samedi 18 mars 2023

Pixies à l'Olympia (15 et 16/3/23)


 Les Pixies étaient de retour à Paris pour la 1ere fois depuis 2019 et une nouvelle fois dans la mythique salle de l'Olympia pour 2 soirées de suite forcément sold out. 

Le groupe de Franck Black reste l'un de nos préférés en live. Malgré les années, malgré un héritage insurpassable (les disques 1ere époque de 87 à 91), malgré, ou peut etre à cause des vicissitudes de la vie, les bostoniens réussissent à chaque fois à nous emballer... à nous transporter...

Cette double ration n'aura pas déçu. La seconde étant meme immortalisée par Arte Concert. Bien sur, on ne peut  pas attendre des Pixies en 2023 qu'ils gardent la fraicheur, la candeur et l'intensité du groupe de la fin des années 80 qui secoua le rock alternatif, et les oreilles d'un certain Kurt... Pour apprécier les Pixies à leur juste valeur aujourd'hui, il faut juste accepter que le groupe qui faisait du punk rock mélodique avant Nirvana, fait désormais de la pop (ce n''est pas un gros mot en ces pages...), mélodique par essence.


Depuis 2013, les Pixies ont sorti 4 LPs, soit désormais autant qu'à leur grande époque. Le dernier en date, Doggerel, sorti l'année dernière est, à nos oreilles, un très bon disque de pop et de rock. Il ne révolutionnera pas le genre mais reste assez efficace et plaisant. Des titres comme Nomatterday, Vault of Heaven, Dregs of the wine ou le titre éponyme, Doggerel, peuvent prétendre devenir des presques classiques des setlists du groupe.

Il est interessant d'ailleurs de remarquer que c'est la 1ere fois depuis leur reformation que les Pixies jouent en concert la quasi totalité de leur nouveau disque (11 titres sur 12 joués). Les 2 soirs, les Pixies auront joué plus de 35 chansons. Comme à leur habitude en les enchainant sans temps mort, ni aucune communication avec leur public... Ce n'est  pas leur genre et on ne s'en plaindra pas tant la communion de la salle avec le groupe est totale, sans aucun mot...


Les setlists enchainent avec brio les séries de brulots punk pop incendiaires des débuts, tous devenus des classiques indémodables, et les chansons plus récentes. Les 2 soirs on aura chaviré avec les cultissimes Debaser, Gouge Away, Here comes your man, Monkey gone to Heaven, Planet of Sound, Vamos, Hey, Wave of Mutilation... etc...

Le second soir, Ed id Dead et Tame, non joués la veille nous auront fait exploser le coeur...  Ce qui frappe avec les Pixies, c'est que c'est un vrai groupe, ou chaque individualité prend pleinement sa place. Black Francis n'est plus l'omnipotent personnage central que sa jeunesse avait façonné... L'osmose semble parfaite. Chacun est dépositaire d'une partie du son Pixies et c'est l'assemblage qui donne sa force au tout...

Une double soirée comme dans un rêve dans un moment d'éternité! Brillant...

A lire également les Pixies à l'Olympia , au Zenith, à Lolapalooza, dans nos TOP 10 ou en Best Song Ever.

samedi 11 mars 2023

Morrissey à la Salle Pleyel (9/3/23)


Morrissey n'était pas venu jouer à Paris depuis 2015, une éternité. Son double passage à la salle Pleyel était donc attendu. Pourtant grand fan des Smiths, et bien qu'ayant vu plusieurs fois Johnny Marr en concert, c'est la 1ere fois qu'on va voir Morrissey sur scène...

Certainement la faute à la perdition spirituelle du parolier anglais qui, on peut le dire, a un peu viré vieux con réac après avoir été, à ses débuts, la voix des oubliés, des freaks, des weirdos... Et c'est ce que l'on a toujours apprécié chez Morrissey... Mais tout cela remonte aux années 80 et 90...

On a aussi entendu beaucoup d'horreurs sur le comportement de la star en tournée, annulations sine die, tour de chant raccourci, voix en berne... Et bien par chance, c'est le grand Morrissey que l'on voit sur la scène parisienne.

Accompagné d'un groupe de musiciens remarquables, on note notamment le retour d'Alan Whyte à la guitare, son compère musical des grands disques des années 90 (Your Arsenal, Vauxhall and I). De très bon augure... Morrissey est en forme, la voix est toujours aussi impeccable. La grande force du Monsieur a toujours été de réussir à véhiculer, par son chant, une grande palette d'émotions et là on est comblé.

En plus d'etre un immense chanteur, Morrissey reste un grand parolier. Il a définitivement (re)donné ses lettres de noblesse à l'art pop de la musique. Curieusement, le Moz semble avoir du mal à trouver un label pour sortir son nouvel album? Serait-il trop exigeant? plus assez bankable? En tous les cas les 4 nouvelles chansons entendues annoncent un excellent disque... A suivre.


Parmi ces perles on retiendra "The Night pop dropped" et surtout "Without Music the world dies". Forcément ces paroles résonnent totalement en nous. Et les soli des 2 guitaristes nous font presque croire que le duo Marr/Morrissey est reformé sur scène.... Incroyable...

La setlist puise dans tout le repertoire de Morrissey en solo, en évitant les tubes si ce n'est "Every Day is like Sunday". Coté reprise des Smiths, 5 titres et pas les plus connus (si ce n'est Stop Me et Girlfriend in a coma) avec Half a Person ou Sweet and Tender Hooligan, bodybuildé en rappel.

Au final une superbe soirée qui donne envie d'écouter son prochain album et meme de redécouvrir les plus récents, c'est dire... Seul bémol, Morrissey revenant sur scène en rappel en tee shirt pour le déchirer et l'envoyer dans la foule nous laissant contempler son torse nu... Dispensable...

A lire également, The Smiths en Best Song Ever ou Johnny Marr en live. ou en Best Song Ever avec The The ou en TOP 10 Albums