vendredi 9 août 2013

Best Song Ever (épisode 87) : Souvlaki Space Station par Slowdive


Groupe totalement oublié du mouvement shoegaze, Slowdive avait pourtant pondu en 1993 un fabuleux album rêveur, lancinant et spatial... Hébergé sur Creation Records (quel nez ce McGee...) comme la plupart des groupes importants de ce début de décennie (Ride, Primal Scream, My Bloody Valentine... puis Oasis), Slowdive aura eu le malheur d'arriver à maturité au mauvais moment...

Au moment de la sortie de leur second LP, Souvlaki, en mai 93, le mouvement shoegaze est passé de mode, la faute à la déferlante de Seattle qui aura tout submergé sur son passage. Nirvana s'apprête à sortir "In Utero", Pearl Jam a explosé avec "Ten", Soundgarden avec "Badmotorfinger" tandis que les porte drapeaux britons s'enlisent : Ride perd de sa créativité, les Stone Roses périclitent, My Bloody Valentine se perd déjà dans la réalisation du successeur au mythe "Loveless" (qui ne sortira que 20 ans plus tard, un soir de février 2013...).

Un timing totalement à coté de la plaque, des critiques bercées par la rage et le mal être du grunge qui ne comprend rien à la beauté évanescente de Souvlaki. Et pourtant, durant la totalité du disque, on se sent transporté, quelque part au loin, dans un bel endroit onirique et rempli de songes charmeurs. La voix envoutante et sensuelle de Rachel Goswell n'y est pas pour rien. Les compositions du maitre Neil Halstead sont sublimes. Le son est un délice, et on a même droit à la participation du grand Brian Eno sur deux morceaux...

Le coeur de ce disque est à chercher au détour de la Face B du 33 Tours avec le superbe titre "Souvlaki Space Station". Des mélanges de guitares noisy, réverbérées et pleines d'échos créent une strate sonore lumineuse que la basse vient carresser dans le sens du vent. Rachel apporte la touche aérienne qui vient faire définitivement décoller ce morceau divin...

Le webzine Soundsbetterwithreverb a même récemment classé Souvlaki en seconde position de son TOP 100 shoegaze albums, entre My Bloody Valentine et Ride tout de même... C'est amplement mérité...

A lire également dans le mood Shoegaze : Best Song Ever Ride ou My Bloody Valentine...


jeudi 25 juillet 2013

Arctic Monkeys au Théatre antique de Vienne (22/7/13)


Depuis la sortie en 2006 de leur premier album, les Arctic Monkeys ont accompli bien du chemin à tel point de se hisser au niveau des groupes de pop rock qui comptent. Leur brillante prestation au Théatre antique de Vienne a définitivement conforté cette assertion.

En pleine tournée des festivals avant la parution tant attendue de leur 5ième LP à la rentrée, les 4 lads se sont arretés à Vienne, 2 ans après avoir convaincu la foule lyonnaise aux Nuits de Fourvière. Petite déception, l'arêne ne fait pas le plein mais est tout de même bien garnie. Les Monkeys démarrent en mode atmosphérique avec leur tout nouveau sombre single "Do I Wanna Know" (doit-on s'attendre à une pop noire pour l'album à paraitre? la face B du 45T, "2013", enfonce le clou en ce sens... Wait and see).

En puisant quasimment à part égale dans leurs 4 disques, Alex Turner and co présentent les différentes facettes de leur groupe. Le coté post-punk juvenile des premiers morceaux (Bet you look good, When the sun goes down, Dancing Shoes) est toujous aussi jubilatoire. La pop vintage et habile du dernier opus n'a pas pris une ride (She's Thunderstorms, Suck it an See), les bruyants et venimeux "Crying Lighning", "Old Yellow Bricks" et "Pretty Visitors" font leur effet et fascinent toujours autant.

On retiendra la version semi-acoustique du superbe "Cornestone", le futur hit à tomber "Mad Sounds", le complexe et jubilatoire "R U Mine" et le classique "505" avec l'intervention naturelle de leur pote Miles Kane qui aura d'ailleurs assuré une bonne prestation en première partie malgré une balance plutot cafouilleuse...

Un groupe définitivement essentiel, une belle soirée! Alex Turner, est sans doute l'un des meilleurs songwriter de sa génération. A lire également les Arctic Monkeys au Zénith, à la Cigale, à Fourvière ou encore à Rock en Seine...

mercredi 24 juillet 2013

Keith Jarrett, Gary Peacock et Jack Dejohnette au Théâtre Antique de Fourvière (19/7/13)


C'est toujours un sacré évènement de voir le trio mythique Jarrett / Peacock / Dejohnette en live. Et c'est encore plus monumental dans le cadre de l'ancestral Théâtre Gallo-Romain perché sur la colline de Fourvière à Lyon. Cerise sur le gateau les 3 maestro fêtent leurs 30 ans de vie commune dans le monde du jazz.

5ième passage aux Nuits de Fourvière (et 4ième auquel on a la chance de pouvoir assister après ceux de 2005, 2008 et 2010). Le trio improvise beaucoup et a en cela besoin de se sentir pleinement connecté. Les 3 comparses imposent ainsi de véritables règles aux spectateurs (pas de photo, de bruit ou de nuisance quelconque) qui doivent être présents pour recevoir l'annonce divine...

C'est vrai que ces contraintes paraissent celles d'un autre temps, mais d'un autre côté, l'oubli de soi engendré par la totale immersion dans la musique enchantée du trio vaut bien l'astreinte disciplinaire imposée. Durant toute la 1ère partie du concert, le mot "Magie" n'aura pas été galvaudé. Par je ne sais quel sortilège prodigué, on se retrouve ensorcelé par ces suites de sons élégiaques. On part dans des contrées d'une rare beauté. La sensation de félicité ressentie n'a pas de prix, vraiment.

Que du bonheur. Et on se souviendra longtemps de ce morceau tout en nuance où l'écoute en contre-champ des chants des oiseaux à la tombée du jour rendait l'atmosphère totalement surréaliste. D'une beauté divine.

Après 25 minutes d'entracte, les 3 lascars réapparurent pour une ultime salve de seulement 25 minutes. Quelque chose s'était cassé et le trio n'était plus dans son élément et a certainement préféré arreter les frais. C'est bien dommage et même rageant. On sort un peu énervé mais la seule évocation des sensations ressenties durant le premier acte suffiront à nous rappeler l'excellence de la soirée.

