vendredi 6 avril 2012

Memoryhouse à la Flèche d'or (5/4/12)

Ces Canadiens de Toronto ont eu l'honneur de faire la couv de MAGIC (excellent mensuel au demeurant) le mois dernier pour la sortie de leur premier album "The Slideshow Effect". Et c'est donc à la Flèche d'or (rempli des lecteurs du mag pop moderne) que le duo, transformé en trio pour le live, a donné le second concert parisien de son existence!

Memoryhouse, groupe hype ou vrai talent? A part Magic, peu de mag ou de blogs se sont vraiment enflammés pour ce debut LP... Et ils ont bien tort, car il faut reconnaître qu'en terre MRM on est plutôt sous le charme. Certains critiques savants ont comparé Memoryhouse aux Cocteau Twins... Pourquoi pas sur l'ambition dream pop, mais on verrait plus un rapprochement naturel avec les Smiths pour le penchant carillonnant des guitares (mais rien à voir au niveau texte et vocalises, Morrissey is Morrissey)...

Une musique à écouter au soleil, à la campagne pour se plonger dans une certaine sérénité mélancolique et bucolique à la fois... Sur scène, l'ajout d'un batteur au duo apporte une certaine force au propos et rockifie quelque peu l'ensemble dream pop. Armé d'une gibson et d'un Vox AC30, Evan Abeele nous abreuve de notes aériennes à la Johnny Marr, tandis que le chant de Denise Nouvion nous transporte... La basse jouée au synthé par Denise amène une certaine profondeur...

Sur la fin du concert, quelle surprise d'entendre quelques mots et une ligne mélodique qui nous rappellent furieusement quelque chose... Et quelle étonnement lorsque l'on comprend qu'on a le privilège d'entendre une reprise de My Bloody Valentine avec l'immense "When you Sleep" (oui celui là même qui fait partie de notre saga Best Song Ever). On ne s'attendait vraiment pas à trouver une telle référence dans les propos de Memoryhouse... Et on ne peut qu'en être ravi!!!

Une belle soirée intimiste et rêveuse! On ressort heureux, et avec l'envie de revoir très prochainement ce groupe inspiré que l'on sent capable d'explorer et de donner vie à une dream pop aventureuse et ambitieuse... A suivre...

samedi 31 mars 2012

Helmet au Nouveau Casino (30/3/12)

Les 20 ans de Meantime, premier album fondateur d'Helmet, ca se fête! Et ca vaut bien un petit concert au Nouveau Casino! Le groupe de Page Hamilton a donc entamé il y a 20 ans (21 en fait) le début d'une trilogie fantastique (avec les albums Betty et Aftertaste sortis en 94 et 97) qui aura redéfini les frontières du metal...

Le génie d'Hamilton aura été de faire lorgner une musique lourde et percutante vers des champs pop, indie voire jazz... Et le tout avec classe, vérité et excellence!!!

Le Nouveau Casino est quasiment rempli pour célébrer cet anniversaire. Helmet commence par un petit warm up avec une poignée de titres essentiellement issus de Betty et Aftertaste, avant de rejouer l'intégralité de Meantime en commençant par la fin pour conclure sur le titre introductif "in the meantime".

Ce fut une tuerie! Une énergie démentielle et un pur bonheur de redécouvrir en live ces morceaux puissants et rentre-dedans, avec ses titres jouissifs que sont Unsung et "in the meantime"... Que du bonheur reçu par une foule en liesse...

Un long rappel nous permettra d'entendre quelques fabuleux titres en provenance des deux successeurs de Meantime... Une très belle soirée autour d'un groupe qui aura compté dans les années 90 en influençant une sacrée paire de groupes... Respect Monsieur Hamilton.

A lire également : Helmet à l'Elysée Montmartre ou encore Best of Live 2010.

dimanche 25 mars 2012

Overhead à la Clef St Germain (24/3/12)

Belle soirée hier à la Clef Saint Germain avec le retour officiel sur scène du groupe Overhead après 8 longues années d'absence. Un come-back tonitruant et en trio pour un rendu rock extrêmement convaincant (Nicolas Leroux guitare-chant, Arch Woodman à la batterie et Benoit Guivarch' aux backing vocals et guitare-basse)...

Après l'acclamé "Silent Witness" en 2002 oscillant ostensiblement entre lyrisme jazz et envolées soniques exaltantes, l’impeccable "No time between" et son rock indé tranchant et délicat (un sommet du genre), Nicolas Leoux a enregistré en 2011, dans son studio Mulholland Drive, le tant attendu 3ième album d'Overhead : Death by Monkeys dont la sortie est prévue pour la rentrée 2012. On pourra patienter jusque là avec la parution le 23 avril du EP 5 titres "Facing the Grim" qui comprendra, entre autres, les deux singles "other dissidents" et "the destroyer", déjà en écoute via le site de Overhead...

Et c'est par la chanson "Death by monkeys" que le groupe lance ce premier concert. Un autre extrait du 3ième album est offert à l'assistance : "Justice for my Enemy"... Le ton est donné, le show sera rock et punchy! Après quelques petits soucis de réglage du son (l'incroyable voix de Nicolas est trop en retrait dans le mix) le concert prend son envol avec NWO! Assurément l'un des sommets de ce LP3... Avec son refrain à la Beatles sous acide, NWO a fière allure. L’enchaînement avec le single "Other dissidents" est un régal et démontre que les 8 années d'absence n'auront pas entamé l'énorme potentiel du groupe... Une reprise de l'album solo de Nicolas Leroux : "Is this the wrong tide" (The Fugitive Kind) et un extrait du EP Facing the Grim avec "the Wonderer" viendront faire chavirer définitivement l'assistance...

Dans cette formation en power trio, Overhead renoue avec l'instantanéité et la percussion de leur rock indé si classieux! Le final avec les sublimes "In a hundred years" et "Talk Real" (issus du second LP) auront ravivé de biens beaux souvenirs et confirmé qu'Overhead a un bel avenir en 2012 si tant est qu'on leur donne la chance de le démontrer!

Un retour réussi pour Overhead! On a déjà hâte de les revoir! Ce sera le 2 mai au divan du monde...

