samedi 16 décembre 2017

Best of 2017 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums


Une nouvelle année qui se termine et qu'on a pas vu passer... En 2017, beaucoup de bons disques mais un choix final très compliqué car aucun disque ne s'est vraiment détaché du peloton. Mais il faut bien une image arrêtée pour satisfaire au rituel du classement MRM des 10 meilleurs albums, alors lançons nous...

Cette année, la palme revient, comme souvent en ces pages, aux artisans qui livrent une oeuvre pleine de passion, d'authenticité et d'une certaine candeur réjouissante... Tout ce que l'on retrouve dans le second album du duo familial vendomois Ropoporose. Avec Kernel, Foreign Moons, Pauline et Romain nous livrent une disque exquis, tout à la fois raffiné, tendu et explosif. Le son de la batterie (très albinesque) est dantesque et propulse littéralement les guitares et la voix dans une stratosphère sonore pleine de groove et de puissance... Un régal d'album

En tentant pas mal d'expérimentations sonores,  The National, sort enfin un grand disque audacieux qui souffle un vent frais et envoutant sur des compositions toujours aussi mélodiques et recherchées.

Steve Albini a encore fait des merveilles cette année, et cette fois sur le son du "strange peace" de Metz (non pas la ville franaçaise mais le groupe canadien de punkrock/noise) qui ravage tout sur son passage.

On voit dans le duo (tiens encore un) Mount Kimbie, de dignes successeurs de Boards of Canada. "Love what survives" émerveille et rend la journée plus douce. Liam Gallagher revient enfin à ce qu'il sait faire de mieux : des blagues désopilantes sur twitter... et du rock brut et direct avec cette gouailles, cette nonchalance et ce petit supplément d'âme qui en fait un frontman unique.

James Murphy a réussi à nous rappeler pourquoi on avait été un fan de LCD Soundsystem depuis ses tout débuts avec "Losing my Edge", chose que le patron de DFA n'arrive définitivement pas à faire... Godspeed You Black Emperor revient avec un album lumineux dont chaque écoute crée sa propre expérience...

En terme de raffinement et de souplesse pop, Grizzly Bear trace sa route et démontre avec "Painted Ruins" qu'éxigence peut rimer avec succès populaire : réconfortant. King Krule, qui nous rappelle le Tricky Kid des débuts, nous fascine avec un LP qui ne ressemble à aucun autre. L'éternel Thurston Moore rallume la flamme de Sonic Youth tandis que St Vincent provoque tout en retrouvant un élan mélodique perdu sur son précédent album.

MRM TOP 10 ALBUMS 2017:

1. Ropoporose : Kernel, Foreign Moons (Yotanka)
2. The National : Sleep well beast ( 4AD)
3. Metz : Strange Peace (Subpop)
4. Mount Kimbie : Love what survives (Warp)
5. Liam Gallagher : As you were (Warner)
6. LCD Soundsytem : American Dream (DFA)
7. Godspeed You Black Emperor : Luciferian Towers (Constellation)
8. Grizzly Bear : Painted Ruins (Warp)
9. King Krule : The ooz (XL)
10. Thurston Moore : Rock'n'roll Cousciousness (Matador)
10. St Vincent : Masseduction (Loma Vista)

Pas loin du Top 10 : Mogwai, Slowdive, Gorillaz, Jesus and Mary Chains, The Horrors, Kori, Algiers, Ride...

MRM TOP 5 SONGS 2017:

1. Ropoporose : None
2. Gorillaz : Andromeda
3. Algiers : Underside of Power
4. Queens of the Stone Age : Feet don't fail me now
5. Liam Gallagher : Chinatown

A suivre le MRM TOP 10 CONCERTS 2017, et à relire les classements 2016, 2015...


jeudi 26 octobre 2017

St Vincent au Trianon Paris (24/10/17)



Le retour d'Annie Clark, alias St Vincent à Paris au Trianon pour la promo de son nouvel opus, Masseduction, a clairement créé la polémique! En nous obligeant à nous interroger sur notre rapport au live dans notre monde ultra-connecté, St Vincent lance un pavé dans la mare...

Après 3 premiers disques d'un pop sophistiquée où la chaleur et la proximité dominaient, St Vincent s'est lancée en 2014 dans une approche artistique plus poussée où l'image, la chorégraphie et la posture se mélangent à la musique pour créer une oeuvre complète... Le détachement et la froideur en résultant nous avait un petit peu éloigné d'Annie. Avec Masseduction, St Vincent persiste dans une voie électronique et synthétique mais en y insufflant une dose de pop qui radoucit et ensoleille le propos.

Après avoir dénoncé nos vie ultra-connectées dans son LP éponyme précédent , l’américaine évoque sur Masseduction (à la pochette très provocatrice) ses rapports à la séduction au pouvoir et au media dans le contexte de nos sociétés consuméristes... Et pour étayer son propos, St Vincent se produit seule sur scène. Sur un backing track elle chante et joue de la guitare...

Expérience déroutante pour les amoureux de performance live... Assiste-t-on à un super Karaoké ou à un live show d'un nouveau genre? La première partie du show où sont interprétés des extraits des 4 premiers albums nous laisse perplexe. Sans aucun jeu de scène et peu de jeux de lumières, Annie se contente de changer de place sur la scène à chaque titre... Les chansons y perdent de leur spontanéité et disons même de leur magie... C'est la déception...

La seconde partie du spectacle tournera autour de Masseduction joué dans son intégralité. Avec l'appui de l'immense écran derrière elle, le show prend une autre tournure et le coté synthétique et programmé des morceaux rend leur interprétation dans ce contexte plus naturel (si on peut le dire).

Au final, on sors du Trianon avec un sentiment bizarre. En tant qu'amoureux du son et du lien organique entre un artiste et son audience on repart frustré. Cependant, la prise de risque et la volonté de St Vincent de bousculer et de faire réfléchir son public dans le cadre d'une oeuvre globale force le respect...

A lire également St Vincent à la Cigale en 2014 et au Café de la Danse en 2011

mardi 25 juillet 2017

Liam Gallagher, Pixies, Alt-J et les Red Hot à Lollapalooza Paris (23/7/17)


La franchise mondiale Lollapalooza a donc fait son arrivée sur les bords de la Seine en juillet 2017. Ancien festival itinérant façon artisanal lancé par Perry Farell  pour partir en tournée avec son groupe, Jane's addiction, et fédérer une partie du rock indé US au début des années 90, Lollapalooza est désormais une grosse machine propulsée par le Géant Live Nation!

On est à  mille lieues de la petite sauterie entre amis des débuts. Ici les moyens sont colossaux et la prog à tomber : en une journée Liam Gallagher (grands débuts en solo cette année), les Pixies, Alt-J, IAM, les Red Hot Chili Peppers... On croit rêver...

Le site de l'hippodrome de Longchamp n'a pas beaucoup de charme comparé au Parc de Saint Cloud et la circulation vers les 2 scènes alternatives était clairement un calvaire, mais dans l'ensemble c'était très solide ce premier round...

Et enchaîner Liam Gallagher et les Pixies, sans aucune transition fut une expérience assez bluffante! Le dernier né des Gallagher bros a assuré! Ses premiers morceaux en solo déchirent en live (Bold, Greedy Soul, Wall of Glass, Chinatown), c'est incisif et plein de l'aura du chanteur d'Oasis qui semble avoir retrouvé la flamme après les errements Beady Eye.

Car en terme de presta sur scène, Liam est une vraie bête! Il a ce truc sauvage de passionné. Très pro du début à la fin, on le sent très concentré et pleinement dans l'énergie. On dirait presque qu'il joue une partie de sa vie sur ces prestations, comme si il sentait qu'il devait reconquérir son public! Et ca marche... Et quel plaisir de ré-entendre la fougue de titres cultes d'Oasis comme Rock'n'Roll Star (il n'y a que Liam qui puisse chanter ça en restant crédible une minute); Morning Glory; Slide Away... Et contrairement à Noel, Liam replace sur la carte l'album honni, Be Here Now , celui qui sonna la fin de l'age d'or du groupe, mais qui fait partie intégrante de l'histoire éclatante de ce combo de lads qui conquit le monde avant de se vautrer dans une fin d'empire chaotique et grandiloquente sous influence de la poudre blanche (Do you know what i mean et Be Here Now)...

Un final avec un Wonderwall guitare/voix, comme un pied de nez à son frère, qui aimait à la grande époque, reprendre ce titre seul en scène avec sa guitare acoustique au moindre écart du chanteur!

Moins d'une minute après la fin du set de Liam, débarquent les Pixies sur la scène adjacente, et là encore c'est une tuerie! Franck Black est en grande forme et a décidé de tout balancer aujourd'hui (le concert est filmé). 1 heure dantesque sur les chapeaux de roue, sans temps mort. 19 chansons balayant tout le spectre Pixies, avec beaucoup de Doolitlle (Debaser, Monkey, un Hey fabuleux, Wave...) et 5 extraits du dernier (bon) LP en date. Super moment...

On terminera la soirée sur un bon Alt-J, mais bizarrement placés sur la petite scène alternative inaccessible, pour constater que les Red Hot Chili Peppers en live c'est effectivement super efficace. Les gars sont de très bons musiciens, c'est indéniable, mais c'est presque dans les moments de lâchage entre les morceaux qui'ils sont les meilleurs...