A lire également le trio en concert à Fourvière en 2008 ou dans un registre similaire Patricia Barber et la Best Song Ever Miles Davis.

jeudi 11 juillet 2013

Seventeen at this time et Venera 4 à l'Espace B (10/7/13)


Belle soirée planante et drone à l'Espace B hier soir avec les prestations remarquées de Seventeen at this Time et Venera 4. De manière plutôt surprenante c'est le jeune quatuor parisien shoegaze Venera 4 qui tient la tête d'affiche alors que les plus experimentés Seventeen at this time leur ouvre la voie.

On avait découvert le groupe de Frédéric Engel Lenoir l'année dernière lors d'une soirée à l'International alors qu'ils jouaient avec leurs condisciples les Dead Mantra, deux formations signées sur l'excellent label indé Cranes Records. On avait été bluffé pour l'occasion et on se demande encore pourquoi ils n'étaient pas les têtes d'affiche de la soirée.

Les retrouver en focus de la fameuse rubrique Forum de MAGIC en mai (soit un mois avant Chinese Robots) pour la sortie de leur premier LP (Tokkoubana) ne fut pas une surprise, loin de là! Le duo (en trio sur scène) joue une musique dark et vénéneuse qui puise son inspiration dans la cold wave des années 80 mais y incorpore une bonne dose de shoegaze qui donne un tout ultra planant.

Ca sonne de manière vraiment moderne et c'est en cela que réside leur talent. On se laisse porter par le son et on se prend à rêver d'un The Cure inspiré qui aurait compris le mouvement shoegaze à l'aube des nineties. Juste après Disintegration ca aurait eu de la gueule non?

Sur la scène de l'Espace B, Seventeen at this time rate quelque peu son entrée. La faute à une balance en retour défectueuse, les deux premiers morceaux sonnent un peu bouillis, mais les choses reviennent vite à la normal et les 3 parisiens nous entrainent dans leur univers fascinant et brulant. Un joli concert.

On enchaine ensuite avec la découverte de la soirée, le quatuor mixte Venera 4. On les a découvert hier soir. On ne savait pas grand chose d'eux à part qu'ils devraient sortir un premier vinyle via les estimables RPUT à la rentrée? Après une vingtaine de minutes de galères techniques pour faire marcher la boite à rythmes, le concert peut enfin débuter.

Tout comme leurs acolytes de Seventeen at This Time, les Venera 4 n'ont pas de batteur et utilisent les beats digitales pour soutenir leur shoegaze racé et noisy. Ca a toujours quelque chose d'assez fascinant de voir des jeunes pousses qui s'approprient complètement une scène qu'ils n'ont absolument pas connu. Car ici le meilleur du shoegaze des années 90 est présent : Jazzmaster sous Big Muff et Delay à fond les potards, une basse groovy dictant le rythme du morceau et des voix féminines qui se fondent dans le magma sonore en fusion environnant.

On aura adoré la moue à la fois boudeuse et lancinante de la chanteuse. Totalement dans l'esprit. Un groupe dont on aura plaisir à suivre les premiers pas discographiques... Et pour le live, l'apport d'un batteur et l'emploi d'ampli moins miniatures pourraient leur donner une autre dimension... Affaire à suivre.

A lire également, les maitres du genre : Ride, My Bloody Valentine pour le shoegaze ou Joy Division et Cure pour la cold wave...

dimanche 7 juillet 2013

Atoms For Peace au Zénith (6/7/13)


C'est toujours un immense plaisir de voir Thom Yorke sur scène. Accompagné au Zénith de Paris par Flea (bassiste des Red Hot Chili Peppers) et Nigel Godrich notamment, pour le projet electro rock Atoms for Peace, le leader de Radiohead aura irradié la salle de sa présence céleste.

Ce qui frappe littéralement c'est la richesse de l'univers musical que nous présente Yorke and Co. Autant sur disque, Atoms For Peace sonne minimaliste, autant en live l'énergie est extatique et lorgnant souvent du coté d'une transe tantôt électronique et épileptique, tantôt psychédélique mais toujours planante... 

On part dans un voyage musical passionnant, très moderne et inventif. C'est étonnant de voir que cette musique pas très facile d'accès puisse rassembler un si large public. Il faut dire que la voix inimitable de Thom Yorke vient adoucir le coté anguleux et froid des béats dark et industriels. La basse sourde et groovy de Flea apporte énormément au son du groupe. Les claviers de Nigel Godrich, souvent enfantins à la façon des grands Boards of Canada, amènent ce versant planant et rêveur. Les deux percussionnistes rajoutent la couche implacable et puissante des rythmiques.

Au final, plus de 1h30 de concert, 2 rappels et beaucoup de joie partagée. Sans surprise, on aura eu droit à des titres puisés dans l'album d'Atoms For Peace et celui solo de Thom de Yorke (The Eraser). Le premier rappel nous aura permis d'entendre la rareté "Rabbit in your Headlight", la fameuse chanson du projet Unkle (Dj Shadow, James Lavelle) auquel participa Yorke en 98 et une inattendue Face B de Radiohead : Paperbag Writer (époque "Hail to the Thief").

Un très bon concert. Décidément, tout ce que touche Thom Yorke se transforme en or...

A lire également Radiohead à Bercy en 2012 et 2008, Best Song Ever ou The King of Limbs...

lundi 24 juin 2013

La colonie de vacances (Marvin, Electric Electric, Pneu, Papier Tigre) à la Gaité Lyrique (22/6/13)


Soirée vraiment pas comme les autres à la Gaité Lyrique en ce samedi grisatre de juin. Ce n'est pas un mais quatre groupes que l'on verra jouer en même temps ! Incroyable concept que ce plateau constitué par les meilleurs groupes français de la scène noise avec Electric Electric, Marvin, Papier Tigre et Pneu qui se présentent sous le joli sobriquet de "la colonie de vacances".

