samedi 23 juillet 2022

The Rolling Stones au Groupama Stadium Lyon (19/7/22)


Evènement planétaire avec la tournée Sixty des légendes vivantes les Rolling Stones. Après 2 années de pandémie et surtout après le décès de Charlie Watts l'année dernière, la série de concerts en Europe (13 villes) pour célébrer les 60 ans de carrière du plus illustre groupe de Rock & Roll de l'histoire revêt un aspect très particulier... 

On ne va pas le cacher, la probabilité de revoir les Stones sur scène pour la dernière fois est grande et l'envie de partager un ultime moment de bonheur avec eux irrésistible... Malgré la canicule qui sévit (39 degrés) la marée humaine qui déferle sur le Stade de Décines n'a qu'une envie : vivre un moment inoubliable avec ses icones...


60 ans de carrière au sommet d'une popularité mondiale jamais contredite, c'est inédit et ca risque de ne jamais plus se reproduire pour un groupe de musique, tout du moins pas dans de telles proportions de succès populaire... C'est un exploit de réussir à faire vivre le mythe aussi longtemps en concert tout en restant crédible...

Un concert des Stones c'est un show monumental où rien n'est laissé au hasard. Dès le début des années 80 ils ont été les pionniers et des innovateurs constants en terme de spectacle musical. C'esr rodé mais c'est surtout porté à bout de bras par Mick Jagger. A 79 ans, il continue de sauter de partout, de déployer une énergie communicative de dingue et surtout, il continue à chanter puissamment et avec justesse... C'est surnaturel... Chapeau bas Sir!


Keith, l'âme du groupe, veille au grain et Ron délivre de beaux soli sur sa guitare Les Paul. Mick parle en français et se met brillamment le public lyonnais dans la poche en lançant "on m'a dit que les lyonnais chantaient bien... mieux que les stéphanois".  Eclats de rire rire et applaudissements soutenus...

La setlist est quasi parfaite, on se croit dans un rêve... Ca commence par le pre-punk Street Fighting Man, toujours aussi percutant depuis mai 68... Le très vieux 45T "Let's spend the night together" (67) nous replonge dans les débuts des Stones avant un Tumbling Dice envoûtant... Avec "Out of Time" les Stones reprennent un titre issu de Aftermath (66) qu'ils n'ont probablement pas joué en live depuis cette époque... Surprenant...

On est pas au bout de nos surprises avec Dead Flowers (Sticky Fingers) l'un de leurs meilleurs titres country-folk et l'épatant Angie, pas joué tous les soirs... C'est beau... "Living in a Ghost Town" et son reggae vaporeux nous ramène aux heures sombres de la pandémie mais amène un souffle (re)nouveau salvateur...


Après le rituel intermède Keith Richards au chant avec l'inusable Happy notamment, c'est Miss You et son gimmick ravageur qui enflamme le Parc OL. Juste avant le morceau de bravoure, Midnight Rambler et ses presque 10 minutes de Blues originel, de soli, d'impro... Magique... On part loin...

Se suivent un quatuor de hits ultimes : Paint it Black, Start me up, Sympathy for the Devil (ouh ouh) et Jumping Jack Flash... Prévu dans la setlist originelle, Gimme Shelter ne sera pas joué en rappel (tout le monde étant rincé par la canicule) et le concert se terminera donc sur le mythe absolu Satisfaction...

Quelle claque, quel concert, quel groupe!!! 

A lire également les Stones en Best Song Ever avec Paint it Black et Sympathy for the Devil...

samedi 16 juillet 2022

Midnight Oil aux Nuits de Fourvière (14/7/22)


Dernière occasion de voir la légende australienne Midnight Oil en concert en France! Et encore plus dans le merveilleux cadre du théatre antique de Fourvière! Il était temps... Cette tournée mondiale 2022 est en effet leur dernière. Suite au décès de leur bassiste en 2020, les australiens, reformés en 2017 après 15 ans d'absence ont décidé de mettre un terme aux harassantes tournées. 

Leur avancée dans l'âge est aussi une raison et pourtant, en ce Bastille Day, les 5 australiens ont démontré que le Rock conserve bien et qu'avec la flamme cette musique peut s'exécuter, avec brio, à tout âge... Une belle leçon de vie.

Midnight Oil a été précurseur dans les années 80/90 en défendant avec force et passion la lutte pour la sauvegarde de l'environnement, les droits des aborigènes australiens et en dénonçant sans vergogne toutes les forces annihilantes qu'elles soient étatiques (US Forces  sur 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1) ou privées (Blue Sky Mine). Après des années de punk sauvage dans les bars australiens et une poignée d'albums incendiaires, Midnight Oil a connu un succès mondial à la fin des années 80 avec des albums devenus cultes ; Diesel and Dust et Blue Sky Mining.


Pour une fois, ce ne fut pas un militantisme de façade puisque Peter Garrett, le chanteur charismatique du groupe) a suivi son engagement d'actes, tout d'abord au sein d'ONG puis en se lançant en politique et devenant ministre de l'environnement puis de l'éducation du gouvernement australien entre 2007 et 2013.

Après avoir quitté la politique, Peter a rappelé ses vieux amis pour un dernier tour de chant (le groupe s'était arrêté en 2004 au moment de l'entrée en politique de Garrett), conclu avec la sortie d'un nouvel album, Resist, il y a quelques mois et cette tournée finale.

Surprise au début du concert, les musiciens entrent sur scène et commencent à jouer le récent morceau Rising Seas sans Peter Garrett, qui apparait en haut des gradins et commence à chanter en descendant les marches abruptes du théatre gallo romain... Quelle entrée en matière! Le reste du concert est au cordeau. Le groupe puise dans presque chacun de ses albums au moins un titre. Il garde la part belle pour les 2 monuments Diesel and Dust et Blue Sky Mining bien sur (5 et 3 titres).

