mercredi 8 juin 2011

DJ Shadow au Trianon (7/6/11)

Le mythe DJ Shadow était enfin de retour dans la capitale! Cela faisait bien longtemps que le maître ne s'était pas produit à Paris. Si je ne m'abuse il faut remonter au mémorable concert de l'Elysée Montmartre en novembre 2002 pour trouver trace de sa majesté céleste! On avait bien cru revoir DJ Shadow au Grand Rex il y a quelques années mais le concert avait été annulé le soir même pour, soit disant, des problèmes techniques...

Bref, c'est avec une impatience non dissimulée que l'on se dirige vers le théâtre du Trianon, nouveau haut lieu musical parisien avec la Machine du Moulin Rouge. La légende apparut et la lumière fut! Après avoir salué un public débordant déjà d'enthousiasme, DJ Shadow va se cacher à l'intérieur d'une intrigante sphère posée au milieu de la scène... Les premiers (break)beats typiquement Shadow retentissent et un déluge d'images vient se projeter sur la sphère et l'écran placé au fond de la scène. Impression visuelle tonitruante, on se sent happé par le flot d'images (alternant paysages et prises de vues urbaines) en totale adéquation avec le son.

Une première demi-heure de abstract hip hop planant d'excellente facture avant que le MC ne fasse pivoter la sphère sur elle-même pour enfin se montrer aux yeux de tous et partager une seconde partie de set ébouriffante qui lorgne vers le meilleur d'une jungle à l’esprit old school revigorée par la classe de DJ Shadow...

Un concert libérant aussi bien les corps que les esprits c'est devenu rare de nos jours! Une prestation haut de gamme, la longue attente aura donc été pleinement récompensée! On a maintenant hâte de mettre la main sur le nouvel album du boss...

Le site officiel du label Mind Riot Music est en ligne!

Un an un jour pour jour après la sortie du premier disque marqué du sceau Mind Riot Music (Nothing to Lose du groupe de Rock Indé Moslyve and The Good Demons), le label MRM est heureux de pouvoir vous présenter son site officiel.

Le site officiel du label Mind Riot Music est accessible via : www.mindriotmusic.com et www.mindriotmusic.fr

Et que les heureux lecteurs du blog MRM se rassurent, il vivra sa vie à côté du site officiel du label et continuera ses récits endiablés, ses chroniques de concerts et sa quête impossible de la Best Song Ever.

Stay Tuned!

lundi 6 juin 2011

Mono à la Machine du Moulin Rouge (5/6/11)

Les astres du post rock scintillent de mille feux dans la ville des lumières depuis quelques semaines... Après et avant Mogwai (au Trianon en mars et de retour aux folies bergère en juillet) et suite aux splendeurs d'Explosions in the Sky au Bataclan, c'est au tour des japonais de Mono de venir prêcher à Paris la bonne parole de la six cordes incandescente.

Bien que pratiquant le même genre de musique instrumentale conçue comme une ode à la puissance flamboyante des guitares électriques, Mono et Explosions in the Sky sont diamétralement opposés en terme d'émotion. Si Explosions arpentent les versants lumineux et chaleureux du mouvement, Mono ose explorer les contrées mélancoliques et apaisées de l'âme pour y faire surgir une rage romantique puissante et libératrice entre ombre et lumière, gloire et abysse, résurrection et trépas...

Cette progression permanente des mélodies simples et poignantes vers des déferlements soniques d'une rare intensité est assez unique... On est tout d'abord bercé, enlacé par tant de tendresse avant de se voir engloutir par le tsunami des guitares hurlantes... Une véritable expérience sensorielle et émotionnelle... On en redemande...

dimanche 29 mai 2011

Thurston Moore à la Villette (28/5/11)

L'immense leader de Sonic Youth, Thurston Moore, nous a fait l'honneur de venir défendre à Paris son troisième effort solo 'Demolished Thoughts' récemment produit par Beck, et ce dans le cadre du festival Villette Sonique 2011.

La soirée commence avec Half Japanese, qui envoie une sorte de pub rock expérimental... Pas vraiment convainquant. Suit le Glenn Branca Ensemble pour sa première apparition parisienne depuis des lustres. Le Compositeur et chef d'orchestre New-yorkais avant-gardiste mène un ensemble composé de 4 guitares, une basse et une batterie (on rappellera pour mémoire que Thurston et Lee Ranaldo ont fait brièvement partie de la troupe avant de former Sonic Youth)... Et pendant une heure on a droit à une stupéfiante prestation : un concert pour guitares : expérimental, bruitiste, monumental et apocalyptique par moments...

Après une attente assez longue, Thurston débarque enfin sur scène peu avant 23 heures avec ses 4 musiciens (harpe, guitare sèche, violon, batterie). En solo, Thurston a démarré une incroyable quête acoustique avec Trees outside the Academy en 2007, Demolished Thoughts poursuit dans cette veine loin des attentats sonores de son groupe légendaire et disons le tout simplement : c'est une expérience sublime.

En composant sur guitare folk ou 12 cordes et en saupoudrant le tout d'arrangements de violons et de harpes, Thurston nous fascine par un talent de mélodiste hors pair. La production du génial Beck apporte une chaleur et une touche arty essentielle... Et sur scène, ce n'est que du bonheur de se plonger en live dans ces labyrinthes mélodiques enchanteurs... Un voyage passionnant et passionné d'un Artiste fabuleux et indispensable...

mardi 24 mai 2011

Queens of The Stone Age à l'Olympia (23/5/11)

Evènement Olympien avec le passage à Paris des Rois du Désert emmenés par leur charismatique leader homme à tout faire : Josh Homme. C'est en moins de 16 minutes que l'ensemble des places pour ce concert à l'Olympia avaient trouvé preneur lors de leur mise en vente... C'est peu dire donc que le show était attendu et désiré par une cohorte de fans tout heureux de voir le groupe rejouer en live l'intégralité de leur premier album séminal sobrement intitulé Queens of The Stone Age.

Premier album post Kyuss, ce LP sorti en 98 (à l'époque vendu à quelques milliers d'exemplaires aux USA) confirmait le chemin Stoner Rocker pris par Josh Homme avec son groupe originel et mythique mais il venait ajouter grâce et influence pop à l'ensemble plombé, heavy et psyché... un coup de maître et une vision originale qui atteindra la maturité avec Rated R et le Classique Album Songs for the Deaf...