Et oui, en France aussi on a des idées et du talent! Après des années à arpenter les salles de concert, je n'avais jamais rien experimenté de la sorte. Quatre groupes positionnés en carré dans 4 coins de la salle et le public au centre. Un groupe en lead sur un morceau avant la déflagration sonore : les quatre groupes se mettant à jouer en même temps. D'un seul coup l'atmosphère s'embrase, nos oreilles frémissent et nos sens sont déboussolés. On ne sait plus où donner de la tête, on se retourne, on tourne sur soi-même, on découvre le visage ébahi de nos voisins. On en prend plein les oreilles et on en redemande...

Une expérience sonique, visuelle et sensorielle assez bluffante... Dans ce tumulte noisy organisé, on reconnaitra quelques titres d'Electric Electric ou de Marvin que l'on a déjà vu jouer au Nuits Sonores ou à l'Espace B. Mais dans l'ensemble on aura surtout pris notre pied à découvrir ce spectacle OVNI.

Avec un tel dispositif, le public est comme replacé au centre de l'action et de l'attention. C'est innovant et terriblement risqué comme entreprise. Bravo aux groupes et à leur staff pour avoir réalisé une telle prouesse.

Décidemment, la scène underground française est au top! Et on aimerait tellement que beaucoup plus de monde s'en apercoive...

A lire également Marvin à l'Espace B ou encore Electric Electric aux Nuits Sonores.

jeudi 6 juin 2013

My Bloody Valentine au Bataclan (5/6/13)


Back to the good old days, après The Breeders, c'est au tour des cultissimes My Bloody Valentine de venir faire un tour à Paris pour redorer le blason du son 90's. Première surprise, le Bataclan est bien garni mais le spectacle n'affichait pas complet alors que le retour scénique du combo avait rempli le Zenith en 2008... Et heureusement, car la fournaise habituelle du Bataclan n'a donc pas pu fonctionner pleinement (Remember Jack White) et chacun avait la place pour danser et s'extasier...

Malgré les années, Bilinda Butcher est toujours aussi sexy guitare en mains, Kevin Shields tout aussi communicatif qu'à l'accoutumée. Et comme on pouvait s'y attendre, le son est tout de suite monstrueux! Ca démarre fort avec la période "Loveless" par un "I only said" surpuissant et  notre Best Song Ever "When you sleep" pour nous caresser et nous bercer de toute l'extase cérébrale propre aux chansons de My Bloody Valentine.

Si le chant de Bilinda reste audible, celui de Kevin Shields est noyé dans le tumulte des guitares. De manière assez surprenante, ce sont les morceaux du dernier album (le fameux mbv arrivé par surprise une nuit de février, après 22 ans d'attente) qui fonctionnent le mieux dans cette première partie de concert. "Only Tomorrow" et "surtout le satiné "New You" nous embarquent d'un seul coup... On a l'impression de surfer sur une vague de lave en fusion. Phénoménal.

Les 4 derniers titres du set seront dantesques : avec le ultra drum and bass "Wonder 2", extrait de mbv, qui permettra au batteur, Colm, de délaisser ses fûts pour prendre en main une 4ième guitare! "Soon", le morceau de bravoure concluant loveless nous aura hypnotisé littéralement, et que dire du diptyque final "Feed me with your kiss" / "you made me realise" avec 5 minutes de bruit furieux avant de terminer en trombe...

Hier soir au Bataclan, C'etait le My Bloody Valentine que l'on aime : noisy et radical! Et que cette radicalité et ce sens du non-compromis fait du bien en 2013! Ca change tellement de toutes ces sauces aseptisées et ultra marketées dont on nous abreuve à longueur de journée. Merci My Bloody Valentine.

A lire également, My Bloody Valentine au Zénith en 2008 et en Best Song Ever ou encore ses illustres contemporains : Ride, Stone Roses ou Sonic Youth...

lundi 3 juin 2013

The Breeders au Trianon (1/6/13)


20 ans que Last Splash est sorti et que le phénoménal single "Cannonball" nous aura crevé nos jeunes tympans... Selon l'adage commun, ca ne nous rajeunit pas tout ça... Allait-on prendre un coup de vieux en se rendant au Trianon pour la célébration en grande pompe du 20ième anniversaire de ce second album séminal des Breeders?

Et pour l'occasion, les soeurs Deal ont reformé le groupe de l'époque... En prenant le pari de jouer l'intégralité du disque dans l'ordre, les Breeders ont du dégoupiller leur meilleure cartouche dès le second morceau. Pari réussi puisque la salle s'embrasa dès les premières notes de basse de Cannonball. Ainsi lestés de leur tube incontournable, les Breeders ont pu s'amuser à recréer l'univers chaleureux, enthousiasmant et si typique du rock indé de l'époque... Et comme par miracle, la magie a opéré!

Quel plaisir de ré-entendre en live les perles de pop noire que sont No aloha, Roi ou New year. Les tubesques "Do you love me now?" et "Divine Hammer" n'ont pas pris une ride. "Saints" et son gimmick "Summer's ready when you are" résonne d'un manière singulière en cette année 2013 où le printemps s'est égaré et la froideur de l'automne toujours présente en ce premier jour du mois de juin.

Last Splash fait partie de ces très beaux albums des nineties... Il a définitivement très bien vieilli! Au trianon, on aura la sensation de retrouver, presque intactes, les vibes de cette époque bénie du rock indé à guitares... Essentiel!

A lire également, Les Breeders à la Cigale en 2008, Les Pixies en live et en Best Song Ever, et toute la clique de l'époque : Nirvana, Soundgarden, Pearl Jam, Alice in Chains, Pavement. Ou en encore Chokebore..

mercredi 29 mai 2013

The Babies au Point Ephémère (28/5/13)


Quelle semaine folle au rayon rock indé de pure qualité! Après Deerhunter et Unknown Mortal Orchestra voici donc le temps de The Babies. Après la sortie de leur second disque fin 2012 (l'excellent "Our House on the Hill, malheureusement écouté trop tard pour qu'il puisse incorporer notre Top 10 2012, mais sûr qu"il y aurait eu une place de choix) on était impatient de les découvrir en live au Point Ephémère dans le cadre de cette Route du Rock Session...

Pour commencer, mention spéciale à la 1ère partie Big Deal au pop rock sous influence shoegaze et post-punk assez convaincant. Arrivent ensuite sur scène The Babies. Ce side project issu de la réunion de la charismatique leader des Vivian Girls, Cassie Ramone, et du bassiste de Woods, Kevin Morby, est plus qu'une récréation de passage. Les deux disques sortis permettent de constater le vrai talent de songwriting de Kevin, véritable locomotive du combo.

