jeudi 26 novembre 2009

Eiffel à la Cigale (17/11/09): 'De la lumière a en déchirer la nuit...'

Eiffel: le meilleur Groupe de rock français de la décennie, ni plus, ni moins... Avec 4 albums pied au plancher, ils ont su reprendre le flambeau laissé par leurs amis bordelais après le drame de Vilnius. Avec un son rock puissant et qui n'a rien à envier aux anglo-saxons (le leader du groupe, Romain Humeau, multi instrumentiste doué produit lui-même les disques du groupe) et surtout un véritable talent d'écriture avec une plume exigeante, lettrée et raffinée.

Quel plaisir d'entendre ces textes de bravoure, en français, qui font honneur à la langue de Molière. Souvent engagés, toujours à fleur de peau, les mots d'Eiffel restent dans la lignée d'un rock contestataire qui sait par moments s'égarer vers les cimes lyriques d'un romantisme post-industriel dévoyé...

Pourquoi ce groupe n'a-t-il donc pas le succès qu'il mérite? Pas assez consensuel et certainement dénigré car chantant du rock en français et donc non rattaché à la grande scène prétentieuse de la chansonnette française...

Ce fut un vrai plaisir de revoir ce groupe à la Cigale, dans une ambiance électrique et surchauffée. Avec un joli kaleidoscope de leur carrière, les meilleurs songs que sont Sombre, il Pleut des Cordes, Tu vois Loin, Ma part d'ombre ou encore le tout nouveau A tout moment la rue font mouche... En rappel on a même droit à un classique de leurs prestations live: un texte de Boris Vian (Je voudrais pas crever) brillamment mis en musique et chanté... Un grand moment...
Un groupe à découvrir de toute urgence...

Et sur Deezer, les 13 titres d'Eiffel à avoir écouté avant de mourir: http://www.deezer.com/fr/#music/playlist/eiffel-13-to-be-heard-34868513







lundi 23 novembre 2009

Les Années 2000, Episode 2: Le Retour du Rock, la Bande Son


Pour aller plus loin, une petite sélection des 120 songs indispensables de la décennie... Et ca commence avec la Bande Son du second épisode pour célébrer le Retour du Rock...

A écouter sur Deezer pour les titres dispos, c'est ici:

http://www.deezer.com/fr/#music/playlist/les-annees-2000-part-2-34455610

Et bien entendu à voir et à revoir sur Youtube... Enjoy...

2000 At the Drive-in: One Armed Scissor, Album: Relationship of Command
2001 The Strokes: Last Nite, Album: Is this it?
http://www.youtube.com/watch?v=sd0o3R0C1r0

2001 The Strokes: Hard to Explain, Album: Is this it?


2001 Weezer: Island in the Sun, Album: Green Album
http://www.youtube.com/watch?v=WcWPy-e_TJE

2002 The Libertines: Up the Bracket, Album: Up the Bracket


2002 The Libertines: Death on the Stairs, Album: Up the Bracket
http://www.youtube.com/watch?v=zReDDTpRi6g&feature=related

2002 Ryan Adams: Nuclear, Album: Demolition
http://www.youtube.com/watch?v=aSFVi0FhLcc&feature=related

2002 Coldplay: Politik, Album: A Rush of Blood to the Head
http://www.youtube.com/watch?v=AMgjtreFoEs

2002 Interpol: Say Hello to the Angels, Album: Turn on the Bright Lights
2002 The Coral: Bad Man, Album: The Coral


2003 The White Stripes: Seven Nation Army, Album: Elephant
http://www.youtube.com/watch?v=psbs_8kkWqg

2003 Ryan Adams: So Alive, Album: Rock & Roll


2003 The Kills: Cat Claw, Album: Keep on your Meanside
http://www.youtube.com/watch?v=R7O1jkHYkcA

2004 Franz Ferdinand: Take me Out, Album: Franz Ferdinand


2004 Bloc Party: Banquet, Album: Bloc Party EP
http://www.youtube.com/watch?v=nk-Ou05Kz1I

2004 The Libertines: Music when the Lights Go Out, Album: The Libertines http://www.youtube.com/watch?v=P-Q1GUa3cUk

2005 Editors: Munich, Album: The Back Room
http://www.youtube.com/watch?v=-6HHqkRKMq0

2005 The Rakes: Open Book, Album: Capture / Release


2005 Babyhambles: Fuck Forever, Album: Down in Albion
http://www.youtube.com/watch?v=dGBGs9GVsuQ

2006 Dirty Pretty Things: Bang Bang You're Dead, Album: Waterloo to Anywhere http://www.youtube.com/watch?v=DfWeAsqfIkQ&feature=related

2006 The Kooks: Sofa Song, Album: Inside In/ Inside Out
http://www.youtube.com/watch?v=IAVE0PCMWPg

2006 The Raconteurs: Together, Album: Broken Boy Soldiers
http://www.youtube.com/watch?v=YJ89GcR-gGY

2006 The Raconteurs: Steady as She goes, Album: Broken Boy Soldiers


2007 Babyhambles: Delivery, Album: Shotter's Nation
http://www.youtube.com/watch?v=X1JQc-tYaDg&feature=related

2007 The White Stripes: Little Cream Soda, Album: Icky Thump
http://www.youtube.com/watch?v=moSYKuZ7mxY

2008 The Last Shadow Puppets: Standing next to Me, Album: The Age of the Understatement

2009 The Dead Weather: 60 Feet Tall, Album: Horehound

Les années 2000: une décennie musicale décevante? Episode 2: Le Retour du Rock


Une décennie s'achêve et c'est déjà le temps des bilans. En sept épisodes, on va essayer de se repasser le film de ces années musicales, histoire de reprendre le train en marche, de tenter les premières analyses avant de s'engouffrer le coeur léger vers les années dix, forcément passionnantes...

Après la mise en perspective, on rentre dans le vif du sujet avec ce deuxième épisode et le Retour du Rock...

Les Années 2000: une décennie musicale décevante? Episode 2...