Plusieurs chansons filent des frissons comme Dead Heart, Put down that weapon, My Country ou US Forces. L'intensité est là, Peter Garrett transmet une énergie incroyable. Le groupe est au taquet. Le batteur Rob Hirst nous gratifie d'un petit discours en français, rendant la soirée encore plus poignante...

C'est fort, intense, ca a du sens. Cette musique fait chavirer les coeurs tout en mettant en ébullition nos consciences... C'est ça l'ADN du rock... Les 5 derniers morceaux enchainés sont une explosion qui sonnent comme une éruption... Blue Sky Mine et son intro d'harmonica légendaire, Power and Passion, le hit ultime Beds are burning, King of the Mountain et l'energie Punk de Forgotten Years pour finir...

Les dernières notes retentissent à peine que le feu d'artifice lancé de la colline de Fourvière surgit... Une soirée mémorable...

vendredi 17 juin 2022

Bed à l'Olympic Café (16/6/22)


C'était certainement l'un des évènements de ces derniers mois : le retour à la scène du groupe rennais Bed! Dans un monde idéal, le projet porté par Benoit Burello aurait eu une renommée internationale tellement méritée.

Dès l'album inaugural, The Newton Plum, sorti en 2001, Bed  signe sa singularité en osant les silences, les chemins de traverse et les atmosphères éthérées. Spacebox, balancé deux ans plus tard en 2003 enfonçait le clou. En 2005, surprise et enchantement avec New Lines qui résonnent encore de milles harmonies lunaires et soniques...


Benoit Burello aura passé les années 2010 à revenir à une simplicité confondante avec 2 EP en solo mais toujours sous le nom de Bed... A l'Olympic Café c'est une formation en trio avec Thierry Chompré à la batterie et le génial Olivier Mellano à la guitare que l'on retrouve, une première depuis 7 ans! Et Oh miracle, la moitié du set sera constitué de nouvelles compositions, qui laissent présager la sortie prochaine d'un nouvel album de Bed en formation groupe!!!


Les 3 musiciens forment un trio d'une remarquable musicalité. Thierry Chompré réussit à caresser sa batterie pour se mettre au diapason du jeu de basse à la fois rond et très technique de Benoit Burello, on est dans un groove presque jazz. On est émerveillé par le jeu aérien et mélodique d'Olivier Mellano, c'est un véritable prodige de l'arpège.


On aura droit à une surprenante reprise de Gil Scott Heron : Lady Day and John Coltrane, ainsi qu'à un morceau composé par Burello en 2008 pour un ciné concert d'un film Ukrainien de l'ère soviétique... La setlist est variée, les atmosphères belles et envoutantes! On a face à nous 3 brillants musiciens en pleine possession de leurs moyens. 

Il émane  une vraie sérénité de ce trio, un mélange d'élégance gracieuse et de maitrise. C'est beau et on aurait tant aimé que le concert dure plus que cette petite heure, arrêtée en plein vol par l'organisation pour laisser la place au groupe suivant... C'était tellement plaisant que personne ne s'était rendu compte que le temps alloué était dépassé...

On espère que ce retour scénique n'est qu'un prémisse !


jeudi 9 juin 2022

The Smile à la Philharmonie et aux nuits de Fourvière (7 et 8/6/22)

Pour être franc, on n'attendait pas grand chose d'un nouveau disque de membres de Radiohead mais contre toute attente le nouveau projet de Thom Yorke et Jonny Greenwood, The Smile, est carrément emballant. Et le doublé Philharmonie/Théatre Antique de Fourvière un pur plaisir...

Grand fans de Radiohead en ces pages (voir la longue liste de posts), on n'avait trouvé le dernier disque en date, A moon shaped Pool un peu chiant à la longue. Cet album manquait de souffle, ce qui peut certainement s'expliquer par la période compliquée que vivait Thom Yorke en privé.

Avec The Smile, il s'agit d'une vraie bouffée de fraicheur assénée en trio avec le support du batteur Tom Skinner, d'influence jazz (notamment batteur de feu Sons of Kemet du génial Shabaka Hutchings). Ce qui frappe le plus c'est la joie retrouvée de Yorke et Greenwood de s'amuser hors des sentiers battus. Leur enthousiasme saute aux yeux et aux oreilles.

Il est vraiment difficile de classer la musique de The Smile dans une catégorie. C'est un vrai mélange d'influences diverses et variées, réappropriées et régurgitées par le trio à l'aune de leurs propres expériences musicales. Ici tout est mélangé dans un maelstrom du meilleur effet (pop, ambient, rock rageur, eletronica, jazz). Une musique ultra moderne en quelque sorte...


Tom Skinner nous épate vraiment à la batterie, son jeu est à la fois complexe (le jazz) et décontracté. Les mouvements sont rapides mais semblent s'effectuer sans effort. Cette plasticité est le socle sur lequel se batit l'édifice The Smile. Il Officie également régulièrement aux sampleurs et aux synthés sur les morceaux les plus éthérés du groupe...

Jonny Greenwood et Thom Yorke montrent tous leurs talents de multi-instrumentistes en changeant d'instrument presque à chaque morceau et parfois pendant un même morceau (guitare, basse, piano, rhodes, synthés, séquenceurs etc...). Greenwood joue différemment en privilégiant les suites de notes aux accords en utilisant un paquet d'effets rendant son jeu très surprenant. Les 2 larrons s'amusent également comme des petits fous à chaque fois qu'ils prennent une basse. Ca swingue, ca pulse et insuffle un groove génial avec Skinner...