Belle journée de grosses tètes d'affiche... Et dans le combat de poids lourds qui s'annonce avec Rock en Seine (AEG, le gros concurrent de Live Nation devrait entrer au capital de RES suite au rachat par M. Pigasse) espérons que la diversité musicale sera une vraie ambition et que les indé, français notamment, seront invités à la fête! Il est bon de rêver de temps en temps...


lundi 10 juillet 2017

Guns 'n' Roses au Stade de France (7/7/17)


Axl, Duff et Slash ensemble au Stade de France! Il y a quelques mois encore une tel évènement paraissait totalement impossible! Au moment de leur séparation il y a plus de 20 ans, l'enceinte des footballeurs français champions du monde n'était pas encore sortie de terre. Pour paraphraser Axl, cette réunion ne devait pas avoir lieu dans cette vie et c'est très subtilement que cette reformation est baptisée "Not in this lifetime Tour".

Bien sûr, après avoir été les dieux du Rock au détour des années 90, les Guns avaient pris un coup de vieux après la déferlante de Seattle (Nirvana, Soundgarden, Alice in Chains) devenant très vite synonyme de ringard, à tel point que Kurt Cobain déclara avoir conçu "In Utero" en contrepoint pour faire fuir les affreux fans de Guns 'n' Roses qui avaient trop acheté Nevermind à son goût...

24 ans après les avoir vu à Lyon, on a pas hésité une seconde au moment de l'annonce du concert pour prendre nos places et même si l'excitation était importante c'est sans attendre grand chose que l'on se dirigeait vers le SDF... Forcément, cette immense tournée mondiale est ultra lucrrative (150 millions de dollars de chiffre d'affaires rien que sur le continent américain, Amsud compris). Ca donne le tournis et on comprend mieux que l'impossible devint possible... D'où certaines craintes légitimes de vivre un moment réchauffé sans saveur...



Et bien, aussi surréaliste que cela puisse paraitre, on a vécu un grand moment, régressif certes mais tellement jouissif et authentique! et donc rare... Ultra pro du début à la fin : début à l'heure, 3h20 de concert, une musicalité incroyable avec des jams monumentaux sur une version instrumentale à 2 guitares du "Wish you were here" de Pink Floyd ou le thème du Parrain légendairement repris par Slash. Beaucoup d'émotions avec une cover de Soundgarden, "Black Hole Sun" en hommage au défunt Chris Cornell, et bien sûr l'enchainement des morceaux d'anthologie GUNS : Welcome to the Jungle, Sweet Child O'Mine, it's so easy, Mr Brownstone, Don't cry, Rocket Queen, You could be mine... la liste est longue... et des morceaux emblématiques, non single-isés, comme Coma ou Double Talkin Jive...

Même November Rain sonnait d'enfer, et bien sûr mis le SDF en transe. Au même titre que les reprises à la sauce Guns de Paul Mc Cartney, Live and Let Die, Bob Dylan, Knocking on heaven's door et un immense Whole Lotta Rosie, qu'Axl masterise complètement depuis sa pige chez AC/DC l'an dernier... Enorme en tous points ce concert!!! Osons un "d'Anthologie"!

Un moment de communion, une sorte de messe joyeuse et célébrée avec 70 000 convives, dont la moitié avec un t-shirt des Guns. Ca rappelle plein de souvenirs mais ca se vit également au présent. Les 3 anciens potes brouillés montrent qu'il sont heureux de retrouver leur légende et de la partager avec leur public...

Que ca fait du bien!

A lire également l'épisode Best Song Ever avec "it's so easy"

mercredi 28 juin 2017

Où en sont-ils 3 ans après la sortie de "Underground Revolution (part 76)"?


"Brut de Rock" pour Rolling Stones, "Radicalisme de la proposition" pour Villa Schweppes, la compilation "Underground Revolution (part 76)" n'était pas passée inaperçue lors de sa sortie en 2014. 3 ans après, où en sont les protagonistes? Tour d'horizon dans l'ordre d'apparition sur le 33 Tours Vinyle...

LOVE SUPREME DISSIDENTS

Un titre d'ouverture post-punk et frondeur qui donnait le ton! Un EP enregistré et mixé par Nicolas Leroux qui devait sortir dans la foulée mais qu'on attend toujours... Les 3 musiciens disséminés sur 3 continents différents semblent avoir perdu la connexion... Mais une jam session à Chicago en aout dernier pourrait bien relancer l'histoire... A suivre

BURNING ALMS

Depuis la sortie de leur génial premier album chez Smalltown America en 2014, le duo s'est mis en stand-by pour cause de déménagement du chanteur/guitariste, John, à Londres. Mais grande nouvelle de 2017, Burning Alms revient sur scène début Août et s'est mis au travail pour donner un successeur à "In Sequence".



Entre temps, le batteur Tom, a sorti un premier album electro d'obédience dream pop avec son projet Simple Eyyes. Le disque en question est sorti l'année dernière sur le label japonais Nature Bliss

MOSLYVE

Le groupe central du label MRM n'est plus. Après la sortie d'un ultime album en 3 versions différentes, Moslyve a donné un concert d'adieu à Paris en avril 2015.

Depuis, les 2 membres fondateurs du groupe, Sylvain et Amaury, ont repris du service avec AMAIN ARME, duo guitare/batterie qui sert un rock noise énergique et passionné en français dans le texte pour un rendu totalement unique dans le paysage du rock français.

Amain Armé a enregistré son premier album à Chicago avec le légendaire Steve Albini (Nirvana, Pixies, Ty Segall et bien d'autres...). Un premier extrait des sessions, "Liberté", a été dévoilé. Le second, "Crêpe Humaine" devrait débarquer très bientôt. Pas encore de date de sortie pour l'album, ni de label approché... A suivre.



Dans le même temps, l'un des 2 chanteuses de Moslyve, Nathalie, a enregistré, sous le nom de Josef, un 2-titres avec Nicolas Leroux, que l'on ne présente plus. A écouter ici  Un album serait en préparation...

CHINESE ROBOTS

Les supers actifs Chinese Robots (1 45 tours et 2 EP en quelques mois sur le label MRM) ont connu pas mal de changements depuis 2014. Repartis en formule trio ultra efficace en live, Pierre-Hubert et ses compères préparent le tant attendu premier album du groupe. D'ici là ils pourraient surprendre leur monde pour quelques prestations exceptionnelles en formule restreinte et tubes repensés dans une optique dépouillée et inventive.



CHINESE ARMY

Oan et Benoit n'ont pas perdu leur temps depuis la sortie de la compile. Après une double page dans Rock & Folk, Chinese Army a réalisé de belles performances scéniques, mêlant admirablement images et sons, dans des salles de renom comme la Maroquinerie, la boule noire, petit bain ou tout récemment le musée d'art contemporain des abattoirs de Toulouse. Entre temps, le duo s'est enfermé en studio pour produire son premier album dont la sortie ne devrait pas avoir lieu avant décembre ou janvier prochain.



TEACH KIDS MANNERS

Très actif, le trio enchaîne les dates (1ere partie de Julien Doré l'année dernière, festival Comète et Coucoul, Point Ephémère...) et a même joué le mois dernier un concert privé dans le très sélecte Club Silencio à Paris. Un second EP, co-réalisé avec le groupe Omoh et mixé par Antoine Gaillet au studio Soyuz, est prêt et devrait sortir à l'automne.



En parallèle de TKM, le leader du groupe, Gillian, joue avec son frère dans Famonty, où il explore plus en profondeur ses influences abstract hip-hop. 3 titres hautement recommandables sont en écoute sur leur Soundcloud. Gauthier, le bassiste et multi-instrumentiste de TKM joue quant à lui au sein du groupe Pointe Noire avec Baptiste Homo et Marie-Flore (tous deux dans Omoh)

NICOLAS LEROUX

Responsable du mixage de la moitié des titres sur la compilation (Moslyve, Love Supreme Dissidents, les 2 titres acoustiques de Chinese Robots), le chanteur-compositeur-interprète au talent fou et réalisateur-mixeur émérite a déménagé en Bourgogne depuis 2 ans et réaménagé son studio sur place. C'est là bas qu'il prépare le retour de son projet FUGITIVE KIND. Après un album remarquable de sensibilité, de nuances et de poésie, la suite de ses aventures est attendue avec impatience...

Pour le plasir on s'écoute la compile... ;-)




A lire également notre article un an après la sortie de la compile

vendredi 16 juin 2017

Algiers au Silencio (15/06/17)


Algiers, le groupe du moment, en concert dans le club de David Lynch à Paris c'était forcément immanquable! Mais on a failli passer à coté!

Ca faisait des semaines que l'on guettait l'annonce du concert d'Algiers à Paris le 15 juin avec pour seule référence cette "unknown venue" en lieu et place de la salle sur leur site internet... Un simple post sur leur page Facebook précisait mercredi soir qu'il fallait contacter le groupe sur leur adresse g-mail pour avoir des précisions... On s'en aperçoit le lendemain, jour du concert à 14h et on joue le jeu... 20 minutes plus tard on nous répond que l'on vient d’être ajouté à la guest-list pour le soir même dans le très tendance Silencio (club apparenté à M. David Lynch)...

