samedi 23 février 2013

Villagers à la Maroquinerie (22/2/13)

Après la pop claire et limpide d'Aline la veille, changement de décor et d'ambiance avec l'univers fantasmagorique et labyrinthique des Irlandais de Villagers à la Maroquinerie.

Après un premier album remarqué et remarquable (Becoming a Jackal fut sélectionné pour le Mercury Prize en 2010), entièrement écrit et joué par Conor J O'Brien, le tout récent "Awayland" voit le démiurge derrière le projet laisser un peu plus de place à ses comparses (et notamment au co-producteur des deux albums Tommy Mclaughlin aux guitares et backing vocals) pour un disque de pop folk passionnant, aux mélodies alambiquées et aux changements d'humeur jubilatoires.

Sur la scène de la Maroquinerie on est de suite interpellé par l'intensité dégagée par O'Brien. Il vit totalement sa musique et tel un chaman possédé il nous embarque rapidement dans son monde baroque, complexe et rempli de couleurs vives et chaleureuses. Malgré la mélancolie de l'ensemble, la lumière jaillit à de nombreuses reprises pour nous émerveiller et nous transporter ailleurs...

La beauté et l'épure de chansons comme "My lighthouse" ou "That day" font mouche. Les ruptures de rythme et d'ambiance de "Earthly Pleasures" ou "The Waves" remuent l'assistance en conséquence... Une soirée pleine de rebondissements où l'on ne se sera pas ennuyé une seconde... On pense à Arcade Fire pour la présence, l'authenticité et le don de soi, l'extravagance en moins...

Une belle découverte sur scène. Conor a un talent rare c'est indéniable et on apprécie d'autant plus d'avoir pu le voir dans une salle aussi intimiste que la Maroquinerie, car pour sûr, les prochains passages des Villagers devraient se faire devant des audiences bien plus conséquentes...

A lire également dans le même esprit Band of Horses à la Cigale, Foals à l'Elysée ou encore Wilco au Grand Rex

La set-list de Villagers à la Maroquinerie (22/2/13) 

1- Grateful Song 2- Home 3- Passing a Message 4- Ritual 5- Tigers 6- The Bell 7- Memoir 8- The Pact 9- Earthly Pleasure 10- Judgment Call 11- Nothing arrived 12- Rhythm Composer 13- Becoming a Jackal 14- The Waves 15- Ship of Promises 16- That Day 17- In a new found Land 18- My Lighthouse 19- On a Sunlit Stage
(Merci à Sig pour la Setlist)

jeudi 21 février 2013

Aline au Café de la Danse (21/2/13)


Après Lescop samedi, on continue notre revue de la nouvelle scène pop française avec les 4 francs tireurs d'Aline (5 sur scène). Les premières écoutes de leur "debut album" nous avait pas mal bluffé et on était donc impatient de les voir sur scène, voeu exaucé avec ce concert parisien dans un Café de la Danse sold -out depuis un mois...

Le son policé et raffiné de "Regarde le Ciel", produit par l'ex-Valentin Jean-Louis Piérot, laisse place en live à des sonorités plus rêches et à une ambiance plus électrique et c'est tant mieux! Ca démarre avec l'instrumental "Les copains", petit tour de chauffe bien balancé. La section rythmique est ultra efficace et le groupe semble bien rodé.

Au fur et à mesure, on sent que le combo commence à se détendre et à prendre ses aises. Avec "Deux hirondelles" et bien sur le tube imparable "je bois et puis je danse" le concert prend vraiment son envol. Le public se met au diapason et le show n'aura de cesse de monter en intensité jusqu'au triptyque final éblouissant "Elle et moi", "Regarde le Ciel" et "Teen Whistle". 3 chansons d'une rare classe qui feront définitivement chavirer le navire...

Le rappel permettra d'entendre une surprenante reprise de Jean-Louis Murat ("Tout est dit") et un "Elle m'oubliera" euphorisant malgré un texte que l'on sent très personnel... Et dans la liesse ambiante, les boys (don't cry) ne pourront s'empêcher  de rejouer "Je bois et puis je danse"...

Les lumières se rallument et on peut voir de larges sourires sur les visages des spectateurs. C'est assez rare à Paris pour être souligné...

Une très belle soirée. Pop classieuse sous influence The Smiths / The Cure, chantée en français et qui sonne de manière si évidente... Non vraiment, Aline a tout pour réussir...

