lundi 15 octobre 2012

Radiohead à Bercy, Soir #2 (12/10/12)



Quel bonheur de pouvoir enchainer deux soirées de concert de suite de Radiohead... A Bercy certes, mais le plaisir de revoir les oxfordiens prend le pas sur tout autre considération...

Cette fois-ci dans la fosse, après avoir été en tribune la veille, on constate rapidement que le public de Radiohead n'est pas du tout le même en gradin et dans le centre de l'arène... L'intransigeance nauséabonde de la veille fait place à des sensations bien plus positives...

Dès le début du set, on pense qu'ils vont nous refaire le coup de 2008 où leur seconde soirée avait été beaucoup plus punchy et intense que la veille grâce à un set liste remodelé faisant la part belle aux morceaux plus énergiques du combo... Le premier tiers du concert confirme cette hypothèse et on se prend à rêver d'une suite hypnotique et jouissive avec des titres comme The bends, Just, My Iron Lung, Jigsaw falling into place...

Et bien non, Radiohead nous emmènera sur ses terres actuelles, à l'image de la veille, pleines de maitrise,  d'atmosphères subtiles et complexes et de beautés éthérées. 7 chansons sur 24 auront différé du set de jeudi, exit : Airbag, Kid A, Meeting in the aisle, Pyramid Song, Supercollider, Lucky et Street Spirit et place à Daily Mail, I might be wrong, Videotape, You and Whose Army, Planet Telex, Exit Music (for a film) et Weird Fishes/Arpeggi.

Le son est indéniablement mieux réglé que la veille (plutôt normal) et l'ambiance bien plus chaude... Ce groupe fascine, les jeux de lumière émerveillent et les grands moments soniques n'auront pas manqué encore une fois... On retiendra un départ canon avec l'enchainement Lotus Flower - Bloom - There There où l'enchevêtrement de percussions aura saisi l'assistance à froid... du grand art... Daily Mail et sa chaleur aura fait mouche... On aura redécouvert Videotape avec ce beat minimaliste et malsain remis au premier plan du mix, on aura été bercé par le traditionnel You and Whose Army et totalement abasourdi par la suite royale : Planet Telex, Nationa Anthem, Feral et le culte Paranoid Android...

Premier rappel et nouvelle claque avec Exit Music... avant une fin de concert trippante identique à la veille...

On est déjà prêt pour leur prochain passage... Mais malheureusement il va certainement falloir patienter quelques années...

A lire également le Live Report de la veille à Bercy (11/10/12), ou encore celui de 2008... Best Song Ever : Fake Plastic Tree, la sortie de The King of Limbs ou le rôle de Radiohead dans les années 2000

vendredi 12 octobre 2012

Radiohead à Bercy, Soir #1 (11/10/12)



4 années se sont déjà écoulées depuis le dernier double séjour parisien des Oxfordiens... 4 années et une situation bien différente pour le groupe...

En 2008, Radiohead reprend la route pour promouvoir l'album qui les a vu s'émanciper du confortable support financier de leur label historique (Parlophone)... En laissant les internautes télécharger In Rainbows contre la somme de leur choix, Radiohead a fait vaciller quelques jours les certitudes des plus grandes maisons disques... (On lira en ce sens la conclusion de notre série d'articles sur les années 2000)

Pire encore, en annonçant à la terre entière le lancement du disque quelques jours seulement avant sa sortie, le groupe osait court-circuiter le réseau bien établi des médias traditionnels... Crime de lèse majesté que la profession leur fera payer chère à la sortie du dernier album en date : The Kings of Limbs qui fut massacré par la critique pour la première fois dans l'histoire du groupe depuis... Pablo Honey.

Un retour de bâton bien mérité dirons certains. D'autres mettront en avant l'absence de mélodies et un discours abscons qui coupe le combo de ses adorateurs... Que nenni, l'aura du groupe auprès de ses fans ne se sera pas érodée, la preuve étant la rapidité avec laquelle les précieux sésames pour Bercy se sont arrachés...

Oui, Radiohead a changé. La force tellurique du groupe s'est transformée en force tranquille, apaisée, plus cérébrale et plus planante d'un coté et toujours aussi physique de l'autre sous l'impulsion des percussions, des beats et des syncopes ultra présentes sur The King of Limbs... Ce n'est pas pour rien que Radiohead compte désormais en son sein 2 batteurs...

En ces pages, on a adoré The King of Limbs (voir notre article à sa sortie) pour ses expérimentations, son atmosphère travaillé et envoûtant et cette volonté des Oxfordiens de toujours aller de l'avant et de continuer à apporter quelque chose de nouveau à leur son, à leur carrière.

Le setlist de ce premier soir à Bercy est le parfait reflet actuel du groupe. Peu de chansons héroïques aux guitares chatoyantes et permissives mais un enchainement de voyages en montagnes russes. Ce coté chamanique des concerts du groupe n'a jamais été aussi présent. Un subtile mélange d'émotions et d'enchainements magiques et variés aura conquis son auditoire.

Une perle rarement jouée : Meeting in the aisle, et quelques sommets toujours aussi hauts : Pyramid song, Lucky, Paranoid Android, Kid A, Magpie, Street Spirit... Les récents Feral et Bloom sont d'une puissance dévastatrice en live, ces rythmiques nous enrobent et nous transportent... Saisissant... Et le tout se terminant par les classiques électro Everything in its right place et le séminal Idioteque...

On sort heureux... Le groupe a été bon... Son seul problème reste son public à Bercy avec une palanquée de cons totalement intolérants (au vu de certaines réactions...). Le groupe vieillit bien, son public beaucoup moins...

A lire également : le second soir à Bercy,  The King of Limbs, Radiohead à Bercy 2008, Best Song Ever : Fake Plastic Trees et Radiohead dans les années 2000

samedi 29 septembre 2012

Dirty Beaches au Point Ephémère (28/9/12)

Dernière date de la tournée de Dirty Beaches hier soir à Paris dans la chouette salle du Point Ephémère... Et soirée dark et post cold wave à souhait... Joyeux drills et clowns interdits...

On arrive en plein set de Black Mail... On se serait crû en plein Manchester dévasté de la fin des années 70... Ambiance lourde rythmée par les percussions de machines qui donnent le ton... Intéressant... Puis arrive Femminielli, membre du combo live Dirty Beaches, aidé par ses 2 autres acolytes, qui vient nous abreuver un cocktail sonore étonnant... Hypnotique et déconcertant... Il déverse des flots de mots en italien, espagnol et même français sur une musique oscillant entre disco, acid et cold wave... Surprenant et plutôt envoûtant...