Petite salle cosy, pleine à craquer et ambiance club qui sied parfaitement au son et à la mentalité accrocheuse et revendicatrice des 3 d'Atlanta, rejoints depuis peu par l'ancien batteur de Bloc Party, Matt Tong. Première surprise, leur leader, Franklin James Fisher s'exprime dans un français parfait! Avec un son plutot bon, Algiers va interpréter la quasi-totalité de son premier album, avec bien entendu les perles que sont devenues Black Eunuch, Old Girl, Blood ou Claudette...

On aura droit à quelques morceaux du tant attendu second LP, qui sortira dans une semaine (le 23/06). On aura pu reconnaître les deux singles annonciateurs : "Underside of Power" et "Cleveland" et un remarquable morceau de fin de concert qui se termine en mode jazz-fusion avec Franklin James Fisher derrière un Fender Rhodes de circonstance rappelant les intentions psyche jazz d'un Keith Jarrett encadré par Miles Davis (période cellar door).

Un groupe remarquable, très politisé dans son expression et ses thèmes de prédilection, et qui se nourrit de la riche actualité anxiogène (Brexit, Trump) dans lequel ce second album semble avoir puisé sa source.

Il y a quelque chose de très profond avec leur musique et la voix est juste géniale...A suivre de près...

vendredi 7 avril 2017

Drinks au Point Ephèmère (6/4/17)


Drinks c'est le projet hirsute de Cate Le Bon et Tim Presley (plus connu sous le pseudo White Fence). Un véritable ovni qui déboula dans le cadre intimiste du Point Ephémère hier soir pour une performance véritablement enthousiasmante!

Difficile d'expliquer à quoi ressemble la musique des 2 compères. C'est assez libre, voire freeform, mais on pourrait, avec un peu d’imagination, penser à un Syd Barrett jamant avec Pavement dans un bol de krautrock... Barrett s'entend clairement dans ces voix monotones, perchées et capable de dérailler joliement. Pavement c'est pour le bordel organisé et dissonant en totale nonchalance et le krautrock pour ces sonorités et rythmiques bizarres, sombres et décalées...

Et on a bien eu tout ça hier et plus encore..  C'est vraiment rafraîchissant de voir des groupes comme Drinks qui jouent pour le plaisir de jouer. Pas de plan marketing, peu de promo (qui savait que ce concert avait lieu?), pas grand chose sur les réseaux sociaux... Il fallait venir, être présent et profiter de ce moment rare de partage d'un délire sans aucune prétention...

Sur scène, Cate le Bon attire les regards grâce à une présence et un charisme naturel. Le duo fonctionne vraiment bien avec un Presley plus effacé mais non moins ultra investi. La section rythmique enrobe parfaitement l'ensemble (la basse ronde et tout en déhanchement est ultra efficace).

Au milieu des déjà classiques "Focus on the Street", "Hermits on holiday" encore "Laying down Rock", quelques inédits qui permettent de rêver à un successeur rapide au premier essai datant de 2015... Wait and see...

Une soirée exquise!

A lire également quelques Pavement-itudes pour le plaisir...

mercredi 5 avril 2017

Ropoporose à Petit Bain (4/4/17)



Ca faisait longtemps que l'on avait pas attendu un concert avec tant d'impatience. En sortant, il y a quelques semaines, leur second album "Kernel, Foreign Moons", la fratrie Ropoporose (Romain/Pauline) nous a ébloui. Un disque vraiment fascinant, rempli d'idées, de tension rock et de mélodies addictives.

Sur ce second disque, on sent une grande maîtrise de leur sujet et un savant dosage d'influences diverses et variées. Si leur premier LP "Elephant Love" sonnait rempli de fraîcheur et d'enthousiasme, son successeur sonne de manière plus mature (malgré leur belle jeunesse) autant grâce à des compos soignées réussissant l'alliage improbable entre complexité des structures et évidence mélodique qu'à la qualité de l’enregistrement, notamment au niveau du son de batterie : brut, ample et spatial (avec l'apport à la prod de Thomas Poli).

En live, les attentes ne sont pas déçues. Le set est enlevé, puissant et on sent une vraie osmose entre le frère et la soeur. C'est communicatif! On pensait que sur scène, le duo simplifierait les chansons à l'essentiel. Que nenni, avec la technique éprouvée des loops en direct, Pauline additionne sur chaque morceau, les strates de guitares, et même de synthés, qui construisent l'univers singulier de Ropoporose. Une prouesse technique qui requiert une grande concentration. Un quasi sans faute si on excepte un loupé sur un morceau, il faut le dire, plutôt complexe...

Ropoporose a déjà à son répertoire un paquet de chansons immenses. Moira, Consolation ou 40 Slates du premier LP et les fabuleux nouveaux titres que sont Horses, Guizmo, Moon, Faceless Man et surtout l'immense None! De quoi régaler en live les aficionados d'un rock indé classieux, inventif et d'une grande sincérité.

Déjà l'un des grands moments de notre année musicale!

Pour finir, mention spéciale à Yacht Club, que l'on découvrait complètement en ouverture de la soirée. Les 4 tourangeaux sortent des sons totalement improbables avec leurs instruments (guitares, batteries et patchs, synthés) dans un style mélant math rock/electro voire weird world music.  Il y a une vraie recherche sonore et une envie certaine d'aventure sonique! Les titres plus rythmés soulèvent l'enthousiasme, on ne comprend pas trop ce qu'il se passe mais on est comme aspiré dans ce déluge sonore aux sonorités complexes mais au final presque évidentes... A suivre...

jeudi 29 décembre 2016

Best of 2016 : le classement MRM des 15 meilleurs concerts


Après le TOP 10 ALBUMS 2016, le classement des plus belles émotions ressenties en concert cette année. Et ce fut tellement intense qu'il fut impossible au final de restreindre la liste à 10 unités, on passe donc à 15. On en avait tellement besoin suite aux événements tragiques de 2015 que vivre une année 2016 aussi réussie dans les salles de spectacles est une bénédiction. La musique live reste une nécessité, un antidote à la morosité, une bouffée d'oxygène indispensable...

Cette année, c'est le concert de Wilco en plein air dans le quartier où j'ai habité à Chicago qui trône au sommet des émotions ressenties en 2016. Un concert at home pour Jeff Tweedy et sa bande. 2 heures de fulgurances avec cette capacité bluffante à passer de la mélodie la plus simple et évidente (Im' trying to break your heart, If i ever was a child) à des passages complexes (Art of Almost), voire bruitistes jubilatoires (Via Chicago, Kidsmoke). Le tout ponctué par un set final de 30 mn acoustique à l'ancienne (les 6 musiciens réunis autour d'un micro central). Phénoménal et inoubliable.

Peter Milton Walsh aura réussi la prouesse de nous bluffer 2 fois à 6 mois d'écart. Après une prestation de haute volée en septembre 2015 à la gaite lyrique (#2 TOP 2015) pour présenter avec un groupe au complet son inespéré nouvel album, il se permet de revenir au Café de la Danse en formation restreinte pour un concert dépouillé revisitant son immense répertoire. Une soirée à l'émotion sincère et réconfortante.

Après un concert moyen au théâtre antique de fourvière en juillet, Franck Black et sa troupe reviennent au Zenith en novembre pour mettre le feu et donner une série de taloches sonores dont ils ont le secret! Revigorant!

Les cultissimes Radiohead nous ont ravi lors de leur 1er soir au Zenith, c'est toujours un immense plaisir de revoir Thom Yorke et consorts. Et le plaisir fut apparement partagé puisqu'ils offrèrent à un public parisien en transe leur hit mondial des débuts honnis, Creep, plus joué depuis un paquet d'années.

La tête d'affiche d'un Rock en Seine 2016 qui en manquait cruellement en comparaison à d'autres festivals emblématiques (primavera pour ne pas le citer) a assuré. Massive Attack reste une vraie attraction live aussi bien au niveau du son, impeccable, que visuellement...

Le groupe de Steve Albini, Shellac, est également un phénomène sur scène. C'est viscéral, cru et d'une intensité rare. Indispensable. La reine PJ Harvey nous aura éblouie sur la scène du Zenith, son album, si mal mixé sur disque, reprend en live toute la rugosité qui lui fait défaut et on redécouvre un beau projet...

En formule trio, Sigur Ros réussit enfin à exprimer tout son talent avec la constance qui lui faisait défaut à nos oreilles jusqu'à présent. J Mascis et Lou Barlow semblent vieillir aussi bien que nos meilleurs crus viticoles. Michel Cloup Duo et Zëro nous auront réaffirmé avec coeur que le Rock made in France est bien vivant et n'a rien à envier aux autres...

Robert Smith, bien que physiquement un peu marqué, n'a rien perdu de sa voix si singulière et revoir The Cure sur scène, même à Bercy, reste une expérience cathartique. La noise jm' en foutiste de Girl Band aura été la révélation live de l'année tandis que Suuns aura confirmé à Primavera être un groupe à part.

Après l'hécatombe de 2016, voir un Paul Mc Cartney rayonnant à Paris aura été une bénédiction. Ce Black Bird seul en scène nous donne encore des frissons rien qu'à y penser. Enfin la fragilité de Daughter sur la scène du Trianon nous aura rappelé pourquoi on les avait placés dans notre TOP 2013.