Peu de surprises donc à l'Olympia avec l'intégral du premier album rejoué de A à Z avec un titre bonus : The Bronze (issu du split Ep avec Beaver datant de 98) et You can't quit me Baby placé en fin de set. Ce ne fut que du bonheur de ré-entendre live ce grand disque à la fois lourd et mélodique, furieux et brillant... Une énergie brute communicative et un joie bien palpable de jouer dans cette salle mythique de l'Olympia...

En comparaison avec ce show puissant et salvateur, le rappel fera pâle figure dans un premier temps avec un choix de morceaux plutôt faibles dans un répertoire qui recèle pourtant nombre de perles insurpassables... Avec Monster in your parasol, et surtout les petits Turn on the Screw et Into the Hallow... Après un Make it with Chu sympathique, le concert redécolle avec l'énorme Little Sister...

Et l'incroyable se produisit! Une second rappel infernal et jouissif avec Go with the Flow, No One Knows et Song for the Dead... Un enchaînement fantastique de chansons impériales et immenses... Juste pour ce final coup de massue il fallait être présent à l'Olympia hier soir!!! Une claque finale qui nous laissera sonné un bon moment!

samedi 21 mai 2011

Explosions in the Sky au Bataclan (20/5/11)

Quelle période magnifique! En quelques semaines, les fans de post-rock vont pouvoir applaudir à Paris le meilleur de cette scène internationale. Avant les écossais de Mogwai (le 4 juillet aux Folies Bergère) et les japonais de Mono (le 5 juin à la Machine du Moulin Rouge) ce sont les américains d'Explosions in the Sky qui sont passés par Paris pour défendre leur dernier effort discographique : Take Care, Take Care, Take Care.

4 années d'attente interminable entre le dernier LP magnifique (All of a sudden I miss everyone) et ce successeur tant désiré. Depuis 1999, Le groupe d'Austin représente la face lumineuse du mouvement post-rock noisy pop. Si Mogwai et Mono, les deux autres fers de lance, savent à merveille explorer les plus grandes abysses de noirceur pour ensuite nous transporter en pleine lumière incandescente, Explosions in the Sky aura toujours tenté de survoler en haute altitude ces chemins de traverse pour nous blottir au plus près de la chaleur des étoiles...

Le show débute par un petit discours lu en français dans le texte par le guitariste Munaf Rayani. L'effort est apprécié par un public fervent... Et la phrase de conclusion sonne comme une invitation au voyage : "Nous sommes les explosions dans le ciel". Rarement un groupe n'aura si bien porté son nom. Participer à un concert du combo d'Austin c'est l'assurance de voir son esprit s'élever! A force de mélodies cristallines tournoyantes et enchanteresses, le groupe vous embarque dans son tourbillon sonore qui à tout moment menace de vous propulser, à toute allure, la tête dans les étoiles...

Un voyage inoubliable! Maintenant au tour de Mono et de Mogwai!

jeudi 19 mai 2011

Best Song Ever (épisode 77): New Paths to Helicon Pt1 par Mogwai

Notre quête de la Best Song Ever nous mène irrémédiablement vers le chef d'oeuvre du merveilleux combo de Glasgow : Mogwai. Étiquetés post-rock, noisy et indie-rock, les écossais n'auront eu de cesse depuis 1995 de proposer une musique ambitieuse, essentiellement instrumentale et explorant la quintessence de l’énergie électrique de la six cordes.

Sorti en février 97 sous forme de 45 tours limité à 3000 copies (ayant pour face B New Paths to Helicon Pt2), ce morceau de bravoure synthétise l'essence même du groupe : une composition élégante, classieuse et élégiaque... Un pur moment de bonheur.

Le morceau démarre de manière subtile et raffinée par quelques harmonies avant qu'une paisible et envoûtante ligne de basse ne vienne bercer l'auditeur. Surgissent alors la batterie et quelques strates de guitares stratosphériques qui vous embarquent tout au long de ce nouveau chemin vers Helicon. Le voyage est exaltant, magnifique et passionné. On se sent apaisé, on se laisse happer par la chaleur de l'environnement... Et là, contre toute attente, le turbo est enclenché, la vitesse s'accélère et le voyageur est transporté à la vitesse de la lumière par le son d'une guitare distordue, noisy et d'une rondeur bienveillante... Une propulsion vers l'extase... Avant la descente tout en douceur...

Un sublime voyage devenu l'un des sommets de leurs concerts abrasifs. A voir sur youtube. A lire également, Mogwai au Trianon de Paris.

vendredi 6 mai 2011

Best Song Ever (épisode 76) : Loaded par Primal Scream

Loaded ou la chanson avec laquelle le tsunami acid house rock teinté d'ecstasy a déferlé sur l'Angleterre puis le monde entier au tout début des années 90. Une véritable révolution initiée par Primal Scream et qui est arrivée presque par hasard... Comme souvent...

Andrew Weatherall, alors journaliste pigiste pour le NME, est envoyé faire un live report du groupe de Bobby Gillespie fin 89. Le combo est alors au bord du gouffre mais contre toutes attentes Weatherall apprécie ce qu'il entend et devient même ami avec les musiciens... DJ à ses heures perdues, il entreprend de remixer l'un de ses morceaux préférés du second album de Primal Scream : 'I'm losing more than I'll ever have'. Sur une idée du groupe, il introduit le morceau par un monologue de Peter Fonda extrait du film The Wild Angels et renomme le tout loaded dans un hommage non dissimulé à la génération ecstasy qui s'éclate depuis peu sur les dancefloors britanniques.

Weatherall réinvente complètement le son du groupe qui devient un mélange improbable et inédit de guitares, de dub, de rythmiques électro planantes et de piano acidulé... Une tuerie qui s'impose instantanément. Le disque sort en février 1990 et s'écoule à 100 000 exemplaires en quelques semaines. Il confère une aura nouvelle à Primal Scream qui se voit introniser leader de la génération acid house!

Avec les royalties Primal Scream investira dans de l'équipement d'un studio où ils passeront la plupart de l'année 90 a élaboré le fantastique et légendaire Screamadelica qui vient tout juste d'être ré-édité en édition luxueuse (et hors de prix) pour fêter ses 20 ans... Moins Dieu 20 ans... Et dans quelques semaines on fêtera les 20 ans de Nervermind mais aussi de Loveless ou encore du Black album... Tout ça ne nous rajeunit pas...

vendredi 29 avril 2011

Patricia Barber au New Morning (27/4/11)

Grande soirée de musique au New Morning mercredi dernier avec le passage à Paris de Patricia Barber et de son habituel quartet. Artiste jazz moderne inspirée, la pianiste et chanteuse de Chicago livre toujours des prestations envolées. le concert du New Morning ne dérogea pas à la règle.

