lundi 28 février 2011

Band of Horses à la Cigale (26/2/11)

Belle découverte à la Cigale avec ce groupe méconnu en France, pourtant signé sur le mythique label de Seattle Sub Pop. Band of Horses produit un rock sous grande influence pop de très belle facture. Beaucoup d'énergie, de présence et de complicité qui saute aux yeux pour une vraie belle soirée.

Après un premier album sorti en catimini aux US en 2006 et un changement quasi complet de line-up l'année suivante et une relocalisation du groupe de Seattle vers la Caroline du Sud d'où est originaire le chanteur et leader du groupe, Ben Bridwell, Band of Horses sort en 2010 un troisième album qui leur permet tourner dans le monde entier et d'atterir à Rock en Seine fin aout.

L'opus en question, Infinite Arms, est un savant dosage de rock purement américain, voire sudiste, de refrains pop et d'ondes positives. En fin de promo pour Infinite Arms, leur passage parisien à la cigale se fera à guichets fermés devant un public ultra-enthousiaste (c'est tellement rare à Paris...). Plutôt jeunes, les fans se dandinent et sont aux anges, la plupart connaissent les paroles par coeur et n'hésitent pas à le faire savoir.

Un concert réjouissant dans une super ambiance... Et un rappel mémorable avec Evening Kitchen chanté à deux voix (le guitariste et le chanteur) autour d'une guitare acoustique... Un pur moment de beauté et de communion avec le public, j'en ai encore des frissons.

Un bon petit groupe qui permet enfin de lancer cette année de concerts après les déceptions Cold War Kids et PJ Harvey... Merci les gars...

photo : christopher wilson

dimanche 27 février 2011

PJ Harvey à l'Olympia (25/2/11)

La mythique salle de l'Olympia a accueilli la grande PJ Harvey pour deux soirées à guichets fermés depuis des mois. Artiste d'exception, Polly Jean avait marqué les années 90 par son rock racé, épuré et incisif. Pour beaucoup PJ incarnait le meilleur d'un rock indé sans concession et porteur des valeurs mêmes de ce mouvement : l'authenticité, la force vitale et la fureur de vivre...

Polly Jean n'aura eu de cesse de se réinventer et de tenter à chaque album d'apporter quelque chose de différent. Après l'âpreté et l'incandescence de Dry et Rid of me, elle opère un premier tournant avec To bring you my love en 95 et un album aux consonances plus variées et downtempo. Suivront 3 très bons albums alliant pop, rock, fureur et merveilles...

En 2007, PJ Harvey surprend son monde et ses fans avec White Chalk. Un album au piano où la chanteuse change radicalement sa manière de composer et surtout de chanter. Très austère et pas facile d'accès pour les fans de la première heure, le disque ne laisse personne indifférent...

En sortant le 14 février dernier son 8ième album, Polly Jean poursuit dans ce nouveau sillon. Sur ce disque, elle se transforme en storyteller. Après avoir étudié l'histoire de l'Angleterre et de ses guerres, elle compose des textes racontant ces histoires de soldats et de violences millénaires, le tout à la recherche d'un certain humanisme.

Pour ré-équilibrer ces écrits guerriers, PJ aura volontairement composé une musique pastorale aux relents pop et utilisé ses nouvelles facultés vocales hautes perchées pour exprimer ses fables sans affect.

A la manière d'un Thom Yorke qui aura su depuis 10 ans utiliser sa voix comme un véritable instrument, PJ s'ouvre de nouveaux horizons... L'album est plutôt réussi et s'écoute facilement. Il offre une nouvelle facette d'une artiste en perpétuelle évolution. Cette volonté de continuer à explorer de nouvelles voies ne peut être que saluée tellement elle apparait rare de nos jours parmi les musiciens reconnus et établis...

Alors venons en donc à ce passage olympien... La totalité de Let England Shake est interpreté note pour note par PJ et ses trois acolytes (dont les très fidèles Mick Harvey et John Parish). Ceux qui ont découvert PJ avec cet album sont aux anges. Les anciens fans aussi, contents d'être là et de voir Polly Jean en action... Mais après chaque chanson, on se demande à quel moment la belle va laisser tomber son auto-harp pour reprendre sa telecaster et nous balancer quelques-uns des brûlots qui auront jalonné sa carrière... Et on attendra longtemps... Même le jubilatoire Big Exit apparait fade car réinterprété à la sauce Let England Shake... Ca fait du mal de le dire mais on s'ennuie ferme...

On sort forcément déçu, on aura vu qu'une facette de la fantastique PJ Harvey... Quand on sait tout le talent de notre anglaise on a vraiment l'impression d'être passé à côté des sensations qu'on aurait aimées ressentir. On salut la performance du jour et la volonté de se réinventer... mais pas en faisant table rase du passé... Il manquait le coeur de la carrière de PJ. A la différence d'un Thom Yorke, elle n'aura voulu tenter la posture, certes schizophrène, consistant à revisiter toutes les facettes de sa carrière au cours d'un même show... Et c'est ce qui nous laisse sur notre faim...

vendredi 18 février 2011

Radiohead : The King of Limbs ou le petit frère apaisé d'Amnesiac

Ca y'est, le nouvel album est enfin disponible! C'est avec un jour d'avance que Radiohead a autorisé le téléchargement de The King of Limbs pour ceux qui l'avaient déjà pré-commandé et attendaient avec impatience la date du samedi 19 février 2011 pour avoir accès aux précieux Mp3 (ou Wave).

A la première écoute, le disque sonne très électro et il semble que Radiohead ait décidé de reprendre sa quête là où Kid A et Amnesiac l' avaient mené... Un son entre électro, psychédélisme et rock avec une attention portée aux rythmiques destructurées façon Autechre ou autres démiurges du label warp, le tout saupoudré de basses langoureuses et chaleureuses... Surtout dans sa 1ère partie, avant que la fin de l'album ne bascule dans une sorte de folk de l'espace éthéré et rêveur...

On tient donc là le petit frère apaisé d'Amnesiac qui se transforme sur la fin en ange accédant à la félicité... Une envolée bouleversante...

Un album ambitieux et à la première écoute rayonnante... Maintenant le temps fera son oeuvre... Et vous, vous en pensez quoi?

mercredi 16 février 2011

Cold War Kids au Bataclan (15/02/11)

Les enfants de la guerre froide étaient de retour en France pour promouvoir la sortie de leur troisième album : Mine is Yours. Pour l'occasion ils se réapproprient le Bataclan, déjà visité en novembre 2008. Un concert de bonne qualité mais loin des moments homériques de leurs prestations de 2007.

