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lundi 17 octobre 2022

Sorry au Pop-Up du Label (15/10/22)


Etonnant de voir jouer ce jeune groupe londonien ultra prometteur dans une si petite et exiguë salle... , Sorry, le band mené par le duo Asha Lorenz et Louis O'Bryen, amis d'enfance, fait partie des nouvelles sensations venues d'outre manche... 

Encore une... Après les visites récentes de LIFE, Sinead O'Brien, Working Men's Club ou encore Wu-Lu, Sorry dénote, dans un registre plus pop que ses contemporains. En brassant de nombreuses influences dans un maelstrom pop indé de leur sauce, Sorry parvient à faire vibrer la corde sensible. Entre mélancolie, exaltation, doute et optimisme de leur jeunesse, les londoniens proposent une musique attachante et qui prend aux tripes...


Dans un Pop-Up du label plein à craquer, Sorry vient présenter son tout récent second album, "Anywhere but Here", sorti une semaine plus tôt. L'assistance est assez jeune, normal pour un groupe à la moyenne d'âge autour de 24 ans. Le chant et la présence d'Asha sont vraiment le point fort du groupe. Asha prend le public par la main pour l'amener dans un rollercoaster émotionnel passionnant...

Remplies de mélodies vocales catchy, les chansons de Sorry gardent ce côté décalé du DIY et du bricolage. C'est rafraichissant, enthousiasmant... 19 titres joués en un peu plus d'une heure, dont 4 issus de EP et le reste de leurs 2 premiers disques. Sorry est prêt pour prendre toute la lumière dont ils avaient été privés pour leur 1er LP sorti en mars 2020, juste avant les périodes de confinements et d'arrêt des concerts...

A lire également la nouvelle vague UK : LIFE, Wet Leg, King Hannah, Fontaines DC...

A lire, touts nos articles sur Sorry

samedi 11 février 2023

Sorry à Petit Bain (10/2/23)


La sensation de la pop anglaise, le quintette Sorry, était de retour sur Paris, 4 mois seulement après leur passage au Pop Up du Label. Mais pourquoi donc allez les revoir seulement quelques semaines plus tard. En octobre dernier, leur second superbe album, Anywhere but here, venait à peine de sortir et le groupe commençait à peine sa 1ere vraie tournée internationale puisqu'ils n'avaient pas pu défendre la sortie de leur 1er effort, 925 en plein covid fin 2020.

Depuis, on a écouté en boucle Anywhere but here qui est devenu dans l'intervalle notre Album numéro 1 de 2022 et Sorry a continué une  longue tournée qui les aura amené à sillonné les Etats-Unis. C'est donc peu dire qu'on attendait ce concert à Petit Bain avec impatience. 

Sans porter offence au Pop Up du Label, le son et le confort d'écoute n'a rien à voir à Petit Bain, qui en quelques années est devenu le temple de la musique indé. Il y a peu de salles, où l'on peut manger un bout avant le concert avec à la table d'à coté le groupe au complet que l'on vient voir... belle entame de soirée.


Sorry entame le set avec la foudroyante introduction de leur nouvel album : Let the lights on, qui avec son refrain fédérateur enflamme dejà la salle. Suit le magnifique Tell me, où la voix de Louis O'Bryen, cristalline et détachée nous émerveille (on pense à Guy Garvey avec Massive Attack), le refrain entetant chanté par Asha Lorenz ajoute une touche pop fédératrice imparable tandis que les soli de guitare contribuent à enlever le morceau dans la stratosphère...

En 2 morceaux, toute la magie et la majesté pop de Sorry est déployée. Quelle entame de show! Le groovy Willow Tree enfonce le clou, le concert est lancé... Leur pop à guitares agrémentée de synthés aériens et de samples bien sentis est d'une grande modernité.

Ils sont encore trop jeunes pour avoir toute dose de cynisme et la façon si sincère avec laquelle le groupe vient chercher le public est leur grande force. Asha Lorenz est vraiment solaire et attire toute l'attention. Son jeu de guitare fait merveille et son chant à la fois sensible et intense prend aux tripes.

Avec seulement 2 LPs, Sorry possède dejà sont lot de classic songs. Right round the Clock, Key to the City et que dire du tribal Step (quelle batterie), du tubesque Closer ou encore du folk aérien de Quit while you're ahead...