Entourée de ses fidèles complices (Neal Alger à la guitare, Larry Kohut à la basse et l'incroyable Eric Montzka à la batterie), Patricia reprend bien sûr des standards du jazz mais n'hésite jamais à s'aventurer du côté de la pop music ou même du Rock. Beaucoup de musicalité, de maîtrise, d'improvisation et de plaisir de partager un moment de musique en groupe.

De ce set à placer dans les bons crus, on retiendra quelques titres de Cole Porter, la reprise du Black Magic Women de Santana et surtout une version dantesque et enthousiasmante du Milestones de l'immense Miles Davis. Fabuleux!

Le groupe excelle sur scène, on sent une grande complicité et un plaisir immense à jouer live devant nos yeux. Les alternances de passage chantés et de longs instrumentaux homériques est la grande force du combo. On ne s’ennuie jamais, on est sans cesse transporté dans un voyage subtile et réjouissant...

Ça ne vaut peut-être pas les sets décontractés et libérés du mythique Green Mill de Chicago (Patricia et son groupe y jouent presque tous les lundis soir lorsqu'ils ne sont pas en tournée) mais on aura passé un bon moment. Ceux qui voudraient avoir un aperçu de ces soirées se précipiteront sur les enregistrements "Monday Night : Live at the Green Mill" disponibles uniquement en téléchargement via le site de l'artiste.

samedi 16 avril 2011

Troy Von Balthazar à la Machine du Moulin Rouge (15/4/11)

Quel plaisir de retrouver l'immense Troy Von Balthazar sur scène à Paris! 6 mois après un concert exceptionnel au Point Ephémère (et qui aura tout de même valu à Troy de décrocher la 1ère place du classement MRM des meilleurs concerts 2010!!!), le chanteur de Chokebore terminait la tournée de promotion de son second album solo à la Machine du Moulin Rouge.

En opening, on a le droit à la prestation du guitariste de Chokebore, Jonathan Kroll, qui vient défendre seul sur scène son projet experimental Newborn Riot of Dreams. Durant une demi-heure, il construit une sorte de concerto pour guitare... Plutôt spatial... Il sample ses propres parties de guitares dont il accumule les strates pour dessiner au fur et à mesure une bluffante mini-symphonie... Apaisant, hypnotique et transcendant! C'est ça le courage artistique, chapeau bas... Et dire que cette prestation s'est effectuée sur fond de brouhaha de personnes irrespectueuses qui préfèrent discuter plutôt que d'écouter l'effort de l'artiste... Un tel comportement est affligeant...

Après ce superbe interlude débarque le grand Troy sur scène. Une première chanson superbement balancée puis la tragédie. Son emblématique Télécaster ne répond plus. S'en suivent quelques minutes de flottements où Troy essaie tant bien que mal de réparer son trésor mais rien n'y fait... Et forcément quand on est artiste indé et troubadour sans le sou, on ne part pas en tournée avec des cargaisons de guitares... Fort heureusement, le crew local lui apportera une stratocaster, dont on apprendra plus tard qu'elle était restée backstage depuis 5 ans sans que personne n'y touche... Vous imaginez donc l'état des cordes et de l'accordage de l'engin après tout ce temps...

Malgré les soucis de cet instrument à l'agonie, Troy donnera le meilleur de lui-même et nous gratifiera d'une excellente prestation (malgré quelques fausses notes qu'on lui pardonnera vu les conditions). Il restera près de trois quarts d'heure seul en scène à défendre ses brillants morceaux I block the sunlight out, Very very famous, The tigers, Wings, Communicate... Troy a une vraie présence et énormement de charisme. Il ne se prend pas la tête, plaisante beaucoup et crée un vrai lien avec son public. Que du bonheur!

Christian et Adeline le rejoindront pour une demi-heure électrique et Rock à souhait. Epatant encore une fois. Bien sûr, le concert n'atteint pas les sommets entrevus au Point Ephémère en novembre pour un concert qui avait été parfait du début jusqu'à la fin, mais on a quand même eu droit à une grande prestation d'un artiste qui mériterait tellement plus de reconnaissance.

On regrettera l'absence du set-list des deux perles de How to live on nothing : Dots & Hearts et Happiness and Joy. Mais merci monsieur Balthazar de faire scintiller si fort l'étoile incandescente de l'integrité artistique. On attend maintenant avec une impatience non dissimulée le retour discographique et scénique de Chokebore... Can't wait!!!

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet immense artiste, quelques titres et même des mp3 sont dispo sur son site, c'est ici.

Tous les articles sur Troy von Balthazar à lire ICI. et ceux sur Chokebore au Trabendo, à la Maroquinierie ou dans la saga Best Song Ever

vendredi 15 avril 2011

Chinese Robots en concert privé au Studio Campus (14/4/11)

Tout premier concert pour les Chinese Robots au Studio Campus. Un petit warm-up avant d’enchaîner trois dates parisiennes dans les semaines qui viennent. Pour tous les groupes, une première scénique c'est toujours quelque chose, un mélange d'excitation après des mois de repet et d'anxiété à l'idée d'affronter le révélateur de la scène et le verdict du public.

Et autant le dire tout de suite, les Chinese Robots s'en sont très bien tirés! Malgré quelques légers bugs par ci par là, le tout est carré et d'une grande cohérence. Les 6 musiciens sont bons et ça sonne comme un groupe déjà rodé.

Alors me diriez-vous, Chinese Robots quesako? C'est d'abord le projet d'un seul homme : le chanteur PH Perromat. Auteur-compositeur, PH s'est enfermé plusieurs semaines en studio pour enregistrer un bon paquet de titres sur lesquels il joue tous les instruments (à écouter sur Myspace). Il a recruté le groupe ensuite qui répète depuis décembre pour pouvoir enfin défendre sur scène le répertoire pop rock de Chinese Robots.

Sur scène, ce qui enthousiasme avant tout c'est l'énergie Rock dégagée. Les titres enregistrés sonnent plutôt pop synthétique alors qu'en live ca déménage grave. Les deux guitaristes s'en donnent à coeur joie et un batteur métronomique et une basse ultra-présente ne sont pas en reste. les arrangements guitare et synthés sont assez recherchés et apportent beaucoup de profondeur aux chansons.

