Voilà vraiment une artiste à part. La néo-zélandaise, Aldous Harding, de son vrai nom Hannah Sian Topp, semble à la fois être absente et totalement présente. Sa venue à Paris, dans la prestigieuse Salle Pleyel, pour la sortie de son 5ième album, Train on the Island, démontre qu'on peut, encore de nos jours, séduire un public sans se prêter au jeu du dévoilement tout azimut sur les réseaux sociaux.
Pour Train on the Island, Aldous Harding a décidé de ne faire aucune interview promotionnelle, laissant à ses fans, découvrir et interpréter eux-mêmes ses 10 nouvelles superbes chansons. Dans une époque où le moindre mouvement est scruté, attendu et disséqué c'est une décision courageuse. Hannah a certainement atteint le niveau de notoriété lui permettant d'avoir le choix mais cela reste tout de même rare.
Ce nouvel opus a été enregistré, comme les précédents, avec l'appui de John Parish aux mythiques studios Rockwell, célèbres pour avoir notamment permis l'accouchement des premiers albums de Queen, du What's the Story (Morning Glory) d'Oasis ou encore du premier Stone Roses... On notera la participation sur 4 morceaux, du réalisateur, auteur, compositeur rennais Thomas Poli qui ajoute la magie de son synthé modulaire Verbos à la musique du combo (on vous recommande d'ailleurs son nouvel album "musique pour le monde invisible", une vraie pépite, disponible sur son bandcamp).
C'est vraiment difficile de définir la musique d'Aldous Harding, tant elle est originale. On tentera d'évoquer un pop folk un peu baroque et beaucoup perché. Tout y est à l'épure. Les arrangements sont à la fois recherchés et parcimonieux. La voix d'Hannah est d'une plasticité renversante. Douce, partant dans les aigus célestes d'une voix de tête ou dans les bas mediums d'une voix de crooner, le registre est vaste.
Les paroles sont comme hallucinées, comme tout droit sorties de l'inconscient de l'artiste. Entre songes et rêves éveillés. Une artiste à part, tellement interessante et intrigante.
En live, on a droit à la quasi intégralité du nouvel album, sublime... Le silence et le recueillement dans la salle en dit long du profond respect, de l'admiration et certainement de la fascination de la musique d'Aldous Harding sur son public.
Celle qui se présente comme un Song Actor, aura cette fois ci été moins théatrale que sur la précédente tournée, passant plus de temps assise, guitare en main, que debout à mimer ses chansons et ses émotions.
L'épure, toujours. De celles qui rapprochent de l'essentiel, de l'authentique, d'une certaine forme de pureté.
On a tellement besoin de ce genre d'artiste dans nos vies ultra speed et où l'on n'a rien le temps de faire, ni de profiter... Indispensable !
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