Liars, voilà un groupe culte en ces pages que l'on avait pas vu en concert depuis 2017... Une éternité... La première fois que j'ai vu le groupe c'était dans cette même salle, la boule noire, en 2003 et j'ai du les voir à chaque sortie d'albums depuis cette date et jusqu'en 2017 donc...
Il faut dire qu'Angus Andrew, leader et seul membre permanent de Liars, n'est pas revenu à Paris depuis. 2017 était une année étrange pour le groupe, Angus se retrouvant seul aux manettes après les départs de ses fidèles acolytes Aaron Hemphill (guitare) et Julian Gross (batterie).
Liars reste, contre vents et marées, cette entité étrange, produisant des disques bizarres et qu'on aurait du mal à classer dans une catégorie. C'est d'ailleurs, certainement, l'ambition ultime d'Angus Andrew, de ne jamais refaire la même chose et de ne jamais être étiqueté par rapport à un mouvement, un style, un sillon.
Tous les disques de Liars sont d'une étrangeté, d'une radicalité et d'une authenticité sidérante. On peut passer d'une plage ambient en apesanteur à une furie de roulements de batterie ou de boite à rythmes et souvent dans une meme chanson... Et tout y passe, guitares stridentes, rythmes techno, synthés contemplatifs, batterie déchainée, bruits, larsens...
Malgré ce maelstrom revendiqué, il y a toujours dans les chansons de Liars une mélodie à laquelle s'accrocher, souvent par l'intermédiaire de la voix profonde et habitée de son chanteur.
Sur scène, Angus est accompagné d"un batteur et d'un multi instrumentiste. C'est fascinant de se dire que 25 ans après leurs débuts, dans la hype du revival new yorkais avec leur pair d'alors, Yeah Yeah Yeahs, LCD Soundsystem, The Strokes, Liars existe toujours et fédère encore une communauté de weirdos (dont je fais partie) qui est toujours contente d'écouter le groupe en 2026.
C'est d'ailleurs ce que fait remarquer Angus, dans l'une de ses tirades au cordeau dont il nous abreuvera tout au long du concert. Nous faisons communauté ce soir avec le groupe. Liars puisera dans quasiment tous ses disques une setlist puissante pour un voyage hors du temps (avec quand même la prédominance de Drums not Dead qui fête ses 20 ans et qu'Andrew ambitionne de rejouer en intégralité à Berlin). Cohérent et totalement disparate à la fois, tel est l'essence Liars.
On revisite un pan de notre vécu en mode histoire parallèle, celle d'un groupe inclassable et anti-commercial qui aura réussi à nous faire approcher d'une partie de nous qui ne cherche pas la lumière mais qui se tapi dans l'ombre et prospère sous la ligne de flottaison. Carl Jung aurait dit, en son temps, qu'il est nécessaire d'assumer cette part d'ombre au grand jour pour naitre ou renaitre complètement...
Une soirée qui fait du bien.
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