J'avais découvert les Cold War Kids par hasard en février 2007 à la Cigale alors qu'ils assuraient la 1ere partie des New-Yorkais de Clap your Hands Say Yeah (disparus de la circulation depuis...?!). Ce fut un vrai choc! Leur rock épileptique, joyeux et touffu prenait vraiment aux tripes. Des chansons comme Hang me up to Dry ou We used to vacation sonnaient diablement bien et en contrepoint de la musique entendue à l'époque.

Une impression confirmée quelques semaines plus tard pour une tête d'affiche au Trabendo en mai. Un concert intense et urgent, comme si nos vies en dépendaient. A l'époque ils touchaient à l'essence même du Rock et transmettaient ce sentiment si jouissif de vivre un moment particulier... En Août 2007, ils remplaceront même au pied levé Amy Winehouse à Rock en Seine et ils assureront une belle performance sur la grande scène... On se souviendra longtemps de cette reprise possédée du Well, Well, Well de John Lennon.

Même si le premier album du groupe (Robbers & Cowards) était inégal, il contenait de vraies bonnes chansons d'une grande originalité, mélangeant rock, folk, influences gospel, le tout dans des structures alambiquées. Le second (Loyalty to loyalty) décevra un peu mais restera tout de même dans la lignée de son prédécesseur.

Le troisième album était attendu avec impatience et est donc sorti à la mi-janvier 2011. Mine is Yours me laisse quelque peu dubitatif. Il se laisse écouter et dispose de quelques belles mélodies. Un bon album de pop-rock calibré pour le mainstream. Mine is Yours devrait permettre aux Cold War Kids d'élargir sensiblement leur audience et peut-être même de réaliser une véritable percée populaire... Mais pour les fans de la première heure il manque l'originalité des débuts, la fougue et la fureur qui emportaient le quatuor de Los Angeles et insufflaient dans son oeuvre cette énergie vitale et incandescente qui faisait sa singularité...

Le concert du Bataclan aura été à l'image de l'album : sympathique et plaisant... Mais bien en deçà des prestations antérieures du groupe qui retrouva tout de même un peu de cette flamme perdue dans l'interprétation des quelques titres issus du Robbers & Cowards...

Une déception...

samedi 12 février 2011

Best Song Ever (épisode 74): Hard to explain par The Strokes

Ils sont arrivés de nulle part à la fin aout 2001, à une heure où le Rock, le vrai, avait presque disparu des radars. A la fin du siècle dernier, l'avènement mérité de la musique éléctronique avait ringardisé les groupes à guitares. Pour paraphraser James Murphy, il fallait bazarder ses guitares et acheter platines et samplers pour être hype. 4 new-yorkais de bonne famille ne l'entendèrent pas de cette oreille et osèrent balancer un album de rock racé, au son vintage et à l'énergie fulgurante, l'album annonçant la résurrection du Rock dans les années 2000 : Is This it?

Ce chef d'oeuvre concis de pop-rock songs imbibées de post-punk new-yorkais des grandes années du CBGB va exploser les oreilles de millions de gamins qui n'auront qu'une envie en écoutant The Strokes : fonder un groupe de Rock... Dans le sillage des Strokes, des White Stripes et des Libertines de l'autre côté de l'Atlantique, le mouvement renaissait une nouvelle fois de ses cendres. Le Rock est mort, vive le Rock!

Dans la pure tradition Rock, la pochette de l'album (représentant un superbe fessier) sera censurée aux Etats-Unis... Et dans le contexte du 11 septembre, la chanson ridiculisant les policiers new-yorkais (New-York City cops) sera même bannie des ondes et de la version US de l'album...

Parmi les nombreuses perles de quelques minutes qui agrémentent Is This it, Hard to explain est certainement la pierre angulaire de l'album. Un son garage et une énergie folle se dégagent de ce titre mêlant à la fois mélodies pop et guitares acérées sous influence punk, le tout sur un tempo soutenu et diablement entrainant...

Un sommet initiatique...

mercredi 9 février 2011

Best Song Ever (épisode 73): La nuit je mens par Alain Bashung

Au détour d'une fin de siècle, Alain Bashung signe avec Fantaisie Militaire l'un de ses plus beaux et plus ambitieux albums. Acclamé par la critique mais aussi le public, ce disque permet à son auteur d'atteindre des sommets d'orchestration et d'harmonie pour porter la chanson française vers de nouvelles contrées.

La langue français n'a jamais paru si majestueuse, ni si bien swinguer en chanson qu'avec ce trésor de voluptés qu'est Fantaisie Militaire. L'étendard de cet album étalon n'est autre que l'immense single La nuit je mens...

Une guitare sèche enchantée, une voix rêche qui prend l'espace, un piano Rhodes tout en retenu... Puis un déferlement de batterie qui soutient à merveille les envolées lyriques d'une section de cordes qui ne cesse de nous donner des frissons tout au long de cette chevauchée fantastique... Les mots sonnent divinement et font naitre en nous des tas d'images qui se bousculent au rythme effrené des scintillements sonores de l'orchestre.

En 2001, le maitre ira encore plus loin en poussant l'expérimentation post rock, voire post chanson française, le plus loin possible avec l'incroyable et tellement novateur l'imprudence... Un dytpique incontournable...

Une song inoubliable. Un artiste qui a laissé un grand vide en nous quittant...

Un clip superbe à voir sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=eLhz8WELr00

dimanche 23 janvier 2011

Best Song Ever (épisode 72): Parfume par Alexandre Varlet

Si il y a un chanteur français exaltant, classieux, doué et totalement ignoré, c'est bien le talentueux Alexandre Varlet. Après un premier album prometteur en 98 (Naïf comme le couteau), Varlet sort en 2003 un second album admirablement produit, le magnifique 'La dragueuse de fond' dont est extrait Parfume.

Tout semblait écrit d'avance et le dandy lettré aux textes poétiques souvent incisifs et aux mélodies imparables était promis aux sentiers de la gloire. Distribué par une major, et jouissant d'une production léchée, 'la dragueuse de fond' devait faire des ravages et placer ce nouvel intriguant sur le sommet de l'Olympe de la chanson française... Et Parfume était le hit single parfait et ambitieux...

Sauf que l'histoire begaya et le disque ne reçut pas le succès escompté... A ré-écouter cet excellent album, c'est toujours aussi difficile à croire... Comme le passage quasi inaperçu du troisième album du sieur Varlet (Ciel de fête) réalisé avec Nicolas Leroux qui donne le parfait écrin rock à la voix suave et aux textes du Monsieur. Le sublime 'Soleil noir', enregistré dans les mêmes conditions est sorti l'année dernière et est disponible en Vinyle uniquement via le label suisse Shayo (un disque qui aurait figuré dans notre top 10 de l'année si il avait été reçu à temps...).