En 1h20, Sorry a démontré qu'ils étaient le groupe Pop du moment. On attend la suite avec impatience.

A lire également Sorry au Pop Up du Label et au sommet de notre TOP 10 2022.


lundi 22 juin 2026

Sorry au Trabendo (18/6/26)


Le groupe anglais Sorry était de passage à Paris pour la promo de l'album numéro 1 de notre TOP 2025, Cosplay et forcément on aurait voulu manquer ça pour rien au monde. Malgré le début de la canicule historique qui se déploie sur la France et toute l'Europe de l'Ouest et donc les conditions difficiles autant pour les artistes que les spectateurs ce concert était immanquable.

Le 3ieme opus du combo est sorti en novembre et après une longue tournée aux US, Sorry aurait du défendre l'album en mars mais la mort de la mère de la chanteuse, Asha Lorenz, a contraint, tout naturellement, le groupe a reporté sa tournée européenne, en tous les cas pour sa partie continentale.


Pour moi, Sorry est le présent et le futur de la pop moderne. En mélangeant habilement compostions à la guitare et samples electro, Sorry redéfinit les contours de la pop à guitares. Le noyau dur du groupe est constitué du duo Asha Lorenz - Louis O'Brien mais c'est clairement Asha qui attire toute l'attention.

Sur scène, elle est d'une intensité bouleversante, elle donne tout. Elle s'enflamme au risque de se consumer. Elle dégage une énergie et une aura incroyable. A faire peur... Grian Chatten, le leader de Fontaines D.C. a composé quelques chansons avec Asha entre son album solo et le 4ieme album de Fontaines D.C. (Romance, album #1 de notre TOP 2024) et a dit à ce sujet en interview qu'il était ébloui par le talent et la vista créative d'Asha. On espère que ces chansons seront publiées un jour, sous une forme ou une autre...

Au trabendo, sous une chaleur écrasante, Sorry démarre pied au plancher avec Right round the Clock, son 1er tube, extrait de 925, le debut album du groupe sorti en plein confinement (et donc pas de tournée pour le groupe, quel manque de bol pour commencer une carrière...). Jetplane et Candle viennent chauffer sur les braises mais la chaleur nous rattrape et le corps ne répond plus...


On raccroche les wagons au milieu du concert avec l'emblématique morceau d'ouverture de Cosplay, le sublime Echoes. Asha semble comme possédée, à répéter, avec force et convictions le mantra "Echoes I love you"... C'est intense, c'est beau et le solo de guitare pris par Asha finit de nous faire tomber amoureux, avec elle, avec le groupe...

Le groupe enchaine avec le nouveau morceau "Alone in Cologne" (sorti en février avec le morceau Billy Elliot) encore un morceau pop moderne... La fin du concert est une succession de tubes : Let the lights on,  Antelope et surtout le merveilleux Life in this Body, chanté par Louis, d'une beauté à pleurer... Le show se termine par le formidable Jive, parfait mélange de pop et d'eletro barrée à la Aphex Twin... Une masterclass...


Le rappel avec 3 titres de Cosplay : into the dark, magic et Waxwing nous feront oublier la chaleur et l'enfer de la vie citadine en temps de réchauffement climatique...

Une soirée très spéciale...

A lire également Sorry #1 de notre TOP 2025 mais aussi 2022, Sorry à la Route du Rock, à Petit Bain ou au Pop up. Fontaines D.C. #1 de notre Top 2024 et au Zenith.

Pour aller plus loin dans l'univers Mind Riot Music l'instagram Mind Riot Music, le site du label, le groupe Moslyve.

samedi 17 décembre 2022

Best of 2022 : le classement MRM des 10 meilleurs albums


Après deux années de crise sanitaire on enchaine avec une année de crises géopolitiques et économiques (quelle époque formidable!). 2022 fut une année riche en émotions, en rebondissements et en traquenards mais au moins plus positive en terme de liberté de déplacement et de rassemblement. Le retour des concerts à partir de mi-février puis le retour des festivals aura embelli nos vies.

Niveau disques, le cru 2022 est assez bon. Paradoxalement, beaucoup de groupes anglais tous neufs auront marqué notre année. C'est comme si, les anglais réussissaient la prouesse de transformer la merde ambiante (Bexit, covid, inflation, guerre) en or, en transcendant leurs souffrances par le prisme de l'art musical! Ne serait-ce pas là la raison d'être de cet art mineur qu'est la chanson que de nous aider à surmonter les obstacles, entraves et peines de nos vies...martiennes...?

