jeudi 14 septembre 2023

Paul Weller à la Salle Pleyel (12/9/23)


Une autre légende vivante de passage à Paris : Paul Weller. Et il fallait bien l'écrin classieux de la Salle Pleyel pour le Modfather.

Il est assez curieux de constater que Paul Weller est assez peu passé par la France ces 20 dernières années. Un concert à Paris tous les 5/6 ans, deux ou trois dates ailleurs en France et c'est tout. Pourtant, en Angleterre, le leader des Jam jouit d'une aura particulière. 

Que soit avec le post punk des Jam, l'ouverture d'esprit musicale de The Style Council ou la pop classieuse de ses albums solo, le Modfather a toujours su cultiver son art de la mélodie. 21 albums solo au compteur, le dernier datant de 2021... Sa venue à Paris était donc un évènement.


Weller joue devant une salle comble et avec la judicieuse présence d'une petite fosse debout dans cette salle à l'acoustique classique de renom (c'est quand meme un concert de pop rock); le reste des places étant assises.

Pour etre honnête, on ne connait pas bien l'immense répertoire du Monsieur et on se laisse donc porter par l'enchainement très plaisant de titres aux allures de classiques pop. Le mot qui retranscris le mieux la prestation du groupe et de son leader : la classe! La grande classe même.


1 batteur, 1 percussionniste (2 batteries sur une poignée de titres), 1 bassiste, 1 homme aux claviers, 1 second guitariste et Mister Weller. Le tout sonne admirablement bien et embrasse une large palette d'émotions pop. 

Les chansons de The Style Council rappellent à quel point Weller a pu explorer les moods et les ambiances durant sa carrière. Shout to the Top, My ever changing moods, Headstart for Happiness sont de vrais tubes intemporels qui foutent la patate. 

En solo, toutes les époques y passent et le nombre de perles enfilées dépasse l'entendement (I'm where i should be, Stanley Road, Fat pop, Saturns Pattern, The Changingman, Peacock Suit...). On aura droit quà un seul titre de The Jam : The Start et c'est peut etre le seul regret de cette très belle soirée...

mercredi 30 août 2023

Chemical Brothers, Cypress Hill, Young Fathers, Romy, Angel Olsen, Gaz Coombes, The Strokes à Rock en Seine 2023 (25&26&27/8/23)


Traditionnelle  fin d'été avec le festival francilien de Rock en Seine. Après une édition 2022 (1ere post covid) record avec 150 000 spectateurs sur 4 jours, l'édition 2023 se solde par une très légère baisse à 144 000 personnes. Dans le détail, 3 soirées sold out à 40 000 personnes avec 2 énormes têtes d'affiche (Billie Eilish et The Strokes) et un vendredi soir à seulement 24 000 personnes...

Quand on se souvient qu'à la grande époque de Rock en Seine avec l'équipe fondatrice (François Missonnier avec ses acolytes de Radical Productions et Garance) la jauge maximum était à 30/33 000 personnes par jour et que le site a toujours la même taille, on comprend la logique productiviste des nouveaux propriétaires... Avec 40 000 personnes, le confort et le plaisir d'écoute et de déambulation dans le festival n'est pas le même qu'à 30 000....

Après il ne faut non plus etre surpris lorsque qu'un géant américain de l'entertainment (EAG) rentre au capital avec un ancien banquier, on ne peut que s'attendre à voir un P&L qui a de la gueule et donc un Chiffre d'affaires et un ebitda qui augmente... Quand on entend que Billie Eilish aurait demandé 1,5 millions d'euros de cachet (soit 3 fois plus que The Cure en 2019, dejà inaccessible pour le festival à l'époque Missonnier), on comprend mieux pourquoi une soirée décalée lui est dédiée avec des tarifs de base proche des 100 €...


Le risque est que Rock en Seine se transforme en soirées dédiées à une mega star autour de quelques faire valoir... Mais la présence à la direction d'un programmateur, Matthieu Ducos, qui a fait toutes ses armes à RES depuis 2004 et de nature à nous rassurer sur le court terme. La programmation 2023 était d'ailleurs prometteuse avec un esprit RES historique bien présent dans l'ensemble sur les 3 jours du weekend (hors soirée spéciale du mercredi) et bien plus que le combo samedi/dimanche de l'édition 2022 par exemple...

Le vendredi commence fort avec les américains de Turnstile qui enflamment la scène de la cascade. Dans la lignée musicale d'un Rage Against the Machine mais avec un chant plus rock traditionnel, Turnstile ne fait pas dans la finesse mais délivre une énergie libératrice parfaite pour commencer un festival. Sur la grande scène, la présence à RES de Bertrand Belin pourrait surprendre, mais ce serait oublier que le chanteur français aux paroles quelque peu surréalistes est un excellent guitariste. Dans un mood plus rock qu'à l'accoutumée il délivre un set très plaisant.


Sur la scène du Bosquet, nos chouchous d'En Attendant Ana amènent douceur et beauté au domaine de Saint Cloud. Leur pop à guitares, magnifiée par la  trompette de Camille Fréchou nous remplit de félicité... Le supergroupe Boygenius nous aura un peu laissé de marbre, tandis que les punks de Pogo Car Crash Control auront fait chavirer l'assistance avec leur set puissant, bordélique et ultra speed... avec l'image la plus délirante de ce Rock en Seine, le guitariste sur une planche de surf portée par la foule en train de jouer un solo... Waow...