La voix sonne pop tandis que les guitares s'aventurent souvent en terre noisy. PH est bien sûr la grande attraction de Chinese Robots. Il apparait comme possédé par ses chansons et sa gestuelle sans retenue attire le regard (synthèse improbable entre un chaman et un alcoolique sous influence psychotrope). Par la voix et l'attitude il ferait penser à un mélange de Bertrand Burgalat et Philippe Katerine et du coup on est presque déçu qu'il ne chante pas en français car sa pop maquillée de rock noisy et d’extravagances électro n'aurait pas d'équivalent dans le paysage français...

dimanche 10 avril 2011

Deerhunter à la Gaîté Lyrique (9/4/11)

Les américains de Deerhunter étaient de passage à Paris dans le cadre du festival Super Mon Amour (Festival d'épopées musicales... Tout un programme...). Ce nouveau lieu de culture qu'est la Gaîté Lyrique a plutot de la gueule, une programmation pointue et une belle salle de concert avec une acoustique plutôt réjouissante... Seul bémol, cette salle pourrait concurrencer le bataclan pour la chaleur qui y règne et ca c'est vraiment pas une bonne nouvelle!

Le groupe du génial Bradford Cox est certainement l'un des plus intéressants apparus ces deux, trois dernières années. 4 albums au compteur dont le récent et iconoclaste Halcyon Digest que l'équipe d'Altanta est venue défendre à Paris. Deerhunter mélange à la perfection des influences noisy pop et shoegazing assumées pour nous livrer une sorte de pop lunaire et fantasque...

Sur scène, on croit entendre à certains moments le meilleur de Ride période Nowhere, le mur du son éclatant de My Bloody Valentine où les expérimentations bruitistes de Sonic Youth, le tout en un peu plus pop, et c'est ce qui fait la marque de fabrique et toute l'originalité de Deerhunter.
une heure et demie de concert dans les hautes sphères d'un rock expérimental qui tente de percer le mystère de la pop music et de ses mélodies imparables...

Une bien belle aventure à laquelle il est possible d'accéder grace à Arte Live Web qui propose l'intégralité du concert sur son site... Ca le fait grave!

samedi 2 avril 2011

La compilation Mind Riot Music chroniquée par Dans le Mur du Son

Une jolie critique de la première compilation éditée par le label Mind Riot Music vient d'être publiée par le très pertinent site musical Dans le Mur du Son.

Après avoir déjà écrit une belle revue du premier album de Moslyve & The Good Demons, Dans le Mur du Son nous fait l'honneur de récidiver avec 'Time Machine Collection Volume 1'.

La revue de la compilation Mind Riot Music : Time Machine Collection Volume 1 par le site musical Dans le Mur du Son est disponible ici.

Pour la chronique de Nothing to Lose de Moslyve & The Good Demons publiée en décembre c'est ici qu'il faut se rendre.

Merci à eux pour ces encouragements...

Prochaine étape pour le label : l'enregistrement en juin du second album de Moslyve & The Good Demons.

Et pour ceux qui n'ont pas encore leur exemplaire de la compile, il nous reste quelques CD avant épuisement du stock (info at contact@mindriotmusic.com).

vendredi 25 mars 2011

L'Elysée Montmartre en feu : de précieux souvenirs partent en fumée

Désastre! Un incendie a ravagé la mythique salle de spectacle parisienne de l'Elysée Montmartre près de Pigalle. C'est un pan entier de la culture parisienne qui est parti en fumée par la reduction en cendre d'une salle qui aura laissé d'éblouissants souvenirs à des milliers de personnes. Et on apprend aujourd'hui que l'avenir déjà incertain des lieux serait plus que sombre.

L'Elysée Montmartre aura ouvert ses portes en 1807 Boulevard Rochechouart dans le 18ième arrondissement de Paris. D'abord salle de bal, elle aura été salle de théâtre, de réception, de combats de boxe, de spectacle et de concerts... Elle aura inspiré des artistes comme Toulouse Lautrec, Zola ou Maupassant. Depuis plusieurs décennies, l'Elysée Montmartre était devenue la salle Rock par excellence.

Sa fin tragique m'attriste au plus haut point. Que de souvenirs en ces lieux magiques me reviennent en tête. La toute première fois bien sûr pour un concert de Saez en décembre 2000 lors de la promotion de son premier album, des temps où il était encore un jeune espoir rock français et avant qu'il ne se fige dans une posture post-ado rebel caricaturale. Me Vient ensuite à l'esprit l'immense claque reçue avec l'une des toutes premières prestations en France d'un duo qui commençait à peine à faire le buzz : The White Stripes (5/3/02). C'était dans le cadre du festival des Festins d'Aden que j'avais eu la chance de découvrir Meg & Jack White pour un concert rageur et d'une rare intensité! Souvenir impérissable! La même année le rare DJ Shadow sera venu époustoufler l'audience avec un Live fabuleux alliant un ordi et 4 platines (5/11/02) tandis que Sigur Ros aura livré les charmes enchanteurs de ses ivresses aériennes (23/10/02).

En 2003, Interpol vient prêcher la bonne parole 'Turn on the Bright Lights' (23/3/03) dans une atmosphère à la fois intimiste et percutante. Du grand art! Ma première rencontre avec Mogwai se sera également produite à l'Elysée un jour de juin 2003 (5/6/03), c'était encore l'époque où ils poussaient le volume de leurs amplis au maximum. Leur son, certes brouillon par moments, dévastait tout sur son passage... Cette version ultime de Xmas Steps restera gravée. Ce mois de juin 2003 à l'Elysée Montmartre est marqué d'une pierre blanche puisque, outre Mogwai, les Queens of the Stone Age seront venus promouvoir leur meilleur album (Songs for the Deaf) dans un chaleur pré-canicule qui a du leur rappeler leur désert californien (11/6/03)... Torride... Les Libertines auront complété la donne pour soutenir Up the Bracket (18/6/03) mais sans Doherty viré quelques jours auparavant. Un concert sous amphétamine, ultra-court, assuré par le seul Barat au chant. Punk et donc imprécis. L'année à l'Elysée se terminera en beauté avec le concert borderline d'un Ryan Adams rempli d'émotions à l'état pur (22/11/03). Une grande performance.

En 2004, après un set pour une fois convaincant des Australiens de The Vines (23/4/04) c'est le grand Peter Kruder qui illumine la soirée Panik du 5 novembre. En 2005 c'est le second concert français d'Arcade Fire qui restera dans les mémoires (16/5/05). Ils se paieront le luxe de prendre leur auditoire par les tripes et de donner l'une de ces performances sans retenue qui feront leur légende! Incroyable! En 2007, c'est Black Rebel Motorcycle Club (20/11/07) qui enflamme l'Elysée de manière encore plus intense qu'en 2005 (2/11/05), ils réussiront la prouesse de surpasser ces concerts lors de leur retour en 2010 (1/12/10).

