lundi 30 juillet 2012

Cracbooms à l'International (29/7/12)



On ne fait pas souvent 2 Live Report consécutifs du côté de Mind Riot Music, les derniers a avoir eu droit à cet honneur s'appellent tout de même Jack White, Noel Gallagher, St Vincent, Overhead ou encore Wu Lyf... C'est dire toute l'estime que l'on a pour ce groupe français en devenir dont on avait pu commenter la belle prestation au Kraspek Myzik à Lyon le mois dernier...

Les Cracbooms ont sorti un 45T 4 titres enregistré en toute autonomie l'an dernier et font partie de cette nouvelle scène pop française que certains média avisés s'amusent à décrire, vanter pour annoncer le retour d'une certaine french pop... Autant le dire tout de suite, on mise une pièce sur les Cracbooms. 

Exit les Aline, Granville ou La Femme, le groupe le plus talentueux du lot a exposé ses qualités hier soir à l'international : une énergie joviale et emballante typiquement sixties, des mélodies chaloupées alliant le coté rêche et anguleux des premiers Cure fin 70 et la rondeur des arpèges de Johnny Marr, et le tout chanté en français. Les textes sont plus pernicieux qu'il 'y parait et on ne doute pas que l'écriture du groupe évolue vers plus de double sens raffiné (à la Dutronc/Lanzmann)...

A la différence notable des autres prétendants au trône, les Cracbooms ne puisent pas leur inspiration dans l'âge d'or d'une certaine pop (variété) française des années 80, dont on nous a trop souvent rabâché les oreilles depuis 7, 8 ans (et qui est bien surestimée!). Leurs yeux sont plus tournés vers le port de Liverpool et la conquête marine d'un eldorado ensolleillé... Une quête de lumière qui, on l'espère, les amenera loin, c'est tout le mal qu'on leur souhaite...

A lire également le live report des Cracbooms à Lyon. Et pour le plaisir, Jacques Dutronc en live et Best Song Ever : Paris s'éveille...

lundi 23 juillet 2012

Best Song Ever (épisode 83) : Enjoy the Silence par Depeche Mode

Au sortir des années 80, Depeche Mode est un groupe au succès grandissant qui a déjà à son actif 6 albums. Souvent abimés par les critiques, les 4 britanniques vont définitivement acquérir leurs lettres de noblesse avec la sortie de leur 7ième opus, Violator, en 1990. 

Lançé par le génial "Personal Jesus" (Reach out, touch faith ou le slogan ultime pour tout groupe de zik...) et son mélange bluffant de rythm'n blues old school, façon John Lee Hooker, et de dance music, Violator s'impose instantanément comme un album colossal avec le single "Enjoy the silence".

Un break minimaliste produit par une boite à rythmes agressé par une caisse claire ultra claquante, un synthé spatial, froid et bipolaire, des choeurs post-humains, une guitare réverbérée typiquement eighties et cet entrelacement de bips et de TB303... Un ovni captant l'essence de la dance music, des guitares et des synthés de la coldwave en y ajoutant les basses et les sons de l'acide house (TB 303 forever)...

Un must qui n'a pas pris une ride... Tout comme cet album ultime à la pochette iconique, nature morte repensée par le photographe Anton Corbijn qui réalisera également le clip voyant un Dave Gahan habillé en roi se balader avec sa chaise longue dans des paysages isolés...

Et que dire de ces 10 secondes de silence avant l'ultime estocade donnant ton son sens à la chanson : Enjoy the Silence...

Un vidéo à voir ici. A lire également, dans la même veine prophétique : RIDE, My Bloody Valentine, Primal Scream ou dans le même esprit sombre et quasi mystique : Cure ou Joy Division...


jeudi 19 juillet 2012

Best Song Ever (épisode 82) : I am the resurrection par The Stone Roses

En un album culte, les Stone Roses ont clos le chapitre années 80 pour annoncer au monde l'avènement de la décennie suivante. En synthétisant l'esprit rave de la fin des eighties, l'émergence de la révolution électronique en provenance de Detroit (techno) et de Chicago (house music) et les envolées mélodiques et lyriques de la scène de Manchester (Smiths en tête), les Stone Roses ont révolutionné la scène musicale de l'époque...

Avec ce premier LP au bon goût d'hédonisme, de soif de vivre et de confiance en l'avenir ils ont redonné des couleurs à toute une nation, puis au reste du monde... Ils ont été une source d'inspiration inépuisable pour de nombreux groupes : Primal Scream (avec Screamadelica), Oasis (Liam Gallagher ayant tout piqué à Ian Brown), la scène buggy, madchester avec leurs potes de défonce les Happy Mondays... etc.

Le prophétique "I am the resurrection" clot l'album de tous les superlatifs de manière spectaculaire... Le refrain reste un hymne immense que les fans reprennent à s'en péter les cordes vocales en live (on a pu voir ça à fourvière récemment...). La batterie martiale de Reni insuffle une impact immense au morceau, la basse chaloupe et vous emporte et les guitares brillantes et mélodiques à souhait du héro Jon Squire transcendent le tout... La seconde partie instrumentale du morceau rappelle à quel point les Roses étaient de formidables musiciens...

Un bonheur fou dont on ne peut se lasser... A écouter ici.

A lire également The Stone Roses Live à Fourvière, mais aussi les Best Song Ever de leurs contemporains : Ride, Primal Scream, My Bloody Valentine ou des leur descendance : Oasis, Blur...

dimanche 15 juillet 2012

Best Song Ever (épisode 81) : Dreams burn down par RIDE

Un premier album parfait qui grava dans le marbre les lois du shoegazing! Avec "Nowhere" publié en 1990, Ride entrait déjà dans la légende de la 6 cordes. Un halo hypnotique de guitares tordues, distordues, pleines de reverb, d'écho, de tremolo et d'utilisation compulsive du vibrato telle était l'essence même du mouvement...

"Dreams burn down" sur ce premier LP brilliant associe le coté halluciné et planant du shoegazing sur le couplet aux décharges bruitistes,  agressives mais tellement jouissives du mouvement noisy US de l'époque (magnifié par Sonic Youth ou encore Dinosaur Jr.) sur le refrain. Un coup de maitre qui encore aujourd'hui n'a pas pris une ride (on en dira moins de la suite discographique du combo...).