A lire également Best Song Ever : Talk Real et à suivre l'une des récentes productions de Nicolas Leroux en tant que réalisateur du EP et du second album du groupe de rock indé Moslyve...

vendredi 9 mars 2012

Wu Lyf au Bataclan (8/3/12)

On a déjà beaucoup écrit sur ce blog sur le phénomène Wu Lyf, que ce soit lors de leur épique passage à Rock en Seine (meilleur concert de l'année 2011 de notre top 10) ou à la Cigale ou encore sur leur présence dans le top 10 albums MRM 2011... On essaiera donc de rester concis pour cette nouvelle apparition parisienne, au Bataclan cette fois-ci...

Et première bonne impression, la salle n'est pas surbondée et donc la chaleur pas aussi odieuse que d'habitude (remember Jack White!)... Un bon point, on s'attendait déjà à souffrir le martyre comme pour New Order ou Kyuss récemment...

Le concert démarre plutôt faiblement en comparaison des dernières prestations des mancuniens. Le son est brouillon et n'aide personne à rentrer dans le truc... Et ca durera 3 ou 4 chansons avant que les Wu Lyf ne se lâchent et aident le public à lâcher prise... Ensuite on est de nouveau saisi par la force messianique de Spitting Blood, Heavy Pop, 14 Crowns et bien sûr l'étendard We Bros en guise d'ultime chanson d'un set intense... Mais on sent quand même les Wu Lyf un peu à bout de souffle dans cette tournée sans fin... Le chanteur s'excusera même de ne plus avoir de voix...

On a hâte d'entendre la suite des aventures du combo! Comment vont-ils gérer le succès et réussir à surpasser ce premier disque incandescent?

PS : On pensait que la reprise du Wicked Games de Chris Isaack à la Cigale était à prendre au second degré mais la récidive au Bataclan nous fait repenser la question... Mais que diable, pourquoi pas Blue Hotel... ;)

mercredi 7 mars 2012

Noel Gallagher au Grand Rex (6/03/12)

Ca fait déjà 3 mois que Noel Gallagher est venu présenté au Casino de Paris son premier effort solo, et le revoilà déjà dans la capitale, au Grand Rex cette fois-ci où on l'on à plaisir à enchaîner une seconde soirée après le concert épique de Wilco la veille...

L'ex-songwriter d'Oasis est un Dieu vivant pour des milliers de fans et le voir sur scène est toujours un évènement! En choisissant de jouer en live la quasi-intégralité de son album avec les High Flying Birds (à l'exception du titre concluant l'album : Stop the Clocks) et en saupoudrant son set de ses meilleurs compositions pour son illustre groupe, Noel tape dans le mil et ravit une assistance comblée!

Ca démarre comme un clin d'oeil à son frère rageur avec la Face B du single Wonderwall de l'époque : "Good to be free"... Pour enchainer avec le très 60's et dansant "Mucky Fingers" époque Don't Believe the Truth... Le concert est lancé, les deux premiers titres de l'album solo peuvent être balancés. Everybody's on the Run, le bien nommé, précède l'hymne Dream on, repris en choeur par une foule aux anges... Ensuite le fabuleux titre 'If I had a Gun' qui rappelle que Noel n'a rien perdu de son talent de compositeur... Très beau...

Toute la soirée sera une succession de titres convaincants et de chansons mythiques de feu Oasis... Les plus belles émotions de cette belle nuit au Grand Rex resteront sans aucun doute cette version acoustique surprenante et magnifique de Supersonic, l'inédit James Bondien 'Freeky Teeth' qui renverse tout sur son passage, le virevoltant Aka... What a life, rappelant l'electro made in 90's avec son son de piano Acid House, ou encore les irresistibles faces B d'Oasis que sont "Talk Tonight" ou "Half the world away".

Le set est quasiment le même que celui du Casino de Paris, à la différence notable que Wonderwall sera remplacé par Whatever! La première fois que j’entendais ce titre formidable en live (une dizaine de concerts des frères Gallagher au compteur...). Une tuerie!

Une soirée en rollercoaster émotionnel! Passionnante et souvent émouvante! C'est ça la musique de Noel Gallagher, un truc viscéral, qui une fois entré dans votre cerveau y reste au chaud un très long moment...

mardi 6 mars 2012

Wilco au Grand Rex (5/3/12)

5 ans d'attente pour enfin revoir la bande de Chicago revenir à Paris. C'est incompréhensible, depuis leur concert au Bataclan en 2007, Wilco n'était pas repassé en France. Et pourtant, ils ont réalisé entre temps 2 ou 3 tournées mondiales triomphantes qui leur auront permis de visiter la planète entière... mais pas le royaume de France...

Certainement la faute à des ventes faméliques en nos contrées et à un désintérêt relatif qui relève de l'inexpliquable et que sur ce blog on ne comprend absolument pas... Quelques critiques auront comparé, en leur temps, le groupe de Jeff Tweedy à un Radiohead américain... On en est pas loin, surtout dans cette envie de surpasser leurs compositions, de les dynamiter et de leurs faire prendre des chemins de traverse...

Mais à la différence de Radiohead, Wilco ose puiser dans des genres très différents et n'a pas de honte à se réapproprier l'intégralité de leur patrimoine musical national : folk, pop, country, gospel, rock indé, rock classique... etc. Ils peuvent, avec une aisance déconcertante, passer d'un "art of almost" expérimental et orchestrant la fusion entre electro, jazz et rock indé à un "Capitol city" d'obédience 50's/soul ou encore à un "Heavy Metal Drummer" calibré rock FM...

Wilco sait tout faire mais avec cohérence et évidence! Et le concert du Grand Rex fut fantastique... Avec le monstrueux "Art of Almost" pour ouvrir les hostilités! Le Grand Rex a tremblé sur ses fondations. Un son énorme, des guitares virevoltantes. Nels Cline, le guitariste lead qui a rejoint le groupe en 2006, est phénoménal. L'un des meilleurs guitaristes de la planète rock actuelle! Ca enchaîne avec le presque garage "I might" pour lancer le subtil et envoûtant "I am trying to break your heart"...

La soirée est lancée sur les chapeaux de roue et on ne redescendra de notre nuage que rarement... Les moments forts de ce show : "Via Chicago" avec ses refrains bruitistes hallucinants (Jeff Tweedy reste imperturbable durant ces instants de rage et de fureur: impressionnant), le génial "Impossible Germany" et ses entrelacements magiques de guitares, "At least that's what you said" et sa seconde partie aventureuse...