Le Retour du Rock

Le rock a été le principal perdant de la fin de la décennie précédente avec l’avènement de la musique électronique en général (techno, house, lounge etc…) qui mit à mal la suprématie du vieux mouvement quarantenaire. A chaque fois que l’on a cru le rock mort et enterré, il ressurgit et renait de ses cendres, tel un phénix légendaire. Cette nouvelle vie prit forme à la veille du 11 Septembre avec la sortie fin aout 2001 du premier album d’un jeune groupe de New Yorkais issus de la classe plutôt aisée : The Strokes. Avec ‘Is this it’ ils signent un brillant album de rock qui marie de manière subtile et intelligente pop et rock indé US à la sauce punk. Aidés en cela par une production sublime au son vintage, les Strokes remettent au goût du jour un songwriting rock exigeant et un retour à l’énergie salvatrice du rock. Ils ramènent sur le devant de la scène cette urgence, cette incandescence propre à la musique rock qui retrouvera un écho sans pareil dans ce monde post 11 septembre rempli de paranoïa, de malaise, de peur et de désarroi. En ces temps troublés, un retour à l’énergie basique, contestataire et instinctive du rock semble devenir un réconfort indispensable, une bouée de sauvetage éternelle. C’est ainsi que des milliers d’ados laisseront de côté l’hédonisme festif de la house et de la techno qui avait bercé la seconde partie euphorique de la décennie précédente, pour revenir à une simplicité tribale et émotionnelle provoquée par la musique rock.

En ce sens, l’émergence des White Stripes à la fin de 2001 avec leur troisième album ‘White Blood Cells’ parait inévitable. Le retour à l’essence même du blues et du rock, le dévouement à la pureté de l’émotion viscérale provoquée de par leur parti pris de jouer en duo guitare / batterie en remisant de coté l’apport d’une basse, fait mouche. Ils exploseront définitivement au niveau mondial en 2003 à la sortie de leur quatrième album, le bien nommé ‘Elephant’. Le leader du groupe, Jack White, restera comme l’un des musiciens indispensables de la décennie, que ce soit avec les White Stripes ou ses Side Projects, les Raconteurs avec Brendan Benson (ils forment un duo de songwriters assez incomparable qui pourrait devenir l’égal des plus grands) ou encore The Dead Weather avec Alison Mosshart des Kills où Jack se retrouve derrière les fûts pour déverser un blues rock épais, crasseux et viscéral, l’essence même du rock… En Europe, la réponse aux américains, se prépare, une nouvelle fois en Angleterre, avec l’émergence des Libertines de Pete Doherty et Carl Barat. Signé sur l’historique label indé Rough Trade, la production du premier album de ce groupe prometteur est confiée à l’ancien Clash Mick Jones (Up the Bracket sorti en 2002). Il saura trouver le son parfait pour rendre le meilleur des compositions pop/punk du nouveau duo de songwriters rois. Les Libertines apportent une énergie nouvelle et rafraichissante à la scène londonienne.

Les Strokes et les Libertines ont redonné un second souffle au rock en suscitant un intérêt nouveau et surtout bon nombre de vocations auprès des ados musiciens en herbe. Nombre de groupes se sont formés dans la foulée, alimentant le retour annoncé d’une attitude, d’un mouvement qui une fois de plus reprenait le devant de la scène à coup de riffs incendiaires et de cris furieux toujours au service d’une mélodie efficace et instantanée. Les White Stripes auront engendré l’arrivée des duos abrasifs Kills (les concerts de The Kills restent les shows les plus sexy et émotionnellement intenses de la décennie) ou Black Keys. Les Libertines entraineront derrière eux une nouvelle scène britannique (Franz Ferdinand, Futurehead, Hard-Fi, Bloc Party, Servants, The Coral, Razorlight…) et la même chose se produira Outre-Atlantique avec les Strokes (Killers, Ryan Adams) et aura même des échos jusqu’en Australie (The Vines, Jet).

Le retour du rock dans un contexte noir et de dépression ouvrira la porte au comeback d’une musique sombre, largement influencée par la new wave et cold wave des années 80. Dans un environnement médiatique propice à la propagande régressive vers la mode eighties, des groupes brillants comme Interpol vont continuer les explorations de leurs ainés et proposer une relecture personnelle d’une grande intensité d’un héritage noir de guitares saturées à l’extrême dans un flot de réverbération abyssal, le tout enrobé par une batterie martiale et une voix grave apocalyptique. Le premier album d’Interpol, ‘Turn on the Bright Lights’ en est le fer de lance. Malheureusement, le groupe semblera avoir du mal à digérer leur succès et leur musique claustrophobique aura du mal à s’adapter à l’espace des grandes salles.

Nombre de groupes s’engouffreront dans cette brèche, avec beaucoup de malice et d’inspiration souvent, parfois sauvés par une vraie authenticité, une urgence, un dont de soi (voir en ce sens le premier album des Editors ‘The Back Room’, la suite sera beaucoup moins convaincante, également à écouter le premier album The Rakes : Capture / Release) mais de trop de fois noyés dans un son à la mode et des chansons pas vraiment à la hauteur (Death Cab for Cutie, Killers, Superbus… etc). A cet égard, l’évolution d’un groupe comme Coldplay est assez symptomatique. Après un sympathique premier album en 2000 (Parachutes) ils enchainent avec un second album en 2003 souvent brillant (A Rush of Blood to the Head) qui les fait exploser mondialement avant qu’ils ne sortent en 2005 un troisième album insipide totalement dévoué au son années 80 version Grands Stades. Une grande déception pour un album inaudible et qui sent la guimauve. Il faudra bien le recours au génial Brian Eno pour leur rendre un peu de crédibilité en 2008.

A suivre l'épisode 3 : Le Rock et ses chapelles abrasives, parfois déviantes...

dimanche 15 novembre 2009

Les Années 2000: Une décennie musicale décevante? Episode 1: Une mise en perspective...


Une décennie s'achêve et c'est déjà le temps des bilans. En sept épisodes, on va essayer de se repasser le film de ces années musicales, histoire de reprendre le train en marche, de tenter les premières analyses avant de s'engouffrer le coeur léger vers les années dix, forcément passionnantes...

On commence notre aventure avec un premier épisode qui tente de mettre en perspective ces années 2000...

Les Années 2000: une décennie musicale décevante? Episode 1...