The Smile jouera 18 titres dont 4 inédits à la Philharmonie et 17 titres (3 inédits) à Fourvière. La différence résidant dans le nouveau track Friend of a Friend. A la Philharmonie, le coté très impressionnant de la salle donne une certaine solennité au concert alors que l'enceinte gallo romaine, son plein air et l'imminence de la pluie rendent l'atmosphère plus bucolique et peut etre plus adaptée aux fondamentaux du projet?

Yorke et Greenwood n'ont plus rien à prouver et montrent avec The Smile qu'ils ont toujours envie d'explorer et que leur élan artistique n'est toujours pas altéré malgré les années, la gloire. Le feu sacré est toujours là et leur aventure continue... C'est la belle et grande nouvelle!

A lire également Atoms for Peace, Sons of Kemet, Radiohead au Zenith

lundi 6 juin 2022

Beach House à l'Olympia (31/5/22)


 La Dream Pop nous attire toujours autant et à voir l'effervescence dans la salle de l'Olympia pour la venue du duo Beach House, on n'est pas les seuls. Que de chemin parcouru par Victoria Legrand et Alex Scally en presque 20 ans de carrière. Voir l'assistance rempli de jeunes gens modernes démontre que Beach House a encore un bel avenir devant lui, c'est clair...

En sortant un double album, Once Twice Melody, rempli de pépites stellaires, le duo expose sa verve intacte bien qu'il s'agisse de leur, déjà, 8ieme LP. Beach House y explore encore plus profondément ces univers feutrés, rêveurs et comme tout droit sorti du pays des songes. Si le duo de Baltimore avait su patiemment atteindre sa quintessence sonique et mélodique à travers ses 4 premiers disques, culminant avec leur chef d'oeuvre Bloom il y a tout juste 10 ans, il a su larguer les amarres et partit à la découverte de leur monde intérieur féérique et space...


Once Twice Melody est un véritable labyrinthe sonore où l'on adore se perdre. Tout est ici voué à l'ambiance, à l'atmosphère, à la mise en son d'un espace sonique. Une musique intemporelle, presque irréelle... C'est vraiment somptueux...

La setlist pioche dans les 4 derniers disques et s'arrete presque à Bloom (un seul titre de Teen Dream fut chanté, Silver Soul). Comme si le groupe avait définitivement fait le deuil de ses pop songs qui l'avaient révélé au grand public, de Devotion à Teen Dream (Norway, Take Care, Used to be, Turtle Island) en passant même par Bloom (Wild, Irene). C'est assez singulier et plutôt audacieux mais ca fonctionne...


Le destin de Beach House est surprenant, pour preuve le succès incroyable de Space Song (extraite de leur 5ieme album Depression Cherry sorti en 2015), star de Spotify et repris dans plein de videos sur Tik Tok...

Le concert est en tout point parfait, comme dans un rêve. Les lumières, les écrans, le son, la réaction extatique de la foule, tout rend cette expérience belle et surannée... On est durant 1 heure et demi dans un autre monde rêveur, enchanteur et dont on voudrait ne jamais se réveiller. 

A lire également Beach House au Trianon et à la Cigale, en Best Song Ever et dans nos tops!

vendredi 3 juin 2022

The National à la Salle Pleyel (30/5/22)


On continue ce mois de mai concert stratosphérique avec la venue de The National à la Salle Pleyel. 2 ans après leur passage remarquable à l'Olympia, les américains sont de retour sur scène, pour la 1ere fois depuis la pandémie et sans nouvel album à promouvoir.

The National est un groupe incontournable de la scène rock mondiale. Ils ont pondu au moins 2 chefs d'oeuvre avec The Boxer en 2007 ou dix ans plus tard le superbe Sleep well beast en hommage aux années Trump... Et le reste de la discographie est de très bon niveau.

On en rarement déçu sur disque avec The National. Leurs compositions sont toujours d'une grande délicatesse en terme d'arrangement et d'harmonie. Les jumeaux Dessner sont des orfèvres tandis que les jumeaux Devendorf forment une section rythmique inventive et ultra présente. 

Matt Berninger se fond totalement dans cette fratrie peu banale et son chant tout en nuance et subtilité magnifie complètement l'ensemble. Tout sonne à sa place chez The National, c'est d'une beauté saisissante.



Sur scène, The National a le défaut de ses qualités. La richesse harmonique des compositions induit souvent un mixage qui met moins en avant la batterie alors que sur disque, le swing innovant de Bryan Devendrof est un élément primordial (en tous les cas à nos oreilles). Et forcément les subtilités et nuances de la voix de Berninger ont du mal à ressortir dans le contexte d'un concert de Rock dans une grande salle. On le sent souvent à bout de souffle et contraint de forcer sa voix pour essayer d'émerger au milieu du tumulte.

Malgré cela, voir The National en concert reste une expérience intéressante. Le répertoire du groupe est telleemnt bon que vivre ces chansons en live vaut le détour. Les 3 excellents albums sortis entre 2007 et 2014 (Boxer, High Violet, Trouble will find me) se voient octroyer la part du lion avec pas moins de 5 titres chacun! On retiendra les superbes Fake Empire, Mistaken for Strangers, Terrible Love, Bloodbuzz Ohio ou encore Sorrow ou I need my girl.

3 nouvelles chansons auront été jouées (prémices d'un prochain LP), un set de presque 2 heures et le bonheur retrouvé d'un groupe de retour sur la route.

A lire également The National dans notre top 2017 ou 2010

vendredi 13 mai 2022

Tool à Bercy (12/5/22)


Incroyable semaine de concerts parisiens avec en final le retour dans la capitale, après 15 d'absence, des monstres sacrés du metal : les californiens de TOOL! C'est certainement l'un des évènements de l'année! 

