Dans son édition de septembre (#145 avec Katerine en couverture), le Magazine Magic (Revue Pop Moderne) chronique le premier album de Moslyve and The Good Demons : Nothing to Lose, et c'est en page 88...
On peut y lire en substance : ... '(...) En combinant pop, emocore, lo-fi et indolence, Moslyve and The Good Demons lancent un pavé dans une mare gigantesque, en attendant le tsunami (...)'
Une belle revue à lire dans le nouveau numéro de Magic, #145, page 88, courez l'acheter!
Ouf, il était moins une. Hier soir vers 23h, sur la pelouse du Parc de Saint Cloud, la pluie, déjà invitée surprise mais éphémère vendredi soir, s’incruste et décide de mettre un terme à Rock en Seine version 2010 en inondant la scène et le matériel de la tête d’affiche de l’année : les monstrueux montréalais d’Arcade Fire… Après les annulations des trois éditions précédentes c'est donc la pluie qui s'en mêle cette année...
Pendant plus d’une heure, Arcade Fire avait brillamment entamé la clôture d’un festival intense et haut en couleurs. Devant 35 000 personnes qui s’amassaient devant la scène plus de 30 minutes avant le début du show final (et snobant les pourtant splendides et si classieux Roxy Music dont le glam-rock n’a pas pris une ride depuis les seventies…) le groupe est arrivé sous les ovations d’un public fiévreux et impatient de revoir la sensation mondiale du Rock.
Que de changements depuis leur première apparition sur la Grande Scène de Rock en Seine en 2005. A l’époque programmé à 18h30, avant Queens of the Stone Age et les mythiques Pixies, Arcade Fire avait ébahi la foule. Beaucoup découvraient à ce moment là un groupe au lyrisme puissant capable de provoquer un véritable choc émotionnel dévastateur… En 2007, ils revenaient présenter le sombre ‘Neon Bible’ en tant que tête d’affiche d’une soirée. Cette année ils triomphent en ayant l’immense honneur de clôturer l’édition de tous les records…
Sold-out pour la 1ère fois de son histoire
105 000 spectateurs en trois jours pour un festival totalement sold-out une semaine avant son commencement : une première… Un engouement complètement improbable si l’on se souvient qu’en 2007, pour la première édition à 3 jours de Rock en Seine, les organisateurs avaient du constater un semi-échec avec seulement 60 000 personnes présentes. Ils avaient décidé en 2008 de repasser à 2 jours (plus la soirée spéciale autour de Rage Against The Machine). Comment expliquer un tel succès si soudain ? Certainement faut-il avancer le bouche à oreille et le temps clément des dernières éditions plus qu’une programmation qui reste constante dans une grande qualité…
Une première journée ébouriffante
Vendredi fut une journée démarrée sur les chapeaux de roue avec les très pop et habités Band of Horses. Foals et sa pop indé ambitieuse aura confirmé les belles promesses de son second album Total Life Forever’. Skunk Anansie aura électrifié la foule et rappelé le meilleur des années 90. A 20h, le groupe hip-hop légendaire Cypress Hill envahissait la scène pour un spectacle haut en couleur devant une audience conquise, bon enfant et totalement dans le flow… La bruine qui sévissait rendait l’atmosphère générale un brin surréaliste : un grand plaisir… Black Rebel Motorcycle Club aura finalement honoré son passage à Rock en Seine, malgré la mort quelques jours auparavant du père du bassiste (Michael Been) dans les coulisses du festival belge Pukkelpop. Une prestation hantée et remarquée… La suite de la soirée sera d’une intensité électro rare avec la prestation acid-house hallucinatoire de deadmau5 avec un show visuel plongeant le spectateur au cœur du film Tron, avec une souris se déhanchant en haut d’un cube… Bluffant… Les vétérans d’Underworld vinrent ramasser la mise et prendre les dernières forces des festivaliers en finissant leur set par un renversant enchainement survolté Snake / Born Slippy… Une tuerie.
Entre déhanchements et hochements de têtes frénétiques
Samedi, après une petite averse impromptue, place au soleil et à la journée des grosses pointures, entamée par les maitres pop rock de Stereophonics. Ca enchaine avec la sensation electro-pop de l’année : les euphorisants Two Door Cinema Club. A 20h, les choses sérieuses commencent avec les énormes Queens of the Stone Age qui reviennent mettre à feu et à sang la grande scène (comme à leur habitude on oserait même dire…). Le groupe de Josh Homme (qui vient tous les ans) sort une grosse prestation qui remue son auditoire… Parfaite mise en bouche avant les fantastiques LCD Soundsystem de James Murphy… yeah, yeah, yeah, yeah, yeah, yeah, yeah, yeah, yeah, yeah, yeah… A 22h15, le son Massive Attack attaque la Grande Scène… Un groupe culte, un son énorme, un spectacle visuel atomisant… Le vrai grand trip du festival… Des frissons nous parcourent le corps au son de la basse plombée de ‘Angel’ quand arrive la voix cristalline et émouvante du grand Horace Andy. On continue à se perdre dans les méandres labyrinthiques de Mezzanine avec le cérébral et lymphatique ‘Rising Son’ lorsque ‘Inertia Creeps’ vient nous vriller le cerveau… Et que dire de ‘Safe From Harm’ et là encore de ce son de basse qui résonne dans notre corps entier… Phénoménal… Euphoriques et apaisés à la fois on court prendre la dernière claque de la journée avec les 2 Many DJ’s et leur collusion de hits planétaires (et forcément on aura droit à quelques titres revisités des héros de l’édition 2010)
L'apothéose Arcade Fire
Dimanche triste… il fait froid, la pluie menace et Rock en Seine se termine malheureusement… Une programmation tranquille et plutôt posée pour finir… Mention spéciale pour les mélanges Reggae, Dub, jazz et électro des surprenants néo-zélandais de Fat Freddy’s Drop… Parfait pour préparer tranquillement la clôture furieuse du festival… Après la prestation à la hauteur du Dandy Bryan Ferry et de son groupe légendaire Roxy Music, on termine cette belle édition avec le clou du spectacle… Arcade Fire…
Forcément, ca débute avec ‘Ready to start’… La foule est déjà en transe, le groupe sur de lui et bien conscient que l’audience est là pour être transportée par leur pouvoir émotionnel… Les morceaux de bravoure s’enchainent, on a droit au meilleur de leur récent et sublime troisième album : le très springsteen ‘Modern Man’, le surprenant et euphorisant Rococo, le sublime et émouvant ‘We used to wait’, l’indispensable The Suburbs… On remarquera un Laika du feu de Dieu ou un ‘No Cars Go’ électrifiant la foule… à 23h, la pluie s’en mêle et inonde la grande scène… Les montréalais, dépités, sont sonnés par l’organisation d’arrêter leur spectacle pour éviter toute électrocution des musiciens… La foule se disperse, la pluie s’intensifie et Rock en Seine 2010 meurt brutalement et dans la confusion… Quelques minutes plus tard, alors que la moitié des soldats a déserté et que la pluie redouble d’intensité, Arcade Fire revient et joue avec peu d’instruments un ‘Wake Up’ d’anthologie qui fera hurler les spectateurs férus et décidés à braver la tempête pour communier une dernière fois avec leurs héros… Une immense moment et des frissons que nous n’oublierons jamais… Vivement Rock en Seine 2011!
