lundi 26 août 2019

Peter Cat Recording Co à Rock en Seine (24/8/19)


Oubliez Cure, Johnny Marr, Foals and co, la sensation de Rock en Seine 2019 était un groupe indien venu de New Delhi au nom improbable: Peter Cat Recording Co...

Après une première journée avec les très bon concerts de Jonny Marr (ex The Smiths) aux arpèges de guitare toujours aussi soyeux et la techno martienne de Kompromat (nouveau projet de Vitalic et Rebeka Warrior) et un show The Cure dans une marée humaine un peu trop dense, empêchant de complètement rentrer dans le concert, le samedi à Rock en Seine s'annonçait périlleux...

En effet, aucun groupe de Rock au programme, un comble pour ce festival après 16 ans d'existence... Une première... Heureusement, au milieu des nouveautés RnB qui ne nous parlent pas beaucoup, un groupe venu de nulle part aura transformé notre soirée!

Le groupe commence avec son tube d'entrée "where all the money flows", ballade surannée et intemporelle qui fait à la fois très année 50 et très moderne. Et c'est bien ce qui est bluffant avec ce groupe, c'est cette capacité de passer d'un style à l'autre avec une décontraction et une aisance sidéreante. on passe d'une comptine année 50 à un space jam psychédélique improbable à un funk joyeux et débridé tout droit sorti du Detroit des années 70 (Memory Box).

C'est fou, les 5 indiens mélangent allègrement des pans entiers de la musique occidentale tout en y ajoutant leurs propres influences, le tout sublimé par la voix de crooner du chanteur, Surayakant Sawhney au timbre envoutant.

Par moments, on se croirait dans un film de David Lynch tant le déroulé semble étrange, inattendu et surprenant... Commencé avec peu de spectateurs, le concert se finit avec une foule importante et une fosse où tout le monde danse avec ce bonheur frais qui fait du bien... Ca fait longtemps que l'on avait pas pris une telle claque surprise à Rock en Seine!

Peter Cat Recording Co est un grand groupe en devenir! Ils sont capables de tout et pourraient deventir une sorte de mélange indien de Radiohead et Arcade Fire... On parie sur eux !

Actifs depuis 2009, le groupe a été déniché en Inde par le label français Panache qui, après une compilation du groupe vient de sortir leur nouvel album, le très ensoleillé Bismillah, à écouter de toute urgence!

ps: on a meme eu la chance de se retrouver à coté du groupe dans la fosse de Rock en Seine le dimanche durant le concert de Deerhunter, des hommes de gout c'est indéniable ;-)

mardi 30 avril 2019

Troy Von Balthazar à la Maroquinerie (29/4/19)


3 ans que l'on avait plus eu l'immense plaisir de voir sur scène le fabuleux Troy Von Balthazar, enfin de retour à Paris, sur la scène de la Maroquinerie pour défendre son 5ième album: "it ends like crazy"!

Voir Tvb en concert, c'est un sentiment très spécial, vraiment à nul autre pareil. Troy dégage une telle énergie positive et rassurante que l'on se croirait dans son salon, entouré de ses amis et en ayant le bonheur d'apprécier un moment rare d'échange et de communion…

Lorsque l'on connait tous les sacrifices auxquels l'artiste a consenti pour vivre pleinement sa passion en dehors de tout schéma mercantile, on sait à quel point ce genre de soirée est précieuse et rare! Troy respire la sincérité et il en est extrêmement touchant.

Comme à son habitude depuis la tournée de 2012 pour soutenir "is with the demon", Troy se produit seul sur scène et construit la plupart de ses morceaux à l'aide de pédales de loops. La nouveauté réside en la présence de 2 synthétiseurs, qui occupent d'aileurs une place prépondérante dans son dernier effort enregistré.



Tvb a présenté en version assez dépouillée plusieurs pépites de "it ends like crazy", comme le surprenant "Lullaby for psycho" métamorphosé dans une version guitare voix qui gagne en émotion, ou encore Hell ou Filthy Days. Ce 5ieme album, que Troy a composé et enregistré seul, tel un Hermite, en plein milieu de la creuse, n'est pas facile à appréhender car gorgé d'arrangements lofi qui consacrent une sorte de symphonie pastorale de chambre. On perd un peu en émotion pure ce que l'on gagne en nuances et en palettes de sentiments. C'est un disque qui mérite un temps certain de digestion pour livrer toutes ses promesses (rafraichissantes et enthousiasmantes). En live ces chansons expriment une immédiateté surprenante et nous rappellent le talent indéniable de leur auteur…

Tvb puisera dans chacun des ses superbes albums solo les classiques de son répertoire qui auront, bien sûr, ravi l'assistance: "heroic little sister", 'i block the sunlight out" (LP1), le magique et oublié "very very famous" (pépite du 2nd LP), l'immanquable "The Tigers" à cappella, "Tropical" (enregistré dans la cuisine de Leonard Cohen) et "white sail boat" (LP3) ou encore Astrid (LP4)…

Que du bonheur, pour une soirée inoubliable que l'on aurait voulue interminable!

A lire également Tvb au Supersonic et au point Ephémère (2012, 2010).


samedi 6 avril 2019

Bruit Noir et Michel Cloup Duo au Café de la Danse (5/4/19)


Pouvait-on espérer soirée plus alternative que ce cette double confrontation Bruit Noir / Michel Cloup Duo au Café de la Danse hier soir? Dans un monde aseptisé et sous chloroforme ou plus rien ne doit dépasser de la masse sous peine d'etre rasé gratis, il faut chercher pour trouver aussi décalé, lucide et revigorant que cette doublette de duos!



Bruit Noir, le side project du leader de Mendelson, Pascal Bouaziz, vient de sortir un second opus, II/III, radical, tranchant et sans concession. Sur des rythmiques synthétiques élaborées par son acolyte Jean-Michel Pirès, Pascal Bouaziz nous délivre des monologues percutants et qui laissent sans voix!

D'aucuns trouveront ce hip-hop slammé cynique et rempli d'une méchanceté gratuite alors qu'en fait les textes de Pascal Bouaziz sont d'un humour noir jouissif et brillant! En live, on est entrainé et on ne peut refréner un petit rictus amusé sur nos visages à l'écoute des paroles. Franchement c'est génial! Il faut écouter l'Europe, Paris, le Succès! c'est cruel mais tellement vrai et delivré avec la dose d'humour qui rend le tout imparable!

Le seul reproche à faire à ce concert est le fait d'avoir été trop court (40 mn), la faute à un couvre feu parisien trop hatif... Pascal Bouaziz s'en ait d'ailleurs beaucoup amusé lors des fameux intermèdes qu'il illumine entre les morceaux. Il devrait d'ailleurs s'essayer au Stand Up, il a l'humour et le charisme pour faire un carton en la matière! Oui dans un monde idéal Bruit Noir aurait du succès et ce monde serait forcément beaucoup mieux pour le paraphraser...



Après cette ouverture parfaite, Michel Cloup Duo a delivré un set solide, presque uniquement constitué des pièces du tout nouvel album sorti il y a une semaine, Danser sur les ruines... On n'a pas encore eu le temps de digérer complètement l'opus mais on apprécie sincèrement la volonté de se réinventer sur ce disque en introduisant plus de sons electro, de synthés et de groove en général, avec même des textes positifs pour tenter de nous projeter dans une sorte d'utopie au delà du marasme actuel.

En live, l'utilisation de pédales de loop et de sons préenregistrés donne du volume à l'ensemble, ca pète pas mal! Là encore, on aurait aimé un peu de rab, et même si le plaisir de découvrir l'album en entier en live est grand on aurait aimé retrouver quelques perles des disques précédents (Minuit dans tes bras, la classe ouvrière s'est enfuie...).

On notera l'idée originale et bien sentie, de laisser un artiste peintre dessiner une immense fresque dans le fond de la scène pendant le concert. Un mariage réussi!

Une soirée qui fait du bien, tout simplement!

A lire également Michel Cloup à la Maro en 2016 dans notre Top 10 2016 et 2014.

samedi 29 décembre 2018

Best of 2018 : Le classement MRM des 10 meilleurs concerts


Dans le rétro 2018, une nouvelle année pleine de joie et de belles soirées dans les salles obscures ou en plein air...

Les Young Fathers trônent sur notre classement 2018 grâce à une prestation sauvage et électrisante au Badaboum. Une ambiance de feu et l'impression de voir quelque chose de vraiment spécial... La bête de scène Liam Gallagher a retrouvé de sa superbe en prenant son envol en solo. Concentré et généreux comme rarement depuis 10 ans il nous a gratifié de 2 grosses performances d'abord dans le cadre cosy de l'Olympia puis dans celui plus bucolique de Rock en Seine. Le son Nine Inch Nails est toujours aussi puissant et défini sur scène et lorsque Trent Reznor est en forme, le combo a peu de rivaux sur scène.

Les Puts Marie, roi de notre top Albums 2018, démontrent en live toute l'étendue de leur palette et fascinent toujours autant. LANE et Dead Pop Club ont réchauffé notre automne quand Anna Calvi nous a fait frissonner en plein mois d'aout. Johnny Marr nous a émerveillé à la Gaité Lyrique et nous faisant nous demander pourquoi il avait attendu tout ce temps pour devenir frontman. Anton Newcombe aura tout donné et fini littéralement épuisé pour perpétrer la légende BJM. Bertrand Cantat aura ravi ses fans heureux de ne finalement pas être empêché de le voir sur scène. Enfin Seefeel aura redoré le blason d'un monument oublié des 90s...


