samedi 30 décembre 2023

Best of 2023 : le classement MRM des 10 meilleurs concerts


 Rien ne remplacera jamais les sensations procurées par la musique live jouées par des artistes bien humains... Ce sera au moins une place que l'IA ne prendra pas... En 2023, on aura, bien heureusement, eu droit à notre lot de grands moments en concert.

A commencer par les exceptionnels Young Fathers. Chacune des 3 prestations des écossais vues en 2023 à l'Elysée Montmartre, à la Route du Rick et à Rock en Seine furent incroyables... Ils ont une telle générosité sur scène, une telle intensité que leurs shows se transforment en grand messe chamanique...

Le Boss, lui non plus, n'a rien perdu de sa puissance et de sa force rassembleuse. 3 heures de concerts fédérateurs dans une Defense Arena acquise à sa cause et avec un E-Street Band impressionnant.

Les Pixies ont enflammé l'Olympia en plein blocage de la place de la Concorde au moment de la réforme des retraites tandis Cypress Hill a merveilleusement fêté les 30 ans de Black Sunday en débarquant sur la Grande Scène de Rock en Seine au pied levé, en remplacement de Florence and the Machine.

Sorry a défendu de mains de maitre sur la scène de Petit  Bain et à la Route du Rock son opus #1 de notre TOP 2022. Les #1de notre Top albums 2023, Bruit Noir ont plongé Petit Bain dans une réjouissante euphorie languissante tandis que le Pere Noel s'est rappelé à nos vieux souvenirs au Zenith.

Contre toute attente, Morrissey a effectué en retour en grâce à la Salle Pleyel, tandis que les Chemical Brothers ont rappelé à Rock En Seine que leur techno puissante et planante à la fois à peu d'égale. Enfin, Yo la Tengo à la Cigale/Route du Rock et Bdrmm au Point Ephèmère ont défendu une certaine idée de la déferlante guitares chère à nos oreilles.


MRM TOP 10 CONCERTS 2023 :

1. Young Fathers à l'Elysee Montmartre/la Route du Rock/ Rock en Seine

2. Bruce Springsteen à la Defense Arena

3. Pixies à l'Olympia

4. Cypress Hill à Rock en Seine

5. Sorry à Petit Bain/Route du Rock

6. Bruit Noir à Petit Bain

7. Noel Gallagher au Zenith

8. Morrissey à la Salle Pleyel

9. Chemical Brothers à Rock en Seine

10. Yo la Tengo à la Cigale/Route du Rock

10. Bdrmm au Point Ephémère


A lire également le TOP 10 Albums 2023

dimanche 17 décembre 2023

Best of 2023 : le classement MRM des 10 meilleurs albums


L'année 2023 se termine et le temps des bilans ressurgit, comme à chaque fois... Vu le contexte international, on ne peut pas dire qu'on ne soit pas content que cette année touche à sa fin... Guerre en Ukraine qui continue, guerre au proche Orient, massacres, tueries, année la plus chaude (ou presque) depuis des décennies, inflation, montée des extrémismes... 

Et dans ce contexte, heureusement que nous avons la musique pour nous aider, nous soulager, panser nos plaies, nous émerveiller, nous faire réfléchir et faire battre nos coeurs chaque jour... Cette année le trio de tête a été très difficile à départager... 

Mais au final c'est le 3ième album de Bruit Noir, qui, comme une évidence, trone au sommet des notre top 10 2023... IV/III (le III était trop bon ils l'ont gardé pour eux ;-)..) est encore plus radical, plus sombre et plus libéré que son prédécesseur... Pour nous aider à passer l'année, il fallait bien que Pascal Bouaziz et Jean-Michel Pirès se surpassent... Quand je ne vais pas bien, j'écoute Bruit Noir, ca me réconforte... Un disque d'intérêt public...

Les vétérans de Yo La Tengo démontrent une fois de plus qu'il est possible de vieillir en continuant à surprendre et à innover... Entre noise, ambient dub rock et pop, le trio new yorkais réalise une véritable démonstration... Brillant...

Les écossais de Young Fathers sont eux aussi indispensables. Quel talent, quelle audace! Ils sont inclassables et totalement chamaniques... Et quelle claque monumentale en live (on en reparlera avec le TOP Concerts 2023).

Le Père Noel Gallagher, revient des expérimentations lourdingues et sort un beau disque de pop, aux arrangement encore une fois classieux... le leader des Fontaines DC, Grian Chatten, nous prend au dépourvu avec un disque solo de toute beauté, aidé par l'excellent producteur Dan Carey. 

Depeche Mode qui sort un très bon disque, en 2023, plus de quarante ans après Speak and Spell, c'est inespéré.  Après un disque d'obédience Motown, Miles Kane sort cette année un LP de rock pop comme seuls les anglais savent en sortir, c'est réjouissant et hautement addictif en ces temps de crise.

Blonde Redhead nous recouvre, encore une fois, de toute sa classe avec cette injonction irrésistible "Sit down for Dinner". Bdrmm a sorti l'album sonique de l'année, un régal, tandis que Trunks nous a émerveillé avec un disque de rock indé magnifique réalisé de mains de maitre par Thomas Poli... Wilco continue sa route et nous embarque à chaque fois? Blur enfin nous a ému avec un Ballad of Darren empreint de la patine du temps et des pertes qu'elle induit...

MRM TOP 10 ALBUMS 2023:

1. Bruit Noir : IV/III (Ici d'ailleurs)

2. Yo la Tengo : This stupid world (Matador)

3. Young Fathers : Heavy Heavy (Ninja Tune)

4. Noel Gallagher : Council Skies (Sour Mash)

5. Grian Chatten : Chaos for the Fly (Partisan)

6. Depeche Mode : Memento Mori (Mute)

7. Miles Kane : One Man Band (Modern Sky UK)

8. Blonde Redhead : Sit Down for Dinner (Section 1)

9. Bdrmm : I don't know (Rock Action)

10. Trunks : We Dust (II Monstro)

10. Wilco : Cousin (dbpm)

10. Blur : the Ballad of Darren (Parlophone).


Pas loin du TOP 10 : Farrago, En Attendant Ana, Geese, Slowdive, Feist, The Coral...