Et cette voix lancinante et lascive de Mark Gardener : un must du genre, totalement dans son élément au milieu de ce déluge sonique... Pour ne rien gâcher, la pochette du LP est d'une beauté sans nom. A elle seule, elle évoque de manière grandiose le son et l'univers de l'album. Une image qui aura marqué une génération entière... En 33T Vinyle ça a vraiment de la gueule (il faut courir se procurer la réédition remasterisée du 30 centimètres sortie il y a 2 ans : un must-have qui sonne divinement bien...)

Une chanson d'une intensité émotionnelle sidérante... Une Best Song Ever évidente... A écouter ici.

A lire également dans le même registre : "When you Sleep" par My Bloody Valentine, "Swallowtail" par Brian Jonestown Massacre ou encore The Warlocks...

jeudi 5 juillet 2012

Brian Jonestown Massacre au Trianon (4/7/12)

Le jour de l'indépendance américaine, le groupe indé californien le plus culte de sa génération, les cramés du Brian Jonestown Massacre ont enflammé le Trianon hier soir, causant jusqu'au décollement d'une partie du plafond! Hot as hell...

Le leader démiurge du BJM, Anton Newcombe était dans un bon mood hier et le concert fut l'un des plus psychédéliques donné par le groupe dans la capitale française (vs bataclan 2008 et 2010). Dans une ambiance torride, le combo de San Francisco a surfé sur les vagues psyché de son dernier opus "Aufheben" le dernier album terrestre du groupe selon Anton...

Plusieurs titres de Aufheben donc, la reprise "There's a war going on" permet au Tambourine Man en chef, Joel Gion, de montrer ses capacités vocales après avoir passé une bonne partie de la soirée haut perché (as usual) en maniant maracas et tambourins en même temps! Et bien sûr quelques grands titres du répertoire gargantuesque du groupe : Sue, Anemone, Servo, Vacuum Boots ou encore le lennonien "Oh, Lord" chanté par Matt Hollywood qui causa une véritable émeute dans la foule...

Deux heures de folie et de bonheur partagé! Pas de rappel mais un Anton restant seul sur scène au synthé pour nous asséner quelques nappes bruitistes avant de tirer sa révérence...

Un groupe indispensable!

A lire également BJM au Bataclan en 2008 et 2010 ou encore Best Song Ever : Swallowtail.

mercredi 4 juillet 2012

Jack White à l'Olympia #2 (3/7/12)

Seconde soirée d'affilée pour Jack White à l'Olympia. Après un premier concert avec son groupe masculin, place aux femmes ce soir!

Après un très beau set inaugural des suédoises de First Aid Kit à l'influence retro sixties élégante, l'entrée des musiciennes provoque déjà une émeute dans l'enceinte parisienne du boulevard des capucines. D'une rare élégance, le backing band est suivi du maestro Jack White, costume bleu clair de circonstance.

Dès les premières notes, on sent un White aussi bien électrisé par l'ambiance surchauffée de l'Olympia que par le fait de jouer au milieu de ses amazones glamour et sensuelles... Le show sera donc survolté dans une rare élégance rock...

"Dead Leaves & the Dirty Ground" donne le ton d'entrée, "Sixteen Saltlines" enfonce le clou dans la foulée. "Love Interruption" devient sexy à souhait lorsque White et sa choriste partagent le micro. "Hotel Yorba" suit et enflamme la salle... Comme la veille le "Top Yourself" revisité des Raconteurs reste un point de basculement du concert où l'alternance de moments doux et agressifs amène une totale communion avec le public... Sidérant!

On retiendra un rappel fièvreux avec un "Doorbell" repris en choeur par la foule, un "Steady as she goes" orgiaque, un "I'm slowly tunring into you" dantesque pour le final annoncé 'Seven Nation Army'...

On avait rarement vu autant d'ambiance dans la sage Olympia parisienne, une soirée revigorante, merci Monsieur White!

A lire également, 1ère soirée de Jack White à l'Olympia la veille, Dead Weather à l'Olympia, le coup de gueule de Jack White et le rôle des Whites Stripes dans les années 2000.

mardi 3 juillet 2012

Jack White à l'Olympia (2/7/12)

Monsieur Jack White était de passage à Paris pour la première de ses deux dates Sold-Out dans la mythique salle de l'Olympia. Multi-instrumentiste brillant, collaborateur et compositeur prolifique (White Stripes, Raconteurs, Dead Weather) et même boss de label avec l'incomparable Third Man Records qui ne jure que par les micro-sillons du vinyle ancestral (et qui donna surement des idées en France à Croque Macadam ou Mind Riot Music pour ne citer qu'eux), le père White a enfin décidé d'entamer une officielle carrière solo avec la sortie de son 1er LP "Blunderbuss".

Sur cette tournée triomphale, Jack White s'est entouré de deux groupes de musiciens hors pairs, l'un constitué entièrement d'hommes et le second de femmes... Avec l'arrivée sur scène de l'équipe masculine au complet et d'un White affublé d'un pantalon strié (ca rappelle de vieux souvenirs enfouis de la performance magique des White Stripes dans cette même salle en 2004 ou encore l'Elysée Montmartre 2002...) on comprend vite que cette soirée sera rock, incandescente et saignante...

Et on est tout de suite mis dans le bain avec une intro plutôt bruitiste et pleine de fureur avant que le groupe n'entame une version lente, revue et corrigée du Black Math des Stripes pour se déchaîner avec le grand "Dead Leaves & the Dirty Ground". Alternant passages saillants à la Telecaster, au piano et à la guitare acoustique White semble s'amuser à surprendre ses musiciens et à tester leurs réactions en live.

Au final, beaucoup d'extraits de Blunderbuss et quelques perles des Whites Stripes mais aussi des Raconteurs ou du Dead Weather avec quelques reprises surprenantes (une reprise de Danger Mouse semble-t-il?). On navigue avec bonheur en eaux rock'n'roll et bluesy. White se sent obligé de finir le set avec son tube international 'Seven Nation Army' que le public ne lui pardonnerait pas de ne pas jouer (et c'est bien dommage eu égard au répertoire dantesque de Monsieur White).

On y retourne ce soir avec certainement le plaisir de voir le groupe féminin sur scène... On a hâte d'y être...

mercredi 27 juin 2012

The Stone Roses au Théâtre Antique de Fourvière (25/6/12)



This is the One! Les légendaires Stone Roses ont donné leur unique concert de reformation dans le cadre enchanteur du Théâtre gallo-romain de Fourvière à Lyon. Concert ultra attendu!