Cette soirée épique se terminera par le concert tant attendu de Dirty Beaches. Le leader du projet (on peut parler sur disque de projet solo) Alex Zhang Huntai retrouvera la lumière et son compère Femminielli repassera derrière les machines, pas très loin du guitariste du trio : Shub... On veut bien sûr parler de lumière noire et intense... Si son dernier LP se voulait d'une nouvelle idée du blues moderne : organique, lo-fi mais aux influences soul très présentes, en live on a droit à la dureté des machines qui dessinent une atmosphère urbaine, voire post industrielle un peu glaciale et saisissante... La chaleur citadine de Badlands se transforme en froideur hantée et passionnante...

Une live d'une grande générosité pour conclure une soirée qui aura remué nos sens...

Dans le même ton on vous conseillera de la lecture Joy-divisionesque : Best Song Ever Dead Souls ou encore Peter Hook ou New Order... ou plus récemment Trailer Trash Tracys

vendredi 28 septembre 2012

Breton à la Gaité Lyrique (27/9/12)

Comme son nom l'indique, le groupe Breton était bien chez lui à Paris à la Gaité Lyrique... Le combo electro-dark-rock londonien, baptisé en hommage à l'oeuvre surréaliste d'André Breton aime la cité des lumières et c'est dans un français parfait que son leader, Roman Rappak, l'a exprimé devant une assistance comblée...

Après une première partie convaincante (les parisiens de Sarah W_Papsun qui délivrèrent un math rock survitaminé de bon aloi) Breton rentre en scène et lance tout de suite les hostilités. On Tour pour la sortie de leur premier album, Other's people problems, les anglais vont puiser abondamment dans leur dernier effort sans oublier leur trois premiers EP (palme spéciale à attribuer au robuste Blanket Rule Ep).

Leur mélange intriguant de synthés analogiques, samplers et boites à rythmes alliés à une batterie martiale au son cold wave et à une telecaster 72 custom pleine de reverb rutilante permet à Breton de produire une musique de son temps : urbaine, intense et dansante... Mélancolie, noirceur et pulsions de vie...

Les visuels projetés derrière le groupe permettaient de rentrer de plein pied dans cet univers quelque peu claustrophobe... Le chaos cher aux surréalistes n'est jamais très loin...

Une bonne prestation même si l'énergie de leurs compos n'aura pas toujours été rendue pleinement sur scène...


lundi 24 septembre 2012

Jeff Mills à la Salle Pleyel (23/9/12)

Le temple de la musique classique à Paris accueillait, hier soir, une improbable rencontre au sommet de l'Olympe entre l'Orchestre National d'Ile de France et la légende de la musique électronique de Detroit : Jeff Mills.

Après avoir été un pionnier de la techno avec son comparse Mad Mike et le collectif Underground Resistance à a fin de années 80, Jeff Mills a mené une brillante carrière de DJ qui lui confère une aura toute particulière. Ses DJ sets à 3 platines sont tout bonnement incroyables, sa dextérité, sa vitesse et son sens rythmique et du groove lui permettent de réaliser des prestations mémorables qui restent durablement dans l'inconscient (je me souviens d'un set fantastique au Sonar 2005...).

Mais loin de s'enfermer dans un genre particulier (celui du Djing) Mills a toujours su s'ouvrir à différentes expériences aussi bien multimédia, ciné-concerts qu'avec un orchestre philharmonique (le fameux concert au pont du Gard en 2005). Pour l'occasion, il s'allie avec le chef d'orchestre Christophe Mangou pour jouer avec l'Orchestre National d'Ile de France des chansons spécialement composées pour marier musique électronique et classique...

C'est très difficile d'analyser une telle expérience singulière et pour laquelle on a peu de repères... On parlera donc plus en ces lignes du ressenti et de l'émotion particulière provoquée par cet ensemble surprenant...

La première partie du concert fait la part belle aux orchestrations des musiciens, Jeff Mills n'intervenant qu'avec la mise en place de beats et de rythmiques techno en arrière plan... C'est plaisant, envoûtant et rêveur... mais après 20 minutes on commence à vouloir entendre les deux mondes fusionner et non plus cohabiter... Et c'est exactement ce qu'il va se produire...

La seconde partie du concert est beaucoup plus rythmée, les breakbeats technoides deviennent plus robustes, plus intenses, plus nerveux, l'orchestre se met au diapason et l'ensemble sonore a fière allure... On part dans un voyage captivant à la frontière des mondes (jazz, techno, classique, electronica), sur l'arête des cimes de ces univers...

Spectacle magique dont le sommet sera ce duo incandescent entre la machine et les tambours et les percussions dans un style free jazz-techno épatant...

Bluffant, original et revitalisant... Tout simplement...

Et bonheur ultime, le spectacle est à revoir en intégralité sur le site d'arte live web pendant quelques mois... A découvrir absolument... c'est ICI.

A lire également, entre culture DJ et Village Vanguard : Cinematic Orchestra ou encore le pionnier français Laurent Garnier...

mardi 18 septembre 2012

Graham Coxon au Café de la Danse (17/9/12)


Après le méga concert de Hyde Park avec Blur pour la clôture des JO de Londres, retour à un quotidien beaucoup plus indé pour Graham Coxon avec ce détour dans la petite, mais ô combien chaleureuse, salle parisienne du Café de la Danse...

De passage en France pour la promo de son 8ième album, A+E, le guitariste de Blur nous a offert une très belle prestation. Tour à tour, rock'n'roll traditionnel d'obédience 60's, krautrock hypnotisant et même blues ultime, les 90 minutes de musique auront été assez euphorisantes... Le plaisir et l'intensité sont montées petit à petit durant le show, atteignant même leur apogée sur l'avant dernière chanson qui provoqua un pogo et même du crowd surfing dans le public (c'est assez remarquable dans une salle où la fosse est carrément minuscule...) laissant Graham et ses 5 musiciens totalement incrédules...

On retiendra les passages krautrock en provenance directe du dernier album en date de Coxon. Sur A+E, le songwriter anglais s'amuse à explorer un indie rock déviant et malin qui fait la part belle aux synthés crasseux, aux boites à rythme martiales, aux sons de gratte tordus et distordus et à une basse ronde et très présente (ce LP aura été composé à la basse dixit Coxon)... On retrouve le meilleur de l'artiste qui nous rappelle la belle époque de 13 et de l'album éponyme Blur où Coxon invita le groupe à explorer les versants aventureux de l'indie rock US à la Pavement, Sonic Youth ou encore Dinosaur Jr...

Une excellente soirée et un grand plaisir de voir sur scène ce grand artiste à l'humour pince-rire tellement british ("you're the best audience in the world... per square meter...").

A lire également, Blur aux nuits de fourvière, Best Song Ever : Song 2, ou encore Pavement ou Sonic Youth...

lundi 10 septembre 2012

Best Song Ever (épisode 85) : All Things to All Men par The Cinematic Orchestra

Après le trip-hop de Tricky, nous poursuivons notre chemin avec les alchimistes de Cinematic Orchestra qui produisirent, au début des années 2000, une oeuvre singulière osant l'alliage entre sample, platines et instruments acoustiques sous obédience jazz... Avec "All Things to All Men" l'équilibre trouvé est brillant...