Il n'y a rien de révolutionnaire dans la musique de The Babies, c'est juste du rock indé jubilatoire, frais et immédiat. Le genre de disques que l'on écoute en boucle juste parce qu'ils nous font passer un super moment sans trop que l'on comprenne pourquoi... Et c'est déjà énorme!

Les textes sont même parfois d'une confondante acuité. "There's no job to pay the rent, there's no love to make it better", l'intro parfaite en 2013! Et c'est bien avec ces mots et cette énergie entrainante du titre "Alligator" que le concert débute. Les sourires se montrent déjà sur les visages des spectateurs et cela ne fera que continuer durant tout le set.

Avec un titre comme "Baby" chanté par Cassie, on a même droit à un vrai tube (dans un monde idéal cette chanson le serait devenu...) qui aurait du attirer plus de lumière vers ce groupe New-Yorkais au charme underground irrésistible! Pareil pour "Moonlight Mile" ou encore "Mess me around".

Une très belle soirée!

A lire également les autres talents passés tout récemment par la capitale : Deerhunter, Unknown Mortal Orchestra ou encore Mac Demarco dans un registre proche...

lundi 27 mai 2013

Grizzly Bear à l'Olympia (25/5/13)


Embouteillage de concerts à Paris ce weekend, Grizzly Bear à l'Olympia, les festivals Villette Sonique et Fargo... Impossible d'être partout à la fois et on aura donc choisi la pop indé et sophistiquée des américains de Grizzly Bear...

Vieux souvenirs de les avoir vu en première partie de TV on the Radio en 2006 dans la mythique salle Métro à Chicago. A l'époque ils venaient de sortir un lumineux second album, "Yellow House", où leur pop alambiquée et bizarre faisait des merveilles. Ce disque reste encore notre favori du combo pour son coté pop de chambre, rêveuse et quelque peu perdue dans le pays des songes...

Entre temps il y aura eu l'explosion grand public avec "Veckatimest", et son single publicisé "Two Weeks" puis la sortie de "Shields" à la rentrée dernière devant lequel tous les critiques se seront prosternés... A juste titre. Grizzly Bear a su trouver sa voie et son public, tout en continuant à expolorer des territoires pop érudits et lointains.

La place plus importante donnée aux percussions depuis Veckatimest est certainement un facteur déterminant dans l'ascension du groupe. Et c'est sans surprise que le morceau acoustique final aura été pour nous le meilleur moment du concert. 3 voix, une guitare folk et une caisse claire, avec ces simples élements, les 5 musiciens réussissent à nous faire partager un instant de magie... Et on regrette presque que ce minimalisme n'ait pas été la norme tout du long...

Au final, le fait que Grizzly Bear et sa pop complexe réussisse à remplir l'Olympia est plutôt encourageant : l'exigence et l'ambition peuvent être couronnées de succès. Et on se prend à rêver d'un tel destin pour quelques groupes bien de chez nous dont la pop relevée et lunaire n'a rien à envier à celle des américains. on pense bien sûr à Arch Woodmann ou encore à Orval Carlos Sibellius... Il est beau et indispensable de rêver...

A lire également dans la même veine : Arch Woodmann à la Méca.

dimanche 26 mai 2013

The Flaming Lips, Unknown Mortal Orchestra et Crane Angels à Villette Sonique (24/5/13)


On a totalement oublié la chaleur automnale version polaire de ce mois de mai à Paris, lors d'une soirée assez exceptionnelle dans le cadre du festival Villette Sonique avec un trio fantastiquement psyché : Crane Angels, Unknown Mortal Orchestra et The Flaming Lips...

On arrive juste à temps pour voir une bonne partie du set de Crane Angels. On les connaissait de nom mais on les découvre vraiment sur scène ce soir. Collectif issu de la bouillonnante scène bordelaise et de nombreux groupes (Botibol et JC Satan notamment), le combo impressionne d'entrée par le nombre de ses protagonistes, neuf au bas mot. Leur musique est un savant mélange de psychédélisme, de garage, de noise, de shoegaze et de pop. Une place importante est laissée aux harmonies vocales entre les nombreux chanteurs et chanteuses. Un bel enchevêtrement de voix sous influence Beach Boys, Beatles sous un déluge sonique très nineties... On a vraiment aimé!

Viennent ensuite les Unknown Mortal Orchestra dont le dernier opus, II, nous avait émerveillé. Sur disque la pop un peu barrée, psychés et vintage façon garage sixties est superbe. Sur scène, le coté psyché ressort beaucoup plus et l'ensemble sonne nettement plus rock et frondeur. Un vrai trip halluciné qu'on aurait pas osé imaginer. Après le passage récent de Mac Demarco, on croit déceler une tendance de fond avec nombre d'albums pop excellents bricolés en home studio, avec les moyens du bord et souvent par un ou deux laborantins et les live où les chansons prennent une nouvelle direction sous l'influence d'un vrai groupe formé pour l'occasion...

Pour finir en apothéose, on a droit au show flamboyant des Flaming Lips. Bourré d'effets visuels, de couleurs vives et chatoyantes et d'une scénographie spatiale, le spectacle offert par le groupe de Wayne Coyne est tout simplement sensationnel. Leur musique hallucinée prend toute son ampleur dans ce barnum moderne qui offre une porte d'entrée à l'univers des Flaming Lips... Enorme...

A lire également, JC Satan à la Maroquinerie et aux Nuits Sonores, Mac Demarco à la Maro...

jeudi 23 mai 2013

Deerhunter au Trianon (22/5/13)


Quel scandale! Le Trianon n'était pas plein pour la venue de Deerhunter à Paris... Et pourtant, c'est certainement l'un des tous meilleurs groupe d'indie Rock de ces 5 dernières années. Venu présenter leur 5ième album, le âpre et pre-punk Monomania, le quintet d'Atlanta remporte haut la main la palme d'or du meilleur délire noisy garage rock sous influence pop de l'année...