Dans la lignée des immenses groupes mancuniens (Joy Division, New Order, The Smiths, Oasis...) The Stone Roses ont changé la face du rock britannique au détour des années 80/90 avec leur brillant premier album éponyme. Gavés d'ecstasy (mais beaucoup moins que leurs comparses des Happy Mondays), et de house music ils ont su créer cette alchimie improbable qui maria pour le meilleur rock et dance music.

Quand on ré-écoute ce 1er LP, on reste encore sidéré par tant de créativité et par une musicalité impeccable. La section rythmique sonne ultra moderne, les guitares virevoltent de mélodies en mélodies, la voix se fond dans ce maelstrom sonore et nous embarque dans ce trip euphorisant et tellement addictif...

Sur scène, on appréhende toujours un peu le retour d'un groupe culte 20 ans après ses heures de gloire... Mais ces gars là on encore le truc en eux, ca se sent dès leur entrée sur scène... En voyant Ian Brown débarquer, on se frotte les yeux pour s'assurer qu'il ne s'agit pas de Liam Gallagher... Même démarche, mêmes mimiques et façons de bouger... Liam lui a tout piqué! John Squire est toujours au top et on se demande comment il a pu inventer si jeunes toutes ces parties instrumentales tellement à part!

Les Stones Roses auront joué près de deux heures et donc la quasi intégralité de leurs deux albums. C'est sans surprises les morceaux du 1er opus qui auront enflammé le vieux théâtre lyonnais. Quel pied d'entendre ces hymnes repris par une foule en délire (beaucoup d'anglais dans l'assistance) : "I wanna be adored", "Don't Stop", "Made of Stone", le monumental "Fool's Gold" étiré sur plus de 10 minutes avec sa batterie typiquement acid-house et ses soli de guitare spaciaux... Forcément le concert se termine sur "I am the Resurrection" repris en choeur par un public conquis et ravi d'avoir assisté à  l'un des meilleurs concerts de l'année! C'est clair...

Une soirée assez inoubliable qui aura commencé par le set bourré d'énergie de l'ancien Clash Mick Jones et de son nouveau groupe... Des reprises des Clash off course : White man in Hammersmith Palais, Rock the Casbah avec Rachid Taha... et un final sur "Should I stay or should I Go" avec Rachid Taha et... Eric Cantona... une soirée assez incroyable!

vendredi 15 juin 2012

Cracbooms au Kraspek Myzik Lyon (14/6/12)

Soirée ensoleillée sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon, où le petit groupe pop qui monte, Cracbooms, jouait au Kraspek Myzik.

Adoubés par Magic (critique élogieuse et concert pour la revue pop moderne), les Aurillacois tentent de se frayer un chemin sur la longue route semée d'embûches des jeunes groupes au talent certain et qui tentent de le faire partager au plus grand nombre.

Un 45T autoproduit de bonne facture qui met en avant un vrai potentiel, des compos à la fraîcheur revigorante, une guitare rythmique lascive, une lead poppy à souhait, des paroles 60's plus épicées qu'il n'y parait au premier abord... une bonne humeur et une insouciance communicative...

En live, l'esprit du EP prend vie. Ça démarre par l'instrumental sautillant Bato Chinois et on part sur un 3 mats, entre amis, sous le soleil d'une mer tendrement agitée par les remous pop des guitares... On croirait voir un Jacques Dutronc ado jammant avec les Kooks.... C'est dire si on peut penser que les Cracbooms ont un joli avenir devant eux... Le passage à l'âge adulte pourrait être passionnant! A suivre...

samedi 9 juin 2012

Liars au Nouveau Casino (7/6/12)

Les phénoménaux Liars ont donné l'un de ces concerts intenses et abrasifs dont il ont le secret pour leur passage au Nouveau Casino. Leur 6ième album n'étant sorti que deux jours plus tôt, on se rend rue Oberkampf sans trop savoir à quoi s'attendre (ce qui est de toute façon la règle pour un concert des Liars...)...

Les échos du net nous parlaient d'un album électro à la Kid A... Le rapprochement est facile et il faut bien le dire assez paresseux... Le nouveau Long Format de l'équipe d'Angus Andrew a un titre étonnement court : WIXIW qui ne nous dit rien sur ce que nous allons bien pouvoir entendre... Enigmatique et donc très Liars...

Toujours aussi hypnotique, tribale et possédée, la musique des Liars est désormais produite sur des appareils analogiques (sampler, synthés, pads batterie électronique). Une enième évolution pour ce groupe d'explorateurs qui n'aura eu de cesse de se réinventer depuis 10 ans en explosant les barrières traditionnelles du rock, post-rock et post-punk pour célébrer une musique hantée et hautement authentique...

Un groupe bluffant qui sur scène n'est jamais banal. C'est une vraie expérience sonore et sensorielle de vivre un concert des Liars. Barrés, imprévisibles et électrisants ils nous font voyager loin, passant de plages contemplatives à la Autechre des débuts version Amber, cotonneux, langoureux et froid, pour nous amener sur des braises post-industrielles incandescentes et violentes... Ces plages plus musclées auront causé un beau pogo dans la fosse!

Une soirée impeccable et un groupe indispensable.

A lire également Liars aux Nuits Sonores et à la Maroquinerie.

vendredi 8 juin 2012

Atlas Sound au Trabendo (6/6/12)

Bradford Cox, le leader des très estimés Deerhunter, a déjà à son compte une belle discographie solo avec 3 albums officiels publiés sous le nom d'Atlas Sound. C'est sous ce pseudo intriguant qu'il s'est produit au Trabendo pour la promo de son 3ieme long format.

Quand on le voit débarquer seul et prendre sa Gibson Folk on pense tout de suite que l'on va assister à un show acoustique tout ce qu'il y a de plus classique. Mais on n'avait pas remarqué la ribambelle de pédales d'effets à ses pieds. Ça démarre effectivement simplement avec deux titres plutôt Alt Country avant que Bradford ne commence à actionner ses machines.

Il s'amuse à enregistrer des boucles de guitare qu'il superpose les unes sur les autres tout en utilisant une myriade d'effets (reverb, delay, tremolo, flanger... etc). Le rendu est incroyablement envoûtant et hypnotique. Expérimental, psychédélique, souvent rêveur, parfois sombre et décadent, le concert nous emporte loin... Un artiste fascinant ce Bradford Cox...

