lundi 29 août 2011

Rock en Seine 2011

Le festival parisien de Rock en Seine reste l’évènement musical de la fin de l’été… Et comme chaque année ou presque, Rock en Seine aura tenu toutes ses promesses. Malgré une programmation moins clinquante que ces deux dernières éditions (Faith No More, Prodigy, Them Crooked Vultures, MGMT en 2009, Arcade Fire, Massive Attack, Cypress Hill en 2010), Rock en Seine 2011 restera un très bon cru…


Excellent mais sans atteindre la perfection des années 2005 et 2010 qui font désormais partie de la légende du festival. Paul Kalkbrenner, The Horrors, Arctic Monkeys, Wu Lyf et Etienne de Crécy auront été les grands vainqueurs de cette cuvée 2011. Retour sur 3 jours de trips musicaux inoubliables…


Un démarrage sur courant alternatif avant le décollage de la fusée Kalkbrenner


Malgré le refroidissement soudain et l’annonce d’un temps pluvieux pour le weekend, on s’élance avec impatience vers le domaine de Saint Cloud. Le voyage annuel tant attendu va enfin pouvoir commencer. Et ca démarre plutôt bien avec Biffy Clyro qui réveille l’assistance d’entrée avec un rock sous influence nineties assez efficace à défaut d’originalité… On file tout droit vers la nouvelle scène Pression Live pour voir le vieux loup de mer Seasick Steve nous déverser son bluegrass de haute volée… Ce gars là a la bonne attitude et le voir si enthousiaste à nous raconter ses histoires rythmées par le blues et la county américaine cela fait énormément plaisir… Et la venue sur scène d’Alisson Mosshart des Kills, pour un titre aussi énergique que laidback, restera un grand moment de ce début de festival…

Après ce départ réussi, on s’enlise un peu dans la boue engendrée par les dernières averses… The Kills décevront faute à une bouillie sonore peu digne de la sono de Rock en Seine souvent inégalable et très précisément réglée… Là ce n’est pas du tout le cas, l’ingé son a du s’endormir au bar… General Elektriks ne relèvera pas l’affaire. Entre électro, funk et hip-hop, on ne comprend pas trop où ils veulent en venir et on part se refaire une santé devant la prestation convaincante des Foo Fighters de Dave Grohl. Avec 50% du Nirvana dernière mouture sur scène (Pat Smears a réintégré le combo récemment) ca dépote grave et revigore juste ce qu’il faut pour partir sur l’envolée Paul Kalkbrenner. Sa techno minimale et survaitaminée fait mouche et enflamme la scène de la cascade où une foule enchantée s’entasse… Notre DJ allemand aurait du avoir droit aux honneurs de la grande scène vu le nombre de festivaliers qui attendaient ce show époustouflant.


Wu Lyf en grande révélation messianique, les Arctic Monkeys au sommet de leur gloire


Le samedi démarre sous le soleil (sic !) et le concert pop et lo-fi de Gruff Rhys. Ultra plaisant assis dans l’herbe de la scène Pression Live, l’ancien chanteur des Super Furry Animals conquit son auditoire… Laidback et pop à souhait. Sur la grande scène, Blonde Redhead profite des derniers rayons de soleil pour nous emballer et nous transporter dans leur univers baroque et rêveur. Une très grande prestation, saluée dès la fin du show par une intense averse de 20 minutes qui aura détrempé aussi bien l’auditoire que le parc de Saint Cloud… L’avarie se termine juste à temps pour l’arrivée de The Streets de Mike Skinner qui signe une jolie performance pour son dernier show en France sous cette appellation.

A 20h, c’est au tour d’Interpol d’entrée en lice sur la grande scène… Après avoir livré le pire concert de l’année au Zenith, les new-yorkais ennuient et déçoivent encore en délivrant une bouillie sonore qui lassera vite… En réussissant la prouesse de faire moins bien à chaque concert, il serait peut-être temps pour le groupe d’arrêter les frais… Heureusement, le groupe le plus attendu de Rock en Seine, Wu Lyf aura réussi une prestation incroyable encore une fois sur la scène Pression Live qui aura été the place to be cette année… Leur musique n’est pas vraiment exceptionnelle, ni terriblement originale, mais il se dégage quelque chose de quasi mystique de ce groupe. Encore innocents et non compromis, leur concert est une sorte de grand messe, un exutoire indispensable pour toutes nos frustrations du moment ! La révélation du weekend !

A 22 heures, les Arctic Monkeys prennent d’assaut la grande scène ! Très attendus, comme l’atteste la foule qui ne ce cesse de se compacter, les anglais balancent du lourd d’entrée avec Library Pictures et enchaînent sans crier gares les brûlots incendiaires de leur répertoire. Après la Cigale et Fourvière, nouveau raz de marée pour les Monkeys… La palme revenant à Bet you look good on the dancefloor, Crying Lightning et When the Sun Goes down qui auront créé un joyeux bordel dans l’assistance… On finit la soirée de manière intense avec le show acid-house démentiel d’Etienne de Crecy… TB303 is back…


L’énorme déception The La’s, le hold-up magistral de The Horrors


A l’aube du 3ième jour, la fatigue se fait quelque peu ressentir mais elle est vite oubliée dès que l’on entre dans le parc de Saint Cloud. On file illico au concert bucolique de Cat’s Eyes. Un beau side project pour le chanteur de The Horrors qui réussira la prouesse ultime de jouer 2 fois en 3 heures sur la même scène…

Juste le temps de prendre une bière pour se rendre scène de la cascade pour l’un des grands évènements de Rock en Seine 2011. La réapparition en France de Lee Mavers et de son groupe culte The La’s, près de 20 ans après… On a déjà dit sur ce blog tout le bien que l’on pense du groupe et à quel point ce concert était attendu ! Et la déception fut à la hauteur de l’attente : incommensurable… Mavers se pointe avec un pote à lui à la basse (peut-être son fils !) pour commencer un set ultra dépouillé… Une batterie placée derrière les deux compères laisse à penser que le groupe va prendre son envol dans la foulée… Que nenni, on verra juste Lee tabasser les futs 30 secondes pour une impro insipide… Les immenses chansons du seul album du groupe sont massacrées. L’idée de les jouer en semi-acoustique aurait pu être sympathique si cela n’avait été sur une scène aussi grande et si Mavers n’avait pas décidé de jouer avec un ampli portable de 15 watts maximum… résultat : un son médiocre et un chant quasi inaudible… Pas d’âme, pas de présence et on sent presque un j’m’en foutisme qui fait désordre… Mavers est resté scotché 20 ans en arrière et ne semble vouloir revenir… Quel immense gâchis !