MRM TOP 10 CONCERTS 2018

1. Young Fathers au Badaboum (12/4/18)
2. Liam Gallagher à l'Olympia et Rock en Seine (2/3/18 et 25/8/18)
3. Nine Inch Nails à l'Olympia (25/6/18)
4. Puts Marie à Petit Bain (13/11/18)
5. LANE et Dead Pop Club à la Boule Noire (8/11/18)
6. Anna Calvi à Rock en Seine (25/8/18)
7. Johnny Marr à la Gaité Lyrique (24/5/18)
8. Brian Jonestown Massacre à la Cigale (20/9/18)
9. Bertrand Cantat au Zénith (7/6/18)
10. Seefeel à Petit Bain (24/11/18)

A lire également le MRM TOP 10 Albums 2018

samedi 15 décembre 2018

Best of 2018 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums



C'est donc dans la confusion des derniers mouvements sociaux que 2018 se termine... 2019 sera encore une année au potentiel explosif... Au niveau musical, les artisans de la musique enregistrée continuent de nous livrer de belles oeuvres qui nous étonnent, nous réconfortent ou nous interrogent... C'est le pouvoir essentiel de ces disques, de ces essais de captation d'un sentiment, d'une humeur, d'une intention que de raviver en nous cette petite flamme qui nous anime...

2018 aura été une année musicale chargée de notre coté avec la belle aventure de l'enregistrement du second LP d'Amain Armé aux mythiques studios Black Box près d'Angers. Une belle rencontre avec Peter Deimel, le maitre des lieux, qui nous aura aidé à magnifier ces quelques chansons. Après avoir travaillé avec Steve Albini sur le disque précédent c'était une évidence que de travailler avec Peter sur la suite... A entendre en 2019... ;-)

C'est justement un autre disque enregistré par Magic Peter au Studio Black Box qui nous aura bluffé cette année. Avec "Catching Bad Temper", les 5 Suisses de Puts Marie auront éclairé notre année. Un album fascinant qui mélange avec grace jazz, rock atmosphérique et hip-hop dans une synthèse encore rarement entendue... Superbe.

Les Canadiens de Suuns continuent de dépouiller leurs chansons pour se rapprocher le plus près possible de l'essentiel. Ils sont désormais tout près de l'os. Le rendu à la fois complexe et évident, chaleureux et glaçant, est le pur reflet de nos temps modernes...

L'éternel Johnny Marr s'est enfermé en studio en 2017 pour s'isoler des traumatismes du Brexit et nous livrer une oeuvre cathartique. De belles mélodies, une voix pop entrainante, un état d'esprit conquérant, tout ce dont on avait besoin cette année...

La nouvelle livraison de Kim Deal et de ses Breeders, 10 ans après le dernier service, nous rappelle que le rock indé est avant tout une histoire de savoir faire, d'envie et de fraicheur à préserver (on n'a pas dit jeunesse). Un album enregistré dans plusieurs studios avec pas mal d'overdubs à Electrical Audio...

Alexandre Varlet a laissé la chance à la lumière d'à nouveau éclairer ses très belles chansons d'un clair obscur chaleureux. Avec "Soulage", il nous livre un disque aux mélodies fragiles et envoutées qui touchent droit au coeur.

Les Young Fathers épurent leur propos et déroutent avec un 4ième LP toujours porté par une ambition avant-gardiste. Beach House se renouvèle et enthousiasme de nouveau avec une dream pop noire qui réveille notre curiosité. Les lyonnais de Zëro reviennent avec un disque céleste bien que moins accessible que son prédécesseur (notre #1 de 2016).

Les américains de The Spirit of the Beehive réussissent à amener de la grâce dans leur pop songs un peu crades et décadentes. Les jeunes parisiens d'En Attendant Ana raniment la flamme pop indé de feu Sarah Records et enthousiasment nos oreilles avec un premier essai qui aura su convaincre l'exigeant label de Chicago Trouble in Mind. Enfin, Same Waves fut la bonne surprise de cette fin d'année avec leur dream pop qui nous fait penser à des Cocteau Twins évadés dans un monde synthétique...

MRM TOP 10 ALBUMS 2018:

1. Puts Marie : Catching Bad Temper (Yotanka)
2. Suuns : Felt (Secretly Canadian)
3. Johnny Marr : Call the Comet (Warner)
4. The Breeders : All Nerve (4AD)
5. Alexandre Varlet : Soulage (Les Disques du 7ième Ciel)
6. Young Fathers : Cocoa Sugar (Ninja Tune)
7. Beach House : 7 (Sub Pop)
8. Zëro : Ain't that Mayhem (Ici d'ailleurs)
9. The Spirit of the Beehive : Hypnic Jerks (Tiny Engines)
10. En attendant Ana : Lost and Found (Montagne sacrée/Trouble in Mind)
10. Same Waves : Algorithm of Desire (Flau)

Pas loin du Top 10 :  The Coral, BRMC, Romain Humeau, It it Anita, Idles, Ana Calvi, Shame, Drinks...

MRM TOP 3 SONGS 2018

1. Suuns : Make it real
2. Shame : One Rizla
3. The Liminanas : Dimanche

A suivre : le MRM TOP 10 Concerts 2018. A relire les tops 2017, 2016, 2015

lundi 26 novembre 2018

Seefeel à Petit Bain (24/11/18)



25 ans après la sortie de l'ovni "Quique", Seefeel rompt un silence de plusieurs années pour célébrer en live, à Petit Bain, l'anniversaire d'un disque avant-gardiste et ambitieux en 93 et comme par magie toujours aussi beau en 2018.

Quand on ré-écoute Quique aujourd'hui, on est stupéfait par l'intemporalité qui ressort de ce monument. Entre shoegaze et electronica, Seefeel avait réussi la prouesse de marcher sur les plates bandes d'Aphex Twin version "selected ambient works" tout en propulsant le rock à guitare dans une sphère éthérée, romantique et  dissolue…

En live, 25 ans après la magie opère toujours, ces canevas sonores vaporeux n'ont pas pris une ride. Mieux encore, l'apport d'une section rythmique précise et groovy à la fois apporte une vraie tension narrative aux guitares évaporées de Mark Clifford et à la voix diaphane de Sarah Peacock. C'est totalement envoutant, on est pris dans un élan réveur.

Quelques nappes ou beats passent dans des bandes mais la majeure partie de la musique est bien créée en live par les 4 laborantins (2 guitares, basse, batterie) et ca c'est qui étonne le plus. Le rendu est vraiment unique, un vrai mélange electronica/shoegaze/dream pop. On se dit qu'en 93, rendre cet album en live vu l'état de la technologie à l'époque (sampler analogique, pas de laptop…) devait être une prouesse insensée… C'est en celà que Seefeel était en avance sur son temps.

Pour la petite histoire, la sortie de "Quique", leur premier album tout de même, sur le label Too Pure, leur permit d'être le 1er groupe à guitares a signé sur le cultissime label d'électronica de Sheffield : Warp Records (qui avait bien sûr déjà dans son écurie Aphex Twin pas pas encore Boards of Canada…). Ils ont ouvert la voie...

A lire également quelques Best Song Ever sur Warp : Autechre, Boards of Canada, Aphex Twin, Prefuse 73 ou encore l'apport de Warp dans les années 2000.

dimanche 25 novembre 2018

Les Breeders et Disco Doom au Trianon (21/11/18)



Les Breeders version Last Splash (avec Kim, Kelley, Joséphine et Jim) étaient de passage au Trianon dans le cadre de la tournée de leur excellent nouvel opus "All Nerve". Preuve de leur bon gout, les Breeders ont invité les géniaux Disco Doom sur leur tournée européenne, une raison de plus pour ne pas louper la soirée!

Ce concert était également l'occasion de revoir Sylvie et Magic Peter (Peter Deimel), 3 semaines après le mixage du second album d'Amain Armé aux mythiques studios Black Box. Quel plaisir! ;-) Au détour de la conversation, on apprend que Peter a filé un coup de main aux Breeders pour la réalisation artistique de leur passage à l'émission de Canal Plus "Album de la semaine" en janvier dernier (on peut le voir au début de la séquence régler un ampli avec Kim...). Quel talent!

En première partie, on découvre les suisses de Disco Doom. Décidément, après la claque made in Switzerland la semaine dernière avec Puts Marie, on en reprend une seconde de la part de nos voisins aux ressources insoupçonnées... Disco Doom joue un rock alternatif bricolé (mais seulement en apparence) totalement envoutant. Une sorte de Dinosaur Jr un peu plus lent et totalement aérien. On sent le souci du détail et  de l'ouvrage bien fait. Tour à tour pop, noisy, planant, enragé, Disco Doom se rend vite indispensable! On s'attache très vite à leur univers singulier et pourtant si familier! A revoir très vite en tête d'affiche!

Après la Gaité Lyrique l'an dernier et le Vic Theater à Chicago en mai c'est donc la 3ième fois que l'on voit l'équipe des soeurs Deal à l'oeuvre en quelques mois. Et c'était certainement leur meilleure prestation, meme si on avait adoré les reprises des très bons The Amps (side project de Kim et Jim de 95) à la Gaité Lyrique. Quasiment tout Last Splash y sera passé, ce qui n'est pas pour déplaire au public et il est clair que les nouveaux morceaux ne détonnent vraiment pas dans ce set-list de haute volée... Et il y a toujours ce "Happiness is a warm gun" (reprise des Beatles présente sur le 1er album Pod, celui enregistré par Steve Albini), un grand moment de plaisir où les voix des soeurs Deal cassent la baraque!