1. Wilco au Millenium Park de Chicago (21/8/16)
2. The Apartments au Café de la Danse (18/4/16)
3. Pixies au Zenith (23/11/16)
4. Radiohead au Zenith (23/5/16)
5. Massive Attack à Rock en Seine (27/8/16)
6. Shellac à Primavera Barcelone (3/6/16)
7. PJ Harvey au Zenith (21/10/16)
8. Sigur Ros à Primavera Barcelone (4/6/16)
9. Dinosaur Jr à l'Elysée Montmartre (31/10/16)
10. Michel Cloup et ZËRO à la Maroquinerie (1/4/16)
11. The Cure à Bercy (15/11/16)
12. Girl Band au Trabendo (19/11/16)
13. Suuns à Primavera Barcelone (2/6/16)
14. Paul Mc Cartney à Bercy (30/5/16)
15. Daughter au Trianon (17/10/16)

Pas loin du TOP 15 : Brian Jonestown Massacre au Trianon, L7 à Rock en Seine, Ulrika Spacek au Point Ephémère, Algiers à Primavera, Deerhunter à Primavera, At the Drive In au Trianon, Les Insus au Zénith, Troy Von Balthazar au Supersonic...

A lire également le MRM TOP 10 ALBUMS 2016 et les TOP Concerts 2015 et 2014.

samedi 17 décembre 2016

Best of 2016 : le Classement MRM des 10 meilleurs albums


2016 se termine et son hécatombe de légendes avec elle... David Bowie, George Martin, Prince, Leonard Cohen... Tristesse éternelle... Mais par la magie singulière de la musique, ces artistes qui ont tant compté dans nos vies y resteront à jamais. La simple écoute d'un Low ou d'un Dirty Mind suffira à rallumer la flamme et la machine à songes qui nous rappelera l'importance de ces sons enregistrés sur bandes et gravés sur un bout de vinyle noir... Une autre époque dont le lent crépuscule continue...

Après la mise en sommeil officielle du label Mind Riot Music il y a un an, le projet musical qui rythma l'année aura, bien entendu, été Amain Armé et la formidable expérience de l'enregistrement d'un disque sur bandes avec Steve Albini! Incroyable aventure mais c'est une autre histoire... On espère que le disque sortira en vinyle l'an prochain même si on ne sait pas encore de quelle manière... A suivre...

Rentrons tout de suite dans le vif du sujet de cet exercice de style un peu vain mais toujours aussi amusant...

Succédant à Vietcong (dont le nouveau disque sous le nom de Preoccupations nous aura fait beaucoup moins vibré) Burning Alms, Godspeed ou TVB, ce sont les lyonnais (et oui ll fallait bien que ça arrive ;)....) de Zëro qui trônent au sommet de notre année musicale. Avec San Francisco (titre d'album au trait d'humour irrésistible puisque premier LP sans leur second guitariste dont le surnom est Francisco...) Zëro synthétise tout ce que l'on adore dans le rock : une audace et une envie d'aller de l'avant moderniste, une palette de couleurs immense menant du metal à l'ambiant en se terminant en mode free jazz... Et tout ça dans un même disque de maitrise artistique et de plaisir sonore tout à fait emballant!

On les a découvert sur le tard au détour d'une référence dans l'enclypodédie du Rock made in France sur la page consacrée à Moslyve. Magie du net on peut facilement découvrir un groupe et remonter le fil d'Ariane révélant que ces musiciens ont fait partie de 2 autres groupes cultes et centraux de l'histoire du rock français avec Bästard et Deity Guns... Ce 5ième disque de Zëro est notre favori de l'année et 10 mois après sa sortie aucune lassitude à écouter ce tube pop qu'est "Ich ein groupie", le metaleux "Last Bills" ou les apaisant et contemplateurs "Lac Baikal" et "San Francisco".

En seconde position, notre chouchou Troy Von Balthazar (#1 de notre Top 2010 et #3 en 2012) qui a annoncé que "Knights of Something" serait son dernier album. On ose y penser tellement sa pop lofi, élégante et d'une sincérité bouleversante nous soutient presque continuellement au milieu du marasme ambiant. Un artiste rare!!!

Troisième, le surprenant 3ieme disque de Warpaint (#5 en 2010 et #2 en 2014). Presque dansant, ce LP est toujours aussi sensuel et charmeur. Les harmonies vocales sont définitivement leur plus grand atout. Un album qui fait du bien.

Au pied du podium les monstres sacrés d'Oxford : Radiohead. "A Moon Shaped Pool", leur 9ième opus les voit s'aventurer sur les terres d'une pop sophistiquée et orchestrée. Un disque de rupture (celle de Thom Yorke avec sa femme qui influence un bonne partie des textes) dans la continuité (celle d'un certain apaisement intérieur commencé avec "In Rainbows"). Un très beau disque...

Dans le Top 5, le testament d'une légende. A l'écoute de "Black Star", le weekend de sa sortie, on pensait que David Bowie était enfin de retour et qu'il était reparti pour un moment. Ce disque est tellement inspiré, touche à tout et juste que Bowie semblait retrouver les sommets... Quelle choc d'apprendre le lundi matin la disparition de Ziggy Aladin Sane Bowie... Mais quelle sortie, quel clap de fin!!! Digne, inspirant et insaisissable... Le résumé d'une oeuvre singulière et tellement importante.

L'ancien Diabologum, Michel Cloup sort avec "Ici et là bas" un album rageur en mode duo. D'inspiration dylanesque pour les textes, le rock blues incisif du duo aborde des sujets aussi compliqués que l'immigration, les racines, le rapport à l'autre et à la société sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. Oui le bon rock français existe!

Les éternels Wilco se paient le luxe d'un second disque en 2 ans. Après le déjanté et divinement bruyant "Star Wars" ils nous reviennent avec une sorte de pop folk acoustique bizarre mais évident... Du grand art!

En huitième position les Pixies. Les revenants de Boston sortent, 20 ans après le vrai bon successeur à "Trompe le Monde" qu'on attendait plus après le décevant "Indie Cindy". On atteint pas les sommets rock Indé indépassables de "Surfer Rosa" (enregistré par Albini) ou "Doolittle" mais la pop racée de "Head Carrier" s'écoute avec un plaisir non dissimulé. Une cure de jouvence.

In extremis, 2 disques sortis en toute fin d'année par nos 2 micro labels Inde préférés (Requiem pour un Twister et le Turc Mécanique) se paient une place dans notre Top 10. 2 ans après un premier disque remarqué, Dead Horse One se classe de nouveau dans notre top 10. Avec "Season of Mist" leurs explorations sonores prennent de l'épaisseur. Ils renouvèlent avec brio le flambeau shoegaze en y ajoutant une lumière singulière : chaude, vacillante et colorée... Une pochette d'album aura rarement mieux refléter le contenu d'un album...

Le Turc Mécanique se paie le luxe de sortir le 3ième disque des anciens (et mythiques) Sloy qui sous le nom de 69 (décidément 2016 année lyonnaise) nous livre un album magique. Tout en apesanteur, ce disque sous influence électronique nous fait rentrer dans un univers dense et intriguant... La belle surprise de ces dernières semaines...

Enfin, Neurosis (encore un disque enregistré par Steve Albini), ne pouvait pas ne pas faire partie de ce classement tant le metal hors norme du groupe de Californie nous aura surpris par sa force et sa subtilité...

Ne sont pas passés très loin du TOP 10 : Sunn O))), Suuns, A Tribe Called Quest, Ulrica Spacek, Metallica, Preoccupations, Simple Eyyes, Mogwai...

MRM TOP 10 ALBUMS 2016

1. Zëro : San Francisco
2. Troy Von Balthazar : Knights of Something
3. Warpaint : Heads Up
4. Radiohead : A Moon Shaped Pool
5. David Bowie : Black Star
6. Michel Cloup Duo : Ici et Là-bas
7. Wilco : Schmilco
8. Pixies : Head Carrier
9. Dead Horse One : Season of Mist
10. 69 : Heroic
10. Neurosis : Fires Within Fires

Allez en bonus on termine avec le MRM TOP 5 Songs 2016:

1. Radiohead : Daydreaming
2. Zëro : Ich ein Groupie
3. Warpaint : New Song
4. Famonty : Shit Time
5. Metallica : Moth into Flame

A suivre le MRM TOP CONCERTS 2016 et à lire les TOPS 2015, 2014, 2013

jeudi 26 mai 2016

Radiohead au Zénith (23 et 24/05/16)


Ca fait plus de 20 ans que ca dure! A chaque fois c'est la même sensation ou presque. La sortie d'un nouvel album de Radiohead provoque une sorte d'excitation frénétique teintée d'une angoissante question existentielle : seront-ils à la hauteur de leur légende? Et à chaque fois les oxfordiens réussissent à nous surprendre et au final à nous passionner comme au premier jour...

Bien entendu, A Moon shaped Pool, 9ième opus du groupe, ne déroge pas à la règle. Pas moins que cette double soirée mythique au Zenith de Paris les 23 et 24 mai 2016! En chanceux titulaires de tickets pour ces deux soirées événements on aura eu la chance de voir Radiohead pour la première fois dans une salle à taille humaine (après 5 Bercy et un Belfort). Pouvoir distinguer les expressions sur les visages des musiciens donne une impression de proximité qui facilite l'abandon dans la musique céleste du combo... Tout simplement.

