela Minus : Acts of Rebellion (Domino)

9. Metz : Atlas Vending (Sub Pop)

10. Beabadoobee : Fake it Flowers (Dirty Hit)

10. Helena Deland : Someone New (Luminelle)


Pas loin du Top 10 : Gorillaz, Kruder & Dorfeismter, Romain Humeau, EoB, Fontaines DC...


MRM Top Songs 2020

Lane : Pictures of a Century

Laetitia Sheriff : Go to big sur

Working Men's Club : Valleys

Helena Deland : Confort, Edge

Ela Minus : They told us it was hard but they were wrong

A lire les Best-of précédents ICI.

mardi 20 octobre 2020

Brad Mehldau à la Philharmonie de Paris (20/9/20)


C'était il y a un mois déjà, c'était une renaissance, c'était une délivrance, c'était le 1er concert auquel j'assistais depuis celui d'Alcest le 7 mars, 8 jours avant le report du concert d'Eiffel, quelques jours avant... 

Brad Mehldau en solo piano dans ce parfait écrin acoustique de la Philharmonie de Paris, piochant dans le fabuleux répertoire des Beatles, quoi de plus remarquable pour retrouver le gout, l'odeur, les sensations d'un concert après 6 mois d'abstinence forcée, de renoncement subi, de petite mort surnoise... 

Cette heure et demie, en présence d'un artiste aussi heureux de jouer que le public de l'écouter, fut une bénédiction. Quel plaisir de retrouver ces sensations, ces émotions collectives, cet échange d'energie entre un musicien et son public, que seul un concert peut procurer. Quelle renaissance, quelle joie de se retrouver, quelle incroyable sensation oubliée que de tout simplement frapper dans ses mains, de toutes ses forces, à en sentir vibrer tout son corps et tout son etre... Une cure de jouvence, une ode à la vie, une ode à la poésie!!!

D'entrée de jeu Brad Mehldau bluffe son monde avec un 'I am the Walrus" tout simplement cosmique. Le pianiste explore, étend et défriche l'univers mélodique de ce titre emblématique signé John Lennon, que leurs lointains descendants mancuniens d'Oasis reprenaient en live à leurs débuts pour finir leurs concerts sous un déluge psychédéliques de distorsion et de fureur. Le génie de Mehldau et de de réussir à enrichir les harmonies initiales à sa sauce et selon son savoir faire mais sans jamais dénaturer totalement l'intention initiale des compositeurs...

Tout sera excellent dans la prestation du new-yorkais, "I saw her standing there" très swing jazzy pour l'occasion, un 'For no One" à la beauté exquise et que dire du final "Golden slumbers" d'une dizaine de minutes qu'on aurait voulu ne jamais voir finir...

Une heure en apesanteur et plus d'une demi-heure de rappel sous l'ovation d'un public déchainé, qui fera revenir 7 fois l'artiste. Un Encore sous le prisme des contemporains des Fab Four avec, bien sur les Beach Boys et leur mythique God only Knows mais aussi quelques surprises comme cette reprise des Zombies et l'extase absolue avec "Life on Mars" de Bowie...

Un début de soirée divin qui nous aura revigoré! Un manque presque comblé, une joie rare si délicieuse... On aurait presque revé que le mauvais cauchemar des derniers mois s'était évaporé et que le retour dans les salles de spectacles était à portée de main... D'espoir las en dépression lancinante... Mais l'espoir de revivre de tels moments doit nous aider à braver la tempête... Merci Monsieur Mehldau...

dimanche 8 mars 2020

King Krule à l'Olympia (4/3/20)



King Krule vient de sortir son 3ième Album, Man Alive! et il était de passage à l'Olympia pour le présenter au public parisien...

Voilà encore un artiste que je voulais voir depuis un petit moment. Ca fait du bien de voir de nouvelles pousses encore jouer de la guitare, cet instrument désuet dont on annonce la mort depuis des décennies... Et c'est encore mieux lorsqu'ils réussissent à amener un vent de fraicheur dans le type de musique induit par ce bel instrument....