2008 restera une grande année elyséenne avec le retour en forme de Black Francis (16/2/08), le concert chamanique du géant Tricky (30/11/08), la coup de poing Melvins (11/09/08) mais surtout l'une des dernières prestations du regretté Alain Bashung avec ses dimanches à l'Elysée (23/11/08).

En 2009, J Mascis nous rappelera toute l'originalité de Dinosaur Jr et détruira ce qui restait de nos oreilles avec son mur d'amplis Marshall. De l'année dernière, on retiendra Foals (27/11/10) et Helmet (10/12/10).

Tous ces souvenirs ne font jaillir qu'une pensée : L'Elysée Montmartre doit renaitre de ses cendres. Ce Théâtre des rêves doit reprendre vie. C'est une partie de nous-mêmes que l'on perdrait dans la fin de cette histoire... L'aventure doit continuer...

Apportons nos soutiens aux gérants et espérons que les politiques en fassent de même!

vendredi 18 mars 2011

Mogwai au Trianon de Paris (17/3/11)

Le fantastique groupe de Glasgow a lumineusement éclairé la nuit parisienne par une prestation incroyable dans le superbe théâtre du Trianon de Paris. En tournée pour défendre leur dernier et excellent album au titre ultime (Hardcore will never die but you will) Mogwai a réussi une prestation énorme.

Un son dévastateur qui allie puissance et subtilité. Chaque instrument est clairement identifiable et les montées toutes en strates successives de guitares carbonisées forment un mur du son gigantesque qui prend toute la profondeur de la salle et transporte chaque spectateur dans un état second et proche du paradis.

Avec Mogwai c'est à un véritable voyage qu'il faut s'attendre. Lumineux et élégiaque de par les résonances du dernier album, le trip se veut aussi chaotique et abyssal par moments. La part belle est bien sûr consacrée à Hardcore avec 7 morceaux joués issus du LP. D'entrée de jeu White Noise conquis l'assistance et annonce la couleur : les sommets seront atteints durant ces quelques 90 minutes de show. Le Heavy et merveilleux Rano Pano vient de suite emporter la mise et ravir un public aux anges.

On retiendra comme sommet du concert le classique 'New paths to Helicon (part 1)', tout bonnement insurpassable! Christmas steps, I'm Jim Morrison I'm dead, San Pedro ou 2 Rights Make 1 Wrong ne se trouvant pas loin en bonne position dans cet enchainement en très haute altitude.

Mogwai, un groupe ébourifant qui crée une musique à part en repoussant les limites du Rock (quelques érudits appelant celà post-rock) et en inventant un nouveau langage et des modes de communication inédits d'émotions à travers la guitare, la basse, la batterie et le synthé... Tout juste, on regrettera que le concert n'ait pas duré 3 heures pour qu'ils aient le temps de jouer des classiques comme Batcat, The Precipice, Like Herod, Hunted by a Freak ou encore Mogwai fear Satan...

Un groupe indispensable et immense!

Le set-list du concert de Mogwai au Trianon de Paris : 1. White Noise 2. Rano Pano 3. Travel is Dangerous 4. Death Rays 5. Christmas Steps 6. I know you are but what am i? 7. How to be a Werewolf 8. I'm Jim Morrison, I'm Dead 9. San Pedro 10. 2 Rights Make 1 Wrong 11. New Paths to Helicon (part 1) 12. You're Lionel Richie
rappel : 13. George Square Thatcher Death Party 14. Auto-Rock 15. Mexican Grand Prix

mercredi 16 mars 2011

Interpol au Zénith (15/3/11)

Pour la 3ième fois de leur carrière, les new-yorkais d'Interpol prenaient le Zenith de Paris d'assaut pour promouvoir cette fois ci leur quatrième Album sobrement nommé Interpol.

En débarquant à l'improviste en 2002 avec un album d'une force intime, voire claustrophobique, irrésistible, les 4 de NYC avaient frappé un grand coup. En reprenant l'histoire là où l'avait laissée Joy Division 20 ans auparavant, Interpol réussissait la prouesse de reconstruire cette musique noire et intense pour la transposer dans le New-York citadin et apocalyptique de l'après 11 septembre. Joy Division transcendait le Manchester industriel et ouvrier en perdition pour batir les cathédrales sonores post-industrielles. Interpol assimilait ce son, cette rage eructée de manière controlée pour définir le son du revival 80's sauce années 2000.

Le bien nommé Turn on the Bright Lights alternait mélancolie, noirceur et déferlements soniques punkisants. Un album remarquable à écouter dans des endroits confinés et sombre sentant le soufre. Le passage d'Interpol à l'Elysée Montmartre en mars 2003 confirmait tout le bien que l'on pouvait penser du groupe. Un concert hypnotisant et rageur. Une vraie déflagration.

Le second album, Antics, aura déçu. Plus pop, plus ouvert et moins renfermé que le premier, il séduisait les foules et laissait les premiers fans perplexes. De retour en novembre 2004 à l'Elysée Montmartre, Interpol débutait le concert dans la même veine que le disque, sans trop savoir quoi faire... Avant qu'une interruption du concert pour cause de défaillance du batteur ne vienne tout changer. Quelques minutes de flottement plus tard et le groupe réapparaissait dans une rage folle qui devasta son auditoire... Et c'est malheureusement le dernier grand moment vécu avec Interpol en concert...

Suivront un Zenith très décevant en avril 2005 puis un bien meilleur en novembre 2007 pour la promotion du très réussi Our Love to Admire. Un grand et insurpassable premier album, un second décevant et anecdotique, un troisième avec du mieux et quelques perles (Pioneer to the Falls, Rest My Chemistry) et un dernier honorable... En somme, un groupe qui semble avoir eu du mal à digérer le succès et qui a essayé d'adapter son répertoire aux salles toujours plus grandes qu'il devait remplir.

Et autant le dire tout de suite, le concert d'hier était horrible. La faute a une sonorisation odieuse. Il était très difficile de distinguer les instruments dans la bouillie sonore qui nous a été déversée. Le son des guitares était inaudible faute à une reverb trop appuyée rendant le tout brouillon. Il fallait tendre l'oreille pour entendre la voix de Paul Banks et ne parlons même pas de la batterie... La caisse claire faisait un bruit strident désagréable. Seule la basse était bien reglée et d'ailleurs on n'entendait qu'elle et cette monstueuse batterie...

Difficile de prendre le moindre plaisir dans ces conditions. Les musiciens n'en prenaient pas plus que nous et ca se voyait. Ils ont expédié leur set en enchainant les morceaux comme à l'usine et alors que chaque song grandiose que l'on anticipait était massacrée on attendait plus qu'une seule chose : que le supplice prenne fin...