Pendant plus d'une heure on vole littéralement jusqu'à ce que le charme soit rompu lorsque Cox décide de se lancer dans un monologue de près de 20 minutes, drôle au début puis vite lassant... Cela aura pour effet de couper le spectacle et de nous faire redescendre sur terre... La dernière chanson n'y fera rien, on l'écoutera à peine en pensant à l'heure de concert sublime que l'on venait de vivre...

A lire également Deerhunter à la Gaîté Lyrique.

lundi 4 juin 2012

Lee Ranaldo à la Maroquinerie (3/6/12)

Semaine à marquer d'une pierre blanche pour les fans de rock indé originel, après Soundgarden au Zénith, c'est au tour de Lee Ranaldo, guitariste-chanteur de l'immense groupe new-yorkais Sonic Youth, de passer par Paris pour la promo de son fantastique album solo "between the times & the tides".

Après Matt Cameron, on a le droit de voir quelques jours plus tard une autre immense légende de la batterie rock indé : Steve Shelley (Sonic Youth). Quel bonheur, quel plaisir! Aucune fioriture mais une efficacité et une intensité rare... Aidé par deux autres amis de longue date, Lee Ranaldo nous offre l'intégralité de son 1er véritable album solo... Et dire qu'il aura fallu attendre 30 ans de carrière avant qu'il ne se décide à composer un album entier sous son nom.

Le disque est magnifique. Sur des réminiscences Sonic Youth et ce son rock indé si caractéristique à la fois dissonant et harmonieux, Lee s'offre un voyage du côté des arpèges aériens et limpides des Smiths tout en s'essayant à quelques percées en acoustique. Le tout est incroyablement mélodique et pop mais reste abrasif et chargé d'énergie...

Sur scène, on savoure les déjà classiques "Off the Wall" (potentiel single de l'année 2012), "Waiting on a dream" ou le si spécial "Xtina as I knew her". Les extensions noisy de morceaux comme Angles sont un régal... On aura même droit à une reprise des Talking Heads et à un morceau de Sonic Youth en rappel : Genetic... Détendu, affable et visiblement heureux d'être à Paris, Lee ravit une assistance conquise et enthousiaste. Une superbe soirée pour l'un des concerts les plus réussis de cette première partie d'année 2012. On en redemande!

A lire également Sonic Youth Live 2009, Best Song Ever  : Teen Age Riot ou encore Thurston Moore à la Villette

mercredi 30 mai 2012

Soundgarden au Zénith de Paris (29/5/12)


Après Pavement il y a 2 ans, c’est au tour d’un autre groupe culte des années 90 de se reformer. Les pionniers de la scène de Seattle, Soundgarden, sont de retour sur scène et bientôt sur disque (nouvel album prévu pour l’automne). Passage au Zénith de Paris hier soir dans le cadre d’une tournée européenne faisant suite aux quelques concerts donnés en 2010 (Chicago notamment)…

La mythique formation de Chris Cornell, Kim Thayil, Ben Shepherd et Matt Cameron aura marqué de son empreinte le mouvement pre-grunge (avec Mudhoney  ou encore les Melvins ils ont contribué à l’essor de cette scène qui engendra le phénomène que l’on connaît…). Reconnus pour leur intégrité indéfectible à l’époque, les Soundgarden en auront fait frémir plus d’un à l’annonce de la reformation du groupe il y a 2 ans… Chris Cornell, icône absolue au détour des nineties aura perdu de son aura dans les années 2000 en servant une soupe mainstream horrible au sein de Audioslave… Thayil et Shepherd auront disparu de la circulation tandis que Cameron aura sommeillé derrière les fûts des anciens de Pearl Jam…

Qu’attendre donc d’un groupe qu’on a tant aimé il y a plus de 15 ans et qui représentait à l’époque un idéal de non compromission et de passion ? Le prix des places fait frémir (50 Euros minimum) et fait plutôt penser à une tournée lucrative à la Rolling Stones… On se rend donc fébrile Porte de Pantin avec l’excitation de redécouvrir live nombreuses fabuleuses chansons et la peur d’une déception annoncée…

Tenter de rallumer la flamme d’un passé exaltant est chose périlleuse… Si la lanterne s’allume, la magie opère… Et si les brindilles ne prennent pas, amertume et ennui ne peuvent que se répandre…

Dans un Zénith qui n’a pas fait le plein, On est d’abord ébahi devant la prestation dantesque de Cameron derrière ses fûts… On avait oublié combien il avait pu être un batteur monumental au sein de Soundgarden… Ses rythmiques tribales sur Spoonman ou Jesus Christ Pose sont phénoménales… Et que dire de ses solos alambiquées et si caractéristiques dont Thayil a le secret : un must… La grande force du Soundgarden 90 était la  voix puissante et racée de Cornell… et malheureusement l’homme a vieilli et à bientôt 50 ans il chante un ou deux octaves au dessus et avec une voix plutôt éraillée… On mettra quelques chansons à s’adapter à cette nouvelle donne.

Au final on sera passé par des moments de lassitude incongrue (les morceaux de Down on the Upside et un son souvent exécrable) et des moments de ferveur et d’intensité qui nous auront fait revivre quelques instants d’émotion pure : Spoonman, Outshined, The Day I tried to live, Jesus Christ Pose, Fell on Black Days, Slaves & Bulldozers auront été grands… Et surtout ce final 4th ofJuly (une de nos Best Song Ever) aura ravivé la flamme incandescente de 94…

Il y aura eu à boire et à manger dans cette prestation parisienne de Soundgarden mais on préfère garder en mémoire les morceaux choisis d’une soirée particulière on l’on aura voulu laisser de côté toute nostalgie passéiste…

A lire également, Best Song Ever : 4th of July et HungerStrike (Temple of the Dog)

mercredi 23 mai 2012

Overhead innove pour permettre la promotion de "Death by Monkees"

Le groupe de Nicolas Leroux, Overhead, continue son petit bonhomme de chemin en toute indépendance. Après la sortie récente du EP digital "Facing the Grim" dont on a pu déguster quelques titres live à la Clef ou tout récemment au Divan du Monde, Overhead prépare la sortie de son 3ième LP, le bien nommé "Death by Monkees", prévu pour la rentrée.