Archy Marshall a à peine 25 ans et donc déjà 3 disques sublimes à son actif! C'est difficile de décrire la musique de King Krule. On est proche du blues, dans cette manière d'exorciser son existence à travers un ensemble de notes binaires ou ternaires, du rock pour l'intensité du propos mais surtout d'une sorte de trip hop réinventé par l'atmosphère à la fois éthérée, sombre et expiatoire... On vendrait bien l'étiquette de Blues Trip Hop moderne pour parler de l'oeuvre de King Krule...



Dans un Olympia bondé et à la moyenne d'age très jeune, le groupe envoute et sert un set poignant et dévastateur. La voix d'outre tombe de Marshall, alternant éraillements qui vous prennent au tripes et des passages aériens, voir lumineux, est la grande force d'un groupe au diapason de son leader. Les scènettes jazzy succèdent aux envolées métalliques dépouillées qui vous saisissent d'un coup!

King Krule parvient à merveille à synthétiser, avec des guitares, la musique de son temps : anxiogène, belle, émouvante et incitant à une introspection tellement nécessaire...

A lire également King Krule dans notre TOP 10 2017.


dimanche 2 février 2020

En attendant Ana à la Boule Noire (1/2/20)


Soirée totalement différente de la précédente, puisqu' après SunnO))) on part à la Boule Noire pour la Release Party du second album du quintette indie pop parisien En Attendant Ana.

Ils ont signé sur le label indé de Chicago (ville chère à notre coeur) Trouble in Mind. Le meme qui avait sorti les premiers morceaux des Liminanas il y a plus de 10 ans après une écoute sur le défunt Myspace... Une belle histoire qui se répète pour nos frenchies...

Un début de concert tout en douceur et en nuance avec  l'envoutant "From my bruise to an Island" avant d'enchainer avec le déjà classique "Down the Hill", de la pop relevée pleine d'un enthousiasme communicatif. Et c'est bien ce qui plait chez EAA, le groupe donne tout avec candeur et  détermination. Un souffle rafraichissant sur la pop à guitares comme en témoigne les interventions à propos de la trompette  de Camille Fréchou qui éclaire les morceaux d'une lumière différente.



La leader du groupe, Margaux Bouchaudon a une vrai présence scénique, sa voix chaleureuse et intense envoute et sied parfaitement au propos des guitares virevoltantes et chaloupées façon indie pop des grandes heures de la fin des 80's début 90's. Soirée spéciale, puisqu'en plus d'etre la Release Party de l'album "Juillet" c'est aussi le dernier concert de leur bassiste, Antoine Vaugelade qui va etre remplacé par leur ingé son.

Au final, l'heure passée avec En Attendant Ana aura été formidable. Le groupe joue avec ferveur, voire meme avec ses tripes. On pense à Daughter ou Moslyve pour la beauté fragile ou à The Smiths pour cette façon de faire vivre ces mélodies pop tout près du coeur.

On ressort enthousiasmé et en se disant que le groupe a désormais tout ce qu'il faut pour faire une belle carrière (des classiques instantanés comme In/Out, Down the Hill, Do you understand) si ils réussissent à garder cette fraîcheur et cette vérité qui les rend aujourd'hui irrésistibles...

There is a light that never goes out, the light that slept inside...

A lire également En Attendant Ana dans notre TOP 10 2018

samedi 1 février 2020

Sunn O))) à la Gaité Lyrique (31/1/20)



Sunn O))) en concert, ca faisait des années que j'attendais celà... Absents des scènes parisiennes depuis 2012, le groupe de Drone Metal est enfin réapparu dans la capitale, et même pour une résidence de 3 jours à la Gaité Lyrique, dont 2 soirées consacrées à leur dernier album, Life Metal, enregistré et mixé à Electrical Audio Chicago par le maitre Steve Albini...

D'entrée de jeu on est avertit par une affiche à l'entrée de la salle : "le concert de ce soir est une écoute prolongée et immersive avec une intension artistique non violente et non aggressive qui joue sur des niveaux de pression sonore élevés...". On va donc vivre une expérience sensorielle peu banale...



Et c'est clairement le cas... Ce n'est pas fait pour toutes les oreilles, clairement on est loin de la pop et du divertissement. Il faut se laisser porter, se laisser transporter même. Expérience déconcertante au début, on finit par se laisser happer par la puissance des vibrations, la lenteur des envolées sonores, de ces harmonies qui s'entrechoquent dans le larsen prolongé de la distorsion... C'est beau, hypnotisant, étourdissant... On se perd, on voyage, on vit une expérience collective hallucinante...