Heureusement, les messies de The Horrors viennent nous refaire décoller avec un set énorme sur la déjà culte scène Pression Live ! En piochant à merveille dans leurs deux derniers albums complémentaires et immenses de guitares et synthés enchevêtrés (ou comment marier Joy Division/Cure/My Bloody Valentine) le groupe anglais rafle la mise en subjuguant son auditoire ! Psychédélique à souhait ! Un concert lumineux ou le fantastique « Endless Blue » nous aura fait toucher les cieux !

Un petit tour vers la scène de l’industrie et le rap de Tinnie Tempah, avant de reprendre des forces au son puissant et énergique des Deftones sur la grande scène et il est temps de faire un dernier concert enflammé (sur la nouvelle Pression Live bien sûr) avec la performance en haute voltige de Trentemoller… Ca danse, ca pulse et ca fait chavirer les cœurs des festivaliers… On pense à un Massive Attack période mezzanine sous influence acid-house… Du grand art… Un dernier détour sur la grande scène pour la clôture avec Archive (un peu faiblard tout de même pour terminer Rock en Seine)…

Vivement 2012 et la 10ième édition de Rock en Seine, on peut s’attendre à une programmation de gala pour fêter cet anniversaire…

samedi 23 juillet 2011

The Strokes au Zénith (20/7/11)

Les new-yorkais de The Strokes, fers de lance du revival Rock du début de siècle, sont venus promouvoir leur 4ième LP Angles par un passage très attendu Porte de la Villette à Paris.

10 ans se sont écoulés depuis la sortie coup de poing de leur debut album "Is this it". On a déjà beaucoup disserté en ces pages sur l'importance de ce grand disque dans les années 2000 mais moins sur les prestations scéniques de ce groupe devenu culte pour toute une génération...

Peut-on d'ailleurs toujours parler de groupe? Les dissensions entre Julian Casablancas (auteur compositeur unique des 3 premiers disques tout de même) et le reste du combo se sont étalées dans les journaux. A un moment, il a même semblé que les quatre new-yorkais ne communiquaient plus que par média interposé... Une hérésie... Et les sessions d’enregistrement de Angles n'ont pas arrangé les choses, les quatre musiciens enregistrant ensemble les morceaux dans le studio d'Albert Hammond Jr et Casablancas débarquant en fin de parcours pour poser sa voix, seul ou presque en studio...

Angles sonne du coup assez disparate et éclaté... Mais aussi frais et inattendu par moments... Le classique Strokes (Undercover) cotoie de l'expérimental (You're so right que l'on croirait emprunté à Radiohead), de l'épuré alambiqué (Call me back) mais aussi du boursouflé qui lasse rapidement (Games, Metabolism...).

Sur scène on est rassuré d'entrée avec un début tonitruant et rageur avec un New York City Cops dévastateur suivi d'un puissant Alone, Together enchainé avec Reptilia, Machu Picchu et Modern Age... La fosse est vite en ébullition, ça crie, ça saute, ça se bouscule. Un vrai concert Rock!

Après cela, le soufflet retombe quelque peu. Le groupe se désunit et on a souvent l'impression qu'ils ne jouent pas ensemble. La guitare se décale de ci de là, la basse et la batterie se désunissent et Casablancas foire régulièrement quelques couplets... De vrais branleurs... magnifiques diront certains... Il est clair aussi que le son, bien que pas mauvais quand même, n'est pas là pour les aider. Le son de basse n'est pas assez rond et ne rend pas la puissance et le groove du jeu de Fraiture (pourtant tellement sidérant sur Is this it notamment!) et les guitares sont mal balancées et trop rentrées, on ne réussit souvent pas à distinguer la guitare rythmique engloutie par une lead pourtant faiblarde...

Le sommet de ces ratés sera symbolisé par Last Nite... La basse démarrant trop tardivement et la guitare lead d'Hammond Jr loupant également son entrée mais sans que l'on puisse l'entendre faute à un mix foiré...

Heureusement, on aura droit à un rappel de folie, le groupe rejouant à l'unisson pour finir tout en explosivité par le monument Hard to explain et le traditionnel final Take it or leave it plein de hargne...

Une soirée bizarre ou la grâce aura côtoyé le médiocre... C'est peut-être l'essence même de ce groupe de nos jours?

mardi 12 juillet 2011

Arctic Monkeys à Fourvière (11/7/11)

Le passage surprise des Arctic Monkeys à la cigale parisienne il y a 3 semaines avait emballé l'assistance. Le concert donné hier soir au théâtre antique de Fourvière sonne comme une confirmation! Les très classe Arctic Monkeys ont atteint leur pleine maturité scénique!!!

On avait beaucoup reproché aux Monkeys et à leur leader Alex Turner leur nonchalance et le service minimum souvent délivré... Souvent Bons, mais sans ce petit supplément d'âme que l'on est en droit d'attendre d'un groupe avec un tel potentiel... Et bien désormais, la scène leur appartient et ils osent enfin nouer une vraie relation avec leur public.

A Fourvière, on sera même étonné d'entendre un Alex Turner jovial, parlé plus que de coutume entre les morceaux. Les Monkeys sont transcendés par la prestance de l’arène lyonnaise et la ferveur d'un public de Fourvière pas si souvent enthousiaste à ce point.

Le set-list a été conçu pour tout faire péter dès le départ : Library Pictures, Brianstorm, This house is a Circus, Still take you home... Ca part fort d'entrée... Et c'est là que les monkeys décident de jouer "ne t’assois pas, j'ai bougé la chaise" dont le refrain est chanté en français par Mister Turner!!! Excellent et un peu surréaliste...

Le reste du show est mené pied au plancher!!! Ca pulse, et dans ce décor divin c'est excellent!!! On regrettera un rappel un peu faiblard en comparaison du reste du Live et il aurait manqué Cornerstone et A Certain Romance ajoutées au set-list pour que la soirée fut parfaite.

Il sera difficile de faire mieux à Rock en seine fin août! Mais qui sait avec ces loustiques...

Photo : Max Jegat. Un extrait à voir sur youtube.

vendredi 8 juillet 2011

The Velvet Underground Revisited à la Cité de la Musique (7/7/11)

Un super groupe éphémère s'est emparé de la scène de la Cité de la musique à Paris pour rejouer des morceaux du cultissime groupe new-yorkais du Velvet Underground...

Et que dire de cette réunion exceptionnelle : les 2/3 de Supergrass avec Gaz Coombes au chant et à la guitare et Danny Goffey à la batterie, une partie de Radiohead avec la bassman Colin Greenwood et le 6ième membre du groupe (et producteur attitré depuis OK Computer) Nigel Godrich à la guitare et cocorico, la moitié de Air avec Nicolas Godin aux claviers!!! Un casting de rêve pour un défi ultime : faire vivre les titres légendaires d'un groupe à part.