Limité dans ses ressources pécuniaires, bien que soutenu par le label indé "Further Music" et distribué par Harmonia Mundi, Overhead cherche à obtenir les moyens de pouvoir promouvoir à sa juste valeur la sortie de ce grand disque qu'est "Death By Monkees".

Dans une volonté farouche de pure indépendance, Nico & Co font appel à leurs fans et autres admirateurs zélés pour leur permettre de défendre ce 3ième album. Par le biais du site Kiss Kiss Bank Bank, des donations de 10 à 300€ ouvrent le droit à des contreparties allant du téléchargement d'un EP à des places VIP de concert jusqu'à une séance d'enregistrement dans le studio de Nicolas Leroux.

L'objectif étant au final de récolter 2500€ pour la promo du disque où comment se faire du bien en leur faisant du bien...

Une initiative indé qui mérite d'être soutenue car ce groupe possède un talent fou... Ecoutez et rendez vous compte par vous même en surfant sur overhead.fr et RDV sur Kiss Kiss Bank Bank pour soutenir ce projet!

A lire également, Overhead au Divan du Monde, à la Clef St Germain et Best Song Ever : Talk Real.

dimanche 6 mai 2012

Ryan Adams à la Cigale (4/5/12)

Ça devient vraiment tendance de commencer sa tournée de promo par la capitale française pour y revenir quelques mois plus tard pour enfoncer le clou. Après Noel Gallagher ou St Vincent, voilà donc Ryan Adams de retour à Paris, cette fois-ci à la Cigale après son passage au Trianon en novembre.

Dans cette magnifique salle parisienne chauffée à blanc par un vrai public de fans du songwriter américain, Adams arrive seul sur scène pour nous jouer un set acoustique captivant  dont il a le secret. Dans un tel dénuement, ses magnifiques mélodies se révèlent pleinement. Sa voix chaude, émotive et puissante ensorcèle.

Le set-list diffère peu du concert au Trianon mais qu'importe, le plaisir et la joie de partager cette soirée intimiste l'emporte sur toute autre considération.

Ryan Adams est définitivement un artiste protéiforme au talent rare. Capable de briller dans de multiples registres, comme le confirme l'achat au stand de merchandising du très difficile à dénicher Vinyle 33 Tours Orion (édité par son propre label Pax-Am), sur lequel Adams s'essaie au Heavy Metal dans un strip sci-fi assez surprenant... Bluffant!

A lire également, Ryan Adams au Trianon, Best Song Ever : World War 23 et Best of albums 2011

samedi 5 mai 2012

The Dandy Warhols à l'Olympia (29/4/12)


Les Dandy Warhols sont descendus ce dimanche 29 avril à Paris histoire de soutenir leur dernier album 'This Machine' sorti quelques jours auparavant,  mais surtout pour remettre en jeu leur statut de formation majeure des années 2000...

Souvenez-vous en 1997 à la sortie de ’Come Down’ (officiellement second album du groupe, même si le premier est passé relativement inaperçu, en France tout du moins) les articles de presse sont dithyrambiques et Rolling Stones annonce que le meilleur groupe anglais du moment vient de Portland USA. Stupeur et consternation au sein de la scène rock anglaise, à peine remise du déclin de sa fameuse brit pop dont à l’époque Oasis et surtout Blur sont les uniques rescapés, et qui doit de plus faire face à une déferlante électronique (rappelons que cela se passe plusieurs années avant le retour des groupes à guitares, converse et amplis vintages sur le devant de la scène internationale).

Les Dandys arrivent donc à point nommé pour reprendre le flambeau d’une pop psychédélique,  laissée quelques années auparavant par My Bloody Valentine, Ride, Charlatans et autres Stone Roses.   Le troisième album ‘Thirteen Tales from Urban Bohemia’ enfonce le clou en s’appuyant une fois de plus sur cette recette alternant power pop et transe velvetienne. Le groupe culmine alors au sommet de son art. Le hic c’est que déjà à cette époque la personnalité du frontman ‘beau gosse’ Courtney Taylor commence à alimenter les forums, préfigurant l’épisode du film  ‘DIG’ (sorti en 2004). 

Le groupe fait l’objet d’une réelle cabale, le film concluant, documents live et backstage à l’appui, que leur rivaux (amis ?) du Brian Jonestown Massacre sont les vrais hérauts rock n roll de l’affaire, et que les Dandys ne sont qu’une bande de poseurs, vampirisant l’essence créative de leurs confrères,  uniquement attirés par le box office et les unes des magazines branchés . Il faudra attendre plusieurs années et un changement de label pour que Taylor et ses acolytes regagnent un semblant de crédibilité, sans jamais, il faut bien l’avouer retrouver l’aura des débuts.

Alors qu’une majorité de formations aurait sans doute jeté l’éponge, les Dandy Warhols font profil bas et continuent de tracer leur route tranquillement, loin des frasques géniales mais incontrôlables et parfois obscures du BJM.
Le concert de l’Olympia commence très fort :  ‘Mohamed’, ’Be In’,  ‘Good Morning’, ‘Not if you were the last junkie on earth’, ‘Godless’  tous les brulots de la grande époque sont joués en introduction, public en émoi, formidable travail sur le son, la soirée s’annonce mémorable.  

Des extraits du nouvel album sont intercalés entre 2 classiques, ce qui logiquement altère un peu l’excitation ambiante, mais dès que le groupe rebondit sur un ‘Bohemian like you’, ‘Get off’, ‘Horse pill’, ‘We used to be friends’ ou encore le très shoegaze ‘I Love You’, les murs de la salle se remettent à trembler sous les intonations d’un public totalement acquis à la chose.  A noter une reprise plutôt dispensable de ‘Every day should be a holiday’ (morceau repéré à l’époque sur la BO de Mary à tout prix !) par Courtney Taylor seul sur scène. Le rappel tarde à venir (une partie du public semble avoir déjà quitté l’Olympia) et le groupe revient sur scène pour interpréter un ‘Boys better’ d’anthologie, morceau qui reste à ce jour leur plus belle création.

Même si l’écoute de ‘This machine’ peut laisser certains fans sur leur faim, il faut reconnaitre qu’au fil des albums les Dandy Warhols continuent, au grand dam de leurs détracteurs, de se forger une solide discographie leur permettant d’assurer de brillants shows,  dont celui de ce soir fut sans doute un des plus beaux exemples vécus par le public parisien.