Une superbe soirée!

A lire également les 20 ans de Last Splash.

vendredi 16 novembre 2018

Puts Marie à Petit Bain (13/11/18)



Voir jouer un groupe pour la 1ere fois est toujours une expérience enivrante… Encore plus lorsque ce groupe, Puts Marie, vient de sortir l'un des tous meilleurs albums de l'année…

Avec "Catching Bad Temper", leur nouvel album sorti il y a quelques semaines par le très estimable label nantais Yotanka, les 4 grands Suisses épatent avec leur mélange ciselé et enthousiasmant de hip-hop, de jazz et de rock atmosphérique. Cet album a été enregistré par Peter Deimel aux mythiques studios Black Box près d'Angers, qui décidément étaient the place to be cette année avec les enregistrements de nombreuses pépites (Puts Marie, Lysistrata, Amain Armé... ;-) )

Sur la scène de Petit Bain, Puts Marie, repousse les limites du groupe à guitares (guitare-basse-batterie-claviers) en réussissant à installer une ambiance singulière sur presque chaque morceau. Le phrasé hip-hop impérial de Max Usata surprend et insuffle une classe folle à des morceaux souvent bercés par un jazz érudit magnifiquement mené par une guitare espiègle et une section rythmique au diapason.

La bizarrerie de certains sons de synthés en remet une couche pour au final s'incorporer à merveille dans un tout hors norme et séduisant! En un peu plus d'une heure, Puts Marie aura embarqué le public dans un voyage fascinant dans des contrées lointaines avec peut-être comme point d'orgue la place Garibaldi à Mexico City (la chanson Garibaldi et son final hypnotique à la limite du drone).

Un grand Groupe pour une soirée dont on se souviendra!

vendredi 9 novembre 2018

LANE et Dead Pop Club à la Boule Noire (8/11/18)


C'est heureux comme le hasard peut bien faire les choses de temps en temps... Quelques jours après avoir passé du temps aux mythiques Studio Black Box près d'Angers avec Amain Armé pour le mixage du second LP, on a la chance de retrouver à la Boule Noire le rassemblement de 2 fleurons historiques de la scène angevine sous le doux nom de LANE (Love and Noise Experiment) avec les non moins excellents franciliens de Dead Pop Club en ouverture...

On a donc assisté au premier concert parisien du tout nouveau groupe LANE, composé de 2 anciens membres de l'un des plus mythiques groupe de rock Made in France, Les THUGS, avec Pierre-Yves et Eric Sourice et de 2 anciens membres de Daria, Etienne et Camille Belin, le quatuor étant complété par une dose de fraicheur avec le fils de Piwi : Félix.

Seulement riche d'un EP 4 titres sorti en juin sur le label d'Eric Sourice, Nineteen Something, qui vient de terminer de très belles rééditions vinyles des légendaires albums des THUGS, LANE présente sur scène ces quelques titres avec en supplément une bonne partie des titres de leur premier album à sortir en février.

L'ambiance est bon enfant et on ressent invariablement l'attente qu'une telle union peut susciter. Dès les premières notes, quel plaisir de ré-entendre la voix des THUGS, Eric Sourice n'a rien perdu de sa ferveur et son timbre de voix si particulier, si familier, nous prend toujours autant aux tripes. Dans l'ensemble c'est très mélodique, avec cette énergie rock sans fard du rock à guitares qui tente de percer la nuit par sa chaleur et son allant. Le tout est très convaincant et on prend plaisir à se lover dans ce rock nineties qui n'a pas pris une ride et qui sonnerait presque neuf dans le marasme mondial ambiant...

Une très belle prestation qui donne envie d'entendre l'effort discographique à venir.



On n'oubliera pas de citer la prestation bluffante de générosité et d'intensité des franciliens de Dead Pop Club en ouverture. Le quatuor, qui a déjà à son actif 4 albums de punkrock racé, emporte tout sur son passage avec l'énergie et le don de soi des plus grands. Ca va vite, ca fonce, ca embarque son auditoire dans une cavalcade jubilatoire! Un des trésors cachés du Rock Made in France!!! Un 5ieme LP serait dans les tuyaux pour 2019, on a déjà hâte!

Une belle soirée d'automne qui regonfle à bloc, c'est ça la magie du Rock!

jeudi 28 décembre 2017

Best of 2017 : le classement MRM des 10 meilleurs concerts



Après le TOP 10 ALBUMS 2017, On termine l'année en beauté avec les meilleures sensations ressenties en live cette année. On ne s'en passera jamais, les concerts procurent de telles émotions qu'ils jalonnent notre année et en deviennent un véritable point de repère, une sorte de boussole indispensable pour se frayer un chemin dans ses années que d'aucuns qualifient de "sombres"... L'échange entre artistes et public, cette lumière intense qui illuminent nos trajets...

En 2017, on n'attendait pas grand chose de la reformation des Guns 'n' Roses avec le line-up historique (Axl, Slash, Duff) et on a pris un pied monumental. Mélange de souvenirs de jeunesse, d'hystérie collective et de joie de profiter du moment avec des proches, ces 3 heures de show enchantèrent leur monde... Un régal.

Revenu de nulle part lui aussi, Liam Gallagher retrouve la foi, cette présence et cette hargne communicative qui touchent juste par leur authenticité et leur sincérité! Sur la scène de la version une parisienne du Lollapalooza, Liam a haut la main montré qu'il était encore un performer incroyable!

A l'Olympia, James Murphy réussit la prouesse de faire danser tout en gardant une certaine intimité avec son public. 7 ans d'absence et une joie partagée de faire ré-étendre un répertoire qui n'a pas pris une ride.

Jesus and Mary Chain à Rock en Seine sur la scène de la Cascade, avec un son dantesque et des larcens tourbillonnants ca restera un moment d'extase inoubliable. Le lendemain soir sur la scène du bosquet, le duo de lads, Sleaford Mods, a réussi un véritable hold-up. Jason Williamson a une gouaille incroyable, il remplit la scène à lui tout seul sous le regard complice de son compère qui, bière à la main, se dandine après avoir appuyé sur start pour lancer la musique... incroyable vision... A la punk, les Sleaford Mods cassent la baraque!!!

Meme si sur disque on a pas été emballé, en live les Prophets of Rage déversent une telle énergie qu'ils mettent le feu à un Zenith conquis! Les numéros un  de notre Top Albums 2017, les Ropoporose nous auront embarqué à Petit Bain dans leur univers foisonnant où l'on adore se perdre.

Dj Shadow nous avait mis une vraie baffe à l'Elysée Montmartre et on pensait tenir un top 3, c'est pour dire le niveau cette année. Les Insus terminant triomphalement leur retour improbable au Stade de France et c'était un pan de l'histoire du rock en France à ne pas louper, tout comme les venues en France de Damon Albarn au Zenith avec Gorillaz ou Ride au Pitchfork...

Beaucoup de groupes très expérimentés et qui maitrisent la scène dans notre TOP 10 Concerts 2017 : une surprise en soi?

MRM TOP 10 CONCERTS 2017

1. Guns 'n Roses au Stade de France (7/7/17)
2. Liam Gallagher à Lollapalooza (23/7/17)
3. LCD Soundsystem à l'Olympia (14/9/17)
4. Jesus and Mary Chain à Rock en Seine (25/8/17)
5. Sleaford Mods à Rock en Seine (26/8/17)
6. Prophets of Rage au Zenith (10/11/17)
7. Ropoporose à Petit Bain (4/4/17)
8. DJ Shadow à l'Elysée Montmartre (20/6/17)
9. Les Insus au Stade de France (15/9/17)
10. Gorillaz au Zenith (25/11/17)
10. Ride au Pitchfork (2/11/17)

Pas loin du TOP 10 : PJ Harvey à Rock en Seine, Thurston Moore au Café de la Danse, The Radio Department à la Maroquinerie, Metallica à Bercy, Slowdive à Rock en Seine, Paul Kalkbrenner à Cannes, Drinks au Point Ephémère...

A lire également le TOP 10 ALBUMS 2017 et les classements 2016 et 2015

samedi 16 décembre 2017

Best of 2017 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums


Une nouvelle année qui se termine et qu'on a pas vu passer... En 2017, beaucoup de bons disques mais un choix final très compliqué car aucun disque ne s'est vraiment détaché du peloton. Mais il faut bien une image arrêtée pour satisfaire au rituel du classement MRM des 10 meilleurs albums, alors lançons nous...

Cette année, la palme revient, comme souvent en ces pages, aux artisans qui livrent une oeuvre pleine de passion, d'authenticité et d'une certaine candeur réjouissante... Tout ce que l'on retrouve dans le second album du duo familial vendomois Ropoporose. Avec Kernel, Foreign Moons, Pauline et Romain nous livrent une disque exquis, tout à la fois raffiné, tendu et explosif. Le son de la batterie (très albinesque) est dantesque et propulse littéralement les guitares et la voix dans une stratosphère sonore pleine de groove et de puissance... Un régal d'album

En tentant pas mal d'expérimentations sonores,  The National, sort enfin un grand disque audacieux qui souffle un vent frais et envoutant sur des compositions toujours aussi mélodiques et recherchées.

Steve Albini a encore fait des merveilles cette année, et cette fois sur le son du "strange peace" de Metz (non pas la ville franaçaise mais le groupe canadien de punkrock/noise) qui ravage tout sur son passage.