Un concert de haute volée qui débuta avec 10 minutes de nappes de guitares vaporeuses et hallucinées propulsées par une batterie typiquement shoegaze, le tout rappelant les belles heures de Ride ou Slowdive... Un pur régal. Le setlist fut principalement tourné autour du nouvel album du combo, au son crade, déviant et rythmé, comme pour salir aux maximum les mélodies pop sous-jacentes... Un bel effort pour éviter tout succès mainstream douteux!

On a donc eu droit à la facette la plus énervée, la plus tordue et la plus folle de Deerhunter. Exit les longues plages dreamy réconfortantes, le rêve est cette fois-ci rempli de saturation et de méandres ombragés. Mais comme en écho à un passé pas si lointain, Bradford Cox concède, dans sa grande mansuétude à laisser intervenir son comparse Locket Pundt (dont on voit recommande chaudement les deux albums solo sous le nom de Lotus Plaza) pour illuminer le set avec les aériens "Desire Lines" et"The Missing".

Après avoir terminé leur set dans un déluge sonique, les impétrants reprennent en rappel leur "Cover me Slowly" si envoutant ouvrant le LP Microcastle... Une petite dernière et le concert se termine comme il a débuté dans une apocalypse de 6 cordes, batterie en moins... 10 minutes intenses que certains applaudiront des deux mains en criant au génie lorsque d'autres seront partis avant la fin...

Un groupe culte, tout simplement!

A lire également Deerhunter à la Gaité Lyrique et Bradford Cox en solo au Trabendo. Et pour le plaisir shoegaze : Ride best Song Ever

samedi 18 mai 2013

Melvins au Trabendo (10/5/13)


On aura mis un peu de temps pour écrire ce live report, juste le timing nécessaire pour digérer l'uppercut Melvins reçu au Trabendo dans le cadre d'une résidence de 2 jours qui aura permis au groupe séminal du son lourd et extrême de revisiter ses plus brillants et cultes albums du début des années 90.

A l'époque où le grunge n'existait pas encore les Melvins furent les défricheurs d'un son crade, lourd, souvent ankylosé, psyché, trash et speedé par moment... Une vraie mine d'or découverte par King Buzzo et sa bande qui marquera toute une génération de musiciens : Nirvana bien sûr, mais aussi la descendance Stoner (Kyuss, Queens of the Stone Age) voie même les scènes Doom ou Drone...

30 années d'activisme, de passion et de combat... Cette résidence au Trabendo était donc un vraie évènement et on s'y sera rendu le premier soir pour le triptyque magique  Eggnog, Lysol et Houdini... Produit par Kurt Cobain en 93 (au moins sur le papier), Houdini reste un monument... Ce n'est pas un hasard si le morceau d'ouverture de l'album, Hooch, nous aura servi de détonateur pour le lancement de notre saga Best Song Ever...

Ré-etendre en live cet album passionnant fut un choc. Sa rage et sa fureur restent intactes après toutes ces années, son acuité évidente... Un live à revivre pendant quelques semaines grâce à Arte Live Web, merci à eux... c'est ICI.

A lire également Best Song Ever (épisode 2) : Hooch ou encore les Melvins live à l'Elysée Montmartre ainsi que leur descendance Kyuss, Queens of the Stone Age, Nirvana, Soundgarden, Alice in Chains, Temple of the Dog...

mercredi 15 mai 2013

Mac Demarco à la Maroquinerie (14/5/13)


Une Maroquinerie pleine à craquer et qui sentait le soufre pour le passage de Mac Demarco à Paris. Après un premier EP "Rock & Roll Night Club", Mac demarco a sorti fin 2012, via le superbe label Captured Tracks, son premier effort solo sobrement intitulé "2". Une vraie réussite d'indie pop habillement arrangée...

Après avoir subi en première partie le Comeback de Charlie Oleg, sauf que les impétrants étaient deux, arrive enfin sur scène Mac Demarco et sa bande de potes. L'album du bonhomme, enregistré en solo en totale autonomie et sans l'aide d'aucun musicien nous avait ravi par son immédiateté pop, ses arpèges cristallins et son mood laidback et sans prétention. Sur scène, avec l'appui d'un groupe ca n'a presque plus rien à voir...

On passe d'une pop limpide à un rock indé énervé et crade sous haute influence Slacker (on pense bien sur aux maitres absolus : Pavement...). Quelque peu déboussolés de prime abord, on se prend rapidement au jeu de redécouvrir ces morceaux sous une lumière crue et abrasive... L'ensemble est bancal, joué à l'energie, à l'arrache et c'est finalement ça qui va captiver l'audience...

Le coté n'importe Nawak se trouve cristallisé dans l'espèce de Medley improbable de la fin du concert où l'on croit distinguer un morceau de Pavement (Fight this Generation?), une cover décalée et humoristique d'Enter Sandman de Metallica et une version hardcore du "Black Bird" de Mc Cartney hurlé par le bassiste... Drôle et entrainant...

Au final, une soirée rock indé surprenante avec des gars qui s'amusent et réussissent à nous faire partager leur trip...

A lire également Pavement en Best Song Ever et en Live ou encore leur leader Stephen Malkmus.

samedi 11 mai 2013

Laurent Garnier, Carl Cox, JC Satan et Electric Electric aux Nuits Sonores 2013


Passer un 8 mai à écouter de la bonne Zik Electro gourmande et du Rock underground made in France, le tout en journée et presque en plein air, c'était le rêve éveillé formulé par les Nuits Sonores lyonnaises pour de Day 1 du festival version 2013.

Quelle bonne idée de réunir aux Subsistances deux monstres sacrés de la techno : Carl Cox et Laurent Garnier qui se seront succédés aux manettes quasiment 7 heures durant... On ne présente plus ces deux légendes qui n'ont absolument plus rien à prouver tant ils auront tout donné et contribué à l'essor de la techno dans les années 90. Car Cox, comme à l'accoutumé nous sert sa house made in Chicago, tandis que Laurent Garnier ravit nos oreilles et nos sens avec ses mixes oscillant entre Techno old school et envolées acid house rêveuses...

Deux valeurs sûres qui auront ravi une assistance venue en nombre, bigarrée et plutôt âgée (comparée aux audiences nocturnes des Nuits Sonores)... Une bien belle initiative que ces prestations diurnes...

Et ce que l'on adore aux Nuits Sonores, c'est bien entendu la programmation pointue et relevée mais c'est aussi cette ouverture d'esprit qui permet la programmation de nombreuses perles underground plutôt connotées Rock...