Au sommet de notre Olympe, un groupe londonien formé par 2 amis d'enfance, Asha Lorenz et Louis O'Bryen : SORRY. Avec ce 2nd LP étourdissant, Anywhere but here, Sorry raffle la mise grâce à un songwriting brillant et ultra efficace. Leurs mélodies pop imparables se déploient autour de structures superbement ouvragées et d'une production précise et réjouissante (l'apport de Adrian Utley de Portishead est indéniable). Ce disque respire la fraicheur, la sincérité et fonctionne comme une catharsis pour le groupe et son public!

Leur dauphin dans ce TOP 10, leurs compatriotes de Hull, LIFE, reprennent l'histoire sur les cendres de l'Angleterre de la fin des années 70 et de l'explosion post-punk qui s'en suivit. En conviant Johnny Rotten, les Clash et les Specials à leur cabaret pop, LIFE prend aux tripes en prenant comme sujet principal leurs vies dans leur ville de Hull pendant et après la pandémie... Là encore une disque cathartique indispensable...

Retour à Londres avec le duo King Hannah, sur la 3ième marche de notre podium. En alliant des guitares noisy dans le fond en contrepoint d'ambiances trip-hop et portées par une voix féminine marquante, le groupe nous envoute et nous transporte dans leur univers en clair obscur.

Les Irlandais de Fontaines D.C., produits par l'incontournable Dan Carey (Wet Leg, Squid, Black Country New Road...) changent de braquet avec Skinty Fia. Plus sombre, plus lent, ce 3ieme effort est presque d'un psychédélisme noir, certainement le reflet de notre époque. Indispensable.

On n'attendait rien d'un nouvel enregistrement du duo Thom Yorke / Johnny Greenwood en mal de Radiohead. Et pourtant, leur rencontre avec le batteur de jazz Tom Skinner engendre un disque réjouissant, où leur bonheur retrouvé de jouer simplement ensemble dégouline et nous réjouit. The Smile éclaire nos visages d'un sourire radieux...

Le groupe des frères O'Kelly, Silverbacks sort avec Archive Material un second album sous influence Pavement/Talking Heads du meilleur effet. Mélodies, détachement, guitares entrelacées, tout ce qu'on aime.

Liam Gallagher continue sa belle carrière solo avec un disque plus aventureux aux sonorités entre classicisme beatlesien et modernité froide des percussions. Wilco revient aux sources et au dépouillement du folk originel de Woody Guthrie et nous émerveille toujours autant. Dominique A sort son disque aérien à la Talk Talk, superbe et les Arctic Monkeys continuent leurs explorations sonores de 2018 mais cette fois avec de bonnes chansons.

MRM TOP 10 ALBUMS 2022

1. Sorry : Anywhere but here (Domino)

2. LIFE : North East Costal Town (The Liquid Label)

3. King Hannah : I'm not sorry i was just being me (City Slang)

4. Fontaines D.C. : Skinty Fia (Partisan Records)

5. The Smile : A light for attracting attention (XL)

6. Silverbacks : Archive Material (Full Time Hobby)

7. Liam Gallagher : Come on you know (Warner)

8. Wilco : Cruel Country (dBpm records)

9. Dominique A : le monde réel (Wagram)

10. Arctic Monkeys : The Car

pas loin du TOP10 : Warpaint, Miles Kane, Michel Cloup, Aldous Harding, Wu-lu, Beach House, Wet Leg, Working Men's Club, Thomas Poli

Petit coup de coeur au retour gagnant et inventif du magazine Magic avec leur formule d'un hebdo au format dépliant et d'un book trimestriel. Très bien écrit, choix judicieux et toujours ce plaisir de nous faire découvrir des pépites! Merci à eux!

A lire également le MRM TOP 10 Concerts 2022... et les Tops 2021 et 2020...

lundi 22 décembre 2025

Best of 2025 : le classement MRM des 10 meilleurs albums



Une nouvelle année qui s'achève, c'est passé tellement vite. Et voici venu le temps des sempiternelles classements de fin d'année. C'est fou comme on a besoin de tout ordonner, de donner des notes, de classer. Peut-etre que dans quelques années, on ne le fera plus, ce sera notre IA personnel qui nous sortira notre classement, sans qu'on ait à y penser, et sans qu'on ait rien à y redire...