Les deux soirées débutent de la même manière avec les 5 premiers titres du nouveau disque, enchaînés dans l'ordre. Sans l'apport du London Contemporary Orchestra, des titres comme "Burn the Witch" ou "Decks Dark" prennent une dimension organique et viscérale confondantes par l'entremise des guitares maltraitées par Johnny et Ed... Que dire du magnifique "Daydreaming" interprété dans un silence de cathédrale, quasi religieux... Les fans de Radiohead forment une vraie communauté. Ils sont là pour profiter pleinement de la chance qui leur est offerte de communier avec leurs hérauts!

Le premier soir aura été d'une belle intensité et malgré un petit creux en milieu de concert (une version fade de "No Suprises", un "Separator" ennuyeux et un "Gloaming" sans conviction), les belles surprises n'auront pas manqué d'électriser la salle. Tout d'abord avec l'hymne "My Iron Lung" tout en tension et cavalcades libératrices, un "Paranoid Android" toujours aussi bluffant ou un "Weird Fishes" aux aprèges magiques. Mais c'est bien l'éternel "True love waits", joués pour la 1ere fois en 95 et enfin posé sur disque avec ce LP9, joué en version piano par Thom avec les seules aides de Colin et Johnny, qui transperce les coeurs. Quelle beauté... Avant ce rappel final totalement inattendu, "just for the laugh" comme ricane Thom et le lancement de "Creep", plus joué par le groupe depuis 2009. Quoi qu'on puisse en dire ca reste une grande chanson dont la force tellurique et émotionnelle submergea un Zenith fou de bonheur. On termine avec l'immense "Pyramid Song"! Génial...

Le second soir fut plus constant dans l'effort. Pas de baisse d'intensité mais du coup moins de pics euphorisants si ce n'est ce triptyque inattendu et jouissif de titres rares : Airbag, Talk Show Host, Climbimg up the Walls. Le final, là encore est dantesque avec des versions furieuses de 2+2", "There There" et "Bodysnatchers" qui font monter la température d'un cran... Et cette fois on termine avec un "Karma Police" repris en choeur par un public aux anges...

Radiohead est définitivement le groupe le plus important de ces 20 dernières années...

A lire également : Radiohead à Bercy en 2012 (Soir#1 et #2) en 2008, the King of Limbs, le rôle de Radiohead dans les années 2000,

vendredi 13 mai 2016

Troy Von Balthazar au Supersonic (12/5/16)


Quel plaisir de revoir Troy Von Balthazar, le Héraut des temps modernes colportant la parole des vrais artistes dévouant totalement leur vie à leur art, loin de toutes considérations mercantiles. Son très attendu 4ième LP, Knights of Something, vient de sortir chez Vicious Circle et sa tournée française passait hier soir par le Supersonic à Bastille.

Réaménagée sur les cendres encore chaudes de l'Opa Bastille, le Supersonic est la salle indé qui monte. Un peu biscornu et bizarrement agencé (espace très réduit devant la scène, poteau et escalier tout proche...) le Supersonic propose une prog éclectique mélangeant artistes en développement et valeurs sures indé pour des concerts en accès libre. On avait eu l'occasion d'y voir récemment nos protégés de Chinese Robots  y mettre le feu...

Comme sur sa précédente tournée, Troy se produit désormais seul sur scène, armé de sa télécaster fétiche, d'une guitare folk et de quelques pédales d'effets. Jouer dans une salle où le public n'a pas payé sa place est toujours un exercice délicat... Il y a ceux qui viennent pour le concert, très nombreux dans le cas de Troy, est ceux qui se posent au bar et continuent de parler durant le show... Autant que dans le cadre d'une prestation intimiste ca devient vite une épreuve pour le musicien mais aussi les spectateurs... Je me souviens d'un concert à l'international avec Moslyve où le set était coupé en deux avec une première partie acoustique qui s'est vite transformée en épreuve avec le brouhaha constant en provenance du bar... Pas facile de se concentrer et de se lâcher pleinement dans un tel contexte... La suite du concert en électrique avait sonné comme une victoire lorsque la furie des guitares et de la batterie couvraient enfin le bruit des jacasseurs...

C'est dans ce climat quelque peu austère que Troy et son public ont du se débattre hier soir... Ne se laissant pas désarçonner, Troy a, comme d'habitude, donné tout ce qu'il avait, touchant la grâce par moments. Cette version du tube 'Astrid' avec passage son clair puis son saturé sur le refrain rappelait presque la hargne de Chokebore. 'Touch is meat' et ses paroles si lucides (everything is industry) aura touché les coeurs. Que dire du classique "I block the sunlight out" ou encore de cette reprise de Léonard Cohen... On aura meme droit à une surprenante reprise de Chokebore, "one easy pieces", sans micro, et qui du coup tomba un peu à l'eau avec le bruit constant en provenance du bar ("you're not listening")... Même chose avec le splendide "The Tigers", sans micro, plein d'émotions mais altéré par le manque de respect de certains...

Au final, Troy réussit l'exploit de donner une performance habitée et sans concession... Mais quelle dommage que ce grand artiste n'ait pas la notoriété qu'il mérite tellement et qui devrait l'amener dans des salles où la communion avec son public puisse se faire dans le respect mutuel que ce digne troubadour de notre temps mérite tant...

A lire également Troy Von Balthazar eu Point Ephémère en 2012 et 2010 et à la Machine du Moulin Rouge en 2011 ou encore dans nos Top 2012 et 2010 ou plus récemment avec the Color Bars Experience en 2015...




mardi 19 avril 2016

The Apartments au Café de la Danse (18/4/16)


Peter Milton Walsh est définitivement un artiste à part. Peu de musiciens peuvent se targuer d'avoir un tel magnétisme. Son aura, sa générosité authentique qui vous transperce le coeur auront illuminé une soirée en tout point fabuleuse au Café de la Danse hier soir.

Après une mini-tournée française triomphante en septembre dernier, pour présenter dans un groupe au complet le chef d'oeuvre inespéré "No Song, No Spell, No Madrigal", Peter est de retour avec les 2 musiciens français, Natasha Penot et Antoine Chaperon, en formule trio pour revisiter en acoustique le brillant répertoire de The Apartments.

En formation réduite, guitare acoustique, arpèges lumineux sur Gretsch de circonstance, choeur féminin et synthé curiste, la sauce prend instantanément. Dès leur premier morceau du setlist, on est à deux doigts de fondre en larmes. Cette version de "Swap places" est juste bouleversante, rien de moins. Peter commence fort avec quelques titres du dernier album, si chargé en émotions… Mais loin d'être une célébration de ce disque majestueux et de cette renaissance cathartique, le concert du Café de la Danse s'est vitre transformé en un fabuleux voyage sonique autour de la carrière du groupe.

Tous les titres emblématiques de The Apartments, et on pourrait dire d'un pan entier de la pop indé classieuse et intemporelle, auront été délivrés avec une grâce absolue. De l'inaugural "Sunset Hotel", premier morceau du premier LP, en passant par "Knowing you were loved", "All the time in the world now" ou encore les premiers 45T avec "Nobody like you", Peter nous prend par la main et nous fait vivre avec intensité l'histoire de The Apartments, son histoire, notre histoire…

Lés émotions vécues auront été fortes et tellement diversifiées. Les 3 compères donnent l'impression d'avoir toujours joué ensemble et quand on sait le peu de répétions qu'ils ont pu faire ensemble on en est d'autant plus bluffé… Peter Milton Walsh est magistral : touchant, présent, vivant…

En versions dépouillées, ces chansons gardent leur intensité (le "Goodbye Train" en rappel est un choc tellurique). La preuve que Peter écrit d'immenses chansons qui lui survivront… Une soirée exquise dont  on ressort avec un sourire jusqu'au oreille, touché par la grâce d'un homme assez exceptionnel…

A lire également The Apartments à la Gaité lyrique et haut dans nos classements 2015

samedi 2 avril 2016

Michel Cloup Duo et Zëro à la Maroquinerie (1/4/16)


Soirée exceptionnelle à la Maroquinerie avec les Release Party des nouveaux opus de Michel Cloup Duo et de Zëro, soit la fine fleur du rock vraiment indé en France… Vous l'aurez compris, le blog MRM est un peu en sommeil. Après 7 années de carnet de bord de nos virées nocturnes, la lassitude a gagné et on ne prend désormais la plume que pour faire partager des moments d'exception. Ce fut pleinement le cas hier soir!