Après la prestation visuelle et auditive convaincante de People like Us, on est ravi de retrouver le meilleur de la scène rock indé française avec JC Satan qui nous avait ébahi en janvier à la Maroquinerie... Du bon gros son, du rock'n'roll qui tâche... Et ca fait tellement de bien... Concert de grande qualité dont on aura adoré le final ultra bruitiste tout en larcens... Excellent...

On terminera la soirée avec une autre figure de proue de la scène made in France avec Electric Electric... #7 de notre top album 2012, les 3 strasbourgeois nous ont décapé les oreilles avec leur déluge sonore... C'est une véritable expérience sensorielle à laquelle ils nous invitent. Intense, puissant et dérangeant... La BO apocalyptique de nos temps de crise... Dommage qu'ils aient joué devant une audience clairsemée...

A lire également les Nuits Sonores 2010 et 2008 , JC Satan à la Maroquinerie ou Electric Electric dans le TOP 10 MRM 2012.

samedi 20 avril 2013

Daughter au Café de la Danse (19/4/13)


Il y a de ces soirées poignantes dont l'on se souvient pendant un moment... Le premier concert à Paris de Daughter sera très certainement de celles là... Après 2 EP sublimes (His Young Heart et Wild Youth EP à écouter en vinyle), le trio emmené par Elena Tonra vient de sortir son premier album "If you leave" qu'il est venu présenter à une foule venue en nombre au Café de la Danse.

L'émotion communiquée, la finesse des compositions et ces arrangements classieux osant batterie tribales et guitares vaporeuses nous avait charmés sur les deux 10-inch sortis en 2011et 2012. Le LP nous aura convaincu du talent du combo et c'est avec une impatience non ressentie depuis fort longtemps que l'on s'est rendu hier soir au Café de la Danse.

Et Daughter aura répondu à nos attentes ! La fragilité, la sincérité et la conviction de sa frêle leader nous a tous touché. Les arrangements érudits de Igor Aefeli doublés par les percussions inventives et d'une belle intensité de Rémi Aguilella donnent le parfait écrin à la voix à la fois poignante et déterminée d'Elena.

Et avec des titres aussi forts que Love, Youth, Winter, Still, Home ou Landfill (tous déjà des classiques), on ne pouvait que succomber... Quoi de plus normal tant l'univers de Daughter semble avoir quelques similitudes avec celui de nos protégés de Moslyve (Nothing to lose revisited era) : la même fragilité, le même charme allié à une force pleine de mélancolie...

Une superbe soirée que l'on aurait aimé voir s'éterniser... Les échanges du groupe avec le public ont été nombreux et d'une sincérité troublante. On savait que le batteur, Rémi, était français mais on ne se doutait pas que Igor l'était à moitié et le fait que le frenchy était à quelques heures de son anniversaire aura suffit à apporter à cette soirée un cachet particulier.

Le dépouillement et l'intensité émotionnelle des chansons de Daughter marquent les esprits et les coeurs, c'est indéniable. Le groupe a les moyens de tracer une route singulière et enthousiasmante, mais maintenant le tout est de savoir comment ils vont évoluer avec ce nouveau statut de grand espoir à assumer... Et on espère que leur candeur, leur naïveté et leur fragilité ne sortiront pas broyées de la grande lessiveuse du Music Business... A suivre...

Après Aufgang mardi au Trabendo, la semaine aura définitivement été marquée par le sceau de la fraîcheur et de l'élégance... Et aujourd'hui c'est le Disquaire Day... ;)

mercredi 17 avril 2013

Aufgang au Trabendo (16/4/13)



Retour aussi inattendu que surprenant pour le trio de virtuoses du groupe Aufgang. Au lendemain de la sortie de leur second album au nom improbable de "Istiklaliya", Aufgang venait présenter au Trabendo le fruit d'un travail carrément enthousiasmant.

Aufgang réunit les pianistes Francesco Tristano Schlimé et Rami Khalifé ainsi que le batteur Aymeric Westrich. Leur concept deux piano + batterie avait déjà étonné en 2009 avec leur album initial qui tentait, avec brio, une collusion entre jazz et electro.

Sur ce second opus, découvert en live hier soir, l'influence de la Techno old school de Detroit est flagrante et tout bonnement jouissive. Par moments, le concert s'est transformé en Trance aussi physique que mentale. L'utilisation de sons de synthé anaologiques ultra vintage et chaleureux pour lancer leurs mélodies dans une sorte d'hyper espace techno était phénoménale.

Ils ont réussi à reprendre à leur compte les vues et l'energie des pionniers de la techno made in Detroit. Et le résultat est vraiment bluffant. Assez cérébraux sur disque, Aufgang devient en live une machine de guerre dansante et ultra physique. Le mariage parfait entre l'intelligence d'une musique érudit pour les esprits et l'entrain d'une musique dansante et frénétique pour les corps.

Une super soirée qui nous aura littéralement retourné la tête... A quand leur passage dans une rave party improvisée avec un soundsystem de fou furieux?

A lire également les pionniers de l'électro avec Laurent Garnier en Best Song Ever ou encore Jeff Mills à la salle Pleyel.

samedi 6 avril 2013

Palma Violets à la Flêche d'Or (5/4/13)


Quelques mois après un concert révélation au Festival des Inrocks en novembre 2012, Palma Violets était de retour à Paris, à la Flêche d'Or, pour défendre sur les planches son premier album "180". Après avoir créé le buzz, les 4 britanniques n'ont pas été épargnés par une partie de la presse française qui voit en eux un ersatz des Libertines dopé au NME...

On les avait découvert sur scène à la Boule Noire en automne dernier et on les avait trouvé assez convainquant. Assez chaotique, sincère et fou-fou pour nous avoir permis de nous étonner et de nous faire passer une bonne soirée (plus que Savages sur scène juste après).

Depuis, le premier album est sorti... Et il s'écoute plutôt bien. Plaisant et avec quelques bons titres, même si on regrettera un son un peu trop policé et arrondi sur les angles et un petit manque de folie... C'est d'ailleurs ce que l'on pourra reprocher à leur prestation à la Flêche d'Or. Bien en place, ils servent leurs chansons de manière assez carré, avec énergie et volonté évidente d'en découdre... Mais il manque un petit quelque chose... 