Heureusement, cette année cette tâche est encore manuelle, je vous rassure... Et pour la 1ere fois depuis longtemps, le trio de tête s'est dégagé assez facilement, assez naturellement. Et forcément, il fallait bien qu'à un moment donné, Dan Carey trône en tête de notre classement. Il avait loupé le coche l'an dernier avec les Fontaines D.C., il avait produit leurs 3 premiers disques mais pas le 4ieme, produit par l'autre faiseur de miracles anglais, James Ford (à qui l'on souhaite un bon rétablissement), qui était #1 en ces lignes.

Avec Wet Leg, Squid, Black Midi, les D.C., l'album solo de Grian Chatten, Dan Carey était passé tout proche et on a souvent parlé de ce petit génie du son sur ce blog. C'est donc avec le 3ieme et formidable album de Sorry, que la production de Dan Carey est enfin célébrée au sommet du mont MRM. Asha Lorenz et Louis O'Bryen savent bien s'entourer. Après Adrien Utley (Portishead) sur leur précédent disque (Anywhere but here, #1 de notre top 2022) ils ont confié les manettes de Cosplay à Dan Carey.

Cosplay est un disque assez déconcertant. On a vraiment du mal à classer Sorry dans telle ou telle catégorie et c'est génial. Leur pop est joueuse, complexe et audacieuse. Et avec des chansons comme Echoes (le solo de guitare monumental, le refrain qui vous attrappe), Jetplane (quel beat) ou Love Posture (scary), on a droit à des pépites qui font exploser les codes de la musique à guitares en y associant sampling, beats et étrangeté. Avec "Life in this body", on touche au sublime. Cette chanson pourra concourir pour le titre honorifique de plus belle chanson de la décennie sur l'amour inconditionnel (au même titre que Stranger de Moslyve, un peu d'auto promo ca fait jamais de mal...). Et ce final, Jive, un voyage fascinant où l'on croit voir le fantôme d'Aphex Twin sur les coups de basse meurtriers du pont...

Bis repetita pour Sorry, qui après Troy Von Balthazar en 2010 et 2021, réussit l'exploit de décrocher une seconde étoile MRM (2022, 2025)...

En seconde position, l'autre ovni de l'année, le groupe caroline. Avec caroline 2, leur second disque, on touche là aussi à une beauté ineffable. Inclassable également, on oscille entre moment aériens, presque folk et saillies transe d'un autre monde. C'est un voyage fabuleux qui nous ravit à chaque fois. C'est beau.

En troisème position, l'album solo de Sydney Minsky Sargeant, le leader de Workin Men's Club (#1 de notre top 2020). A l'instar de Grian Chatten en 2022, Sargeant nous livre un disque de folk moderne ou se télescopent mille influences. Brillant.

#4, le grand Michel Cloup, qui continue ses explorations et ses collages pour livrer de manière originale ses réflexions sur notre monde moderne : indispensable.

Troy Von Balthazar revient en 2025 avec un nouveau très bon disque. Un album qui l'aura littéralement maintenu en vie et dont la beauté épurée se révèle au fil des écoutes. En 6ième position, un autre revenant, Peter Milton Walsh et son The Apartments. "it's a casino life", tout est dit dès l'introduction de ce "this is what music is for".

Septième, les inamovibles écossais de Mogwai, dont le mur du son nous fascine toujours autant. Et c'est un autre disque de résilience que ce Bad Fire, documentant une période difficile de la vie des membres du groupe. #8 les australiens de Tropical Fuck Storm qui, eux aussi, ont du faire face à la maladie et tenter de sublimer leurs maux en musique. C'est touchant et toujours aussi fou. Leur disque le plus accessible.

Avec "Getting Killed", Geese continue de montrer qu'il est possible de concilier musique ambitieuse et succès. Enfin à la 10ième place, on n'a pas réussi à départager le 1er album intrigant et fascinant de R/A/D (le projet de Brisa Roché et de Nicolas Laureau), Feeo, Deftones et Bdrmm.