C'est sans son batteur héroique que Moslyve and The Good Demons vient d'enregistrer sur Lyon cette semaine un titre acoustique.
Le Groupe a brillamment mis sur bande (numérique of course...) une version acoustique de 'Live Love Die', troisième morceau de l'album 'Nothing to Lose'.
Cette chanson est destinée à être incluse sur la première compilation que prépare le label Mind Riot Music.
Cette compilation regroupera des titres de plusieurs artistes purement dans l'esprit MRM et couvrira une large palette musicale du rock indé à la Transe, en passant par la pop, l'electro, la techno et même des hybridations electro - Hip Hop...
Date de sortie prévue pour septembre/octobre... On vous tient au courant...
1966, les Beatles entrent en studio pour les premières sessions d'enregistrement du successeur de Rubber Soul. Le jeune Geoff Emerick, à peine 20 ans, est intronisé ingénieur du Son en chef après avoir été assistant sur de nombreux enregistrements passés des Fab Four...
Le premier morceau auquel s'attaquent John, Paul, Ringo et George est une composition étrange de Lennon qui ne contient qu'un seul accord... Une révolution pour le groupe pop ultime... Et les nouveautés ne s'arrêteront pas là... Décidés à experimenter et à repousser les règles très strictes des studios d'EMI à Abbey Road, les Fab Four tentent d'obtenir des sons inédits et poussent leur nouvel ingé Son dans ses derniers retranchements...
En changeant les micros de place et en utilisant un limiteur Fairchild, Emerick obtient un son de batterie d'outre tombe totalement novateur pour l'époque. En passant sa voix à travers le filtre d'un haut parleur Leslie il obtint le son que voulait Lennon: le Dalai Lama psalmodiant depuis le sommet d'une lointaine montagne... En utilisant des techniques de copier-coller de bandes (sur lesquelles Paul avait enregistré divers sons et bruits) sur le Master, les Beatles inventèrent le sampling...
Tomorrow Never Knows ne sonnait comme aucun morceau... Bizarre, Drone, aux influences indiennes, psychédéliques et étranges il préfigure presque 20 ans en avance ce que sera la musique électro... Un titre visionnaire...
Un incroyable et immense morceau qui marqua un tournant dans l'histoire de la musique populaire... Un monument... Une source de jouvence intarissable... Tout comme les 13 autres titres que les Beatles enregistrèrent lors des sessions suivantes qui composèrent le légendaire album Revolver... Après la sortie de Revolver, le monde venait de changer...
En ce jour anniversaire de l'invasion par l'Irak du Koweit il y a 20 ans, et qui engendra les conséquences désastreuses que l'on connait, on s'attaque au 66ième épisode de notre quête... A la rencontre du malin en personne, on n'avait d'autre choix que de venir se 'crasher' sur le démoniaque 'Sympathy For the Devil' des Rolling Stones.
Enregistré quelques semaines après les évènements de mai, en juin 68, Sympathy est l'introduction du Beggars Banquet, album exceptionnel qui s'insère dans une incroyable et irrésistible série qui, en une poignée d'années, propulsa les Stones définitivement dans le Panthéon du Rock (Let it Bleed, Sticky Fingers, Exile on Main Street...).
Jagger fait ici parler le Diable lui même qui nous compte ses exploits et quelques moments cruciaux, violents et chaotiques de l'histoire humaine... Le tout avec détachement, cynisme et énergie... Les rythmiques samba, les fameux choeurs à l'unisson, la basse groovy à souhait (jouée par Richards) le piano possédé et furibard de Nicky Hopkins et l'immense solo de guitare d'un Keith Richards au sommet... Tout est incroyable, déraisonnable et au final totalement addictif...
Sans s'en apercevoir on est irresistiblement entrainé de l'autre côté... On part avec les Stones vers les forces obscures et on prend goût au voyage... Les Stones ne s'en reveilleront que quelques mois plus tard avec la tragédie d'Altamont... Fin des 60's et de ses utopies...
Un moment crucial de l'histoire du Rock dont la conception en studio sera même filmée par Jean-Luc Godard. Un immense témoignage historique qui donna un film déroutant et très politisé (en savoir plus).
Bye Bye Fourvière pour cet ultime concert de la saison avec une soirée consacrée au Rock français... Autant le dire tout de suite, le choix de programmation de cette nuit à Fourvière est vraiment contestable... Comment les organisateurs auront-ils pu décider de réunir 3 groupes, certes rock, aux univers si différents? Revolver et sa pop rythmée, Eiffel et sa fougue entre ombre et lumière... Et Izia donc et son rock rentre dedans et pompier pour moins de 16 ans (ou personne ayant déjà quelques problèmes d'audition)...