Que de grands moments en fait! Jeff Tweedy se déride même quelque peu sur la fin et emporte la mise grâce à son humour fin et décalé... Une belle et grande soirée et on espère ne pas avoir à attendre 5 années supplémentaires avant de revoir ce groupe fantastique revenir en France!

jeudi 1 mars 2012

Chairlift à la Maroquinerie (29/2/12)

Voilà donc le groupe le plus hype du moment (couverture Magic janvier notamment...). Mené par la belle Caroline Polacheck, Chairlift a sorti il y a quelques semaines son très attendu second album "Something". Après avoir vu sa carrière boostée par la reprise d'un de leurs titres via une campagne pub Apple, le trio, devenu duo, n'a eu de cesse de faire saliver la blogosphère mondiale... Leur venue parisienne était donc à ne pas louper pour tous les hipsters...

Résultat des courses, ce fut un concert plutôt plaisant. Bien rythmées et bien cadencées, leurs pop songs électro ont ravi un public conquis... Mais pour ma part, j'ai du mal à adhérer pleinement, faute à un son beaucoup trop années 80 à mon goût... Ah ce son de synthé si reconnaissable, décrié et ringard durant toute la décennie 90, il connait une réhabilitation grandissante depuis... déjà 10 ans (merci Daft Punk qui lança la mode revival eighties dès 2001 avec le très marqué Discovery).

Franchement il y en a marre de ce revival années 80. Ca fait 10 ans que ca dure... On a bien eu quelques mises à jour intéressantes de ce son, d'abord dans le rock (Interpol, Rakes, Editor sur le 1er album...) mais on nous ressert ces influences à toutes les sauces et jusqu'à la nausée... Et difficile de comprendre l'engouement de la presse musicale (conservatisme? Passéisme retro-futuriste aveuglé?)... Stop! Back to the 90's now, it's time!

Bref, bon petit concert tout de même mais avec le talent mélodique du groupe et surtout les qualités vocales exquises de Caroline (quelle technique) on aimerait voir Chairlift plus aventureux et plus expérimental dans sa recherche de sons électroniques tournés vers l'avenir. Ce serait sans aucun doute une vraie tuerie...

lundi 27 février 2012

St Vincent à l'Alhambra (26/02/12)

3 mois après sa dernière venue parisienne au café de la danse, St Vincent remet le couvert pour le second passage de la tournée de promotion de son 3ième album "Strange Mercy".

6ieme de notre top albums 2011 mais aussi 9ième de notre top concerts 2011 pour sa prestation au café de la danse en novembre, c'est peu dire que nous attendions avec impatience le retour de la belle new-yorkaise dans la capitale... Fin du suspense insoutenable, le concert de l'Alhambra fut encore meilleur!

Bien que le son a pu être vraiment limite au début du concert (heureux ceux qui, comme moi, avaient leur pair de boules quies avec eux...) et qu'il ait donc fallu un petit moment pour pleinement entrer dans l'univers si particulier de St Vincent... Ce petit bout de femme, élégante, belle, jeune et inoffensive d'apparence est un vrai danger... Avec ingéniosité, elle n'a de cesse de trouver de superbes mélodies pop qu'elle passe son temps à travestir pour les rendre abrasives, inquiétantes et bi-polaires à souhait...

C'est un régal et une ambition musicale remarquable en constante recherche de l'équilibre parfait entre limpidité, innocence pop et avant-gardisme, perversion et bizarrerie... On en redemande...

Pas de grande nouveauté en terme de set-list par rapport au mois de novembre (mais bon c'est la même tournée) mais toujours ce grand plaisir à redécouvrir live la quasi intégralité de Strange Mercy et quelques perles des précédents LP...

Une belle soirée avec un rappel dantesque et le saut de la belle dans le public avec sa guitare (Northern Lights)... Courageux et osé! Bravo...

A lire également le compte rendu du concert au Café de la Danse, le top 10 albums MRM 2011 et concerts 2011.

mercredi 22 février 2012

Trailer Trash Tracys au Point Ephémère (21/02/12)

Le point éphémère était bondé hier soir pour accueillir pour la première fois en France Trailer Trash Tracys, désigné nouveau groupe hype du moment. Un premier album, Ester, distribué par Domino et sorti il y a mois et un soutien affirmé de nombreux critiques...

Sur scène, il faudra quelques chansons pour que la magie opère. Le temps pour le groupe de se rôder et à l'ingé son d'affiner les réglages pour que la voix suave de la suédoise Susanne Aztoria puisse trouver sa place dans le déluge reverbéré d'une batterie eighties style (caisse claire indus claquante et utilisation de toms et charlet au son électro made in 80's) et d'une guitare évanescente. La marque de fabrique de TTT est singulièrement cette basse tout en médium tentant la rencontre entre le Peter Hook de Joy Division et le Angelo Badalamenti des BO de David Lynch (clin d'oeil évident à Twin Peaks).

Les trois quarts du set sont vraiment envoûtants! On est aspiré par l'onirisme de l’ensemble, captivé par la voix cristalline et douce de Susanne qui surfe sur les vagues cold wave des musiciens. On nage en eaux troubles dans une sorte de rêve (voix, guitare) toujours quelque peu inquiétant (une batterie militaire sous influence Cure, Joy Division) et ce son de basse à la fois malsain et réconfortant (là encore Twin Peaks).

On aura passé une très belle soirée jusqu'au rappel complètement loupé! Après 45 minutes de show, Susanne revient seule sur scène pour un spectacle des plus déconcertants. Une bande son est lancée, sirupeuse à souhait, voire limite balle musette, sur laquelle la chanteuse tente de se mettre au diapason! Etait-ce du second degré? Une blague bien mauvaise? En tous les cas c'était vraiment horrible... Quelle chute soudaine du nuage où l'on était perché... Du coup, le morceau final n'aura pas la même saveur, le temps de se remettre des ces émotions...

samedi 18 février 2012

Best Song Ever (épisode 80) : The Fly par U2

Coup de semonce fin 91 lorsque sort ce single ébouriffant de la bande à Bono, précédent de quelques semaines l'arrivée de l'album rock ultime des Irlandais : le bien nommé "Achtung Baby".

Après avoir conquis les Etats-Unis et le monde entier avec le carton de "Joshua Tree", U2 ose se ré-inventer et en finir avec ce rock grandiloquent qui avait fait sa fortune. Aidé à la production par Daniel Lanois et l'immense Brian Eno, le groupe part enregistré à Berlin, quelques mois après la chute du mur pour y puiser une énergie salvatrice et revigorante... L'Est retrouve sa liberté et un espoir en des jours meilleurs... U2 lui emboîte le pas...