MRM TOP 10 ALBUMS 2025 :

1. Sorry : Cosplay (Domino)

2. caroline : caroline 2 (Rough Trade)

3. Sydney Minsky Sargeant : Lunga (Domino)

4. Michel Cloup Trio : Catharsis en pièces détachées (Ici d'ailleurs)

5. Troy Von Balthazar : Aloha means Goodbye (Vicious Circle)

6. The Apartments : This is what music if for (Talitres)

7. Mogwai : The Bad Fire (Rock Action)

8. Tropical Fuck Storm : Fairy Land Codex (Fire Records)

9. Geese : Getting Killed (Partisan Records)

10. R/A/D : Outta Sight (Prohibited Records)

10. Feeo : Goodness (AD 93)

10. Deftones : Private Music (Reprise Records)

10. Bdrmm : Microtonic (Rock Action)


Pas loin du TOP 10 : Pulp, Heartworms, Maruja, Miles Kane, Jeff Tweedy, Big Thief, Feu Chatterton

A lire également le TOP 10 2024, 2023, 2022, 2021 et à suivre le MRM TOP 10 Concerts 2025

jeudi 24 août 2023

Young Fathers, Sorry, Brian Jonestown Massacre, Yo la Tengo, Jockstrap, Squid, Gilla Band, M83, Osees à la Route du Rock 2023 (17&18&19/8/23)


Mais quelle programmation... Honnêtement, peu de festivals peuvent s'enorgueillir d'avoir une prog aussi pointue et léchée que celle de la Route du Rock 2023 à Saint Malo pour cette 31ème édition...  Après une année 2022, qui malgré une 1ere soirée au Fort Saint-Père à forte influence avec la fine fleur de la relève rock UK (Wet Leg, Geese, Fontaines DC...) n'avait attiré que 13 000 personnes, l'édition 2023 aura retrouvé son public avec une fréquentation annoncée de 25 000 personnes.

Malheureusement, entre attente navettes, embouteillages dans Saint Malo et queue interminable à l'entrée, on aura mis 1h30 au total pour accéder au site du Fort Saint Père et on aura loupé les 2/3 tiers du concert de Dry Cleaning, toujours aussi interessants en live... 1ère surprise, les Viagra Boys sont remplacés au pied levé par Squid qui nous avait dejà enchanté à Rock en Seine l'année dernière. Sans totalement retrouver l'état de transe exposé à Saint Cloud (en jouant avant la tombée de la nuit c'est plus compliqué), Squid nous aura quand meme transporté dans des contrées azimutées dont eux seuls semblent connaitre l'existence... Délicieux. 

Autre belle confirmation avec les irlandais de Gilla Band (ex Girl band). Cette radicalité et cette manière d'exploser le format pop rend le groupe vraiment attachant et à part sur la scène indé... Seule presque tete d'affiche de la soirée, le français de M83, qui aura explosé aux Etats Unis à la fin de la décennie 2000, aura produit un show remarquable d'intensité sonore et visuelle. En puisant abondamment dans ses 2 premiers albums (Dead Cities et Before the Dawn heals us), M83 nous aura rappelé pourquoi on avait tant aimé ces cavalcades shoegaze mélancoliques... Pour finir la soirée, les incroyables King Gizzard and the Lizard Wizard auront tout cassé. Leur flamboyance psyché rock hallucinée aura marqué les esprits. Un vrai groupe de festival...


La seconde soirée commence par le magnifique set de Yo La Tengo. Très attendu, le trio aura delivré une performance de haut vol, condensant en une heure toute la vaste étendue de leur palette sonore tant ils sont capables de tout faire (rock strident, destructuré, noise, ambient, balade...). Les Black Angels auront delivré un set solide sans surprise tandis que John Dwyer aura enflammé le festival avec ses Osees... Une telle énergie et une telle communion avec le public est rare... 


Après une pluie abondante à partir de minuit durant le set de Clipping, arrivent enfin sur la grande scène nos herauts, les écossais de Young Fathers... Et encore une fois ce fut une claque magnifique. Ce groupe est immense et la manière dont il réussit à instaurer cette transe chamanique sur scène et dans l'assistance est remarquable... Du grand ART!