10 and d'existence et un 5ieme album au compteur pour les lyonnais de Zëro. Le groupe désormais trio, depuis le départ de François Cuilleron, vient de sortir l'un des meilleurs albums d'obédience rock de l'année avec "San Francisco". Un disque qui démontre l'incroyable palette de sonorités et d'ambiance que maitrise parfaitement le combo. A chaque fois ils visent dans le mille avec la simplicité des gens vraiment doués. "Last bills for ladpance" commence avec une rage mordante avant de nous emmener vers une atmosphère tout en apesanteur. "Ich ein Groupie" sonne comme un tube indé qui, dans un monde normal, serait au sommet des charts, "Lac Baîkal" stupéfait par son duo synthés/mini moog inattendu, jusqu'au titre éponyme en mode free jazz… Monumental…

Eric Aldé, Franck Laurino et Ivan Chiossone ont l'air de mecs tout à fait normaux, alors qu'ils ont fréquenté 3 des meilleurs formations rock made in France (Deity Guns, Bastard et donc Zëro), 3 groupes cultes… Mieux encore, le choix du nom de leur album montre toute l'auto-dérision et le sens de l'humour des lyonnais (album enregistré sans leur pote François, surnommé Fransisco)… Sur scène, la maitrise n'empêche pas la transmission de pleins de sentiments différents durant cette heure de concert incandescent… Un groupe majestueux, tout simplement…

La soirée idyllique se poursuivit avec la performance intense et poignante de Michel Cloup Duo. L'ancien Diabologum mets littéralement ses tripes sur scène. C'est poignant, sincère et allié à une énergie dense focalisée sur le moment présent… On découvre sur scène le nouvel album "Ici et là-bas". La lucidité de "Nous n'arrivons plus à dire nous" nous sidère. La façon qu'à Michel Cloup de se dévoiler de manière très pudique tout en révélant quelque chose de nos vies et nos époques est déconcertante… Il faut avoir beaucoup de courage et de talent pour aborder des sujets aussi compliqués que l'immigration, nos racines, nos vies de citoyen sans tomber dans le pathos ou la leçon de morale… Il réussit cette prouesse avec brio.

Tel un funambule, Michel Cloup semble souvent tomber de son fil mais ne le fait jamais… La encore, comme pour Zëro, la maitrise est absolue. Michel utilise beaucoup de boucles qu'il enregistre et superpose en live. C'est réalisé avec brio et sans que la performance globale soit altérée alors que ça complexifie forcément l'exécution… Testant actuellement la formule duo guitare/batterie avec mon nouveau projet Amain Armé (du son très bientôt) j'ai forcément un grand respect pour ce que j'ai vu hier soir. J'en mesure toute la difficulté…

La grosse heure et demie de concert aura passé à une vitesse incroyable. Quasiment tout le nouvel album sera joué. On sent une évolution vers plus de diversité et  de variété de style abordés mais toujours avec excellence. On retiendra quelques moments de vérité troublants avec "La classe ouvrière s'est enfouie", "Nous n'arrivons plus à dire nous" et des titres plus anciens comme "Notre Silence" ou "J'ai peur de Nous"… La sincérité et la générosité du duo transperce nos âmes… Du rock d'aujourd'hui et du temps présent…

Une soirée inoubliable. A lire également Michel Cloup Duo dans notre top albums 2014 et du coté de Rock made in France les bio de Bastard et Zero.

lundi 28 décembre 2015

Best of 2015 : Classement MRM de 10 meilleurs Concerts



2015, une année de concerts moins remplie qu'à l'accoutumée (faute à une année difficile au taf et aux événements tragiques de novembre...) mais d'une intensité certaine et salvatrice... Encore une fois, ce sont vraiment ces expériences vécues qui justifient notre attachement sans borne à l'oeuvre musicale... C'est d'autant plus marquant et important que l'année 2015 fut difficile...

On avouera que la lecture dans la très belle revue Audimat de l'article de Drew Daniel (moitié de Matmos qui explique de manière convaincante l'incongruité et l'ineptie des tops de fin d'année) nous a aura presque convaincu de ne pas écrire ce post. Mais la tentation de partager ces quelques lignes et ces émotions ressenties toute l'année aura été plus forte... Et si il y a bien une année où il faut parler des sensations incroyables et indispensables ressenties en concert, c'est bien en cette tragique année 2015...

Cette année c'est Patricia Barber qui trône en tête de notre classement pour dignement succéder à Slowdive! Son concert au mythique club de jazz de Chicago, le Green Mill, le 17 aout dernier fut une merveille du genre. C'est sûr que les retrouvailles de votre dévoué avec la windy city préparèrent le terrain émotionnel à ce grand moment de musique. Comme à son habitude, Patricia et son tout nouveau quartet de jeunes talents, proposa un premier set plutôt classique, avec une prédominance de morceaux en mode jazz vocal où l'artiste attire pleinement la lumière. Le second set fut plus libre et spontané avec de jouissives phases d'improvisation d'un quartet déjà au sommet de son art... Une soirée délicieuse.

On attendait avec un mélange d'impatience et d'inquiétude le concert si particulier de The Apartments à la Gaité Lyrique. Peter Milton Walsh allait-il réussir à retranscrire dignement toute l'émotion si poignante qui émane de l'écoute de "No Spell, No Song, No Madrigal" (Album #2 de notre classement 2015)... Ce fut une perfection de bout en bout... Une soirée rare...

Le retour de Ride à L'Olympia était également fermement attendu et on n'a vraiment pas été déçu. Quelle baffe, et le tout sans prendre une ride, ou presque... Dans la catégorie retour inattendu et tellement jouissif, Blur aura rendu une copie impeccable au Zenith! Viet Cong aura confirmé en live, au point Ephémère, tout le talent qui les a propulsé #1 de notre Top Albums 2015.

Noel Gallagher nous aura donné des frissons au Zenith avec notamment une version laidback de Champagne Supernova à pleurer... Toute la puissance tellurique de Godspeed You Black Emporor se déversa dans le Grand Hall de la Villette pour un set impressionnant.

Le grand habitué de nos classements de fin d'année, Monsieur Troy Von Balthazar, ne loupe pas le coche cette année grâce au magnifique concert donné par The Color Bars Experience à la maison de la Radio (à l'invitation du label Pop de Vincent Théval). Leur ré-interprétation émouvante du dernier album d'Elliott Smith, Figure 8, nous rappelle à quel point Elliott était un artiste à part, et tellement regretté...

La découverte de notre fin d'année 2014, Kori (dans notre Top #5 EP 2014) a réussi la prouesse de nous emballer à l'Espace B en février, pour le premier vrai concert du groupe, puis au Point Ephémère quelques semaines plus tard... on souhaite le meilleur au leader du groupe, Ori di Vincenzo dans sa nouvelle aventure londonienne et on attend avec impatience la suite de ses aventures sous l'alias Kori... Un vrai talent en devenir...

Le meilleur groupe français du moment, J.C. Satan à démontré à la Maro que le trône leur appartient tandis que le shoegaze de No Joy au Pop up du label nous aura fasciné...

1. Patricia Barber au Green Mill, Chicago (17/8/15)
2. The Apartments à la Gaite Lyrique (23/9/15)
3. Ride à L'Olympia (27/5/15)
4. Blur au Zénith (15/6/15)
5. Viet Cong au Point Ephémère (9/2/15)
6. Noel Gallagher au Zenith (12/3/15)
7. Godspeed You Black Emporor au Pitchfork Festival (29/10/15)
8. Color Bars Experience à la Maison de la Radio (2/5/15)
9. Kori au Point Ephémère (20/3/15)
10. J.C. Satan à la Maroquinerie (11/12/15)
10. No Joy au Pop up du Label (3/10/15)

A lire également notre Top 10 Albums 2015, ainsi que les Top Concerts 2014, 2013, 2012, 2011 et 2010.

mercredi 16 décembre 2015

Best of 2015 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums



Commencée par Charlie, terminée par un petit problème de santé et entre les deux la perte d'un ami et une tuerie dans une salle de concert… C'est ce que l'on appelle une bonne vieille année de merde… Coté MRM, 2015 aura également vu la fin de l'aventure du label Mind Riot Music, en tous les cas dans sa version lancée en 2010… Après 5 belles années à se battre pour faire exister de beaux projets (les 2 compilations, les disques de Moslyve et Chinese Robots) les caisses sont vides et il est donc temps de sonner la fin de la récréation. La vie du label en tant que producteur d'objet physiques vinyles ou CD est terminée... 2015 morne plaine…

Mais aucune raison de s'apitoyer sur son sort. Nous sommes encore vivants et les bons moments passés doivent rester les aiguillons de notre futur. Les souvenirs de ces expériences partagées ranimeront la flamme et le phénix renaitra de ses cendres, sous une autre forme certainement… Et peut être plus vite que prévu autour du rock dur d'un duo guitare/batterie de 2 anciens du groupe qui fut à l'origine de la naissance du label?… C'est une autre histoire qui s'écrira peut-être, ou pas, en 2016…

Revenons à cette année musicale 2015! Encore plus que d'habitude, la musique aura été cette bouée de sauvetage, cette bouffée d'oxygène qui nous aura fait surmonter ces épreuves difficiles… En cela, 2015 restera une année Zik qui compte, très certainement…

Après Burning Alms, l'année dernière (qui malheureusement est en stand-by jusqu'à nouvel ordre) c'est un groupe canadien de Calgary, Viet Cong, qui décroche la timbale! Ils mélangent tout ce que l'on adore dans le rock indé : des chansons à tiroirs complexes et jouissives passant, dans la même chanson, du post-punk agressif au psychédélisme béat d'un Syd Barrett incorporant des harmonies beach boysiennes, des sons bizarres, des dissonances, une énergie frontale et libératrice… L'album de l'année, digne successeur des Burning Alms, Deerhunter, Godspeed, The Horrors, TVB

Peter Milton Walsh nous aura fait pleurer tout en nous réconfortant tout au long de l'année avec son album inespéré qui nous rappelle que de toute tragédie peut sortir une immense beauté! "No Song, No Spell, No Madrigal" #2.