Eno avait déjà réussi à ouvrir de nouveaux horizons à David Bowie en cette même ville de Berlin (mais à l'époque du mur) à la fin des années 70 avec la mythique trilogie berlinoise du Thin White Duke. C'est un océan de possibles qu'il offre au combo de Dublin...

Alliant guitares incisives, un poil d'électro (batterie et percu), des arrangements ingénieux et une atmosphère à la fois claustrophobique et ouverte sur les grands espaces, Achtung Baby amorce un tournant dans la carrière de U2. Artistiquement et visuellement, le groupe retrouve une vraie ambition et insère ironie et détachement dans son univers souvent trop sérieux. U2 s'amuse dans cette nouvelle exploration et cela s'entend... Le sommet artistique de leur carrière avec le brillant et encore plus barré Zooropa...

The Fly annonce la couleur, Bono obtient une voix d'outre-tombe, la guitare de the Edge nous transperce de part en part, la section rythmique lorgne du coté de l'electro naissante de ce début des années 90. Le refrain haut perché adoucit l'ensemble... Et les paroles inquiétantes et mystérieuses permettent définitivement à The Fly de devenir un monument du groupe... The turning point...

La vidéo tirée du single est le point de départ de l'univers visuel du groupe les années suivantes et le concept de la tournée Zoo TV qui suivra...

mercredi 15 février 2012

Walk Inside EP by Moslyve

Our favorite indie rock band, Moslyve, has just released its first EP now available on i-tunes, amazon, fnac.com and others...

The 4 tracks EP is called "Walk Inside", the video for the Single can be watched on youtube or vimeo.

You can listen for free to Walk Inside EP, in its entirely, on Soundcloud! Check it out and tell us what you think...

lundi 23 janvier 2012

Le clip vidéo du single "Walk Inside" de Moslyve

Premier clip vidéo pour le groupe de pop rock indé Moslyve. Le combo met sur orbite le single "Walk Inside", premier extrait du EP du même nom qui sort le 6 février (distribution : PIAS). Une très belle entrée en matière.

Moslyve sera en concert à l'Espace B Paris (avec les Chinese Robots) le dimanche 5 février pour une soirée évènement à la veille de la publication du EP (d'ores et déjà disponible en pré-commande sur i-tunes, amazon & co).

L'album est attendu dans les mois qui viennent...


dimanche 22 janvier 2012

Best Song Ever (épisode 79) : Talk Real par Overhead

Suite de nos aventures en quête de la Best Song Ever avec le magnifique morceau ouvrant le génial second album d'Overhead : Talk Real. Après avoir enregistré dans la douleur un album, catalogué jazz rock par une critique unanimement enthousiaste, le leader de Overhead, Nicolas Leroux, décide de changer de personnel pour le second effort de son groupe.

Sur "No time between" il réussit à créer cet album de pur rock indé qu'aucun autre groupe de chez nous n'avait jamais pu réaliser. Classieux, limpide, inventif, percutant ou planant selon les titres, ce second LP est un grand disque égalant les meilleurs albums made in US/UK du genre. Une baffe monumentale!!! La voix de Nicolas est d'une incroyable sensibilité, les guitares sont acérées et précises, l'univers est foisonnant et incandescent... Du grand art.

Sur Talk Real, les montées de guitare préparent la propulsion de l'auditeur dans la stratosphère quand survient l'éruption volcanique dans un déluge de distorsion et de plaisir... Superbe!!! On en redemande... A écouter ici...

Enregistré en 2004, "No time between" va enfin avoir un successeur en 2012 avec le très attendu "Death by Monkeys" qui sera, on n'en a aucun doute, l'un des grands disques de cette année.

Pour patienter, on pourra toujours écouter le récent single "Other dissidents" ou encore se lover dans le "Walk Inside" de Moslyve, réalisé par Monsieur Nicolas Leroux himself...



mardi 27 décembre 2011

Best of 2011 : le classement MRM des 10 meilleurs concerts


Suite de notre revue de l’année 2011 avec le top 10 des meilleurs concerts. En 2011, prime à l’intensité émotionnelle et à la furie des guitares avec le triomphe de Wu Lyf, The Horrors, Mogwai ou encore Arctic Monkeys… 2011 : Une année en live…
Premier constat implacable : nos héros de 2010 sont fatigués. Bien que de passage dans la capitale cette année, Troy Von Balthazar (#1 du top 2010) et Arcade Fire (#2) n’auront pas réussi à renouveler leurs prestations mémorables et ratent le coche en 2011. Seul Chokebore (#5 en 2010) réussit l’exploit de rester in-extremis dans le top 10 deux années de suite. Chapeau bas messieurs !
MRM Top 10 Concerts 2011
  1. Wu Lyf à Rock en Seine
  2. The Horrors à Rock en Seine
  3. Mogwai au Trianon
  4. Noel Gallagher au Casino de Paris
  5. Arctic Monkeys au théâtre antique de Fourvière
  6. Peter Hook au Trabendo
  7. Paul Kalkbrenner au Zénith
  8. Stephen Malkmus à la Gaîté Lyrique
  9. St Vincent au Café de la danse
  10. Chokebore à la Machine du Moulin Rouge
C’est certainement sur scène que l’on comprend toute la singularité et la force des mancuniens de Wu Lyf. Avec naïveté et authenticité, ils livrent des prestations intenses, presque chamaniques… Une émotion exacerbée partagée avec un public en quête de moments cruciaux de vie… Décidemment, Rock en Seine 2011 a été touché par la grâce puisqu’après la prestation de Wu Lyf le samedi soir c’est celle de The Horrors le dimanche en début de soirée qui se hisse à la seconde place. En oscillant ostensiblement entre pyschédélisme chaloupé des synthés et de la basse et interventions punchy et acérées des guitares et de la batterie, The Horrors nous aura transportés dans leur univers étrange et irrésistible… Mogwai nous aura donné une leçon de noisy rock en érigeant un mur du son stratosphérique au Trianon ! Noel Gallagher aura prouvé son retour en grâce au Casino de Paris tandis que les Arctic Monkeys ont enfin passé un pallier en concert.
Le fantôme de Ian Curtis aura été réveillé par un Peter Hook sidérant au Trabendo. Quelle impression incroyable que d’entendre pour la première fois en live ces titres ancestraux de Joy Division ! Une vraie baffe. En réussissant un tour de force au Zenith, Paul Kalkbrenner confirme son show de haute volée de Rock en Seine et permet à l’électro de rester accrocher à notre top 10. Le branleur magnifique Stephen Malkmus a quant à lui mis la Gaîté Lyrique dans sa poche, sans crier gare et avec grande classe. St Vincent a ébloui le café de la danse de son incandescence, de sa splendeur et de sa beauté. Chokebore aura confirmé que le rock indé déviant made in 90’s avait toujours une âme !
On attend 2012 avec impatience…

mardi 20 décembre 2011

Best of 2011 : Classement MRM des 10 meilleurs albums

Plus que quelques jours à passer en 2011, et au moment où florissent les classements de fin d‘année, le tant attendu MRM top ten albums of the year se dévoile enfin… The Horrors, Noel Gallagher et les Arctic Monkeys en sont les grands vainqueurs… 2011 dans le rétroviseur part 1, c’est parti.