Faisons table rase du passé et revenons à notre âge d'or lorsque sort en 2003 le titre Parfume. Une pop song belle et voluptueuse. La guitare acoustique scintille de mille merveilles, les arrangements de corde portent la chanson en apesanteur, la voix, les mots choisis par Varlet et son phrasé classieux sonnent à la perfection...

La nouvelle chanson française exigeante et talentueuse arrive sur le devant de la scène et va tout bousculer sur son passage, pour le meilleur... Malheureusement c'est le pire que l'on aura, star ac en tête, la crise du disque et des artistes au talent immense comme Alexandre Varlet seront sacrifiés sur l'autel de la médiocrité...

A lire également Alexandre Varlet à Petit Bain et dans notre TOP 10 Albums et ICI.

samedi 15 janvier 2011

The Chemical Brothers au Zénith (14/01/11)

Les Frères Chimiques sont de retour en France après 3 ans d'absence... Plus de 15 ans après leurs débuts et leur explosion au milieu des années 90 avec une poignée de disques entrant en résonnance évidente avec leur temps (Exit Planet Dust, Dig Your Own Hole et Surrender) que reste-t-il aujourd'hui de ce groupe big beat ultra puissant? Après avoir brillamment rapproché la techno et le monde du pop-rock en créant l'écrin électro parfait pour quelques brillants pigistes vocaux triés sur le volet (Noel Gallagher, Richard Ashcroft, Hope Sandoval, Kele...) qu'attendre aujourd'hui des Chem?

Elément de réponse avec un Zénith sold out vibrant de tout son corps dès les premières déflagrations de basse balancées... La réponse est clairement dans le son et le trip insidieusement proposé. A l'instar d'un Laurent Garnier, les Chemical Bros font partie de cette caste très limitée de DJ/MC capable de vous prendre par la main pour un voyage qui vous fera passer par tous les états émotionnels, sans que vous ne puissiez rien y faire...

C'est la grande force de ce groupe : ses prestations live sont toujours aussi tripantes... On a beau les voir pour la 9ième fois, c'est encore aussi bon et on part une nouvelle fois très loin dès lors que l'on décide de se laisser guider et de se livrer complètement à leur son.

Certes, les derniers albums, sans être mauvais n'apportaient rien de neuf et ne pouvaient rivaliser sur la longueur avec leurs chefs d'oeuvre des années 90. Mais qu'importe, les Chemical Brothers sont un groupe qui se déguste Live, sur les dance floors, le corps possédé et l'esprit qui lâche prise...

Un son toujours aussi énorme avec bien sûr, les titres intemporels qui vont bien comme Out of Control, Galvanize, Block Rockin' Beats, Star Guitars ou encore Setting Sun...

Un trip toujours aussi bon!

mercredi 22 décembre 2010

Best of 2010 : le Top 10 des concerts par Mind Riot Music

Puisque beaucoup de lecteurs l’ont demandé, on va leur faire un petit cadeau de Noel pour se risquer à donner le Top 10 des meilleurs concerts de l’année selon Mind Riot Music. Exercice très difficile et forcément ultra-partisan, disons que la sélection s’est faite sur le souvenir de l’intensité de ces quelques shows vus cette année…


Top 10 Concerts 2010 :

1. Troy Von Balthazar au point éphémère (4/11/10)
2. Arcade Fire à Rock en Seine (29/8/10)
3. Black Rebel Motorcycle Club au Bataclan (12/5/10)
4. Massive Attack à Rock en Seine (28/8/10)
5. Chokebore à la Maroquinerie (19/2/10)
6. Iggy & The Stooges au théâtre antique de Fourvière (14/7/10)
7. Brian Jonestown Massacre au Bataclan (27/4/10)
8. LCD Soundsystem au Bataclan (8/5/10)
9. Gorillaz au Zénith (22/11/10)10. Helmet à l’Elysée Montmartre (10/12/10)

Quelques extraits des concerts pour se remémorer quelques grands moments de cette année musicale 2010 encore une fois très riche… En espérant que 2011 le soit tout autant, voire plus…






Chokebore - Ciao L.A. (live in Paris) from Chokebore on Vimeo.




dimanche 19 décembre 2010

Best of 2010 : les meilleurs albums et concerts de l’année

Le temps des bilans de fin d’année est déjà arrivé. La première année de cette nouvelle décennie se termine et on ne l’a pas vu passer… Après notre longue revue de la décennie 2000 publiée il y a tout juste un an, on va forcément faire plus court pour cette année mais tenter tout de même de vous faire revivre les grands moments de cette année musicale 2010 vue par le prisme Mind Riot Music…

Pour rebondir sur notre analyse des années 2000 et son manque criant de nouveau mouvement musical fédérateur, au contraire des décennies précédentes, on peut d’ores et déjà affirmer que 2010 reste dans la lignée de ses devancières… Pas de révolution mais une douzaine de mois assez excitants avec la publication de quelques albums incontournables, la percée de groupes avec un avenir resplendissant et le retour sur scène de quelques gloires passées…


Les meilleurs albums de 2010

Difficile de donner un classement clairement établi mais à la vue de l’appétence de nombreux lecteurs pour cet exercice de style attendu, on va donc s’y coller… La setlist 2010 idéale de Mind Riot Music ressemblerait à cela :

1. Troy Von Balthazar : How to live on nothing
2. Arcade Fire : The Suburbs
3. Gorillaz : Plastic Beach
4. Foals : Total Life Forever
5. Warpaint : The Fool
6. Artaud : Music from early times
7. Black Rebel Motorcycle Club : Beat the devil’s tattoo
8. Autechre : Oversteps
9. The National : High Violet
10. LCD Soundsystem : This is happening

Le meilleur album et peut-être même le meilleur concert de l’année (au point éphémère) ont été délivrés par Troy Von Balthazar. Le chanteur de Chokebore nous a servi un second effort solo tout simplement magnifique. Un songwriting classieux et lumineux que l’on n’avait plus entendu depuis des années. Ajoutez à cela une dévotion entière et complète à sa musique et vous obtenez un artiste singulier et tout bonnement exceptionnel… Une grande claque et un bonheur doublé par le retour sur scène en début d’année de son groupe cultissime des années 90 Chokebore pour un concert tonitruant à la Maroquinerie… 2010 l’année TVB.