On voit dans le duo (tiens encore un) Mount Kimbie, de dignes successeurs de Boards of Canada. "Love what survives" émerveille et rend la journée plus douce. Liam Gallagher revient enfin à ce qu'il sait faire de mieux : des blagues désopilantes sur twitter... et du rock brut et direct avec cette gouailles, cette nonchalance et ce petit supplément d'âme qui en fait un frontman unique.

James Murphy a réussi à nous rappeler pourquoi on avait été un fan de LCD Soundsystem depuis ses tout débuts avec "Losing my Edge", chose que le patron de DFA n'arrive définitivement pas à faire... Godspeed You Black Emperor revient avec un album lumineux dont chaque écoute crée sa propre expérience...

En terme de raffinement et de souplesse pop, Grizzly Bear trace sa route et démontre avec "Painted Ruins" qu'éxigence peut rimer avec succès populaire : réconfortant. King Krule, qui nous rappelle le Tricky Kid des débuts, nous fascine avec un LP qui ne ressemble à aucun autre. L'éternel Thurston Moore rallume la flamme de Sonic Youth tandis que St Vincent provoque tout en retrouvant un élan mélodique perdu sur son précédent album.

MRM TOP 10 ALBUMS 2017:

1. Ropoporose : Kernel, Foreign Moons (Yotanka)
2. The National : Sleep well beast ( 4AD)
3. Metz : Strange Peace (Subpop)
4. Mount Kimbie : Love what survives (Warp)
5. Liam Gallagher : As you were (Warner)
6. LCD Soundsytem : American Dream (DFA)
7. Godspeed You Black Emperor : Luciferian Towers (Constellation)
8. Grizzly Bear : Painted Ruins (Warp)
9. King Krule : The ooz (XL)
10. Thurston Moore : Rock'n'roll Cousciousness (Matador)
10. St Vincent : Masseduction (Loma Vista)

Pas loin du Top 10 : Mogwai, Slowdive, Gorillaz, Jesus and Mary Chains, The Horrors, Kori, Algiers, Ride...

MRM TOP 5 SONGS 2017:

1. Ropoporose : None
2. Gorillaz : Andromeda
3. Algiers : Underside of Power
4. Queens of the Stone Age : Feet don't fail me now
5. Liam Gallagher : Chinatown

A suivre le MRM TOP 10 CONCERTS 2017, et à relire les classements 2016, 2015...


jeudi 26 octobre 2017

St Vincent au Trianon Paris (24/10/17)



Le retour d'Annie Clark, alias St Vincent à Paris au Trianon pour la promo de son nouvel opus, Masseduction, a clairement créé la polémique! En nous obligeant à nous interroger sur notre rapport au live dans notre monde ultra-connecté, St Vincent lance un pavé dans la mare...

Après 3 premiers disques d'un pop sophistiquée où la chaleur et la proximité dominaient, St Vincent s'est lancée en 2014 dans une approche artistique plus poussée où l'image, la chorégraphie et la posture se mélangent à la musique pour créer une oeuvre complète... Le détachement et la froideur en résultant nous avait un petit peu éloigné d'Annie. Avec Masseduction, St Vincent persiste dans une voie électronique et synthétique mais en y insufflant une dose de pop qui radoucit et ensoleille le propos.

Après avoir dénoncé nos vie ultra-connectées dans son LP éponyme précédent , l’américaine évoque sur Masseduction (à la pochette très provocatrice) ses rapports à la séduction au pouvoir et au media dans le contexte de nos sociétés consuméristes... Et pour étayer son propos, St Vincent se produit seule sur scène. Sur un backing track elle chante et joue de la guitare...

Expérience déroutante pour les amoureux de performance live... Assiste-t-on à un super Karaoké ou à un live show d'un nouveau genre? La première partie du show où sont interprétés des extraits des 4 premiers albums nous laisse perplexe. Sans aucun jeu de scène et peu de jeux de lumières, Annie se contente de changer de place sur la scène à chaque titre... Les chansons y perdent de leur spontanéité et disons même de leur magie... C'est la déception...

La seconde partie du spectacle tournera autour de Masseduction joué dans son intégralité. Avec l'appui de l'immense écran derrière elle, le show prend une autre tournure et le coté synthétique et programmé des morceaux rend leur interprétation dans ce contexte plus naturel (si on peut le dire).

Au final, on sors du Trianon avec un sentiment bizarre. En tant qu'amoureux du son et du lien organique entre un artiste et son audience on repart frustré. Cependant, la prise de risque et la volonté de St Vincent de bousculer et de faire réfléchir son public dans le cadre d'une oeuvre globale force le respect...

A lire également St Vincent à la Cigale en 2014 et au Café de la Danse en 2011

mardi 25 juillet 2017

Liam Gallagher, Pixies, Alt-J et les Red Hot à Lollapalooza Paris (23/7/17)


La franchise mondiale Lollapalooza a donc fait son arrivée sur les bords de la Seine en juillet 2017. Ancien festival itinérant façon artisanal lancé par Perry Farell  pour partir en tournée avec son groupe, Jane's addiction, et fédérer une partie du rock indé US au début des années 90, Lollapalooza est désormais une grosse machine propulsée par le Géant Live Nation!

On est à  mille lieues de la petite sauterie entre amis des débuts. Ici les moyens sont colossaux et la prog à tomber : en une journée Liam Gallagher (grands débuts en solo cette année), les Pixies, Alt-J, IAM, les Red Hot Chili Peppers... On croit rêver...

Le site de l'hippodrome de Longchamp n'a pas beaucoup de charme comparé au Parc de Saint Cloud et la circulation vers les 2 scènes alternatives était clairement un calvaire, mais dans l'ensemble c'était très solide ce premier round...

Et enchaîner Liam Gallagher et les Pixies, sans aucune transition fut une expérience assez bluffante! Le dernier né des Gallagher bros a assuré! Ses premiers morceaux en solo déchirent en live (Bold, Greedy Soul, Wall of Glass, Chinatown), c'est incisif et plein de l'aura du chanteur d'Oasis qui semble avoir retrouvé la flamme après les errements Beady Eye.

Car en terme de presta sur scène, Liam est une vraie bête! Il a ce truc sauvage de passionné. Très pro du début à la fin, on le sent très concentré et pleinement dans l'énergie. On dirait presque qu'il joue une partie de sa vie sur ces prestations, comme si il sentait qu'il devait reconquérir son public! Et ca marche... Et quel plaisir de ré-entendre la fougue de titres cultes d'Oasis comme Rock'n'Roll Star (il n'y a que Liam qui puisse chanter ça en restant crédible une minute); Morning Glory; Slide Away... Et contrairement à Noel, Liam replace sur la carte l'album honni, Be Here Now , celui qui sonna la fin de l'age d'or du groupe, mais qui fait partie intégrante de l'histoire éclatante de ce combo de lads qui conquit le monde avant de se vautrer dans une fin d'empire chaotique et grandiloquente sous influence de la poudre blanche (Do you know what i mean et Be Here Now)...

Un final avec un Wonderwall guitare/voix, comme un pied de nez à son frère, qui aimait à la grande époque, reprendre ce titre seul en scène avec sa guitare acoustique au moindre écart du chanteur!

Moins d'une minute après la fin du set de Liam, débarquent les Pixies sur la scène adjacente, et là encore c'est une tuerie! Franck Black est en grande forme et a décidé de tout balancer aujourd'hui (le concert est filmé). 1 heure dantesque sur les chapeaux de roue, sans temps mort. 19 chansons balayant tout le spectre Pixies, avec beaucoup de Doolitlle (Debaser, Monkey, un Hey fabuleux, Wave...) et 5 extraits du dernier (bon) LP en date. Super moment...

On terminera la soirée sur un bon Alt-J, mais bizarrement placés sur la petite scène alternative inaccessible, pour constater que les Red Hot Chili Peppers en live c'est effectivement super efficace. Les gars sont de très bons musiciens, c'est indéniable, mais c'est presque dans les moments de lâchage entre les morceaux qui'ils sont les meilleurs...

Belle journée de grosses tètes d'affiche... Et dans le combat de poids lourds qui s'annonce avec Rock en Seine (AEG, le gros concurrent de Live Nation devrait entrer au capital de RES suite au rachat par M. Pigasse) espérons que la diversité musicale sera une vraie ambition et que les indé, français notamment, seront invités à la fête! Il est bon de rêver de temps en temps...


lundi 10 juillet 2017

Guns 'n' Roses au Stade de France (7/7/17)


Axl, Duff et Slash ensemble au Stade de France! Il y a quelques mois encore une tel évènement paraissait totalement impossible! Au moment de leur séparation il y a plus de 20 ans, l'enceinte des footballeurs français champions du monde n'était pas encore sortie de terre. Pour paraphraser Axl, cette réunion ne devait pas avoir lieu dans cette vie et c'est très subtilement que cette reformation est baptisée "Not in this lifetime Tour".

Bien sûr, après avoir été les dieux du Rock au détour des années 90, les Guns avaient pris un coup de vieux après la déferlante de Seattle (Nirvana, Soundgarden, Alice in Chains) devenant très vite synonyme de ringard, à tel point que Kurt Cobain déclara avoir conçu "In Utero" en contrepoint pour faire fuir les affreux fans de Guns 'n' Roses qui avaient trop acheté Nevermind à son goût...