A chaud, on pourra soutenir que 2011 aura accouché d’une belle cuvée musicale placée sous le signe de la confirmation. A part le phénomène Wu Lyf on aura vu percer peu de nouveaux groupes cette année mais on aura été ébloui par la confirmation d’artistes approchant la pleine maturité de leur art. Les Arctic Monkeys avec leur 4ième album, The Horrors et St Vincent avec leur 3ièmes albums ont symbolisé cette tendance. A côté de cette émergence, quelques valeurs sûres ont continué à nous émerveiller, au rang desquels les sublimes écossais de Mogwai, le très classe ex-leader de Pavement Stephen Malkmus ou encore le Sonic Youth Thurston Moore en escapade solo. Le revenant Noel Gallagher aura surpris son monde en nous proposant un premier effort solo renouant avec sa légende de songwriter pop hors pair et en remisant au placard le très décevant LP de Beady Eye de Liam et consorts ex-Oasis. En sortant sans crier gare The King of Limbs, Radiohead aura incontestablement marqué le début d’année. Un virage important pour le groupe qui pour la première fois a vu la presse écrite décrier son disque et vilipender ses méthodes (et notamment la mise sur le même pied d’égalité les fans et la presse dans la découverte du nouvel opus).

Le classement MRM des 10 meilleurs albums de l’année 2011.

1. The Horrors : Skying
2. Noel Gallagher’s High Flying Birds
3. Arctic Monkeys : Suck it & See
4. Mogwai : Hardcore will never die but you will
5. Wu Lyf : Go tell fire to the mountain
6. St Vincent : Strange Mercy
7. Radiohead : The King of Limbs
8. Stephen Malkmus : Mirror Traffic
9. Wilco : The Whole Love
10.Ryan Adams : Ashes & Fire

Succédant au “How to love on Nothing de Troy Von Balthazar", The Horrors triomphent cette année avec leur troisième album “Skying”. 2 ans après « Primary Colors » qui avait séduit la critique avec ce mélange incandescent et réussi entre Joy Division/Cure et My Bloody Valentine, « Skying » confirme les inclinations sonores du combo mais éclaire The Horrors d’une lumière beaucoup plus chaude et colorée. Synthés interstellaires, basse ronde, chaude et ondulée, guitares acérées, parfois tranchantes, parfois psyché et cette batterie toujours aussi métronomique. The Horrors perce les cieux et se rapproche tout près des étoiles ! Du bel ouvrage.

Autant l’album de Beady Eye aura déçu (quelques bons titres tout de même : Four letter word, The Roller, For Anyone) autant le disque solo de l’ainé des Gallagher aura convaincu. 10 titres brillamment composés et orchestrés, du gros son mais jamais dégoulinant et ces mélodies toujours aussi accessibles et accrocheuses. Le Père Noel revient magnifiquement sur le devant de la scène. Un retour vivifiant !

Le « Suck it & See » des Arctic Monkeys s’avère être la parfaite synthèse entre leurs influences indie américaines et la pop british éternelle et ses refrains immédiats. La grande classe…
Les écossais de Mogwai continuent leur odyssée sonique avec le merveilleux « Hardcore will never die, but you will » (quel titre !!!!). Que dire du monumental Rano Pano et ses montées de guitares jouissives… Le Single de l’année 2011 !

La révélation de l’année : sans conteste Wu Lyf ! Leur énergie, si pure et authentique aura marqué 2011. Annie Clark, alias St Vincent, a peut être signé l’album qui permettra à son talent d’enfin recevoir les louanges méritées. Une voix unique, des arrangements souvent expérimentaux mais un rendu presque évident… The King of Limbs confirme le changement de cap de Radiohead opéré avec In Rainbows. Délaissant colère et anxiété, le groupe d’Oxford avance avec une sérénité nouvelle qui oriente considérablement ses nouvelles chansons. Un disque moins accessible que les précédents mais qui se révèle à chaque écoute. On adore le parti-pris percussion/basse et le retour vers une musique futuriste… Aidé par Beck à la production, Stephen Malkmus signe un superbe album d’indie pop, bourré de mélodies, de solos et de contrepoints… Un régal. Wilco est toujours en forme et nous offre un LP oscillant entre expérimentation et classicisme country rock, même si les sommets de YHF ou a Ghost is born ne sont pas atteints. Enfin, en revenant à l’acoustique et à plus de simplicité, Ryan Adams aura retrouvé une belle place dans nos cœurs…

Petit bonus 2011, le top 5 des singles :

1. Mogwai : Rano Pano
2. The Horrors : Endless Blue (Ok c’est pas un single, mais ca aurait du l’être…)
3. Noel Gallagher’s High Flying Birds : If I had a Gun
4. Arctic Monkeys : The Hellcat Spangled Shalalala
5. Overhead : Other Dissidents

A lire également le Top 10 2010 et à suivre le Top 10 Concerts 2011.

mercredi 14 décembre 2011

Paul Kalkbrenner au Zénith (13/12/11)

Enfin un grand concert électro en cette fin d'année! Ouf, il était moins une... Avec la venue de la nouvelle coqueluche de la scène minimale berlinoise, Paul Kalkbrenner, c'est le Zénith des dancefloors que nous avons tous atteints hier soir...

Après une set convaincant de son frangin, Fritz Kalkbrenner, Paul l'outsider envahit la scène porte de pantin pour ne repartir que 3 heures plus tard, laissant une foule extatique, conquise et épuisée de bonheur regagner ses pénates avec un sourire grand comme ça...

Son électro minimaliste fait un malheur. En ingurgitant le meilleur de cette scène berlinoise made in 2000 et en y ajoutant cette touche et cette sensibilité presque psychédélique, Kalkbrenner a trouvé la formule magique... Celle qui enflamme la piste, avec force et enthousiasme, sans aucune brutalité...