Ca débute avec Sunday Morning et on comprend vite que le groupe va interpréter dans l'ordre et dans son intégralité le premier album du Velvet rendu célèbre par sa production et sa pochette (la banane) signées Andy Warhol... Et dès les premières minutes l'ensemble est extrêmement convaincant. Gaz Coombes réussit la prouesse de magnifiquement reproduire le phrasé et presque le même timbre de voix que Lou Reed. On s'y croit vraiment, c'est assez bluffant.

Pour les parties vocales initialement chantées par Nico, on a d'abord droit à l'arrivée surprise sur scène de Feist pour Femme Fatale avant que Anja Plaschg ne prenne le relais pour les autres morceaux (elle aura intrigué son monde en officiant en première partie sous le nom de Soap & Skin dans un mélange improbable de piano, de gothique et d'électro dark).

C'est un régal de voir ces excellents musiciens se réapproprier l'héritage Velvet. Quel plaisir de voir jouer le rare Nigel Godrich, de zieuter les hochements de tête de Colin, la prestance de Gaz, la classe de Nicolas ou encore les mimiques de Danny.

Une belle soirée conclue avec quelques titres du Velvet glanés sur l'album Loaded.

mardi 5 juillet 2011

Mogwai au Folies Bergère (4/7/11)

4 mois seulement après leur superbe passage au Trianon, voici les écossais de Mogwai de retour à Paris pour promouvoir leur dernier effort au nom fantastique (Hardcore will never die but you will). Quelle bonne idée! Et quelle belle inspiration de poursuivre leur découverte des théâtres parisiens.

Le Trianon offrait un décor somptueux et une acoustique impeccable pour le gros son de Glasgow. Le théâtre Folies Bergère lui a tenu la dragée haute avec une mention spéciale pour une hauteur de plafond impressionnante qui permit aux envolées furieuses des guitares de prendre tout l'espace pour resplendir de mille feux.

Mogwai est typiquement le genre de groupe à guitares dont la musique prend toute sa signification en live, jouée avec un son d'un puissance que nos petits appartements (mais surtout nos voisins) ne pourraient tolérer. Comme au Trianon, le show débute par un White Noise entraînant avant que Friend of the Night, Cody et I'm Jim Morrison, I'm dead ne viennent installer une ambiance rêveuse et mélancolique.

Avec Rano Pano, le mur du son des guitares nous subjugue et nous colle littéralement dans notre siège : un pur bonheur! La suite sera un peu plus plan-plan, on sent le groupe concentré et précis mais on attend à chaque moment qu'il se lâche vraiment et largue les amarres en bravant les vagues projetées par chacun des musiciens... En vain ou presque, le concert redécolle quand même avec le génial Mogwai Fear Satan avant qu'un Mexican Grand Prix ne vienne clôturer cette heure et quart de spectacle...

Résultat des courses : 13 titres, quelques moments de grâce mais pas cette excitation ultime sur la longueur qui est la marque de fabrique des grands concerts... C'était sans compter sur un rappel mythique! En revenant sur scène avec de nouvelles intentions et une envie d'en découdre énorme, les écossais se lâchent complètement et enchaînent furieusement un Like Herod surpuissant avec un Batcat encore plus ahurissant! On a l'impression que le volume est passé de 10 à 11 soudainement, le son des guitares est énorme, la rage du combo incandescente... On est d'abord balayé par cette force monumentale avant d'être totalement transporté par ce volcan en éruption sous nos yeux ébahis!!! Une douzaine de minutes de pure jouissance! Juste pour ce rappel il fallait assister à ce concert!

Monumental!!!

A lire également: Mogwai au Trianon, Best Song Ever 77 : Helicon et dans la veine post-rock Mono ou Explosions in the sky

mercredi 29 juin 2011

Arcade Fire au Zénith (28/6/11)

Un concert d'Arcade Fire c'est toujours une évènement particulier. On a tellement vibré à l'écoute de leurs albums ou en assistant à l'une des performances riches en émotions dont ils ont le secret que l'on attend beaucoup de chacun de leurs passages... C'est peu dire que cette venue parisienne (la 3ième en 1 an), au Zénith, était le concert incontournable de ces dernières semaines.

Les Montréalais nous on fait un beau cadeau en programmant à Paris leur quasi unique date de l'été en dehors des gros festivals européens auxquels ils participent. Après la guerre d'empoigne pour récupérer le précieux sésame (les billets ont été en vente quelques heures uniquement aux guichets Fnac) on est heureux de se rendre Porte de Pantin pour voir l'un des meilleurs groupe rock de ces 10 dernières années.

Ca démarre très fort avec le punchy et bien senti Ready to Start, enchaîné avec Keep the car running et un laika de feu... Après, la tension retombe, l'excitation redescend d'un cran et l'on commence à réaliser que le son est une véritable bouillie sonore... On a du mal a distinguer les instruments et même les voix. On a presque l'impression d'assister à un concert punk tellement le magma sonore est indéchiffrable... A côté du son de Rock en Seine, de l'Elysée montmartre et bien sûr du Théâtre Antique de Fourvière, c'est la douche froide (normal après la tempête rock en seine me diriez-vous...).

Après ce petit coup de moue aussi bien du à une sono défectueuse qu'à une partie de setlist faiblarde (Intervention, Empty Room, Vampire/Forest Fire), le concert reprend magistralement son envol avec The Suburbs (part 1 & 2 enchainées) et là c'est l'extase (ce que l'on est en droit d'attendre d'Arcade Fire). Leurs hymnes les plus puissants sont alignés avec force et sincérité : Rebellion (Lies), We used to wait, Neighborhood 3 (Power Out) et Neighborhood 1 (Tunnels)... Le Zenith exulte, les fans peuvent enfin communier avec leurs idoles.

Le rappel sera forcément grandiose avec l'insurpassable Wake up, la chanson ultime qui fait rentrer le public en transe!!! Et en guise de conclusion, on a droit au titre qu'ils n'avaient pas pu jouer à Rock en Seine à cause de l'arrivée de la pluie : Sprawl II.

On regrettera bien entendu le loupé au niveau du son et la perte d'innocence par rapport aux prestations inaugurales du combo en 2005. Mais Arcade Fire semble désormais pleinement avoir digéré son immense succès et est prêt à assumer son statut! Celui d'un groupe à part au potentiel immense et qui devrait faire une immense carrière... On a hâte d'entendre la suite et les voir se réinventer sur leur prochain album...

mardi 28 juin 2011

The La's à Rock en Seine 2011

Alors ça, c'est une nouvelle aussi inattendue qu'incroyable!!! Le fabuleux groupe du génial et complètement barré Lee Mavers va revenir en France pour la 1ère fois depuis... 20 ans! Apparition attendue le dimanche 28 août dans le parc de Saint Cloud pour l'édition 2011 de Rock en Seine.