Bracco et leur indus post punk nouas aura impressionné. La tête d'affiche, Placebo aura livré une prestation plutôt intéressante, bien que quasi centrée sur leur nouvel album, mais on aura filé avant la fin du set pour voir l'une des toutes premières prestation live en solo de Romy, la chanteuse de The Xx. Commencé par un Dj Set très electro dance, Romy aura pris le micro pour chanter ses 1ers singles dont Enjoy your Life. Une belle manière de terminer cette 1ere  journée.


Le samedi commence par la découverte d'Ethel Cain et de sa dream pop qui nous fait penser à Mazzy Star (belle référence). Sur la Grande Scène, Altin Gun aura ensoleillé la journée avec leur pop rock psyché brassant les cultures. Dans la foulée, Noga Erez ne fera pas retomber l'enthousiasme avec son groove ultra moderne. Dry Cleaning aura un peu déçu, on les sentait quelque peu rincé. Confirmation de la bouche de Florence Shaw, il s'agit du dernier concert d'une tournée marathon...


Les invités surprise de dernière minute, Cypress Hill, qui remplace au débotté Florence and the Machine, remportent haut la main la mise. Ces légendes du hip hop, venus deja 2 fois à RES, ont tout cassé. Ils en auront profité pour célébrer les 30 ans de leur album culte Black Sunday en l'interprétant en intégralité sur la Grande Scène. Magique...


La grande autre claque de la soirée sera le show monumental des Chemical Brothers. On les a vu un paquet de fois et on n'a jamais été déçus. Leur musique electro big beat est intemporelle. Ils auront joué tous leurs classiques (Star Guitar, Galvanize, Setting Sun, Block Rocking Beats, Hey Boy Hey Girl...) et nous auront transporté tellement loin avec des visuels psyché démentiels... Formidable...

Dernière journée commencée des 14h avec l'excellente Angel Olsen. Son americana aux envolées lyriques est sublime en ce début d'après-midi dans le cadre bucolique du Parc de Saint Cloud. Le duo Nova Twins pulse sur la Grande Scène mais c'est surtout l'ex chanteur de Supergrass qu'on attend sur la scène de la Cascade. Très classe, Gaz Coombes livre une prestation solide avec belles chansons pop sucrées. 


The Murder Capital justifie son aura de groupe post punk à suivre mais encore une fois ce sont les Young Fathers qui raflent la mise. Toujours aussi intenses, toujours aussi puissants et ce malgré la pluie qui nous pendait au nez depuis 2 jours et finalement arrivée pendant leur show... Des phénomènes, vraiment...


Pour terminer, la polémique The Strokes... le groupe que des milliers de festivaliers étaient venu voir aurait déçu, voir meme choqué les spectateurs selon la presse écrite, toujours avide de polémiques (ca fait le buzz). De mon point de vue, j'aurai vu pendant 40 minutes l'une des meilleures prestations du groupe (comparativement à des shows en 2006 et 2011). Le son est équilibré (malgré quelques décrochages sonores intempestifs), la voix de Casablancas est audible et en place et surtout quel setlist de départ : Whatever happened, Alone Together, Last Nite, The adults are talking, Juicebox, you only live once... Que des titres fantastiques. Jusqu'à Ode to the Mets, dont l'émotion nous aura scotché, c'est un sans faute....


Et après cela, ca dérape...La faute à un Casablancas qui parle trop et veut trop faire son malin en improvisant des reprises sans intérêts, comme un sale gosse qui tout d'un coup veut casser son jouet parce que cela l'amuse... Après ne faisons pas semblant de découvrir que The Strokes est un groupe de branleurs qui se fout un peu de tout... C'est depuis leur début leur marque de fabrique...

Au final, un bon cru ce Rock en Seine 2023...

A lire également Rock en Seine 2022

jeudi 24 août 2023

Young Fathers, Sorry, Brian Jonestown Massacre, Yo la Tengo, Jockstrap, Squid, Gilla Band, M83, Osees à la Route du Rock 2023 (17&18&19/8/23)


Mais quelle programmation... Honnêtement, peu de festivals peuvent s'enorgueillir d'avoir une prog aussi pointue et léchée que celle de la Route du Rock 2023 à Saint Malo pour cette 31ème édition...  Après une année 2022, qui malgré une 1ere soirée au Fort Saint-Père à forte influence avec la fine fleur de la relève rock UK (Wet Leg, Geese, Fontaines DC...) n'avait attiré que 13 000 personnes, l'édition 2023 aura retrouvé son public avec une fréquentation annoncée de 25 000 personnes.

Malheureusement, entre attente navettes, embouteillages dans Saint Malo et queue interminable à l'entrée, on aura mis 1h30 au total pour accéder au site du Fort Saint Père et on aura loupé les 2/3 tiers du concert de Dry Cleaning, toujours aussi interessants en live... 1ère surprise, les Viagra Boys sont remplacés au pied levé par Squid qui nous avait dejà enchanté à Rock en Seine l'année dernière. Sans totalement retrouver l'état de transe exposé à Saint Cloud (en jouant avant la tombée de la nuit c'est plus compliqué), Squid nous aura quand meme transporté dans des contrées azimutées dont eux seuls semblent connaitre l'existence... Délicieux. 

Autre belle confirmation avec les irlandais de Gilla Band (ex Girl band). Cette radicalité et cette manière d'exploser le format pop rend le groupe vraiment attachant et à part sur la scène indé... Seule presque tete d'affiche de la soirée, le français de M83, qui aura explosé aux Etats Unis à la fin de la décennie 2000, aura produit un show remarquable d'intensité sonore et visuelle. En puisant abondamment dans ses 2 premiers albums (Dead Cities et Before the Dawn heals us), M83 nous aura rappelé pourquoi on avait tant aimé ces cavalcades shoegaze mélancoliques... Pour finir la soirée, les incroyables King Gizzard and the Lizard Wizard auront tout cassé. Leur flamboyance psyché rock hallucinée aura marqué les esprits. Un vrai groupe de festival...