Après 13 ans d'attente, le groupe avait enfin sorti son 5ième album studio en 2019, le magnifique "Fear Inoculum" et était parti sur les routes pour le défendre en Live. Malheureusement la pandémie étant passée par là il aura fallu patienter 2 ans avant de voir débarquer Tool à Paris (ils avaient eu le temps de passer par le Hellfest en 2019, unique scène française en plus de 10 ans...).

Qu'un groupe aussi exigeant, en terme d'écoute, de complexité des compositions et d'univers multiples et protéiformes créés, puisse remplir Bercy est plutôt réconfortant. Pour un grand nombre, la musique reste une expérience unique et non un simple bruit de fond banalisé et balisé.

TOOL est vraiment un groupe unique. on parle de metal mais c'est bien plus que cela tant le groupe navigue aux frontières de beaucoup de mouvements musicaux. Et c'est la beauté et la force de leur musique, de réussir à explorer des univers fascinants, complexes et puissants en puisant dans le metal, le drone, le psychédélisme, le stoner et même le Jazz. Oui n'ayons pas peur du terme, on reste convaincu qu'un Miles Davis aurait adoré TOOL et aurait peut etre cherché à explorer ces territoires....

Le show TOOL est total, immersion pleine et entière dans les méandres de leurs âmes grâce à des visuels nombreux, variés et fascinants qui prennent une place imposante. C'est un vrai travail artistique visuel et vidéo, du grand art même. Cela contribue à rendre l'atmosphère si intense et magique.

La setlist fait bien sûr la part belle au dernier LP, puisque 6 morceaux (sur les 7 du CD) seront joués, dont 3 en rappel dont le curieux Chocolate Chip Trip qui voit le batteur s'amuser avec un modulateur avant de partir sur des solis de drum assez bluffant...

Tool puise dans l'ensemble de ses disques et en cela permet un voyage complet dans sa discographie, avec une vraie cohérence, bien que les premiers morceaux comme Opiate ou Hooker with a Penis n'ont rien avoir avec les atmosphères aériennes et contemplatives des morceaux du dernier album.

Après 2h30 de concerts, Maynard promet que le groupe n'attendra pas aussi longtemps pour revenir nous voir. On l'espère tous tant ce genre de soirée est unique et sans équivalents.

Grandiose et Fascinant!

A lire également TOOL dans notre TOP 10 2019.

mardi 10 mai 2022

Warpaint à la Cigale (9/5/22)


 Enfin, le retour sur scène de Warpaint. 6 ans après leur précédent disque, le 4ième LP, Radiate like this est sorti vendredi 6 mai et voilà les 4 Warpaint sur la scène de la Cigale 3 jours plus tard pour dejà défendre l'album à Paris.

Autant dire qu'on a pas eu le temps de vraiment bien écouter ce nouveau disque, qui néanmoins sonne d'une lumière radieuse sans pour autant bouleverser l'ADN du groupe. Et cela se confirme sur les planches de la Cigale. La section rythmique, formée de Stella Mozgawa à la batterie et Jenny Lee Lindberg à la basse est toujours l'une des plus groovy de la scène rock. 


Avec une basse chaloupée, presque dansante, une batterie très inventive et variée, les guitares aériennes alliées aux harmonies vocales superbement rêveuses de Emily Kokal et Theresa Wayman, les 4 musiciennes tiennent là une formule imparable qui les placent à part dans l'univers rock. On oserait le terme de The Cure psychédélique pour les définir.

Après les classiques Stars, issu du tout 1er EP du groupe, le superbe et vaporeux nouveau single Champion, ouverture emballante du nouveau disque et le diptyque ultime Intro/Keep it Healthy (l'une de nos Best Song Ever), place est donnée aux nouvelles pépites : Hips et Hard to tell you. Sur cette dernière, Emily n'a jamais aussi bien chanté. Ses envolées maitrisées dans les aigus nous donnent des frissons...


S'en suivent les perles Love is to Die et Krimson (1er EP là encore...) avant le morceau surprenant du set : Melting. Pour la 1ere fois les 4 artistes se regroupent au centre de la semaine pour chanter ensemble autout de la seule guitare Jaguar d'Emily. C'est beau à en pleurer... Un grand moment de ce concert!

Warpaint enchaine avec un autre morceau groovy et très convaincant, Stevie, avant de retourner une nouvelle fois à ce tout 1er EP initiatique, Exquisite Corpse, avec Beetles et Elephants en rappel. La soirée se conclut sur le final de Radiate Like this : Send Nudes, nouveau morceau de bravoure à ajouter à la collection.

Une soirée envoutante!

A lire également : Warpaint au Trabendo ou à la Cigale et en Best Song Ever

samedi 7 mai 2022

Silverbacks à l'International (6/5/22)


 Les 5 Irlandais de Silverbacks ont sorti en janvier l'un des tous meilleurs albums d'indie rock relevé et énergisant de ce début d'année 2022, Archive Material! Et c'est ce disque qu'ils sont venus défendre à l'International hier soir! C'était immanquable bien sûr!

En introduction, on est happé par pop classieuse des clermontois de Dragon Rapide, quelque part entre les Dandy Warhols et Weezer. La partie centrale du set, plus folk, nous aura moins plus, mais les parties plus électriques du show étaient flamboyantes. Une belle mise en bouche avant le plat de résistance de la soirée...


Remarqués en 2018 avec la sortie du single "Dunkirk", playlisté par la BBC et produit par Dan Fox (Girl Band), Silverbacks a d'abord sorti son 1er disque, FAD, en autoproduction en 2020, en pleine pandémie avant de signer sur le label londonien Full Time Hobby pour leur second effort, Archive Material. Album mis en avant par le magazine Magic (album de la semaine du numéro du 20 janvier) avec sa nouvelle formule qu'on adore (mais c'est une autre histoire). 