C'est chamanique, quasi mystique... On ne voit pas le temps passé. On en  ressort enthousiasmé et fatigué tellement l'expérience fut intense... Une belle soirée dont on se souviendra longtemps...

A lire également, Sunn O))) dans notre TOP 2019

mardi 31 décembre 2019

Best of 2019 : le classement MRM des 10 meilleurs Concerts



Après le TOP 10 ALBUMS 2019, le TOP 10 CONCERTS 2019 pour finir la décennie en beauté! Le moment le plus fort de notre année en Live aura probablement été la Release Party à l'Espace B du second album d'Amain Armé avec nos chouchous de Burning Alms et de Cat Rodéo. Une soirée belle, intense et dans le meilleur des états d'esprit... Mais ne pouvant etre juge et parti, on mettra de coté cet évènement pour notre propos du moment ;-)

MRM TOP 10 CONCERTS 2019:

1. Massive Attack, Mezzanine XXI au Zénith (11 et 12/2/19)
2. Peter Cat Recording Co à Rock en Seine (24/8/19)
3. Wilco au Trianon (22/9/19)
4. Pixies à l'Olympia (19/10/19)
5. Michel Cloup Duo et Troy Von Balthazar à Petit Bain (20/9/19)
6. Deerhunter à Rock en Seine (25/8/19)
7. The Good, The Bad & The Queen à Fourvière (15/7/19)
8. Aphex Twin à Rock en Seine (25/8/19)
9. The Dandy Warhols à l'Olympia (25/1/19)
10. Black Midi à la Boule Norie (16/9/19)

Pas loin du TOP 10 : Tvb à la Maro, Bruit Noir au Café de la Danse, Mono à Petit Bain, Patricia Barber au Duc des Lombards, NTM à Bercy, dEUS à la Cigale...

Massive Attack a magnifiquement fêté les 21 ans de leur légendaire album de 1998, le sombre, brillant et intemporel Mezzanine. En jouant les reprises des chansons dont les samples avaient engendré certains morceaux de Mezzanine (The Cure, Bauhaus notamment), le groupe nous a plongé entièrement dans l'univers et l'ambiance froide, métallique et spirituelle du disque. Quel plaisir de pouvoir s'abandonner deux soirs de suite dans cet environnement sonore si singulier. Et clou du spectacle la présence stellaire de l'ex Cocteau Twins Elizabeth Fraser, sortie de sa retraite pour l'occasion...

Peter Cat Recording Co aura été la surprise qui sauva le samedi de Rock en Seine, très faible au niveau de la programmation. Mais quelle claque ! Jeff Tweedy et sa bande nous auront une nouvelle émerveillé tandis que les Pixies savent toujours etre à l'honneur de leur légende en Live.

Que dire de la soirée à la fois intimiste, intense et délicate passée avec Tvb et Michel Cloup Duo à Petit Bain: des instants de grâce qui font du bien. Deerhunter a enflammé RES de sa force psyché et compulsive tandis que la bande à Damon aura été fidèle à sa réputation. Aphex Twin aura fait le nécessaire pour faire partir les curieux avec un début de set sombre, arythmique et à la limite de la nausée pour ensuite délivrer un concert onirique d'une grande beauté, décalée... Les Dandy auront envouté l'Olympia et Black Midi strillé la Boule Noire...

A lire également le MRM TOP 10 ALBUMS 2019.

samedi 21 décembre 2019

Best of 2019 : le classement MRM des 10 meilleurs albums


Une décennie s'achève et c'est déjà l'heure des bilans... A chaud que retenir de cette année 2019? Que dans ce marasme ambiant d'une morosité confondante, la musique reste cette aiguillon indispensable à nos vies...

Et en ces temps de tension sociale, la fraicheur et la candeur des Indiens de Peter Cat Recording Co a été une bouffée d'oxygène exaltante!!! Leur album, Bismillah, sorti en vinyle par le label français Panache, est une merveille ensoleillée remplie de good vibes et qui donne leur relecture d'un pan entier de la musique occidentale. On passe ici d'une aisance bluffante à une chanson de crooner années 50 (sur Freezing on pense à Sinatra, rien que ça) à un funk pur années 70 racé  (Memory box) à une americana laidback et contestataire à la fois (where all the money flows). Un album qui fait du bien!