Le jeune groupe français Revolver rentre donc le premier sur scène sur les coups de 20h30 pour un joli set qui fera la part belle à ses mélodies pop et ses harmonies vocales sous influence sixties (Beatles en tête assurément). Porté par une section rythmique efficace et subtile (la basse étant jouée sur un violoncelle) Revolver met le feu et amène un enthousiasme et une euphorie bienveillante rappelant l'énergie juvénile des Fab Four à leurs débuts... Un nom qu'ils méritent d'arborer à la vue de leur prestation à Fourvière (on rappellera que l'album du même nom marquera un tournant dans la carrière des Beatles et donc de la pop music).
Eiffel rentre en scène peu de temps après. Ils sont contents et excités de jouer au théatre antique et ca se voit... On pense qu'ils le sont certainement moins de passer avant la nouvelle star marketée relève du rock... Pour un groupe qui a déjà 10 ans de carrière et qui aura connu quelques galères avant un certain regain de succès récent grâce à la diffusion intensive par quelques radios de leur superbe 'A tout moment la Rue' (avec Bertrand Cantat en backing vocals), être casé entre la relève pop et celle plus commerciale a quelque chose d'incongru... Eiffel a toujours été le porte drapeau d'un certain rock français à texte, engagé, rageur et n'hésitant pas à explorer sa face sombre... Tout le contraire de l'insupportable Izia... Un monde les sépare et leur audience n'est juste pas du tout la même...
Les quatre bordelais livreront une prestation intense et sincère, malgré une sono pour une fois pas à la hauteur des lieux (les paroles, pourtant tellement importantes, restant peu audibles)... Ils feront la part belle aux morceaux de leur dernier album qui allie ambiances acoustiques et déversements incisifs de guitares... Une performance courte (1 heure) qui malheureusement occulte les morceaux de bravoure Rock de leurs deux précédents et indispensables LP (le quart d'heure des ahuris et Tandoori) comme il pleut des cordes, Ma part d'ombre, Bigger than the biggest, Tu vois loin, Au néant ou Paris Minuit...
La suite voit l'arrivée d'Izia... On ne sera resté que pour quelques morceaux, histoire d'avoir la confirmation que cette jeune chanteuse pistonnée est bien insupportable... Elle passe son temps à crier, même entre les paroles, et confond énergie, don de soi et suractivité fatigante... C'est du gros son, ca gueule, mais si il suffisait de jouer fort pour faire du bon Rock ca se saurait...
Mister Mystère, alias M, Aka Matthieu Chedid, était de passage au Théâtre antique de Fourvière pour clore en beauté sa tournée estivale des festivals. Que de temps passé et de changements depuis son dernier et premier passage sur la célèbre colline lyonnaise. C'était en 2000 et en première partie de Beck que la valeur montante M avait déjà conquis un public curieux et enthousiasmé par une prestation animale détonante de son trio de l'époque...
Dix ans plus tard, M revient en star incontestée pour un concert à guichets fermés depuis des mois. Entre ces deux dates, M est devenu le phénomène de la chanson française qui remplit les salles et soulève les foules... Capable de remplir dix Olympia de suite, des Bercy à la pelle ou d'être la tête d'affiche des festivals, M est un artiste qui aime la scène et donne tout ce qu'il a pour créer une relation intense avec son public.
Désormais entouré de sa soeur au chant et de son frère à la guitare, Matthieu Chedid est ses acolytes dispensent un véritable show, bien rôdé, qui prend pour base la quasi intégralité de son dernier album. Chorégraphie des musiciens qui singe les Boys Bands des 90's (et nous rappelle non sans humour le clip de Noir Désir 'un homme pressé), soli de guitares incandescents, mise à contribution du public tout au long du spectacle, crowdsurfing des membres du groupe, tout est orchestré pour donner au concert des allures de grande fête collective... Et ca marche, le public lyonnais aura rarement été aussi participatif et réceptif... L'envie partagée d'échanger est là et bien là... Un formidable moment collectif à vivre...
Le clou du spectacle restera assurément l'habituelle plongée de M dans la foule avec sa guitare, il montera les gradins avant de redescendre fondre dans la fosse... Impressionnant... A moins que ce ne soit le rappel, seul avec sa guitare pour un medley de ses meilleurs titres qui nous rappelle que malheureusement, M a délaissé pour cette tournée ses meilleures chansons, n'en offrant que de courts extraits lors de ce brillant récital en solo... C'est dommage et certainement le seul bémol à une soirée en tout point réussie et revigorante...
Goldsoundz ou la ritournelle imparable qui nous rappelle l'époque révolue où les groupes de rock indé inventifs et audacieux étaient encore signés et distribués par les maisons de disque. A l'époque où Pavement sort son inoubliable second LP 'crooked rain, crooked rain', Kurt Cobain ne s'est pas encore tiré une balle et l'explosion Nirvana a permis à des tas de combos de sortir du bois...
Pavement ou le groupe laidback par excellence qui compose des songs bricolées et souvent bancales, enregistrées avec les moyens du bord et dans un pur esprit artisanal... Adeptes des dissonnances et amoureux de la scène bruitiste et noisy, ils ne réussissent à dissimuler sous ce vernis le don de composition d'orfèvre pop de leur leader Stephen Malkmus.
Gold Soundz est le meilleur exemple démontrant l'excellence pop d'un groupe à part qui dans un monde idéal aurait connu un succès mondial d'envergure... Sur le même album se trouvent également les immenses chansons pop indé que sont 'Range Life' (le brûlot hilarant se payant les Smashing Pumpkins et les Stone Temple Pilots) et le magnifique 'Cut your Hair'.
Pour tous ceux qui étaient passés à côté du phénomène, une providentielle tournée de reformation est passée par le Zénith en mai... Pour les retardataires il faut se précipiter sur la discographie d'un groupe majeur devenu culte et qui reste une influence de nombreux groupes d'aujourd'hui...