MRM Best Tracks 2023

Bruit Noir : Calme ta joie

Blur : The Narcissist

Yo La Tengo : Sinatra Drive Breakdown


A lire également le TOP 2022 et le TOP Concerts 2023

lundi 4 décembre 2023

Blonde Redhead à la Cigale (28/11/23)


 


Déjà 6 ans que l'on avait plus de nouvelle de Blonde Redhead. Quelle joie de les revoir sur la scène de la Cigale dans le cadre de la tournée de leur 10ième album "Sit down for Dinner".

Le trio new-yorkais est toujours aussi classe. Son nouvel album est un régal de pop classieuse. Son précédent disque, Barragan, paru en 2014 avait surpris par son dépouillement et son caractère éthéré, Sit Down for Dinner reste dans le prolongement avec une volonté d'épure manifeste même si les arrangements sont plus nombreux et peut être encore plus appropriés.

C'est certainement un album pop dans le sens ou le mélodies sont reines et emportent l'auditeur dans une mélancolie rêveuse du plus bel effet.... Il y a de la simplicité et de la subtilité dans ces chansons.

Le début du set tourne autour de Misery is a Butterfly avec pas moins de 3 titres sur les 4 premiers joués (Falling Man, Doll is Mine, Elephant Woman). Ce départ très sonique, dans la pure veine du Blonde Redhead des années 2000, entre dream pop et psyché envoutant, ravit forcément les nombreux fans présents dans une Cigale sold out depuis des semaines


En cela, le morceau introductif du dernier LP, Snowman, est une parfaite transition entre les 2 époques, suffisamment riche soniquement et épuré en terme de texture sonore pour raccrocher les wagons. Les merveilles Melody Experiment (ce titre résume, littéralement, à lui seul la quête incessante de Blonde Redhead) et surtout Sit Down for Dinner part 1 et part 2 permettent à Kazu Makino de déployer tous les charmes du nouveau Blonde Redhead... Elegance, volupté et réconfort... La grande classe...

Les deux classiques que sont 23 et Spring and by Summer Fall continuent d'embraser la salle avant que Rest of Her Life ne vienne clore de toute beauté un set magnifique... En rappel, Not for Me et Kiss Her, Kiss Her du dernier album viendront fermer le ban, laissant le trio ému sur scène devant les applaudissements reconnaissant d'un public sachant sa chance d'avoir partagé un tel moment de grâce avec ce groupe si précieux.

A lire également Blonde Redhead au Trianon et à Rock en Seine.

mercredi 15 novembre 2023

Noel Gallagher au Zenith (11/11/23)


 Le Commander in Chief n'était plus venu en France depuis 2018, une éternité. Les parisiens furent gâtés cette année là avec 3 dates, 2 Olympia et 1 Lollapalooza pour promouvoir son si décrié 3ième album : Who built the Moon ?

Ce 3ième effort solo partait d'un volonté, louable, de se renouveler et de sortir de sa zone de confort. Conçu en partie à partir de la basse, le disque manquait des mélodies imparables auxquels le sieur Gallagher nous avait habitué au fil des années... On aura largement préféré les 3 EPs, d'obédience dance music qui suivirent juste avant la pandémie.  Les meilleurs titres illuminant d'ailleurs le disque 2 du Best of sorti en 2021 (avec les 2 très bon inédits We're on our Way Now et surtout Flying on the Ground, pop song ultime et aérienne presque Motown dans l'esprit...).


Le nouveau LP, Council Skies, renoue lui avec les guitares et un songwriting plus conventionnel et recèle de pépites mélancoliques comme Dead to the World (piano, guitare, voix, cordes) ou Trying to find a world that's been and gone, chanson post pandémie cathartique... Et bien sûr les singles efficaces comme Easy Now (le décollage du refrain est sublime) ou Council Skies ou Pretty Boy... La fin de l'album est plus anecdotique...

Dans un Zenith bien rempli, les High Flying Birds qui voient le retour auprès du chef de 2 anciens Oasis (Gem Archer et Chris Sharrock) démarrent avec des chansons de Council Skies dans une ambiance qu'on qualifiera de bienveillante à défaut d'un enthousiasme débordant. Pourtant ca déroule, le boss est en voix, les 3 choristes apportent un vrai truc sur certaines chansons. Les singles fonctionnent bien en live : Pretty Boy, Council Skies (même si les arpèges magiques de Johnny Marr  sur disque sont joués par Gem et sont peu audibles) et surtout Easy Now.


Noel jouera ensuite 2 titres de Chasing Yesterday pas parmi les meilleurs avant de finir son set solo avec les claissiques If i had a gun (qui aurait pu etre un single d'Oasis), AKA what a life et son synthé acid house/dance années 90 et le sublime et dépouillé Dead in the Water.

Deux tiers de titres solo et un tiers de chansons d'Oasis... Nombreux sont les fans déçus de ne pas entendre plus du groupe mythique... Le temps a passé et Noel Gallagher, fait le choix de privilégier son passé récent et il a tout a fait raison. Le choix de faces B plutôt que des hits singles d'Oasis est intéressant et risqué... Going Nowhere (face B de Stand by Me), The Masterplan (face B de Wonderwall) et Half the world away (Face B de Whatever) sont devenus des classiques du groupe... Noel va meme plus loin et réarrange la plupart des titres joués. On retiendra notamment cette version épurée et sublime de Live Forever

Il y a certainement aussi la volonté de se démarquer de son frère Liam, qui lui livre depuis 2017 et le début de sa belle carrière solo, des versions plus proches des disques d'Oasis...

Au final, on aura passé un super moment, certainement moins extatique qu'avec son frère mais après tout c'est bien cette différence et cette complémentarité qui faisait la force du duo à l'époque bénie d'Oasis...

A lire également Noel Gallagher au Grand Rex et au Casino de Paris, Liam en concert ou le cas Oasis...

lundi 6 novembre 2023

Bdrmm au Point Ephémère (3/11/23)


 Les jeunes anglais de Bdrmm (prononcé Bedroom) sont venus deféndre au Point Ephémère la sortie de leur excellent second album "I don't know". Le concert dans la petite salle indé parisienne affiche complet depuis juillet, c'est dire l'engouement pour les 4 anglais du nord.