Ce disque de pop dite indépendante est magnifique. Il mélange brillamment de nombreuses influences et sonne très frais à nos oreilles. Bouillonnant d'idées et de refrains accrocheurs, les Silverbacks réussissent l'alchimie pop entre les Talking Heads et Pavement. Rien que pour cela on avait hate de les voir sur scène.

Dans cette bonne vieille salle de l'International à Paris où tant de groupes sont venus faire leurs dents (au hasard toute la galaxie Mind Riot Music : Moslyve, Chinese Robots ou Amain Armé), Les Silverbacks réussissent à s'accommoder du son imprécis de cette cave pour livrer un set relevé et totalement enthousiasmant. Il fait dire que leurs chansons sont tellement irrésistibles : Rolodex City, Archive Material et Dunkirk lancent la croisière de mains de maitre.


Daniel O'Kelly, le chanteur du groupe assure et n'hesite pas à monter dans les cordes, façon punk pour électriser la salle. Son frère Kilian et le second guitariste Peadar Kearney tissent des entrelacements de guitares qu'on avait peu entendu ces dernières années et qui nous ravissent. La bassiste Emma Hanlon nous charme totalement avec son jeu tout en swing et son timbre de voix exquis. Le batteur Gary Wickham tient la baraque derrière les futs.

L'ambiance est à la fois légère et électrique, on passe un super moment en se disant qu'on va les revoir bientôt dans de bien plus grandes salles...

dimanche 1 mai 2022

Miles Kane à l'Olympia (28/4/22)


'Don' let it get you down', ca pourrait etre notre mantra à tous après ces 2 années de crises ultimes que nous venons de vivre. C'est aussi l'un des meilleurs tracks du 4ième album de Miles Kane, le bien nommé "Change the Show", que le liverpuldien est venu présenter à l'Olympia.

On suit Miles Kane en ces pages depuis, bien sur, le 1er Last Shadow Puppets mais aussi cet unique disque des Rascals, Rascalize, sorti quelques semaines après "The Age of the Understatement" en 2008. Un disque très plaisant de rock sous influence punk dans l'esprit, le socle de Miles Kane...

Cette rage et cette envie d'en découdre, Miles l'a retrouvé ces derniers mois après quelques années d'errance en Californie, en compagnie de son complice Alx Turner, pour l'enregistrement du second LSP puis de son body buildé 3ieme disque, "Coup de Grace". Avec "Change the Show", il y a une vrai envie de repartir vers l'avant en puisant dans ses amours de toujours : la Soul, les disques Motown, la Northern Soul chère à Gerorge Harrison ou à Richard Ashcroft et Paul Weller... 


En y ajoutant ses pulsations rock d'obédience punk Miles sort un grand disque avec 2 immenses titres, "Dont let it get you down" et surtout le magnifique "Change the Show" ou l'intervention des oooh ooh fait basculer le morceau vers la stratosphère...

Avec un repertoire vraiment solide et ce nouvel opus très bon sous le bras, Miles Kane enflamme l'Olympia dès les 1eres notes. Il se donne corps et âmes et ne triche pas, comme toujours. 6 titres du dernier opus dont les également très convaincants "See ya when i see Ya" ou "Never get tired of dancing" avec les 2 perles déjà mentionnées, les tubes de ces disques précédents avec une mention spéciale à un 'Dont forget who you are" scandé par la foule ou une "Rearrange" toujours aussi fédérateur.

On aura droit à une reprise des Beatles, superbe "Dont let me down" avec Oracle Sisters en appui. Après un "Change the Show" dantesque c'est déjà le rappel et la fin du concert avec le surpuissant "Come Closer".

"Let's change the Show, cos' it just don't matter at all"!!! oooooh....

A lire également Last Shadow Puppets à l'Olympia en 2008

jeudi 21 avril 2022

Dutronc et Dutronc au Casino de Paris (14/4/22)


12 ans après sa dernière tournée, déjà espacée de 18 ans de sa précédente, Monsieur Jacques Dutronc remonte sur scène à presque 80 ans pour certainement, et malheureusement, un ultime tour de piste. On imagine que c'est sous la pression répétée de son fils, Thomas Dutronc, que Monsieur Jacques a finalement délaissé ses chats en Corse pour venir jouer les saltimbanques sur les routes de France et de Navarre.

Et merci à Thomas! cela aurait été tellement dommage de louper cette opportunité de voir sur scène la famille Dutronc faire revivre le génial répertoire du Père, augmenté de quelques perles de son fils et surtout de son talent de guitariste.

30 ans ont passé depuis le comeback flamboyant de Jacques Dutronc dans cette même salle du Casino de Paris, immortalisé par un enregistrement audio et vidéo devenu culte. Thomas avoue que c'est sur cette scène qu'il a vu en 1992 jouer son Père pour la 1ere fois... Emotion quand tu nous tiens...


C'est seulement leur second concert ensemble et le tout début d'une longue tournée jusqu'à l'automne. On sent que c'est encore le rodage mais ca sonne très bien et encore frais, notamment les interventions impromptues du Père et de son fils. On sent une grande tendresse entre les deux et on est témoin d'un moment de partage unique...

La setlist reprend en grande partie les standards incontournables de Jacques Dutronc, qui sont désormais rentrés dans le Panthéon de la chanson française. L'iconique, "Et moi et moi et moi" en ouverture suivi du classique "la fille du Pere Noêl" avec le retour de hype de "on nous cache tout on nous dit rien" qui fait un peu moins rire de nos jours...

Thomas enchaine le hit de son répertoire, "Jaime plus Paris" mais la légende du paternel reprend vite le dessus avec le magique "Il est cinq heures". Thomas use de ses talents de guitariste pour revisiter certains morceaux et prolonger les parties instrumentales comme sur cette hymne inclassable. Et c'est bien là l'apport classieux du fiston, en plus d'un voix assez complémentaire de celle de son Père.