Pascal Bouaziz et Jean-Michel Pirès sont indispensables! Avec le second album de Bruit Noir, le sobrement nommé II/III, ils réinventent la chanson française qui a vraiment quelque chose à dire... Sur des beats rudimentaires et à propos, Pascal Bouaziz déverse sans filtre un flot de mots qui touchent juste... D'un grand cynisme à première vue, le disque est en fait bourré d'humour, noire et jouissive... Les intermèdes entre les morceaux valent à eux seuls l'achat du disque... Brillant et éclairant!

Les anglais de Burning Alms auront pris leur temps pour donner un successeur à leur fabuleux premier LP, In Sequence, numéro 1 de notre classement 2014. Avec Afternoon Sass, ils explorent une facette plus pop tout en gardant leur base abrasive et passionnée. Un disque succulent où John Biggs nous rappelle le grand chanteur qu'il est tandis que la section rythmique Thomas Whitfield/Sebastian Lenton enrobe le tout d'une puissance et d'un swing quasi divins! Un grand groupe!

Wilco ne cesse de se réinventer et leur dernier oeuvre, Ode to Joy, s'inscrit dans cette volonté. Ultra minimaliste en terme d'orchestration, les percussions jouent ici un rôle fondamental. Elles viennent brosser ces chansons dépouillées tout aussi bizarrement qu'élégamment... Une réussite!

Troy Von Balthazar est le grand habitué de nos classements de fin d'année. Et en 2019 il n'a pas loupé le coche grace à un disque ambitieux et fonceur. Tvb se met ici en danger en tentant de transformer ces chansons sous une effluve d'arrangements lofi en utilisant tous les instruments qui lui passent sous la main. C'est souvent à propos meme si parfois des chansons se perdent en chemin. Un artiste rare!

13 ans d'attente pour enfin entendre un nouveau disque de Tool! Quel plaisir, enfin! Plus aérien et atmosphérique que jamais c'est certainement leur disque le plus accessible. Un disque spirituel? Romain et Humeau et Eiffel reviennent en grande forme et même à des hauteurs perdues depuis Tandoori il y a plus de 10 ans. Un retour salvateur et là aussi indispensable en ces temps troublés...

Avec leur 3ieme disque post reformation, les Pixies écrivent intelligemment le second chapitre de leur histoire. Sunn O))) impressionne avec son drone léthargique et transcendent, magnifié par le son du maitre Steve Albini... Enfin, pour finir, 3 disques que l'on n'a pas réussi à départager : le retour de Kim Gordon dont la voix si reconnaissable nous avait manqué depuis Sonic Youth, elle réussit ici à nous balancer un ovni ou sa voix surfe brillamment sur des beats machiniques post indus, les français d'Alcest élaborent un metal lumineux proche d'une certaine féérie spirituelle tandis que les suédois de Cult of Luna délivrent un metal sombre mais poignant...


MRM TOP 10 ALBUMS 2019

1. Peter Cat Recording Co : Bismillah (Panache)
2. Bruit Noir : II/III (Ici d'ailleurs)
3. Burning Alms : Afternoon Sass (Geenger Records)
4. Wilco : Ode to Joy (dBm Records)
5. Troy Von Balthazar : it ends like crazy (Vicious Circle)
6. Tool : Fear Inoculum (RCA)
7. Eiffel : Stupor Machine (PIAS)
8. Pixies : Beneath the Eyrie (BMG)
9. Sunn O))) : Life Metal (Southern Lord)
10. Kim Gordon : No Home Record (Matador)
10. Alcest : Spiritual Instinct (Nuclear Blast)
10. Cult of Luna : A dawn to fear (Metal Blade Record)

Pas loin du top 10 : The National , Michel Cloup Duo, The Dandy Warhols, Desert Sessions, Bertrand Belin, Black Midi, Liam Gallagher...

MRM Best Songs 2019
- Burning Alms : Hack
- Katerine : BB Panda
- Wives : Waving past Nirvana
- Bruit Noir : L'Europe
- Peter Cat Recording Co : Where all the money flows
- Troy Von Balthazar : holy something

A lire les TOP précédents : ICI

lundi 26 août 2019

Peter Cat Recording Co à Rock en Seine (24/8/19)


Oubliez Cure, Johnny Marr, Foals and co, la sensation de Rock en Seine 2019 était un groupe indien venu de New Delhi au nom improbable: Peter Cat Recording Co...