La seconde soirée commence par le magnifique set de Yo La Tengo. Très attendu, le trio aura delivré une performance de haut vol, condensant en une heure toute la vaste étendue de leur palette sonore tant ils sont capables de tout faire (rock strident, destructuré, noise, ambient, balade...). Les Black Angels auront delivré un set solide sans surprise tandis que John Dwyer aura enflammé le festival avec ses Osees... Une telle énergie et une telle communion avec le public est rare... 


Après une pluie abondante à partir de minuit durant le set de Clipping, arrivent enfin sur la grande scène nos herauts, les écossais de Young Fathers... Et encore une fois ce fut une claque magnifique. Ce groupe est immense et la manière dont il réussit à instaurer cette transe chamanique sur scène et dans l'assistance est remarquable... Du grand ART!


Pour cette ultime journée du samedi, c'est encore un groupe cher à notre coeur qui inaugure la soirée. Les anglais de Sorry (notre meilleur album 2022) auront ravi l'assistance avec leur pop moderne si attachante... Le duo Jockstrap aura surpris son monde. Drole de musique entrechoquant dance music, beats martiaux et folk... La présence scénique de la chanteuse Georgia Ellery valant à elle seule le détour... Les new yorkais de Bodega auront livré un set enthousiasmant alors que le concert de la bande à Anton, The Brian Jonestown Massacre nous aura un peu réconcilié avec la bête après des prestations récentes un peu ronronnante par rapport à leur rang de légendes...


La Route du Rock, ce festival a taille humaine à la programmation 2023 ciselée et sans faute de goût, qui bien que dépourvu de grosses affiches aura fait l'unanimité!

A lire également la Route du Rock 2022 et 2021


lundi 3 juillet 2023

DJ Chloé/Ben Shemie (High Season) et Panda Bear/Sonic Boom à la Cité de la Musique (01/07/23)


 Soirée placée sous l'auspice des expérimentations électroniques avec les deux duos improbables DJ Chloé/Ben Shemie (alias High Season) et Panda Bear/Sonic Boom dans le cadre de l'indispensable festival Days Off.

L'association entre le leader de Suuns, Ben Shemie et la géniale DJ française Chloe Thévenin, nous faisait fantasmer. Suuns est certainement l'un des groupes les plus innovants de ces 15 dernières années avec Liars et Young Fathers et DJ Chloé l'une des figures de proue de la french touch des années 2000/2010.

Leur show oscille entre techno dark minimaliste, ambient et pop lofi. C'est inclassable, c'est rafraichissant, c'est chouette. On passe par des moments en apesanteur où la voix ultra réverbérée de Ben Shemie  intervient tel un phare auquel se raccrocher et des parties rythmées qui nous portent vers une transe hypnotique et libératrice... Une expérience dont on sort ravi.


Le duo tête d'affiche est tout autant attendu. Hasard du calendrier, l'acolyte de Sonic Boom (Peter Kember) dans les légendaires Spacemen 3, Jason Pierce, est passé par la Gaité Lyrique jeudi soir avec Spiritualized (superbe concert de pop psyché). Panda Bear (Noah Lennox) est lui aussi issu d'un combo mythique, Animal Collective, et bénéficie d'une renommée internationale depuis sa participation à l'ultime album de Daft Punk.

Comme pour High Season, les 2 musiciens ne sont accompagnés que par leurs machines. Il prêteront tous les 2 leurs voix pour draper leurs compositions d'une certaine continuité pop. Sans surprise, la voix très reconnaissable de Panda Bear colore massivement les chansons. Elle rend l'assemblage de boucles beaucoup plus ludique, meme si la fin à la fin du concert on s'assoupit quelque peu sous l'effet de la fatigue et d'une certaine répétition de la formule.

Une belle soirée où l'ouverture d'esprit domina...

A lire également Spacemen 3 en Best Song Ever, Spiritualized, Suuns ou encore Liars.

samedi 10 juin 2023

Melvins au Trabendo (8/6/23)


Voilà un groupe culte pour lequel on a le plus grand respect : les Melvins, venus à Paris au Trabendo pour feter leurs 40 ans de carrière. C'est dément! Après autant d'années, etre toujours sur la route avec la meme foi, la meme intensité, le meme dévouement c'est tout bonnement exceptionnel!

Le trio débarque sur la scène du Trabendo sur le morceau de A-Ha, "Take on me" avec le bassiste qui fait des bonds et qui essaie de faire chanter le public... Hilarant! Cette entrée donne vraiment le ton d'un show sans prétention mais avec l'envie de communiquer cette force à la fois sombre et exaltante de leur musique.

Avec les Melvins on ne s'ennuie jamais, les styles abordés sont très variés. On passe d'un morceau hardcore rageur et hyper speed à un doom noir et lancinant en passant par un morceau groovy à souhait ou un stoner planant. Ca a toujours été la grande force du groupe de rester avec les oreilles grandes ouvertes pour continuer en permanence leurs explorations d'une musique à guitares hors des sentiers battus.


Les Melvins ont tout compris, la preuve avec cette surprenante reprise des Beatles "I want to hold your hand". Ca sent jamais le pastiche, c'est refait à leur sauce tout en gardant les harmonies vocales mais en amenant ce tube yéyé dans des univers parallèles fascinants! D'ailleurs les Melvins sont peut etre les Beatles dans un monde parallèle où la pop musique aurait échappé à la marchandisation?