Leur 1er effort sorti en 2020 avait grandement attiré notre attention. Entre Dream pop et Shoegaze, Bedroom (le LP) remettait en lumière une vision sonique de la pop que l'on adore en ces pages. Le nouvel album vient affirmer cette première assertion mais en glissant ça et là des ambiances ambient et electro qui élargissent la palette des sensations provoquées par le combo.

Le changement de label, de Sonic Cathedral à Rock Action, le label des écossais de Mogwai n'y est peut etre pas pour rien... Bdrmm a d'ailleurs accompagné Mogwai en concert l'an dernier et on avait pu donc les découvrir sur la scène de la Salle Pleyel, certainement encore un peu grande pour eux (son mal maitrisé et voix perdues dans le mixage).


Au Point Ephémère, c'est une tout autre histoire. Le son est remarquable, les voix ressortent et renforcent ce coté aérien que les guitares (Joe Wickers, Ryan Smith) soit suivent, soit fracassent dans un déluge de distorsion reverbérée... C'est un régal... Et que dire de la basse de l'émouvant Jordan Smith, qui swingue et ondule à merveille, donnant beaucoup de groove aux morceaux... La batterie de Conor Murray n'est pas en reste dans un style Shoegaze old style approprié.

Des titres comme Alps, Just a bit of Blood ou We Fall apart sont déjà des classiques... Les géniaux Push/Pull, Gush ou encore Happy du 1er album ne sont pas en reste... Quel plaisir de retrouver ce mur du son, ces guitares soniques frondeuses, ces chants éthérés... On part loin et on voudrait que le concert ne s'arrête jamais...

A lire également Ride, My Bloody Valentine, Slowdive, Beach House, Diiv, Deerhunter...

jeudi 26 octobre 2023

Bruit Noir à Petit Bain (25/10/23)


Encore un album pour que dalle, encore un concert pour rien... La Release party du 3ieme album de Bruit Noir à Petit Bain était bien évidement l'évènement de ce début d'automne... 

IV/III, l'album de trop, vraiment? L'album qu'il faut plutot... Nécessaire, vital, indispensable... en ces temps de merde où depuis 3 ans les crises les plus affreuses succèdent aux crises les plus merdiques dans un emballement temporel qui nous replace en permanence au centre de la lessiveuse... Période atroce que seule l'art peut transcender...


Quand je vais moins bien, j'écoute Bruit Noir, ca me réconforte... Ce nouvel opus est au diapason de la période, plus sombre, plus radical, plus surprenant... Pascal Bouaziz dit écrire sans filtre pour Bruit Noir et c'est en cela que ce groupe est précieux... C'est comme si on libérait à son écoute toutes ces idées noires, tordues et parasites, refoulées par notre inconscient perdu dans le dédale des informations macabres, anxiogènes et contradictoires dont il fait l'objet... 

L'expérience Bruit Noir est jubilatoire et expiatoire. Sur des rythmiques alambiquées composées par Jean-Michel Pires et souvent perverties par des nappes de synthé aériennes, les textes de Bouaziz désarçonnent et fascinent... Le Visiteur, sur la tragédie d'un migrant laisse sans voix... D'une humanité désarmante...

Tourette et Calme ta joie sont sans doute les 2 meilleures chansons de l'année, haut la main... 


En live, Bruit Noir joue la quasi intégralité de IV/III (manque à l'appel le morceau le plus punk de la décennie : Tourette et c'est bien dommage, on aurait adoré entendre ce flow jouissif en direct...). L'apport d'un jeu de batterie rudimentaire sur les bandes lancées dans un Petit Bain bien rempli donne une vraie densité au son. Bouaziz se lache au fil des morceaux.

L'apport de la basse de Stéphane Pigneul sur plusieurs morceaux rend le tout presque Joy Divisionesque... Un paquet de dejà classiques seront joués : Paris, Romy, l'usine... Forcément, Calme ta joie nous aura fait vibrer... Et le concert ne pouvait que se terminer par le Succès...

Une soirée d'exception mais faut jamais se réjouir des bons moments, ca dure pas...

A lire également Bruit Noir au Café de la danse et dans notre TOP 10 ou encore Pascal Bouaziz et Michel Cloup ou Mendelson


lundi 2 octobre 2023

New Order au Zénith (26/9/23)


 New Order était de retour dans la ville lumière dans un Zenith plutôt bien garni. La 1ere chose qui surprend c"est de voir dans la fosse autant de vingtenaires que de cinquantenaires. Le groupe n'a pourtant pas eu de hit single depuis au moins 2 décennies mais c'est vrai que leur musique, mélange de dance et de rock parait toujours aussi moderne de nos jours....

Le concert commence par un faux départ lorsque Bernard Sumner arrête de jouer après seulement quelques mesures de Crystal, leur single dévastateur de 2001, sonnant le retour au sommet du groupe de Manchester après presque une décennie d'absence (Republic en 1993). Le son est un peu brouillont mais dès Age of Consent tout repart dans le bon sens.

On voit sur les écrans géants que nos héros ont bien vieilli mais l'énergie est toujours là.  Après un trou d'air en milieu de concert, le set semble repartir avec le morceau "Waiting for the Siren's call"... La basse est sur ce morceau parfaitement présente et audible mais ce sera presque le seul morceau... L'absence de Peter Hook se fait cruellement ressentir, le nouveau bassiste ne pouvant pas légitimement prendre le meme espace... 


C'est fou, tout de meme, de penser que les membres survivants de Joy Division ont réussi à survivre au suicide  de leur ami et leader pour totalement se réinventer avec New Order en alliant à la perfection dance music et rock... A ce titre, que dire du triptyque True Faith, Temptation, Blue Monday...

Le Zenith s'est littéralement transformé en piste de danse géante... Une tuerie jubilatoire.... La pop dance song parfaite (True Faith), la dance song ultime (Temptation) et la techno pop song de l'age d'or de l'Hacienda (Blue Monday). 