Un tour de force! Le concert électro de l'année!

A lire également, Paul Kalkbrenner à Rock en Seine 2011.

vendredi 9 décembre 2011

Moslyve en concert à l'International le 22 décembre


Le groupe de Rock indé cher à notre coeur, Moslyve, se produira sur la scène de l’International à Paris le jeudi 22 décembre. Début des hostilités à 21h, un concert à ne pas louper.

Moslyve donnera, en avant-première, un avant-goût des titres enregistrés avec Nicolas Leroux au Studio Mulholland Drive durant l'été 2011. Ce sera le premier show du groupe dans sa configuration actuelle depuis l'arrivée de Nathalie Serre en renfort au chant.

2011 aura été une année importante pour Moslyve. Le combo de rock dissonant n'a rien perdu de sa verve et de son enthousiasme mais a su magnifiquement révéler ses influences pop grâce à un intéressant travail d'harmonies vocales tirant le meilleur des trois voix complémentaires qui composent le groupe.

Le travail effectué avec Nicolas Leroux durant l’enregistrement du second album aura définitivement permis à Moslyve de franchir un palier.

Le tout sera donc à découvrir sur la scène de l'International le jeudi 22 décembre à 21h, avant la parution le 6 février 2012 du EP "Walk Inside". Pour album, il faudra patienter jusqu'au printemps

mercredi 7 décembre 2011

Noel Gallagher au Casino de Paris (6/12/11)

Le père Noel était donc de passage à Paris pour son premier concert solo post-Oasis en France. Comme son turbulent frère cadet Liam, il avait choisi le Casino de Paris pour renouer avec le public francilien qui aura vécu, en direct à Rock en Seine 2009, la fin d’un des plus importants groupe de rock de ces 20 dernières années.

Premier constat, les billets pour le show de Noel Gallagher’s High Flying Birds se seront vendus beaucoup plus rapidement que ceux de Beady Eye quelques mois plus tôt… Première victoire annonciatrice d’un combat par KO au 1er round tant la beauté et la consistance du premier effort de Noel vient mettre en lumière le manque d’inspiration du Different Gear de Liam & co.

Sur scène, la domination est éclatante ! Noel rayonne et fait rapidement chavirer une salle enthousiaste et totalement vouée à sa cause ! La quasi-totalité de ce premier album solo homérique sera jouée (mis à part le morceau final Stop the Clocks). Dès les premières notes du sublime et envoutant Everybody’s on the run, on comprend que la soirée sera magique et que ces titres ne dépareilleront pas du reste de son illustre répertoire… Des titres comme If I had a Gun, The Death of you and me ou Aka What a life permettent au Gallagher en chef de retrouver ce si précieux songwriting pop qui lui permit au beau milieu des nineties de conquérir le monde entier avec son groupe de lads… Et belle surprise avec Freaky Teeth, la chanson pressentie pour le prochain James Bond…

Et pour notre plus grand plaisir, Noel ne résistera pas au plaisir de saupoudrer son show de quelques pépites écrites pour Oasis… On sera bluffé par une version acoustique divine de Wonderwall (rappelant la relecture réussie par Ryan Adams sur Love is Hell Part1) et encore plus par un surprenant Supersonic à la guitare folk et au piano. Noel aura choisi ce qu’il considère comme ses meilleurs titres écrits pour le combo mancunien (et largement représentés sur la compile Stop the Clocks). Quel plaisir d’entendre une version électrique et plus rythmée de Talk Tonight ou de Half the world away, ces perles figurant en face B des singles de la grande époque (période Definitely Maybe / Morning Glory).

Le rappel enflammé, attendu par une foule remplie d’une joie profonde et communicative, sera du 100% Oasis. Little by Little, The importance of being Idle et le classique Don’t look back in Anger où comme d’habitude, Noel ne chante que les couplets, laissant à un public ravi la tâche de hurler les refrains…

Une belle soirée sans trop de nostalgie et avec l’immense plaisir de retrouver un grand songwriter toujours aussi talentueux !

A lire également, le cas Oasis, Best Song Ever : Live Forever, Beady Eye au Casino de Paris...

jeudi 1 décembre 2011

St Vincent au Café de la Danse (30/11/11)

Petite salle, Grand concert, monumentale artiste ! Annie Clark, alias St Vincent, a embrasé le café de la danse pour soutenir la récente parution de son 3ième album : Strange Mercy. Assurément l’un des meilleurs concerts de l’année 2011…

St Vincent ne jouit pas d’une couverture médiatique importante dans nos contrées, et pourtant… La belle et charismatique Annie a du talent à revendre, multi instrumentiste de génie, chanteuse émérite aux timbres de voix envoutants, elle saupoudre ses mélodies accrocheuses d’arrangements baroques sous haute influence électro. En une seule et même chanson elle peut nous faire chavirer d’un état de sérénité absolu vers la folie la plus confondante et ce sans brutalité aucune. La marque des grands…

Durant près d’une heure et demi de concert, St Vincent a mis le feu au café de la danse et largement emporté tous les suffrages. Douceur, âpreté, énergie rock, voire punk avec la reprise d’un classique de The Pop Group, tout ça dans un même show ! Annie finira même le concert en descendant dans la fosse armée de sa guitare vrombissante : le pur esprit rock…

On est subjugué par tant de beauté, d’allant, de générosité et de gentillesse et émerveillé par l’énergie dégagée entre ballades atmosphériques, titres dansants et passages dissonants.