Les années 2000 se terminent, enfin diront certains. Il est vrai que l’on n’a pas été souvent à la fête pour cette première décennie du vingt et unième siècle. Que d’espoirs insensés, de doux rêves partagés qu’avait fait naitre dans l’inconscient collectif le changement de millénaire, comme une nouvelle page blanche à écrire, en tirant un trait définitif, pour le meilleur, sur les ravages du siècle le plus meurtrier de la courte existence de l’humanité sur terre. Passée l’euphorie du réveillon du millénaire et de la victoire de bleus au championnat d’Europe à Rotterdam au terme d’une finale d’anthologie au scénario Hitchcockien, le réveil fut terrible. On est entré de plein pied dans cette décennie avec la tragédie du 11 septembre 2001 qui jeta un voile noir définitif sur ces dix années. Commencée par ce choc planétaire, la décennie se poursuivra avec la présence de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle du pays de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pour se terminer avec la plus grave crise financière depuis celle de 1929… Que de réjouissances !

La musique étant un reflet perpétuel de son temps et de l’évolution de la société, c’est dans ce contexte que nos oreilles ont du évoluer pour un voyage difficile et périlleux… Il n’est pas facile d’élaborer un retour distancié à chaud, mais essayons tout de même de jeter les bases d’un premier bilan de cette décennie musicale.

Les années 2000 resteront très certainement comme une décennie paradoxale où l’industrie du disque telle qu’elle s’était construite depuis l’avènement du rock et de la pop music dans les années 60 s’est complètement effondrée, faute d’avoir su se remettre en cause et anticiper la fin du Business Model sur lequel elle s’était construite : la production industrielle de média physiques (vinyle puis CD) pour vendre la musique produite de leurs artistes. L’arrivée de Napster (première plate forme de partage de fichiers musicaux entre ses utilisateurs : premier Peer to Peer à succès) à la fin du siècle dernier fut précurseur de ce qui allait se passer tout au long de la décennie. Les maisons de disques n’ont pas pris au sérieux, à l’époque, l’étendue de la révolution engendrée par la démocratisation d’internet et de la dématérialisation du support à la musique. En passant d’un support physique à un fichier électronique la musique a retrouvé une nouvelle liberté en devenant affranchie de tout objet que produisait l’industrie du disque. L’ironie du sort, selon la légende urbaine qui semble être bien plus qu’une légende, veut que les grands patrons des maisons de disques fussent sur le point, dès 2000, de passer un accord avec Napster, pour rendre son contenu légal et amorcer un partenariat financier. Ils eurent finalement peur et décidèrent de poursuivre Napster en justice. On ne saura jamais ce qu’il serait advenu de l’histoire si les majors avaient décidé de contrôler ce phénomène émergent en s’associant avec Napster qui était en train de devenir la référence mondiale en terme de distribution dématérialisée de fichiers musicaux. Qui sait, Napster serait peut être aujourd’hui l’équivalent d’un Yahoo ou d’un Google et les autres réseaux Peer to Peer qui suivirent : Kazaa, Emule et consorts n’auraient peut être jamais eu l’occasion d’avoir le succès qu’ils ont eu… On ne saura jamais, mais on pensera longtemps que le point de basculement pour les maisons de disques se situe à ce moment là. Elles se sont délibérément sabordées et ont enclenché leur inévitable déclin de par leurs manques visionnaires…

Les ventes de disque en France sont passées d’un pique historique en 2002 de 171 millions de disques vendus à 96 millions en 2006 (source lemonde.fr) sans que les ventes en téléchargement légal ne soient venues compenser ces pertes. On parle aujourd’hui d’un marché divisé par 2.5 depuis 2002 (en chiffre d’affaire vente physique). Durant cette décennie, les maisons de disque n’ont cessé de crier au loup en montrant du doigt le téléchargement illégal, cause de tous les maux selon leurs dires. Elles oublient de mentionner leur manque d’anticipation des changements amorcés avec la dématérialisation de la musique et ainsi le retard considérable pris en matière d’offre de téléchargement légal. Elles n’ont réagi qu’une fois que le téléchargement illégal était rentré dans les mœurs. Elles oublient également de regarder de leurs côtés et leurs manquements en termes de diversité et de qualité de leur production. A force de marketer leurs artistes, de vouloir s’insérer sur un marché, de répondre à la tendance du moment, elles ont le plus souvent produit des artistes faciles, ou chargés à copier tel artiste ou tel mouvement à la mode, quand elles ne mettaient pas en avant le recyclage facile de leur catalogue avec un abondance de Best of, compilations ou autres. Elles ont trop réagi en ayant en tête une segmentation de marché frileuse et n’ont su repérer de nouveaux talents et renouveler en profondeur leur offre musicale. Cette décennie est aussi une crise de l’offre, qui a empiré avec la perte de moyens financiers des labels rendant leur frilosité et leur manque de goût du risque encore plus flagrant et rédhibitoire. Les artistes et les consommateurs sont les premières victimes de cette politique désastreuse.

Le paradoxe de cette décennie réside dans le fait qu’avec les progrès techniques et les développements du Home Studio à moindre coût (aujourd’hui il est facile de produire une musique de qualité plus qu’honorable avec un bon ordinateur, une bonne carte son et un logiciel de musique adéquate style Pro-Tools, Cubase, Reason ou autres…) la production musicale individuelle n’a jamais été aussi importante. Il n’y a qu’à voir le succès phénoménal, en quelques années, d’un site comme My Space qui voit des milliers d’artistes, musiciens amateurs, venir partager leurs compositions sur leur page personnelle. My Space est même devenu un vecteur de communication important pour les artistes professionnels signés par les maisons de disques. Paradoxe donc d’une production amateur florissante et d’une offre professionnelle en décroissance, très peu renouvelée et d’une qualité moyenne en baisse. D’un côté une offre pléthorique, où se côtoient excellence, bon et moins bon, parfois très mauvais, où il est très difficile de se retrouver et de l’autre une offre pro beaucoup moins excitante et qui ne peut plus donner sa chance à des groupes qui mériteraient un vrai soutien.

Ainsi se pose la vraie question du soutien financier au développement des artistes. C’est le véritable cœur du problème, mais nous reviendrons sur cette question plus tard dans notre récit. Après cette introduction fondamentale sur l’environnement particulier de cette décennie, revenons sur les enseignements à tirer de la production musicale des années 2000.

A suivre l'épisode 2: Le Retour du Rock...

mercredi 11 novembre 2009

Massive Attack au Zénith (10/11/9)

C'est toujours un immense plaisir de retrouver sur scène ce groupe légendaire dont le son léché, sombre et monumental reste d'une modernité totale. Ils ont révolutionné le son des années 90 par deux fois, en magnifiant l'utilisation des premiers samplers pour créer, avec Blue Lines, un nouveau mouvement mélangeant soul, rap, dub, appelé trip hop par la critique. Avec Mezzanine en 98 ils réinventent une cold wave post punk lancinante en alliant guitares noires, rythmiques industrielles et sons électro pour produire la musique du futur forcément claustrophobe, noire mais tout empreinte d'une force vive profonde et inaltérable...