Des entrelacements de cuivres et de cordes formant une mélodie imparable à force d'empilement de couches successives d'instruments avant qu'une batterie au groove jazzy et lascif ne vienne enrober le tout et que le morceau ne décolle juste avant l'arrivée de la voix inaltérable et si chaude de Roots Manuva. 

Le ton est délibérément grave. Un rap à l'ancienne, prêt à éveiller les consciences, à dénoncer les injustices et les faiblesses de l'âme pour inciter à se relever, à se battre et à reprendre en main les rênes de sa destiné... 

Encore un chef d'oeuvre se dressant devant nous, dans cette quête impossible de la Best Song Ever... La rencontre d'érudits électroniciens sous influence jazz cool ou comme le disait Gilles Peterson dans la préface de l'album (Every Day sur le label culte Ninja Tune) : Cinematic Orchestra navigue entre les lignes de la Culture DJ et celle du Village Vanguard.

Cette chanson est d'une beauté confondante...

A voir sur youtube et à ne pas manquer dans la série Ninja Tune : Best Song Ever DJ Food.

lundi 27 août 2012

Rock en Seine 2012 : 10 ans, une fête ratée (ou presque)


Les organisateurs du festival parisien avaient donc décidé de vendre cette édition 2012 de Rock en Seine comme celle des 10 ans, même si techniquement les 10 ans se fêteront l'an prochain (premier Rock en Seine en 2003)... Et on était donc en droit d'attendre un programme phénoménal pour fêter dignement cette 10ième édition... Et bien c'est raté... Ou presque...

Après l'annonce de la programmation on avait déjà commencé à plisser des yeux : Placebo, Black Keys et Green Day en têtes d'affiche, on était bien loin des rumeurs incessantes qui annonçaient pour les 10 ans la venue de The Cure, Radiohead et même Blur... Au final, on sera pas passé loin de la catastrophe avec un samedi plutôt mauvais, un vendredi de bonne tenue et heureusement un dimanche très bon qui sauva  l'impression générale et Rock en Seine d'un naufrage annoncé après l'enchainement des déceptions de la veille...

Sigur Ros au sommet, les révélations Gesaffelstein et C2C

Une première journée plutôt plaisante qui commence mal avec les lourdingues Billy Talent qui nous servent un hard rock indigent formaté pour les FM US... On part de ce pas suivre le showcase d'Erevan Tusk dans la tente Ile De France : une pop sous influence british plus que sympathique bien qu'entendue déjà 1000 fois... Yeti Lane nous envôute une nouvelle fois après sa prestation réussie en 1ère partie des Brian Jonestown Massacre au Trianon. Comme à son habitude, Mathias Malzieu et sa bande d'allumés de Dionysos enflamment la grande scène avec leur rock foutraque plein de vie et d'humour. Ils possèdent leur propre univers bariolé, enfantin et cartoonesque et n'ont aucun mal à nous y faire rentrer...

A 20h, Bloc Party débarque sur la grande scène. Leur nouvel album au son rêche et crade se prête plutôt bien à une interprétation en festival. Un set carré et précis auquel il aura tout de même manqué un petit supplément d'âme... Sur la scène de la cascade, les islandais de Sigur Ros éblouissent Rock en Seine de toute leur classe. Leur musique planante et mystique nous emporte littéralement dans un autre espace temps. Beauté, finesse et intensité... Les enchainements de moments de liturgie d'une rare zénitude avec des emportements soutenus par une batterie martiale et percutante sont un pur moment de bonheur...

La tête d'affiche Placebo aura rempli son contrat en électrisant la grande scène à la tombée de la nuit. En grande forme, Brian Molko et ses sbires délivrent une très bonne prestation, pleine d'intensité... On regrettera un set-list faiblard qui fait la part belle aux derniers albums du combo en oubliant leur géniaux deux premiers albums (un seul titre de "Without you I'm nothing"... quelle déception...). La révélation du jour aurait été sans aucun doute Gesaffelstein qui dans le cadre du collectif Bromance aura percé les nuages avec une electro assez originale qui manie à merveille percussions old school, rythmique tendue et réminiscences techno de Detroit. Les C2C clôtureront merveilleusement la soirée avec leurs scratchs incessants et leur éclectisme musical qui les voit picorer du rap old school ou du coté des vieux disques de Ninja Tune... Avec en prime un hommage réussi aux Beastie Boys...

Le naufrage du samedi à peine atténué par Noel Gallagher et Agoria

Après une première journée réussie mais tout de même en deçà de ce que l'on pourrait attendre pour fêter dignement un 10ième anniversaire, on part plein d'espoirs pour cette seconde étape avec beaucoup de découvertes potentielles à faire à défaut d'une affiche avec de grands noms... Ca commence plutôt bien avec un set plein d'énergie des Ume. Leur rock indé d'énervé fait bonne figure... Après cela on va enchainer les perles de la déception... Palme d'or pour Granville (vraiment naze)... On ne comprend absolument pas l'engouement de quelques médias pour ce groupe de... variété style années 80, ce n'est pas du rock (certains de mes acolytes parlaient d'un copié-collé en beaucoup moins bien de Coeur de Pirate... d'où peut être la signature sur un label et le support des médias?...) et ca n'a pas grand chose à faire à Saint Cloud... On a pas du tout aimé... Pas plus que l'autre soit disant révélation electro pop française, Hyphen Hyphen que certains canards (les mêmes d'ailleurs) tentent de nous vendre... Plat et chiant à mourir... Toy a déçu également. Leur rock shoegaze surfe sur la vague The Horrors sans leur arriver à la cheville...

Deux garçons de 15 et 18 ans vont illuminer cet après-midi morose... The Bots, en nous servant un set avec l'énergie des White Stripes et presque la vista de leur leader, nous aura regonflé quelque peu... Avant d'être rattrapé par la patrouille de la lassitude avec un set un peu plat de dEUS capable de bien mieux... Peut être la faute à un son un peu brouillon et imprécis qui nous aura empêché de rentrer dans le truc...

A 20h, Noel Gallagher foule enfin le planches de la grande scène, 3 ans après claqué la porte et dissous Oasis dans les coulisses du festival juste avant le passage prévu du groupe... Une belle prestation mais trop courte... 5 titres d'Oasis (dont 3 faces B) et les excellents morceaux de son premier effort solo... Autant les récentes prestations de sieur Gallagher au Casino de Paris et au Grand Rex nous avaient enthousiasmé autant ce show devant une si grande assistance nous aura rappelé ô combien son frère Liam aurait été utile avec son charisme et sa morne toute rock'n'roll star... Ensuite, les Black Keys ennuient... Si leur formule est efficace dans de petites salles, sur la Grande Scène ca a du mal à nous passionner (n'est pas Jack White qui veut...). Avec un set furieux et rentre dedans, Agoria nous aura réveillé et permis de finir sur une bonne note cette terrible journée... La pire (et de loin) après 8 années de Rock en Seine vécus... Pour les 10 ans ca la fout mal...