Les montréalais d’Arcade Fire, élus par la critique internationale nouveaux sauveurs du rock, ont réussi l’exploit de ne décevoir personne en sortant un 3ième album somptueux. The Suburbs démontre que le groupe a réussi à digérer son succès et à continuer à enrichir son univers musical. Un son ultra travaillé et magnifiquement produit, des chansons variées, une grande maitrise et une sérénité retrouvée font la force de ce grand album.

Damon Albarn est décidemment un génie démoniaque. Après le parfait The Good, The Bad & The Queen, la reformation de Blur et son passage épique au théâtre de fourvière en 2009, le londonien enchaine et réussit à réinventer Gorillaz en insufflant une forte dose de hip-hop dans ses propos électro… Du grand art… On attend avec impatience la délivrance de ce fameux nouvel album de Gorillaz composé sur l’i-Pad d’Albarn durant la tournée américaine (selon les rumeurs il serait en téléchargement sur le site du groupe le jour de Noël).

Les Oxfordiens de Foals auront surpris leur monde avec leur deuxième album Total Life Forever sorti au printemps. Ambitieux sans jamais être pompeux, leur math rock sous influence dance se mue en pop rock spatial et explorateur… Un talent fou…

Les quatre filles de Los Angeles qui forment le groupe Warpaint sont certainement la révélation de l’année… Après un premier Ep remarqué produit par l’ancien RHCP John Frusciante, leur premier LP The Fool nous ravit. Des voix cristallines et hauts perchées à la Siouxsie qui se lovent dans des arpèges de guitare à la Cure sous l’impulsion d’une batterie puissante et groovy à la fois… Une percée…

Artaud nous sert brillamment la suite de ses aventures aux confins du jazz, de l’électro et de la musique classique : indispensable. Black Rebel Motorcycle Club n’innove pas sur ce 5ième album mais creuse encore plus profond ce sillon noir dont on ne saurait plus se passer. Pour notre plus grand bonheur, Autechre revient à la mélodie après une décennie à tenter de la repousser au loin et tente un album apaisé que l’on adore écouter. The National aura confirmé tout le bien que l’on pensait de de ce groupe de rock indé qui délivre une nouvelle offrande de haute qualité. Enfin, This is happening ou la conclusion de l’histoire de LCD Soundsystem ferme la marche de notre classement. Le groupe electro clash du génial James Murphy, qui aura illuminé nos années 2000, termine sa cavalcade avec un troisième album plus posé, on osera dire plus pop. Moins constant en qualité que ces deux prédécesseurs, l’album recèle tout de même quelques perles comme le fabuleux ‘you wanted a hit’…

Aux portes du Top ten, on citera Liars (Sisterworld), MGMT (Congratulations), Dead Weather (Sea of cowards), Broken Bells, Massive Attack (Heligoland), These New Puritans (Hidden) ou encore Vampire Weekend (Contra)…


Live, Baby Live : les meilleurs concerts de l’année

Une belle année 2010 de concerts avec un maximum de moments jubilatoires et cette intensité tant recherchée… Parmi les meilleurs shows de l’année on citera Troy Von Balthazar au point éphémère en novembre et le retour sur scène de son groupe culte Chokebore en février dans une maroquinerie incandescenteRock en Seine aura délivré son lot de baffes supersoniques avec une programmation haut de gamme et très variée. On retiendra les prestations de Massive Attack, Cypress Hill, Underworld et le somptueux final Arcade Fire…

On aura vibré comme rarement avec la reformation du génial groupe Lo-Fi de Stephen Malkmus : les rois du rock indé de Pavement avec s’il vous plait The National en ouverture au Zénith en mai. Le même mois on aura explosé de joie au son des toujours jouissifs LCD Soundsystem au Bataclan avant de voir l’une des meilleures prestations de l’année avec Black Rebel Motorcycle Club dans cette même salle… Et dire que Robert Devon Been se sera payé le luxe de faire un set acoustique après le concert et juste devant la salle pour quelques dizaines de fans restés là à attendre le groupe… Un moment rare… et manqué… Et que dire de la venue de Gorillaz et de ses stars (Damon Albarn, Mick Jones, Paul Simonon, Bobby Womack…) au Zénith de Paris : énorme !

Confirmation du talent scénique des Brian Jonestown Massacre avec leur passage au Bataclan en mai. Les Liars auront aussi rappelé quel groupe à part et indispensable ils forment avec deux concerts monumentaux aux nuits sonores à Lyon puis quelques jours plus tard à la Maroquinerie.
Quel bonheur de revoir sur les routes une idole de la chanson française : Monsieur Jacques Dutronc qui n’a rien perdu de son talent. Dans le cercle des légendes de passage en France on aura halluciné avec le show Iggy Pop & The Stooges à fourvière ou encore l’énorme spectacle AC/DC au Stade de France… C’est ça le Rock’n’roll…

Côté rock français, deux belles prestations d’Eiffel à fourvière puis surtout au Zénith de Paris auront prouvé qu’ils sont bien les leaders de l’hexagone en la matière… Talonnés par M, toujours aussi spectaculaire en live…

Rayon découvertes enthousiasmantes : Warpaint à la Cigale, These New Puritans au point éphémère, The Xx à fourvière, Broken Bells au Nouveau Casino et Foals à L’Elysée Montmartre.
Le coup de cœur 2010 : Helmet à L’Elysée Montmartre !

Et bien sûr on rappellera la sortie sur le label Mind Riot Music du premier album noisy pop de Moslyve & The Good Demons (qui aura eu l’honneur d’une chronique dans MAGIC et danslemurduson) et de la très éclectique compilation Mind Riot Music : Time Machine Collection Volume I. En 2011 on attend avec impatience un possible volume II, quelques rééditions d’albums de Lys Last Stand et A Free Soul et surtout le deuxième album de Moslyve and The Good Demons.

Vivement 2011 !

dimanche 12 décembre 2010

Vincent Artaud au Duc des Lombards (11/12/10)

Changement radical de décor et d'ambiance pour ce dernier concert de l'année 2010. Direction Chatelet et le prestigieux club de jazz le Duc des Lombards pour voir en live le jazzmen français adepte de l'électro : Vincent Artaud.

Bassiste, arrangeur et en somme multi-instrumentiste talentueux, Vincent Artaud sort ces jours ci son 3ième album en solo (Music from early times). Ses aventures sonnent de manière toujours aussi incroyable. En mélangeant jazz, électro et même classique, il arrive à créer une musique ambitieuse, raffinée et presque d'avant-garde.

Il nous prend par la main et nous emmène dans un voyage passionnant et inédit aux frontières de la musique électronique, du jazz et de la musique classique pour nous faire découvrir un nouvel eldorado. Brillant, innovant et indispensable !