Sur le podium, l'éternel Noel Gallagher n'a pas perdu son aura de songwriter pop d'exception et rajoute quelques perles à sa belle collection (Dying of the light, Riverman)…

Les vainqueurs du Mercury Prize 2014, Young Fathers, confirment avec un excellent second LP au nom très engagé (White Men are Black Men too) qui mixe à merveille hip-hop innovant, voix pop et énergie rock. Après un album rentre-dedans au son crade (#1 de notre top en 2013), Deerhunter revient avec leur album le plus pop, tout le contraire de Wilco qui sort un disque surprise cet été qui part dans plein de directions alambiquées et surprenantes : une cure de jouvence…

Le joli label indé du Mans, Cranes Records, a eu le nez creux en sortant cette année pour la France, le premier disque vinyle (sorti aux US en 2014) de The Spirit of the Beehive. En 2 écoutes on est tombé amoureux du son shoegaze et atmosphérique du groupe… Une vraie drogue (on se passe Don't en boucle sans aucune lassitude…). Suuns s'associe à Jerusalem in my Heart pour produire un disque barré mélangeant IDM et Krautrock. Bluffant! Kendrick Lamar a mis la planète à genoux et JC Satan démontre enfin sur disque toute l'étendue de leur palette : un must...

MRM TOP 2015 Meilleurs Albums

1. Viet Cong
2. The Apartments : No Song, No Spell , No Madrigal
3. Noel Gallagher : Chasing Yesterday
4. Young Fathers : White Men are Black Men Too
5. Deerhunter : Fading Frontier
6. Wilco : Star Wars
7. The Spirit of the Beehive
8. Sunns + Jerusalem in my Heart
9. Kendrick Lamar : To pimp a butterfly
10. JC Satan

MRM Top 5 Songs

1. The Spirit of the Beehive : Don't
2. Noel Gallagher : The Dying of the Light
3. Deerhunter : Breaker
4. Kurt Vile : Pretty Pimpin
5. The Apartments : Swap Places

A suivre le MRM TOP 10 Concerts 2015 et à lire également les Tops 2014, 2013, 2012, 2011, 2010

jeudi 24 septembre 2015

The Apartments à la Gaité Lyrique (23/9/15)


Une soirée délicate et délicieuse avec The Apartments à la Gaité Lyrique : Inespéré et tellement revivifiant… Découvrir sur scène le mythique disparu Peter Milton Walsh fut à la hauteur de nos espérances… Quelle soirée…

Quand on sait que Monsieur Walsh s'était totalement retiré de la musique depuis la mort de son jeune fils en 1999, l'écoute d'un nouvel album de ce songwriter génial et encore mieux une tournée de promotion du dit album paraissent irréel… Ce qu'il est encore plus c'est l'incroyable émotion tout en retenue et en pudeur qui se dégage du personnage, aussi bien sur disque que sur scène…

"No Song, No Spell, No Madrigal" est totalement tourné autour de cette tragédie qui voit un parent enterrer son enfant. Peter réussit la prouesse de rester touchant, sincère et émouvant sans jamais tomber dans le pathos ou le misérabilisme… Tout en retenue et en finesse, il dépasse et transcende ses douleurs pour nous livrer une véritable oeuvre d'art… Bouleversante et chargée. Troublante et réconfortante à la fois…

Sur scène, l'émotion reste intacte… Sur certains titres, un frisson parcourt notre corps (dès l'intro de basse magique de "No Song, No Spell, No Madrigal", "Twenty One" et cette ode poignante à son fils et à ce que l'avenir n'apportera pas, "Swap Places" et son mantra si éloquent…). C'est beau tout simplement… Tout l'album sera joué dans l'ordre avant que quelques pépites du fabuleux répertoire de l'australien ne viennent égayer la soirée et rappeler à quel point Peter Milton Walsh fut et est un grand musicien…

Mention spéciale à "Mr Somewhere" et le grand "Goodbye Train" qui devra forcément faire l'objet d'un prochain épisode de notre saga Best Song Ever...

lundi 22 juin 2015

"Underground Revolution (part 76)" : Que sont-ils devenus?


Il y a tout juste un an sortait en vinyle la 2nde compilation Mind Riot Music, "Underground Revolution (part 76)". 12 mois après que sont devenus les Burning Alms, Chinese Robots, Teach Kids Manners, Chinese Army, Moslyve, Lys last Stand, A Free Soul ou encore Love Supreme Dissidents...?

Conçue comme un manifeste, cette seconde compilation estampillée Mind Riot Music après l'inaugurale "Time Machine Collection : Volume I" de 2010, se voulait "comme une célébration de l'esprit d'indépendance et du do it yourself de 1976" tentant de "rassembler les groupes à suivre d'un nouveau mouvement qui se dessine" comme le faisait remarquer Eric Delsart dans la rubrique Vinyle de ROCK & FOLK.

"Brut de rock" dixit ROLLING STONE, "Radicalisme de la proposition" pour VILLA SCHWEPPES, "Indomptable, inclassable" pour SONGAZINE, "A l'écart des circuits habituellement fréquentés" pour ALBUMROCK, la compilation MRM a reçu les faveurs de la critique, allant jusqu'à une mise en avant sur les ondes des radios FERAROCK en septembre 2014…



Un an après les (mé)faits, où en sont les groupes participants? Petite revue d'effectif...

BURNING ALMS

Le duo de Birmingham, trio en live, avait enflammé l'Espace B en juin 2014 avec leur rock coup de poing lors de la double Release Party de la compilation. Un tout premier concert sur le continent dont ils ont tiré un joli documentaire (voir ci-dessous). Quelques semaines plus tard ils sortaient leur premier album sur le vénérable label indé UK "Smalltown America". Un très bon accueil outre-manche et quelques concerts fiévreux de plus auront couronné une grande année 2014 pour Burning Alms (#1 TOP 10 albums MRM 2014). Aux dernières nouvelles, le groupe serait en mode pause. Le batteur, Thomas Whitfield en profite au passage pour tenir les fûts derrière False Grails dont les premiers morceaux entendus, sorte de post-punk groovy, nous donnent envie d'en savoir plus très vite. Tom oeuvre également en solo électro sous l'alias Simmple Eyyes



CHINESE ROBOTS

Les vedettes de la compilation, présents avec un tube électrique et excentrique en Face A, et deux titres acoustiques célestes en Face B, ont continué de sillonner leur chemin aventureux avec l'aide du label MRM. En novembre 2014 sortait le 25 cm vinyle (10-inch) "Halo Future", un EP audacieux et brillant qui aurait mérité plus de reconnaissance. En avril dernier, les 5 impétrants mettaient enfin sur disque une vision revue et corrigée en acoustique de leur propre entité : "Memory of the Shapes". Un nouvel essai bluffant. Après une poignée de EP, Chinese Robots va enfin franchir le pas d'un long format et travaille en ce moment sur leur premier album; Ce secret si bien gardé de l'underground parisien aura laissé une trace magnifique sur le label MRM et ne devrait pas tarder à éclater au grand jour…



TEACH KIDS MANNERS

Le jeune trio parisien avait épaté la galerie avec YATAWW, leur titre de pop électronique aérien et presque féérique sur la compilation MRM. Début juillet 2014, ils sortaient en auto-prod leur premier EP via Bandcamp (dispo depuis quelques semaines sur toutes les plateformes digitales) : HTKM. Début 2015 ils ont fait la première partie de Julien Doré sur plusieurs dates de sa tournée, jouant devant plusieurs milliers de personnes... Teach Kids Manners travaille actuellement sur son second EP.



CHINESE ARMY

Le duo parisien continue, pas à pas, son ascension. Signature pour le digital chez Believe, double page dans ROCK & FOLK après que Philippe Manoeuvre soit tombé sous le charme du duo, puis nouvel EP sorti à l'automne. L'armée chinoise n'a pas chômé après la sortie de la compilation. En 2015, toujours pas mal de concerts (dont une première partie des Chameleons à Petit Bain) et un premier album en préparation, celui de la consécration?



MOSLYVE

Le groupe par lequel le label MRM naquit (et périra) a sorti son 3ième et ultime album en avril dernier sous la forme d'un triptyque décliné en 3 disques. Magic, qui supporte le groupe depuis ses débuts discographiques en 2010 a une nouvelle fois salué l'effort et quelques chroniques sur le web, parfois dithyrambiques (ADA, Musiczine, Froggy's Delight), sont venues rendre un dernier hommage au groupe au cœur de l'aventure Mind Riot Music…



Parmi les autres participants, on retiendra que Lys last Stand a mixé le dernier volet du triptyque Moslyve (Faith in the Sound), le plus audacieux (voire le plus fou). Groupe éclaté entre Chicago, Paris et Sydney, Love Supreme Dissidents semble s'être enlisé et on est sans nouvelle de A Free Soul…

Allez on se ré-écoute ce petit moment d'histoire…

mardi 16 juin 2015

Blur au Zénith (15/6/15)


On enchaîne les concerts d'exception depuis quelques semaines et c'est donc avec un réel plaisir que l'on se doit de ré-animer le blog MRM (au moins un temps) pour partager ces instants de bonheur... Après 12 ans d'absence à Paris et un concert à L'Olympia, 6 mois après le Bataclan, pour la tournée "Think Tank" (sans Graham Coxon donc), Blur était en fin de retour dans la capitale.