Les Melvins sont vraiment un super groupe de Live, on passe un moment fabuleux avec eux. Leurs albums cultes des années 90 sont abondamment représentés dans la setlist (3 titres de Bullhead, 3 de Houdini, 1 de Stoner Witch). Le set est meme trop court, 1h15... on en redemande...

A lire également les Melvins au Trabendo en 2013, à l'Elysee Montmartre ou en Best Song Ever

mardi 30 mai 2023

Ulrika Spacek et Sylvie à la Maroquinerie (29/5/23)


Soirée du webzine (l'édition papier n'est plus) Gonzai à la Maroquinerie hier soir dont la curation déçoit rarement les amateurs de la chose indé! En ce lundi de Pentecote on a droit à la venue de 2 groupes qu'on avait hate de voir en live : Ulrika Spacek et Sylvie, dans des registres assez différents même si une certaine évocation de la rêvasserie les rapproche...

En introduction, Sylvie noue aura émerveillé. Quel drôle de nom, surtout à nos oreilles de frenchies, pour un groupe néo sixties venu du pays de l'Oncle Sam. Ben Schwab, ancien membre de Drugdealer, est tombé sur des démos enregistrées en 75 par son père. L'écoute de ces morceaux d'obédience sixties aura donné envie au rejeton de former le groupe Sylvie.


On reste ici dans l'ambiance Laurel Canyon avec le soleil, le courant de fraicheur et d'optimisme de l'époque planant sur la Californie. On a tellement besoin de ce genre de good vibes en ces temps remplis de noirceur que l'écoute de Sylvie en concert représenterait presque une bénédiction. C'est moelleux, c'est beau, c'est lent... Ca réchauffe les coeurs...


Viennent ensuite les londoniens d'Ulrika Spacek. Après deux albums assez convaincants en 2016 et 2017, le quintette avait disparu de la circulation et c'est avec un grand bonheur qu'on les a redécouvert avec la sortie de Compact Trauma en mars dernier. Leur rock à guitares planantes et incisives fait mouche. Leurs références sont également les notres. On pense à Deerhunter, à Diiv, à My Bloody Valentine et parfois à Sonic Youth... 

Avec des chansons à tiroir comme The Sheer Drop ou If the Wheels are coming off, the wheels are coming off, Ulrika Spacek montre toute l'étendue de leur talent protéiforme. le combo est capable de nous entrainer en haute voltige dans un espace cotonneux avant de nous faire plonger dans un délire bruitiste et dissonant de plus bel acabit.

En cloture de set, le presque tube No Design et ses claviers envoutants finira en orgie de percussions : une régal...

Très belle soirée de printemps!

A lire également Deerhunter, Diiv, My Bloody Valentine, Sonic Youth


mardi 23 mai 2023

Joe Satriani à l'Olympia (20/5/23)


 On change totalement de registre avec le concert à l'Olympia de Joe Satriani. initialement prévu en juin 2020, le show a été maintes fois repoussé pour se tenir finalement 3 ans plus tard. Satriani vient promouvoir son 18ième album : The Elephants of Mars.

On avait pas vu le maestro sur scène depuis 98 et un concert épique au Zenith de Lille lors de la tournée Crystal Planet (et dans le cadre du début du G3). Enorme fan du maitre dans les années 90, comme tous les guitaristes en herbe de l'époque, on avait pas vraiment suivi ce qu'il avait sorti dans les années 2000. D'où la totale redécouverte en ce samedi de mai 2023...


On ne savait donc pas trop à quoi s'attendre et on y allait plus par nostalgie d'une époque révolue pour voir si une étincelle se produirait encore. Et de manière surprenante ce fut le cas... C'est sûr que de la musique instrumentale à base de soli de guitares ultra techniques ce n'est pas pour toutes les oreilles, mais Satriani a un vrai sens de la mélodie et sa guitare vient remplacer la mélodie vocale pour tisser l'esquisse d'une narration.

On se laisse porter par la force du groupe (duo batterie-basse renforcé par un synthé) et guidé par la gratte de Satch. Certains nouveaux morceaux comme Sahara ou Blue Foot Groovy nous fascinent mais ce sont bien les vieux morceaux qu'on connaissait par coeur qui nous font chavirer. Flying in a Blue Dream et son larsen introductif maitrisé en toute subtilité ou le tonitruant Summer Song nous rappelle tant de souvenirs...


Que dire du magistral Always with me, always with you (dédié à son producteur historique Gerard Drouot) et ses harmoniques divines, de la cavalcade ébouriffante Satch Boogie ou du classique Surfin with the Alien... On part dans un long voyage avec le vieille ami un peu perdu de vue mais qu'on est heureux de retrouver, pour parler du passé mais aussi du présent avec ses 2 derniers disques largement représentés dans la setlist (10 titres).

Au début du second set (on tient là une tendance de fonds ces 2 sets distincts façon concert de jazz avec récemment Yo la Tengo ou Roger Waters) on a droit à un solo de batterie de Kenny Aronoff assez étourdissant. Virtuosité, groove, impact... Un second set parfaitement lancé. Par contre le solo de synthé façon guitare était quelque peu gênant. Cool #9 et Teardrops ressortiront de ce second acte...

Six strings never die...

A lire également en mode 2 sets Yo La Tengo et Roger Waters


 

vendredi 19 mai 2023

Bruce Springsteen à la Défense Arena (15/5/23)


Encore une légende du Rock de passage à Paris et qui plus est, ne passe pas si souvent que cela par la Fance : le BOSS : Bruce Springsteen. Son dernier passage dans la capitale remontait à 2016 avec 2 Bercy. En 2023, le Boss s'offre 2 la Défense Arena, cette immense salle multi usage pas loin du Grand Arche...