24 ans après les avoir vu à Lyon, on a pas hésité une seconde au moment de l'annonce du concert pour prendre nos places et même si l'excitation était importante c'est sans attendre grand chose que l'on se dirigeait vers le SDF... Forcément, cette immense tournée mondiale est ultra lucrrative (150 millions de dollars de chiffre d'affaires rien que sur le continent américain, Amsud compris). Ca donne le tournis et on comprend mieux que l'impossible devint possible... D'où certaines craintes légitimes de vivre un moment réchauffé sans saveur...



Et bien, aussi surréaliste que cela puisse paraitre, on a vécu un grand moment, régressif certes mais tellement jouissif et authentique! et donc rare... Ultra pro du début à la fin : début à l'heure, 3h20 de concert, une musicalité incroyable avec des jams monumentaux sur une version instrumentale à 2 guitares du "Wish you were here" de Pink Floyd ou le thème du Parrain légendairement repris par Slash. Beaucoup d'émotions avec une cover de Soundgarden, "Black Hole Sun" en hommage au défunt Chris Cornell, et bien sûr l'enchainement des morceaux d'anthologie GUNS : Welcome to the Jungle, Sweet Child O'Mine, it's so easy, Mr Brownstone, Don't cry, Rocket Queen, You could be mine... la liste est longue... et des morceaux emblématiques, non single-isés, comme Coma ou Double Talkin Jive...

Même November Rain sonnait d'enfer, et bien sûr mis le SDF en transe. Au même titre que les reprises à la sauce Guns de Paul Mc Cartney, Live and Let Die, Bob Dylan, Knocking on heaven's door et un immense Whole Lotta Rosie, qu'Axl masterise complètement depuis sa pige chez AC/DC l'an dernier... Enorme en tous points ce concert!!! Osons un "d'Anthologie"!

Un moment de communion, une sorte de messe joyeuse et célébrée avec 70 000 convives, dont la moitié avec un t-shirt des Guns. Ca rappelle plein de souvenirs mais ca se vit également au présent. Les 3 anciens potes brouillés montrent qu'il sont heureux de retrouver leur légende et de la partager avec leur public...

Que ca fait du bien!

A lire également l'épisode Best Song Ever avec "it's so easy"

mercredi 28 juin 2017

Où en sont-ils 3 ans après la sortie de "Underground Revolution (part 76)"?


"Brut de Rock" pour Rolling Stones, "Radicalisme de la proposition" pour Villa Schweppes, la compilation "Underground Revolution (part 76)" n'était pas passée inaperçue lors de sa sortie en 2014. 3 ans après, où en sont les protagonistes? Tour d'horizon dans l'ordre d'apparition sur le 33 Tours Vinyle...

LOVE SUPREME DISSIDENTS

Un titre d'ouverture post-punk et frondeur qui donnait le ton! Un EP enregistré et mixé par Nicolas Leroux qui devait sortir dans la foulée mais qu'on attend toujours... Les 3 musiciens disséminés sur 3 continents différents semblent avoir perdu la connexion... Mais une jam session à Chicago en aout dernier pourrait bien relancer l'histoire... A suivre

BURNING ALMS

Depuis la sortie de leur génial premier album chez Smalltown America en 2014, le duo s'est mis en stand-by pour cause de déménagement du chanteur/guitariste, John, à Londres. Mais grande nouvelle de 2017, Burning Alms revient sur scène début Août et s'est mis au travail pour donner un successeur à "In Sequence".



Entre temps, le batteur Tom, a sorti un premier album electro d'obédience dream pop avec son projet Simple Eyyes. Le disque en question est sorti l'année dernière sur le label japonais Nature Bliss

MOSLYVE

Le groupe central du label MRM n'est plus. Après la sortie d'un ultime album en 3 versions différentes, Moslyve a donné un concert d'adieu à Paris en avril 2015.

Depuis, les 2 membres fondateurs du groupe, Sylvain et Amaury, ont repris du service avec AMAIN ARME, duo guitare/batterie qui sert un rock noise énergique et passionné en français dans le texte pour un rendu totalement unique dans le paysage du rock français.

Amain Armé a enregistré son premier album à Chicago avec le légendaire Steve Albini (Nirvana, Pixies, Ty Segall et bien d'autres...). Un premier extrait des sessions, "Liberté", a été dévoilé. Le second, "Crêpe Humaine" devrait débarquer très bientôt. Pas encore de date de sortie pour l'album, ni de label approché... A suivre.



Dans le même temps, l'un des 2 chanteuses de Moslyve, Nathalie, a enregistré, sous le nom de Josef, un 2-titres avec Nicolas Leroux, que l'on ne présente plus. A écouter ici  Un album serait en préparation...

CHINESE ROBOTS

Les supers actifs Chinese Robots (1 45 tours et 2 EP en quelques mois sur le label MRM) ont connu pas mal de changements depuis 2014. Repartis en formule trio ultra efficace en live, Pierre-Hubert et ses compères préparent le tant attendu premier album du groupe. D'ici là ils pourraient surprendre leur monde pour quelques prestations exceptionnelles en formule restreinte et tubes repensés dans une optique dépouillée et inventive.



CHINESE ARMY

Oan et Benoit n'ont pas perdu leur temps depuis la sortie de la compile. Après une double page dans Rock & Folk, Chinese Army a réalisé de belles performances scéniques, mêlant admirablement images et sons, dans des salles de renom comme la Maroquinerie, la boule noire, petit bain ou tout récemment le musée d'art contemporain des abattoirs de Toulouse. Entre temps, le duo s'est enfermé en studio pour produire son premier album dont la sortie ne devrait pas avoir lieu avant décembre ou janvier prochain.



TEACH KIDS MANNERS

Très actif, le trio enchaîne les dates (1ere partie de Julien Doré l'année dernière, festival Comète et Coucoul, Point Ephémère...) et a même joué le mois dernier un concert privé dans le très sélecte Club Silencio à Paris. Un second EP, co-réalisé avec le groupe Omoh et mixé par Antoine Gaillet au studio Soyuz, est prêt et devrait sortir à l'automne.



En parallèle de TKM, le leader du groupe, Gillian, joue avec son frère dans Famonty, où il explore plus en profondeur ses influences abstract hip-hop. 3 titres hautement recommandables sont en écoute sur leur Soundcloud. Gauthier, le bassiste et multi-instrumentiste de TKM joue quant à lui au sein du groupe Pointe Noire avec Baptiste Homo et Marie-Flore (tous deux dans Omoh)

NICOLAS LEROUX

Responsable du mixage de la moitié des titres sur la compilation (Moslyve, Love Supreme Dissidents, les 2 titres acoustiques de Chinese Robots), le chanteur-compositeur-interprète au talent fou et réalisateur-mixeur émérite a déménagé en Bourgogne depuis 2 ans et réaménagé son studio sur place. C'est là bas qu'il prépare le retour de son projet FUGITIVE KIND. Après un album remarquable de sensibilité, de nuances et de poésie, la suite de ses aventures est attendue avec impatience...

Pour le plasir on s'écoute la compile... ;-)




A lire également notre article un an après la sortie de la compile

vendredi 16 juin 2017

Algiers au Silencio (15/06/17)


Algiers, le groupe du moment, en concert dans le club de David Lynch à Paris c'était forcément immanquable! Mais on a failli passer à coté!

Ca faisait des semaines que l'on guettait l'annonce du concert d'Algiers à Paris le 15 juin avec pour seule référence cette "unknown venue" en lieu et place de la salle sur leur site internet... Un simple post sur leur page Facebook précisait mercredi soir qu'il fallait contacter le groupe sur leur adresse g-mail pour avoir des précisions... On s'en aperçoit le lendemain, jour du concert à 14h et on joue le jeu... 20 minutes plus tard on nous répond que l'on vient d’être ajouté à la guest-list pour le soir même dans le très tendance Silencio (club apparenté à M. David Lynch)...

Petite salle cosy, pleine à craquer et ambiance club qui sied parfaitement au son et à la mentalité accrocheuse et revendicatrice des 3 d'Atlanta, rejoints depuis peu par l'ancien batteur de Bloc Party, Matt Tong. Première surprise, leur leader, Franklin James Fisher s'exprime dans un français parfait! Avec un son plutot bon, Algiers va interpréter la quasi-totalité de son premier album, avec bien entendu les perles que sont devenues Black Eunuch, Old Girl, Blood ou Claudette...

On aura droit à quelques morceaux du tant attendu second LP, qui sortira dans une semaine (le 23/06). On aura pu reconnaître les deux singles annonciateurs : "Underside of Power" et "Cleveland" et un remarquable morceau de fin de concert qui se termine en mode jazz-fusion avec Franklin James Fisher derrière un Fender Rhodes de circonstance rappelant les intentions psyche jazz d'un Keith Jarrett encadré par Miles Davis (période cellar door).

Un groupe remarquable, très politisé dans son expression et ses thèmes de prédilection, et qui se nourrit de la riche actualité anxiogène (Brexit, Trump) dans lequel ce second album semble avoir puisé sa source.

Il y a quelque chose de très profond avec leur musique et la voix est juste géniale...A suivre de près...

vendredi 7 avril 2017

Drinks au Point Ephèmère (6/4/17)


Drinks c'est le projet hirsute de Cate Le Bon et Tim Presley (plus connu sous le pseudo White Fence). Un véritable ovni qui déboula dans le cadre intimiste du Point Ephémère hier soir pour une performance véritablement enthousiasmante!

Difficile d'expliquer à quoi ressemble la musique des 2 compères. C'est assez libre, voire freeform, mais on pourrait, avec un peu d’imagination, penser à un Syd Barrett jamant avec Pavement dans un bol de krautrock... Barrett s'entend clairement dans ces voix monotones, perchées et capable de dérailler joliement. Pavement c'est pour le bordel organisé et dissonant en totale nonchalance et le krautrock pour ces sonorités et rythmiques bizarres, sombres et décalées...