Le paternel, bien qu'ayant du mal à se déplacer assure pas mal au niveau chant. L'interlude acoustique, autour du bar du décor de studio est imparable. Le magnifique "Petit Jardin" nous mets sur les genoux... "L'opportuniste", "Les plays boys", "Merde in France", tout y passe et c'est très plaisant...

Très beau concert et belle émotion filiale partagée sans génance.... un must.

A lire également Jacques Dutronc en Best Song Ever ou en Live en 2010.

mardi 19 avril 2022

Eiffel au Trianon (15/4/22)


Retour vers le futur! La boucle est enfin bouclée! Le concert d'Eiffel ce satané vendredi 13 mars 2020 a enfin pu avoir lieu plus de 2 ans plus tard... Après moults reports, conséquences des enchainements de confinements et de couvre-feux, Eiffel a enfin pu terminer la tournée de Stupor Machine, son excellent 6ième album publié en 2019!!!

Quelle sensation étrange et quelque peu merveilleuse de se retrouver tous ensemble 2 ans plus tard pour symboliquement boucler la boucle. Ce concert du 13 mars 2020 fut le 1er d'une très (trop) longue série de reports liés à cette foutue crise sanitaire... 


Les souvenirs de ce vendredi 13 reviennent. La veille le Président de la République avait annoncé la fermeture des écoles dès le lundi suivant et les premières restrictions de jauge pour les salles de spectacle. D'abord annoncée à 1000 personnes le vendredi matin, la jauge fut passée dans l'après-midi à 100 personnes, condamnant defacto le concert d'Eiffel. Stupeur et tremblement... Et l'on n'était qu'au début de nos peines...

En ce 15 avril 2022, c'est avec un sentiment de revanche et de fierté qu'on entre dans le superbe théâtre du Trianon à Paris. Rempli d'une envie insubmersible de boucler la boucle. C'est comme ci la tenue de ce concert revêtait des attraits cathartiques indispensables. Fierté que contre vents et marées, Romain Humeau et sa bande aient tenu à honorer cet engagement, devenu presque vital pour les fans. Se besoin de se retrouver tous ensemble pour conjurer le malheur de 2 années épouvantables pour les rapports humains...


Le concert démarre avec un uppercut, le grand titre "Sombre" dès le 2nd morceau. Chanson emblématique du second (et peut etre meilleur) album du groupe, le 1/4 d'heure des ahuris, elle embrasse totalement son titre. Elle prend aux tripes et nous embarque avec elle dans ce road trip noir et exaltant, à la racine même d'Eiffel. Dans la même veine, "Il pleut des cordes" enfonce le clou rouillé du cercueil.

Sans surprise, le setlist fait la part belle à Stupor Machine dont les titres ne dépareillent pas dans l'univers du groupe. Miragine, Hotel Borgne, Cascade, N'aie rien à craindre sont autant de songs d'Eiffel à son meilleur. 

On a droit à la pépite, Tu vois loin, chanson  toujours aussi magnifique et émouvante 20 ans après. On aurait aimé entendre plus de titres de Tandoori qu'on adore (certainement leur album le plus punk) mais on ne va pas faire la fine bouche quand même. Avec un final "Hype" et la reprise inusable de Boris Vian "je voudrais pas crever", on termine le show emballé et plein de vie. Un retour vers le futur tant attendu!

mardi 12 avril 2022

Fontaines D.C. à l'Olympia (11/4/22)


La relève irlandaise du rock, Fontaines D.C. était enfin de passage à l'Olympia à quelques jours de la sortie de leur 3ième album, Skinty Fia. Initialement prévu en avril 2021 pour promouvoir leur second effort, A Hero's Death, le concert parisien a du etre reporté plusieurs fois à cause de cette foutue pandémie... Privé de tournées, le groupe a pu bosser tranquillement et enregistrer des disques. Au moins ils n'ont pas perdu leur temps dans l'histoire.

Après un 1er disque en 2019, Dogrel, rempli de perles pop rock évidentes comme on en trouve plus depuis 10 ans, Fontaines D.C. a bien sur été instantanément estampillés énièmes sauveurs du rock par la presse anglaise. Un fardeau bien trop lourd à porter qui les a laissé exsangues à la fin de leur 1ere vraie tournée de promotion fin 2019... A la fin du monde d'avant...


A Hero's Death, totalement rempli de ce désenchantement vécu par le groupe est sorti au plus mauvais moment, à l'été 2020, juste après les 1ers confinements et juste avant les suivants... Pourtant ce disque salutaire, les voit explorer des versants plus sombres et ombragés. En mêlant post-punk, psychédélisme cramé et indie rock presque dissonant, le groupe surprend et fascine. Fini les tubes indés, place à plus de profondeur et de perspectives...

On découvre donc pour la 1ere fois en live à l'Olympia ces chansons nonchalantes et intenses. Et ca démarre fort avec A Hero's Death, morbide, noir et incandescent à souhait. Le ton est donné. S'ensuivent un extrait de Dogrel, le sautillant Sha Sha Sha, et un extrait du nouvel LP à sortir avec Jackie Down the line. Un résumé de la soirée en ouverture! C'est fort, percutant, à la fois pop et en marge... 


She said poursuit la dynamique avant quelques tubes des débuts, Too Real et Big en tête. Le son est très bon et les méandres de guitares du meilleur effet. On se retrouve souvent à presque 3 guitares lorsque le bassiste utilise une Fender Bass VI six cordes... Le chanteur, Grian Chatten, a une façon très particulière de chanter. On est plus dans l'incantation avec des effets de voix à la Liam Gallagher. Parfois, sur certains titres de Dogrel, ca patine un peu sur les morceaux où la note doit etre choppée et tenue...