Une belle soirée estivale au Théâtre Antique, une de plus. Après le feu d'artifice Iggy & The Stooges le 14 juillet, nous voilà donc de retour en ces lieux chargés d'histoire pour une session éclectique et plus qu'incertaine sur le papier. Réunir Arnaud Fleurent-Didier, The Irrepressibles et the Xx sur la même affiche était un vrai pari...
Si ce n'est une certaine forme de romantisme mélancolique qui les relie, les trois groupes sont tout de même fort différents et ce n'était pas gagné que la mayonnaise prenne... Et bien ce fut un succès probant et remarquable pour une soirée au doux parfum des découvertes imprévues qui vous font pétiller de bonheur.
Arnaud Fleurent-Didier ouvre le bal avec son support band et ses deux superbes musiciennes, brunettes au charme étouffant. Une musique mélancolique, cinématographique et aux forts accents gainsbouriens relevée par des textes souvent tranchants (mais passant tout de même quelque fois à côté de la plaque) et d'un cynisme oublieux du politiquement correct.
The Irrepressibles enchainent et c'est la grande révélation du soir. Autour d'un chanteur théatral à la voix de castra, huit musiciens produisent une musique pop baroque, classique et classieuse à la puissance émotionnelle dévastatrice... Ils ont mis l'arène dans leur poche avec une prestation qui ne pouvait rêver meilleur cadre que le vieux théatre antique... Sublime.
En clou du spectacle, les tant attendus britanniques de The Xx auront réussi la prouesse de hausser encore le niveau de jeu, d'émotion et d'intensité. Ce trio, sensation du moment, délivre la parfaite quintessence de la musique en 2010. Une guitare électrique cristalline tout en réverberation (Les Paul Gibson bien sûr), une basse langoureuse et une rythmique électro tapotée en direct sur des drum pads, voilà l'essence même du son d'aujourd'hui et c'est ce qui explique le succès soudain et inattendu de ce groupe singulier...
Iggy Pop, comme Keith Richards est une force de la nature... Après tant d'extravagance, d'alcool, de drogues et de Rock & Roll, c'est un véritable miracle si ces monstres sacrés sont encore là... Beaucoup auront tenté de suivre leur chemin vers l'enfer... Tous auront trépassé en cours de route...
A plus de 60 ans, Iggy Pop reste un phénomène sur scène... C'est incroyable d'avoir à son âge autant d'énergie, d'envie, d'enthousiasme à nous fait revivre la furie et la puissance d'un groupe précurseur qui aura gravé la loi Punk avant tout le monde... The Stooges au théâtre antique de Fourvière c'était d'une telle évidence... Un monument du Rock à la rencontre d'un lieu magique, presque sacré, cela devait bien arriver pour le plus grand bonheur d'une arène archi comble qui se laissa transporter par l'énergie du pape du rock.
C'est dans une ambiance survoltée, euphorique et jouissive que les Stooges explosent d'entrée le théâtre romain avec un Raw Power qui n'aura jamais eu autant de sens... Dès le 5ième morceau du set, Iggy se permet déjà d'inviter sur scène quelques fans des premiers rangs, totalement aux anges de pouvoir partager la scène avec l'iguane... Un grand bordel joyeux et chaotique...
Avec le retour du guitariste James Williamson (qui succède au défunt Ron Asheton) on a bien sûr droit à l'intégralité du surpuissant album Raw Power... 'Penetration', 'Your pretty face is going to hell' et l'hymne 'Search & Destroy' nous éclatent les tympans et électrisent littéralement la foule, qui hurle son bonheur dès les premières notes du standard 'I wanna be your Dog'...
Que de moments célestes inoubliables qui nous rappellent que le rock est une question de trippes, d'envie et de don de son esprit et de son corps à la cause... 1970, 1969 et Death trip atomiseront la foule dans un déferlement tranchant et rageur de soli de guitare et de saxo...
Ce trip d'enfer se termine par un 'No Fun' d'anthologie... Qu'est ce que l'on a pu s'éclater hier soir... Et on a tous envie de vieillir comme Iggy Pop, avec la même pêche, la même envie et cette incroyable faculté à donner le maximum de soi aux autres... Une énorme claque et une belle leçon... Longue vie au César du Rock & Roll...
Les années 90 auront été les années de l'explosion du rock indé, notamment au Etats-Unis. En réaction à l'hyper industrialisation de maisons de disque qui s'étaient transformées durant les années 80 en monstres du marketing et des profits en millions de dollars, les labels indé ont pullulé grâce à l'émergence de groupes dissidents décidant de créer la musique qu'ils auraient voulu entendre sur les ondes des Radios FM déjà embourgeoisées...
C'est ainsi que Seattle nous fournit la première vague rageuse au début des années 90: Nirvana, Soundgarden, Mudhoney, Melvins et autres Alice in Chains et Pearl Jam, qui annonçait l'arrivée de Pavement, Faith No More et de Chokebore...
L'un des derniers groupes invité par Kurt Cobain à ouvrir pour Nirvana aura donc été cet immense groupe d'Hawai qui en 5 albums colossaux aura su créer un son et une énergie bipolaire d'une rare intensité (un groupe capable de passer en un éclair d'un état dépressionnaire proche du néant à une conquête enflammée de l'espace sonique).
Extrait de leur troisième album (A Taste for Bitters), Narrow est leur anthem rageur. Harmonieux dans la dissonance, tendu, direct et explosant les tympans, Narrow est un condensé de l'esprit sauvage de Chokebore. Une batterie au groove démentiel et au son lourd et costaud, une basse surfant sur les cymbales, des guitares explosives et stridentes et la voix intense en émotion de Troy Von Balthazar... Du grand ouvrage.
Un titre qui réveille et donne envie de se battre contre la terre entière... pour obtenir la réédition de la discographie d'un groupe majeur et qui a eu l'excellente idée de se reformer cette année...