En mélangeant songwriting impeccable et arrangements expérimentaux qui paraissent couler de source, St Vincent se propose en leader d’une pop inventive et audacieuse qui a de beaux jours devant elle…

Ci-dessous une 4AD Session énorme... A voir absolument...


jeudi 17 novembre 2011

Stephen Malkmus à la Gaîté Lyrique

Après la tournée triomphale de reformation de Pavement en 2010, ses grandes salles combles et un engouement populaire qui faisait plaisir à voir, Stephen Malkmus a retrouvé ses Jicks et leurs tournées plus confidentielles dans des espaces à taille humaine. Et le passage attendu du groupe dans la capitale s’effectua hier soir dans la récente et très agréable Gaité Lyrique et à guichets fermés…

Le dernier album de Malkmus a été produit par l’incontournable Beck (déjà aux manettes du récent et très beau troisième album solo de Thurston Moore des cultes Sonic Youth) et restera incontestablement parmi les grands disques de 2011. Le côté laidback et détaché de Malkmus, sa marque de fabrique légendaire, est magnifié par de superbes mélodies et des envolées de guitares enchanteresses…

Qu’on ne s’y trompe pas, sous des allures de branleur magnifique, Malkmus cache un réel talent de songwriter et de musicien. On a pu vérifier à la Gaité Lyrique, l’étendue du registre guitaristique de l’ex-Pavement. Si son groupe excellait dans l’approximation jubilatoire, Stephen allie désormais vista vocale et instrumentale. Il se paie même le luxe de reprendre magnifiquement le « Hey Joe » version Jimi Hendrix s’il vous plait… Le concert est vraiment ultra-plaisant, le son est bon et l’ambiance bon-enfant. Malkmus prend du plaisir à être là et c’est communicatif… On aura eu droit à presque tous les morceaux du Mirror Traffic et ca réjouit l’assistance. Du rock indé sous haute influence pop propulsé avec classe, conviction et des mélodies imparables.

Du bel ouvrage !

A lire également Best Song Ever Pavement et Pavement au Zénith

jeudi 3 novembre 2011

Ryan Adams au Trianon de Paris et Wu Lyf à la Cigale (02/11/11)

Soirée homérique en ce début novembre avec deux concerts complètement différents mais tout aussi exceptionnels dans leurs genres. Le talentueux songwriter américain Ryan Adams était de passage en solo pour un set intimiste et acoustique au Trianon, tandis que le groupe phénomène du moment Wu Lyf faisait la tête d'affiche du festival des Inrocks à la Cigale...

A l'annonce du concert de Wu Lyf à la Cigale, on aura été nombreux à se précipiter sur les quelques places qu'offre le superbe ancien théâtre parisien de la Cigale. Et quelle incroyable surprise d'apprendre quelques semaines plus tard que Ryan Adams jouerait le même soir à une centaine de mètres au Trianon...

Impossible de louper Ryan et de ne pas revoir la sensation Wu Lyf qui aura enflammé la nouvelle scène de Rock en Seine en aout dernier, un souvenir inoubliable... Donc forcément il fallait prendre un billet pour voir le trop rare sir Adams et espérer pouvoir enchaîner avec les prodiges de Manchester qui étaient programmés à 22h...

Une soirée folle en perspective... Si tout se goupillait bien! 20h30 dans le théâtre du Trianon, Ryan Adams débarque sur scène, perfecto, t-shirt et cheveux en bataille... Seul avec sa guitare folk, Ryan se lance d'entrée dans ses ballades alt country qui vous donnent des frissons. La voix est magnifiquement posée, l'émotion est présente et le public apprécie. Adams, très drôle et à l'humour très fin communique beaucoup avec son public et réussit à instaurer une ambiance fantastique. Entre concert, théâtre et one man show, il réussit une belle performance. Ses relectures acoustiques de son dernier album (le très beau Ashes & Fire), de singles de Gold (Firecracker, New-York) mais aussi de perles de son important répertoire (Two, When wull you come back home) enchantent l'assistance. Un show intimiste et chaleureux, on a presque l'impression de passer une soirée avec un pote talentueux que l'on avait pas revu depuis un moment. Délicieux...

A 22h, alors qu'il n'a même pas entamé le rappel, on est obligé de le quitter sur une double reprise de Whiskeytown, son premier groupe. Direction le coeur lourd vers la Cigale pour le second évènement de la soirée : la prise d'assaut du festival des Inrocks par Wu Lyf. Et là on change complètement de registre tout en restant dans la même veine d'authenticité...

Les 4 jeunes anglais mettent le feu. La fosse a rarement été aussi déchaînée dans cette salle souvent si sage. C'est le délire. Wu Lyf c'est avant tout cette batterie tribale, cette voix d'outre tombe, ce chant gutturale plus hurlé que chanté et cette reverbation de guitare et de synthé qui vous font croire un instant vous retrouver perdu quelque part dans une église païenne non identifiée. En live c'est intense et ca prend aux tripes. Une belle baffe! Et dire que ces gars ont à peine 20 ans, on attendra fébrilement le toujours difficile second album... Que peuvent-ils faire maintenant? Question ultra intéressante...

mardi 1 novembre 2011

Chokebore à la Machine du Moulin Rouge (31/10/11)

Le fantastique combo culte des années 90 nous avait déjà enchanté pour son retour parisien à la maroquinerie en février 2010, après 8 ans d'absence. Son passage hier à la Machine du Moulin Rouge aura totalement enfoncé le clou. Chokebore est de retour et en grande forme!

Devant une salle pleine à craquer et étrangement plutôt jeune (les trentenaires vétérans des shows des nineties du groupe côtoient paisiblement de nombreux jeunes surfant sur leurs belles années...) l'ambiance électrique devient très vite survoltée dès les premières notes du bien nommé Your are the Sunshine of my life. Pop Mod Themes, Smaller Steps et Pacific Sleep Patterns embrasent la fosse où le pogo règne en maître.

Le public est aux anges de retrouver ce groupe underground parfait qui n'aura jamais eu le succès mérité (et par la même n'aura jamais été corrompu par ce dernier). Troy et ses complices prennent un plaisir fou et ça se voit. L'espace d'un concert tous leurs titres magnifiques, sombres, intenses, abyssaux et furieux reprennent tout leur sens.

Chokebore reste un groupe complètement à part. Capable de brûlots incendiaires dévastateurs mais aussi de plongées abyssales dans les abîmes de l'âme humaine, Chokebore ose et assume une émotion à fleur de peau qui ne tolère aucune compromission. Le charisme du grand Troy Von Balthazar est pour beaucoup dans la haute tenue des prestations live du combo, la guitare de Jonathan est aiguisée comme un hache, la batterie de Christian claque de manière presque indécente, la basse de James enrobe le tout d'un rondeur enivrante...

L'attitude du groupe sur et en dehors de la scène est remarquable. Totalement dévoués à la cause musicale, les 4 acolytes vivent complètement déconnectés du business de la musique. Ils n'ont jamais eu le succès et la sécurité financière qu'il peut apporter mais ont toujours su continuer leurs aventures avec les moyens du bord et un désir toujours présent. Un dévouement, un sacerdoce que l'on ne peut que saluer!!!