Le vaisseau spatial Beach House et la renaissance

On débarque en ce dimanche avec l'horrible sensation que ce Rock en Seine 10ième édition est en train de sombrer et de se transformer en plus mauvaise année de ce festival parisien qui nous aura habitué à grand ces derniers temps... Heureusement, Stuck in the Sound nous réveille avec leur rock percutant... Par contre, bien que plaisante, l'electro pop de Passion Pit nous aura partiellement convaincue... Rien de neuf ici... C'est gentil et les plus jeunes apprécient...

Heureusement, les Dandy Warhols viennent sonner la révolte... psychédélique... En faisant la part belle à leur second et troisièmes albums (les meilleurs) les Dandy font le choix d'un set ultra psyché et cramé sous influence shoegaze ... Ce qu'il savent faire de mieux (et c'est parfait avec le soleil déclinant sur la Grand Scène)... Avec des titres comme 'I love you', 'Not if you were the last dandy on earth' le concert part fort... Une relecture downtempo de leur tube 'we used to be friends', histoire de rester dans le ton et quelques perles dont ils ont le secret et le show arrive déjà à sa fin avec les énormes 'Bohemian like you' qui électrise la foule et le superbe 'Godless'... Génial.

On part de ce pas assister à la reformation de Grandaddy sur la scène de la cascade. Désespérées et lumineuses à la fois, les chansons de Jason Lytle résonnent avec une troublante vérité en ces temps de crise. Une roller coaster émotionnel ultra prenant et une belle exclu pour Rock en Seine... Après un petit tour scène de l'industrie pour voir la pop électro sautillante de Little Dragon, direction la scène Pression Live pour le meilleur concert du festival...

Alex Scally et Victoria Legrand, de Beach House, ont hypnotisé les auditeurs... Une set spatio temporel, à voir la photo titre on se serait cru dans un vaisseau spatial. Et on en était pas loin... Sur des nappes de synthé stellaires appuyées par des arpèges cristallins (du Jonnhy Marr reverberisé à l'extrême) et une batterie martiale martelant un tempo entrainant le festivalier se trouve projeté dans un univers onirique, coloré, mystérieux... Comme dans un rêve... Une ENORME claque et THE CONCERT de Rock en Seine 2012... Il aura fallu attendre le dernier jour et presque l'ultime seconde pour revivre l'un de ces grands moments dont le Parc de Saint Cloud a le secret... Ouf il était temps!

L'ultime round se jouera sur la scène de l'industrie. On aura fait l'impasse sur Green Day et on aura vraiment pas eu tort tellement la prestation de Dope D.O.D aura été bluffante... Un rap old school sombre, percutant et efficace. Une sorte d'énergie metal au service du rap originel... Parfait pour se défouler et finir en beauté ces 3 jours...

Au final, l'ultime journée aura donc changé notre regard d'ensemble sur cette édition 2012 tellement mal embarquée après le catastrophique deuxième jour... Un grand et beau final qui nous permet de repartir heureux du Parc de Saint Cloud, comme chaque année... Mais pour 2013 on attendra une programmation plus audacieuse, plus constante et plus éclectique (l'electro et le rap ont été cantonné à la portion congrue à la différence de 2009 ou 2010)... Messieurs les organisateurs on compte sur vous pour nous surprendre pour les vrais 10 ans du festival...

A lire également Rock en Seine 2008, 2010 et 2011 et sur l'édition 2009 Them Crooked Vultures et Oasis (quoi un article à la libé sur ce blog? ;)   )

mercredi 22 août 2012

Moslyve dans Rock and Folk

Le groupe de rock indé du moment, Moslyve, qui est sur le point de sortir son second album via le label Mind Riot Music (le 22 Octobre) a l'honneur d'une chronique dans le numéro de septembre de Rock & Folk.

Le Dernier 45 Tours du groupe, "Lucky 13" le bien nommé, a droit à une belle revue au sein de la rubrique vinyle en page 95. En très belle compagnie, juste en dessous du 45T de Beck enregistré avec Jack White dans les studios Third Man Records à Nashville, la première galette micro-sillon du jeune label Mind Riot Music fait bonne figure... On peut notamment y lire :


« Ce titre à la mélodie insistante et à la patine nineties dans la veine de Wilco et Pavement augure de belles choses à venir »
Rock & Folk

Un joli coup de projecteur qui consacre un début de carrière prometteur pour ce groupe de rock indé dont le premier album avait eu droit à une belle chronique dans Magic à sa sortie...

Le 45 Tours de Moslyve est disponible sur le site du label.

Mais également chez les disquaires suivants à Paris et à Lyon :

    Ground Zero, 23 rue Sainte Marthe, 75010 Paris
    Pop Culture Shop, 23 rue Keller, 75011 Paris
    Les Balades Sonores, 1 av Trudaine, 75009 Paris
    Born Bad, 17 rue Keller, 75011 Paris
    Kraspek Myzik, 20 montée St Sébastien, 69001 Lyon
    DangerHouse, 3 rue Thimmonier, 69001 Lyon
    Vaudoo Records, Place des Tapis (le samedi), 69004 Lyon

Le nouvel album, au nom évocateur de  "Slave to modern age" sortira en digital et en vinyle le 22 octobre prochain et sera précédé de quelques semaines par un nouveau single... 

La bio du groupe est consultable ici

Quelques titres sont écoutables ici : www.mindriotmusic.com


mardi 21 août 2012

Best Song Ever (épisode 84) : Hell is round the corner par Tricky

"Hell is round the corner where I shelter", phrase géniale d'un texte inspiré que Tricky Kid écriva pour le morceau Eurochild sur le second LP de Massive Attack (Protection). Quelques mois plus tard sur son premier LP "Maxinquaye", ce récit autant initiatique qu'apocalyptique se retrouve susurré avec morne et classe sur un sample de Isaac Hayes (Ike's Rap II) que Portishead utilisera quasiment au même moment sur Glory Box...

Epoque bénie que cette décennie 90 où l'introduction des samplers ouvre de nouvelles perspectives et permet l'émergence de nouveaux genres (trip hop en tête avec l'album précurseur Blue Lines de Massive Attack mais aussi rap old school).

Aidé par une Martina Topley Bird au timbre sublime, Tricky lance son flow sur une basse ultra groovy balayée en arrière plan par des crépitements et des violons insolents qui tentent de nous amadouer et de nous faire oublier la force des paroles et le charisme d'un Tricky au sommet...

"And until then you have to live with yourself"...

Magnifique!

A lire également Best Song Ever Massive Attack ou encore Massive Attack live à fourvière, au Zénith, à Rock en Seine ou dans le Best of 2010...

lundi 30 juillet 2012

Cracbooms à l'International (29/7/12)



On ne fait pas souvent 2 Live Report consécutifs du côté de Mind Riot Music, les derniers a avoir eu droit à cet honneur s'appellent tout de même Jack White, Noel Gallagher, St Vincent, Overhead ou encore Wu Lyf... C'est dire toute l'estime que l'on a pour ce groupe français en devenir dont on avait pu commenter la belle prestation au Kraspek Myzik à Lyon le mois dernier...