Et on a bien eu tout ça hier et plus encore..  C'est vraiment rafraîchissant de voir des groupes comme Drinks qui jouent pour le plaisir de jouer. Pas de plan marketing, peu de promo (qui savait que ce concert avait lieu?), pas grand chose sur les réseaux sociaux... Il fallait venir, être présent et profiter de ce moment rare de partage d'un délire sans aucune prétention...

Sur scène, Cate le Bon attire les regards grâce à une présence et un charisme naturel. Le duo fonctionne vraiment bien avec un Presley plus effacé mais non moins ultra investi. La section rythmique enrobe parfaitement l'ensemble (la basse ronde et tout en déhanchement est ultra efficace).

Au milieu des déjà classiques "Focus on the Street", "Hermits on holiday" encore "Laying down Rock", quelques inédits qui permettent de rêver à un successeur rapide au premier essai datant de 2015... Wait and see...

Une soirée exquise!

A lire également quelques Pavement-itudes pour le plaisir...

mercredi 5 avril 2017

Ropoporose à Petit Bain (4/4/17)



Ca faisait longtemps que l'on avait pas attendu un concert avec tant d'impatience. En sortant, il y a quelques semaines, leur second album "Kernel, Foreign Moons", la fratrie Ropoporose (Romain/Pauline) nous a ébloui. Un disque vraiment fascinant, rempli d'idées, de tension rock et de mélodies addictives.

Sur ce second disque, on sent une grande maîtrise de leur sujet et un savant dosage d'influences diverses et variées. Si leur premier LP "Elephant Love" sonnait rempli de fraîcheur et d'enthousiasme, son successeur sonne de manière plus mature (malgré leur belle jeunesse) autant grâce à des compos soignées réussissant l'alliage improbable entre complexité des structures et évidence mélodique qu'à la qualité de l’enregistrement, notamment au niveau du son de batterie : brut, ample et spatial (avec l'apport à la prod de Thomas Poli).

En live, les attentes ne sont pas déçues. Le set est enlevé, puissant et on sent une vraie osmose entre le frère et la soeur. C'est communicatif! On pensait que sur scène, le duo simplifierait les chansons à l'essentiel. Que nenni, avec la technique éprouvée des loops en direct, Pauline additionne sur chaque morceau, les strates de guitares, et même de synthés, qui construisent l'univers singulier de Ropoporose. Une prouesse technique qui requiert une grande concentration. Un quasi sans faute si on excepte un loupé sur un morceau, il faut le dire, plutôt complexe...

Ropoporose a déjà à son répertoire un paquet de chansons immenses. Moira, Consolation ou 40 Slates du premier LP et les fabuleux nouveaux titres que sont Horses, Guizmo, Moon, Faceless Man et surtout l'immense None! De quoi régaler en live les aficionados d'un rock indé classieux, inventif et d'une grande sincérité.

Déjà l'un des grands moments de notre année musicale!

Pour finir, mention spéciale à Yacht Club, que l'on découvrait complètement en ouverture de la soirée. Les 4 tourangeaux sortent des sons totalement improbables avec leurs instruments (guitares, batteries et patchs, synthés) dans un style mélant math rock/electro voire weird world music.  Il y a une vraie recherche sonore et une envie certaine d'aventure sonique! Les titres plus rythmés soulèvent l'enthousiasme, on ne comprend pas trop ce qu'il se passe mais on est comme aspiré dans ce déluge sonore aux sonorités complexes mais au final presque évidentes... A suivre...

jeudi 29 décembre 2016

Best of 2016 : le classement MRM des 15 meilleurs concerts


Après le TOP 10 ALBUMS 2016, le classement des plus belles émotions ressenties en concert cette année. Et ce fut tellement intense qu'il fut impossible au final de restreindre la liste à 10 unités, on passe donc à 15. On en avait tellement besoin suite aux événements tragiques de 2015 que vivre une année 2016 aussi réussie dans les salles de spectacles est une bénédiction. La musique live reste une nécessité, un antidote à la morosité, une bouffée d'oxygène indispensable...

Cette année, c'est le concert de Wilco en plein air dans le quartier où j'ai habité à Chicago qui trône au sommet des émotions ressenties en 2016. Un concert at home pour Jeff Tweedy et sa bande. 2 heures de fulgurances avec cette capacité bluffante à passer de la mélodie la plus simple et évidente (Im' trying to break your heart, If i ever was a child) à des passages complexes (Art of Almost), voire bruitistes jubilatoires (Via Chicago, Kidsmoke). Le tout ponctué par un set final de 30 mn acoustique à l'ancienne (les 6 musiciens réunis autour d'un micro central). Phénoménal et inoubliable.

Peter Milton Walsh aura réussi la prouesse de nous bluffer 2 fois à 6 mois d'écart. Après une prestation de haute volée en septembre 2015 à la gaite lyrique (#2 TOP 2015) pour présenter avec un groupe au complet son inespéré nouvel album, il se permet de revenir au Café de la Danse en formation restreinte pour un concert dépouillé revisitant son immense répertoire. Une soirée à l'émotion sincère et réconfortante.

Après un concert moyen au théâtre antique de fourvière en juillet, Franck Black et sa troupe reviennent au Zenith en novembre pour mettre le feu et donner une série de taloches sonores dont ils ont le secret! Revigorant!

Les cultissimes Radiohead nous ont ravi lors de leur 1er soir au Zenith, c'est toujours un immense plaisir de revoir Thom Yorke et consorts. Et le plaisir fut apparement partagé puisqu'ils offrèrent à un public parisien en transe leur hit mondial des débuts honnis, Creep, plus joué depuis un paquet d'années.

La tête d'affiche d'un Rock en Seine 2016 qui en manquait cruellement en comparaison à d'autres festivals emblématiques (primavera pour ne pas le citer) a assuré. Massive Attack reste une vraie attraction live aussi bien au niveau du son, impeccable, que visuellement...

Le groupe de Steve Albini, Shellac, est également un phénomène sur scène. C'est viscéral, cru et d'une intensité rare. Indispensable. La reine PJ Harvey nous aura éblouie sur la scène du Zenith, son album, si mal mixé sur disque, reprend en live toute la rugosité qui lui fait défaut et on redécouvre un beau projet...

En formule trio, Sigur Ros réussit enfin à exprimer tout son talent avec la constance qui lui faisait défaut à nos oreilles jusqu'à présent. J Mascis et Lou Barlow semblent vieillir aussi bien que nos meilleurs crus viticoles. Michel Cloup Duo et Zëro nous auront réaffirmé avec coeur que le Rock made in France est bien vivant et n'a rien à envier aux autres...

Robert Smith, bien que physiquement un peu marqué, n'a rien perdu de sa voix si singulière et revoir The Cure sur scène, même à Bercy, reste une expérience cathartique. La noise jm' en foutiste de Girl Band aura été la révélation live de l'année tandis que Suuns aura confirmé à Primavera être un groupe à part.

Après l'hécatombe de 2016, voir un Paul Mc Cartney rayonnant à Paris aura été une bénédiction. Ce Black Bird seul en scène nous donne encore des frissons rien qu'à y penser. Enfin la fragilité de Daughter sur la scène du Trianon nous aura rappelé pourquoi on les avait placés dans notre TOP 2013.

1. Wilco au Millenium Park de Chicago (21/8/16)
2. The Apartments au Café de la Danse (18/4/16)
3. Pixies au Zenith (23/11/16)
4. Radiohead au Zenith (23/5/16)
5. Massive Attack à Rock en Seine (27/8/16)
6. Shellac à Primavera Barcelone (3/6/16)
7. PJ Harvey au Zenith (21/10/16)
8. Sigur Ros à Primavera Barcelone (4/6/16)
9. Dinosaur Jr à l'Elysée Montmartre (31/10/16)
10. Michel Cloup et ZËRO à la Maroquinerie (1/4/16)
11. The Cure à Bercy (15/11/16)
12. Girl Band au Trabendo (19/11/16)
13. Suuns à Primavera Barcelone (2/6/16)
14. Paul Mc Cartney à Bercy (30/5/16)
15. Daughter au Trianon (17/10/16)

Pas loin du TOP 15 : Brian Jonestown Massacre au Trianon, L7 à Rock en Seine, Ulrika Spacek au Point Ephémère, Algiers à Primavera, Deerhunter à Primavera, At the Drive In au Trianon, Les Insus au Zénith, Troy Von Balthazar au Supersonic...

A lire également le MRM TOP 10 ALBUMS 2016 et les TOP Concerts 2015 et 2014.

samedi 17 décembre 2016

Best of 2016 : le Classement MRM des 10 meilleurs albums


2016 se termine et son hécatombe de légendes avec elle... David Bowie, George Martin, Prince, Leonard Cohen... Tristesse éternelle... Mais par la magie singulière de la musique, ces artistes qui ont tant compté dans nos vies y resteront à jamais. La simple écoute d'un Low ou d'un Dirty Mind suffira à rallumer la flamme et la machine à songes qui nous rappelera l'importance de ces sons enregistrés sur bandes et gravés sur un bout de vinyle noir... Une autre époque dont le lent crépuscule continue...

Après la mise en sommeil officielle du label Mind Riot Music il y a un an, le projet musical qui rythma l'année aura, bien entendu, été Amain Armé et la formidable expérience de l'enregistrement d'un disque sur bandes avec Steve Albini! Incroyable aventure mais c'est une autre histoire... On espère que le disque sortira en vinyle l'an prochain même si on ne sait pas encore de quelle manière... A suivre...