Que demander de mieux? Et bien un rappel bouleversant avec 2 titres de Joy Division : Atmosphere et Love will tear us apart... Avec sur l'écran géant derrière le groupe ces images de sorte de célébrations profanes avec des photos de Ian Curtis brandies en étendard... 

A lire également New Order au Bataclan ou en Best Song Ever avec Blue Monday ou encore Peter Hook en solo

mercredi 20 septembre 2023

Feist à l'Elysée Montmartre (15/9/23)


 La pop music a cette force émotionnelle qui vous prend par inadvertance et vous renverse par surprise... Comme a pu le faire Feist lors de son passage à l'Elysée Montmartre pour défendre son 6ième album Multitudes...

A l'évocation de ce titre, on pense forcément à la récente chanson de Bob Dylan : I countain multitudes tant ce paradigme pourrait s'appliquer à la chanteuse canadienne. On la découvre sur scène pour la 1ere fois et quelle surprise en arrivant dans la salle de l'Elysée Montmartre de voir une mini scène en plein milieu de la salle.

Feist s'y présente, seule, avec un iphone dans la main, filmant son arrivée. Elle le confiera assez vite à une personne de l'assistance (en fait un membre de son crew) pour qu'il filme en déambulant dans l'espace, le tout étant projeté sur écran géant au niveau de l'emplacement de la scène principale de l'Elysée...

Ces visuels arty des spectateurs rendent l'atmosphère d'autant plus intimiste que Feist joue seule de la guitare acoustique et n'hésite pas à dialoguer longuement avec son audience entre 2 morceaux. On a l'impression d'assister à un concert d'une amie dans son salon. C'est assez poignant, frais et convivial... Il faut beaucoup d'audace et de confiance pour tenter telle aventure... 


Au bout d'une petite heure et quelques perles de son nouvel album : The Redwing, Forever Blue et Become the Earth, Feist rejoint la scène principale et son groupe pour un set électrique puissant. C'est comme un second concert qui commence avec une énergie totalement différente, forcément...

Artiste protéiforme à la voix envoutante, Feist réussit le tour de force de créer ce lien intimiste et fort avec son public afin de l'amener vers un mood plus libérateur et extatique grâce à la force électrique d'un groupe au diapason de sa générosité...


Un ultime rappel, seule en piste avec un Of Womankind chanté dans la fosse et un superbe Love who we are meant to avec projection des paroles manuscrites derrière elle...

Une très belle soirée.

lundi 18 septembre 2023

Geese à la Maroquinerie (16/9/23)


Et si New York City était encore le berceau du renouveau du Rock? Eléments de réponse avec la venue à Paris de Geese pour défendre la sortie de leur second album : 3D Country.

A peine un an après les avoir vu à la Route du Rock pour une prestation emballante, on a l'impression de voir un autre groupe sur la scène de la Maroquinerie. Après un 1er disque de post punk exalté, Geese surprend son monde avec un nouveau disque qui part un peu dans tous les sens.

A la 1ere écoute, 3D Country sonne complétement éclaté. Le 1er titre, 2122, en est le parfait exemple. On dirait un pastiche de Led Zepelin façon prog rock en montagnes russes avec un chant très expressif qu'on ne saurait qualifier, à ce stade, de parodie ou de lâchage jubilatoire... Le titre suivant 3D Country surprend tout autant. Le chant est tout aussi déconcertant jusqu'à l'arrivée de choeurs, qu'on dirait piqués à Primal Scream (version Movin on up) qui donnent tout leur sens à l'ensemble. 


A partir de là on comprend la démarche, des mélodies pop, exp(l)osées aux 4 vents des intentions émancipatrices des 5 new yorkais... Ils essaient de combiner plusieurs moods dans une meme chanson sur la base d'une mélodie vocale solide. Cowboys Nudes ou I see myslef et leurs refrains fédérateurs en sont la parfaite démonstration.

Sur scène, Geese débute son concert avec un étonnant piano voix, comme pour, une nouvelle fois signifier qu'il ne feront pas ce qu"on attend d"eux... La voix hyper maitrisée de Cameron Winter nous rappelle celle de Julian Casablancas (y'a pire comme référence).


Mais les choses sérieuses reprennent vite avec 2122 et ses fulgurances. Le public est vite en feu et reprend à tue-tête les refrains de Cowboys Nudes ou I see myself. C'est tellement la folie que sur un morceau, le bassiste lâche sa basse pour pogoter dans la fosse... Du rarement vu...

Que cela fait du bien de voir un jeune groupe (ils ont tous 20 ans ou à peine) à guitares mettre le feu à une salle remplie de jeunes... Le Rock n'est peut etre pas encore mort... L'histoire se répétant inlassablement, on pourrait rêver à un nouveau retour du Rock, fomenté encore une fois depuis New York... Mais on était tous bien réveillés à la Maroquinerie ce samedi...

A lire également Geese à la Route du Rock

jeudi 14 septembre 2023

Paul Weller à la Salle Pleyel (12/9/23)


Une autre légende vivante de passage à Paris : Paul Weller. Et il fallait bien l'écrin classieux de la Salle Pleyel pour le Modfather.

Il est assez curieux de constater que Paul Weller est assez peu passé par la France ces 20 dernières années. Un concert à Paris tous les 5/6 ans, deux ou trois dates ailleurs en France et c'est tout. Pourtant, en Angleterre, le leader des Jam jouit d'une aura particulière. 

Que soit avec le post punk des Jam, l'ouverture d'esprit musicale de The Style Council ou la pop classieuse de ses albums solo, le Modfather a toujours su cultiver son art de la mélodie. 21 albums solo au compteur, le dernier datant de 2021... Sa venue à Paris était donc un évènement.


Weller joue devant une salle comble et avec la judicieuse présence d'une petite fosse debout dans cette salle à l'acoustique classique de renom (c'est quand meme un concert de pop rock); le reste des places étant assises.

Pour etre honnête, on ne connait pas bien l'immense répertoire du Monsieur et on se laisse donc porter par l'enchainement très plaisant de titres aux allures de classiques pop. Le mot qui retranscris le mieux la prestation du groupe et de son leader : la classe! La grande classe même.