Encore aujourd'hui ce son est d'une acuité confondante. Au Zénith, ce qui surprend d'entrée de jeu c'est le caractère massif, puissant de l'ensemble tout en restant net et distinct. Pour ce lieu c'est une véritable prouesse. On est embarqué dès le départ dans un monde sombre et ultra moderne. Sur des écrans à l'arrière de la scène défilent tous azimuts, des chiffres, des slogans et des citations qui mettent en exergue certaines incongruités de notre époque... Saisissant...

Un Immense Groupe.




Et à lire sur ce site Best Song Ever épisode 41: http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-41.html
ainsi que Massive Attack à Fourvière en 2008:
http://mindriotmusic.blogspot.com/search/label/a

Arctic Monkeys au Zénith (6/11/9)

Difficile d'écrire un article sur le passage des Arctic Monkeys au Zénith de Paris. J'adore ce groupe, qui avec trois albums vraiment réussis sortis en l'espace de quatre ans, a ranimé une certaine flamme rock et est devenu l'un des groupes les plus intéressants de cette seconde partie de décennie.

La première fois que je les ai vus c'était en 2006 au Metro de Chicago (salle mythique où a notamment été filmée l'unique prestation live de Jeff Buckley sortie en DVD à ce jour) lors de leur seulement seconde date en terre américaine. J'en garde un excellent souvenir, j'avais été bluffé par tant d'assurance et de fraicheur pour ce jeune groupe propulsé par la blogosphère mondiale sur le devant de la scène en quelques semaines. Il faut dire que l'écriture des chansons était déjà brillante dès ce debut album de tous les records: 'Whatever People Say I am, That's What I am not'. Enchainer le brut de décoffrage 'The View from the Afternoon', le tubesque et génial 'I bet You look Good on the Dancefloor' et le très sixities 'Fake Tales From San Francisco' réside du génie pour un premier album... Et la conclusion de ce premier effort n'est pas en reste. Le second album, plus lourd, plus sombre, moins dansant impose la bande à Alex Turner comme l'un des nouveaux détenteurs du sceptre rock. L'adoubement de Josh Homme qui produisit le récent album du groupe sonne comme un consécration...

Mais voilà, après ce nouveau passage parisien au Zénith, je reste sur la même impression que lors de leur venue en juillet 2007. Il y a de très bons moments mais il manque quelque chose... Cette petite étincelle de folie, de présence qui fait basculer un bon concert vers un moment de légende... Ce groupe a le talent pour nous emmener à ce niveau là mais il lui manque encore ce petit supplément d'âme... Larguer les amarres et partir en croisade avec leur public comme moussaillon: le prochain défi pour les Monkeys...

Mise à jour 2026 : C'est drôle de relire cet article aujourd'hui car dans les années 2010, les Arctic Monkeys sont devenus de vrais bêtes de scène et pour s'en assurer quelques Live Report des années 2010 à lire : Arctic Monkeys en concert à la Cigale Paris pour Suck it and See, à Lyon à fourvière la même année ou à Vienne pour AM ou dans la saga Best Song Ever avec 505

jeudi 29 octobre 2009

The Dead Weather à l'Olympia (28/10/09)

Voilà l'un de ces concerts qui vous réconcilie à jamais avec la musique live, si tant est que vous ayez besoin de l'être. Ce fut une pure folie, le meilleur concert de rock primal de l'année. Autour de Jack White (White Stripes) à la batterie et d'Alison Mosshart (The Kills) les Dead Weather servent un rock abrasif au son crapuleux, baigné de blues sombre et viscéral.

Ils sont hantés par les vieux démons du rock, ils jouent comme si leur vie en dépendait. De l'énergie pure, une adrénaline contagieuse, un réel don de soi et un abandon total à la musique... Bluffant de magie retrouvée! C'est ça l'esprit rock.

Alison est une bombe, qui vous explose à la face en plein sur chaque titre. Ces prestations sont sexy, envoutantes et déchainées... Un régal.

A découvrir d'urgence, quelques extraits sur youtube:

mercredi 28 octobre 2009

Sonic Youth au Palais des Congrès (25/10/09)

Sonic Youth, le plus grand groupe de rock du monde, est de retour dans la cité des lumières (j'aime beaucoup ce genre de déclaration définitive à l'emporte pièce digne d'un Liam Gallagher...), et on attendait cela avec une impatience inconsidérée. Voir les maitres en concert, c'est toujours une expérience sonore intense. Ils sont capables de vous bercer dans une mélodie spatiale intemporelle, de vous transporter dans des contrées aux confins du rêve, avant de vous précipiter à bord d'un train fantôme adepte des montagnes russes aux cimes bruitistes et dissonants. Ils sont capables de reproduire sur scène quasi note pour note leurs compositions ou de décider de partir dans un trip free rock totalement improvisé où la maltraitance du son devient leur unique point de focalisation.

Pour cette soirée au Palais des Congrès de Paris ils auront choisi l'option traditionnelle et auront reproduit la quasi intégralité de leur récent et sublime album 'The Eternal' (certainement l'un de leur tout meilleur album, sorte de synthèse magnifique de leur fantastique trilogie Daydream Nation/Goo/Dirty qui allie de manière harmonieuse mélodies d'une beauté incandescente, rage punk et envolées bruitistes au diapason, fabuleux...) avec quelques excursions du coté de Daydream Nation avec notamment un Silver Rocket d'anthologie.

La prestation du groupe fut énorme, comme souvent, c'est un régal de recevoir en pleine face cette énergie pure, cette authenticité portée en étendard et cette volonté de toujours tenter de s'élever musicalement et de continuer à explorer de nouveaux territoires. Par contre, honnêtement, le choix de la salle me laisse perplexe. Le Palais des Congrès n'est pas vraiment une salle rock (petit rappel, c'est tout de meme ici que se jouent la plupart des comédies musicales immondes du moment...) avec ses 3200 sièges. Et forcément le son n'était pas à la hauteur, et l'ambiance un brin décalée par rapport à l'évènement... Que ce concert aurait été fantastique à l'Olympia, à l'Elysée Montmartre ou à la Maroquinerie... C'est vraiment dommage... Alors ca reste Sonic Youth, donc on était content d'y être, d'autant plus qu'ils ont réalisé une belle prestation, mais les conditions d'écoute n'étaient pas à la hauteur du phénomène. On louera la volonté du groupe de tenter à chaque passage parisien de nouvelles configurations (Olympia 2001,2002, Rock en Seine 2004, Cité de la Musique 2005 et 2007) mais là, le choix de cette immense salle bourgeoise laisse perplexe forcément...