Rentrons tout de suite dans le vif du sujet de cet exercice de style un peu vain mais toujours aussi amusant...

Succédant à Vietcong (dont le nouveau disque sous le nom de Preoccupations nous aura fait beaucoup moins vibré) Burning Alms, Godspeed ou TVB, ce sont les lyonnais (et oui ll fallait bien que ça arrive ;)....) de Zëro qui trônent au sommet de notre année musicale. Avec San Francisco (titre d'album au trait d'humour irrésistible puisque premier LP sans leur second guitariste dont le surnom est Francisco...) Zëro synthétise tout ce que l'on adore dans le rock : une audace et une envie d'aller de l'avant moderniste, une palette de couleurs immense menant du metal à l'ambiant en se terminant en mode free jazz... Et tout ça dans un même disque de maitrise artistique et de plaisir sonore tout à fait emballant!

On les a découvert sur le tard au détour d'une référence dans l'enclypodédie du Rock made in France sur la page consacrée à Moslyve. Magie du net on peut facilement découvrir un groupe et remonter le fil d'Ariane révélant que ces musiciens ont fait partie de 2 autres groupes cultes et centraux de l'histoire du rock français avec Bästard et Deity Guns... Ce 5ième disque de Zëro est notre favori de l'année et 10 mois après sa sortie aucune lassitude à écouter ce tube pop qu'est "Ich ein groupie", le metaleux "Last Bills" ou les apaisant et contemplateurs "Lac Baikal" et "San Francisco".

En seconde position, notre chouchou Troy Von Balthazar (#1 de notre Top 2010 et #3 en 2012) qui a annoncé que "Knights of Something" serait son dernier album. On ose y penser tellement sa pop lofi, élégante et d'une sincérité bouleversante nous soutient presque continuellement au milieu du marasme ambiant. Un artiste rare!!!

Troisième, le surprenant 3ieme disque de Warpaint (#5 en 2010 et #2 en 2014). Presque dansant, ce LP est toujours aussi sensuel et charmeur. Les harmonies vocales sont définitivement leur plus grand atout. Un album qui fait du bien.

Au pied du podium les monstres sacrés d'Oxford : Radiohead. "A Moon Shaped Pool", leur 9ième opus les voit s'aventurer sur les terres d'une pop sophistiquée et orchestrée. Un disque de rupture (celle de Thom Yorke avec sa femme qui influence un bonne partie des textes) dans la continuité (celle d'un certain apaisement intérieur commencé avec "In Rainbows"). Un très beau disque...

Dans le Top 5, le testament d'une légende. A l'écoute de "Black Star", le weekend de sa sortie, on pensait que David Bowie était enfin de retour et qu'il était reparti pour un moment. Ce disque est tellement inspiré, touche à tout et juste que Bowie semblait retrouver les sommets... Quelle choc d'apprendre le lundi matin la disparition de Ziggy Aladin Sane Bowie... Mais quelle sortie, quel clap de fin!!! Digne, inspirant et insaisissable... Le résumé d'une oeuvre singulière et tellement importante.

L'ancien Diabologum, Michel Cloup sort avec "Ici et là bas" un album rageur en mode duo. D'inspiration dylanesque pour les textes, le rock blues incisif du duo aborde des sujets aussi compliqués que l'immigration, les racines, le rapport à l'autre et à la société sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. Oui le bon rock français existe!

Les éternels Wilco se paient le luxe d'un second disque en 2 ans. Après le déjanté et divinement bruyant "Star Wars" ils nous reviennent avec une sorte de pop folk acoustique bizarre mais évident... Du grand art!

En huitième position les Pixies. Les revenants de Boston sortent, 20 ans après le vrai bon successeur à "Trompe le Monde" qu'on attendait plus après le décevant "Indie Cindy". On atteint pas les sommets rock Indé indépassables de "Surfer Rosa" (enregistré par Albini) ou "Doolittle" mais la pop racée de "Head Carrier" s'écoute avec un plaisir non dissimulé. Une cure de jouvence.

In extremis, 2 disques sortis en toute fin d'année par nos 2 micro labels Inde préférés (Requiem pour un Twister et le Turc Mécanique) se paient une place dans notre Top 10. 2 ans après un premier disque remarqué, Dead Horse One se classe de nouveau dans notre top 10. Avec "Season of Mist" leurs explorations sonores prennent de l'épaisseur. Ils renouvèlent avec brio le flambeau shoegaze en y ajoutant une lumière singulière : chaude, vacillante et colorée... Une pochette d'album aura rarement mieux refléter le contenu d'un album...

Le Turc Mécanique se paie le luxe de sortir le 3ième disque des anciens (et mythiques) Sloy qui sous le nom de 69 (décidément 2016 année lyonnaise) nous livre un album magique. Tout en apesanteur, ce disque sous influence électronique nous fait rentrer dans un univers dense et intriguant... La belle surprise de ces dernières semaines...

Enfin, Neurosis (encore un disque enregistré par Steve Albini), ne pouvait pas ne pas faire partie de ce classement tant le metal hors norme du groupe de Californie nous aura surpris par sa force et sa subtilité...

Ne sont pas passés très loin du TOP 10 : Sunn O))), Suuns, A Tribe Called Quest, Ulrica Spacek, Metallica, Preoccupations, Simple Eyyes, Mogwai...

MRM TOP 10 ALBUMS 2016

1. Zëro : San Francisco
2. Troy Von Balthazar : Knights of Something
3. Warpaint : Heads Up
4. Radiohead : A Moon Shaped Pool
5. David Bowie : Black Star
6. Michel Cloup Duo : Ici et Là-bas
7. Wilco : Schmilco
8. Pixies : Head Carrier
9. Dead Horse One : Season of Mist
10. 69 : Heroic
10. Neurosis : Fires Within Fires

Allez en bonus on termine avec le MRM TOP 5 Songs 2016:

1. Radiohead : Daydreaming
2. Zëro : Ich ein Groupie
3. Warpaint : New Song
4. Famonty : Shit Time
5. Metallica : Moth into Flame

A suivre le MRM TOP CONCERTS 2016 et à lire les TOPS 2015, 2014, 2013

jeudi 26 mai 2016

Radiohead au Zénith (23 et 24/05/16)


Ca fait plus de 20 ans que ca dure! A chaque fois c'est la même sensation ou presque. La sortie d'un nouvel album de Radiohead provoque une sorte d'excitation frénétique teintée d'une angoissante question existentielle : seront-ils à la hauteur de leur légende? Et à chaque fois les oxfordiens réussissent à nous surprendre et au final à nous passionner comme au premier jour...

Bien entendu, A Moon shaped Pool, 9ième opus du groupe, ne déroge pas à la règle. Pas moins que cette double soirée mythique au Zenith de Paris les 23 et 24 mai 2016! En chanceux titulaires de tickets pour ces deux soirées événements on aura eu la chance de voir Radiohead pour la première fois dans une salle à taille humaine (après 5 Bercy et un Belfort). Pouvoir distinguer les expressions sur les visages des musiciens donne une impression de proximité qui facilite l'abandon dans la musique céleste du combo... Tout simplement.

Les deux soirées débutent de la même manière avec les 5 premiers titres du nouveau disque, enchaînés dans l'ordre. Sans l'apport du London Contemporary Orchestra, des titres comme "Burn the Witch" ou "Decks Dark" prennent une dimension organique et viscérale confondantes par l'entremise des guitares maltraitées par Johnny et Ed... Que dire du magnifique "Daydreaming" interprété dans un silence de cathédrale, quasi religieux... Les fans de Radiohead forment une vraie communauté. Ils sont là pour profiter pleinement de la chance qui leur est offerte de communier avec leurs hérauts!

Le premier soir aura été d'une belle intensité et malgré un petit creux en milieu de concert (une version fade de "No Suprises", un "Separator" ennuyeux et un "Gloaming" sans conviction), les belles surprises n'auront pas manqué d'électriser la salle. Tout d'abord avec l'hymne "My Iron Lung" tout en tension et cavalcades libératrices, un "Paranoid Android" toujours aussi bluffant ou un "Weird Fishes" aux aprèges magiques. Mais c'est bien l'éternel "True love waits", joués pour la 1ere fois en 95 et enfin posé sur disque avec ce LP9, joué en version piano par Thom avec les seules aides de Colin et Johnny, qui transperce les coeurs. Quelle beauté... Avant ce rappel final totalement inattendu, "just for the laugh" comme ricane Thom et le lancement de "Creep", plus joué par le groupe depuis 2009. Quoi qu'on puisse en dire ca reste une grande chanson dont la force tellurique et émotionnelle submergea un Zenith fou de bonheur. On termine avec l'immense "Pyramid Song"! Génial...

Le second soir fut plus constant dans l'effort. Pas de baisse d'intensité mais du coup moins de pics euphorisants si ce n'est ce triptyque inattendu et jouissif de titres rares : Airbag, Talk Show Host, Climbimg up the Walls. Le final, là encore est dantesque avec des versions furieuses de 2+2", "There There" et "Bodysnatchers" qui font monter la température d'un cran... Et cette fois on termine avec un "Karma Police" repris en choeur par un public aux anges...

Radiohead est définitivement le groupe le plus important de ces 20 dernières années...