1 batteur, 1 percussionniste (2 batteries sur une poignée de titres), 1 bassiste, 1 homme aux claviers, 1 second guitariste et Mister Weller. Le tout sonne admirablement bien et embrasse une large palette d'émotions pop. 

Les chansons de The Style Council rappellent à quel point Weller a pu explorer les moods et les ambiances durant sa carrière. Shout to the Top, My ever changing moods, Headstart for Happiness sont de vrais tubes intemporels qui foutent la patate. 

En solo, toutes les époques y passent et le nombre de perles enfilées dépasse l'entendement (I'm where i should be, Stanley Road, Fat pop, Saturns Pattern, The Changingman, Peacock Suit...). On aura droit quà un seul titre de The Jam : The Start et c'est peut etre le seul regret de cette très belle soirée...

mercredi 30 août 2023

Chemical Brothers, Cypress Hill, Young Fathers, Romy, Angel Olsen, Gaz Coombes, The Strokes à Rock en Seine 2023 (25&26&27/8/23)


Traditionnelle  fin d'été avec le festival francilien de Rock en Seine. Après une édition 2022 (1ere post covid) record avec 150 000 spectateurs sur 4 jours, l'édition 2023 se solde par une très légère baisse à 144 000 personnes. Dans le détail, 3 soirées sold out à 40 000 personnes avec 2 énormes têtes d'affiche (Billie Eilish et The Strokes) et un vendredi soir à seulement 24 000 personnes...

Quand on se souvient qu'à la grande époque de Rock en Seine avec l'équipe fondatrice (François Missonnier avec ses acolytes de Radical Productions et Garance) la jauge maximum était à 30/33 000 personnes par jour et que le site a toujours la même taille, on comprend la logique productiviste des nouveaux propriétaires... Avec 40 000 personnes, le confort et le plaisir d'écoute et de déambulation dans le festival n'est pas le même qu'à 30 000....

Après il ne faut non plus etre surpris lorsque qu'un géant américain de l'entertainment (EAG) rentre au capital avec un ancien banquier, on ne peut que s'attendre à voir un P&L qui a de la gueule et donc un Chiffre d'affaires et un ebitda qui augmente... Quand on entend que Billie Eilish aurait demandé 1,5 millions d'euros de cachet (soit 3 fois plus que The Cure en 2019, dejà inaccessible pour le festival à l'époque Missonnier), on comprend mieux pourquoi une soirée décalée lui est dédiée avec des tarifs de base proche des 100 €...


Le risque est que Rock en Seine se transforme en soirées dédiées à une mega star autour de quelques faire valoir... Mais la présence à la direction d'un programmateur, Matthieu Ducos, qui a fait toutes ses armes à RES depuis 2004 et de nature à nous rassurer sur le court terme. La programmation 2023 était d'ailleurs prometteuse avec un esprit RES historique bien présent dans l'ensemble sur les 3 jours du weekend (hors soirée spéciale du mercredi) et bien plus que le combo samedi/dimanche de l'édition 2022 par exemple...

Le vendredi commence fort avec les américains de Turnstile qui enflamment la scène de la cascade. Dans la lignée musicale d'un Rage Against the Machine mais avec un chant plus rock traditionnel, Turnstile ne fait pas dans la finesse mais délivre une énergie libératrice parfaite pour commencer un festival. Sur la grande scène, la présence à RES de Bertrand Belin pourrait surprendre, mais ce serait oublier que le chanteur français aux paroles quelque peu surréalistes est un excellent guitariste. Dans un mood plus rock qu'à l'accoutumée il délivre un set très plaisant.


Sur la scène du Bosquet, nos chouchous d'En Attendant Ana amènent douceur et beauté au domaine de Saint Cloud. Leur pop à guitares, magnifiée par la  trompette de Camille Fréchou nous remplit de félicité... Le supergroupe Boygenius nous aura un peu laissé de marbre, tandis que les punks de Pogo Car Crash Control auront fait chavirer l'assistance avec leur set puissant, bordélique et ultra speed... avec l'image la plus délirante de ce Rock en Seine, le guitariste sur une planche de surf portée par la foule en train de jouer un solo... Waow...


Bracco et leur indus post punk nouas aura impressionné. La tête d'affiche, Placebo aura livré une prestation plutôt intéressante, bien que quasi centrée sur leur nouvel album, mais on aura filé avant la fin du set pour voir l'une des toutes premières prestation live en solo de Romy, la chanteuse de The Xx. Commencé par un Dj Set très electro dance, Romy aura pris le micro pour chanter ses 1ers singles dont Enjoy your Life. Une belle manière de terminer cette 1ere  journée.


Le samedi commence par la découverte d'Ethel Cain et de sa dream pop qui nous fait penser à Mazzy Star (belle référence). Sur la Grande Scène, Altin Gun aura ensoleillé la journée avec leur pop rock psyché brassant les cultures. Dans la foulée, Noga Erez ne fera pas retomber l'enthousiasme avec son groove ultra moderne. Dry Cleaning aura un peu déçu, on les sentait quelque peu rincé. Confirmation de la bouche de Florence Shaw, il s'agit du dernier concert d'une tournée marathon...


Les invités surprise de dernière minute, Cypress Hill, qui remplace au débotté Florence and the Machine, remportent haut la main la mise. Ces légendes du hip hop, venus deja 2 fois à RES, ont tout cassé. Ils en auront profité pour célébrer les 30 ans de leur album culte Black Sunday en l'interprétant en intégralité sur la Grande Scène. Magique...


La grande autre claque de la soirée sera le show monumental des Chemical Brothers. On les a vu un paquet de fois et on n'a jamais été déçus. Leur musique electro big beat est intemporelle. Ils auront joué tous leurs classiques (Star Guitar, Galvanize, Setting Sun, Block Rocking Beats, Hey Boy Hey Girl...) et nous auront transporté tellement loin avec des visuels psyché démentiels... Formidable...