Et il faudra attendre le rappel pour que ca parte un peu en live... Ce que l'on attendait... Clairement biberonnés au son des Clash, plus qu'à celui des Libertines (même si Barat et Doherty ont tout piqué à Strummer et Jones, allant même jusqu'à se faire produire par ce dernier...), on espérait plus de danger, plus d'énergie vitale...

Au final un bon concert, mais il faudrait qu'ils lâchent vraiment prise pour révéler leur coté punk et rendre leur musique plus exaltante encore... Leur second album sera décisif, soit ils explosent, soit ils passent définitivement à la trappe...

A lire également leur prestation au Festival des Inrocks...

jeudi 4 avril 2013

Chinese Robots et Moslyve : double sortie vinyle sur le label Mind Riot Music en juin




Excellente nouvelle que cette double sortie vinyle en juin sur le label Mind Riot Music avec un 45 Tours pour Chinese Robots et un EP 4 titres pour Moslyve.

Chinese Robots, dont on avait relayé en ces pages le tout premier concert en avril 2011, débarque sur le label MRM pour l'édition de son tout premier vinyle. Il s'agira d'un 45 Tours avec sur chaque face un titre explosif, dansant et renversant sous influence electro-rock (NIN, New Order, Sonic Youth, dEUS, LCD Soundsystem).

Pour se familiariser un peu plus avec cette nouvelle recrue du label, la bio est en ligne ICI...

Après la sortie en octobre dernier de leur second album, "Slave to modern age", nos protégés de Moslyve ont décidé de poursuivre leurs aventures avec leur producteur émérite Nicolas Leroux (Overhead) pour totalement revisiter leur premier album. De ces sessions sont issus les 4 titres qui forment le EP 25 cm vinyle qui sortira en juin 2013. Une évolution surprenante et brillante...

D'ici là, le second LP est toujours disponible via le site MRM...

Les deux vinyles de Chinese Robots et de Moslyve sortiront le 13 juin 2013, une date à placer d'ores et déjà dans vos agendas...

vendredi 29 mars 2013

The Popopopops au Divan du Monde (28/3/13)


Très plaisant début d'année 2013 qui voit la sortie de nombreux albums made in France de grande qualité. Après Aline, Arch Woodmann ou Alexandre Varlet, c'est au tour des rennais de The Popopopops de dégainer leur disque "Swell". Un premier album réussi qu'ils auront tout de même mis 4 ans à concevoir et à enregistrer et qu'ils sont venus défendre sur la scène du Divan du Monde à Paris.

The Popopopos fait partie de ces groupes que la presse spécialisée suit de près depuis un bon moment. C'est peut dire que leur premier effort discographique était attendu. Après un premier EP brillant sorti en 2012, Swell enfonce le clou et présente un groupe pop moderne qui a tout les atouts pour briller hors de nos frontières.

Après deux premiers titres un peu mollassons, le combo se libère avec l'explosif R'n'R qui paradoxalement rappelle le meilleur R'n'B sauce rock de N.E.R.D. (époque "in search of"). Dans l'ensemble, The Popopopos s'en sort plutôt bien, le public, jeune, apprécie. La prestation est carrée, maitrisée. On sent un vrai potentiel.

Avec "My mind is old" ou "Wavelenght", le groupe possède même quelques titres d'une grande classe qui lui permettent de vraiment ressortir du lot. Si ils arrivent à maintenir dans le temps ce niveau de qualité des compos (ce qui n'est pas tout le temps le cas sur ce premier album), nul doute qu'ils iront très loin... Et c'est tout le mal qu'on leur souhaite...

mardi 26 mars 2013

Foals à l'Olympia (25/3/13)


Foals, nos anciens poulains, sont un cas pas facile à traiter... Ce premier concert à l'Olympia consacre un début de carrière exponentiel. On avait été largement convaincu par le sublime "Total Life Forever", second LP foisonnant et subtile sorti en 2010. #4 de notre TOP 10 Albums 2010 et en bonne position dans nos coeurs après le très bon live à l'Elysée Montmartre la même année, on attendait avec impatience le retour des Oxfordiens, aussi bien scénique que sur disque...

L'écoute du nouvel album "Holy Fire" nous avait laissé une impression bizarre. Si il se laisse écouter et fait plutot bonne figure, au contraire de son prédecesseur il ne recèle pas de pépites surprenantes du cran d'un "Spanish Sahara" ou d'un 'Blue Blood". Le groupe garde son ambition démesurée intacte mais semble s'y être perdu.

Le choix de la production laissée aux experimentés Flood et Moulder n'aura pas été très judicieux. Certes, les deux complices expert'es son auront apporté ce qu'il leur était demandé : un son massif, moderne et puissant, calibré pour les stades auxquels on sent que Yannis et ses sbires semblent vouloir accéder... Entre ambition et prétention, la ligne de démarcation est souvent ténue...

Et le show de l'Olympia n'aura pas totalement balayé nos doutes... Carrée, efficace et remplie d'energie, la performance des anglais fut bonne, avec quelques moments de grâce (Prelude, Spanish Sahara, Blue Blood...). On aura passé un bon moment mais malheureusement on n'aura pas ressenti la joie, et cette exubérance toute en retenue et en nuance qui faisant le charme de Foals en 2010...

Avec un tel potentiel, on est forcément éxigeant avec Foals. On espère que le succès populaire qui leur tend les bras ne va pas les placer dans la peau d'un Coldplay qui après 2 bons premiers albums (surtout le second) avait amorcé un virage Grand Stade avec l'infamant X&Y au son si terrible... Ils ont ensuite perdus leur âme tout en garnissant leurs comptes en banque... Verdict dans quelques mois...

Pour se remémorer les bons souvenirs : Foals à L'Elysée Montmartre et #4 du TOP albums 2010.

dimanche 24 mars 2013

Beach House à la Cigale (22/3/13)


On a déjà beaucoup parlé de Beach House en ces pages et on s'était dit qu'on ne dirait rien sur le 11ième concert parisien du groupe depuis sa création, qui a eu lieu à la Cigale vendredi dernier...