Pour cette ultime journée du samedi, c'est encore un groupe cher à notre coeur qui inaugure la soirée. Les anglais de Sorry (notre meilleur album 2022) auront ravi l'assistance avec leur pop moderne si attachante... Le duo Jockstrap aura surpris son monde. Drole de musique entrechoquant dance music, beats martiaux et folk... La présence scénique de la chanteuse Georgia Ellery valant à elle seule le détour... Les new yorkais de Bodega auront livré un set enthousiasmant alors que le concert de la bande à Anton, The Brian Jonestown Massacre nous aura un peu réconcilié avec la bête après des prestations récentes un peu ronronnante par rapport à leur rang de légendes...


La Route du Rock, ce festival a taille humaine à la programmation 2023 ciselée et sans faute de goût, qui bien que dépourvu de grosses affiches aura fait l'unanimité!

A lire également la Route du Rock 2022 et 2021


mardi 4 novembre 2025

Wet Leg à l'Olympia (30/10/25)


 Certainement l'un des évènements de cet automne, la venue de Wet Leg à Paris. Et ce n'est pas pour un mais deux Olympia, à guichets fermés. Une sorte de consécration pour les 2 anglaises de l'Isle de Wight, Rhian Teasdale et Hester Chambers.

Elles ont été les figures de proue de tous ces nouveaux groupes venus du Royaume Uni qui ont illuminé notre période post covid. Avec Chaise Longue, fin 2021, elles détenaient le tube pop rock qui alluma la mèche. Dans la foulée en 2022, leur 1er album, enregistré par le magicien Dan Carey, faisait sensation.

Dans le même temps, plein de jeunes groupes enregistrés par l'indispensable Dan Carey cassaient la baraque et remettaient le Rock au gout du jour. On citera les Fontaines D.C., Squid, Black Midi et d'autres groupes qu'on adore mais pass enregistrés par Carey, comme Sorry dont on attend avec impatience le nouvel album pour cette fin de semaine (le 7 novembre).


Après le succès fulgurant de ce 1er album éponyme, Wet Leg revient en 2025 avec Moisturizer et le toujours difficile second album. Tellement de groupes à succès se sont brulés les ailes avec ce second effort. L'inspiration est elle toujours là? Le tourbillon du succès a-t-il fait tourner les têtes? Quand votre passion devient votre métier, comment s'adapter? Comment garder la foi et la spontanéité nécessaire lorsque les questions d'argent se posent? Eternelles questions. Doit-on changer la formule qui a marché ou la faire évoluer?

A cette dernière question, Rhian et Hester ont préféré la seconde option. Elles composent désormais en groupe et non plus en duo. Elles ont intégré les membres de leur groupe de scène à Wet Leg (des amis de l'Isle de Wight) et ont donc composé ensemble les nouveaux morceaux.

Entre temps, Rhian s'est transformée physiquement. Elle est désormais très affutée et tout en muscle. Elle a jeté ses jupes de la 1ere tournée et arbore une tenue sportive et extrêmement sexy. On comprend à l'écoute des paroles qu'elle a trouvé l'amour. Le disque tourne autour de cette passion et ca donne un disque ultra énergique, aux mélodies accrocheuses. On est loin de la pop indé nonchalente du 1er album, on retrouve un groupe de pop rock efficace et sexy.


Et c'est exactement ce que l'on voit sur scène. Le groupe dégage une énergie et une maitrise impressionnante. Hester se cache en fond de scène et joue le plus souvent le dos tourné au public, sauf sur les morceaux où elle assure les choeurs. On sent qu'elle a du mal avec leur succès...

Rhian, quant à elle, est rayonnante. Elle s'est transformée en bête de scène. La métamorphose est impressionnante. Elle dévore la scène et le public. Ses déhanchements sont très explicites, elle se roule par terre, se contorsionne. On sent une personne épanouie et contente de jouer le jeu du spectacle.

Les nouveaux morceaux marchent super bien en live : liquidize, catch these fists, pokemon, Davina Mccall. On oscille entre morceaux hard rock et ballades aériennes. Ca marche bien. Le final Chaise Longue, CPR, Mangetout casse la baraque.

On ressort euphorique et convaincu... Peut etre que le plus dur sera le 3ieme album...

A lire également Wet Leg à la Route du Rock, Fontaines DC au ZenithSorry à Petit Bain et au sommet de notre TOP 2022.


samedi 31 décembre 2022

Best of 2022 : le classement MRM des 10 meilleurs concerts


Encore une année assez géniale niveau concerts. Après 2 ans de chaos, on a enfin pu regouter à l'extase du Live sur une année presque pleine (reprise des concerts mi février 2022). Qu'est ce que ca fait du bien et comme c'est essentiel dans nos vies! 