Dernière journée commencée des 14h avec l'excellente Angel Olsen. Son americana aux envolées lyriques est sublime en ce début d'après-midi dans le cadre bucolique du Parc de Saint Cloud. Le duo Nova Twins pulse sur la Grande Scène mais c'est surtout l'ex chanteur de Supergrass qu'on attend sur la scène de la Cascade. Très classe, Gaz Coombes livre une prestation solide avec belles chansons pop sucrées. 


The Murder Capital justifie son aura de groupe post punk à suivre mais encore une fois ce sont les Young Fathers qui raflent la mise. Toujours aussi intenses, toujours aussi puissants et ce malgré la pluie qui nous pendait au nez depuis 2 jours et finalement arrivée pendant leur show... Des phénomènes, vraiment...


Pour terminer, la polémique The Strokes... le groupe que des milliers de festivaliers étaient venu voir aurait déçu, voir meme choqué les spectateurs selon la presse écrite, toujours avide de polémiques (ca fait le buzz). De mon point de vue, j'aurai vu pendant 40 minutes l'une des meilleures prestations du groupe (comparativement à des shows en 2006 et 2011). Le son est équilibré (malgré quelques décrochages sonores intempestifs), la voix de Casablancas est audible et en place et surtout quel setlist de départ : Whatever happened, Alone Together, Last Nite, The adults are talking, Juicebox, you only live once... Que des titres fantastiques. Jusqu'à Ode to the Mets, dont l'émotion nous aura scotché, c'est un sans faute....


Et après cela, ca dérape...La faute à un Casablancas qui parle trop et veut trop faire son malin en improvisant des reprises sans intérêts, comme un sale gosse qui tout d'un coup veut casser son jouet parce que cela l'amuse... Après ne faisons pas semblant de découvrir que The Strokes est un groupe de branleurs qui se fout un peu de tout... C'est depuis leur début leur marque de fabrique...

Au final, un bon cru ce Rock en Seine 2023...

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jeudi 24 août 2023

Young Fathers, Sorry, Brian Jonestown Massacre, Yo la Tengo, Jockstrap, Squid, Gilla Band, M83, Osees à la Route du Rock 2023 (17&18&19/8/23)


Mais quelle programmation... Honnêtement, peu de festivals peuvent s'enorgueillir d'avoir une prog aussi pointue et léchée que celle de la Route du Rock 2023 à Saint Malo pour cette 31ème édition...  Après une année 2022, qui malgré une 1ere soirée au Fort Saint-Père à forte influence avec la fine fleur de la relève rock UK (Wet Leg, Geese, Fontaines DC...) n'avait attiré que 13 000 personnes, l'édition 2023 aura retrouvé son public avec une fréquentation annoncée de 25 000 personnes.

Malheureusement, entre attente navettes, embouteillages dans Saint Malo et queue interminable à l'entrée, on aura mis 1h30 au total pour accéder au site du Fort Saint Père et on aura loupé les 2/3 tiers du concert de Dry Cleaning, toujours aussi interessants en live... 1ère surprise, les Viagra Boys sont remplacés au pied levé par Squid qui nous avait dejà enchanté à Rock en Seine l'année dernière. Sans totalement retrouver l'état de transe exposé à Saint Cloud (en jouant avant la tombée de la nuit c'est plus compliqué), Squid nous aura quand meme transporté dans des contrées azimutées dont eux seuls semblent connaitre l'existence... Délicieux. 

Autre belle confirmation avec les irlandais de Gilla Band (ex Girl band). Cette radicalité et cette manière d'exploser le format pop rend le groupe vraiment attachant et à part sur la scène indé... Seule presque tete d'affiche de la soirée, le français de M83, qui aura explosé aux Etats Unis à la fin de la décennie 2000, aura produit un show remarquable d'intensité sonore et visuelle. En puisant abondamment dans ses 2 premiers albums (Dead Cities et Before the Dawn heals us), M83 nous aura rappelé pourquoi on avait tant aimé ces cavalcades shoegaze mélancoliques... Pour finir la soirée, les incroyables King Gizzard and the Lizard Wizard auront tout cassé. Leur flamboyance psyché rock hallucinée aura marqué les esprits. Un vrai groupe de festival...


La seconde soirée commence par le magnifique set de Yo La Tengo. Très attendu, le trio aura delivré une performance de haut vol, condensant en une heure toute la vaste étendue de leur palette sonore tant ils sont capables de tout faire (rock strident, destructuré, noise, ambient, balade...). Les Black Angels auront delivré un set solide sans surprise tandis que John Dwyer aura enflammé le festival avec ses Osees... Une telle énergie et une telle communion avec le public est rare... 


Après une pluie abondante à partir de minuit durant le set de Clipping, arrivent enfin sur la grande scène nos herauts, les écossais de Young Fathers... Et encore une fois ce fut une claque magnifique. Ce groupe est immense et la manière dont il réussit à instaurer cette transe chamanique sur scène et dans l'assistance est remarquable... Du grand ART!


Pour cette ultime journée du samedi, c'est encore un groupe cher à notre coeur qui inaugure la soirée. Les anglais de Sorry (notre meilleur album 2022) auront ravi l'assistance avec leur pop moderne si attachante... Le duo Jockstrap aura surpris son monde. Drole de musique entrechoquant dance music, beats martiaux et folk... La présence scénique de la chanteuse Georgia Ellery valant à elle seule le détour... Les new yorkais de Bodega auront livré un set enthousiasmant alors que le concert de la bande à Anton, The Brian Jonestown Massacre nous aura un peu réconcilié avec la bête après des prestations récentes un peu ronronnante par rapport à leur rang de légendes...


La Route du Rock, ce festival a taille humaine à la programmation 2023 ciselée et sans faute de goût, qui bien que dépourvu de grosses affiches aura fait l'unanimité!

A lire également la Route du Rock 2022 et 2021


lundi 3 juillet 2023

DJ Chloé/Ben Shemie (High Season) et Panda Bear/Sonic Boom à la Cité de la Musique (01/07/23)


 Soirée placée sous l'auspice des expérimentations électroniques avec les deux duos improbables DJ Chloé/Ben Shemie (alias High Season) et Panda Bear/Sonic Boom dans le cadre de l'indispensable festival Days Off.