C'est par ces quelques mots bien sentis que Jack White, batteur et âme de Dead Weather, s'est adressé aux propriétaires du Bataclan leur demandant qu'ils se paient une putain de clim... Ca fait des années que cela dure mais rien n'est fait, le Bataclan c'est l'enfer...
Après quelques secondes de présence seulement dans la salle, on est happé par une chaleur atroce et suffocante qui fait immédiatement réagir notre corps et provoque un intense phénomène de transpiration qui ne s'arrêtera qu'une fois dehors et le supplice achevé... Payer entre 30 et 45 € pour une séance de sauna ca commence à bien faire...
Le Bataclan est pourtant l'une des meilleures salles parisiennes, l'acoustique est excellente, la dimension à taille humaine et son décor d'ancien cabaret lui donne un charme fou... Mais le coup de gueule de Jack White nous rappelle que participer à un concert dans cette salle pour les artistes mais aussi pour le public devient un challenge pénible et inapproprié en période estivale...
Oui, les propriétaires du Bataclan doivent investir au minimum dans une ventilation pour arrêter de se foutre de la gueule du public et des groupes...
Pour revenir à la musique, mis à part le côté inhumain de cette soirée, The Dead Weather aura tout de même réussi à nous balancer l'une de ses prestations torrides dont ils ont le secret. Ce blues rock crade et viscéral prend encore plus d'ampleur avec leur second album 'Sea of Cowards'. Plus expérimental (des sons de synthés bizarroides dans tous les sens) et malasain mais toujours aussi hanté et percutant on sent bien que cette musique a été baignée dans l'eau boueuse du Mississippi et arrosée au Jack Daniels...
En un peu plus d'une heure de prestation (on sent que la chaleur les aura coupé dans leur élan et qu'ils étaient pressés de retrouver un environnement supportable) on a droit au meilleur de leurs deux premiers efforts studio: 60 Feet Tall, Die by the Drop, Cut like a Buffalo, So Far from your Weapon, Hang you from the Heavens, Hustle and Cuss, le poignant Will there be enough Water et son langoureux duo White/Mosshart pour finir avec un furieux Treat me like your Mother...
Un bon concert mais une soirée gâchée par l'insoutenable chaleur... Messieurs les proprio du Bataclan bougez-vous Merde!
Se présenter au Stade de France, 70 ans jour pour jour après l'appel à la résistance du Général de Gaulle depuis Londres et au lendemain de la désastreuse prestation des bleus en Afrique du Sud, cela avait quelque chose de saugrenu. Dans l'inconscient collectif français, le Stade de France reste le temple de la plus belle victoire de la Nation de l'après guerre. Une victoire qui aura uni un peuple autour de la célébration d'un moment de bonheur collectif... On se rend toujours au SDF en pensant à ces instants inoubliables de 98 et hier on pouvait pleinement mesurer la nostalgie d'une époque bien lointaine et totalement révolue... Et on avait cruellement besoin d'une révolte de décibels et de déhanchements rock & roll...
C'est donc dans ce théâtre des rêves que devait se produire le légendaire groupe australien pour satisfaire nos besoins inassouvis de communion victorieuse. Et autant le dire tout de suite, sur ce regsitre on a été comblé. Assisté à un concert de ces monuments du Rock c'est avant tout frémir d'émotion dès que retentissent les premiers accords de plusieurs morceaux d'anthologie qui auront créé le mythe AC/DC et construit l'Histoire du Hard Rock.
Après la diffusion en guise d'introduction d'un manga voyant le diablotin Angus Young perdre le contrôle du Train AC/DC qui vient exploser la scène dans un déferlement pyrotechnique assourdissant, on éructe de joie dès la 3ième chanson du set pour un 'Back in Black' d'anthologie. On exulte, la foule est en délire et le Show AC/DC prend son envol.
L'ambiance est survoltée et l'enchainement des Hits inoubliables nous rappelle à quel point ce groupe est fabuleux, fédérateur et authentique. Thunderstruck et son riff ébourriffant, Hell's Bells, Shoot to Thrill, Whole Lotta Rosie autant de morceaux de bravoure rock avec ces incroyables soli du maitre Angus Young. Sur le bluesy The Jack, on assiste même sur l'écran géant à un déferlement sympathique de soutiens-gorge dévoilés par des fans jouant pleinement le jeu...
2 heures d'émotion, de grand spectacle et de fabuleux Rock & Roll et c'est déjà l'heure du rappel et de l'immense Highway to Hell qui fait chavirer le SDF... On termine brillamment avec le monumental 'For those about to Rock' et son feu d'artifice cloturant le grandiose Show AC/DC...
Un groupe qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie...
Le Set-list immuable: Rock & Roll Train - Hell ain't a Bad Place - Back in Black - Big Jack - Dirty Deeds done Dirt Cheap - Thunderstruck - Black Ice - The Jack - Hell's Bells - Shoot to Thrill - War Machine - High Voltage - You Shook me all Night Long - TNT - Whole Lotta Rosie - Let There Be Rock - Highway to Hell - For Those About to Rock
Le Premier Album de Moslyve and The Good Demons est prêt.
Au nom évocateur de 'Nothing to Lose', il comporte 10 titres de pur rock indé qui synthétisent à merveille l'univers singulier d'un groupe oscillant en permanence entre son cristallin et saturé, entre noisy et pop.
C'est donc avec fierté que le label Mind Riot Music sort par la même occasion sa première réalisation.
'Nothing to Lose' sort en une première édition ultra limitée. Le CD est disponible dès à présent par l'intermédiaire de Mind Riot Music (contact: contact@mindriotmusic.com). Il devrait être disponible chez quelques disquaires triés sur le volet dans quelques semaines avant une publication sur les plateformes de téléchargement prévue à la rentrée.
Vous l'aurez compris, cette première édition est un vrai collector...