Un seul et unique album au compteur, mais quel album! Légendaire et culte!

Pour bien préparer l'évènement de cette édition 2011 (voire même l'évènement de l'année tout court) un peu de lecture en ces pages:


Vivement la fin aout!

Un second album pour Moslyve est en route

Bonne nouvelle, notre groupe préféré de rock Indé, Moslyve, vient de terminer il y a quelques jours l'enregistrement de son second LP.

Après un premier album auto-produit aux guitares aiguisées et à la fougue débridée (Nothing to Lose sorti en édition ultra limitée il y a un an), Moslyve a décidé de confier la réalisation de ce nouvel effort à Nicolas Leroux, leader du groupe culte Overhead, qui a également oeuvré sous le nom The Fugitive Kind ou en tant que réalisateur pour Alexandre Varlet, Landscape (chant et textes également) ou plus récemment Jun & the paradox mind.

Ce second album de Moslyve a été enregistré en région parisienne dans le studio de Nicolas Leroux (Studio Mulholland Drive)...

On attend avec impatience la sortie de l'album prévue pour la fin de l'année avec le label Mind Riot Music... Plus de news ici...

lundi 27 juin 2011

Kyuss Lives au Bataclan (25/6/11)

Le grand retour sur scène du cultissime groupe de Desert Rock (ou Stoner Rock pour les intimes), s'est fait dans une chaleur digne de leurs arides terres californiennes de naissance. Comme à l'accoutumée, le Bataclan s'est rapidement transformé en étuve...

Cette fois-ci, l'environnement se mariait bien à la lourdeur et au son plombé de Kyuss. Sans Josh Homme qui déclina l'invitation, le groupe se présente avec ses trois membres fondateurs indispensables : John Garcia, Brant Bjork et Nick Oliveri.

Après tant d'années d'absence (le groupe splitta en 95), c'est assez incroyable de pouvoir enfin voir sur scène un combo qui en aura influencé tant d'autres. Et quel plaisir de revoir ce cramé de Nick Oliveri, viré des Queens of the Stone Age pour comportement décadent...

Dans l'ensemble c'est jouissif d'entendre les phénomènes que sont Rodeo, Gardenia, One Inch Man et tant d'autres. On regrettera cependant un son limite avec un mix de batterie bien trop bas et surtout un guitariste souvent à côté de la plaque rythmiquement (n'est pas Josh Homme qui veut).

Une bonne soirée quand même!

vendredi 17 juin 2011

Arctic Monkeys à la Cigale (16/6/11)

Petit concert parisien surprise des Arctic Monkeys pour la sortie de leur 4ième album 'Suck it and See'. Les places mises en vente deux jours avant le concert se sont arrachées en quelques minutes! Et les prix au marché noir ont atteint des sommets devant la Cigale peu avant le début du show!!! Arctic monkeys : une valeur sûre!

C'est sans étonnement que l'on découvre une population plutôt jeune tassée dans une cigale qui se transforme très vite en sauna. Ca démarre avec Library Pictures du dernier album et ca enchaîne avec 3 titres chacun issus des albums précédents. Ca part vite et fort dans le pur style Arctic Monkeys, fièvreux, tendu et punchy... Puis surgit le nouveau et brillant single "Don't sit down cause I've moved your chair" qui synthétise à merveille les dernières orientations du groupe. Le tempo se ralentit, les vocalises se densifient.... Un pur bijou alliant un son et une décontraction typiquement US à des mélodies vocales ancrées dans le meilleur de la tradition pop britannique.

Et une bonne partie du nouvel album est de la même trempe : Reckless Serenade, She's thunderstorms, The Hellcat spangled Shalala... Et avec des songs du niveau de Cornerstone, Crying Lightning, The View from the Afternoon ou encore When the Sun Goes Down, les Artcic Monkeys confirment enfin sur scène qu'ils sont l'un des groupes british les plus passionnants de ces 6 dernières années...

A lire également : Arctic Monkeys au Zenith 2009 et le rôle des Monkeys et d'Alex Turner dans les années 2000 et un extrait sur youtube.

jeudi 9 juin 2011

Bertignac à l'Olympia (8/6/11)

Après le mythe DJ Shadow au Trianon on court dès le lendemain à l'Olympia pour y voir une légende du Rock français : Monsieur Louis Bertignac... On ne présente plus notre guitar hero national qui fait rugir sa Gibson SG de soli de blues et de rock avec fougue et maîtrise!

Depuis quelques années, Bertignac a la bonne idée de se produire en power trio pour un retour au rock brut et primal. En tournée pour promouvoir son nouvel album bourré de riffs de guitare, Louis s'amuse à jouer cette musique du diable qui le passionne tant et dont raffole son public...

Le show commence tambours battants avec Ça c'est vraiment toi qui met le feu à L'Olympia. Le set est convaincant, punchy et enjoué! Les nouveaux morceaux sont d'un bel acabit et parfaitement taillés pour la scène, mais à l'évidence le spectacle change de niveau à chaque fois que Bertignac entame l'une de ses chansons cultes qui ont jalonné sa carrière... En regardant les réactions autour de soi et en ressentant quelque chose de particulier aux premières notes de Cendrillon, Vas-y Guitare ou Ces idées là on comprend la force des ces chansons universelles qui font intimement partie de la vie des auditeurs! Saisissant!

Le rappel qui durera plus de 30 minutes sera totalement jouissif! Ça débute donc par Ces idées là (avec les backing vocals sidérantes du public...) et un La Grange des familles de ZZ Top repris dans un duel de guitares incandescentes Bertignac vs Paul Personne! Énorme mais encore moins que la reprise du Gimme Shelter des Stones toujours avec Paul Personne. Et ce n'est pas fini puisque l'on aura droit à Wild Horses des Stones, Whole Lotta Love de Led Zeppelin et bien sûr une fin orgiaque dans une arène en ébullition avec New-York avec Toi et le standard Un Autre Monde.

Une soirée Rock inoubliable!

mercredi 8 juin 2011

DJ Shadow au Trianon (7/6/11)

Le mythe DJ Shadow était enfin de retour dans la capitale! Cela faisait bien longtemps que le maître ne s'était pas produit à Paris. Si je ne m'abuse il faut remonter au mémorable concert de l'Elysée Montmartre en novembre 2002 pour trouver trace de sa majesté céleste! On avait bien cru revoir DJ Shadow au Grand Rex il y a quelques années mais le concert avait été annulé le soir même pour, soit disant, des problèmes techniques...