Après une première journée avec les très bon concerts de Jonny Marr (ex The Smiths) aux arpèges de guitare toujours aussi soyeux et la techno martienne de Kompromat (nouveau projet de Vitalic et Rebeka Warrior) et un show The Cure dans une marée humaine un peu trop dense, empêchant de complètement rentrer dans le concert, le samedi à Rock en Seine s'annonçait périlleux...

En effet, aucun groupe de Rock au programme, un comble pour ce festival après 16 ans d'existence... Une première... Heureusement, au milieu des nouveautés RnB qui ne nous parlent pas beaucoup, un groupe venu de nulle part aura transformé notre soirée!

Le groupe commence avec son tube d'entrée "where all the money flows", ballade surannée et intemporelle qui fait à la fois très année 50 et très moderne. Et c'est bien ce qui est bluffant avec ce groupe, c'est cette capacité de passer d'un style à l'autre avec une décontraction et une aisance sidéreante. on passe d'une comptine année 50 à un space jam psychédélique improbable à un funk joyeux et débridé tout droit sorti du Detroit des années 70 (Memory Box).

C'est fou, les 5 indiens mélangent allègrement des pans entiers de la musique occidentale tout en y ajoutant leurs propres influences, le tout sublimé par la voix de crooner du chanteur, Surayakant Sawhney au timbre envoutant.

Par moments, on se croirait dans un film de David Lynch tant le déroulé semble étrange, inattendu et surprenant... Commencé avec peu de spectateurs, le concert se finit avec une foule importante et une fosse où tout le monde danse avec ce bonheur frais qui fait du bien... Ca fait longtemps que l'on avait pas pris une telle claque surprise à Rock en Seine!

Peter Cat Recording Co est un grand groupe en devenir! Ils sont capables de tout et pourraient deventir une sorte de mélange indien de Radiohead et Arcade Fire... On parie sur eux !

Actifs depuis 2009, le groupe a été déniché en Inde par le label français Panache qui, après une compilation du groupe vient de sortir leur nouvel album, le très ensoleillé Bismillah, à écouter de toute urgence!

ps: on a meme eu la chance de se retrouver à coté du groupe dans la fosse de Rock en Seine le dimanche durant le concert de Deerhunter, des hommes de gout c'est indéniable ;-)

mardi 30 avril 2019

Troy Von Balthazar à la Maroquinerie (29/4/19)


3 ans que l'on avait plus eu l'immense plaisir de voir sur scène le fabuleux Troy Von Balthazar, enfin de retour à Paris, sur la scène de la Maroquinerie pour défendre son 5ième album: "it ends like crazy"!

Voir Tvb en concert, c'est un sentiment très spécial, vraiment à nul autre pareil. Troy dégage une telle énergie positive et rassurante que l'on se croirait dans son salon, entouré de ses amis et en ayant le bonheur d'apprécier un moment rare d'échange et de communion…

Lorsque l'on connait tous les sacrifices auxquels l'artiste a consenti pour vivre pleinement sa passion en dehors de tout schéma mercantile, on sait à quel point ce genre de soirée est précieuse et rare! Troy respire la sincérité et il en est extrêmement touchant.

Comme à son habitude depuis la tournée de 2012 pour soutenir "is with the demon", Troy se produit seul sur scène et construit la plupart de ses morceaux à l'aide de pédales de loops. La nouveauté réside en la présence de 2 synthétiseurs, qui occupent d'aileurs une place prépondérante dans son dernier effort enregistré.



