mercredi 14 octobre 2026

Ed O'Brien à la Salle Pleyel (8/10/26) - Live Report


Le guitariste de Radiohead, Ed O'Brien, était de passage à la Salle Pleyel à Paris pour nous présenter son second album solo, le très réussi Blue Morpho. 

Ed n'est pas qu'un simple guitariste, on n'a pu s'apercevoir avec Radiohead de la qualité de ses backing vocals, en contrepoint angélique au chant tourmenté et puissant de Thom Yorke. Les arrangements subtiles et inventifs proposés par O'Brien en font un pièce essentielle du puzzle Radiohead. 

On pourrait le dire de chaque membre du groupe tant c'est la fusion de ces 5 personnalités qui donne sa grandeur à un groupe incontournable et monumental de ces 30 dernières années... La folie et l'enthousiasme général ayant envahi la sphère musicale l'année dernière pour la tournée en Europe de Radiohead est là pour le rappeler...


Le premier album solo d'Ed O'Brien (signé EoB à l'époque) a eu la mal chance de sortir juste avant le confinement de 2020... Pas de concerts et un disque qui colle trop à cette époque pour que je puisse le ré-écouter facilement, alors même qu'il fut un refuge précieux dans ces premières semaines d'isolement collectif...

Blue Morpho est aérien, doux, chaud et réconfortant. On pense à AIR pour le coté cinématographique, à Thom Yorke pour ces choeurs lointains contemplatifs. Sous forte influence brésilienne (Ed y a vécu plusieurs années) le disque se déploie dans une atmosphère apaisante et chaleureuse bien que mélancolique. L'artiste avoue avoir traversé une profonde dépression dont la confection de l'album l'a aidé à sortir. Ca s'entend...

En live, dès Incantations, le morceau d'ouverture de l'album, on est pris par ces entrelacements de guitare folk et de guitare électrique... "Open your eyes and see the beauty in the dark"... "Incantations from the soil, Incantations mend all the trouble"...Tout est dit... C'est beau, c'est exaltant, c'est envoûtant.

Et tout le concert sera au diapason : Sweet spot, Teachers, Solfeggio... Que de beautés. Tout le nouvel album sera joué. Ed tente de vaincre sa timidité en disant au public qu'il n'est pas habitué à jouer les front man dans son groupe d'origine...


Il confiera qu'il a pris le temps de se balader dans Paris dans l'après-midi, et qu'il est passé devant des lycées bloqués. Il avouera admirer l'esprit de résistance des jeunes lycéens français et que pour lui, nous les français on avait encore de cet esprit révolutionnaire qui coulait dans nos veines, déplorant que ses compatriotes britanniques ne l'avaient plus du tout...

O'Brien rendra un hommage appuyé à ses musiciens, répétant la gratitude et la chance qu'il avait d'être entouré par de tels talents. Le concert se terminera par Obrigado et le long et somptueux solo aérien à la Pink Floyd.

Une soirée en apesanteur.

A lire également, Radiohead au Zenith en 2016, à Bercy en 2012 (Soir 1 et Soir 2), un retour sur The Kings of Limbs ou Radiohead les Beatles de notre génération.

Egalement la saga Best Song Ever avec Radiohead en épisode 13 ou encore The Smile en concert (Johnny Greenwood et Thom Yorke)

lundi 5 octobre 2026

The Molotovs à la Machine du Moulin Rouge (1/10/26) - Live Report


The Molotovs à la Machine du Moulin Rouge, certainement le concert le plus court que j'ai jamais vu... Matt et Issey Cartlidge, frère et soeur, 17 et 19 ans et nouvelle sensation punk pop du Royaume Uni... Dit comme ça, ca donne littéralement le tournis...

The Molotovs s'est taillé, très jeune, une solide réputation sur scène en enchainant plus d'une centaine de concerts en Angleterre avant de sortir en début d'année leur premier album, Wasted on Youth.

On pense tout de suite à the Jam et à Paul Weller. Du punk version Mods où l'urgence et les mélodies règnent en maitre. Ca déménage et ca fout la patate. Exactement ce dont on a besoin en ce moment...

Le passage à Paris de The Molotovs pour la promotion de leur debut album était clairement un évènement. Concert sold out des mois à l'avance, ils étaient attendus de pied ferme. L'assistance est très clairement assez âgée, comme souvent à Paris pour les concerts de Rock. C'était déjà comme ça avec les Fontaines DC avant que leur 4ieme LP, Romance, ne les fasse exploser auprès d'un public beaucoup plus jeune.


Ca démarre sur les chapeaux de roue avec Johnny don't be scared et le puissant Rhythm of yourself. On est surpris de voir que c'est la bassiste Issey qui prend tout l'espace et énergise la scène de sa présence magnétique. Matt reste plutôt en retrait même si sa prestation vocale et à la guitare est excellente. 

Avec Daydreaming, les londoniens montrent qu'ils peuvent aussi écrire des morceaux plus pop (même si ils ont l'air d'avoir piqué la mélodie au "Girl in the Dirty Shirt" d'Oasis...). Le concert semble lancé et on passe déjà un super moment... Mais patatra, à la fin de la chanson, Matt annonce qu'il a la grippe et qu'il n'arrive plus à chanter... 

Il fera une cinquième chanson, ironiquement Today's gonna be our day, avant de s'excuser et de dire qu'il ne peut plus et de s'eclipser de la scène. C'est la confusion, forcément, mais Issey ne se démonte pas et commence, à la basse, la mélodie du Should I Stay or Should I Go des Clashs... L'humour british en quelque sorte... Cette version basse batterie est excellente...


Matt revient sur scène pour un tout dernier morceau, en s'excusant mille fois de devoir mettre un terme à leur prestation... 30 minutes montre en main, même les Libertines en 2003 à l'Elysee Montmartre avaient joué 40 minutes... C'est drôle d'ailleurs car Carl Barat est monté sur scène avec les Molotovs à Londres, quelques jours plus tôt, pour jouer le tout premier single des Libertines : What a Waster (humour british là encore...).

C'était court, intense et franchement on n'avait pas remarqué que Matt était diminué durant les quelques chansons jouées.

On a dejà hâte d'entendre la suite de leurs aventures et de les revoir, un peu plus longtemps sur scène...

A lire également Paul Weller à la Salle Pleyel, The Libertines au Zenith et en Best Song Ever, Fontaines DC à la Route du Rock 26 ou encore the Clash en Best Song Ever...