Romain T, MRM Crew

jeudi 3 mai 2012

Overhead au Divan du Monde (2/5/12)

Pas facile de faire un concert un soir de débat de l'entre deux tours d'une présidentielle... Et encore moins entre deux ponts du mois de mai... Tel est le défi auquel à du faire face Overhead pour son retour dans la capitale après avoir brisé un silence de 8 années à la Clef St Germain en mars dernier...

Audience plus que clairsemée mais brillante prestation de la part de l'un des tous meilleurs groupes de rock made in France. L'élégance et le charisme, la voix subtile et puissante de Nicolas Leroux auront encore fait des ravages. Ne manque plus que l'attention d'un public qui ne pourra que succomber face à tant de bravoure et de talent indie rock.

Comme à la Clef St Germain, il faut 2 titres au combo pour se roder et commencer à larguer les amarres... Et comme par hasard c'est une nouvelle fois sur "Justice for my Enemy" et ses envolées vocales haletantes que le show décolle (it makes you wonder the reasons for your rage...). Groove, chaleur et originalité, tout y est... Que dire encore de "My Moon Resort" qui permet à Nicolas Leroux de montrer l'étendue de ses talents vocaux... Tout comme le sublime "The Destroyer", encore meilleur en live que sur disque...

Petite déception avec "NWO" entamé trop dans le concert et donc pendant cette petite période de rodage de 2 chansons... Mais avec un "Other dissidents" relevé, un "In a Hundred Years" toujours aussi surpuissant ainsi que le phénoménal et culte "Talk Real" pour finir, on aura eu notre dose de frissons et de chansons indie incontournables.

On attend avec impatience de pouvoir entendre en live "Dead Man Walking" (la pop song renversante de l'album "Death by Monkees" à sortir à la rentrée) "Hit it in the wild" ou encore "Facing the Grim" (du même nom que le EP digital sorti le 23 avril)...

A lire également Overhead à la Clef St Germain, Best Song Ever "Talk Real" et à découvrir une production récente de Nicolas Leroux : Moslyve.


vendredi 6 avril 2012

Memoryhouse à la Flèche d'or (5/4/12)

Ces Canadiens de Toronto ont eu l'honneur de faire la couv de MAGIC (excellent mensuel au demeurant) le mois dernier pour la sortie de leur premier album "The Slideshow Effect". Et c'est donc à la Flèche d'or (rempli des lecteurs du mag pop moderne) que le duo, transformé en trio pour le live, a donné le second concert parisien de son existence!

Memoryhouse, groupe hype ou vrai talent? A part Magic, peu de mag ou de blogs se sont vraiment enflammés pour ce debut LP... Et ils ont bien tort, car il faut reconnaître qu'en terre MRM on est plutôt sous le charme. Certains critiques savants ont comparé Memoryhouse aux Cocteau Twins... Pourquoi pas sur l'ambition dream pop, mais on verrait plus un rapprochement naturel avec les Smiths pour le penchant carillonnant des guitares (mais rien à voir au niveau texte et vocalises, Morrissey is Morrissey)...

Une musique à écouter au soleil, à la campagne pour se plonger dans une certaine sérénité mélancolique et bucolique à la fois... Sur scène, l'ajout d'un batteur au duo apporte une certaine force au propos et rockifie quelque peu l'ensemble dream pop. Armé d'une gibson et d'un Vox AC30, Evan Abeele nous abreuve de notes aériennes à la Johnny Marr, tandis que le chant de Denise Nouvion nous transporte... La basse jouée au synthé par Denise amène une certaine profondeur...

Sur la fin du concert, quelle surprise d'entendre quelques mots et une ligne mélodique qui nous rappellent furieusement quelque chose... Et quelle étonnement lorsque l'on comprend qu'on a le privilège d'entendre une reprise de My Bloody Valentine avec l'immense "When you Sleep" (oui celui là même qui fait partie de notre saga Best Song Ever). On ne s'attendait vraiment pas à trouver une telle référence dans les propos de Memoryhouse... Et on ne peut qu'en être ravi!!!

Une belle soirée intimiste et rêveuse! On ressort heureux, et avec l'envie de revoir très prochainement ce groupe inspiré que l'on sent capable d'explorer et de donner vie à une dream pop aventureuse et ambitieuse... A suivre...

samedi 31 mars 2012

Helmet au Nouveau Casino (30/3/12)

Les 20 ans de Meantime, premier album fondateur d'Helmet, ca se fête! Et ca vaut bien un petit concert au Nouveau Casino! Le groupe de Page Hamilton a donc entamé il y a 20 ans (21 en fait) le début d'une trilogie fantastique (avec les albums Betty et Aftertaste sortis en 94 et 97) qui aura redéfini les frontières du metal...

Le génie d'Hamilton aura été de faire lorgner une musique lourde et percutante vers des champs pop, indie voire jazz... Et le tout avec classe, vérité et excellence!!!

Le Nouveau Casino est quasiment rempli pour célébrer cet anniversaire. Helmet commence par un petit warm up avec une poignée de titres essentiellement issus de Betty et Aftertaste, avant de rejouer l'intégralité de Meantime en commençant par la fin pour conclure sur le titre introductif "in the meantime".

Ce fut une tuerie! Une énergie démentielle et un pur bonheur de redécouvrir en live ces morceaux puissants et rentre-dedans, avec ses titres jouissifs que sont Unsung et "in the meantime"... Que du bonheur reçu par une foule en liesse...

Un long rappel nous permettra d'entendre quelques fabuleux titres en provenance des deux successeurs de Meantime... Une très belle soirée autour d'un groupe qui aura compté dans les années 90 en influençant une sacrée paire de groupes... Respect Monsieur Hamilton.

A lire également : Helmet à l'Elysée Montmartre ou encore Best of Live 2010.

dimanche 25 mars 2012

Overhead à la Clef St Germain (24/3/12)

Belle soirée hier à la Clef Saint Germain avec le retour officiel sur scène du groupe Overhead après 8 longues années d'absence. Un come-back tonitruant et en trio pour un rendu rock extrêmement convaincant (Nicolas Leroux guitare-chant, Arch Woodman à la batterie et Benoit Guivarch' aux backing vocals et guitare-basse)...