L'un des plus mauvais concerts auquel j'ai assisté ces dernières années! NUL!

Espérons que le résultat soit plus probant à Rock en Seine 2011 (Interpol a été annoncé hier en tête d'affiche avec les Arctic Monkeys, les Foo Fighters de Dave Grohl ou encore The Kills).


Mise à jour 2026 : En relisant cet article, je me suis rendu compte que j'ai été assez dur avec Interpol mais la déception était à la hauteur des formidables attentes découlant de cet immense 1er album. Depuis 2011, je me suis réconcilié avec Interpol en Live, notamment pour les 15 ans de Turn on the Bright Lights au Trianon à Paris ou encore pour les 20 ans Antics à la Philharmonie de Paris. J'écouterai avec attention le nouvel album prévu ces prochaines semaines...

lundi 14 mars 2011

Beady Eye au Casino de Paris (13/3/11)

Liam Gallagher et ses anciens acolytes d'Oasis (Gem, Andy Bell et Chris Sharrock) étaient de passage à Paris pour la toute première date en France de leur nouveau combo : Beady Eye. Dans un Casino de Paris sold-out depuis des semaines, c'est le tout Paris rock branché qui se mêle à une importante colonie de britanniques.

Alors que la sono hurle du Stone Roses que des dizaines d'anglais survoltés reprennent en coeur, la tension monte pour les fans. Que va donner cette version de la dernière mouture d'Oasis amputée de son son éminence grise : le Roi Noel?

A 21h10, Beady Eye entre en scène pour ses débuts français. Et on est tout de suite rassuré avec ce brûlot rock réussi qu'est Four Letter Word. Ils ont décidé de balancer l'artillerie lourde d'entrée, histoire de balayer les doutes et de montrer à la face du monde qu'Oasis n'est plus et qu'ils peuvent continuer leur histoire du Rock sans le maestro et despote en chef Noel Gallagher.

Liam est en forme et égal à lui même. Il aime ce rôle de frontman de groupe rock, il est né avec cette musique et on se demande ce qu'il aurait bien pu faire d'autre? Ca continue à swinguer avec Beatles & Stones puis Millionnaire avant que Beady Eye ne décide de chanter les deux perles de leur premier album: le classieux For Anyone et la ballade imparable The Roller qui aurait pu etre un excellent single d'Oasis. Et ca repart de plus belle avec un Bring the Light "Jerry Lee Lewis-ien" et un Standing at the edge of the noise tendu à souhait.

Une première partie de concert de haute tenue qui emporte la mise et confirme que Beady Eye est un bon groupe de Rock qui ne se prend pas la tête et réussit l'essentiel: nous asséner quelques mélodies imparables qui s'insinuent dans notre crâne et vont y passer quelques semaines, peut être quelques mois et nous accompagner dans ces quelques tranches de vie de l'année 2011... Quant à passer le "test du temps" comme Definitely Maybe et Morning Glory, on en est pas encore là...

La seconde partie du show sera moins exaltante puisque les titres les plus aboutis auront déjà été joués. Le choix des faibles Morning Son et Sons of Stage (reprise issue de la Face B du 45 tours de Bring the Light) interpelle. On aurait préféré terminer par Four Letter Word ou the Roller, histoire de ressentir cette sensation de manque qui caractérise les bons concerts...

Au final, un premier examen de passage plutôt réussi malgré un set-list mal ficelé qui nous laisse un peu sur notre faim... La vie post-Oasis a donc démarré et il faudra faire avec. On attend maintenant avec impatience le retour de Noel...

vendredi 11 mars 2011

Peter Hook plays Joy Division at Trabendo (10/3/11)

La légende Peter Hook était sur la scène du Trabendo jeudi soir! On ne présente plus celui qui aura été le bassiste de Joy Division et New Order, tellement ces deux groupes et leurs membres ont apporté au rock, à la pop et à la musique électronique... New Order séparé, Peter Hook a décidé de monter un nouveau groupe pour reprendre en live du Joy Division. L'attente était énorme, forcément... Et le résultat vraiment excellent!

A l'annonce de ce tour axé sur la performance live des chansons du groupe culte de Manchester, beaucoup se sont offusqués d'une telle initiative en accusant Peter Hook de vouloir faire de l'argent sur le dos d'un mort... En se suicidant en 1980, à la veille de la première tournée de Joy Division aux USA, le chanteur Ian Curtis avait scellé l'aventure d'un groupe en train de devenir culte... Joy Division deviendra un mythe absolu après celà, sorte de pierre philosophale du post-punk, de la cold wave et influence incontournable de milliers de groupes rock, new wave, goth etc...

Mais honnêtement, qui de mieux placé qu'un membre éminent de Joy Division pouvait se permettre de faire revivre en live ces titres qui ont pris une telle importance dans l'histoire du Rock...? Et qui plus est le bassiste du groupe dont le son aura à jamais marqué les esprits! Oui Peter Hook a la légitimité pour s'attaquer à une telle oeuvre! Et le verdict de la scène est imparable!

Pendant 1h30, on a vibré et totalement halluciné de redécouvrir toute la force et la justesse d'une telle musique. Les morceaux n'ont pas pris une ride et ils sonnent aujourd'hui encore comme une évidence. Le groupe assez jeune est plutôt bon, Peter Hook double les lignes de basse et se charge lui même du chant... Et c'est là que réside la grande surprise de la soirée, le timbre de voix de Hook rentre en résonnance avec celui de Ian Curtis. Le Show peut prendre son envol et l'assemblée communier avec un Peter Hook presque chamanique par moments.

Les premières chansons écrites par Joy Division il y a presque 35 ans nous sont balancées en pleine figure telles des grenades. Leaders of Men, Digital ou encore Transmission nous transportent d'entrée en plein Manchester post-industriel des années 70... Mais bizarrement ce son semble provenir du coeur même d'une ère post-crise financière, morose et désenchantée... Notre présent... Sidérant...

Et le groupe enchaine avec l'intégralité du chef d'oeuvre : le premier album de Joy Division "Unknown Pleasures" . Les chansons sont délivrées dans l'ordre avec une verve épileptique. la trilogie Insight - New Dawn Fades - She's lost control est à tomber par terre... Et que dire de ce rappel de feu avec Warsaw et le final homérique avec Love will tear us apart...