Dans le très parisien Duc des Lombards, Vincent Artaud expose pour la 1ere fois en live son nouvel ovni avec le concours d'un clavier (Rhodes), d'un spécialiste des instruments à vent (saxo, flûte, cor anglais) et d'un excellent batteur. Artaud s'occupe de la basse et d'une formidable palette de sons electro qu'il pilote avec un clavier maitre roland...

Dans cette petite salle, le rendu est tout bonnement époustouflant et on prend un plaisir fou à s'immerger dans ces nouvelles et excellentes compositions. On passe par tous les sentiments par la constance d'une musique ultra-moderne et élégiaque. On pense par moment au Miles Davis de 1970 au Cellar Door lorsque ce dernier faisait jouer Keith Jarrett sur piano électrique et qu'il découvrait l'electro jazz avant l'heure et de se lancer dans sa formidable épopée jazz-rock... C'est pour dire le niveau...

Un artiste épatant qui permet de finir l'année sur une note assez élevée.

samedi 11 décembre 2010

Helmet à l'Elysée Montmartre (10/12/10)

Le groupe de Page Hamilton était enfin de retour en France après de trop longues années d'absence. De manière assez surprenante, L'Elysée est loin de faire le plein et c'est devant une audience clairsemée que le combo originaire de New-York City débarque sur scène...

Quel plaisir de retrouver l'énergie magnifique de leur son, savant mélange de mélodies syncopées, de metal avec surcouche noisy et du chant plutôt rock et cristallin d'Hamilton... Une vraie marque de fabrique made in Helmet qui fait aujourd'hui encore toute leur singularité et leur force explosive. Tout amateur de rock dur devrait avoir dans sa discothèque la trilogie des nineties Meantime - Betty - Aftertaste... Un must absolu...

Cette musique prend tout son sens en live avec la force des décibels, la présence puissante des musiciens et la fougue d'un Page Hamilton en grande forme qui dira régulièrement quelques mots entre les chansons. Le public apprécie et lui fait savoir... L'ambiance est bon enfant et agréable malgré les décharges soniques assénées...

Le groupe puise dans chacun de ses 7 albums même si tout naturellement l'accent est mis sur le dernier en date Seeing Eye Dog. Sans surprise ce sont les morceaux issus des années 90 qui remportent la palme et créent une belle cohue dans la fosse (Unsung, Renovation...).

Et que dire de ce rappel monstrueux et dévastateur qui à lui seul pouvait justifier de s'être déplacé... Le Triptyque See U Dead - In the Meantime - Milquetoast embrase la salle... L'énergie est à son comble, la foule est survoltée et on prend un panard d'enfer...

On sort heureux et épuisé... On vient de prendre ce genre de décharge qui vous fait ressentir chaque atome de votre corps... Du grand art!

jeudi 2 décembre 2010

Black Rebel Motorcycle Club à l'Elysée Montmartre (1/12/10)

L'équipée sauvage Marlon Brandesque était donc de passage pour la 3ième fois de l'année dans la capitale (après le bataclan en mai et Rock en Seine en aout). Et c'était encore une fois à guichets fermés!

Surprenant? Pas vraiment, en 5 albums remplis de blues, de rock, de psychédélisme et d'un noir aussi profond et seyant que celui des premiers perfecto, les BRMC auront réussi à créer un univers propre et singulier et donc à fédérer un joli noyau de fans pour qui chacune de leurs venues reste un moment inoubliable de rock viscéral et qui prend aux tripes à ne rater sous aucun prétexte...

Sur scène, le guitariste Peter Hayes (ex-BJM), le bassiste Robert Levon Been et la batteuse Leah Shapiro forment un trio soudé, presque fusionnel... Et c'est ce qui rend leurs performances aussi brillantes... On sent bien que pour Hayes et Been, BRMC c'est toute leur vie et qu'ils sont allés chercher au plus profond d'eux-mêmes et d'une certaine amérique crasseuse mais toujours digne pour remplir leurs chansons pleines de noirceur et d'une intensité éclatante...

Forcément, il était difficile pour le Black Rebel de reproduire le concert en tous points parfaits du Bataclan, à ranger dans la catégorie over the top, et c'est donc un peu déçu que l'on passa la première moitié du set... Un son de batterie en retrait (alors que notamment le son tranchant et précis de la grosse caisse était l'une des grandes forces du show du bataclan), une basse dégoulinante et la voix de Bob imprécise pour une première demi-heure un peu floue...

Au milieu du set, l'étincelle se produisit... Robert entame seul en acoustique le Dirty Old Town des Pogues et la magie réapparait comme par miracle... Le pact avec le public est scellé et l'alchimie peut enfin commencer... Peter enchaine avec un poignant 'Devil's waiting', puis le groupe enchaine sur un Salvation tout en apesanteur...

La suite n'est que successions de sommets vertigineux : 6 barrel shotgun, whatever happened to my rock'n'roll, Beat the devil's Tatto et son chant d'intro fédérateur, Conscience Killer... Pour le rappel, on a droit au très rare In like a Rose (du second LP) et on termine avec une version dantesque de Shadow's Keeper...

Une seconde partie de show tonitruante alors même que quelques perles manquaient à l'appel du set-list (Stop, As sure as the sun, American X...).

A lire, le concert au bataclan en mai et Best Song Ever : Stop ainsi que le rôle de BRMC dans les années 2000.

Quelques extraits youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=UdgQK0MTr3g
http://www.youtube.com/watch?v=8635-nGi_1g

vendredi 26 novembre 2010

Foals à l'Elysée Montmartre (25/11/10)

Les oxfordiens de Foals issus du courant Math Rock étaient de passage hier à l'Elysée Montmartre pour promouvoir leur fantastique second LP (Total Life Forever) sorti il y a déjà quelques mois. Un concert épileptique et rageur...

Si leur premier album Antidotes, produit par David Sitek de TV on the Radio, était énergique et oblique, Total Life Forever se révèle être plus aérien, plus atmosphérique. Sur scène, la magie douce amère opère toujours, mais le tout tend vers plus de tension et de frénésie...

Ca commence sous les hurlements d'une foule jeune et en folie dès les premières notes de Blue Blood... Ca part en vrille interstellaire sur Cassius et This Orient, mais le clou du spectacle restera le superbe Spanish Sahara, son début tout en retenue puis son envolée extatique qui porta la foule à bout de bras vers les cimes de la jouissance... Enorme...

Un groupe talentueux et barré qui dégage une énergie pleine de tension et de maitrise... A suivre...

mardi 23 novembre 2010

Gorillaz au Zénith (22/11/10)

Le groupe cartoonesque de Damon Albarn et Jamie Hewlett est enfin passé à Paris hier soir. Des années d'attente pour un spectacle tout bonnement époustouflant...