A écouter sur Deezer une sélection des 13 titres de Sonic Youth à avoir écouté avant de mourir http://www.deezer.com/fr/#music/playlist/sonic-youth-13-to-be-heard-33521997
Et sur youtube quelques extraits du concert

dimanche 25 octobre 2009

Kasabian au Bataclan (23/10/09)

Un bon petit groupe qui joue un pub rock ambitieux qui n'hésite pas à flirter avec la musique électronique. Kasabian c'est d'abord l'énergie du rock anglais, version lads dans une parfaite filiation avec les grands frères mancuniens d'Oasis. Mais c'est aussi la reprise à leur compte de l'héritage des groupes du début des années 90 qui tentèrent d'insuffler au rock british une touche de musique électronique, tel qu'ont pu le faire les Stones Roses ou Primal Scream.

Kasabian tente des arrangements d'obédience électro avec une rythmique hyper présente. Une basse lourde, groovy et omniprésente vient répondre à une batterie aux limites de l'indus qu'une guitare croulant sous les effets vient laminer comme une lame de fond.

Au Bataclan, c'est l'enfer des dancefloors qui surchauffe une salle transformée en sauna. Une belle prestation énergique et sincère malgré un son hyper travaillé en studio difficile à rendre limpide en live.

A écouter sur Deezer la playlist des 7 titres de Kasabian à avoir écouté: http://www.deezer.com/fr/#music/playlist/kasabian-7-to-be-heard-33471901
et sur youtube quelques extraits du show:

vendredi 16 octobre 2009

Les Pixies au Zénith (15/10/09)

J'en ai encore des frissons: les hurlements de Black Francis sur Tame, un déferlement d'énergie, une orgie éructante, une libération salvatrice... Et je me suis pris à hurler à mon tour, non pas aux loups (bien que ce soit le passe temps national depuis la rentrée...) mais bien à l'unisson de ce groupe monumental et incontournable du rock indé mondial.

Les Pixies sont certainement à l'origine même de l'éclosion de ce que l'on appelle encore le rock indé, cette chapelle du rock au service de mélodies tordues, complexes et savantes mais toujours évidentes... en tous les cas avec les Pixies... Ce groupe de Boston a été le pionnier qui au détour des années 80/90 a pondu quatre albums fondateurs d'une évidence pop, d'une innovation rock et d'une rage punk incommensurables... Ils ont ouvert la voie aux Nirvana, Soundgarden, Weezer et consorts et restent toujours une référence, un phare bienfaiteur pour de nombreux groupes actuels.

De passage au Zénith de Paris pour deux soirées, ils ont la bonne idée de reprendre sur scène l'intégralité de leur second et meilleur album Doolittle. Ca commence par quelques faces B décalées et intrigantes avant que le groupe n'entame le jouissif Debaser, introduction à Doolittle, avant d'enchainer dans l'ordre et en intégralité l'album mythique à la tête de singe. Quel plaisir, quelle émotion de revoir ce groupe fantastique uni comme jamais, qui semble vraiment s'amuser sur scène et montre à quel point il est honoré d'être en ces lieux... une belle leçon d'humilité à méditer... Les titres s'enchainent et on croit rêver. On se croit dans son salon à réécouter un chef d'oeuvre des Beatles du rock indé, mais non ils sont bien là, l'énergie immense, le saut dans le vide provoqué par chaque amorce de chanson est bien là pour nous le rappeler. En rappel on a droit à quelques titres phares du groupe. On retiendra ce Into the White surréaliste avec une fumée blanche envahissant la scène et plongeant musiciens et auditeurs dans un brouillard dense d'où s'échappait la voix féline d'une Kim Deal devenue invisible. Et bien sûr, un final éclatant avec le sublime 'Where is my mind?'... (voir sur ce blog Episode 14 de la Best Song Ever: http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-14-where-is-my.html)

Longue vie aux Lutins et à la magie éternelle de la musique...
MRM Crew
A voir un petit extrait sur youtube:http://www.youtube.com/watch?v=K1_UyZwvRaI et encore un autre, le fameux tame: A lire sur ce blog des membres échappés des Pixies en concert à Paris en 2008: http://mindriotmusic.blogspot.com/2008/04/happiness-is-warm-gun-breeders-franck.html

jeudi 15 octobre 2009

Best Song Ever: La récap

Epilogue sour forme de récap:

Episode 1: Ugly in the Morning par Faith No More
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-1-ugly-in.html
Episode 2: Hooch par The Melvins
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-2-hooch-par-les.html
Episode 3: Undone (The Sweater Song) par Weezer http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-3-undone-sweater.html
Episode 4: There She Goes par The La's
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-4-there-she-goes.html
Episode 5: Strawberry Fields par The Beatles http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-5-strawberry.html
Episode 6: I Fought The Law par The Clash
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-6-i-fought-law.html
Episode 7: Blue Suede Shoes par Elvis Presley http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-7-blue-suede.html
Episode 8: Come as You Are par Nirvana
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-8-come-as-you.html
Episode 9: Live Forever par Oasis
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-9-live-forever.html
Episode 10: Like a Rolling Stone par Bob Dylan http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-10-like-rolling.html
Episode 11: Via Chicago par Wilco
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-11-via-chicago.html
Episode 12: Teen Age Riot par Sonic Youth
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-12-teen-age-riot.html
Episode 13: Fake Plastic Trees par Radiohead http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-13-fake-plastic.html
Episode 14: Where is My Mind par The Pixies http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-14-where-is-my.html
Episode 15: Hey Hey, My My par Neil Young http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-15-hey-hey-my-my.html
Episode 16: Mayonaise par The Smashing Pumpkins http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-16-mayonaise-par.html
Episode 17: Swallowtail par The Brian Jonestown Massacre http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/07/best-song-ever-episode-17-swallowtail.html
Episode 18: Little Wing par Jimi Hendrix
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-18-little-wing.html
Episode 19: Since I've been loving You par Led Zeppelin http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-19-since-ive.html
Episode 20: Blue in Green par Miles Davis
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-20-blue-in-green.html
Episode 21: Crossroad Blues par Robert Johnson http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-21-crossroad.html
Episode 22: Paint it Black par The Rolling Stones http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-22-paint-it.html
Episode 23: One Hundred Years par The Cure http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-23-one-hundred.html
Episode 24: Dead Souls par Joy Division
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-24-dead-souls.html
Episode 25: Sign O' The Times par Prince
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-25-sign-o-times.html
Episode 26: Seek & Destroy par Metallica
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-26-seek-destroy.html
Episode 27: World War 24 par Ryan Adams
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-27-world-war-24.html
Episode 28: God Save the Queen par The Sex Pistols http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-28-god-save.html
Episode 29: Killing in the Name par Rage Against The Machine http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-29-killing-in.html
Episode 30: 4th of July par Soundgarden
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-30-4th-of-july.html
Episode 31: No-one Knows par Queens of the Stone Age http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-31-no-one-knows.html
Episode 32: En Route pour la Joie par Noir Désir http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-32-en-route-pour.html
Episode 33: It's so Easy par Guns N' Roses
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-33-its-so-easy.html
Episode 34: When you Sleep par My Bloody Valentine http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-34-when-you.html
Episode 35: Hurt par Nine Inch Nails et Johnny Cash http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-35-hurt-par-nine.html
Episode 36: Stop par Black Rebel Motorcycle Club http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-36-stop-par.html
Episode 37: Song 2 par Blur
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-37-song-2-par.html
Episode 38: Bonny par Prefab Sprout
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/08/best-song-ever-episode-38-bonny-par.html
Episode 39: The Drugs Don't Work par The Verve http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-39-drugs-dont.html
Episode 40: Without You I'm Nothing par Placebo http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-40-without-you.html
Episode 41: Risingson par Massive Attack
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-41.html
Episode 42: Born Slippy par Underworld
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-42-born-slippy.html
Episode 43: Blue Monday par New Order
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-43-blue-monday.html
Episode 44: Setting Sun par The Chemical Brothers http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-44-setting-sun.html
Episode 45: Revolution 909 par Daft Punk
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-45-revolution.html
Episode 46: Sexy Boy par Air
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/09/best-song-ever-episode-46-sexy-boy-par.html
Episode 47: Alberto Balsalm par Aphex Twin http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/10/best-song-ever-episode-47-alberto.html
Episode 48: Aquarius par Boards of Canada
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/10/best-song-ever-episode-48-aquarius-par.html
Episode 49: My Sound par Squarepusher
http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/10/best-song-ever-episode-49-my-sound-par.html
Episode 50: One Word Extinguisher par Prefuse 73 http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/10/best-song-ever-episode-50-one-word.html
Episode 51: Hallelujah par Leonard Cohen & Jeff Buckley http://mindriotmusic.blogspot.com/2009/10/best-song-ever-last-episode-51.html

That's all folks...!

lundi 12 octobre 2009

Best Song Ever c'est terminé

Il fallait bien s'arrêter un jour. Dans cette quête de l'impossible en 51 épisodes on aura bien entendu oublié beaucoup de monde (pardon aux Smiths, REM, Bowie, Strokes, Libertines, Pink Floyd, LCD Soundsystem, White Stripes, NTM, I AM, Primal Scream... etc) mais le parcours n'en fut que plus compliqué, condensé et exaltant donc...

Petit résumé des épisodes précédents à l'attention des retardataires: nous avons parcouru en quelques 51 étapes essentielles un parcours initiatique subjectif, mais non moins envoutant, à la recherche de l'alchimie de la song parfaite... Un voyage au gré des vents et des courants de l'inspiration à travers des contrées reculées, diverses et insensées...

Une playlist contenant l'essentiel des titres (mais malheureusement pas tous ) est en écoute sur Deezer à l'adresse suivante: http://www.deezer.com/fr/music/playlist/mrm-best-song-ever-32779463#music/playlist/mrm-best-song-ever-32779463

Chaque épisode contient un lien vers youtube, Deezer ou autre... Un Feuilleton à découvrir et redécouvrir sans modération sur ce blog...

Enjoy

dimanche 11 octobre 2009

Best Song Ever (last épisode: #51): Hallelujah par Leonard Cohen & Jeff Buckley

Voilà, la fin de la route, une longue et ultime salve pour terminer sur un nombre symbolique cette veine et impossible quête de la meilleure chanson de tous les temps. Notre périple nous aura conduits loin, très loin... Et tout ça selon les humeurs, les parti-pris, les fulgurances d'un seul homme, forcément partisan, quelque peu subjectif, mais toujours passionné, enthousiaste et surtout touché, émerveillé par ces morceaux de bravoure, d'incandescence laissés de ci, de là par des artistes ayant à un moment donné réussi à toucher quelque chose de divin, d'universel, d'humain tout simplement...

Et comment ne pas terminer en apothéose cette quête de l'impossible par une chanson d'une beauté éclatante, rassurante et tellement intense. L'auteur de cette superbe song, Leonard Cohen, avait déjà anéanti son monde de par la fulgurante émotion colportée, Jeff Buckley apportera une transcendance divine à son interprétation de ce chef d'oeuvre... Point de mots nécessaires, une écoute se suffit à elle même...

Merci!

A voir ici pour la version Jeff et ici pour Leonard:

jeudi 8 octobre 2009

Best Song Ever (épisode 50): One Word Extinguisher Par Prefuse 73

Toute belle histoire doit avoir une fin, et comme annoncé nous devons terminer notre aventure sur un nombre symbolique... Voici donc l'avant dernier épisode de notre saga. Nous continuons de surfer sur les mers agitées de la découverte et de l'élan moderniste en restant en compagnie du label Warp avec cette fois ci, son génial représentant mêlant jazz, hip-hop, électro avec une énergie nouvelle enthousiasmante et d'une grande ingéniosité.

Avec Prefuse 73, on reste sidéré par sa facilité à nous servir des mélodies complexes d'une grande finesse qui nous paraissent tout de même évidentes. Les harmonies sont renversantes, les sons recherchés et se répondant à merveille. On adore ce précurseur lunaire qui insuffle force, percussion et raffinement à une musique électro avant-gardiste et trépidante.

Un autre génie du label Warp à écouter de toute urgence...