Au sommet, on retrouve The Smile. Dans l'enceinte mystique du Théatre antique de Fourvière, Thom Yorke, Jonny Greenwood et Tom Skinner s'amusent et nous réjouissent. Leur bonheur de jouer retrouvé a rendu la soirée magique. 

Magique, comme la soirée passée avec les Rolling Stones à Lyon. Sous une canicule étouffante, les vieux rockeurs ont donné une démonstration magistrale et procuré des émotions intenses à un public conquis..

Autre légende, dans un registre différent, Tool a réuni sa Tool Army dans un Bercy incandescent. Superbe show visuel, superbe prestation et une aura incroyable...

Peter Milton Walsh est lui aussi légendaire et tellement précieux. L'intensité émotionnelle des concerts de The Apartments est tellement belle. Encore une soirée mémorable...

La nouvelle génération a également été à la hauteur des vieux briscards cette année, Fontaines D.C. est venu récolter à la Route du Rock les lauriers d'une progression constante vers les sommets alors que King Hannah nous aura impressionné la veille dans la petite salle de la Nouvelle Vague en ouverture de la RDR.

Eternels The Cure et Bob Dylan, à la hauteur de leurs légendes eux aussi, tandis que les #1 de notre top albums 2022, Sorry, auront enflammé la très petite scène du Pop Up du label. Pour conclure un trio impossible à départager : Midnight Oil pour leurs adieux, LIFE pour leur confirmation et Bed pour un retour inespéré et qu'on espère pérenne.

1. The Smile au Théâtre antique de Fourvière (8/6/22) 

2. The Rolling Stones au Groupama Stadium Lyon (19/7/22)

3. Tool à Bercy (12/5/22)

4. The Apartments à Petit Bain (14/3/22)

5. Fontaines D.C. à la Route du Rock (18/8/22)

6. King Hannah à la Route du Rock (17/8/22)

7. The Cure à Bercy (28/11/22)

8. Bob Dylan au Grand Rex (13/10/22)

9. Sorry au Pop-up du Label (15/10/22)

10. Midnight Oil au Théâtre antique de Fourvière (14/7/22)

10. LIFE au Point Ephémère (30/9/22)

10. Bed à l'Olympic Café (16/6/22)

Pas très loin du Top 10 : Aldous Harding et Yard Act à la Route du Rock, The Liminanas, Nick Cave, Trentemoller et Diiv à Rock en Seine, Wu-Lu à la Maroquinerie, Ride à l'Elysée Montmartre et Michel Cloup à Petit Bain.

A lire également le TOP 10 ALBUMS 2022 et les TOP précédents...

samedi 30 décembre 2023

Best of 2023 : le classement MRM des 10 meilleurs concerts


 Rien ne remplacera jamais les sensations procurées par la musique live jouées par des artistes bien humains... Ce sera au moins une place que l'IA ne prendra pas... En 2023, on aura, bien heureusement, eu droit à notre lot de grands moments en concert.

A commencer par les exceptionnels Young Fathers. Chacune des 3 prestations des écossais vues en 2023 à l'Elysée Montmartre, à la Route du Rick et à Rock en Seine furent incroyables... Ils ont une telle générosité sur scène, une telle intensité que leurs shows se transforment en grand messe chamanique...

Le Boss, lui non plus, n'a rien perdu de sa puissance et de sa force rassembleuse. 3 heures de concerts fédérateurs dans une Defense Arena acquise à sa cause et avec un E-Street Band impressionnant.

Les Pixies ont enflammé l'Olympia en plein blocage de la place de la Concorde au moment de la réforme des retraites tandis Cypress Hill a merveilleusement fêté les 30 ans de Black Sunday en débarquant sur la Grande Scène de Rock en Seine au pied levé, en remplacement de Florence and the Machine.

Sorry a défendu de mains de maitre sur la scène de Petit  Bain et à la Route du Rock son opus #1 de notre TOP 2022. Les #1de notre Top albums 2023, Bruit Noir ont plongé Petit Bain dans une réjouissante euphorie languissante tandis que le Pere Noel s'est rappelé à nos vieux souvenirs au Zenith.