On ne gâchera pas notre plaisir, cela fait tellement longtemps que l'on espérait le passage de ce brillant projet aux frontières de l'électro, du rock, du hip-hop et même de la world music. Trois albums différents et magistraux en 10 ans et enfin l'honneur d'une séance (et même de deux...) parisienne pour découvrir en live ce maelström tellement dans son temps.

Gorillaz c'est la géniale synthèse de la musique d'aujourd'hui. Pop, rock, funk, hip-hop, world enrobé dans une production électro savante, tout y est admirablement dosé... En live, le son est plus brut et bien entendu le rendu global encore plus énergique et euphorisant... Après une belle ouverture de la soirée par les remarquables Little Dragon de la chanteuse Yukimi Nagano, on a droit à un set old school de De la Soul (avec même une incursion finale de MF Doom). Energie et bonne humeur à revendre.

Puis, enfin, la troupe Gorillaz débarque sur scène. une demi douzaine d'instruments à vent et à cordes, deux batteurs, un clavier, quatre choristes et la moitié de The Clash (les légendes Paul Simonon et Mick Jones réunis sur scène) plus un second guitariste. Ca démarre sur les chapeaux de roue et on enchaine vite avec l'arrivée sur scène de Monsieur Bobby Womack pour un Stylo de folie...

Le son est un peu brouillon au début du show mais les ingé son sauront heureusement s'adapter à la situation. Plus de deux heures de concerts, tous les tubes et des invités prestigieux à la pelle : Neneh Cherry, De la Soul, Bobby Womack, Yukimi Nagano...

La seconde partie du concert est dantesque avec des titres qui explosent le Zenith : Feel Good Inc. avec De la Soul, Empire Ants avec Nagano, Dare, Clint Eastwood et un Glitter Freeze acid au possible qui électrisa l'audience...

Un grand moment de voir tout ce petit monde sur scène et de pouvoir vivre en live cette musique incandescente... Damon Albarn est décidemment un sacré artiste...

lundi 8 novembre 2010

Un ex-Libertine, The Coral, Warpaint et Local Natives à la Cigale (5 et 6/11/10)

Petit détour à la Cigale vendredi et samedi soir pour le festival des Inrocks avec l'ex-libertine Carl Barat en solo, le groupe de pop de Liverpool The Coral et les petits nouveaux de Warpaint et Local Natives.

Vendredi soir, on retiendra la venue de Carl Barat qui présentait son tout premier album solo (et on notera la présence à la guitare de son frère). Sans surprise les morceaux issus de son LP sonnent un peu mou et on attend tous avec impatience quelques anciens titres de son répertoire avec les Libertines ou les Dirty Pretty Things... Et on est comblé avec 'Time for Heroes' et 'The Man who would be King' des Libertines et 'Dead Wood' et surtout l'hymne 'Bang, Bang you're dead' des Dirty Pretty Things. A chacun de ses titres, l'assistance s'embrase, le public devient fou... Dommage que le soufflet retombe aussitôt avec les nouveaux morceaux de sieur Barat.

Samedi, on commence avec l'immense surprise Warpaint. 4 jeunes filles de L.A. proposent une musique audacieuse et hypnotique en clair obscur. On remarque d'entrée une batterie énorme, groovy et ultra présente qui guide et soutient les deux guitares atmosphériques sous influence Cure/Depeche Mode et les voix hautes perchées à la reverberation divine et intense... On écoutera avec une oreille attentive le premier LP... Un groupe à suivre...

Suivent les californiens de Local Natives qui eux aussi enflamment la Cigale... On les compare à Arcade Fire... Certainement pour cet entrain et cette envie de fusionner groove, folk et rock audacieux... mais les Local Natives sont certainement plus influencés par la dance music que leurs compères de Montréal... Une prestation solide et emballante qui se frayera un chemin entre pop, folk et même psychédélisme...

On finit cette seconde soirée par le groupe anglais de The Coral. En forme et eux aussi attendus par un public enthousiaste même si la prestation sera tout de même très courte. 14 chansons au global, dont 8 du dernier LP 'Butterfly House', c'est peu lorsque l'on a en stock 6 albums dans lesquels puiser... Les titres ultra pop de Butterfly House sonnent admirablement bien mais ce sont bien les vieux titres du premier album (Spanish Main, Dreaming of You) qui rendent les gens complètement dingues et nous rappellent qu'à l'époque The Coral était un groupe inflammable et imprévisible...

vendredi 5 novembre 2010

Troy Von Balthazar au Point Ephémère (4/11/10)

Le Leader de Chokebore, Troy Von Balthazar, était de passage à Paris en solo pour promouvoir la sortie de son sublime second LP 'How to live on nothing'. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas entendu des chansons aussi bien écrites avec de telles superbes mélodies. TVB s'affirme comme un artiste incontournable et certainement l'un des tous meilleurs songwriters en activité.

Pour les fans de Chokebore, de ses tourments, de ses déchainements de fureur et de ses plongées vertigineuses dans les abimes, c'est un choc et une véritable révélation que de découvrir leur leader en toute intimité. TVB écrit et produit des chansons épurées et arrangées à minima de manière plutôt originale. On touche au coeur de l'homme et à son essence même et on reste balayé par tant de sincérité et d'émotion. Le tigre qui rugissait au sein de Chokebore n'est jamais loin, l'intensité rageuse est toujours sous jacente mais certainement plus sous contrôle.

Et les mélodies sont tout simplement merveilleuses, les vocalises bluffantes et l'apport de la frêle et charmante Adeline Farvier Jasso est un complément idéal tant au niveau du chant que du jeu de guitare ou de basse. Derrière les fûts c'est le batteur de Chokebore qui s'y colle, arborant un T-shirt très amusant (Destroy avec Des barré). TVB alterne songs en trio et chansons seul à la guitare ou utilisant quelques minuscules et cheap instruments.

La prestance et l'aisance de ce troubadour d'un autre temps est confondante. Cet artiste, au noble sens du terme, dégage une intensité incroyable. Hanté, parfois même comme possédé, il ne se prend pas au sérieux et son humour fait des ravages entre les chansons.

Au global, une heure de bonheur et de plaisir à voir et à écouter cet artiste incomparable. Les perles que sont Dogs, I block the sunlight out, Happiness and Joy, Communicate ou Dots and Hearts raisonnent encore dans nos têtes avec une force d'une réelle pureté.

L'album de l'année, le concert de l'année... A découvrir de toute urgence.