Les Cracbooms ont sorti un 45T 4 titres enregistré en toute autonomie l'an dernier et font partie de cette nouvelle scène pop française que certains média avisés s'amusent à décrire, vanter pour annoncer le retour d'une certaine french pop... Autant le dire tout de suite, on mise une pièce sur les Cracbooms. 

Exit les Aline, Granville ou La Femme, le groupe le plus talentueux du lot a exposé ses qualités hier soir à l'international : une énergie joviale et emballante typiquement sixties, des mélodies chaloupées alliant le coté rêche et anguleux des premiers Cure fin 70 et la rondeur des arpèges de Johnny Marr, et le tout chanté en français. Les textes sont plus pernicieux qu'il 'y parait et on ne doute pas que l'écriture du groupe évolue vers plus de double sens raffiné (à la Dutronc/Lanzmann)...

A la différence notable des autres prétendants au trône, les Cracbooms ne puisent pas leur inspiration dans l'âge d'or d'une certaine pop (variété) française des années 80, dont on nous a trop souvent rabâché les oreilles depuis 7, 8 ans (et qui est bien surestimée!). Leurs yeux sont plus tournés vers le port de Liverpool et la conquête marine d'un eldorado ensolleillé... Une quête de lumière qui, on l'espère, les amenera loin, c'est tout le mal qu'on leur souhaite...

A lire également le live report des Cracbooms à Lyon. Et pour le plaisir, Jacques Dutronc en live et Best Song Ever : Paris s'éveille...

lundi 23 juillet 2012

Best Song Ever (épisode 83) : Enjoy the Silence par Depeche Mode

Au sortir des années 80, Depeche Mode est un groupe au succès grandissant qui a déjà à son actif 6 albums. Souvent abimés par les critiques, les 4 britanniques vont définitivement acquérir leurs lettres de noblesse avec la sortie de leur 7ième opus, Violator, en 1990. 

Lançé par le génial "Personal Jesus" (Reach out, touch faith ou le slogan ultime pour tout groupe de zik...) et son mélange bluffant de rythm'n blues old school, façon John Lee Hooker, et de dance music, Violator s'impose instantanément comme un album colossal avec le single "Enjoy the silence".

Un break minimaliste produit par une boite à rythmes agressé par une caisse claire ultra claquante, un synthé spatial, froid et bipolaire, des choeurs post-humains, une guitare réverbérée typiquement eighties et cet entrelacement de bips et de TB303... Un ovni captant l'essence de la dance music, des guitares et des synthés de la coldwave en y ajoutant les basses et les sons de l'acide house (TB 303 forever)...

Un must qui n'a pas pris une ride... Tout comme cet album ultime à la pochette iconique, nature morte repensée par le photographe Anton Corbijn qui réalisera également le clip voyant un Dave Gahan habillé en roi se balader avec sa chaise longue dans des paysages isolés...

Et que dire de ces 10 secondes de silence avant l'ultime estocade donnant ton son sens à la chanson : Enjoy the Silence...

Un vidéo à voir ici. A lire également, dans la même veine prophétique : RIDE, My Bloody Valentine, Primal Scream ou dans le même esprit sombre et quasi mystique : Cure ou Joy Division...


jeudi 19 juillet 2012

Best Song Ever (épisode 82) : I am the resurrection par The Stone Roses

En un album culte, les Stone Roses ont clos le chapitre années 80 pour annoncer au monde l'avènement de la décennie suivante. En synthétisant l'esprit rave de la fin des eighties, l'émergence de la révolution électronique en provenance de Detroit (techno) et de Chicago (house music) et les envolées mélodiques et lyriques de la scène de Manchester (Smiths en tête), les Stone Roses ont révolutionné la scène musicale de l'époque...

Avec ce premier LP au bon goût d'hédonisme, de soif de vivre et de confiance en l'avenir ils ont redonné des couleurs à toute une nation, puis au reste du monde... Ils ont été une source d'inspiration inépuisable pour de nombreux groupes : Primal Scream (avec Screamadelica), Oasis (Liam Gallagher ayant tout piqué à Ian Brown), la scène buggy, madchester avec leurs potes de défonce les Happy Mondays... etc.

Le prophétique "I am the resurrection" clot l'album de tous les superlatifs de manière spectaculaire... Le refrain reste un hymne immense que les fans reprennent à s'en péter les cordes vocales en live (on a pu voir ça à fourvière récemment...). La batterie martiale de Reni insuffle une impact immense au morceau, la basse chaloupe et vous emporte et les guitares brillantes et mélodiques à souhait du héro Jon Squire transcendent le tout... La seconde partie instrumentale du morceau rappelle à quel point les Roses étaient de formidables musiciens...

Un bonheur fou dont on ne peut se lasser... A écouter ici.

A lire également The Stone Roses Live à Fourvière, mais aussi les Best Song Ever de leurs contemporains : Ride, Primal Scream, My Bloody Valentine ou des leur descendance : Oasis, Blur...

dimanche 15 juillet 2012

Best Song Ever (épisode 81) : Dreams burn down par RIDE

Un premier album parfait qui grava dans le marbre les lois du shoegazing! Avec "Nowhere" publié en 1990, Ride entrait déjà dans la légende de la 6 cordes. Un halo hypnotique de guitares tordues, distordues, pleines de reverb, d'écho, de tremolo et d'utilisation compulsive du vibrato telle était l'essence même du mouvement...

"Dreams burn down" sur ce premier LP brilliant associe le coté halluciné et planant du shoegazing sur le couplet aux décharges bruitistes,  agressives mais tellement jouissives du mouvement noisy US de l'époque (magnifié par Sonic Youth ou encore Dinosaur Jr.) sur le refrain. Un coup de maitre qui encore aujourd'hui n'a pas pris une ride (on en dira moins de la suite discographique du combo...).

Et cette voix lancinante et lascive de Mark Gardener : un must du genre, totalement dans son élément au milieu de ce déluge sonique... Pour ne rien gâcher, la pochette du LP est d'une beauté sans nom. A elle seule, elle évoque de manière grandiose le son et l'univers de l'album. Une image qui aura marqué une génération entière... En 33T Vinyle ça a vraiment de la gueule (il faut courir se procurer la réédition remasterisée du 30 centimètres sortie il y a 2 ans : un must-have qui sonne divinement bien...)

Une chanson d'une intensité émotionnelle sidérante... Une Best Song Ever évidente... A écouter ici.