Tout a été dit sur Springsteen et à l'occasion de ces 2 concerts parisiens, on aura rarement lu autant de louanges sur les réseaux sociaux et notamment la twittosphère... Les mauvaises langues diront que ce media correspond très bien à l'âge avancé des supporters du Boss...


Il est sûr que dans les travées, les visages sont un peu cabossés par le temps. Mais l'enthousiasme général et la bonhomie sont saisissants. A l'image de Springsteen et son éternel E-Street Band. Ces musiciens jouent ensemble, avec une énergie sans cesse renouvelée, depuis presque 50 ans. Cela force le respect, forcément, mais c'est surtout la façon dont cette petite bande de potes fonctionne qui est magistrale...

Ils sont pourtant plus d'une quinzaine sur scène, jusqu'à 4 guitares, une basse, un batteur, un percussionniste, 2 pianistes, 4 ou 5 chanteuses/chanteurs dans les choeurs et les fameux instruments à vent (4 ou 5 également) si représentatifs du son E-Street Band... Et ca sonne merveilleusement bien, c'est équilibré et ultra puissant... Quelle tannée cela doit etre pour les ingé sons...


On dira quand meme que ca sonne bien si on a la chance d'etre devant dans la fosse Or (hors de prix) car plus on s'éloigne et plus la résonance de cette salle démesurée transforme le son en bouillie sonore...

Sur cette tournée, le boss se contente d'une setlist avec peu de changements d'un soir sur l'autre alors que Springsteen avait l'habitude de chambouler les set lists en prenant des fans requests. D'après les spécialistes springsteeniens on gagne en compacité et en efficacité ce que l'on perd en surprises...

Le debut du concert est incandescent, le groupe alternant avec efficacité oldies comme No Surrender, Prove it all night, Promised Land ou le génial Darkness on the edge of Town avec des nouveautés bien senties commes Ghosts ou Letter to You (qui sera sous titré sur les écrans géants pour que tout le monde puisse comprendre la portée de cette chanson testamentaire).


Kittys' back et son groove très big band s'étirera et permettra à tout le groupe de se mettre en valeur. C'est dans ces moments de liberté et d'improvisation que l'on peut voir toute la qualité et la puissance des ces musiciens. Un régal... L'un des autres grands moments de la soirée sera ce Last Man Standing chanté par le Boss seul en piste, qui explique en préambule qu'il est le dernier survivant de son tout premier groupe...

A 73 ans, le Boss se sait se rapprocher de la fin de l'aventure mais ca ne l'empêche pas de garder cette générosité et cette force rassembleuse qui aura été sa marque de fabrique tout au long de son immense carrière. Lui qui n'a cessé de raconter les histoires des laissés pour compte du rêve américain restera, comme Dylan, un formidable conteur de notre époque...

Le rappel sera, forcément, consacré aux hymnes du Boss. L'enchainement Born in the USA, chanté façon punk, et Born to Run est un délice... Suivront Glory Days et Dancing in the Dark. 

Presque 3 heures de Show, une très belle soirée!

A lire également dans la veine icones : les Stones, Dylan, Roger Waters...

mercredi 10 mai 2023

Roger Waters à Bercy (3/5/23)


 L'ancien bassiste et force créative de Pink Floyd, Roger Waters, était de retour à Paris pour la 1ere fois depuis 2018. A 79 ans, il entame un farewell tour qui nous rappelle que la génération qui a construit la pop et le rock dans les années 60 et 70 arrive au bout du chemin...

Comme pour Morrissey, on a longtemps hésité à aller voir Waters en concert. Lui aussi est devenu au fil des années un personnage assez décrié, flirtant avec les extrêmes pour ne pas dire plus... Etant plus de la team Gilmour/Mason/Wright mais au final sans avoir jamais entendu en live les grands titres du Floyd (meme si on a vu en 2018 Nick Mason et son groupe rejouer de belle manière les premiers morceaux du Floyd époque Syd Barrett), c'était difficile de manquer cette dernière occasion parisienne...


Le concert démarre très fort avec Comfortably Numb et le solo de Gilmour joué à la note près... ca enchaine avec "The happiest days of our lives" et "Another Brick in the Wall" part 2 et part 3... Waouh ca calme tout de suite... Et que dire de "Wish you were here", "Have a Cigar" ou encore "Shine on your Crazy Diamond". Ca aurait dommage de ne jamais les entendre en live...

La scénographie est vraiment impressionnante. La scène est au centre de l'Arena et d'immenses écrans, en forme de mur en croix, surplombent les musiciens et permettent une immersion integrale en son et image. Beaucoup de texte s'affiche sur les écrans, variant des diatribes politiques chères à Waters à des anecdotes de la vie du Floyd qui retracent la carrière du monsieur et notamment ses relations avec son ami Syd Barrett... C'est souvent touchant.


Roger Waters communique beaucoup avec son public et apparait presque comme un personnage sympathique et proche de ses fans... Etonnant... Le 1er set se termine par Sheep avec un mouton gonflable géant qui se balade dans les airs. 

Le second set fera la part belle à Dark Side of the Moon, qui fête ses 50 ans cette année. L'enchaînement Money, Us and Them, Any color you like, Brain Damage et Eclipse est somptueux. Le rappel intimiste en piano voix après un shot de Mescal avec ses musiciens autour du piano conclura de manière intimiste une belle soirée.

On ne mesure pas assez la chance que l'on a actuellement de pouvoir voir les musiciens des années 60/70, en bonne forme transmettre le flambeau et nous rappeler l'esprit originel de défrichement, de découverte, d'espoirs et d'utopies déçues engendrées par ces années d'émancipation post guerre mondiale...