L'association entre le leader de Suuns, Ben Shemie et la géniale DJ française Chloe Thévenin, nous faisait fantasmer. Suuns est certainement l'un des groupes les plus innovants de ces 15 dernières années avec Liars et Young Fathers et DJ Chloé l'une des figures de proue de la french touch des années 2000/2010.

Leur show oscille entre techno dark minimaliste, ambient et pop lofi. C'est inclassable, c'est rafraichissant, c'est chouette. On passe par des moments en apesanteur où la voix ultra réverbérée de Ben Shemie  intervient tel un phare auquel se raccrocher et des parties rythmées qui nous portent vers une transe hypnotique et libératrice... Une expérience dont on sort ravi.


Le duo tête d'affiche est tout autant attendu. Hasard du calendrier, l'acolyte de Sonic Boom (Peter Kember) dans les légendaires Spacemen 3, Jason Pierce, est passé par la Gaité Lyrique jeudi soir avec Spiritualized (superbe concert de pop psyché). Panda Bear (Noah Lennox) est lui aussi issu d'un combo mythique, Animal Collective, et bénéficie d'une renommée internationale depuis sa participation à l'ultime album de Daft Punk.

Comme pour High Season, les 2 musiciens ne sont accompagnés que par leurs machines. Il prêteront tous les 2 leurs voix pour draper leurs compositions d'une certaine continuité pop. Sans surprise, la voix très reconnaissable de Panda Bear colore massivement les chansons. Elle rend l'assemblage de boucles beaucoup plus ludique, meme si la fin à la fin du concert on s'assoupit quelque peu sous l'effet de la fatigue et d'une certaine répétition de la formule.

Une belle soirée où l'ouverture d'esprit domina...

A lire également Spacemen 3 en Best Song Ever, Spiritualized, Suuns ou encore Liars.

samedi 10 juin 2023

Melvins au Trabendo (8/6/23)


Voilà un groupe culte pour lequel on a le plus grand respect : les Melvins, venus à Paris au Trabendo pour feter leurs 40 ans de carrière. C'est dément! Après autant d'années, etre toujours sur la route avec la meme foi, la meme intensité, le meme dévouement c'est tout bonnement exceptionnel!

Le trio débarque sur la scène du Trabendo sur le morceau de A-Ha, "Take on me" avec le bassiste qui fait des bonds et qui essaie de faire chanter le public... Hilarant! Cette entrée donne vraiment le ton d'un show sans prétention mais avec l'envie de communiquer cette force à la fois sombre et exaltante de leur musique.

Avec les Melvins on ne s'ennuie jamais, les styles abordés sont très variés. On passe d'un morceau hardcore rageur et hyper speed à un doom noir et lancinant en passant par un morceau groovy à souhait ou un stoner planant. Ca a toujours été la grande force du groupe de rester avec les oreilles grandes ouvertes pour continuer en permanence leurs explorations d'une musique à guitares hors des sentiers battus.


Les Melvins ont tout compris, la preuve avec cette surprenante reprise des Beatles "I want to hold your hand". Ca sent jamais le pastiche, c'est refait à leur sauce tout en gardant les harmonies vocales mais en amenant ce tube yéyé dans des univers parallèles fascinants! D'ailleurs les Melvins sont peut etre les Beatles dans un monde parallèle où la pop musique aurait échappé à la marchandisation?

Les Melvins sont vraiment un super groupe de Live, on passe un moment fabuleux avec eux. Leurs albums cultes des années 90 sont abondamment représentés dans la setlist (3 titres de Bullhead, 3 de Houdini, 1 de Stoner Witch). Le set est meme trop court, 1h15... on en redemande...

A lire également les Melvins au Trabendo en 2013, à l'Elysee Montmartre ou en Best Song Ever

mardi 30 mai 2023

Ulrika Spacek et Sylvie à la Maroquinerie (29/5/23)


Soirée du webzine (l'édition papier n'est plus) Gonzai à la Maroquinerie hier soir dont la curation déçoit rarement les amateurs de la chose indé! En ce lundi de Pentecote on a droit à la venue de 2 groupes qu'on avait hate de voir en live : Ulrika Spacek et Sylvie, dans des registres assez différents même si une certaine évocation de la rêvasserie les rapproche...

En introduction, Sylvie noue aura émerveillé. Quel drôle de nom, surtout à nos oreilles de frenchies, pour un groupe néo sixties venu du pays de l'Oncle Sam. Ben Schwab, ancien membre de Drugdealer, est tombé sur des démos enregistrées en 75 par son père. L'écoute de ces morceaux d'obédience sixties aura donné envie au rejeton de former le groupe Sylvie.


On reste ici dans l'ambiance Laurel Canyon avec le soleil, le courant de fraicheur et d'optimisme de l'époque planant sur la Californie. On a tellement besoin de ce genre de good vibes en ces temps remplis de noirceur que l'écoute de Sylvie en concert représenterait presque une bénédiction. C'est moelleux, c'est beau, c'est lent... Ca réchauffe les coeurs...


Viennent ensuite les londoniens d'Ulrika Spacek. Après deux albums assez convaincants en 2016 et 2017, le quintette avait disparu de la circulation et c'est avec un grand bonheur qu'on les a redécouvert avec la sortie de Compact Trauma en mars dernier. Leur rock à guitares planantes et incisives fait mouche. Leurs références sont également les notres. On pense à Deerhunter, à Diiv, à My Bloody Valentine et parfois à Sonic Youth... 

Avec des chansons à tiroir comme The Sheer Drop ou If the Wheels are coming off, the wheels are coming off, Ulrika Spacek montre toute l'étendue de leur talent protéiforme. le combo est capable de nous entrainer en haute voltige dans un espace cotonneux avant de nous faire plonger dans un délire bruitiste et dissonant de plus bel acabit.

En cloture de set, le presque tube No Design et ses claviers envoutants finira en orgie de percussions : une régal...

Très belle soirée de printemps!