A lire également dans le même registre : "When you Sleep" par My Bloody Valentine, "Swallowtail" par Brian Jonestown Massacre ou encore The Warlocks...

jeudi 5 juillet 2012

Brian Jonestown Massacre au Trianon (4/7/12)

Le jour de l'indépendance américaine, le groupe indé californien le plus culte de sa génération, les cramés du Brian Jonestown Massacre ont enflammé le Trianon hier soir, causant jusqu'au décollement d'une partie du plafond! Hot as hell...

Le leader démiurge du BJM, Anton Newcombe était dans un bon mood hier et le concert fut l'un des plus psychédéliques donné par le groupe dans la capitale française (vs bataclan 2008 et 2010). Dans une ambiance torride, le combo de San Francisco a surfé sur les vagues psyché de son dernier opus "Aufheben" le dernier album terrestre du groupe selon Anton...

Plusieurs titres de Aufheben donc, la reprise "There's a war going on" permet au Tambourine Man en chef, Joel Gion, de montrer ses capacités vocales après avoir passé une bonne partie de la soirée haut perché (as usual) en maniant maracas et tambourins en même temps! Et bien sûr quelques grands titres du répertoire gargantuesque du groupe : Sue, Anemone, Servo, Vacuum Boots ou encore le lennonien "Oh, Lord" chanté par Matt Hollywood qui causa une véritable émeute dans la foule...

Deux heures de folie et de bonheur partagé! Pas de rappel mais un Anton restant seul sur scène au synthé pour nous asséner quelques nappes bruitistes avant de tirer sa révérence...

Un groupe indispensable!

A lire également BJM au Bataclan en 2008 et 2010 ou encore Best Song Ever : Swallowtail.

mercredi 4 juillet 2012

Jack White à l'Olympia #2 (3/7/12)

Seconde soirée d'affilée pour Jack White à l'Olympia. Après un premier concert avec son groupe masculin, place aux femmes ce soir!

Après un très beau set inaugural des suédoises de First Aid Kit à l'influence retro sixties élégante, l'entrée des musiciennes provoque déjà une émeute dans l'enceinte parisienne du boulevard des capucines. D'une rare élégance, le backing band est suivi du maestro Jack White, costume bleu clair de circonstance.

Dès les premières notes, on sent un White aussi bien électrisé par l'ambiance surchauffée de l'Olympia que par le fait de jouer au milieu de ses amazones glamour et sensuelles... Le show sera donc survolté dans une rare élégance rock...

"Dead Leaves & the Dirty Ground" donne le ton d'entrée, "Sixteen Saltlines" enfonce le clou dans la foulée. "Love Interruption" devient sexy à souhait lorsque White et sa choriste partagent le micro. "Hotel Yorba" suit et enflamme la salle... Comme la veille le "Top Yourself" revisité des Raconteurs reste un point de basculement du concert où l'alternance de moments doux et agressifs amène une totale communion avec le public... Sidérant!

On retiendra un rappel fièvreux avec un "Doorbell" repris en choeur par la foule, un "Steady as she goes" orgiaque, un "I'm slowly tunring into you" dantesque pour le final annoncé 'Seven Nation Army'...

On avait rarement vu autant d'ambiance dans la sage Olympia parisienne, une soirée revigorante, merci Monsieur White!

A lire également, 1ère soirée de Jack White à l'Olympia la veille, Dead Weather à l'Olympia, le coup de gueule de Jack White et le rôle des Whites Stripes dans les années 2000.

mardi 3 juillet 2012

Jack White à l'Olympia (2/7/12)

Monsieur Jack White était de passage à Paris pour la première de ses deux dates Sold-Out dans la mythique salle de l'Olympia. Multi-instrumentiste brillant, collaborateur et compositeur prolifique (White Stripes, Raconteurs, Dead Weather) et même boss de label avec l'incomparable Third Man Records qui ne jure que par les micro-sillons du vinyle ancestral (et qui donna surement des idées en France à Croque Macadam ou Mind Riot Music pour ne citer qu'eux), le père White a enfin décidé d'entamer une officielle carrière solo avec la sortie de son 1er LP "Blunderbuss".

Sur cette tournée triomphale, Jack White s'est entouré de deux groupes de musiciens hors pairs, l'un constitué entièrement d'hommes et le second de femmes... Avec l'arrivée sur scène de l'équipe masculine au complet et d'un White affublé d'un pantalon strié (ca rappelle de vieux souvenirs enfouis de la performance magique des White Stripes dans cette même salle en 2004 ou encore l'Elysée Montmartre 2002...) on comprend vite que cette soirée sera rock, incandescente et saignante...

Et on est tout de suite mis dans le bain avec une intro plutôt bruitiste et pleine de fureur avant que le groupe n'entame une version lente, revue et corrigée du Black Math des Stripes pour se déchaîner avec le grand "Dead Leaves & the Dirty Ground". Alternant passages saillants à la Telecaster, au piano et à la guitare acoustique White semble s'amuser à surprendre ses musiciens et à tester leurs réactions en live.

Au final, beaucoup d'extraits de Blunderbuss et quelques perles des Whites Stripes mais aussi des Raconteurs ou du Dead Weather avec quelques reprises surprenantes (une reprise de Danger Mouse semble-t-il?). On navigue avec bonheur en eaux rock'n'roll et bluesy. White se sent obligé de finir le set avec son tube international 'Seven Nation Army' que le public ne lui pardonnerait pas de ne pas jouer (et c'est bien dommage eu égard au répertoire dantesque de Monsieur White).

On y retourne ce soir avec certainement le plaisir de voir le groupe féminin sur scène... On a hâte d'y être...

mercredi 27 juin 2012

The Stone Roses au Théâtre Antique de Fourvière (25/6/12)



This is the One! Les légendaires Stone Roses ont donné leur unique concert de reformation dans le cadre enchanteur du Théâtre gallo-romain de Fourvière à Lyon. Concert ultra attendu!

Dans la lignée des immenses groupes mancuniens (Joy Division, New Order, The Smiths, Oasis...) The Stone Roses ont changé la face du rock britannique au détour des années 80/90 avec leur brillant premier album éponyme. Gavés d'ecstasy (mais beaucoup moins que leurs comparses des Happy Mondays), et de house music ils ont su créer cette alchimie improbable qui maria pour le meilleur rock et dance music.

Quand on ré-écoute ce 1er LP, on reste encore sidéré par tant de créativité et par une musicalité impeccable. La section rythmique sonne ultra moderne, les guitares virevoltent de mélodies en mélodies, la voix se fond dans ce maelstrom sonore et nous embarque dans ce trip euphorisant et tellement addictif...

Sur scène, on appréhende toujours un peu le retour d'un groupe culte 20 ans après ses heures de gloire... Mais ces gars là on encore le truc en eux, ca se sent dès leur entrée sur scène... En voyant Ian Brown débarquer, on se frotte les yeux pour s'assurer qu'il ne s'agit pas de Liam Gallagher... Même démarche, mêmes mimiques et façons de bouger... Liam lui a tout piqué! John Squire est toujours au top et on se demande comment il a pu inventer si jeunes toutes ces parties instrumentales tellement à part!