Tvb a présenté en version assez dépouillée plusieurs pépites de "it ends like crazy", comme le surprenant "Lullaby for psycho" métamorphosé dans une version guitare voix qui gagne en émotion, ou encore Hell ou Filthy Days. Ce 5ieme album, que Troy a composé et enregistré seul, tel un Hermite, en plein milieu de la creuse, n'est pas facile à appréhender car gorgé d'arrangements lofi qui consacrent une sorte de symphonie pastorale de chambre. On perd un peu en émotion pure ce que l'on gagne en nuances et en palettes de sentiments. C'est un disque qui mérite un temps certain de digestion pour livrer toutes ses promesses (rafraichissantes et enthousiasmantes). En live ces chansons expriment une immédiateté surprenante et nous rappellent le talent indéniable de leur auteur…

Tvb puisera dans chacun des ses superbes albums solo les classiques de son répertoire qui auront, bien sûr, ravi l'assistance: "heroic little sister", 'i block the sunlight out" (LP1), le magique et oublié "very very famous" (pépite du 2nd LP), l'immanquable "The Tigers" à cappella, "Tropical" (enregistré dans la cuisine de Leonard Cohen) et "white sail boat" (LP3) ou encore Astrid (LP4)…

Que du bonheur, pour une soirée inoubliable que l'on aurait voulue interminable!

A lire également Tvb au Supersonic et au point Ephémère (2012, 2010).


samedi 6 avril 2019

Bruit Noir et Michel Cloup Duo au Café de la Danse (5/4/19)


Pouvait-on espérer soirée plus alternative que ce cette double confrontation Bruit Noir / Michel Cloup Duo au Café de la Danse hier soir? Dans un monde aseptisé et sous chloroforme ou plus rien ne doit dépasser de la masse sous peine d'etre rasé gratis, il faut chercher pour trouver aussi décalé, lucide et revigorant que cette doublette de duos!



Bruit Noir, le side project du leader de Mendelson, Pascal Bouaziz, vient de sortir un second opus, II/III, radical, tranchant et sans concession. Sur des rythmiques synthétiques élaborées par son acolyte Jean-Michel Pirès, Pascal Bouaziz nous délivre des monologues percutants et qui laissent sans voix!

D'aucuns trouveront ce hip-hop slammé cynique et rempli d'une méchanceté gratuite alors qu'en fait les textes de Pascal Bouaziz sont d'un humour noir jouissif et brillant! En live, on est entrainé et on ne peut refréner un petit rictus amusé sur nos visages à l'écoute des paroles. Franchement c'est génial! Il faut écouter l'Europe, Paris, le Succès! c'est cruel mais tellement vrai et delivré avec la dose d'humour qui rend le tout imparable!

Le seul reproche à faire à ce concert est le fait d'avoir été trop court (40 mn), la faute à un couvre feu parisien trop hatif... Pascal Bouaziz s'en ait d'ailleurs beaucoup amusé lors des fameux intermèdes qu'il illumine entre les morceaux. Il devrait d'ailleurs s'essayer au Stand Up, il a l'humour et le charisme pour faire un carton en la matière! Oui dans un monde idéal Bruit Noir aurait du succès et ce monde serait forcément beaucoup mieux pour le paraphraser...



Après cette ouverture parfaite, Michel Cloup Duo a delivré un set solide, presque uniquement constitué des pièces du tout nouvel album sorti il y a une semaine, Danser sur les ruines... On n'a pas encore eu le temps de digérer complètement l'opus mais on apprécie sincèrement la volonté de se réinventer sur ce disque en introduisant plus de sons electro, de synthés et de groove en général, avec même des textes positifs pour tenter de nous projeter dans une sorte d'utopie au delà du marasme actuel.

En live, l'utilisation de pédales de loop et de sons préenregistrés donne du volume à l'ensemble, ca pète pas mal! Là encore, on aurait aimé un peu de rab, et même si le plaisir de découvrir l'album en entier en live est grand on aurait aimé retrouver quelques perles des disques précédents (Minuit dans tes bras, la classe ouvrière s'est enfuie...).

On notera l'idée originale et bien sentie, de laisser un artiste peintre dessiner une immense fresque dans le fond de la scène pendant le concert. Un mariage réussi!

Une soirée qui fait du bien, tout simplement!

A lire également Michel Cloup à la Maro en 2016 dans notre Top 10 2016 et 2014.

samedi 29 décembre 2018

Best of 2018 : Le classement MRM des 10 meilleurs concerts


Dans le rétro 2018, une nouvelle année pleine de joie et de belles soirées dans les salles obscures ou en plein air...