Bref, c'est avec une impatience non dissimulée que l'on se dirige vers le théâtre du Trianon, nouveau haut lieu musical parisien avec la Machine du Moulin Rouge. La légende apparut et la lumière fut! Après avoir salué un public débordant déjà d'enthousiasme, DJ Shadow va se cacher à l'intérieur d'une intrigante sphère posée au milieu de la scène... Les premiers (break)beats typiquement Shadow retentissent et un déluge d'images vient se projeter sur la sphère et l'écran placé au fond de la scène. Impression visuelle tonitruante, on se sent happé par le flot d'images (alternant paysages et prises de vues urbaines) en totale adéquation avec le son.

Une première demi-heure de abstract hip hop planant d'excellente facture avant que le MC ne fasse pivoter la sphère sur elle-même pour enfin se montrer aux yeux de tous et partager une seconde partie de set ébouriffante qui lorgne vers le meilleur d'une jungle à l’esprit old school revigorée par la classe de DJ Shadow...

Un concert libérant aussi bien les corps que les esprits c'est devenu rare de nos jours! Une prestation haut de gamme, la longue attente aura donc été pleinement récompensée! On a maintenant hâte de mettre la main sur le nouvel album du boss...

Le site officiel du label Mind Riot Music est en ligne!

Un an un jour pour jour après la sortie du premier disque marqué du sceau Mind Riot Music (Nothing to Lose du groupe de Rock Indé Moslyve and The Good Demons), le label MRM est heureux de pouvoir vous présenter son site officiel.

Le site officiel du label Mind Riot Music est accessible via : www.mindriotmusic.com et www.mindriotmusic.fr

Et que les heureux lecteurs du blog MRM se rassurent, il vivra sa vie à côté du site officiel du label et continuera ses récits endiablés, ses chroniques de concerts et sa quête impossible de la Best Song Ever.

Stay Tuned!

lundi 6 juin 2011

Mono à la Machine du Moulin Rouge (5/6/11)

Les astres du post rock scintillent de mille feux dans la ville des lumières depuis quelques semaines... Après et avant Mogwai (au Trianon en mars et de retour aux folies bergère en juillet) et suite aux splendeurs d'Explosions in the Sky au Bataclan, c'est au tour des japonais de Mono de venir prêcher à Paris la bonne parole de la six cordes incandescente.

Bien que pratiquant le même genre de musique instrumentale conçue comme une ode à la puissance flamboyante des guitares électriques, Mono et Explosions in the Sky sont diamétralement opposés en terme d'émotion. Si Explosions arpentent les versants lumineux et chaleureux du mouvement, Mono ose explorer les contrées mélancoliques et apaisées de l'âme pour y faire surgir une rage romantique puissante et libératrice entre ombre et lumière, gloire et abysse, résurrection et trépas...

Cette progression permanente des mélodies simples et poignantes vers des déferlements soniques d'une rare intensité est assez unique... On est tout d'abord bercé, enlacé par tant de tendresse avant de se voir engloutir par le tsunami des guitares hurlantes... Une véritable expérience sensorielle et émotionnelle... On en redemande...

dimanche 29 mai 2011

Thurston Moore à la Villette (28/5/11)

L'immense leader de Sonic Youth, Thurston Moore, nous a fait l'honneur de venir défendre à Paris son troisième effort solo 'Demolished Thoughts' récemment produit par Beck, et ce dans le cadre du festival Villette Sonique 2011.

La soirée commence avec Half Japanese, qui envoie une sorte de pub rock expérimental... Pas vraiment convainquant. Suit le Glenn Branca Ensemble pour sa première apparition parisienne depuis des lustres. Le Compositeur et chef d'orchestre New-yorkais avant-gardiste mène un ensemble composé de 4 guitares, une basse et une batterie (on rappellera pour mémoire que Thurston et Lee Ranaldo ont fait brièvement partie de la troupe avant de former Sonic Youth)... Et pendant une heure on a droit à une stupéfiante prestation : un concert pour guitares : expérimental, bruitiste, monumental et apocalyptique par moments...

Après une attente assez longue, Thurston débarque enfin sur scène peu avant 23 heures avec ses 4 musiciens (harpe, guitare sèche, violon, batterie). En solo, Thurston a démarré une incroyable quête acoustique avec Trees outside the Academy en 2007, Demolished Thoughts poursuit dans cette veine loin des attentats sonores de son groupe légendaire et disons le tout simplement : c'est une expérience sublime.

En composant sur guitare folk ou 12 cordes et en saupoudrant le tout d'arrangements de violons et de harpes, Thurston nous fascine par un talent de mélodiste hors pair. La production du génial Beck apporte une chaleur et une touche arty essentielle... Et sur scène, ce n'est que du bonheur de se plonger en live dans ces labyrinthes mélodiques enchanteurs... Un voyage passionnant et passionné d'un Artiste fabuleux et indispensable...

mardi 24 mai 2011

Queens of The Stone Age à l'Olympia (23/5/11)

Evènement Olympien avec le passage à Paris des Rois du Désert emmenés par leur charismatique leader homme à tout faire : Josh Homme. C'est en moins de 16 minutes que l'ensemble des places pour ce concert à l'Olympia avaient trouvé preneur lors de leur mise en vente... C'est peu dire donc que le show était attendu et désiré par une cohorte de fans tout heureux de voir le groupe rejouer en live l'intégralité de leur premier album séminal sobrement intitulé Queens of The Stone Age.

Premier album post Kyuss, ce LP sorti en 98 (à l'époque vendu à quelques milliers d'exemplaires aux USA) confirmait le chemin Stoner Rocker pris par Josh Homme avec son groupe originel et mythique mais il venait ajouter grâce et influence pop à l'ensemble plombé, heavy et psyché... un coup de maître et une vision originale qui atteindra la maturité avec Rated R et le Classique Album Songs for the Deaf...

Peu de surprises donc à l'Olympia avec l'intégral du premier album rejoué de A à Z avec un titre bonus : The Bronze (issu du split Ep avec Beaver datant de 98) et You can't quit me Baby placé en fin de set. Ce ne fut que du bonheur de ré-entendre live ce grand disque à la fois lourd et mélodique, furieux et brillant... Une énergie brute communicative et un joie bien palpable de jouer dans cette salle mythique de l'Olympia...

En comparaison avec ce show puissant et salvateur, le rappel fera pâle figure dans un premier temps avec un choix de morceaux plutôt faibles dans un répertoire qui recèle pourtant nombre de perles insurpassables... Avec Monster in your parasol, et surtout les petits Turn on the Screw et Into the Hallow... Après un Make it with Chu sympathique, le concert redécolle avec l'énorme Little Sister...