Les Stones Roses auront joué près de deux heures et donc la quasi intégralité de leurs deux albums. C'est sans surprises les morceaux du 1er opus qui auront enflammé le vieux théâtre lyonnais. Quel pied d'entendre ces hymnes repris par une foule en délire (beaucoup d'anglais dans l'assistance) : "I wanna be adored", "Don't Stop", "Made of Stone", le monumental "Fool's Gold" étiré sur plus de 10 minutes avec sa batterie typiquement acid-house et ses soli de guitare spaciaux... Forcément le concert se termine sur "I am the Resurrection" repris en choeur par un public conquis et ravi d'avoir assisté à  l'un des meilleurs concerts de l'année! C'est clair...

Une soirée assez inoubliable qui aura commencé par le set bourré d'énergie de l'ancien Clash Mick Jones et de son nouveau groupe... Des reprises des Clash off course : White man in Hammersmith Palais, Rock the Casbah avec Rachid Taha... et un final sur "Should I stay or should I Go" avec Rachid Taha et... Eric Cantona... une soirée assez incroyable!

vendredi 15 juin 2012

Cracbooms au Kraspek Myzik Lyon (14/6/12)

Soirée ensoleillée sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon, où le petit groupe pop qui monte, Cracbooms, jouait au Kraspek Myzik.

Adoubés par Magic (critique élogieuse et concert pour la revue pop moderne), les Aurillacois tentent de se frayer un chemin sur la longue route semée d'embûches des jeunes groupes au talent certain et qui tentent de le faire partager au plus grand nombre.

Un 45T autoproduit de bonne facture qui met en avant un vrai potentiel, des compos à la fraîcheur revigorante, une guitare rythmique lascive, une lead poppy à souhait, des paroles 60's plus épicées qu'il n'y parait au premier abord... une bonne humeur et une insouciance communicative...

En live, l'esprit du EP prend vie. Ça démarre par l'instrumental sautillant Bato Chinois et on part sur un 3 mats, entre amis, sous le soleil d'une mer tendrement agitée par les remous pop des guitares... On croirait voir un Jacques Dutronc ado jammant avec les Kooks.... C'est dire si on peut penser que les Cracbooms ont un joli avenir devant eux... Le passage à l'âge adulte pourrait être passionnant! A suivre...

samedi 9 juin 2012

Liars au Nouveau Casino (7/6/12)

Les phénoménaux Liars ont donné l'un de ces concerts intenses et abrasifs dont il ont le secret pour leur passage au Nouveau Casino. Leur 6ième album n'étant sorti que deux jours plus tôt, on se rend rue Oberkampf sans trop savoir à quoi s'attendre (ce qui est de toute façon la règle pour un concert des Liars...)...

Les échos du net nous parlaient d'un album électro à la Kid A... Le rapprochement est facile et il faut bien le dire assez paresseux... Le nouveau Long Format de l'équipe d'Angus Andrew a un titre étonnement court : WIXIW qui ne nous dit rien sur ce que nous allons bien pouvoir entendre... Enigmatique et donc très Liars...

Toujours aussi hypnotique, tribale et possédée, la musique des Liars est désormais produite sur des appareils analogiques (sampler, synthés, pads batterie électronique). Une enième évolution pour ce groupe d'explorateurs qui n'aura eu de cesse de se réinventer depuis 10 ans en explosant les barrières traditionnelles du rock, post-rock et post-punk pour célébrer une musique hantée et hautement authentique...

Un groupe bluffant qui sur scène n'est jamais banal. C'est une vraie expérience sonore et sensorielle de vivre un concert des Liars. Barrés, imprévisibles et électrisants ils nous font voyager loin, passant de plages contemplatives à la Autechre des débuts version Amber, cotonneux, langoureux et froid, pour nous amener sur des braises post-industrielles incandescentes et violentes... Ces plages plus musclées auront causé un beau pogo dans la fosse!

Une soirée impeccable et un groupe indispensable.

A lire également Liars aux Nuits Sonores et à la Maroquinerie.

vendredi 8 juin 2012

Atlas Sound au Trabendo (6/6/12)

Bradford Cox, le leader des très estimés Deerhunter, a déjà à son compte une belle discographie solo avec 3 albums officiels publiés sous le nom d'Atlas Sound. C'est sous ce pseudo intriguant qu'il s'est produit au Trabendo pour la promo de son 3ieme long format.

Quand on le voit débarquer seul et prendre sa Gibson Folk on pense tout de suite que l'on va assister à un show acoustique tout ce qu'il y a de plus classique. Mais on n'avait pas remarqué la ribambelle de pédales d'effets à ses pieds. Ça démarre effectivement simplement avec deux titres plutôt Alt Country avant que Bradford ne commence à actionner ses machines.

Il s'amuse à enregistrer des boucles de guitare qu'il superpose les unes sur les autres tout en utilisant une myriade d'effets (reverb, delay, tremolo, flanger... etc). Le rendu est incroyablement envoûtant et hypnotique. Expérimental, psychédélique, souvent rêveur, parfois sombre et décadent, le concert nous emporte loin... Un artiste fascinant ce Bradford Cox...

Pendant plus d'une heure on vole littéralement jusqu'à ce que le charme soit rompu lorsque Cox décide de se lancer dans un monologue de près de 20 minutes, drôle au début puis vite lassant... Cela aura pour effet de couper le spectacle et de nous faire redescendre sur terre... La dernière chanson n'y fera rien, on l'écoutera à peine en pensant à l'heure de concert sublime que l'on venait de vivre...

A lire également Deerhunter à la Gaîté Lyrique.

lundi 4 juin 2012

Lee Ranaldo à la Maroquinerie (3/6/12)

Semaine à marquer d'une pierre blanche pour les fans de rock indé originel, après Soundgarden au Zénith, c'est au tour de Lee Ranaldo, guitariste-chanteur de l'immense groupe new-yorkais Sonic Youth, de passer par Paris pour la promo de son fantastique album solo "between the times & the tides".

Après Matt Cameron, on a le droit de voir quelques jours plus tard une autre immense légende de la batterie rock indé : Steve Shelley (Sonic Youth). Quel bonheur, quel plaisir! Aucune fioriture mais une efficacité et une intensité rare... Aidé par deux autres amis de longue date, Lee Ranaldo nous offre l'intégralité de son 1er véritable album solo... Et dire qu'il aura fallu attendre 30 ans de carrière avant qu'il ne se décide à composer un album entier sous son nom.

Le disque est magnifique. Sur des réminiscences Sonic Youth et ce son rock indé si caractéristique à la fois dissonant et harmonieux, Lee s'offre un voyage du côté des arpèges aériens et limpides des Smiths tout en s'essayant à quelques percées en acoustique. Le tout est incroyablement mélodique et pop mais reste abrasif et chargé d'énergie...