Un groupe vraiment indispensable et ce n'est pas la sortie de leur nouvel EP Falls Best (disponible en vinyle à leurs concerts) qui nous fera dire le contraire. Après avoir été tout en haut des classements de fin d'année sur ce même blog, Troy Von Balthazar et consorts sont bien partis pour se positionner en bonne position dans celui de 2011...

A lire également, Chokebore à la Maroquinerie, Best Song Ever : Narrow, Troy Von Balthazar au point ephémère et à la Machine du Moulin Rouge et en tête des classements MRM 2010 Live et albums.

Photo : Magali Boyer

mardi 25 octobre 2011

dEUS au Trianon de Paris (24/10/11)

Le groupe emblématique du rock indé made in Belgium des années 90 est venu promouvoir la sortie de leur 6ième album « Keep you close » au Trianon de Paris. Après un très décevant « Vantage Point » en 2007 qui faisait suite au très réussi Pocket Revolution, album de la reformation datant de 2005, dEUS nous a concocté un disque très mélodique, oscillant entre envolées pop et punch rock. Un album de très bon facture qui se laisse écouter tranquillement.

Devrait-on parler d’album de la maturité comme le ferait le plus expérimenté des rock critics pour dénoncer sans le dire la disparition de la folie sous jacente des anversois des débuts qui permettait à chaque morceau de nous surprendre en partant en vrille sans crier gare au moment le plus opportun…

C’est bien le bémol que l’on pourrait soulever pour parler du groupe de Tom Barman. Comme le récent LP, le concert est maitrisé, totalement sous contrôle. C’est plutôt plaisant et il faut attendre le monument Instant Streets et sa seconde partie déchainée pour retrouver le dEUS que l’on aime et que le Trianon attendait pour s’embraser !

A partir de ce morceau, le concert décolle enfin, le public rugit et le groupe semble se libérer. Le final dantesque avec le phénoménal Bad Timing, avec ses montées de guitares hypnotiques puis rageuses, clôt un set enlevé… Mais là encore, c’est le rappel qui emportera la mise car dEUS ne puisera que dans ses trois albums fondateurs des nineties…

Et nous revoilà replongé dans le meilleur du rock indé de l’époque. Guitares extatiques et crades, beats electro, mélodies folles et distordues au violon. On rentre dans un monde de douce folie où l’inattendu règne en maitre. Le vrai dEUS ex-Machina est de retour, enfin ! On avait tellement peur de ne plus le retrouver…

mercredi 19 octobre 2011

New Order au Bataclan (18/10/11)

Divine surprise que cette reformation du groupe mythique de Manchester qui, au cours des années 80, aura révolutionné le rock en lui insufflant une dose racée d’électro à la sauce pop. Pour deux dates exceptionnelles à Bruxelles et au Bataclan de Paris, New Order s’est reformé pour recueillir des fonds en faveur de leur ami Michael Shamberg (auteur de clips pour le groupe) atteint d’une grave maladie.

C’est sans Peter Hook, parti fâché (et sur la route pour brillamment rejouer du Joy Division), que les deux autres membres originaires de New Order, Bernard Summner et Stephen Morris, se sont retrouvés pour le plus grand bonheur des fans. Il va sans dire que ce concert était l’évènement de cet automne à ne maquer sous aucun prétexte. Une fois n’est pas coutume, les heureux possesseurs de billets devaient se munir de leur carte d’identité pour pouvoir pénétrer dans l’enceinte du Bataclan. A l’intérieur, la fournaise habituelle à la limite du tolérable (on se souviendra longtemps du coup de gueule de Jack White en ces lieux) et une impatience partagée par tout un peuple d’enfin retrouver les cultes anglais.

Avec une carrière aussi exemplaire parsemée de titres monumentaux, on devine l’excitation euphorisante qui a du gagner le groupe au moment du choix de la set-list… Et ca démarre de façon lunaire et élégante pour nous envoyer en orbite géostationnaire d’entrée avec le magnifique Elegia… Du lourd de suite pour enchainer avec un virulent Crystal, voyant Summner se dandinant furieusement, un Regret de toute beauté puis un Ceremony des grands jours.

Le son typique et classieux de New Order est bien là, la basse autrefois tenue par Peter Hook retentit de ses soli de medium si particuliers et ayant gravé les tables de la loi new wave. La voix de Summner, presque chancelante au début se revigore tout au long du show. Quel bonheur de pouvoir réentendre en live autant de morceaux mythiques qui auront marqué leur époque.

Le final restera un moment de bravoure et d’extase inoubliable, le concert se terminant avec un Temptation débridé repris en chœur par un public conquis et au bord de l’asphyxie… Et que dire de ce rappel d’un autre temps avec le culte et insurpassable Blue Monday, étiré en longueur et tellement prenant et le beau cadeau final avec le rare et définitif Love will tear us apart qui conclut également les prestations live de Peter Hook. La boucle est bouclée…

La setlist : Elegia, Crystal, Regret, Ceremony Age Of Consent, Love Vigilantes, Krafty, 1963, Bizarre Love Triangle, True Faith, 586, The Perfect Kiss, Temptation rappel : Blue Monday, Love Will Tear Us Apart

samedi 8 octobre 2011

Best Song Ever (épisode 78) : Nutshell par Alice In Chains

Notre quête de l'absolu nous mène aujourd'hui à la recherche de l'émotion pure, de cette sensation rare et précieuse qui vous retourne et vous met dans tous vos états. Ce sommet d'intensité, Layne Staley savait nous y emmener. Il a tellement touché du doigt cette félicité incandescente qu'il s'en ait brûlé les ailes, tel un Icare des temps modernes il a ensuite plongé dans les abysses de la dépression pour disparaître un soir d'avril, il y a presque 10 ans... Quel gâchis!

Avec Nutshell et plus encore le EP "Jar of Flies" Staley et ses complices d'Alice in Chains prouvaient qu'ils ne savaient pas qu'écrire de brillants brûlots inventifs et percutants mais qu'ils possédaient tout simplement ce talent rare d'écrire de magnifiques chansons.

Nutshell vous prend à la gorge dès les premières notes. La voix de Layne est troublante, intense, belle et envoûtante. La guitare de Jerry Cantrell aérienne, plaintive et se met au diapason émotionnel du lead singer...

A chaque écoute, ce titre vous donne des frissons!!! Il n'y a rien à dire d'autre que de se laisser porter... Une song inoubliable!!!

On notera une très belle reprise de Ryan Adams tout récemment divulguée en bonus (via le site de son label Pax AM) de son nouvel opus : Ashes & Fire...