La nouvelle sensation rock, The Sophs, était de passage à la Maroquinerie en ce début mai et c'était, évidemment l'évènement du printemps parisien que l'on ne pouvait manquer sous aucun prétexte...
The Sophs a été signé sur le mythique label londonien Rough Trade par le boss Geoff Travis lui-même sur la foi d'une démo 5 titres selon la légende écrite. C'est un détail important, car la dernière fois que Travis a signé un groupe américain après écouté une démo c'était The Strokes... Il y a 25 ans ce fut l'étincelle qui engendra le retour du rock de début de millénaire (The Strokes, The White Stripes, Interpol, The Libertines... etc) (lire à ce sujet le Retour du Rock dans les années 2000).
De là à penser que The Sophs sont les nouveaux élus il n'y a qu'un pas. Il y aurait, dans l'air du temps, à bas bruit, une sourde comptine, qui annonce le enième retour du Rock (la hype Geese, les propos récents de Charlie XCX...)... Pour sauver le monde, bien sûr. Remarquez, il en a bien besoin... et nous aussi...
C'est certainement mettre une sacrée pression sur les épaules de ce jeune sextet de Los Angeles mais la vérité est qu'ils s'en foutent grave et qu'ils assurent carrément.
Leur premier album, Goldstar, sorti il y a quelques semaines ne contient presque que des tubes. Il s'écoute en boucle, les mélodies sont accrocheuses, la voix versatile du chanteur Ethan Ramone fait mouche et communique émotions et énergie emballante, les chansons sont variées et passionnantes. Rock indé en contraste couplet/refrain à la Pixies, powerpop sucrée à la Weezer, chansons cabotines à la Strokes et Libertines, un intermède folklorique façon Balkan ou Grèce selon, tout y est... L'album de l'année déjà?
Sur scène, c'est incandescent dès le départ. On est scotché par l'énergie, l'envie et la joie que ces 6 musiciens transportent dans leurs bagages. Ils ont déjà tout. Le monde leur tend les bras...
Ca commence comme sur le disque avec l'inquiétant The dog dies in the end et ses paroles de pensées pas très avouables et ca enchaine avec les hits Goldstar, Blitzed again, House. La salle est déjà conquise. Intelligemment, The Sophs enchainent quelques titres punk, histoire de montrer qu'ils sont aussi capables de faire du bruit et de lacher les chevaux.
Puis retour aux hits rock avec I'm your fiend, Sweetipie, Sweat notamment... La fin du concert se fait dans une énergie débridée avec un public en transe et tellement heureux d'être là et de voir sur scène un groupe Rock qui apporte joie, énergie cathartique et don de soi... Ca fait tellement de bien en ces jours étranges...
Maintenant, je dirai que le plus dur reste à faire pour The Sophs. La question sera de savoir si, à l'instar de Interpol, The Strokes ou encore Weezer, The Sophs aura signé son chef d'oeuvre dès son 1er album, essayant ensuite maladroitement de faire mieux ou est ce le début d'une aventure sonique passionnante?
A lire également le retour du Rock dans les années 2000, The Strokes, Interpol, Weezer, The Libertines
