lundi 2 novembre 2026

Jean Felzine au Zèbre Belleville (27/10/26) - Live Report


Encore un habitué de ces pages avec Jean Felzine, mais cette fois-ci en solo et plus avec le groupe Mustang. Quatrième et dernier soir au Zèbre à Belleville pour le lancement de son second album, le génial Cinéma Permanent.

Felzine a joué au Zèbre tous les mardis d'octobre dans différentes configurations : solo, duo et quatuor et c'est cette version, la même que sur le disque, que l'on a la chance de voir sur scène ce soir là.

Avec Mustang, Felzine a tout connu. Des débuts prometteurs au moment du mouvement des baby rockers vers 2006/2007, sorte de réponse française au retour du Rock du début du siècle avec les Strokes, Libertines ou White Stripes. Des groupes de l'époque (BB Brunes, Plasticines, Naast...) Mustang était clairement au dessus du lot et signa en major (Sony). 3 bons disques dont notamment le 3ième, Ecran Total, mais des ventes insuffisantes et Sony les lâcha... 


En indé, Mustang sortira 2 excellents albums, Mementori Mori et Megaphenix, tous deux plébiscités dans nos TOP 10 MRM annuels. Las, le groupe se séparte en 2025 et voilà donc son leader, Jean Felzine, qui sort son second album solo.

Si le premier était essentiellement synthétique, ce nouvel opus se veut orienté guitare mais sans surenchère. Tout est dans l'épure : guitare acoustique, batterie chaloupée, basse ondulante et arrangements de guitares subtiles et aériens. Pas de fioriture, on va à l'essentiel mais tout est à sa place et harmonieux. Pas besoin de plus, c'est ça l'apanage des grands disques.

On aura souvent répété dans ces pages que Jean Felzine a l'une des plus belles plumes de la scène française. On osera même dire qu'il fait partie des plus grands songwriters de sa génération. A ce niveau là, il n'y a presque que des perles sur Cinéma Permanent. Felzine mèle toujours ironie et regard acerbe et précis sur lui-même et sur ses contemporains et le tout, toujours avec un humour et une auto-dérision qui font plaisir et détendent l'atmosphère.

Le plus bel exemple, il réussit à aborder le thème de la fin de vie, dans "un homme peut-être", en nous faisant rire, pleurer et réfléchir. Si le début de la chanson allume un large sourire (la bite à papa) la suite évoque le vertige de l'après et de la vie sans le phare de ses parents (qu'est ce que je vais faire maintenant que tu t'en vas). C'est brillant...


Et c'est l'impression générale de ce concert. En épurant son expression, le nouveau Felzine a vraiment de la gueule. Les 3 musiciens qui l'accompagnent ne font pas dans la surenchère et permettent l'envol des ces belles chansons. Mention spéciale aux arrangements soyeux de Hedi Bensalem. On pense à un classique de la chanson française des années 50/60 mais à la sauce moderne.

En ouverture : Y a que moi qui travaille où l'on se croirait au pmu du coin, c'est génial, les inflexions rock, presque punk sur le verbe travaille à la fin de la chanson sont fabuleuses. Les perles défilent : Cinéma Permanent, Adieu (à Mustang), Paris Paris Paris, Areski, Esprit Policier. 

En rappel on a droit à une nouvelle chanson, Music Hall, où Felzine, seul au piano, nous chante un futur classique de son répertoire avec sa mélodie vocale entêtante. Une seule reprise de Mustang, leur presque tube, Pole Emploi Gueule de bois. On aura meme droit à une reprise d'Aristide Bruant...

Brillant ce monsieur Felzine.

A lire également Mustang à la Maroquinerie en 2024 et 2021 ou dans nos top MRM.

Nos autres hérauts de la chanson en France : Pascal Bouaziz (Bruit Noir, Mendelson) ou Michel Cloup ou un autre troubadour cher à notre coeur : Troy Von Balthazar.

Ou poursuivre avec le Retour du Rock dans les années 2000 ou toute la série sur les années 2000.