Un nouveau titre, Streets of My Life, ainsi que les nouveaux mix, inclus dans l'album, des chansons Prague (Danube mix) et Snowing (Munich mix) sont en écoute sur la page Myspace du Groupe, accessible ici:
Ca faisait 18 ans que Jacques Dutronc n'avait plus quitté sa résidence corse et ses chats pour arpenter les scènes françaises et recréer sa légende sixties le temps d'une tournée triomphale.
Dutronc et sa nonchalance légendaire, son flegme et son j'm'en foutisme marque déposée a peu être été, comme le disent certains, le premier punk... Il aura surement été le premier vrai Rocker français. Malgré un son pop évident, les textes de Lanzman sont d'une percussion bluffante, le phrasé de Dutronc brillant et permissif...
Et cette tournée 2010 nous fournit la preuve accablante, c'est du vrai bon rock qui sort des enceintes, on a même droit à quelques jolis soli de guitare superbement executés... Le Show Dutronc commence et se termine par la chanson qui le fit connaitre: 'Et moi, et moi et moi'... Elle n'a rien perdu de sa verve... Et que dire de toutes ces chansons intemporelles qui resteront au Panthéon de la musique française: 'J'aime les Filles', le brillant 'l'opportuniste', le légendaire 'les playboys', le mythique 'il est cinq heures Paris s'éveille', ou le très rentre dedans 'Merde in France'...
Une belle soirée, et on a même le droit à un petit duo avec Vanessa Paradis (qui décidemment est partout puisqu'aussi présente la veille au concert de M à l'Olympia) sur 'Le Petit Jardin'...
L'ultime chanson du 6ieme et dernier album des Doors 'LA Woman', avec 'Riders on the Storm', Jim Morrison et ses comparses conclurent 5 années tonitruantes qui les auront vu prendre une place de choix au panthéon du Rock: celle du Roi... Lézard...
Jim Morrison est un membre éminent de l'étrange congrégation des stars du Rock ayant rendu leur dernier souffle à l'âge de 27 ans (Jimi Hendrix, Brian Jones, Janis Joplin, Kurt Cobain...). Son charisme, ses incantations chamaniques, son écriture lettrée et son magnétisme sur scène l'ont fait entrer dans la cour des grands. Sa mort précoce le fera entrer dans la légende, il n'aura pas eu le temps de décevoir...
Et quelle belle fin que ce Riders on the Storm! Un morceau langoureux, une voix grave, posée et maitrisée, hantée par des chuchotements inquiétants en background, une basse groovy, une guitare tout en retenue et légereté, et ce son élégiaque et divin du piano Vox Continental de Ray Manzarek. Un solo magnifique et précurseur des envolées chill-out jazzy des nineties. Et que dire de cette remontée de gammes céleste et presque orgiaque, un pur bonheur!
On est bercé comme dans un rêve, un songe en apesanteur qui vient refermer délicatement sur nos oreilles les portes de la perception que Jim and Co avaient ouvertes bruyamment en 67 avec leur Break on Through incendiaire...
On repart vers le meilleur des années 2000 avec le sublime 'All My Friends' du groupe de l'indispensable James Murphy. Malheureusement, avec la sortie du troisième album 'This is happening', le boss du label DFA semble vouloir mettre un terme à sa formidable machine à danser, symbole ultime du son de la décennie passée.
La grande force de LCD Soundsystem aura été de réussir le mariage parfait entre électro et rock. Cette fusion avait déjà été brillament entreprise par quelques groupes précurseurs des années 90 comme les Chemical Brothers, Unkle, Underworld ou Primal Scream. LCD Soundsystem aura su rendre le tout encore plus organique et insuffler une immense émotion à ses rythmes technoides possédés.
'All my Friends' est le plus bel exemple et la plus belle réussite en la matière. Ca commence de manière hypnotique et rappelle les heures heureuses de l'acid house des nineties, puis interviennent la basse, la rythmique et la voix chaleureuse de Sieur Muprhy qui nous prend par la main et nous embarque dans le tumulte émotionnel de ce voyage initiatique.
On se prend au jeu, on rentre en transe, on danse frénétiquement et en contemplant fièrement et béatement nos amis autour de nous on ne pense qu'à une seule chose: que le morceau ne s'achève jamais...
Les extraterrestres new-yorkais des Liars étaient de passage en France pour une série de concerts complètement barrés dont ils ont le secret et qu'il ne fallait manquer sous aucun pretexte.
Si il y a un bien un groupe qui trace sa propre route artistique sans se soucier un quelconque instant de la rentabilité économique d'une telle oeuvre c'est bien les Liars. Angus Andrew et sa bande sont les fiers représentants d'une scène alternative dont l'experimentation est le moteur.
Difficile de vraiment pouvoir donner un nom à cette musique inventive et hors des schémas traditionnels: post-rock, post-punk, indie-punk, electro-rock...? Qu'importe, ils portent dans une autre et nouvelle sphère le concept de chanson, ils font exploser les barrières et produisent une musique intense, avant gardiste, sans compromis et d'une rare qualité.
Un concert des Liars c'est toujours quelque chose d'extrême. Ils donnent sur scène tout ce qu'ils ont et même plus encore. Le concert aux Nuits Sonores de 2h15 à 3h15 du mat fut grandiose. L'atmosphère nocturne et post-industrielle du marché de gros de Perrache sied parfaitement aux élucubrations soniques du combo. La magie opère, la foule se déchaine et Angus remplit pleinement son rôle de chaman à la fois possédé, jovial et entertainer.
A la Maroquinerie trois jours plus tard, ils réussissent l'incroyable prouesse de rendre le show encore plus intense, fièvreux et furibard... La petite salle mythique parisienne se transforme par moments en véritable chaudron indie punk. L'exaltation est à son comble et la communion ultime entre un groupe se livrant sans merci et son public en extase au moment de goûter au plaisir d'un tel don total de soi...
L'un des meilleurs groupes Live en activité et l'un des plus audacieux et certainement l'un des plus talentueux tout simplement... Longue vie aux Liars...