A lire, le retour de Chokebore à la Maroquinerie, Best Song Ever avec Narrow de Chokebore et du coté de Zik, Concerts et Vidéos : Chokebore et TVB en VoD.

Quelques extraits youtube : http://www.youtube.com/watch?v=pXdtKPVjQYU
http://www.youtube.com/watch?v=45WPzCds5k0
http://www.youtube.com/watch?v=4_KBJCX6498

mercredi 3 novembre 2010

Best Song Ever (épisode 71) : Famous Last Words par Tears for Fears

Le duo conquérant des années 80 Roland Orzabal, Curt Smith, alias Tears for Fears (tff pour les intimes) aura sciemment conqui l'eldorado des charts américains avec leur second album 'Songs from the Big Chair' avec deux tubes écrits pour transpercer ce marché (Everybody wants to rule the world, Shout). C'est après avoir réalisé leur rêve de gloire qu'ils ont su se pencher sur l'accomplissement de leurs ambitions artistiques à la fin des années 80... Avant de disparaitre dans les limbes des groupes ayant vécu...

En 89 sort le dernier album enregistré à deux, the seeds fo love. Une pochette somptueuse aux influences sixties rappelant les extravangances d'un Sergent Pepper et un disque aux influences diverses, souvent vintage mais toujours à propos. Jazz avec 'Badman's song', Soul avec 'Woman in chains', retro avec 'Advice', Beatles et flower power avec 'sowing the seeds of love', le disque ne pouvait que s'achever sur une merveille : Famous Last Words...

Une chanson d'after, délavée, épurée mais incandescente... Quelques notes d'un piano scintillant, des harmonies rêveuses enrobent une mélodie tournoyante et la voix légère et tout en retenue d'Orzabal. On est bercé et on retient une larme, comme lorsqu'il faut dire au revoir à des êtres chers... Puis surgit sans crier gare un déferlement rock intense. La voix d'Orzabal se rebelle et nous emporte dans sa folie rageuse dans un dernier sursaut de vie et d'enthousiasme à nous faire sentir une nouvelle fois complètement en vie...

tff a tout dit et peut définitivement quitter les lumières de la scène, nous laissant les yeux rougis lorsque les lumières se rallument pour de bon...

A découvrir en Live sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=j2gSTnflHPM

vendredi 29 octobre 2010

La compile MRM est disponible!

Ca y'est, c'est parti! La compilation 'Time Machine Collection Volume I' du micro label Mind Riot Music est enfin disponible.


‘Time Machine Collection Volume I’ reflète à merveille les aspirations multiples et complémentaires du label. Conçu en trois temps distincts, le disque emmènera tout d’abord l’auditeur vers l’exploration d’une pop inventive et dépouillée (Lys Last Stand, Moslyve & The Good Demons, Quiet Revolt).


Après une transition pop rock frondeuse (Mind Riot 776) se sont les versants d’un rock plus dur et heavy qui seront aperçus (One Diesel Drop, Quiet Revolt, Spep). La troisième partie de cette compilation décollera vers les sommets électro, d’abord Hip-hop, techno acide & dark (A Free Soul, 7Sins), l’apothéose finale sera atteinte avec le meilleur de la transe psychédélique (Radioactivism).

On ne doute pas que vous aurez le même plaisir à écouter cette compile que nous avons eu à la concevoir…

Vous pouvez écouter certains titres de la compile sur la page Myspace de Mind Riot Music.

Pour plus d'infos : contact@mindriotmusic.com

jeudi 28 octobre 2010

Best Song Ever (épisode 70) : 1970 par The Stooges

Le groupe initial d'Iggy Pop restera certainement comme l'un des plus violents (soniquement parlant) de l'histoire du Rock. Punk avant l'heure, le combo de la morne Detroit insufflera fougue, liberté et adrénaline dans son Rock foutraque, incisif et corrosif.

Extrait de leur monumental second LP 'Fun House', 1970 est au diapason des autres morceaux de l'album : expérimental, brutal, jouissif et furieux. La guitare tribale si caractéristique de Ron Asheton est portée par une section rythmique à la fois groovy et percutante. Sur ce train fantôme lancé à grande vitesse, Iggy hurle qu'il se sent bien en cette année 70 décadente. Le solo de wah-wah est furibard. La fin de 1970 se termine dans un tumulte incessant aux accents free jazz jouissifs...

Une claque incomparable qui sonne toujours de manière aussi excitante aujourd'hui...

A lire aussi : Iggy & The Stooges à Fourvière et à voir sur youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=I7dKnF0coxQ

samedi 16 octobre 2010

Eiffel à son Zénith (15/10/10)

Ca devient presque une habitude, je pars voir Eiffel pour la 3ieme fois en un an. Cette fois-ci, direction le Zénith de Paris, après la Cigale l'an dernier pour le lancement de leur tournée marathon puis l'escale au théâtre antique de Fourvière en juillet.

Avant d'entrer dans l'arène, les souvenirs s'entrechoquent, l'éternité de l'instant avec le concert acoustique et intimiste de la maroquinerie en décembre 2003 (qui aura été gravé sur CD), les déflagrations rock indé dans la même salle en janvier 2007 quelques heures avant la sortie du mésestimé Tandoori et le poignant concert de l'Olympia en novembre 2007 où le groupe quelque peu déboussolé après avoir perdu son contrat avec leur label ne savait pas si Eiffel aurait un avenir...

Depuis il y a eu le succès inespéré du single 'A tout moment la rue' qui propulsa l'album au firmament, aidé par un paquet de pop-rock-songs ultra efficaces. En un an, un nouveau monde vient de s'ouvrir devant Eiffel. D'outsider indé du Rock français ils viennent de changer de statut pour en devenir un fer de lance reconnu... Le buzz créé récemment avec le retour tant attendu de Bertrand Cantat sur scène avec Eiffel n'aura eu pour effet que de confirmer ce nouveau leadership du groupe... Et c'est tellement mérité!

Hier soir, ce fut certainement l'un des tous meilleurs concerts du groupe auquel j'ai pu assister. Ca commence avec une incroyable reprise du monstrueux 'Tomorrow never knows' des Beatles avec sa batterie légendaire... Ca commence fort mais on est malheureusement tout de suite repris de volée à cause d'un son pitoyable. 'Minouche' et 'le coeur australie' sont interprétés dans une bouillie sonore infame... Un scandale... Heureusement pour nos oreilles, l'ingé son rectifiera rapidement le tir et réussira à maitriser cette grande salle aux trois quarts remplie.