Les Young Fathers trônent sur notre classement 2018 grâce à une prestation sauvage et électrisante au Badaboum. Une ambiance de feu et l'impression de voir quelque chose de vraiment spécial... La bête de scène Liam Gallagher a retrouvé de sa superbe en prenant son envol en solo. Concentré et généreux comme rarement depuis 10 ans il nous a gratifié de 2 grosses performances d'abord dans le cadre cosy de l'Olympia puis dans celui plus bucolique de Rock en Seine. Le son Nine Inch Nails est toujours aussi puissant et défini sur scène et lorsque Trent Reznor est en forme, le combo a peu de rivaux sur scène.

Les Puts Marie, roi de notre top Albums 2018, démontrent en live toute l'étendue de leur palette et fascinent toujours autant. LANE et Dead Pop Club ont réchauffé notre automne quand Anna Calvi nous a fait frissonner en plein mois d'aout. Johnny Marr nous a émerveillé à la Gaité Lyrique et nous faisant nous demander pourquoi il avait attendu tout ce temps pour devenir frontman. Anton Newcombe aura tout donné et fini littéralement épuisé pour perpétrer la légende BJM. Bertrand Cantat aura ravi ses fans heureux de ne finalement pas être empêché de le voir sur scène. Enfin Seefeel aura redoré le blason d'un monument oublié des 90s...


MRM TOP 10 CONCERTS 2018

1. Young Fathers au Badaboum (12/4/18)
2. Liam Gallagher à l'Olympia et Rock en Seine (2/3/18 et 25/8/18)
3. Nine Inch Nails à l'Olympia (25/6/18)
4. Puts Marie à Petit Bain (13/11/18)
5. LANE et Dead Pop Club à la Boule Noire (8/11/18)
6. Anna Calvi à Rock en Seine (25/8/18)
7. Johnny Marr à la Gaité Lyrique (24/5/18)
8. Brian Jonestown Massacre à la Cigale (20/9/18)
9. Bertrand Cantat au Zénith (7/6/18)
10. Seefeel à Petit Bain (24/11/18)

A lire également le MRM TOP 10 Albums 2018

samedi 15 décembre 2018

Best of 2018 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums



C'est donc dans la confusion des derniers mouvements sociaux que 2018 se termine... 2019 sera encore une année au potentiel explosif... Au niveau musical, les artisans de la musique enregistrée continuent de nous livrer de belles oeuvres qui nous étonnent, nous réconfortent ou nous interrogent... C'est le pouvoir essentiel de ces disques, de ces essais de captation d'un sentiment, d'une humeur, d'une intention que de raviver en nous cette petite flamme qui nous anime...

2018 aura été une année musicale chargée de notre coté avec la belle aventure de l'enregistrement du second LP d'Amain Armé aux mythiques studios Black Box près d'Angers. Une belle rencontre avec Peter Deimel, le maitre des lieux, qui nous aura aidé à magnifier ces quelques chansons. Après avoir travaillé avec Steve Albini sur le disque précédent c'était une évidence que de travailler avec Peter sur la suite... A entendre en 2019... ;-)

C'est justement un autre disque enregistré par Magic Peter au Studio Black Box qui nous aura bluffé cette année. Avec "Catching Bad Temper", les 5 Suisses de Puts Marie auront éclairé notre année. Un album fascinant qui mélange avec grace jazz, rock atmosphérique et hip-hop dans une synthèse encore rarement entendue... Superbe.

Les Canadiens de Suuns continuent de dépouiller leurs chansons pour se rapprocher le plus près possible de l'essentiel. Ils sont désormais tout près de l'os. Le rendu à la fois complexe et évident, chaleureux et glaçant, est le pur reflet de nos temps modernes...

L'éternel Johnny Marr s'est enfermé en studio en 2017 pour s'isoler des traumatismes du Brexit et nous livrer une oeuvre cathartique. De belles mélodies, une voix pop entrainante, un état d'esprit conquérant, tout ce dont on avait besoin cette année...

La nouvelle livraison de Kim Deal et de ses Breeders, 10 ans après le dernier service, nous rappelle que le rock indé est avant tout une histoire de savoir faire, d'envie et de fraicheur à préserver (on n'a pas dit jeunesse). Un album enregistré dans plusieurs studios avec pas mal d'overdubs à Electrical Audio...