Les cuirs, la noirceur et l'intensité diabolique du Black Rebel Motorcycle Club étaient de retour au Bataclan pour une prestation infernale et, disons le tout de suite, époustouflante.
Leur cinquième album 'Beat the Devil's Tattoo' sent bon le cramé et la sueur. C'est une décente en profondeur dans le rythm n' blues ancestral à la recherche du pacte originel de Robert Johnson avec le Malin.
Cette tension, cette force, cet impact sourd et viscéral c'est exactement ce que l'on a retrouvé hier soir au Bataclan. Un show de deux heures mené tambours battants et une pioche lumineuse dans chacun des albums du groupe.
Le son est excellent, chaque instrument est parfaitement audible, les voix se répondent à merveille. On reste scotché par le jeu de la nouvelle à la batterie, Leah Shapiro. Aucune fioriture, aucun des traditionnels roulements de tambours en veux tu en voilà pour épater la galerie, non la pose est basique, carrée mais terriblement efficace. Elle est le pilier du combo, elle soutient l'ensemble et magnifie le tout, et permet ainsi au jeu de basse unique de Robert Levon Been et à la guitare tranchante de Peter Hayes de prendre toute leur ampleur.
Le set est varié et d'une intensité remarquable. Robert Levon Been se paie même le luxe en plein milieu du concert de chanter seul en acoustique le superbe 'Visions of Johanna' de Bob Dylan (extrait de Blonde on Blonde). Un pur moment de plaisir.
Vraiment, ce groupe est exceptionnel sur scène, les titres s'enchainent et on reste ébahi, transporté par cette énergie renversante. Les classiques du combo mettent le feu au Bataclan: Whatever happened to my Rock 'n roll, Spread your love, Six barrel shotgun, Stop, Berlin, Weapon of Choice...
Une soirée remarquable, un groupe indispensable, une dévotion à la cause rock irremplacable...
La sortie de 'This is Happening', l'ultime LP de LCD Soundsystem, le 17 mai prochain scellera définitivement la fin des années 2000. Et oui, l'un des grands artisans du son de la décennie précédente, James Murphy, boss du label DFA et leader de LCD, a décidé de mettre un terme discographique à l'une des plus passionnantes odyssées sonores de ce début de siècle.
En 2002, Murphy et son compère Goldworthy (ex-Unkle version 1.0 avec James Laville et DJ Shadow) ont réussi l'improbable prouesse de marier parfaitement l'électro dansante des nineties avec l'énergie et la tension ravageuse du rock avec la sortie du culte premier maxi de LCD Soundsystem (Losing my Edge) mais aussi la production hyper vitaminée du second album de Radio 4 (Gotham) et du premier opus de The Rapture.
En continuant amoureusement de graver ce sillon ultime de l'électro-clash, James Murphy nous a balancé deux superbes albums de LCD Soundsystem ainsi qu'une poignée de maxi incontournables. Sans aucun contexte, Murphy restera l'un des grands artisans du son des années 2000, celui par qui le rapprochement entre le rock et l'électro aura engendré la formule la plus évidente. La fin de l'aventure sonne donc le glas définitif de la décennie.
Avant même la sortie de l'album, la tournée mondiale d'adieu de LCD Soundsystem est passée par le Bataclan le samedi 8 mai. C'est avec un plaisir et une joie incomparable que la salle s'est embrasée dès les premières mesures de 'Us vs Them'. La boite de nuit LCD était lancée. La grande force du groupe est vraiment de pouvoir offrir la joie et l'extase de la techno et en même temps l'intensité et l'émotion d'une musique jouée et chantée en live... Une immense bouffée d'énergie et d'excitation.
Le concert fut énorme dans la fournaise du Bataclan et le public sut se mettre au diapason d'un groupe au sommet de sa gloire. On se sera tous extasié sur le sublime et héroique 'All my Friends', l'emballant et poppisant 'Tribulations', le dynamitant et punkisant 'Tired'. Quel bonheur également de pouvoir hurler 'yeah yeah yeah, yeah, yeah ,yeah ,yeah' et de se trémousser comme un possédé.
On a droit également à quelques raretés comme 'Yr City's a Sucker' et son groove ultime... Et que dire d'un 'Losing my Edge' d'anthologie en rappel pour finir sur une dernière note d'émotion avec le déchirant 'New York I love U'.
Un show de grande classe et on n'a qu'une hâte, que la fin aout se profile vite pour pouvoir les revoir du côté de Rock en Seine... Bravo James...
Retour vers un passé pas si lointain avec la venue de Pavement au Zénith. Après avoir totalement zappé les années 2000, le groupe emblématique de la scène Lo-Fi des nineties se reforme pour une série de concerts très attendus.
Après Chokebore il y a deux mois et demi, je me retrouve en plein revival 99. A l'époque, avant un brillant concert de Chokebore à l'aeronef de Lille j'étais sensé voir Pavement dans cette même salle pour leur ultime tournée (ils allaient splitter quelques semaines plus tard) avec un certain Moby en première partie (Play venait de sortir mais n'était pas encore devenu le phénomène de masse que l'on connait après l'utilisation de ses morceaux par les publicistes). Ca devait etre la soirée ultime, sauf que le pote chargé de la logistique s'est aperçu, au moment de se mettre en route pour l'évènement, avoir égaré les billets... La frustration ultime, la bourde improbable et impardonnable..
C'est donc avec une émotion certaine que je me présente au Zenith de Paris pour, 10 ans après, évacuer définitivement une immense déception. Sans trop de surprises, la salle, presque comble, est remplie de trentenaires. On a vraiment l'impression d'assister à la regression nostalgique d'un temps finalement révolu et plus vraiment d'actualité.
Et pourtant, les années 90, ca avait de la gueule avec l'émergence d'une incroyable scène Indie Rock avant l'explosion de la scène électro. Oui dans les nineties la musique populaire a considérablement évolué et innové... Et Pavement resta l'un des fleurons de l'époque, les maitres incontestés d'une pop décalée, dissonante, souvent dansante et euphorisante.