Sur scène, on savoure les déjà classiques "Off the Wall" (potentiel single de l'année 2012), "Waiting on a dream" ou le si spécial "Xtina as I knew her". Les extensions noisy de morceaux comme Angles sont un régal... On aura même droit à une reprise des Talking Heads et à un morceau de Sonic Youth en rappel : Genetic... Détendu, affable et visiblement heureux d'être à Paris, Lee ravit une assistance conquise et enthousiaste. Une superbe soirée pour l'un des concerts les plus réussis de cette première partie d'année 2012. On en redemande!

A lire également Sonic Youth Live 2009, Best Song Ever  : Teen Age Riot ou encore Thurston Moore à la Villette

mercredi 30 mai 2012

Soundgarden au Zénith de Paris (29/5/12)


Après Pavement il y a 2 ans, c’est au tour d’un autre groupe culte des années 90 de se reformer. Les pionniers de la scène de Seattle, Soundgarden, sont de retour sur scène et bientôt sur disque (nouvel album prévu pour l’automne). Passage au Zénith de Paris hier soir dans le cadre d’une tournée européenne faisant suite aux quelques concerts donnés en 2010 (Chicago notamment)…

La mythique formation de Chris Cornell, Kim Thayil, Ben Shepherd et Matt Cameron aura marqué de son empreinte le mouvement pre-grunge (avec Mudhoney  ou encore les Melvins ils ont contribué à l’essor de cette scène qui engendra le phénomène que l’on connaît…). Reconnus pour leur intégrité indéfectible à l’époque, les Soundgarden en auront fait frémir plus d’un à l’annonce de la reformation du groupe il y a 2 ans… Chris Cornell, icône absolue au détour des nineties aura perdu de son aura dans les années 2000 en servant une soupe mainstream horrible au sein de Audioslave… Thayil et Shepherd auront disparu de la circulation tandis que Cameron aura sommeillé derrière les fûts des anciens de Pearl Jam

Qu’attendre donc d’un groupe qu’on a tant aimé il y a plus de 15 ans et qui représentait à l’époque un idéal de non compromission et de passion ? Le prix des places fait frémir (50 Euros minimum) et fait plutôt penser à une tournée lucrative à la Rolling Stones… On se rend donc fébrile Porte de Pantin avec l’excitation de redécouvrir live nombreuses fabuleuses chansons et la peur d’une déception annoncée…

Tenter de rallumer la flamme d’un passé exaltant est chose périlleuse… Si la lanterne s’allume, la magie opère… Et si les brindilles ne prennent pas, amertume et ennui ne peuvent que se répandre…

Dans un Zénith qui n’a pas fait le plein, On est d’abord ébahi devant la prestation dantesque de Cameron derrière ses fûts… On avait oublié combien il avait pu être un batteur monumental au sein de Soundgarden… Ses rythmiques tribales sur Spoonman ou Jesus Christ Pose sont phénoménales… Et que dire de ses solos alambiquées et si caractéristiques dont Thayil a le secret : un must… La grande force du Soundgarden 90 était la  voix puissante et racée de Cornell… et malheureusement l’homme a vieilli et à bientôt 50 ans il chante un ou deux octaves au dessus et avec une voix plutôt éraillée… On mettra quelques chansons à s’adapter à cette nouvelle donne.

Au final on sera passé par des moments de lassitude incongrue (les morceaux de Down on the Upside et un son souvent exécrable) et des moments de ferveur et d’intensité qui nous auront fait revivre quelques instants d’émotion pure : Spoonman, Outshined, The Day I tried to live, Jesus Christ Pose, Fell on Black Days, Slaves & Bulldozers auront été grands… Et surtout ce final 4th ofJuly (une de nos Best Song Ever) aura ravivé la flamme incandescente de 94…

Il y aura eu à boire et à manger dans cette prestation parisienne de Soundgarden mais on préfère garder en mémoire les morceaux choisis d’une soirée particulière on l’on aura voulu laisser de côté toute nostalgie passéiste…

A lire également, Best Song Ever : 4th of July et HungerStrike (Temple of the Dog)

mercredi 23 mai 2012

Overhead innove pour permettre la promotion de "Death by Monkees"

Le groupe de Nicolas Leroux, Overhead, continue son petit bonhomme de chemin en toute indépendance. Après la sortie récente du EP digital "Facing the Grim" dont on a pu déguster quelques titres live à la Clef ou tout récemment au Divan du Monde, Overhead prépare la sortie de son 3ième LP, le bien nommé "Death by Monkees", prévu pour la rentrée.

Limité dans ses ressources pécuniaires, bien que soutenu par le label indé "Further Music" et distribué par Harmonia Mundi, Overhead cherche à obtenir les moyens de pouvoir promouvoir à sa juste valeur la sortie de ce grand disque qu'est "Death By Monkees".

Dans une volonté farouche de pure indépendance, Nico & Co font appel à leurs fans et autres admirateurs zélés pour leur permettre de défendre ce 3ième album. Par le biais du site Kiss Kiss Bank Bank, des donations de 10 à 300€ ouvrent le droit à des contreparties allant du téléchargement d'un EP à des places VIP de concert jusqu'à une séance d'enregistrement dans le studio de Nicolas Leroux.

L'objectif étant au final de récolter 2500€ pour la promo du disque où comment se faire du bien en leur faisant du bien...

Une initiative indé qui mérite d'être soutenue car ce groupe possède un talent fou... Ecoutez et rendez vous compte par vous même en surfant sur overhead.fr et RDV sur Kiss Kiss Bank Bank pour soutenir ce projet!

A lire également, Overhead au Divan du Monde, à la Clef St Germain et Best Song Ever : Talk Real.

dimanche 6 mai 2012

Ryan Adams à la Cigale (4/5/12)

Ça devient vraiment tendance de commencer sa tournée de promo par la capitale française pour y revenir quelques mois plus tard pour enfoncer le clou. Après Noel Gallagher ou St Vincent, voilà donc Ryan Adams de retour à Paris, cette fois-ci à la Cigale après son passage au Trianon en novembre.

Dans cette magnifique salle parisienne chauffée à blanc par un vrai public de fans du songwriter américain, Adams arrive seul sur scène pour nous jouer un set acoustique captivant  dont il a le secret. Dans un tel dénuement, ses magnifiques mélodies se révèlent pleinement. Sa voix chaude, émotive et puissante ensorcèle.

Le set-list diffère peu du concert au Trianon mais qu'importe, le plaisir et la joie de partager cette soirée intimiste l'emporte sur toute autre considération.

Ryan Adams est définitivement un artiste protéiforme au talent rare. Capable de briller dans de multiples registres, comme le confirme l'achat au stand de merchandising du très difficile à dénicher Vinyle 33 Tours Orion (édité par son propre label Pax-Am), sur lequel Adams s'essaie au Heavy Metal dans un strip sci-fi assez surprenant... Bluffant!

A lire également, Ryan Adams au Trianon, Best Song Ever : World War 23 et Best of albums 2011