A lire également : Radiohead à Bercy en 2012 (Soir#1 et #2) en 2008, the King of Limbs, le rôle de Radiohead dans les années 2000,

vendredi 13 mai 2016

Troy Von Balthazar au Supersonic (12/5/16)


Quel plaisir de revoir Troy Von Balthazar, le Héraut des temps modernes colportant la parole des vrais artistes dévouant totalement leur vie à leur art, loin de toutes considérations mercantiles. Son très attendu 4ième LP, Knights of Something, vient de sortir chez Vicious Circle et sa tournée française passait hier soir par le Supersonic à Bastille.

Réaménagée sur les cendres encore chaudes de l'Opa Bastille, le Supersonic est la salle indé qui monte. Un peu biscornu et bizarrement agencé (espace très réduit devant la scène, poteau et escalier tout proche...) le Supersonic propose une prog éclectique mélangeant artistes en développement et valeurs sures indé pour des concerts en accès libre. On avait eu l'occasion d'y voir récemment nos protégés de Chinese Robots  y mettre le feu...

Comme sur sa précédente tournée, Troy se produit désormais seul sur scène, armé de sa télécaster fétiche, d'une guitare folk et de quelques pédales d'effets. Jouer dans une salle où le public n'a pas payé sa place est toujours un exercice délicat... Il y a ceux qui viennent pour le concert, très nombreux dans le cas de Troy, est ceux qui se posent au bar et continuent de parler durant le show... Autant que dans le cadre d'une prestation intimiste ca devient vite une épreuve pour le musicien mais aussi les spectateurs... Je me souviens d'un concert à l'international avec Moslyve où le set était coupé en deux avec une première partie acoustique qui s'est vite transformée en épreuve avec le brouhaha constant en provenance du bar... Pas facile de se concentrer et de se lâcher pleinement dans un tel contexte... La suite du concert en électrique avait sonné comme une victoire lorsque la furie des guitares et de la batterie couvraient enfin le bruit des jacasseurs...

C'est dans ce climat quelque peu austère que Troy et son public ont du se débattre hier soir... Ne se laissant pas désarçonner, Troy a, comme d'habitude, donné tout ce qu'il avait, touchant la grâce par moments. Cette version du tube 'Astrid' avec passage son clair puis son saturé sur le refrain rappelait presque la hargne de Chokebore. 'Touch is meat' et ses paroles si lucides (everything is industry) aura touché les coeurs. Que dire du classique "I block the sunlight out" ou encore de cette reprise de Léonard Cohen... On aura meme droit à une surprenante reprise de Chokebore, "one easy pieces", sans micro, et qui du coup tomba un peu à l'eau avec le bruit constant en provenance du bar ("you're not listening")... Même chose avec le splendide "The Tigers", sans micro, plein d'émotions mais altéré par le manque de respect de certains...

Au final, Troy réussit l'exploit de donner une performance habitée et sans concession... Mais quelle dommage que ce grand artiste n'ait pas la notoriété qu'il mérite tellement et qui devrait l'amener dans des salles où la communion avec son public puisse se faire dans le respect mutuel que ce digne troubadour de notre temps mérite tant...

A lire également Troy Von Balthazar eu Point Ephémère en 2012 et 2010 et à la Machine du Moulin Rouge en 2011 ou encore dans nos Top 2012 et 2010 ou plus récemment avec the Color Bars Experience en 2015...




mardi 19 avril 2016

The Apartments au Café de la Danse (18/4/16)


Peter Milton Walsh est définitivement un artiste à part. Peu de musiciens peuvent se targuer d'avoir un tel magnétisme. Son aura, sa générosité authentique qui vous transperce le coeur auront illuminé une soirée en tout point fabuleuse au Café de la Danse hier soir.

Après une mini-tournée française triomphante en septembre dernier, pour présenter dans un groupe au complet le chef d'oeuvre inespéré "No Song, No Spell, No Madrigal", Peter est de retour avec les 2 musiciens français, Natasha Penot et Antoine Chaperon, en formule trio pour revisiter en acoustique le brillant répertoire de The Apartments.

En formation réduite, guitare acoustique, arpèges lumineux sur Gretsch de circonstance, choeur féminin et synthé curiste, la sauce prend instantanément. Dès leur premier morceau du setlist, on est à deux doigts de fondre en larmes. Cette version de "Swap places" est juste bouleversante, rien de moins. Peter commence fort avec quelques titres du dernier album, si chargé en émotions… Mais loin d'être une célébration de ce disque majestueux et de cette renaissance cathartique, le concert du Café de la Danse s'est vitre transformé en un fabuleux voyage sonique autour de la carrière du groupe.

Tous les titres emblématiques de The Apartments, et on pourrait dire d'un pan entier de la pop indé classieuse et intemporelle, auront été délivrés avec une grâce absolue. De l'inaugural "Sunset Hotel", premier morceau du premier LP, en passant par "Knowing you were loved", "All the time in the world now" ou encore les premiers 45T avec "Nobody like you", Peter nous prend par la main et nous fait vivre avec intensité l'histoire de The Apartments, son histoire, notre histoire…

Lés émotions vécues auront été fortes et tellement diversifiées. Les 3 compères donnent l'impression d'avoir toujours joué ensemble et quand on sait le peu de répétions qu'ils ont pu faire ensemble on en est d'autant plus bluffé… Peter Milton Walsh est magistral : touchant, présent, vivant…

En versions dépouillées, ces chansons gardent leur intensité (le "Goodbye Train" en rappel est un choc tellurique). La preuve que Peter écrit d'immenses chansons qui lui survivront… Une soirée exquise dont  on ressort avec un sourire jusqu'au oreille, touché par la grâce d'un homme assez exceptionnel…

A lire également The Apartments à la Gaité lyrique et haut dans nos classements 2015

samedi 2 avril 2016

Michel Cloup Duo et Zëro à la Maroquinerie (1/4/16)


Soirée exceptionnelle à la Maroquinerie avec les Release Party des nouveaux opus de Michel Cloup Duo et de Zëro, soit la fine fleur du rock vraiment indé en France… Vous l'aurez compris, le blog MRM est un peu en sommeil. Après 7 années de carnet de bord de nos virées nocturnes, la lassitude a gagné et on ne prend désormais la plume que pour faire partager des moments d'exception. Ce fut pleinement le cas hier soir!

10 and d'existence et un 5ieme album au compteur pour les lyonnais de Zëro. Le groupe désormais trio, depuis le départ de François Cuilleron, vient de sortir l'un des meilleurs albums d'obédience rock de l'année avec "San Francisco". Un disque qui démontre l'incroyable palette de sonorités et d'ambiance que maitrise parfaitement le combo. A chaque fois ils visent dans le mille avec la simplicité des gens vraiment doués. "Last bills for ladpance" commence avec une rage mordante avant de nous emmener vers une atmosphère tout en apesanteur. "Ich ein Groupie" sonne comme un tube indé qui, dans un monde normal, serait au sommet des charts, "Lac Baîkal" stupéfait par son duo synthés/mini moog inattendu, jusqu'au titre éponyme en mode free jazz… Monumental…

Eric Aldé, Franck Laurino et Ivan Chiossone ont l'air de mecs tout à fait normaux, alors qu'ils ont fréquenté 3 des meilleurs formations rock made in France (Deity Guns, Bastard et donc Zëro), 3 groupes cultes… Mieux encore, le choix du nom de leur album montre toute l'auto-dérision et le sens de l'humour des lyonnais (album enregistré sans leur pote François, surnommé Fransisco)… Sur scène, la maitrise n'empêche pas la transmission de pleins de sentiments différents durant cette heure de concert incandescent… Un groupe majestueux, tout simplement…

La soirée idyllique se poursuivit avec la performance intense et poignante de Michel Cloup Duo. L'ancien Diabologum mets littéralement ses tripes sur scène. C'est poignant, sincère et allié à une énergie dense focalisée sur le moment présent… On découvre sur scène le nouvel album "Ici et là-bas". La lucidité de "Nous n'arrivons plus à dire nous" nous sidère. La façon qu'à Michel Cloup de se dévoiler de manière très pudique tout en révélant quelque chose de nos vies et nos époques est déconcertante… Il faut avoir beaucoup de courage et de talent pour aborder des sujets aussi compliqués que l'immigration, nos racines, nos vies de citoyen sans tomber dans le pathos ou la leçon de morale… Il réussit cette prouesse avec brio.

Tel un funambule, Michel Cloup semble souvent tomber de son fil mais ne le fait jamais… La encore, comme pour Zëro, la maitrise est absolue. Michel utilise beaucoup de boucles qu'il enregistre et superpose en live. C'est réalisé avec brio et sans que la performance globale soit altérée alors que ça complexifie forcément l'exécution… Testant actuellement la formule duo guitare/batterie avec mon nouveau projet Amain Armé (du son très bientôt) j'ai forcément un grand respect pour ce que j'ai vu hier soir. J'en mesure toute la difficulté…

La grosse heure et demie de concert aura passé à une vitesse incroyable. Quasiment tout le nouvel album sera joué. On sent une évolution vers plus de diversité et  de variété de style abordés mais toujours avec excellence. On retiendra quelques moments de vérité troublants avec "La classe ouvrière s'est enfouie", "Nous n'arrivons plus à dire nous" et des titres plus anciens comme "Notre Silence" ou "J'ai peur de Nous"… La sincérité et la générosité du duo transperce nos âmes… Du rock d'aujourd'hui et du temps présent…

Une soirée inoubliable. A lire également Michel Cloup Duo dans notre top albums 2014 et du coté de Rock made in France les bio de Bastard et Zero.