Dans la salle, le son n'est pas toujours à la hauteur, mais c'est ce que l'on aime chez Pavement. C'est souvent bancal, ca tient sur un fil, ca sonne parfois faux mais au final ca reste harmonieux et juste unique. La prestation du groupe est convaincante et on a bien sûr droit aux immenses titres que sont Stereo, Gold Soundz, Two States, In the Mouth a Desert et l'imparable Cut Your Hair.
Les mélodies de Pavement restent toutjours aussi sidérantes, même aujourd'hui... On a du mal à comprendre comment ce groupe ne fut pas plus énorme encore à l'époque... Pas assez de marketing certainement... Honnêtement on donnerait cher aujourd'hui pour trouver un successeur digne de ce nom à ces monstres sacrés...
Plutôt que de mater une demi-finale cauchemardesque de foot, il fallait être hier soir au Bataclan pour voir The Brian Jonestown Massacre remporter une nouvelle fois avec panache, brio et excellence la Ligue des Champions...
Le groupe indé culte de San Francisco et du génial et complètement barré Anton Newcombe, était à Paris et c'était un évènement à ne rater sous aucun prétexte. Avec le retour au sein du combo de Matt Hollywood, c'est un pan entier du meilleur BJM des années 90 qui revient sur le devant de la scène. Newcombe, l'incontrôlable et ingérable leader accepte désormais de partager l'affiche avec Hollywood et la mascotte du groupe l'attachant 'Tambourin Man' Joel Gion (de retour en 2006 après lui aussi avoir quitté le groupe à la fin des nineties).
Durant le show, aucune des songs des deux derniers brulots sortis où Anton s'amuse à repousser le plus loin possible de lui les amateurs de popular music... Mais on a droit du coup à presque toutes les chansons légendaires du BJM, et il y en a un tas. Oscillant constamment entre pop psychédélique et rock cramé à la sauce shoegazing, le show est jouissif au possible...
Quel bonheur d'entendre enfin sur scène Matt Hollywood incendier les merveilles de blues rock comme 'Oh Lord', de psyché moderne comme 'Not if you were the last dandy on earth' (le célèbre titre dédié à leurs anciens amis des Dandy Warhols) ou de rollercoaster émotionnel comme 'Cabin Fever'.
Que dire des titres phares du sieur Newcombe, c'est euphorisant, plaisant et intense, et ils sont presque tous là: Who?, Nevertheless, Let me Stand next to your Flower, Servo, Open Heart Surgery et j'en passe et des meilleurs. On regrettera peut-être l'absence de l'heroique Swallowtail que l'on avait eu droit en rappel il y a deux ans ici même...
Une belle et immense soirée avec un groupe toujours aussi bluffant et triomphant... Les vrais héros du rock indé (et fiers de l'être restés toutes ces années) ce sont eux. Vivre en marge du music business c'est donc possible, les BJM en sont les plus fervents représentants depuis plus de 15 ans... Longue vie au BJM.
Et cerise sur le gâteau, les deux titres sont téléchargeables gratuitement sous licence Creative Commons (Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France) sur le site archive.org.
C'est avec une sorte d'incongruité surannée que s'est tenu le 17 avril dernier en Angleterre le Record Store Day. Le principe est en somme assez simple: mettre en valeur durant un journée les disquaires indépendants de Grande Bretagne et créer un buzz suffisamment important pour que les gens se souviennent de leur existence et surtout de leur importance.
En ces jours de dématérialisation poussée à l'extrême, l'objet physique musical, autrefois source de nos pulsions les plus folles, n'a plus la côte. La facilité à télécharger un titre en un clic et la profusion d'oeuvres disponibles sur le net nous auraient presque fait oublier le bon vieux temps où l'on s'empresser, avec une excitation enfantine bienfaitrice, de courir chez notre disquaire du coin pour dénicher le CD, le 45 tours ou le maxi 45 tours de notre artiste préféré.
En plus du contenu sonore de l'artefact, on découvrait avec un plaisir immense tout l'artwork dessiné autour du projet... On pouvait le toucher, le sentir et le faire trôner fièrement sur la platine en signe de notre enthousiasme et de notre fierté à faire partie du cercle des initiés et audiophiles avertis qui écoutaient ce disque...
The Good Old Days nous paraissent bien loin et quand bien même voudrions dans un élan nostalgique retourner chez notre disquaire bien aimé pour discuter de ce passé récent, nous ne pourrions plus le faire puisqu'il a lui aussi fermé à défaut de clients...
C'est pour éviter que tous ces précieux passionnés passeurs de sons ne disparaissent complètement qu'a été introduit en Grande-Bretagne ce Record Store Day annuel. Avec la complicité de nombreux groupes reconnus et moins connus, sont mises en vente des éditions limitées et donc collector de nouveaux singles (souvent en version 45 tours tirés de 100 à 1000 exemplaires) taillés pour l'occasion. Springsteen, Rolling Stones, Gorillaz, Foals, Stone Roses etc... ont déjà participé.
Cette année, le grand évènement est la sortie en 45 tours du nouveau morceau de Blur, le premier du groupe au complet depuis le 'battery in your leg' de 2003. Et la seconde grande nouvelle, c'est que le groupe a décidé de donner gratuitement le morceau en téléchargement pour les nombreux fans qui n'auront pu se procurer le précieux 45 tours...
On ne sait pas si il y aura un nouvel album de Blur un jour, mais savourons pleinement le plaisir d'écouter ce nouveau morceau: Fool's Day.
Le titre est téléchargeable, contre une simple adresse e-mail, sur le site du groupe, c'est ici que cela se passe:
On adore tellement ce concept de soutien à l'objet musical que l'on pense lancer une nouvelle rubrique au sein du blog MRM, quelque chose comme 'Artefact Collector Mythique'... On en reparle...
A music blog started in 2008 which became an indie label in 2010, home for Moslyve, Chinese Robots, A Free Soul, Lys last Stand...
More info on the label : www.mindriotmusic.com