En regardant autour de nous, on s'aperçoit que le public est plus agé qu'attendu. On pensait trouver une salle pleine de jeunesse alors que la moyenne d'âge reste assez élevée. Comme si le public rock parisien, bien que passionné et toujours affuté, ne s'était pas beaucoup renouvelé... Le Rock n'est plus à la mode mais ca c'est une autre histoire...

On attend avec impatience la sortie de ce 3ieme LP, dont 4 titres assez convaincants ont été joués hier soir. Avec l'émergence de Wet Leg et d'autres jeunes groupes, les Fontaines D.C. peuvent prendre la tête d'un nouveau peloton rock endiablé. On ferme les yeux et on y pense très fort...


jeudi 31 mars 2022

Lloyd Cole au Bataclan (29/3/22)


 On enchaine les légendes en ce printemps 2022. Après Damon Albarn, Paul Personne et The Apartments, voilà le grand Lloyd Cole de passage au Bataclan.

C'est un artiste au destin singulier. D'abord idole des jeunes avec une belle gueule, une dégaine et un charisme réél, avec d'incroyables mélodies intemporelles en poche, que ce soit avec ce magnifique "Rattlesnakes" ("Forest Fire", éternel), 1er album de pop tubesques avec les Commotions ou ce 1er album solo éponyme composé et enregistré dans l'effervescence new-yorkaise avec l'aide d'un producteur au sommet (sortant tout juste des sessions du New-York de Lou Reed), Fred Maher. 

Après un second effort solo, "Don't get weird on me baby", réussi et ambitieux, la trajectoire de golden boy de l'ancien étudiant en philosophie, dévie quelque peu. Il se prend les pieds dans le tapis avec le bien nommé Bad Vibes. Malgré le très réussi "Love Story", la major qui l'accompagne se lasse et le laisse partir (après avoir refusé un album entier, "Smile if you want to").

A partir de là, Cole, père de famille, quitte ses aises citadines, devient banlieusard et un véritable artisan de la pop song. Méticuleux, souvent touchant au plus juste mais dans l'anonymat relatif du circuit indépendant. On entend peu parler de Lloyd Cole malgré quelques disques sublimes (Music in a Foreign Language ou plus récemment Guess Work). Il part souvent sur les routes, gagner sa croute, en solo, armé de sa guitare folk et de sa superbe voix, toujours rayonnante malgré les années.


C'est donc un Lloyd Cole classique que l'on retrouve dans un Bataclan presque plein, en configuration assise pour un public aux cheveux grisonnants ou éparpillés c'est selon... L'hôte du soir fait sa propre première partie, seul en piste. Il revient ensuite avec un ancien comparse des Commotions pour des mélopées à 2 guitares acoustiques du plus bel effet.

Lloyd Cole, n'a pas oublié ses racines anglaises en blaguant nonchalamment entre deux chansons. C'est un régal cet humour typiquement british. Le respect et l'écoute de la salle rendent la soirée très intimiste. Tous les plus grands morceaux des Commotions y passent bien sur : Lost Weekend, are you ready to be heartbroken, Perfect Skin... 

Beaucoup de morceaux des 2 plus récents albums, Standards et Guess Work qui prouvent toute la pertinence d'un artiste qui est devenu un orfèvre de la pop. Vraiment on ne comprend pas comment Lloyd Cole n'est pas dans le Panthéon moderne pop, comme d'autres artistes oubliés, heureusement suivis par une poignée des fans fidèles et inconditionnels (Peter Milton Walsh ou Matt Johnson pour ne citer qu'eux...).

Le rappel, bien entendu le clou du spectacle avec les immortels No Blue Skies et Forest Fire... Magiques...

mardi 15 mars 2022

The Apartments à Petit Bain (14/3/22)


Quelle joie de revoir Peter Milton Walsh sur scène. C'est toujours un moment précieux rempli d'émotions. Ca faisait 6 ans, et le concert au Café de la Danse, que l'on avait pas revu The Apartments sur scène (on n'avait pas pu assister à son dernier show parisien en 2018).

Dans l'intimiste et toujours enthousiasmante salle de Petit Bain, ce fut une nouvelle fois un régal. Beaucoup plus électrique et rock que les fois précédentes, de par la présence d'un batteur et d'un bassiste au coté des habituels petits frenchies, Antoine Chaperon à la guitare et Natasha Penot au clavier et chant et le fait que Peter a souvent troqué sa guitare acoustique Martin pour une magnifique Jazzmaster.


La setlist puise quasiment dans tout les albums du groupe, sauf peut etre Apart, album fin de cycle de 97, un peu étrange avec ses arrangements quasi trip hop... Si le début du concert est un peu poussif et brouillon à cause d'un reglage son pas encore au point, le show décolle vraiment à partir "knowing you were loved", interprétée dans une version ralentie encore plus mélancolique... Un bijou.

Peter Milton Walsh est un artiste rare mais qui a encore ce feu intérieur si émouvant et si parlant. Ce gars file vraiment la chaire de poule. Après un "On every corner" toujours aussi joyeux et entrainant, The Apartments nous cloue sur place avec "what's left our your nerve", un bijou de Drift, indie pop rock song ultime à fleur de peau... Que c'est beau.


Le 1er rappel nous offre le monumental "No song, no spell, no madrigal" ou Peter décroche la lune... Le second rappel le placide "Mr Somewhere" avant d'enflammer la salle une nouvelle fois avec l'hymne Goodbye Train. 

Superbe, émouvant, inspirant... Comme à chaque fois!

A lire également The Apartments au Café de la Danse et à la Gaite Lyrique

jeudi 10 mars 2022

Damon Albarn à la Philharmonie (4/3/22)


 Le magnifique Damon Albarn en solo dans la splendeur acoustique de la Philharmonie de Paris et qui plus est pour le retour des concerts sans masques, c'était immanquable!