A écouter ici: et à lire sur ce meme blog, Prefuse à l'opéra de Lyon: http://mindriotmusic.blogspot.com/2008/05/prefuse-73.html

mardi 6 octobre 2009

Best Song Ever (épisode 49): My Sound par Squarepusher

Bientôt la fin du chemin, ou la sortie de route annoncée de notre saga, et bien entendu, on ne peut que s'efforcer de rester au sommet de la création, toujours au plus près de cette quête d'absolu, de sa perfection confondante, avec les mêmes aventuriers des temps modernes réunis au sein du fantastique laboratoire du label Warp. Cette fois on rend visite au cousin éloigné d'Aphex Twin, Squarepusher. Tout comme son comparse il est capable des plus déconcertants morceaux de bravoure bruitiste avec des rythmiques désaxées et des sons d'une stridence et d'une violence rare, tout en pouvant composer de brillantes mélodies lunaires enjouées et orgasmiques.

My Sound, extraite du très avant gardiste LP d'obédience electro jazz dark 'Music is Rotted One Note', est de cette catégorie féerique et inattendue. Deux accords electro jazz au son d'une pureté angélique rythment et bercent un morceau sublime où les vagues mélodiques se succèdent d'une manière gracieuse et harmonieuse propulsant l'auditeur au delà du bonheur.

Un très grand morceau tout simplement...

A écouter ici:

lundi 5 octobre 2009

Best Song Ever (épisode 48): Aquarius par Boards of Canada

Continuons donc notre chemin en restant en compagnie du fabuleux label Warp qui a découvert tellement d'artistes indispensables, qui aura su leur donner le temps et les encouragements nécessaires pour qu'ils puissent se donner totalement et librement à leur art pour nous emmener dans un univers sonore et sensoriel jusque là encore jamais exploré.

Avec un premier LP 'Music has the right to Children', Boards of Canada réussit à faire émerger une musique électronique onirique, rêveuse, rythmée et habitée. Marchant sur les traces ambient d'un Brian Eno ou d'un Aphex Twin dans ses moments d'apaisement, Boards réussit à transcender le genre, à ouvrir de nouvelles portes, à nous transporter dans un univers parallèle si chaudement recommandé. Des rythmiques au son épuré, novateur et groovy, des nappes de synthé envoutantes, ensorcelantes, des mélodies imparables, l'essence même de ces maestros des temps modernes...

Un groupe mythique qui a ouvert la voie à bien d'autres...
A écouter ici:

jeudi 1 octobre 2009

Best Song Ever (épisode 47): Alberto Balsalm par Aphex Twin

Dernière ligne droite dans notre quête de la chanson absolue, on s'attaque cette fois-ci à un véritable génie de la musique électronique signé sur ce qui restera certainement l'un des plus influents, novateurs et créateurs des labels de musique électronique: le légendaire label de Sheffield: Warp. Aphex Twin aura réussi à transposer dans la musique des rythmiques impossibles en complet contre temps, des sons dissonants et non harmonieux pris séparément et à les rendre presque évidents de par une maitrise parfaite de la composition et de l'ajout de nappes mélodiques entêtantes venant contrebalancer le tout.

Avec ce titre, on reste du côté onirique, enchanteur, presque féérique du Sieur Aphex. Extrait du sublimissime 'I care because you do', Alberto Balsalm nous emporte dans un voyage en apesanteur, on flotte tout en finesse au dessus de paysages semi montagneux, semi plaines verdoyantes et ensoleillées, on est bercé et emmené vers des horizons célestes incomparables. Une prouesse pleine de finesse, d'harmonie, de légèreté vers ces instants incertains non loin du sommeil lorsque votre esprit se laisse emporter doucement dans les bras de Morphée.
La grandeur de la musique électronique révélée...

mardi 22 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 46): Sexy Boy par Air

Le voyage fantastique vers de nouveaux horizons se poursuit, et nous voilà encore une fois accompagné de musiciens bien de chez nous... La France a peut être loupé, ou rien compris, à la révolution Rock, qu'à celà ne tienne elle sera le fer de lance de la révolution suivante, celle de l'électronique. Avec Daft Punk, Air aura (et est toujours) été les dynamiteurs d'un mouvement mondial en y apportant ce que des journalistes en mal d'imagination appelleront la french touch.

La basse énorme, ronde et chaude de ce morceau d'anthologie extrait du bien nommé Moon Safari, nous met tout de suite au diapason, la guitare tout en saturation stridente et aérienne, la voix passée à la moulinette du vocodeur, la réverbation enjouée et astrale, tout est ici présent pour nous faire décoller et nous transporter en direction de la lune pour un safari du troisième type...

Le bonheur en toute modernité...

A voir sur youtube un live sur le plateau de NPA: http://www.youtube.com/watch?v=NOul8x5nYwk

vendredi 18 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 45): Revolution 909 par Daft Punk

Encore un morceau totalement exceptionnel de musique électronique jouissive, survoltée et fracassante. Cette chanson extraite du premier album fondateur de nos héros nationaux les Daft Punk est une véritable bombe nucléaire de techno funk trance et hallucinée.

Ce premier album, Homework, aura marqué également une génération entière de musiciens qui ne cesseront de se revendiquer du son Daft Punk. Premières super stars du monde techno à jouer complètement des signaux du mouvement en refusant d'apparaitre au grand jour pour ne laisser que leur musique en première ligne. L'esthétique sonore, le son, l'énergie prévalent avec l'oubli de soi et l'abandon total au son comme religion.

Nommé en référence à la fameuse boite à rythmes Roland mythique, la TR-909, ce titre est une invitation au voyage spatial. On se laisse prendre par le rythme, on ferme les yeux et on est parti. C'est toujours aussi fabuleux d'écouter cette song, les sensations sont toujours aussi intenses, l'exaltation toujours aussi fantastique.

Un Monument...

A voir sur youtube la vidéo exceptionnelle, tellement typique de ce qui pouvait être fait à l'époque: http://www.youtube.com/watch?v=kLrWUjMeVaw

mercredi 16 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 44): Setting Sun par The Chemical Brothers

On continue avec ces passeurs qui ont réussi à faire émerger ces passerelles entre rock et techno qui ont permis à la musique électronique d'obtenir une reconnaissance populaire. Les Chemical Brothers font partie de cette catégorie de musiciens hors normes, talentueux, inventifs... Et toujours en aussi grande forme à l'heure actuelle, une prouesse, un immense respect suscité.