A lire également Dylan, les Stones, Morrissey...

vendredi 28 avril 2023

Yo La Tengo à la Cigale (27/4/23)


Yo La Tengo, le trio mythique d'Hoboken est venu ravir une Cigale complet depuis des semaines et présenter leur excellent récent LP, "This stupid World". Le titre de l'album résume assez bien l'acquaintance et la perspicacité du combo.

On avoue avoir suivi sur le tard la carrière de ces contemporains de Sonic Youth ou Dinosaur Jr. Et elle est en tous points remarquable. Combien de groupes auront réussi à sortir sur une telle distance (près de 40 ans de carrière) autant de disques excellents. Le trio a toujours su rebondir, tenter des choses, oser bifurquer pour au final explorer une grande palette d'émotions à travers des styles très variés. Bluffant, vraiment.

This stupid world est encore un excellent disque. Combien de groupes peuvent débuter leur enième disque avec un titre aussi puissant et emballant que "Sinatra Drive Breakdown" dont la pop accrocheuse et les envolées noisy frondeuses fascinent d'entrée? A la Cigale, ce fabuleux titre fut interprété juste après un "This Stupid World" hypnotisant avec ce refrain si juste "This stupid world is killing me, this stupid world is all we have"...


Chez Yo La Tengo, c'est comme si tout était évident, tout était à sa place et ce malgré des détours et des circonvolutions fascinantes. Sur cette tournée, le groupe délivre deux sets d'une heure, sans  1ère partie. Le 1er set fait la part belle au dernier LP tout étant parsemé de morceaux presque ambient issus des disques plus contemplatifs du trio.

Le second set aura été un déferlement de pop noisy du meilleur effet. Quel plaisir de se laisser emporter par des mélodies imparables avant de partir dans des délires de fuzz et de larsens menés par un Ira Kaplan fascinant à la guitare... Le rappel qui nous gratifiera de 3 reprises dont les 2 dernières sur un mode folk rendant la fin de soirée légère et intimiste.

Quel groupe!!!

A lire également Sonic Youth en live ou en Best Song Ever

vendredi 21 avril 2023

Dominique A à l'Olympia (19/4/23)


 Dominique A était de passage à l'Olympia pour la 3ième fois en 30 ans de carrière. Concert reporté qui aurait du avoir lieu en janvier, faute à une chute sur une patinoire dont le nantais se moquera élégamment en début de set.

Personnage central d'un rock français lettré, dont le parcours démarra en mode Do it Yourself au début des années 90 puis sur le mythique label Lithium (en mode DIY également) qui exposa la réponse souterraine et décalée au rock normé en compagnie des inestimables Diabologum ou encore Mendelson, Dominique a toujours réussi à se renouveler.

Son dernier LP en date (le 15ième), le Monde Réel en est la parfaite expression. En s'entourant de musiciens en provenance du monde du jazz et adeptes des musiques improvisées, Dominique A nous livre un disque superbe où l'on croise le fantôme de Talk Talk et de son leader Marck Hollis lorsque le groupe explorait des ambiances feutrées presque irréelles...


Dans l'écrin solennel et prestigieux de la salle du boulevard des Capucines, des chansons comme "Dernier appel de la Foret" ou le "Monde Réel" prennent une dimension quasi mystique. Et que dire de la profession de foi qu'est "avec les autres" qui résonne si fort dans le contexte social de l'époque...

On retiendra également le magnifique 'l'Océan" et le morceau proposé à Bashung, "Immortels", qui nous fait sentir la beauté poétique et évocatrice du nantais. En rappel, la relecture du "Courage des Oiseaux" version musique concrète (à nos oreilles en tous les cas) surprendra et enthousiasma...

Un auteur rare et indispensable dans le paysage français...

A lire également Diabologum, Mendelson ou Bashung ou Dominique A dans notre TOP 2022

samedi 18 mars 2023

Pixies à l'Olympia (15 et 16/3/23)


 Les Pixies étaient de retour à Paris pour la 1ere fois depuis 2019 et une nouvelle fois dans la mythique salle de l'Olympia pour 2 soirées de suite forcément sold out. 

Le groupe de Franck Black reste l'un de nos préférés en live. Malgré les années, malgré un héritage insurpassable (les disques 1ere époque de 87 à 91), malgré, ou peut etre à cause des vicissitudes de la vie, les bostoniens réussissent à chaque fois à nous emballer... à nous transporter...

Cette double ration n'aura pas déçu. La seconde étant meme immortalisée par Arte Concert. Bien sur, on ne peut  pas attendre des Pixies en 2023 qu'ils gardent la fraicheur, la candeur et l'intensité du groupe de la fin des années 80 qui secoua le rock alternatif, et les oreilles d'un certain Kurt... Pour apprécier les Pixies à leur juste valeur aujourd'hui, il faut juste accepter que le groupe qui faisait du punk rock mélodique avant Nirvana, fait désormais de la pop (ce n''est pas un gros mot en ces pages...), mélodique par essence.


Depuis 2013, les Pixies ont sorti 4 LPs, soit désormais autant qu'à leur grande époque. Le dernier en date, Doggerel, sorti l'année dernière est, à nos oreilles, un très bon disque de pop et de rock. Il ne révolutionnera pas le genre mais reste assez efficace et plaisant. Des titres comme Nomatterday, Vault of Heaven, Dregs of the wine ou le titre éponyme, Doggerel, peuvent prétendre devenir des presques classiques des setlists du groupe.