A lire également dans la section new pop française : la déception Lescop et les promesses Cracbooms ou Lozninger...

mercredi 20 février 2013

Fidlar au Point Ephémère (19/2/13)


Leur premier album à peine sorti (il y a 15 jours) et voilà que les californiens de Fidlar débarquent au Point Ephémère auréolés de critiques plutot enthousiastes (album du mois dans Rock & Folk). 4 slackers de L.A. qui jouent vite et fort... On était impatient de les découvrir...

On a d'abord été emballé par Childhood en première partie. Et comme leur nom l'indique les garçons ont vraiment l'air d'avoir 16 ans. Avec un son de guitares rempli de Flanger et d'échos, une basse groovy se plaçant merveilleusement sur le kickdrum et des pop rock songs empruntant aussi bien à l'americana, à la power pop, au shoegaze qu'à la surf pop, on aura passé un sacré bon moment. Un groupe à suivre.

Dès les premières notes du concert de Fidlar on aura été happé par le mouvement de foule et projeté au milieu de la fosse dans un pogo bon enfant énergique et euphorisant... On perd très vite le fil des morceaux pour se laisser absorber par l'énergie juvénile dégagée par le groupe et amplifiée par des spectateurs venus se dépenser et exulter au milieu d'une belle pagaille...

Ca faisait un paquet d'années que je n'avais pas pogoté de la sorte... Une vraie cure de jouvence et un plaisir fou à se lâcher comme ça... Dans un style à la Nofx ou à la Ween des débuts : une power pop à l'énergie punk, Fidlar n'a pas inventé la poudre mais réussit à fédérer et à mettre une sacrée ambiance... Juste pour ça ce groupe fut indispensable hier soir...

Quelques bonnes chansons aux mélodies accrocheuses et au flow dévastateur, une volonté de se donner à fond et sans trop réfléchir, une fraicheur inattendue, ca aura suffit pour passer une excellente soirée dont on ressort littéralement trempé mais heureux de s'être dépensé et d'avoir pour un temps totalement déconnecté de nos problèmes quotidiens... Précieux en ces temps de crise...

A lire également, le dernier pogo en date : JC Satan ou encore Les Melvins à l'Elysée...

dimanche 17 février 2013

Lescop à la Gaîté Lyrique (16/2/13)

Concert à guichet fermés pour Lescop à la Gaité Lyrique. Après l'énorme buzz médiatique autour de la sortie de son premier album en octobre dernier, Lescop était très attendu pour ce concert parisien...

La soirée a commencé par la prestation d'Adrien Viot, plus connu sous le nom d'AV... Sans batteur, le groupe du jeune homme nous livre une cold wave en français de bon aloi. AV reprend l'histoire exactement là où l'avait laissée les groupes français des années 80. C'est parfois assez convaincant, mais on s'interroge sur l'intérêt de reproduire ce que d'autres ont déjà fait en leur temps...


Arrive ensuite Mathieu Lescop. On avait beaucoup aimé son premier EP (surtout la face A) et on avoue avoir été déçu par un album assez inégal. Présenté par beaucoup de média comme la figure de proue de la nouvelle scène pop française, la sortie de son LP aura été précédée d'une intensive et efficace campagne de com (merci Universal qui distribue le garçon). Pourtant, Lescop a autant de détracteurs féroces que d'admirateurs béats...


L'ancien chanteur rock divise avec sa cold wave made in France... Et on attendait de pouvoir le jauger sur scène... Au final, la prestation fut plutôt bonne. Le groupe est carré, le guitariste fait le show et le tout sonne plutôt bien... Mais il manque quelque chose... Une certaine intensité, une émotion profonde et singulière que l'on recherche et qui ne vient pas...

La cold wave a drainé un tel héritage en 30 années (la référence ultime Joy Division...) qu'on attend beaucoup des groupes qui s'essaient à ce style de musique... Jusqu'à voir le chanteur se taillader les veines sur scène dans une pulsion de vie soudaine et inattendue...

Hier soir il manquait à Lescop ce petit supplément d'âme pour se hisser à la hauteur de ses glorieux ainés... Les textes sont un peu faibles, pas assez consistants pour créer cette étincelle cold wave et il peine à incarner sa musique... La reprise du "Pendant que les chants brulent" de Niagara en aura été le parfait exemple. Titre vocalement difficile à interpréter mais Muriel Moreno y apportait toute la morgue et la classe que la chanson appelait, Lescop quant à lui délivrera une version fade...