Et l'incroyable se produisit! Une second rappel infernal et jouissif avec Go with the Flow, No One Knows et Song for the Dead... Un enchaînement fantastique de chansons impériales et immenses... Juste pour ce final coup de massue il fallait être présent à l'Olympia hier soir!!! Une claque finale qui nous laissera sonné un bon moment!

samedi 21 mai 2011

Explosions in the Sky au Bataclan (20/5/11)

Quelle période magnifique! En quelques semaines, les fans de post-rock vont pouvoir applaudir à Paris le meilleur de cette scène internationale. Avant les écossais de Mogwai (le 4 juillet aux Folies Bergère) et les japonais de Mono (le 5 juin à la Machine du Moulin Rouge) ce sont les américains d'Explosions in the Sky qui sont passés par Paris pour défendre leur dernier effort discographique : Take Care, Take Care, Take Care.

4 années d'attente interminable entre le dernier LP magnifique (All of a sudden I miss everyone) et ce successeur tant désiré. Depuis 1999, Le groupe d'Austin représente la face lumineuse du mouvement post-rock noisy pop. Si Mogwai et Mono, les deux autres fers de lance, savent à merveille explorer les plus grandes abysses de noirceur pour ensuite nous transporter en pleine lumière incandescente, Explosions in the Sky aura toujours tenté de survoler en haute altitude ces chemins de traverse pour nous blottir au plus près de la chaleur des étoiles...

Le show débute par un petit discours lu en français dans le texte par le guitariste Munaf Rayani. L'effort est apprécié par un public fervent... Et la phrase de conclusion sonne comme une invitation au voyage : "Nous sommes les explosions dans le ciel". Rarement un groupe n'aura si bien porté son nom. Participer à un concert du combo d'Austin c'est l'assurance de voir son esprit s'élever! A force de mélodies cristallines tournoyantes et enchanteresses, le groupe vous embarque dans son tourbillon sonore qui à tout moment menace de vous propulser, à toute allure, la tête dans les étoiles...

Un voyage inoubliable! Maintenant au tour de Mono et de Mogwai!

jeudi 19 mai 2011

Best Song Ever (épisode 77): New Paths to Helicon Pt1 par Mogwai

Notre quête de la Best Song Ever nous mène irrémédiablement vers le chef d'oeuvre du merveilleux combo de Glasgow : Mogwai. Étiquetés post-rock, noisy et indie-rock, les écossais n'auront eu de cesse depuis 1995 de proposer une musique ambitieuse, essentiellement instrumentale et explorant la quintessence de l’énergie électrique de la six cordes.

Sorti en février 97 sous forme de 45 tours limité à 3000 copies (ayant pour face B New Paths to Helicon Pt2), ce morceau de bravoure synthétise l'essence même du groupe : une composition élégante, classieuse et élégiaque... Un pur moment de bonheur.

Le morceau démarre de manière subtile et raffinée par quelques harmonies avant qu'une paisible et envoûtante ligne de basse ne vienne bercer l'auditeur. Surgissent alors la batterie et quelques strates de guitares stratosphériques qui vous embarquent tout au long de ce nouveau chemin vers Helicon. Le voyage est exaltant, magnifique et passionné. On se sent apaisé, on se laisse happer par la chaleur de l'environnement... Et là, contre toute attente, le turbo est enclenché, la vitesse s'accélère et le voyageur est transporté à la vitesse de la lumière par le son d'une guitare distordue, noisy et d'une rondeur bienveillante... Une propulsion vers l'extase... Avant la descente tout en douceur...

Un sublime voyage devenu l'un des sommets de leurs concerts abrasifs. A voir sur youtube. A lire également, Mogwai au Trianon de Paris.

vendredi 6 mai 2011

Best Song Ever (épisode 76) : Loaded par Primal Scream

Loaded ou la chanson avec laquelle le tsunami acid house rock teinté d'ecstasy a déferlé sur l'Angleterre puis le monde entier au tout début des années 90. Une véritable révolution initiée par Primal Scream et qui est arrivée presque par hasard... Comme souvent...

Andrew Weatherall, alors journaliste pigiste pour le NME, est envoyé faire un live report du groupe de Bobby Gillespie fin 89. Le combo est alors au bord du gouffre mais contre toutes attentes Weatherall apprécie ce qu'il entend et devient même ami avec les musiciens... DJ à ses heures perdues, il entreprend de remixer l'un de ses morceaux préférés du second album de Primal Scream : 'I'm losing more than I'll ever have'. Sur une idée du groupe, il introduit le morceau par un monologue de Peter Fonda extrait du film The Wild Angels et renomme le tout loaded dans un hommage non dissimulé à la génération ecstasy qui s'éclate depuis peu sur les dancefloors britanniques.

Weatherall réinvente complètement le son du groupe qui devient un mélange improbable et inédit de guitares, de dub, de rythmiques électro planantes et de piano acidulé... Une tuerie qui s'impose instantanément. Le disque sort en février 1990 et s'écoule à 100 000 exemplaires en quelques semaines. Il confère une aura nouvelle à Primal Scream qui se voit introniser leader de la génération acid house!

Avec les royalties Primal Scream investira dans de l'équipement d'un studio où ils passeront la plupart de l'année 90 a élaboré le fantastique et légendaire Screamadelica qui vient tout juste d'être ré-édité en édition luxueuse (et hors de prix) pour fêter ses 20 ans... Moins Dieu 20 ans... Et dans quelques semaines on fêtera les 20 ans de Nervermind mais aussi de Loveless ou encore du Black album... Tout ça ne nous rajeunit pas...

vendredi 29 avril 2011

Patricia Barber au New Morning (27/4/11)

Grande soirée de musique au New Morning mercredi dernier avec le passage à Paris de Patricia Barber et de son habituel quartet. Artiste jazz moderne inspirée, la pianiste et chanteuse de Chicago livre toujours des prestations envolées. le concert du New Morning ne dérogea pas à la règle.

Entourée de ses fidèles complices (Neal Alger à la guitare, Larry Kohut à la basse et l'incroyable Eric Montzka à la batterie), Patricia reprend bien sûr des standards du jazz mais n'hésite jamais à s'aventurer du côté de la pop music ou même du Rock. Beaucoup de musicalité, de maîtrise, d'improvisation et de plaisir de partager un moment de musique en groupe.

De ce set à placer dans les bons crus, on retiendra quelques titres de Cole Porter, la reprise du Black Magic Women de Santana et surtout une version dantesque et enthousiasmante du Milestones de l'immense Miles Davis. Fabuleux!