Mais voilà, après avoir trusté le podium de nos classements albums et concerts avec une belle #2 à chaque fois, et après nous être extasié devant leurs performances à Rock en Seine et au Trianon on a repris une petite claque à la Cigale et on ne peut donc s'empêcher de vous la faire partager...

Le son était excellent, la salle toujours aussi chaleureuse et le trio toujours aussi envoutant... La quasi totalité de Bloom aura été interprétée (9 titres), une bonne partie de Teen Dream (6), album qui les aura propulsé sur le devant de la scène, pour seulement 2 chansons de l'excellent second LP Devotion et in extremis un morceau de l'inaugural Beach House en rappel...

Onirique, passionnant et charmeur... Un petit voyage dans le monde des rêves pendant près d'une heure et demie de concert... On en redemande...

A lire également, Beach House #2 du Top MRM 2012 Albums et Concerts, le live à Rock en Seine et celui au Trianon...


mardi 5 mars 2013

Jake Bugg au Trianon (4/3/13)


Le nouveau prodige anglais Jake Bugg, 19 ans au compteur depuis moins d'une semaine, aura très vite fait son trou. Adoubé par Noel Gallagher himself qui l'embarqua sur la fin de sa tournée solo pour assurer sa première partie, Jake Bugg a sorti un prometteur debut album qu'il est venu défendre  à Paris dans un Trianon sold-out.

Le garçon est-il à la hauteur des louanges essaimées ça et là par une critique unanime? Les compos sont vraiment solides et l'album est très réussi. Il n'apporte rien de neuf mais revisite brillamment et avec fraicheur tout un pan de la musique américaine. Bluegrass et folk en tête, Bugg amène son regard et son accent de cockney, prend sa guitare acoustique dézinguée tel un Richard Ashcroft ayant vécu un double vie biberonné à la Northern Soul et au Blues en plein Mississippi et ayant eu pour voisin Lightnin Hopkins ou Muddy Waters... Une telle maturité surprend et on croit déceler un grand potentiel en ce jeune homme fringant...

L'attente en live est forcément immense... Et on ressort plutôt circonspect... Une moitié de concert enthousiasmante et une autre assez fade... Le garçon n'est pas très expressif et a l'air de s'ennuyer sur scène, et ca déteint irrémédiablement sur nous... Mais à en croire les nombreux hurlements (souvent gênants tellement on se croirait à un concert de boys band...) certain(e)s ont apprécié tout du long...

Les passages bluesy et un peu relevés auront été les plus convaincants. La basse ondulante apporte un plus certain à l'ensemble. Par contre, on ne se souvient pas d'avoir entendu un son de caisse claire aussi mal reglé depuis longtemps, à moins que ce ne soit le groove du batteur qui pose problème...

Au final; il aura manqué un peu d'émotions et d'engagement pour nous faire vraiment vibrer. Prestation moyenne d'un jeune talent qui aura bien le temps de conquérir totalement son audience sur scène...

A lire également, son mentor Noel Gallagher en live ou dans la série jeunes pousses du moment : Alt-J à la Cigale.

samedi 2 mars 2013

Arch Woodmann à la Mécanique Ondulatoire (1/3/13)


Avec la sortie de leur second LP, les 4 Arch Woodmann devraient se faire une place de choix dans l'univers pop made in France. Disponible depuis lundi dernier, cet album éponyme était présenté pour la première fois en live dans les salles parisiennes à la Mécanique Ondulatoire, le bar concert sauvé des eaux il y a quelques mois après une faillite qui avait ému beaucoup de monde...

Arch Woodmann est au départ le projet d'Antoine Pasqualini, chanteur / batteur debout et leader d'un troupe réunissant les 2/3 d'Overhead (Antoine donc et Benoit Guivarch à la guitare), l'un des tenanciers du Motel (Thomas à la basse) et Lucie à la guitare, au chant et aux claviers.

Leur pop acidulée, rêveuse, parfois frondeuse semble elle aussi transpercée par l'énergie aux influences Math Rock qui secoue actuellement le meilleur de la scène rock française (Electric Electric, Marvin, Mnemotechnic). La voix de Lucie apporte sur certains morceaux un côté New Order des débuts tout à fait rafraichissant. La basse de Thomas donne beaucoup de groove à l'ensemble. Le jeu de guitare de Benoit, tantôt acéré, tantôt aérien se marie pleinement  aux rythmiques changeantes d'Antoine qui harmonise l'ensemble de son chant si particulier...

Malgré de grosses galères de soundcheck, Arch Woodmann aura livré une prestation plus que convaincante devant une foule ravie et venue en nombre... On aurait du mal à comprendre que le combo ne puisse pas rapidement jouer dans des salles plus prestigieuses... Ou on sera encore en face d'une terrible injustice...

A lire également les pérégrinations live d'Antoine et Benoit avec Overhead ou encore quelques solides représentants de la scène underground française avec Marvin, JC Satan... Et dans la sphère "recorded at Mulholland Drive Studio by Nicolas Leroux" : Alexandre Varlet (dont on a malheureusement loupé le showcase aux Balades Sonores...) ou encore Moslyve.

mercredi 27 février 2013

Alt-J à la Cigale (25/2/13)


Le groupe le plus cool du moment, Alt-J, est venu à Paris récolter les lauriers de sa gloire naissante en enchainant 2 dates, à guichets fermés depuis longtemps, au Trianon (et diffusé en direct sur le web) puis le lendemain à la Cigale.

Leur prestation au festival des Inrocks nous avait enthousiasmé et leur premier album avait réussi à trouver sa place dans notre TOP 10 2012. On attendait donc beaucoup de ce show parisien. Devant un public chauffé à blanc, plutôt jeune et enthousiaste, les 4 de Leeds ont fidèlement rendu sur scène les compostions alambiquées et intrigantes de leur disque.

Même si on aura plutôt passé un bon moment, il faut avouer que l'on aura pas vibré. Il manquait un peu de folie. Le rendu fut un peu trop propre, trop lisse... Il faut dire que les garçons passent après les perles récentes vues en live en 2013 : l'émotion de Villagers, l'uppercut de Fidlar ou de JC Satan, l'insoucience d'Aline, la sincérité poignante d'Alexandre Varlet ou l'onirisme d'Overhead...

La barre est déjà assez haute en ce début d'année 2013 pour que l'on en devienne très exigeant... On s'habitue vite aux bonnes choses...