Contre toute attente, Morrissey a effectué en retour en grâce à la Salle Pleyel, tandis que les Chemical Brothers ont rappelé à Rock En Seine que leur techno puissante et planante à la fois à peu d'égale. Enfin, Yo la Tengo à la Cigale/Route du Rock et Bdrmm au Point Ephèmère ont défendu une certaine idée de la déferlante guitares chère à nos oreilles.


MRM TOP 10 CONCERTS 2023 :

1. Young Fathers à l'Elysee Montmartre/la Route du Rock/ Rock en Seine

2. Bruce Springsteen à la Defense Arena

3. Pixies à l'Olympia

4. Cypress Hill à Rock en Seine

5. Sorry à Petit Bain/Route du Rock

6. Bruit Noir à Petit Bain

7. Noel Gallagher au Zenith

8. Morrissey à la Salle Pleyel

9. Chemical Brothers à Rock en Seine

10. Yo la Tengo à la Cigale/Route du Rock

10. Bdrmm au Point Ephémère


A lire également le TOP 10 Albums 2023

lundi 16 septembre 2024

King Hannah à la Maroquinerie (12/9/24)


Très clairement l'un des évènements de la rentrée que ce passage à Paris des liverpuldiens de King Hannah. On avait pris une grosse claque en les découvrant sur scène lors de l'ouverture de la Route du Rock 2022 à la Nouvelle Vague.

A l'époque de ce 1er album (I'm not sorry i was just being me), Hannah Merrick et Craig Whittle avaient cette capacité, si prégnante et intense de rendre l'atmosphère de trip hop moderne de leurs chansons. Entre mélancolie, intimité classieuse et déferlantes de guitares distordues, on était tombé sous le charme. Et que dire de cette voix envoutante, à la fois fragile et puissante... Un grand groupe en devenir...

Le second opus, Big Swimmer remporte également la mise mais dans un registre assez différent du 1er. Le duo a du écouter en boucle, dans le tour bus de leur 1er tournée US le Spiderland de Slint (ils citent eux memes cette référence sur Lily Pad...). On retrouve sur ce second LP les mêmes moments aériens inquiétants, presque anxiogènes, précédant des passages bruitistes libérateurs sauf que les King Hannah rendent cette façon de faire élégante et classieuse lorsque leurs ainés de Slint la projetaient de manière brute, non polie et impulsive...


La voix d'Hannah est pleine de nuances et pétrie d'une force intérieure saisissante. On adore le jeu de guitare de Craig, les soli, loin d'être une démonstration technique, sont au contraire remplis d'émotions et d'une urgence qui prend aux tripes... Un disque indispensable...

Sur scène, King Hannah ne décoit pas, bien au contraire. quelle audace de commencer le concert par Somewhere near El Paso, inquiétante comptine qui se transforme en explosion sonique sous l'impulsion de la guitare de Craig. Le trippant et presque psychédélique The Mattress nous conquit. Des le second morceau on sait que ce concert va etre exceptionnel. Hannah nous donne des frissons avec sa voix lascive et ses tenues de notes d'une telle beauté, surfant sur la distorsion de la guitare... 

Dès la fin de ce second morceau, la chanteuse indique que c'est son concert préféré de la tournée... Déjà... Il se passe quelque chose... L'ambiance Slintienne se poursuit avec Milk Boy avant que le seul morceau du 1er LP joué ne débarque avec Go Kart Kid... Surprenant ce choix de passer à la trappe leur 1er effort pour jouer, au final, la quasi intégralité de Big Swimmer. Un groupe qui ne regarde pas derrière lui?...


Petit moment d'accalmie avec This wasn't intentional et John Prine, 2 chansons douces quasi americana avant le retour aux ambiances inquiétantes, bien que douces en surface, avec Suddenly your Hand, un autre sommet de Big Swimmer. 

La fin du concert sera plus pop sur des tempos rock  (New Yok let's do nothing, Davey says), King Hannah confirmant ses racines pop profondes. Le rappel se fera sur le morceau d'ouverture du second album et qui lui donne son nom : Big Swimmer, chanson pop de l'année... ou pas loin...

Hannah, apparemment très émue dira qu'il s'agit probablement de son meilleur concert, ever... La présence, touchante, de ses parents dans le public de la Maroquinerie (sur les escaliers juste en face de la scène, plein axe) y est surement pour quelque chose.

Des soirées comme on aimerait en vivre plus souvent...

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