Le groupe excelle sur scène, on sent une grande complicité et un plaisir immense à jouer live devant nos yeux. Les alternances de passage chantés et de longs instrumentaux homériques est la grande force du combo. On ne s’ennuie jamais, on est sans cesse transporté dans un voyage subtile et réjouissant...

Ça ne vaut peut-être pas les sets décontractés et libérés du mythique Green Mill de Chicago (Patricia et son groupe y jouent presque tous les lundis soir lorsqu'ils ne sont pas en tournée) mais on aura passé un bon moment. Ceux qui voudraient avoir un aperçu de ces soirées se précipiteront sur les enregistrements "Monday Night : Live at the Green Mill" disponibles uniquement en téléchargement via le site de l'artiste.

samedi 16 avril 2011

Troy Von Balthazar à la Machine du Moulin Rouge (15/4/11)

Quel plaisir de retrouver l'immense Troy Von Balthazar sur scène à Paris! 6 mois après un concert exceptionnel au Point Ephémère (et qui aura tout de même valu à Troy de décrocher la 1ère place du classement MRM des meilleurs concerts 2010!!!), le chanteur de Chokebore terminait la tournée de promotion de son second album solo à la Machine du Moulin Rouge.

En opening, on a le droit à la prestation du guitariste de Chokebore, Jonathan Kroll, qui vient défendre seul sur scène son projet experimental Newborn Riot of Dreams. Durant une demi-heure, il construit une sorte de concerto pour guitare... Plutôt spatial... Il sample ses propres parties de guitares dont il accumule les strates pour dessiner au fur et à mesure une bluffante mini-symphonie... Apaisant, hypnotique et transcendant! C'est ça le courage artistique, chapeau bas... Et dire que cette prestation s'est effectuée sur fond de brouhaha de personnes irrespectueuses qui préfèrent discuter plutôt que d'écouter l'effort de l'artiste... Un tel comportement est affligeant...

Après ce superbe interlude débarque le grand Troy sur scène. Une première chanson superbement balancée puis la tragédie. Son emblématique Télécaster ne répond plus. S'en suivent quelques minutes de flottements où Troy essaie tant bien que mal de réparer son trésor mais rien n'y fait... Et forcément quand on est artiste indé et troubadour sans le sou, on ne part pas en tournée avec des cargaisons de guitares... Fort heureusement, le crew local lui apportera une stratocaster, dont on apprendra plus tard qu'elle était restée backstage depuis 5 ans sans que personne n'y touche... Vous imaginez donc l'état des cordes et de l'accordage de l'engin après tout ce temps...

Malgré les soucis de cet instrument à l'agonie, Troy donnera le meilleur de lui-même et nous gratifiera d'une excellente prestation (malgré quelques fausses notes qu'on lui pardonnera vu les conditions). Il restera près de trois quarts d'heure seul en scène à défendre ses brillants morceaux I block the sunlight out, Very very famous, The tigers, Wings, Communicate... Troy a une vraie présence et énormement de charisme. Il ne se prend pas la tête, plaisante beaucoup et crée un vrai lien avec son public. Que du bonheur!

Christian et Adeline le rejoindront pour une demi-heure électrique et Rock à souhait. Epatant encore une fois. Bien sûr, le concert n'atteint pas les sommets entrevus au Point Ephémère en novembre pour un concert qui avait été parfait du début jusqu'à la fin, mais on a quand même eu droit à une grande prestation d'un artiste qui mériterait tellement plus de reconnaissance.

On regrettera l'absence du set-list des deux perles de How to live on nothing : Dots & Hearts et Happiness and Joy. Mais merci monsieur Balthazar de faire scintiller si fort l'étoile incandescente de l'integrité artistique. On attend maintenant avec une impatience non dissimulée le retour discographique et scénique de Chokebore... Can't wait!!!

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet immense artiste, quelques titres et même des mp3 sont dispo sur son site, c'est ici.

vendredi 15 avril 2011

Chinese Robots en concert privé au Studio Campus (14/4/11)

Tout premier concert pour les Chinese Robots au Studio Campus. Un petit warm-up avant d’enchaîner trois dates parisiennes dans les semaines qui viennent. Pour tous les groupes, une première scénique c'est toujours quelque chose, un mélange d'excitation après des mois de repet et d'anxiété à l'idée d'affronter le révélateur de la scène et le verdict du public.

Et autant le dire tout de suite, les Chinese Robots s'en sont très bien tirés! Malgré quelques légers bugs par ci par là, le tout est carré et d'une grande cohérence. Les 6 musiciens sont bons et ça sonne comme un groupe déjà rodé.

Alors me diriez-vous, Chinese Robots quesako? C'est d'abord le projet d'un seul homme : le chanteur PH Perromat. Auteur-compositeur, PH s'est enfermé plusieurs semaines en studio pour enregistrer un bon paquet de titres sur lesquels il joue tous les instruments (à écouter sur Myspace). Il a recruté le groupe ensuite qui répète depuis décembre pour pouvoir enfin défendre sur scène le répertoire pop rock de Chinese Robots.

Sur scène, ce qui enthousiasme avant tout c'est l'énergie Rock dégagée. Les titres enregistrés sonnent plutôt pop synthétique alors qu'en live ca déménage grave. Les deux guitaristes s'en donnent à coeur joie et un batteur métronomique et une basse ultra-présente ne sont pas en reste. les arrangements guitare et synthés sont assez recherchés et apportent beaucoup de profondeur aux chansons.

La voix sonne pop tandis que les guitares s'aventurent souvent en terre noisy. PH est bien sûr la grande attraction de Chinese Robots. Il apparait comme possédé par ses chansons et sa gestuelle sans retenue attire le regard (synthèse improbable entre un chaman et un alcoolique sous influence psychotrope). Par la voix et l'attitude il ferait penser à un mélange de Bertrand Burgalat et Philippe Katerine et du coup on est presque déçu qu'il ne chante pas en français car sa pop maquillée de rock noisy et d’extravagances électro n'aurait pas d'équivalent dans le paysage français...

dimanche 10 avril 2011

Deerhunter à la Gaîté Lyrique (9/4/11)

Les américains de Deerhunter étaient de passage à Paris dans le cadre du festival Super Mon Amour (Festival d'épopées musicales... Tout un programme...). Ce nouveau lieu de culture qu'est la Gaîté Lyrique a plutot de la gueule, une programmation pointue et une belle salle de concert avec une acoustique plutôt réjouissante... Seul bémol, cette salle pourrait concurrencer le bataclan pour la chaleur qui y règne et ca c'est vraiment pas une bonne nouvelle!