Une soirée hors de l'espace temps!

mercredi 2 mars 2011

Best Song Ever (épisode 75): La Javanaise par Serge Gainsbourg

En ce jour célébrant le 20ième anniversaire de la mort de Serge Gainsbourg, nous ne pouvions continuer notre quête de la Best Song Ever sans partir à la rencontre du grand Serge. Difficile d'isoler une chanson parmi les dizaines de perles que l'artiste nous a laissées, mais au final le choix de La Javanaise parait couler de source.

Cette avec cette chanson écrite pour Juliette Gréco en 1962 que Monsieur Gainsbourg obtient ses premiers succès. On peut penser que ce superbe titre aura marqué un vrai tournant dans la carrière du maitre. Sans La Javanaise peut-etre l'histoire aurait-elle été différente? Après avoir sorti une poignée d'albums qui n'auront pas eu le succès escompté, Gainsbourg se pose des questions sur son avenir dans la chanson...

Composée au lendemain d'une soirée bien arrosée au domicile de la chanteuse, le succès de La Javanaise, chantée par Juliette Gréco, va définitivement remplir Gainsbourg de la confiance qui lui manquait. Et quel chef d'oeuvre vient-il d'écrire. Une mélodie sublime et un texte d'une grande poésie (les allitérations en v sont une tuerie...). Il enregistrera sa propre version en 1968(LP Bonnie & Clyde).

L'une des plus belles songs de la chanson française...

lundi 28 février 2011

Band of Horses à la Cigale (26/2/11)

Belle découverte à la Cigale avec ce groupe méconnu en France, pourtant signé sur le mythique label de Seattle Sub Pop. Band of Horses produit un rock sous grande influence pop de très belle facture. Beaucoup d'énergie, de présence et de complicité qui saute aux yeux pour une vraie belle soirée.

Après un premier album sorti en catimini aux US en 2006 et un changement quasi complet de line-up l'année suivante et une relocalisation du groupe de Seattle vers la Caroline du Sud d'où est originaire le chanteur et leader du groupe, Ben Bridwell, Band of Horses sort en 2010 un troisième album qui leur permet tourner dans le monde entier et d'atterir à Rock en Seine fin aout.

L'opus en question, Infinite Arms, est un savant dosage de rock purement américain, voire sudiste, de refrains pop et d'ondes positives. En fin de promo pour Infinite Arms, leur passage parisien à la cigale se fera à guichets fermés devant un public ultra-enthousiaste (c'est tellement rare à Paris...). Plutôt jeunes, les fans se dandinent et sont aux anges, la plupart connaissent les paroles par coeur et n'hésitent pas à le faire savoir.

Un concert réjouissant dans une super ambiance... Et un rappel mémorable avec Evening Kitchen chanté à deux voix (le guitariste et le chanteur) autour d'une guitare acoustique... Un pur moment de beauté et de communion avec le public, j'en ai encore des frissons.

Un bon petit groupe qui permet enfin de lancer cette année de concerts après les déceptions Cold War Kids et PJ Harvey... Merci les gars...

photo : christopher wilson

dimanche 27 février 2011

PJ Harvey à l'Olympia (25/2/11)

La mythique salle de l'Olympia a accueilli la grande PJ Harvey pour deux soirées à guichets fermés depuis des mois. Artiste d'exception, Polly Jean avait marqué les années 90 par son rock racé, épuré et incisif. Pour beaucoup PJ incarnait le meilleur d'un rock indé sans concession et porteur des valeurs mêmes de ce mouvement : l'authenticité, la force vitale et la fureur de vivre...

Polly Jean n'aura eu de cesse de se réinventer et de tenter à chaque album d'apporter quelque chose de différent. Après l'âpreté et l'incandescence de Dry et Rid of me, elle opère un premier tournant avec To bring you my love en 95 et un album aux consonances plus variées et downtempo. Suivront 3 très bons albums alliant pop, rock, fureur et merveilles...

En 2007, PJ Harvey surprend son monde et ses fans avec White Chalk. Un album au piano où la chanteuse change radicalement sa manière de composer et surtout de chanter. Très austère et pas facile d'accès pour les fans de la première heure, le disque ne laisse personne indifférent...

En sortant le 14 février dernier son 8ième album, Polly Jean poursuit dans ce nouveau sillon. Sur ce disque, elle se transforme en storyteller. Après avoir étudié l'histoire de l'Angleterre et de ses guerres, elle compose des textes racontant ces histoires de soldats et de violences millénaires, le tout à la recherche d'un certain humanisme.

Pour ré-équilibrer ces écrits guerriers, PJ aura volontairement composé une musique pastorale aux relents pop et utilisé ses nouvelles facultés vocales hautes perchées pour exprimer ses fables sans affect.

A la manière d'un Thom Yorke qui aura su depuis 10 ans utiliser sa voix comme un véritable instrument, PJ s'ouvre de nouveaux horizons... L'album est plutôt réussi et s'écoute facilement. Il offre une nouvelle facette d'une artiste en perpétuelle évolution. Cette volonté de continuer à explorer de nouvelles voies ne peut être que saluée tellement elle apparait rare de nos jours parmi les musiciens reconnus et établis...

Alors venons en donc à ce passage olympien... La totalité de Let England Shake est interpreté note pour note par PJ et ses trois acolytes (dont les très fidèles Mick Harvey et John Parish). Ceux qui ont découvert PJ avec cet album sont aux anges. Les anciens fans aussi, contents d'être là et de voir Polly Jean en action... Mais après chaque chanson, on se demande à quel moment la belle va laisser tomber son auto-harp pour reprendre sa telecaster et nous balancer quelques-uns des brûlots qui auront jalonné sa carrière... Et on attendra longtemps... Même le jubilatoire Big Exit apparait fade car réinterprété à la sauce Let England Shake... Ca fait du mal de le dire mais on s'ennuie ferme...

On sort forcément déçu, on aura vu qu'une facette de la fantastique PJ Harvey... Quand on sait tout le talent de notre anglaise on a vraiment l'impression d'être passé à côté des sensations qu'on aurait aimées ressentir. On salut la performance du jour et la volonté de se réinventer... mais pas en faisant table rase du passé... Il manquait le coeur de la carrière de PJ. A la différence d'un Thom Yorke, elle n'aura voulu tenter la posture, certes schizophrène, consistant à revisiter toutes les facettes de sa carrière au cours d'un même show... Et c'est ce qui nous laisse sur notre faim...

vendredi 18 février 2011

Radiohead : The King of Limbs ou le petit frère apaisé d'Amnesiac

Ca y'est, le nouvel album est enfin disponible! C'est avec un jour d'avance que Radiohead a autorisé le téléchargement de The King of Limbs pour ceux qui l'avaient déjà pré-commandé et attendaient avec impatience la date du samedi 19 février 2011 pour avoir accès aux précieux Mp3 (ou Wave).