Après l'acclamé "Silent Witness" en 2002 oscillant ostensiblement entre lyrisme jazz et envolées soniques exaltantes, l’impeccable "No time between" et son rock indé tranchant et délicat (un sommet du genre), Nicolas Leoux a enregistré en 2011, dans son studio Mulholland Drive, le tant attendu 3ième album d'Overhead : Death by Monkeys dont la sortie est prévue pour la rentrée 2012. On pourra patienter jusque là avec la parution le 23 avril du EP 5 titres "Facing the Grim" qui comprendra, entre autres, les deux singles "other dissidents" et "the destroyer", déjà en écoute via le site de Overhead...

Et c'est par la chanson "Death by monkeys" que le groupe lance ce premier concert. Un autre extrait du 3ième album est offert à l'assistance : "Justice for my Enemy"... Le ton est donné, le show sera rock et punchy! Après quelques petits soucis de réglage du son (l'incroyable voix de Nicolas est trop en retrait dans le mix) le concert prend son envol avec NWO! Assurément l'un des sommets de ce LP3... Avec son refrain à la Beatles sous acide, NWO a fière allure. L’enchaînement avec le single "Other dissidents" est un régal et démontre que les 8 années d'absence n'auront pas entamé l'énorme potentiel du groupe... Une reprise de l'album solo de Nicolas Leroux : "Is this the wrong tide" (The Fugitive Kind) et un extrait du EP Facing the Grim avec "the Wonderer" viendront faire chavirer définitivement l'assistance...

Dans cette formation en power trio, Overhead renoue avec l'instantanéité et la percussion de leur rock indé si classieux! Le final avec les sublimes "In a hundred years" et "Talk Real" (issus du second LP) auront ravivé de biens beaux souvenirs et confirmé qu'Overhead a un bel avenir en 2012 si tant est qu'on leur donne la chance de le démontrer!

Un retour réussi pour Overhead! On a déjà hâte de les revoir! Ce sera le 2 mai au divan du monde...

A lire également Best Song Ever : Talk Real et à suivre l'une des récentes productions de Nicolas Leroux en tant que réalisateur du EP et du second album du groupe de rock indé Moslyve...

vendredi 9 mars 2012

Wu Lyf au Bataclan (8/3/12)

On a déjà beaucoup écrit sur ce blog sur le phénomène Wu Lyf, que ce soit lors de leur épique passage à Rock en Seine (meilleur concert de l'année 2011 de notre top 10) ou à la Cigale ou encore sur leur présence dans le top 10 albums MRM 2011... On essaiera donc de rester concis pour cette nouvelle apparition parisienne, au Bataclan cette fois-ci...

Et première bonne impression, la salle n'est pas surbondée et donc la chaleur pas aussi odieuse que d'habitude (remember Jack White!)... Un bon point, on s'attendait déjà à souffrir le martyre comme pour New Order ou Kyuss récemment...

Le concert démarre plutôt faiblement en comparaison des dernières prestations des mancuniens. Le son est brouillon et n'aide personne à rentrer dans le truc... Et ca durera 3 ou 4 chansons avant que les Wu Lyf ne se lâchent et aident le public à lâcher prise... Ensuite on est de nouveau saisi par la force messianique de Spitting Blood, Heavy Pop, 14 Crowns et bien sûr l'étendard We Bros en guise d'ultime chanson d'un set intense... Mais on sent quand même les Wu Lyf un peu à bout de souffle dans cette tournée sans fin... Le chanteur s'excusera même de ne plus avoir de voix...

On a hâte d'entendre la suite des aventures du combo! Comment vont-ils gérer le succès et réussir à surpasser ce premier disque incandescent?

PS : On pensait que la reprise du Wicked Games de Chris Isaack à la Cigale était à prendre au second degré mais la récidive au Bataclan nous fait repenser la question... Mais que diable, pourquoi pas Blue Hotel... ;)

mercredi 7 mars 2012

Noel Gallagher au Grand Rex (6/03/12)

Ca fait déjà 3 mois que Noel Gallagher est venu présenté au Casino de Paris son premier effort solo, et le revoilà déjà dans la capitale, au Grand Rex cette fois-ci où on l'on à plaisir à enchaîner une seconde soirée après le concert épique de Wilco la veille...

L'ex-songwriter d'Oasis est un Dieu vivant pour des milliers de fans et le voir sur scène est toujours un évènement! En choisissant de jouer en live la quasi-intégralité de son album avec les High Flying Birds (à l'exception du titre concluant l'album : Stop the Clocks) et en saupoudrant son set de ses meilleurs compositions pour son illustre groupe, Noel tape dans le mil et ravit une assistance comblée!

Ca démarre comme un clin d'oeil à son frère rageur avec la Face B du single Wonderwall de l'époque : "Good to be free"... Pour enchainer avec le très 60's et dansant "Mucky Fingers" époque Don't Believe the Truth... Le concert est lancé, les deux premiers titres de l'album solo peuvent être balancés. Everybody's on the Run, le bien nommé, précède l'hymne Dream on, repris en choeur par une foule aux anges... Ensuite le fabuleux titre 'If I had a Gun' qui rappelle que Noel n'a rien perdu de son talent de compositeur... Très beau...

Toute la soirée sera une succession de titres convaincants et de chansons mythiques de feu Oasis... Les plus belles émotions de cette belle nuit au Grand Rex resteront sans aucun doute cette version acoustique surprenante et magnifique de Supersonic, l'inédit James Bondien 'Freeky Teeth' qui renverse tout sur son passage, le virevoltant Aka... What a life, rappelant l'electro made in 90's avec son son de piano Acid House, ou encore les irresistibles faces B d'Oasis que sont "Talk Tonight" ou "Half the world away".

Le set est quasiment le même que celui du Casino de Paris, à la différence notable que Wonderwall sera remplacé par Whatever! La première fois que j’entendais ce titre formidable en live (une dizaine de concerts des frères Gallagher au compteur...). Une tuerie!

Une soirée en rollercoaster émotionnel! Passionnante et souvent émouvante! C'est ça la musique de Noel Gallagher, un truc viscéral, qui une fois entré dans votre cerveau y reste au chaud un très long moment...