On ne ressort pas convaincu par Lescop, le manque d'intensité et de profondeur nous aura empêché de vibrer même si sur quelques rares titres il se sera presque passé quelque chose (le hit "La forêt" ou le subtile "Le Vent"...)

vendredi 1 février 2013

Overhead au Nouveau Casino (31/1/13)


Overhead is not dead! Le trio a irradié de son talent la salle parisienne du Nouveau Casino pour la promo du 3ième opus du combo : "Death by Monkeys". Ce fut sans aucun doute le meilleur concert, auquel on a pu assister, de cette nouvelle bouture d'Overhead  (après la Clef St Germain et le Divan du Monde il y a quelques mois).

Bien que le récent disque du groupe ait été enregistré par sa tête pensante, Nicolas Leroux, seul aux commandes et à tous les instruments, c'est bien avec Benoit Guivarch à la guitare ou à la basse, Antoine, alias Archi, alias Arch Woodmann (dont on attend avec impatience le nouvel album) à la batterie et donc Nicolas Leroux au chant et à la guitare ou la basse, que "Death by Monkeys" prend son envol... En Live et sous nos yeux ébahis.

Après un début un peu timide et un son encore mal réglé (problème de kick et voix et guitares trop en retrait) la prestation du groupe prit soudain une nouvelle dimension dès les premières notes de "In a hundred years", brulot intemporel du brillant second LP "No Time between". Dès lors, le groupe se lâche et l'alchimie entre les 3 musiciens prend réellement corps...

On aura adoré ce "Dead Man Walking" version Cure old-school (ah ce son de gratte si irrésistible) et beaucoup apprécié le picorage dans l'ensemble de la carrière de Nicolas Leroux... Les deux titres enchainés issus du projet solo du Monsieur (The Fugitive Kind : rock rêveur sombre et élégant) auront apporté une atmosphère aérienne au show... Et que dire de cette phénoménale version de Winter Blast  pour clore la première partie du set, avec ses 3 voix entremélées aux confins d'un psychédélisme lyrique de haute volée.

Au moment du premier rappel, la salle s'était déjà embrasée depuis un moment, quand surgissent les premières notes de "Innerself", belle surprise du set-list issue du premier album "Silent Witness". Une touche jazzy et épique avant d'attaquer le sauvage "Hit it in the wild" echainé avec un "Out of Sleep" commencé par Nicolas seul en scène avant le retour de ses acolytes pour un déferlement noisy jouissif...

Overhead ne pouvait décemment conclure cette belle soirée sans l'incontournable morceau de bravoure qu'est "Talk Real"... Au final, une belle énergie, un groupe soudé et offensif, et cette voix unique... Une excellente prestation en somme pour un combo que l'on espère voir triompher sur les scènes des festivals cet été...

A lire également, Overhead à la Clef St Germain et au Divan du Monde, Best Song Ever : Talk Real, le Top 10 Albums 2012 ou encore certaines productions récentes de Nicolas Leroux : Alexandre Varlet ou Moslyve.

vendredi 25 janvier 2013

Alexandre Varlet à Petit Bain (24/1/13)

Le jour de la sortie de son 5ième album, Alexandre Varlet est venu défendre ses nouvelles compositions sur la belle scène de la péniche parisienne Petit Bain. La soirée était organisée par le label Les Disques du 7ème Ciel qui présentait par la même occasion 3 autres de ses signatures (Maud Lubeck, Lolito et Theo Hakola).

Après un set concis et attachant de Maud Lubeck, qui nous aura joliment charmés avec ses comptines rêveuses, Alexandre Varlet entre en scène. Seul avec sa guitare et quelques pédales d'effet en sus... Dès ce premier morceau d'ouverture, Patience, ce talent trop bien caché de la chanson française nous envoute. Il réussit à nous transporter dans son univers sensible, mélancolique et intimiste...

Avec ses nouvelles chansons, on ne peut pas dire que le garçon aura mis toutes les chances de son côté pour s'assurer un certain succès commercial... Et on lui en sait gré... Alexandre Varlet continue son chemin, trace sa route. Celle qui lui permet d'aller vers toujours plus de dépouillement, pour se rapprocher au plus près d'une authenticité, d'une vérité qu'il a à coeur de trouver, de faire partager...

Ces mélodies jouées sur des open tuning, en finger picking la majeure partie du temps, sont d'une richesse harmonique de toute beauté. La prestation est excellente.