Il est interessant d'ailleurs de remarquer que c'est la 1ere fois depuis leur reformation que les Pixies jouent en concert la quasi totalité de leur nouveau disque (11 titres sur 12 joués). Les 2 soirs, les Pixies auront joué plus de 35 chansons. Comme à leur habitude en les enchainant sans temps mort, ni aucune communication avec leur public... Ce n'est  pas leur genre et on ne s'en plaindra pas tant la communion de la salle avec le groupe est totale, sans aucun mot...


Les setlists enchainent avec brio les séries de brulots punk pop incendiaires des débuts, tous devenus des classiques indémodables, et les chansons plus récentes. Les 2 soirs on aura chaviré avec les cultissimes Debaser, Gouge Away, Here comes your man, Monkey gone to Heaven, Planet of Sound, Vamos, Hey, Wave of Mutilation... etc...

Le second soir, Ed id Dead et Tame, non joués la veille nous auront fait exploser le coeur...  Ce qui frappe avec les Pixies, c'est que c'est un vrai groupe, ou chaque individualité prend pleinement sa place. Black Francis n'est plus l'omnipotent personnage central que sa jeunesse avait façonné... L'osmose semble parfaite. Chacun est dépositaire d'une partie du son Pixies et c'est l'assemblage qui donne sa force au tout...

Une double soirée comme dans un rêve dans un moment d'éternité! Brillant...

A lire également les Pixies à l'Olympia , au Zenith, à Lolapalooza, dans nos TOP 10 ou en Best Song Ever.

samedi 11 mars 2023

Morrissey à la Salle Pleyel (9/3/23)


Morrissey n'était pas venu jouer à Paris depuis 2015, une éternité. Son double passage à la salle Pleyel était donc attendu. Pourtant grand fan des Smiths, et bien qu'ayant vu plusieurs fois Johnny Marr en concert, c'est la 1ere fois qu'on va voir Morrissey sur scène...

Certainement la faute à la perdition spirituelle du parolier anglais qui, on peut le dire, a un peu viré vieux con réac après avoir été, à ses débuts, la voix des oubliés, des freaks, des weirdos... Et c'est ce que l'on a toujours apprécié chez Morrissey... Mais tout cela remonte aux années 80 et 90...

On a aussi entendu beaucoup d'horreurs sur le comportement de la star en tournée, annulations sine die, tour de chant raccourci, voix en berne... Et bien par chance, c'est le grand Morrissey que l'on voit sur la scène parisienne.

Accompagné d'un groupe de musiciens remarquables, on note notamment le retour d'Alan Whyte à la guitare, son compère musical des grands disques des années 90 (Your Arsenal, Vauxhall and I). De très bon augure... Morrissey est en forme, la voix est toujours aussi impeccable. La grande force du Monsieur a toujours été de réussir à véhiculer, par son chant, une grande palette d'émotions et là on est comblé.

En plus d'etre un immense chanteur, Morrissey reste un grand parolier. Il a définitivement (re)donné ses lettres de noblesse à l'art pop de la musique. Curieusement, le Moz semble avoir du mal à trouver un label pour sortir son nouvel album? Serait-il trop exigeant? plus assez bankable? En tous les cas les 4 nouvelles chansons entendues annoncent un excellent disque... A suivre.


Parmi ces perles on retiendra "The Night pop dropped" et surtout "Without Music the world dies". Forcément ces paroles résonnent totalement en nous. Et les soli des 2 guitaristes nous font presque croire que le duo Marr/Morrissey est reformé sur scène.... Incroyable...

La setlist puise dans tout le repertoire de Morrissey en solo, en évitant les tubes si ce n'est "Every Day is like Sunday". Coté reprise des Smiths, 5 titres et pas les plus connus (si ce n'est Stop Me et Girlfriend in a coma) avec Half a Person ou Sweet and Tender Hooligan, bodybuildé en rappel.

Au final une superbe soirée qui donne envie d'écouter son prochain album et meme de redécouvrir les plus récents, c'est dire... Seul bémol, Morrissey revenant sur scène en rappel en tee shirt pour le déchirer et l'envoyer dans la foule nous laissant contempler son torse nu... Dispensable...

A lire également, The Smiths en Best Song Ever ou Johnny Marr en live. ou en Best Song Ever avec The The ou en TOP 10 Albums

samedi 25 février 2023

Young Fathers à L'Elysée Montmartre (24/2/23)


 On avait pas vu les Young Fathers en tete d'affiche à Paris depuis leur bouillante prestation au Badaboum en 2018. C'est donc peu dire qu'on attendait avec impatience ce concert à l'Elysée Montmartre pour promouvoir leur tout récent et excellent 4ième album, le bien nommé Heavy Heavy.

Dès les premières secondes, on a le souffle coupé. G Hastings débute à capella leur ancien titre Only Child (extrait de leur second EP Tape Two). Commencé un concert a capella avec ces paroles, "I find it hard to be an honest human being, i guess i'll go and find out again", tout est dit... Les frissons nous prennent, déjà... Et l'on sait que l'on va  passer une soirée fabuleuse... 


Les voix mêlées des 3 écossais (supporté sur ce tour par une choriste) touchent presque au divin, en passant par la voie tribale, le chamanisme, la transe... Ce mot résume totalement la soirée passée avec les Young Fathers. Un peu plus d'une heure d'une intensité folle...

Les Young Fathers mettent tout leur coeur dans leur chant et cela produit une énergie incroyable qui se répand dans le public... Il fallait voir cet Elysée Montmartre transformé en piste de dance avec des corps extatiques, un mouvement libérateur des énergies et des esprits...

La musique des écossais est vraiment inclassable. Ils se sont d'ailleurs longtemps plaints d'etre classé dans la catégorie hip-hop et on les comprend c'est tellement réducteur. Leur alliage expérimental entre pop, esprit punk, polyphonie et polyrythmie est unique et fait de Young Fathers l'un des combo les plus interessants des 10 dernières années...