A la première écoute, le disque sonne très électro et il semble que Radiohead ait décidé de reprendre sa quête là où Kid A et Amnesiac l' avaient mené... Un son entre électro, psychédélisme et rock avec une attention portée aux rythmiques destructurées façon Autechre ou autres démiurges du label warp, le tout saupoudré de basses langoureuses et chaleureuses... Surtout dans sa 1ère partie, avant que la fin de l'album ne bascule dans une sorte de folk de l'espace éthéré et rêveur...

On tient donc là le petit frère apaisé d'Amnesiac qui se transforme sur la fin en ange accédant à la félicité... Une envolée bouleversante...

Un album ambitieux et à la première écoute rayonnante... Maintenant le temps fera son oeuvre... Et vous, vous en pensez quoi?

mercredi 16 février 2011

Cold War Kids au Bataclan (15/02/11)

Les enfants de la guerre froide étaient de retour en France pour promouvoir la sortie de leur troisième album : Mine is Yours. Pour l'occasion ils se réapproprient le Bataclan, déjà visité en novembre 2008. Un concert de bonne qualité mais loin des moments homériques de leurs prestations de 2007.

J'avais découvert les Cold War Kids par hasard en février 2007 à la Cigale alors qu'ils assuraient la 1ere partie des New-Yorkais de Clap your Hands Say Yeah (disparus de la circulation depuis...?!). Ce fut un vrai choc! Leur rock épileptique, joyeux et touffu prenait vraiment aux tripes. Des chansons comme Hang me up to Dry ou We used to vacation sonnaient diablement bien et en contrepoint de la musique entendue à l'époque.

Une impression confirmée quelques semaines plus tard pour une tête d'affiche au Trabendo en mai. Un concert intense et urgent, comme si nos vies en dépendaient. A l'époque ils touchaient à l'essence même du Rock et transmettaient ce sentiment si jouissif de vivre un moment particulier... En Août 2007, ils remplaceront même au pied levé Amy Winehouse à Rock en Seine et ils assureront une belle performance sur la grande scène... On se souviendra longtemps de cette reprise possédée du Well, Well, Well de John Lennon.

Même si le premier album du groupe (Robbers & Cowards) était inégal, il contenait de vraies bonnes chansons d'une grande originalité, mélangeant rock, folk, influences gospel, le tout dans des structures alambiquées. Le second (Loyalty to loyalty) décevra un peu mais restera tout de même dans la lignée de son prédécesseur.

Le troisième album était attendu avec impatience et est donc sorti à la mi-janvier 2011. Mine is Yours me laisse quelque peu dubitatif. Il se laisse écouter et dispose de quelques belles mélodies. Un bon album de pop-rock calibré pour le mainstream. Mine is Yours devrait permettre aux Cold War Kids d'élargir sensiblement leur audience et peut-être même de réaliser une véritable percée populaire... Mais pour les fans de la première heure il manque l'originalité des débuts, la fougue et la fureur qui emportaient le quatuor de Los Angeles et insufflaient dans son oeuvre cette énergie vitale et incandescente qui faisait sa singularité...

Le concert du Bataclan aura été à l'image de l'album : sympathique et plaisant... Mais bien en deçà des prestations antérieures du groupe qui retrouva tout de même un peu de cette flamme perdue dans l'interprétation des quelques titres issus du Robbers & Cowards...

Une déception...

samedi 12 février 2011

Best Song Ever (épisode 74): Hard to explain par The Strokes

Ils sont arrivés de nulle part à la fin aout 2001, à une heure où le Rock, le vrai, avait presque disparu des radars. A la fin du siècle dernier, l'avènement mérité de la musique éléctronique avait ringardisé les groupes à guitares. Pour paraphraser James Murphy, il fallait bazarder ses guitares et acheter platines et samplers pour être hype. 4 new-yorkais de bonne famille ne l'entendèrent pas de cette oreille et osèrent balancer un album de rock racé, au son vintage et à l'énergie fulgurante, l'album annonçant la résurrection du Rock dans les années 2000 : Is This it?

Ce chef d'oeuvre concis de pop-rock songs imbibées de post-punk new-yorkais des grandes années du CBGB va exploser les oreilles de millions de gamins qui n'auront qu'une envie en écoutant The Strokes : fonder un groupe de Rock... Dans le sillage des Strokes, des White Stripes et des Libertines de l'autre côté de l'Atlantique, le mouvement renaissait une nouvelle fois de ses cendres. Le Rock est mort, vive le Rock!

Dans la pure tradition Rock, la pochette de l'album (représentant un superbe fessier) sera censurée aux Etats-Unis... Et dans le contexte du 11 septembre, la chanson ridiculisant les policiers new-yorkais (New-York City cops) sera même bannie des ondes et de la version US de l'album...

Parmi les nombreuses perles de quelques minutes qui agrémentent Is This it, Hard to explain est certainement la pierre angulaire de l'album. Un son garage et une énergie folle se dégagent de ce titre mêlant à la fois mélodies pop et guitares acérées sous influence punk, le tout sur un tempo soutenu et diablement entrainant...

Un sommet initiatique...

mercredi 9 février 2011

Best Song Ever (épisode 73): La nuit je mens par Alain Bashung

Au détour d'une fin de siècle, Alain Bashung signe avec Fantaisie Militaire l'un de ses plus beaux et plus ambitieux albums. Acclamé par la critique mais aussi le public, ce disque permet à son auteur d'atteindre des sommets d'orchestration et d'harmonie pour porter la chanson française vers de nouvelles contrées.

La langue français n'a jamais paru si majestueuse, ni si bien swinguer en chanson qu'avec ce trésor de voluptés qu'est Fantaisie Militaire. L'étendard de cet album étalon n'est autre que l'immense single La nuit je mens...

Une guitare sèche enchantée, une voix rêche qui prend l'espace, un piano Rhodes tout en retenu... Puis un déferlement de batterie qui soutient à merveille les envolées lyriques d'une section de cordes qui ne cesse de nous donner des frissons tout au long de cette chevauchée fantastique... Les mots sonnent divinement et font naitre en nous des tas d'images qui se bousculent au rythme effrené des scintillements sonores de l'orchestre.

En 2001, le maitre ira encore plus loin en poussant l'expérimentation post rock, voire post chanson française, le plus loin possible avec l'incroyable et tellement novateur l'imprudence... Un dytpique incontournable...

Une song inoubliable. Un artiste qui a laissé un grand vide en nous quittant...

Un clip superbe à voir sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=eLhz8WELr00