A lire également Deerhunter, Diiv, My Bloody Valentine, Sonic Youth


mardi 23 mai 2023

Joe Satriani à l'Olympia (20/5/23)


 On change totalement de registre avec le concert à l'Olympia de Joe Satriani. initialement prévu en juin 2020, le show a été maintes fois repoussé pour se tenir finalement 3 ans plus tard. Satriani vient promouvoir son 18ième album : The Elephants of Mars.

On avait pas vu le maestro sur scène depuis 98 et un concert épique au Zenith de Lille lors de la tournée Crystal Planet (et dans le cadre du début du G3). Enorme fan du maitre dans les années 90, comme tous les guitaristes en herbe de l'époque, on avait pas vraiment suivi ce qu'il avait sorti dans les années 2000. D'où la totale redécouverte en ce samedi de mai 2023...


On ne savait donc pas trop à quoi s'attendre et on y allait plus par nostalgie d'une époque révolue pour voir si une étincelle se produirait encore. Et de manière surprenante ce fut le cas... C'est sûr que de la musique instrumentale à base de soli de guitares ultra techniques ce n'est pas pour toutes les oreilles, mais Satriani a un vrai sens de la mélodie et sa guitare vient remplacer la mélodie vocale pour tisser l'esquisse d'une narration.

On se laisse porter par la force du groupe (duo batterie-basse renforcé par un synthé) et guidé par la gratte de Satch. Certains nouveaux morceaux comme Sahara ou Blue Foot Groovy nous fascinent mais ce sont bien les vieux morceaux qu'on connaissait par coeur qui nous font chavirer. Flying in a Blue Dream et son larsen introductif maitrisé en toute subtilité ou le tonitruant Summer Song nous rappelle tant de souvenirs...


Que dire du magistral Always with me, always with you (dédié à son producteur historique Gerard Drouot) et ses harmoniques divines, de la cavalcade ébouriffante Satch Boogie ou du classique Surfin with the Alien... On part dans un long voyage avec le vieille ami un peu perdu de vue mais qu'on est heureux de retrouver, pour parler du passé mais aussi du présent avec ses 2 derniers disques largement représentés dans la setlist (10 titres).

Au début du second set (on tient là une tendance de fonds ces 2 sets distincts façon concert de jazz avec récemment Yo la Tengo ou Roger Waters) on a droit à un solo de batterie de Kenny Aronoff assez étourdissant. Virtuosité, groove, impact... Un second set parfaitement lancé. Par contre le solo de synthé façon guitare était quelque peu gênant. Cool #9 et Teardrops ressortiront de ce second acte...

Six strings never die...

A lire également en mode 2 sets Yo La Tengo et Roger Waters


 

vendredi 19 mai 2023

Bruce Springsteen à la Défense Arena (15/5/23)


Encore une légende du Rock de passage à Paris et qui plus est, ne passe pas si souvent que cela par la Fance : le BOSS : Bruce Springsteen. Son dernier passage dans la capitale remontait à 2016 avec 2 Bercy. En 2023, le Boss s'offre 2 la Défense Arena, cette immense salle multi usage pas loin du Grand Arche...

Tout a été dit sur Springsteen et à l'occasion de ces 2 concerts parisiens, on aura rarement lu autant de louanges sur les réseaux sociaux et notamment la twittosphère... Les mauvaises langues diront que ce media correspond très bien à l'âge avancé des supporters du Boss...


Il est sûr que dans les travées, les visages sont un peu cabossés par le temps. Mais l'enthousiasme général et la bonhomie sont saisissants. A l'image de Springsteen et son éternel E-Street Band. Ces musiciens jouent ensemble, avec une énergie sans cesse renouvelée, depuis presque 50 ans. Cela force le respect, forcément, mais c'est surtout la façon dont cette petite bande de potes fonctionne qui est magistrale...

Ils sont pourtant plus d'une quinzaine sur scène, jusqu'à 4 guitares, une basse, un batteur, un percussionniste, 2 pianistes, 4 ou 5 chanteuses/chanteurs dans les choeurs et les fameux instruments à vent (4 ou 5 également) si représentatifs du son E-Street Band... Et ca sonne merveilleusement bien, c'est équilibré et ultra puissant... Quelle tannée cela doit etre pour les ingé sons...


On dira quand meme que ca sonne bien si on a la chance d'etre devant dans la fosse Or (hors de prix) car plus on s'éloigne et plus la résonance de cette salle démesurée transforme le son en bouillie sonore...

Sur cette tournée, le boss se contente d'une setlist avec peu de changements d'un soir sur l'autre alors que Springsteen avait l'habitude de chambouler les set lists en prenant des fans requests. D'après les spécialistes springsteeniens on gagne en compacité et en efficacité ce que l'on perd en surprises...

Le debut du concert est incandescent, le groupe alternant avec efficacité oldies comme No Surrender, Prove it all night, Promised Land ou le génial Darkness on the edge of Town avec des nouveautés bien senties commes Ghosts ou Letter to You (qui sera sous titré sur les écrans géants pour que tout le monde puisse comprendre la portée de cette chanson testamentaire).


Kittys' back et son groove très big band s'étirera et permettra à tout le groupe de se mettre en valeur. C'est dans ces moments de liberté et d'improvisation que l'on peut voir toute la qualité et la puissance des ces musiciens. Un régal... L'un des autres grands moments de la soirée sera ce Last Man Standing chanté par le Boss seul en piste, qui explique en préambule qu'il est le dernier survivant de son tout premier groupe...

A 73 ans, le Boss se sait se rapprocher de la fin de l'aventure mais ca ne l'empêche pas de garder cette générosité et cette force rassembleuse qui aura été sa marque de fabrique tout au long de son immense carrière. Lui qui n'a cessé de raconter les histoires des laissés pour compte du rêve américain restera, comme Dylan, un formidable conteur de notre époque...

Le rappel sera, forcément, consacré aux hymnes du Boss. L'enchainement Born in the USA, chanté façon punk, et Born to Run est un délice... Suivront Glory Days et Dancing in the Dark. 

Presque 3 heures de Show, une très belle soirée!

A lire également dans la veine icones : les Stones, Dylan, Roger Waters...