La suite, 2h30 de pur rock : une extase... Presque l'intégralité de 'A tout moment' sera jouée. Et on sent à chaque titre que le public accroche et qu'une bonne partie des gens les aura découvert avec cet album... On aura aussi droit à quelques perles du '1/4 d'heure des ahuris' avec les classiques incontournables que sont 'il pleut des cordes', 'sombre' ou 'Tu vois loin'. De Tandoori on retiendra une version gigantesque de 'Bigger than the biggest', 'Ma part d'ombre' ou le puissant 'saoul'.

Le premier rappel nous donnera droit à un moment unique, totalement magique. Le groupe sort des coulisses pour fendre la foule du Zenith et se placer au fond de la fosse, tout près des gradins. Après avoir demandé au public de s'asseoir par terre dans la fosse (incroyable vision...) ils entament deux titres acoustiques. Un nouveau titre poignant 'Chamade' dédié à leurs proches disparus récemment et le sublime 'les yeux fermés' qui prend ici une dimension émotionnelle incroyable... un saisissant instant de communion...

En rappel bis, des frissons parcourent notre corps durant la reprise impeccable du 'Where is my Mind' des légendaires Pixies (à qui Eiffel doit son nom) et on part en transe avec leur hymne vieux de dix ans 'Hype'... On finit par un autre classique du groupe : la reprise de Boris Vian, 'je voudrais pas crever'...

Un concert Fort!

vendredi 15 octobre 2010

Compilation Mind Riot Music : le jour J approche (le 29 octobre) et le Tracklisting se déploie

Plus que 15 jours avant la sortie officielle de la superbe compilation orchestrée par le micro label Mind Riot Music.
C'est donc le 29 octobre que vous pourrez écouter la compilation regroupant de nombreux artistes amis. Attendez vous à être surpris. La compile vous fera passer par d'intimes moments acoustiques et pop, par des pics envoutants de Rock indé, par des rafales de Stoner Rock et Hard Rock pour enfin vous propulser dans l'hyper espace technoide, break beat et transe psyché...

Un voyage en 16 titres et 72 min. Pour vous donner l'eau à la bouche le tracklisting de 'Time Machine Collection Volume I'

1. North Harbor Drive par Mind Riot 776
2. Sam's Blues par Lys Last Stand
3. Live Love Die (acoustic) par Molsyve & The Good Demons
4. Francia Occidentalis par Quiet Revolt
5. Stockholm par Mind Riot 776
6. Come Buy Yourself par Mind Riot 776
7. Walls Around par One Diesel Drop
8. Crusade from the north par Quiet Revolt
9. On my Way to the West par Spep
10. The Phoenix par Quiet Revolt
11. Punchhead par A Free Soul
12. Burning Mind par A Free Soul
13. Vortex par 7sins
14. Ghosts of pripiat par Radioactivism
15. Tokyo Cab Drive par A Free Soul
16. War in the middle Orient par Radioactivism

Et dès aujourd'hui vous pouvez découvrir le Live Love Die acoustique de Moslyve & The Good Demons sur leur page Myspace:
Et aussi découvrir quelques titres de la compile sur la page Myspace de Mind Riot Music

Enjoy

dimanche 10 octobre 2010

Du psyché stoner à l'éléctro extasiée, le Rock dans tous ses états avec The Black Angels et !!!

Jolie semaine Rock avec la venue de The Black Angels au Nouveau Casino le 5 octobre et !!! (chk chk chk) à la Cigale le 9. Dans des styles assez différents, les deux groupes repoussent les limites du genre et assènent un son implacable pour emmener leurs auditeurs dans les hautes sphères de l'apesanteur...

Les Black Angels avaient déjà impressionné lors de leur passage à Rock en Seine sur la scène de la cascade en quasi-ouverture de la dernière journée triomphante qui a vu Arcade Fire cloturer le festival de tous les records... C'est donc avec une grande ferveur que nous étions tous impatients à l'idée de les retrouver dans le cadre intimiste du Nouveau Casino. Une salle pleine à craquer et un groupe en forme qui nous sert son Rock pysché aux limites du Stoner et réussit à nous amener vers les sommets enfumés de la distorsion. Un groupe sous forte influence Brian Jonestown Massacre, avec le talent mélodique de Newcombe en moins...

Samedi à la Cigale, les !!! sont de retour, 3 ans après un concert tonitruant au bataclan qui succédait à une orgie punk-dance à la maroquinerie en 2004. Avec leur rock pétaradant qui aura trop flirté avec le funk et le meilleur de l'électro concoctée sous ectasy, les chk chk chk enflamment la salle et électrisent un public conquis trop heureux de pouvoir bouger son corps sous les coups de boutoir d'un groupe déchainé... Le sommet du concert, une version live énorme de leur immense morceau 'Me and Giuliani down by the School Yard' (qui fera l'objet d'un prochain épisode de la Best Song Ever). Furieux, intense et énergisant... Une belle bouffée d'oxygène...

mercredi 29 septembre 2010

La compile Mind Riot Music arrive le 29 octobre et la pochette se dévoile...


La seconde réalisation du label Mind Riot Music sortira le 29 octobre 2010.

La compilation, qui a pour nom 'Time Machine Collection Volume I', proposera 16 titres.

Le disque réunit des compositions de Moslyve & The Good Demons, A Free Soul, Quiet Revolt, One Diesel Drop, 7Sins, Radioactivism, Lys Last Stand, Spep et Mind Riot 776.

Ci-dessus la pochette de la compilation. Plus d'infos very soon.

dimanche 19 septembre 2010

Best Song Ever (épisode 69): Il est cinq heures, Paris s'éveille par Jacques Dutronc

Que le retour scénique du maitre Jacques Dutronc fut un plaisir. Cruciale et salvatrice fut l'immense joie de ré-écouter en live quelques unes des meilleures chansons made in France composées dans les années 60. Avec un autre Jacques, Lanzmann, Dutronc a écrit quelques perles intemporelles qui réussirent la prouesse de capter pleinement l'air du temps sans jamais prendre une ride au fil des années.

Sortie en 68, 'Il est cinq heures, Paris s'éveille' restera l'un des moments de grâce de la carrière du chanteur. Le texte, signé Lanzmann, nous invite à une déambulation à l'aurore dans les rues de la capitale pour un parcours mythique: place dauphine, boulevard montparnasse, place de la concorde, place blanche...etc Le chant de Dutronc nous prend par la main et nous embarque dans cette cavalcade planante pour un after à la française classieux. La guitare presque manouche et la grande trouvaille harmonique de la flûte traversière nous bercent dans cette ambiance citadine fatiguée après une nuit savamment arrosée.

Tout Dutronc résumé en une chanson: classe, subtilité, ironie et cavalcades nocturnes... Un monument de la chanson française...