Le groupe du génial Bradford Cox est certainement l'un des plus intéressants apparus ces deux, trois dernières années. 4 albums au compteur dont le récent et iconoclaste Halcyon Digest que l'équipe d'Altanta est venue défendre à Paris. Deerhunter mélange à la perfection des influences noisy pop et shoegazing assumées pour nous livrer une sorte de pop lunaire et fantasque...

Sur scène, on croit entendre à certains moments le meilleur de Ride période Nowhere, le mur du son éclatant de My Bloody Valentine où les expérimentations bruitistes de Sonic Youth, le tout en un peu plus pop, et c'est ce qui fait la marque de fabrique et toute l'originalité de Deerhunter.
une heure et demie de concert dans les hautes sphères d'un rock expérimental qui tente de percer le mystère de la pop music et de ses mélodies imparables...

Une bien belle aventure à laquelle il est possible d'accéder grace à Arte Live Web qui propose l'intégralité du concert sur son site... Ca le fait grave!

samedi 2 avril 2011

La compilation Mind Riot Music chroniquée par Dans le Mur du Son

Une jolie critique de la première compilation éditée par le label Mind Riot Music vient d'être publiée par le très pertinent site musical Dans le Mur du Son.

Après avoir déjà écrit une belle revue du premier album de Moslyve & The Good Demons, Dans le Mur du Son nous fait l'honneur de récidiver avec 'Time Machine Collection Volume 1'.

La revue de la compilation Mind Riot Music : Time Machine Collection Volume 1 par le site musical Dans le Mur du Son est disponible ici.

Pour la chronique de Nothing to Lose de Moslyve & The Good Demons publiée en décembre c'est ici qu'il faut se rendre.

Merci à eux pour ces encouragements...

Prochaine étape pour le label : l'enregistrement en juin du second album de Moslyve & The Good Demons.

Et pour ceux qui n'ont pas encore leur exemplaire de la compile, il nous reste quelques CD avant épuisement du stock (info at contact@mindriotmusic.com).

vendredi 25 mars 2011

L'Elysée Montmartre en feu : de précieux souvenirs partent en fumée

Désastre! Un incendie a ravagé la mythique salle de spectacle parisienne de l'Elysée Montmartre près de Pigalle. C'est un pan entier de la culture parisienne qui est parti en fumée par la reduction en cendre d'une salle qui aura laissé d'éblouissants souvenirs à des milliers de personnes. Et on apprend aujourd'hui que l'avenir déjà incertain des lieux serait plus que sombre.

L'Elysée Montmartre aura ouvert ses portes en 1807 Boulevard Rochechouart dans le 18ième arrondissement de Paris. D'abord salle de bal, elle aura été salle de théâtre, de réception, de combats de boxe, de spectacle et de concerts... Elle aura inspiré des artistes comme Toulouse Lautrec, Zola ou Maupassant. Depuis plusieurs décennies, l'Elysée Montmartre était devenue la salle Rock par excellence.

Sa fin tragique m'attriste au plus haut point. Que de souvenirs en ces lieux magiques me reviennent en tête. La toute première fois bien sûr pour un concert de Saez en décembre 2000 lors de la promotion de son premier album, des temps où il était encore un jeune espoir rock français et avant qu'il ne se fige dans une posture post-ado rebel caricaturale. Me Vient ensuite à l'esprit l'immense claque reçue avec l'une des toutes premières prestations en France d'un duo qui commençait à peine à faire le buzz : The White Stripes (5/3/02). C'était dans le cadre du festival des Festins d'Aden que j'avais eu la chance de découvrir Meg & Jack White pour un concert rageur et d'une rare intensité! Souvenir impérissable! La même année le rare DJ Shadow sera venu époustoufler l'audience avec un Live fabuleux alliant un ordi et 4 platines (5/11/02) tandis que Sigur Ros aura livré les charmes enchanteurs de ses ivresses aériennes (23/10/02).

En 2003, Interpol vient prêcher la bonne parole 'Turn on the Bright Lights' (23/3/03) dans une atmosphère à la fois intimiste et percutante. Du grand art! Ma première rencontre avec Mogwai se sera également produite à l'Elysée un jour de juin 2003 (5/6/03), c'était encore l'époque où ils poussaient le volume de leurs amplis au maximum. Leur son, certes brouillon par moments, dévastait tout sur son passage... Cette version ultime de Xmas Steps restera gravée. Ce mois de juin 2003 à l'Elysée Montmartre est marqué d'une pierre blanche puisque, outre Mogwai, les Queens of the Stone Age seront venus promouvoir leur meilleur album (Songs for the Deaf) dans un chaleur pré-canicule qui a du leur rappeler leur désert californien (11/6/03)... Torride... Les Libertines auront complété la donne pour soutenir Up the Bracket (18/6/03) mais sans Doherty viré quelques jours auparavant. Un concert sous amphétamine, ultra-court, assuré par le seul Barat au chant. Punk et donc imprécis. L'année à l'Elysée se terminera en beauté avec le concert borderline d'un Ryan Adams rempli d'émotions à l'état pur (22/11/03). Une grande performance.

En 2004, après un set pour une fois convaincant des Australiens de The Vines (23/4/04) c'est le grand Peter Kruder qui illumine la soirée Panik du 5 novembre. En 2005 c'est le second concert français d'Arcade Fire qui restera dans les mémoires (16/5/05). Ils se paieront le luxe de prendre leur auditoire par les tripes et de donner l'une de ces performances sans retenue qui feront leur légende! Incroyable! En 2007, c'est Black Rebel Motorcycle Club (20/11/07) qui enflamme l'Elysée de manière encore plus intense qu'en 2005 (2/11/05), ils réussiront la prouesse de surpasser ces concerts lors de leur retour en 2010 (1/12/10).

2008 restera une grande année elyséenne avec le retour en forme de Black Francis (16/2/08), le concert chamanique du géant Tricky (30/11/08), la coup de poing Melvins (11/09/08) mais surtout l'une des dernières prestations du regretté Alain Bashung avec ses dimanches à l'Elysée (23/11/08).

En 2009, J Mascis nous rappelera toute l'originalité de Dinosaur Jr et détruira ce qui restait de nos oreilles avec son mur d'amplis Marshall. De l'année dernière, on retiendra Foals (27/11/10) et Helmet (10/12/10).

Tous ces souvenirs ne font jaillir qu'une pensée : L'Elysée Montmartre doit renaitre de ses cendres. Ce Théâtre des rêves doit reprendre vie. C'est une partie de nous-mêmes que l'on perdrait dans la fin de cette histoire... L'aventure doit continuer...

Apportons nos soutiens aux gérants et espérons que les politiques en fassent de même!