Avec ce titre, ils débauchent l'étoile montante du songwriting pop, le maitre d'oeuvre d'Oasis Noel Gallagher qui vient apporter sa voix spatio temporelle et son sens aiguisé de la mélodie rock destructrice. Une song intemporelle qui voit s'entrechoquer break bit, big beat, psychédélisme et pop sur fond de rythmes, juste démentiels, qui déménagent tout sur leur passage.

Bienvenue dans le nouveau monde...

Vidéo à voir sur youtube: http://www.youtube.com/watch?v=gYCOCmfJiko

lundi 14 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 43): Blue Monday par New Order

Revenons un peu en arrière et au début des années 80 pour l'émergence véritable de l'électro pop sous les assauts cruciaux des mythiques New Order. C'est tout de même incroyable que les trois survivants de Joy Division aient pu se remettre du suicide de leur leader Ian Curtis et réussir à former, après le groupe fondateur de la cold wave celui de l'electro pop... Renversant.

Avec Blue Monday tout est déjà là, en 1982: l'utilisation des boites à rythmes, des synthés, des séquenceurs mixés avec une basse et des sons purement électro. Le premier crossover réussi entre rock et electro, un son innovant, une démarche avant-gardiste, le début d'une nouvelle ère...

Ce titre a influencé et continue d'influencer toute une ribambelle d'artistes toujours à la recherche d'une sensibilité neuve portée vers l'avenir...

Un manifeste...

samedi 12 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 42): Born Slippy par Underworld

Vous l'aurez compris avec l'épisode précédent, il est temps pour nous de larguer les amarres et de quitter les contrées pop et rock pour s'aventurer du coté des montagnes versatiles de la musique électronique. Et bien entendu on se doit de venir de suite à la rencontre des pionniers du genre qui ont su élaborer de subtiles passerelles entre rock et musique électro, qui ont permis à tant de monde de venir faire un petit séjour vers ces nouvelles terres en étant pris par la main et amené de l'autre côté, avec la possibilité de faire des allers retours ou bien de se perdre totalement dans ce nouvel eldorado.

Avec ce Born Slippy, extrait de la BO du cultissime film de Danny Boyle Trainspotting, Underwolrd signe une percée universelle qui va leur permettre de faire chavirer les dancefloors et de conquérir le monde avec un nouveau son qui va exploser en pleine euphorie mid 90's. Ca débute avec de superbes nappes de synthé rendant l'atmosphère irréelle avant que la voix pleine d'échos distordus ne vienne vous transporter plus loin et constituer le point de passage vers la techno des meilleurs night clubs. Une rythmique à couper le souffle, une énergie nouvelle hédoniste et jubilatoire.

Un grand moment.

A voir sur youtube la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=TlLWFa1b1Bc ainsi qu'un live: http://www.youtube.com/watch?v=K7Pts7AljZQ&feature=related

mercredi 9 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 41): Risingson par Massive Attack

Cette fois ci on change de planète pour ce quarante et unième volet de notre saga pour s'approcher de la parfaite fusion entre électro et rock ambiant, déviant sous influence cold wave et psychotropes par les maitres de Bristol Massive Attack.

Après deux premiers albums détonnant, au détour de l'amorce des années 90, qui vont inventer le son Trip-Hop à coup d'utilisation innovante et brillante des premiers samplers Massive Attack revient en 98 avec un troisième album déconcertant Mezzanine qui vient en pleine effervescence french touch éclater comme une bombe dynamitant les frontières entre musique par ordinateur et rock organique conventionnel.

Ambiance feutrée, inquiétante, vaporeuse, une tonne d'effets hallucinogènes, des backing vocals métallissées évanescentes, un beat lancinant et hypnotique, des arpèges qui se perdent dans l'espace... Une véritable claque sidérale, l'invention d'un nouveau son, l'atterrissage en douceur d'un ovni non identifié...

Du Grand Art...

A voir sur youtube:

A lire également Massive Attack en Concert à Rock en Seine, à Lyon à Fourviere, au Zenith Paris ou dans nos TOP 10 MRM et à suivre aussi toute la saga Best Song Ever

mardi 8 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 40): Without You I'm Nothing par Placebo

Le rock est vraiment une musique intrigante. C'est comme ci elle arrivait à décrire les émotions humaines les plus singulières, les plus enfouies, les plus troublantes. On reste du côté émotionnel intense avec ce quarantième chapitre et ce divin morceau de Placebo, issu de leur second album du même nom.

Sur ce second LP, le son de Placebo s'élargit, gagne en intensité ce qu'il perd en décharge brute. Ca démarre avec une guitare lente, plaintive et inquiétante qui donne le ton. Cette song s'écoute dans la pénombre, éclairé à la bougie jusqu'au refrain devastateur qui vient vous éblouir d'une lumière noire, chaude, nerveuse et enivrante.

Une déclaration d'une incomparable fragilité...

samedi 5 septembre 2009

Best Song Ever (épisode 39): The Drugs don't work par The Verve

On touche ici encore une fois à la quintessence pop, à cette manière de libérer des émotions intenses, profondes, de celles qui vous mettent à genoux, la larme à l'oeil, les sens en émoi, le coeur en offrande et la vie ressentie de manière absolue.

Avec leur troisième et sublime album Urban Hymns, The Verve signe un retour fracassant et obtient enfin l'immense succès qu'il méritait depuis plusieurs années. Noel Gallagher, à l'époque de Morning Glory, ne cessait de se répandre sur la haute estime qu'il avait de ce groupe et de son génial leader Richard Ashcroft. A tel point que le père Noel composera 'Cast No Shadow', sur le légendaire Morning Glory, en pensant à Ashcroft.

Cette song est d'une beauté déconcertante, à pleurer. Tout est ici à fleur de peau, l'intro des deux guitares acoustiques avec un léger et délicat accompagnement de violons vous emporte sans crier gare pour un voyage sans retour. La voix est poignante et transmets une immense émotion. Les paroles sont comme souvent à double détente et sujettes à maintes interprétations (Richard relaterait en fait le souvenir douloureux de la maladie de son père auquel les médicaments donnés ne le soulageaient plus...).

Quand on atteint ce niveau tout devient intemporel.

A voir sur youtube une superbe version chez Jools Holland: et une acoustique tout juste sublime: http://www.youtube.com/watch?v=LGDzMVPziDw