A lire également, Noel Gallagher au Casino de Paris, dans le top 10 MRM des meilleurs albums 2011 et meilleurs concerts 2011, Best Song Ever : Live Forever ou encore au Zenith Paris en 2023 ou dans nos Best of Albums 2023, 2015.

mardi 6 mars 2012

Wilco au Grand Rex (5/3/12)

5 ans d'attente pour enfin revoir la bande de Chicago revenir à Paris. C'est incompréhensible, depuis leur concert au Bataclan en 2007, Wilco n'était pas repassé en France. Et pourtant, ils ont réalisé entre temps 2 ou 3 tournées mondiales triomphantes qui leur auront permis de visiter la planète entière... mais pas le royaume de France...

Certainement la faute à des ventes faméliques en nos contrées et à un désintérêt relatif qui relève de l'inexpliquable et que sur ce blog on ne comprend absolument pas... Quelques critiques auront comparé, en leur temps, le groupe de Jeff Tweedy à un Radiohead américain... On en est pas loin, surtout dans cette envie de surpasser leurs compositions, de les dynamiter et de leurs faire prendre des chemins de traverse...

Mais à la différence de Radiohead, Wilco ose puiser dans des genres très différents et n'a pas de honte à se réapproprier l'intégralité de leur patrimoine musical national : folk, pop, country, gospel, rock indé, rock classique... etc. Ils peuvent, avec une aisance déconcertante, passer d'un "art of almost" expérimental et orchestrant la fusion entre electro, jazz et rock indé à un "Capitol city" d'obédience 50's/soul ou encore à un "Heavy Metal Drummer" calibré rock FM...

Wilco sait tout faire mais avec cohérence et évidence! Et le concert du Grand Rex fut fantastique... Avec le monstrueux "Art of Almost" pour ouvrir les hostilités! Le Grand Rex a tremblé sur ses fondations. Un son énorme, des guitares virevoltantes. Nels Cline, le guitariste lead qui a rejoint le groupe en 2006, est phénoménal. L'un des meilleurs guitaristes de la planète rock actuelle! Ca enchaîne avec le presque garage "I might" pour lancer le subtil et envoûtant "I am trying to break your heart"...

La soirée est lancée sur les chapeaux de roue et on ne redescendra de notre nuage que rarement... Les moments forts de ce show : "Via Chicago" avec ses refrains bruitistes hallucinants (Jeff Tweedy reste imperturbable durant ces instants de rage et de fureur: impressionnant), le génial "Impossible Germany" et ses entrelacements magiques de guitares, "At least that's what you said" et sa seconde partie aventureuse...

Que de grands moments en fait! Jeff Tweedy se déride même quelque peu sur la fin et emporte la mise grâce à son humour fin et décalé... Une belle et grande soirée et on espère ne pas avoir à attendre 5 années supplémentaires avant de revoir ce groupe fantastique revenir en France!

jeudi 1 mars 2012

Chairlift à la Maroquinerie (29/2/12)

Voilà donc le groupe le plus hype du moment (couverture Magic janvier notamment...). Mené par la belle Caroline Polacheck, Chairlift a sorti il y a quelques semaines son très attendu second album "Something". Après avoir vu sa carrière boostée par la reprise d'un de leurs titres via une campagne pub Apple, le trio, devenu duo, n'a eu de cesse de faire saliver la blogosphère mondiale... Leur venue parisienne était donc à ne pas louper pour tous les hipsters...

Résultat des courses, ce fut un concert plutôt plaisant. Bien rythmées et bien cadencées, leurs pop songs électro ont ravi un public conquis... Mais pour ma part, j'ai du mal à adhérer pleinement, faute à un son beaucoup trop années 80 à mon goût... Ah ce son de synthé si reconnaissable, décrié et ringard durant toute la décennie 90, il connait une réhabilitation grandissante depuis... déjà 10 ans (merci Daft Punk qui lança la mode revival eighties dès 2001 avec le très marqué Discovery).

Franchement il y en a marre de ce revival années 80. Ca fait 10 ans que ca dure... On a bien eu quelques mises à jour intéressantes de ce son, d'abord dans le rock (Interpol, Rakes, Editor sur le 1er album...) mais on nous ressert ces influences à toutes les sauces et jusqu'à la nausée... Et difficile de comprendre l'engouement de la presse musicale (conservatisme? Passéisme retro-futuriste aveuglé?)... Stop! Back to the 90's now, it's time!

Bref, bon petit concert tout de même mais avec le talent mélodique du groupe et surtout les qualités vocales exquises de Caroline (quelle technique) on aimerait voir Chairlift plus aventureux et plus expérimental dans sa recherche de sons électroniques tournés vers l'avenir. Ce serait sans aucun doute une vraie tuerie...

lundi 27 février 2012

St Vincent à l'Alhambra (26/02/12)

3 mois après sa dernière venue parisienne au café de la danse, St Vincent remet le couvert pour le second passage de la tournée de promotion de son 3ième album "Strange Mercy".

6ieme de notre top albums 2011 mais aussi 9ième de notre top concerts 2011 pour sa prestation au café de la danse en novembre, c'est peu dire que nous attendions avec impatience le retour de la belle new-yorkaise dans la capitale... Fin du suspense insoutenable, le concert de l'Alhambra fut encore meilleur!

Bien que le son a pu être vraiment limite au début du concert (heureux ceux qui, comme moi, avaient leur pair de boules quies avec eux...) et qu'il ait donc fallu un petit moment pour pleinement entrer dans l'univers si particulier de St Vincent... Ce petit bout de femme, élégante, belle, jeune et inoffensive d'apparence est un vrai danger... Avec ingéniosité, elle n'a de cesse de trouver de superbes mélodies pop qu'elle passe son temps à travestir pour les rendre abrasives, inquiétantes et bi-polaires à souhait...

C'est un régal et une ambition musicale remarquable en constante recherche de l'équilibre parfait entre limpidité, innocence pop et avant-gardisme, perversion et bizarrerie... On en redemande...

Pas de grande nouveauté en terme de set-list par rapport au mois de novembre (mais bon c'est la même tournée) mais toujours ce grand plaisir à redécouvrir live la quasi intégralité de Strange Mercy et quelques perles des précédents LP...

Une belle soirée avec un rappel dantesque et le saut de la belle dans le public avec sa guitare (Northern Lights)... Courageux et osé! Bravo...

A lire également le compte rendu du concert au Café de la Danse, le top 10 albums MRM 2011 et concerts 2011.