L'insaisissable anglais exilé en Islande où il a enregistré son officiel second effort solo (si l'on ne compte pas le recueil de démos de 2003 Democrazy) qu'il est venu présenter à la Philharmonie. "The Nearer the fontain, more pure the stream flows" est un véritable concept album à l'ancienne. Il puise son origine à la fois dans un poème de John Clare (love and memory) et dans le désir d'Albarn de décrire en musique les magnifiques paysages islandais contemplés depuis sa maison de campagne sur place.

Enregistré pendant les divers confinements dans cette maison islandaise, le disque est un délicieux mélange de genres. Atmosphérique, pop par moments, expérimental et flirtant parfois avec la musique concrète, ce deuxième album solo est ambitieux. Il réussit à rester accessible même si il n'a pas l'immédiateté pop des autres projets du Monsieur (Gorillaz, Blur notamment).

L'album est joué dans son intégralité et quasiment dans le même ordre sur scène que sur disque. En formation classique guitare, basse, piano, batterie, le groupe est accompagné de 2 violons, un alto et un violoncelle pour rendre au plus près les orchestrations hypnotiques et légères, parfois bruitistes du disque.

Dans cet écrin acoustique léché, c'est un pur régal. On adore se perdre dans cet univers foisonnant où de multiples émotions sont appréhendées. Tour à tour intimiste, expressif et submergeant, ce concert nous ravit...

En ces temps troublés et incertains, c'est une fenêtre hors du temps précieuse qui nous est offerte... Dans le chaos des infos et de cette guerre indicible à nos portes, la nouvelle, le même jour du rachat de Bandcamp par l'éditeur de Fortnite (Epic Games) est passée quasi inaperçue. Et pourtant, Bandcamp était le dernier bastion pour les artistes indépendants qui pouvaient mettre en ligne leur musique et vendre leurs disques sans intermédiaire et sans passer par les plateformes de streaming qui n'ont rien à faire d'une rémunération juste pour les artistes et encore moins pour les plus petits... Le monde de l'indé ne peut que craindre la suite des évènements...

A lire également Damon Albarn à la salle Pleyel ou avec Gorillaz ou Blur.

samedi 26 février 2022

La Colonie de Vacances (Electric Electric, Marvin, Papier Tigre, Pneu) à L'Elysée Montmartre (24/2/22)


 Stupéfiant! Incroyable expérience que ce concert en quadriphonie! Le concept le plus innovant vécu en concert ces 20 dernières années, rien de moins! Ca faisait presque 10 ans que l'on n'avait pas revu la Colonie de Vacances et ce concert inaugural à la Gaité Lyrique. Depuis ils ont rodé leur spectacle et ils sortent même cette année un 1er album à la fois ravageur et hypnotique, Echt chez les indispensables Vicious Circle.

Réunir 4 sommités de la scène noise française sous le même étendard est plus qu'un rêve, c'est une bénédiction. Sortir des sentiers ultra battus du rock et des musiques enregistrées en général n'est pas aisé et c'est beau de voir ces 12 musiciens expérimenter et s'amuser à bâtir cette cathédrale sonique et de sensations.


Placés aux 4 coins de la salle, les formations se répondent, communiquent et embrasent la salle dans un tourbillon de sons. C'est déconcertant, on est paumé les premières minutes, on ne sait plus ou regarder, les sons viennent de devant, de derrière, des cotés... C'est fou!

Noise, drone, punk, hardcore, post tout... Tout y passe dans un maelstrom envoutant. On fait le plein de sensations, on s'étonne de l'émerveillement provoqué par cette quadriphonie dionysiaque, de ces polyrythmies démentielles.


Une expérience bluffante difficile à expliquer, il faut la vivre... Courez y!

A lire également la Colonie à la Gaité Lyrique, et en Live Marvin ou Electric Electric

mercredi 16 février 2022

Paul Personne à l'Olympia (14/2/22)


La résilience, toujours et encore... Le maitre mot depuis 2 ans et le début des reports, annulations, frustrations et isolements... Il en fallait à Monsieur Paul Personne, pour finalement terminer sa tournée entamée en 2019, dans un Olympia comble en 2022 et un jour de Saint Valentin!!!

A quoi bon continuer, s'interroge sur scène notre hôte du soir... Et bien pour cette décharge d'énergie, ce besoin vital de partager des émotions, des sensations, tous ensemble... malgré tout.. contre tout... La musique et les concerts en particulier restent une véritable cure de jouvence.

Paul Personne, 72 ans, ne fait jamais son âge sur scène. Ses saillies blues de guitare rappellent les plus grands (BB King, Hendrix, Clapton, Buddy Guy... etc) et donnent toujours autant de frissons. Ses envolées célestes sont les memes qu'aux premiers jours, rien n'a changé... C'est beau, c'est rassurant, c'est inspirant...

En commençant par assurer sa propre première partie avec un set acoustique revisitant toute sa discographie, Paul Personne met les petits plats dans les grands. Du blues acoustique du meilleur effet, même si le show électrique aura néanmoins notre préférence.

En puisant essentiellement dans son dernier album, le très bon Funambule, ou tentative de survie en milieu hostile, Monsieur Personne rappelle qu'il est toujours pertinent, qu'il raconte toujours aussi bien ces histoires de galères quotidiennes, qu'il décortique encore de manière intelligente les relations humaines dans nos mondes quelque peu abscons...

Et ce jeu de guitare sur Gibson (Les Paul Standard ou SG), cette chaleur, cette puissance... Que c'est chouette... On ressort revigoré, plein d'enthousiasme et avec le sentiment que bien vieillir en restant soi même est bien possible, la preuve en son et en chair et en os...

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