Les chansons de Heavy Heavy prennent une belle ampleur en live. Drum, I saw, le dejà classique Gernonimo et le déroutant Be your Lady, commençant sur des notes de piano avec ces mots, "I wanna be your lady, forgetting i'm the man" avant de soudainement partir dans une transe de percussions inattendue... Un bon résumé de ce groupe ultime qui mérite toute l'attention du monde...

Les perles Queen is Dead, Rain or Shine, Get up ou Old Rock'n'roll ont électrisé la salle. On a rarement pris autant de plaisir et d'énergie en pleine face... Hier soir tout le monde a pris une énorme claque!

A lire également Young Fathers en tete de notre TOP 10 Concerts 2018, en live à la Maroquinerie ou dans nos TOP 10 Albums 2018 et 2015.

vendredi 17 février 2023

Go Public ! à l'International (16/2/23)


Go Public ! le super groupe lyonnais réunissant des musiciens issus de gangs comme Sixpack, Condense, Parkinson Square ou Not Scentists donnait le 1er concert de sa mini tournée à Paris à l'International dans le cadre d'une soirée Twenty Something, le label de l'ancien Thugs et LANE, Eric Sourice.

Go Public ! ou la racine même de l'engagement Punk Rock. Cette volonté de transmettre une énergie brute, sincère et sans filtre sans se soucier d'aucune velléité commerciale ou pécuniaire (chose que l'on comprend totalement en ces lignes avec le projet Amain Armé).

C'est beau et cela force le respect. Le 1er album du groupe, Between Nowhere and Goodbye, sorti en décembre via Twenty Something, est un condensé du meilleur d'un punk rock mélodique pied au plancher qui ravit autant les esprits que les corps. 


Le quatuor Go Public ! est rejoint sur scène par Pit Samprass, pas le tennisman mais le chanteur historique des vénérables Burning Heads Ca devient légendaire cette histoire... D'entrée de jeu la batterie de Hugo Maimone donne le ton et martèle un beat infernal auxquel répondent les guitares explosives de Varou Jan et Pit Samprass. La basse de Thibault Gillard est au diapason meme si peu audible au départ dans l'acoustique approximative de l'International.

Tête pensante du projet, Salim Zouaraa, est un frontman comme on les adore. Il incarne totalement le projet, insuffle une énergie incroyable et transmet cette once d'authenticité qui fait toute la différence. Avec des titres de la teneur de Snowball, 2 old to die, Blind Heart ou encore Getting Late, Go Public ! a les atouts dans sa manche pour enflammer la salle et ravir un public totalement conquis...

45 minutes de pur punk rock jouissif qui se terminent par une reprise des Buzzcocks... Une soirée mémorable et on l'espère une longue carrière à ce jeune groupe qui dans un monde idéal devrait partir en tournée international défendre l'esprit punk rock made in Lyon!

A lire également Dead Pop Club et Lane en live ou les Thugs en Best Song Ever.

samedi 11 février 2023

Sorry à Petit Bain (10/2/23)


La sensation de la pop anglaise, le quintette Sorry, était de retour sur Paris, 4 mois seulement après leur passage au Pop Up du Label. Mais pourquoi donc allez les revoir seulement quelques semaines plus tard. En octobre dernier, leur second superbe album, Anywhere but here, venait à peine de sortir et le groupe commençait à peine sa 1ere vraie tournée internationale puisqu'ils n'avaient pas pu défendre la sortie de leur 1er effort, 925 en plein covid fin 2020.

Depuis, on a écouté en boucle Anywhere but here qui est devenu dans l'intervalle notre Album numéro 1 de 2022 et Sorry a continué une  longue tournée qui les aura amené à sillonné les Etats-Unis. C'est donc peu dire qu'on attendait ce concert à Petit Bain avec impatience. 

Sans porter offence au Pop Up du Label, le son et le confort d'écoute n'a rien à voir à Petit Bain, qui en quelques années est devenu le temple de la musique indé. Il y a peu de salles, où l'on peut manger un bout avant le concert avec à la table d'à coté le groupe au complet que l'on vient voir... belle entame de soirée.


Sorry entame le set avec la foudroyante introduction de leur nouvel album : Let the lights on, qui avec son refrain fédérateur enflamme dejà la salle. Suit le magnifique Tell me, où la voix de Louis O'Bryen, cristalline et détachée nous émerveille (on pense à Guy Garvey avec Massive Attack), le refrain entetant chanté par Asha Lorenz ajoute une touche pop fédératrice imparable tandis que les soli de guitare contribuent à enlever le morceau dans la stratosphère...

En 2 morceaux, toute la magie et la majesté pop de Sorry est déployée. Quelle entame de show! Le groovy Willow Tree enfonce le clou, le concert est lancé... Leur pop à guitares agrémentée de synthés aériens et de samples bien sentis est d'une grande modernité.

Ils sont encore trop jeunes pour avoir toute dose de cynisme et la façon si sincère avec laquelle le groupe vient chercher le public est leur grande force. Asha Lorenz est vraiment solaire et attire toute l'attention. Son jeu de guitare fait merveille et son chant à la fois sensible et intense prend aux tripes.

Avec seulement 2 LPs, Sorry possède dejà sont lot de classic songs. Right round the Clock, Key to the City et que dire du tribal Step (quelle batterie), du tubesque Closer ou encore du folk aérien de Quit while you're ahead...

En 1h20, Sorry a démontré qu'ils étaient le groupe Pop du moment. On attend la suite avec impatience.

A lire également Sorry au Pop Up du Label et au sommet de notre TOP 10 2022.