Alexandre Varlet a laissé la chance à la lumière d'à nouveau éclairer ses très belles chansons d'un clair obscur chaleureux. Avec "Soulage", il nous livre un disque aux mélodies fragiles et envoutées qui touchent droit au coeur.

Les Young Fathers épurent leur propos et déroutent avec un 4ième LP toujours porté par une ambition avant-gardiste. Beach House se renouvèle et enthousiasme de nouveau avec une dream pop noire qui réveille notre curiosité. Les lyonnais de Zëro reviennent avec un disque céleste bien que moins accessible que son prédécesseur (notre #1 de 2016).

Les américains de The Spirit of the Beehive réussissent à amener de la grâce dans leur pop songs un peu crades et décadentes. Les jeunes parisiens d'En Attendant Ana raniment la flamme pop indé de feu Sarah Records et enthousiasment nos oreilles avec un premier essai qui aura su convaincre l'exigeant label de Chicago Trouble in Mind. Enfin, Same Waves fut la bonne surprise de cette fin d'année avec leur dream pop qui nous fait penser à des Cocteau Twins évadés dans un monde synthétique...

MRM TOP 10 ALBUMS 2018:

1. Puts Marie : Catching Bad Temper (Yotanka)
2. Suuns : Felt (Secretly Canadian)
3. Johnny Marr : Call the Comet (Warner)
4. The Breeders : All Nerve (4AD)
5. Alexandre Varlet : Soulage (Les Disques du 7ième Ciel)
6. Young Fathers : Cocoa Sugar (Ninja Tune)
7. Beach House : 7 (Sub Pop)
8. Zëro : Ain't that Mayhem (Ici d'ailleurs)
9. The Spirit of the Beehive : Hypnic Jerks (Tiny Engines)
10. En attendant Ana : Lost and Found (Montagne sacrée/Trouble in Mind)
10. Same Waves : Algorithm of Desire (Flau)

Pas loin du Top 10 :  The Coral, BRMC, Romain Humeau, It it Anita, Idles, Ana Calvi, Shame, Drinks...

MRM TOP 3 SONGS 2018

1. Suuns : Make it real
2. Shame : One Rizla
3. The Liminanas : Dimanche

A suivre : le MRM TOP 10 Concerts 2018. A relire les tops 2017, 2016, 2015

lundi 26 novembre 2018

Seefeel à Petit Bain (24/11/18)



25 ans après la sortie de l'ovni "Quique", Seefeel rompt un silence de plusieurs années pour célébrer en live, à Petit Bain, l'anniversaire d'un disque avant-gardiste et ambitieux en 93 et comme par magie toujours aussi beau en 2018.

Quand on ré-écoute Quique aujourd'hui, on est stupéfait par l'intemporalité qui ressort de ce monument. Entre shoegaze et electronica, Seefeel avait réussi la prouesse de marcher sur les plates bandes d'Aphex Twin version "selected ambient works" tout en propulsant le rock à guitare dans une sphère éthérée, romantique et  dissolue…

En live, 25 ans après la magie opère toujours, ces canevas sonores vaporeux n'ont pas pris une ride. Mieux encore, l'apport d'une section rythmique précise et groovy à la fois apporte une vraie tension narrative aux guitares évaporées de Mark Clifford et à la voix diaphane de Sarah Peacock. C'est totalement envoutant, on est pris dans un élan réveur.

Quelques nappes ou beats passent dans des bandes mais la majeure partie de la musique est bien créée en live par les 4 laborantins (2 guitares, basse, batterie) et ca c'est qui étonne le plus. Le rendu est vraiment unique, un vrai mélange electronica/shoegaze/dream pop. On se dit qu'en 93, rendre cet album en live vu l'état de la technologie à l'époque (sampler analogique, pas de laptop…) devait être une prouesse insensée… C'est en celà que Seefeel était en avance sur son temps.

Pour la petite histoire, la sortie de "Quique", leur premier album tout de même, sur le label Too Pure, leur permit d'être le 1er groupe à guitares a signé sur le cultissime label d'électronica de Sheffield : Warp Records (qui avait bien sûr déjà dans son écurie Aphex Twin pas pas encore Boards of Canada…). Ils ont ouvert la voie...

A lire également quelques Best Song Ever sur Warp : Autechre, Boards of Canada, Aphex Twin, Prefuse 73 ou encore l'apport de Warp dans les années 2000.