On avait quitté les porte drapeaux de l'esprit britpop, lors d'un concert mémorable au Théatre Antique de Fourvière en 2009 pour leur reformation surprise (seule date en France de l'époque). Et c'est pour promouvoir la sortie de leur inespéré 8ième LP, The Magic Whip, que Blur fait escale au Zenith de Paris... On ne pouvait manquer cela pour rien au monde...

La foule, compacte, est étrangement assez variée en terme de maturité. Beaucoup de fans de l'époque qui sont proches de la quarantaine mais aussi pas mal de plus jeunes... C'est plutôt rassurant. Et ca démarra sur les chapeaux de roue avec l'un des meilleurs titres du nouvel album : Go Out! Ca pétarade, la guitare de Graham Coxon part dans tous les sens, la basse d'Alex James chaloupe le beat tandis que Damon Albarn harangue déjà la foule et la pousse à lâcher prise... Le son est nickel et le voyage peut commencer...

La moitié du nouvel opus sera joué. On retiendra le troublant "Thought i was a Spacemen" qui instaure une atmosphère céleste et intimiste vraiment bluffante, l'introductif "Lonesome Street" (single de l'année selon Liam Gallagher, qui l'eut cru!) et le punkisant "I broadcast". On sera déçu de ne pas entendre le génial "There are two many of us" mais on sera vite consolé par le reste d'un setlist aux petits oignons.

Damon et sa bande ont l'intelligence de piocher dans chaque époque du groupe et donnent ainsi à entendre la très large palette des émotions et des courants que Blur a réussi, souvent avec brio, à embrasser. L’inaugural Leisure est representé par le baggy "There is no other way", Modern Life is Rubbish par le très David Bowie "For Tomorrow" tandis que c'est évidemment l'album britpop par excellence, Parklife qui se paie la part du lion avec 6 titres joués dont les tubes imparables (Girls & Boys, Parklife, This a Low) et quelques perles oubliées dont "Message in the touble center"...

Bien sûr, nos oreilles d'indie kids, frétilleront au son de "Beetlebum", "Song 2", de l’expérimental et unique "Trimm trab" ou de l’envoûtant "Out of time"... Mais Blur a été tellement pertinent à chaque étape de sa vie musicale que c'est vraiment le concert dans son intégralité que l'on retiendra...

Les anciens branleurs des 90's n'ont rien perdu de leur enthousiasme et de leur don du partage. Ils vieillissent admirablement bien et c'est déjà en soit un sacrée leçon...

A lire également Blur à Fourvière, Graham Coxon au Café de la Danse ou encore Damon Albarn en solo ou avec Gorillaz... Et Blur en Best Song Ever bien sûr...

dimanche 14 juin 2015

Young Fathers à la Maroquinerie (13/6/15)


Excellente prestation hier soir à la Maroquinerie des écossais de Young Fathers, valeur montante et futur immense groupe on n'en a aucun doute!

C'est clairement leur victoire inattendue au prestigieux Mercury Prize britannique en novembre dernier qui nous a appris (et à beaucoup d'autres personnes) l'existence de cet intriguant groupe d'hip-hop expérimental (pouvait-on lire dans les gazettes…).

Et c'est vrai que leur musique est totalement hybride. D'obédience hip-hop old school mélangé à de savantes influences pop, R&B et Soul, "Dead", leur premier album victorieux du Mercury Prize est un OVNI. Leur second LP sorti récemment, "White men are black men too" (quel titre!), prolonge les expérimentations de ces laborantins en intégrant de belles séquences influencées par le rock pour donner un disque remarquable, bluffant de fraicheur et d'inventivité.

On avait donc hâte de découvrir les phénomènes sur scène. On n'a pas été déçu. C'est évidemment le mariage des 3 voix (souvent en harmonie) qui donne ce coté céleste et pop à Young Fathers. La rythmique et les synthés (samplés pour la plupart sur scène) font tantôt penser au hip-hop des 90's au post-punk ou au rock indé…

Le rendu en live est ultra tribal (The Queen is dead, Old Rock N roll) souvent sombre mais avec ces moments de magie et de beauté dans la crasse (War). Ca oscille entre énergie ravageuse (Rain or Shine) et euphorisante (Shame), que ne renieraient pas les punks de la grande époque, et moments d'une beauté céleste avec ces 3 voix mêlant pop, soul (Sirens) et parfois presque du gospel…

En petit bémol, on remarquera que le son n'a pas été toujours à la hauteur de la prestation et on a senti que l'ingé son avait galéré pour bien faire ressortir les voix dans le maelström rythmique (batterie live + sample), mais les réglages furent plus précis au fil du concert. Mais ne nous y trompons pas, Young Fathers c'est l'avenir!!! Et avec un vrai groupe de scène derrière eux, ils vont tout casser...

dimanche 31 mai 2015

RIDE à l'Olympia (27/5/15)


A évènement exceptionnel, réponse exceptionnelle… On avait un peu délaissé, volontairement, le blog MRM ces derniers temps mais la réformation et la venue de RIDE à l'Olympia ne pouvait être passée sous silence… Surtout après une telle prestation et les intenses émotions ressenties ce soir là…

Après les retours sur scène convaincants et inespérés des maitres shoegazing My Bloody Valentine et Slowdive et la tournée Psychocandy des Jesus & Mary Chain l'année dernière, il ne manquait plus que le chainon manquant : les Oxfordiens de RIDE.

Emmenés par deux songwriters hors pairs, Mark Gardener et Andy Bell, le groupe avait créé la sensation au tout début des années 90 avec une poignée de EP remarquables et un premier LP, sorti sur le label d'Alan McGee Creation Records, en tout point parfait. Nowhere était en effet la parfaite synthèse de la pop des Beatles et du mur du son de distorsion, mêlant chaleur et dissonance, amené par Jesus & Mary Chain (Psychocandy) et poussé dans ses retranchements les plus fous par My Bloody Valentine (Loveless)…

Et la presse britannique parlait, bien entendu du groupe d'Oxford comme des nouveaux Beatles, rien de moins… Le mouvement shoegaze, qui dura quelques années (89-94) fut englouti par la britpop mais on aura tort de penser à une vague en balayant une autre. On pourrait même dire que le shoegaze en fut en fait le précurseur… A l'écoute des premiers LP de Blur (Leisure) et Radiohead (Pablo Honey) l'influence du RIDE des débuts est évidente. Si les frères Gallagher ont piqué le son des Mary Chain pour fomenter "Definitely Maybe", ils ont poursuivi le chemin arpenté par RIDE en mélangeant mur du son et mélodie pop mais en y apportant la hargne des Stooges…

RIDE fut donc un acteur central de l'histoire de la guitare au Royaume-Uni et leur retour n'en était que plus attendu… Et très clairement, leurs chansons n'ont pas pris une ride, en tous les cas pour ce qui concerne la première partie de leur discographie de 89 à 92. On a tous oublié les 2 LP sortis après leur second effort (Going Blank Again) presque aussi éblouissant que "Nowhere"… Et c'est fort à propos que ces 2 disques sont presque oubliés du set-list de leur reformation. En délaissant la noisy pop de leur débuts pour un songwriting plus classique et vintage, RIDE avait perdu sa spécificité et donc sa pertinence…

Et à l'Olympia, ca démarre sur les chapeaux de roue avec l'un de leurs titres phares, "Leave them all behind" qui introduit à merveille la soirée magique que l'on va passer. 8 minutes dans un dédale de strates de distorsions ajoutées au fur et à mesure d'un final instrumental totalement envoutant… Waouh… S'en suit l'un des tous premiers titres du groupe, "Like a Daydream", avant le diptyque impérial issu de Nowhere avec les incroyables "Polar Bear" et "Seagull". La noisy pop originelle dans toute sa splendeur. Derrière les futs, Loz Colbert impressionne avec ses descentes de toms jouissives. Le son est impeccable, chaque instrument s'entend de manière distincte et les harmonies vocales de Mark et Andy sont au diapason (et rappellent tout ce qu'ils sont allés chercher du coté des Beatles et des Byrds). 

C'est tout un pan d'histoire qui se rappelle à nos bons souvenirs. Ces chansons restent intemporelles et les Oxfordiens ont la maitrise et l'expérience pour les retranscrire dans toute leur splendeur. On sent un groupe soudé et vraiment au point et les 25 années passées depuis leurs débuts sont rapidement oubliées. Force, impact, présence et engagement. Un set parfait.

Sans surprise on atteint des sommets d'extase avec Dreams Burn Down, Paralyzed et l'hymne Vapour Trail… Et que dire de ce final bruitiste de plusieurs minutes sur Drive Blind… Epoustouflant… Seul bémol, un rappel vite expédié avec un titre seulement, le premier du 1er Ep : Chelsea Girl…

Une magnifique soirée et un souvenir ému pour le label Mind Riot Music tant le son de "Nowhere" aura hanté les sessions d'enregistrement du premier disque de Moslyve,  "Nothing to lose" (premier disque sorti par le label en 2010) et surtout le second, "Slave to modern age" enregistré dans le studio de Nicolas Leroux (Overhead)… Toute une histoire...