Ses deux précédents disques, enregistrés et mixé par Nicolas Leroux (également réalisateur du dernier Moslyve on le rappelle...) avaient esquissé cette direction. Si "Ciel de Fête" était joyeux, rock et déjà plutôt dépouillé, "Soleil Noir" enfonçait le clou dans un clair obscur oscillant entre tension, intensité et relâchement...

De l'eau à coulé sous les ponts depuis l'enregistrement de ce diptyque. On retrouve un Varlet en paix avec lui-même et qui semble avoir fait un trait sur la nécessité d'être populaire et de vendre des disques pour pouvoir vivre de sa passion. C'est avec lucidité, détachement et mélancolie qu'il explore les recoins de son âme, de ses sentiments, de notre existence... Une song comme "mon garçon" nous mettrait presque la larme à l'oeil.

Le seul bémol de cette soirée sera la durée du set du Monsieur : à peine une demi-heure... On reste sur notre faim et on attendra en vain un rappel qui ne viendra pas...

Un artiste que l'on aimerait voir plus suivi et qui mériterait tellement plus d'attention...

A lire également, Best Song Ever : Parfume... ou encore son acolyte Nicolas Leroux avec Overhead en concert et Best Song Ever.

samedi 12 janvier 2013

JC Satan et la Terre Tremble!!! à la Maroquinerie (11/1/13)


Et bien voilà, on inaugure l'année concerts 2013 avec une déflagration d'énergie et les uppercuts de JC Satan et la Terre Tremble!!! à la Maroquinerie. Les deux groupes se produisaient dans le cadre de la soirée Gonzai pour le lancement de la version papier de leur magazine. Il faut beaucoup de courage (et de témérité?) pour s'embarquer en 2013 dans l'aventure de la presse sur support papier... Bonne chance à eux...

Gonzai a donc eu la bonne idée de célébrer l'évènement en associant deux des groupes incontournables de la scène rock underground française... Après Marvin et Electric Electric dans nos top 10 2012 Live et Concerts, on a encore eu confirmation à la Maroquinerie hier soir qu'il se passait bien quelque chose en territoire gaulois...

La Terre Tremble aura d'abord chauffé la salle à blanc avec son rock sauvage et expérimental. 2 guitares, un batteur chanteur, quelques samples de percus, et une intensité surprenante... Ca part un peu dans tous les sens : math rock, blues crade et déviant, rock à riffs, psyché, ca monte puis redescend avant de repartir de plus belle... Un roller-coaster sonique qui nous aura subjugué...

Arrive enfin le clou du spectacle : la troupe joviale, enjouée et bien barrée des JC Satan... Et c'est rapidement l'émeute dans la fosse... Le groupe a un paquet de fans survoltés qui se bousculent avec un immense plaisir. La scène aura été envahie pendant une bonne partie du concert... C'est peu de dire que l'ambiance était chaude!

Sur scène, les 5 JC Satan sont habités. Leur musique protéiforme est difficilement classable. On osera parler de "psyché pop metal" les concernant... Un morceau comme "Faraway Land" rappellerait presque le Pink Floyd de Syd Barrett, en plus burné lorsque d'autres titres font appel à Queens of the Stone Age, Kyuss et même aux Beatles de Sergent Pepper, version punk...

En live, JC Satan est tout bonnement démentiel. L'énergie communiquée est phénoménale, jouissive et libératrice... On repart avec les derniers 33T des deux groupes sous le bras. Les pochettes en 30 cm sont magnifiques et valent à elles seules l'achat des disques. Et oui acheter des disques vinyles c'est aussi un choix d'esthète... ;)

On sort de cette soirée comme revigoré! 2013 commence bien!

A lire également dans la mouvance scène underground française : Marvin à L'espace B, Electric Electric, Lozninger...

dimanche 23 décembre 2012

Best of 2012 : le classement MRM des 10 meilleurs concerts

2012 : une année Live enthousiasmante où l'on aura encore pu assouvir notre soif insatiable de sensations et d'émotions... Vivre des concerts intenses, émouvants où des artistes se livrent avec authenticité : voilà le vrai remède à la crise...

Et au firmament de ces frissons annuels on reprendrait bien une dose de Troy Von Balthazar, de Beach House ou encore de Stone Roses...

Le classement MRM des 10 meilleurs concerts 2012 :

5. Radiohead à Bercy (12/10/12)
6. Wilco au Grand Rex (5/3/12)
9. Marvin à l'Espace B (14/12/12)

Troy Von Balthazar trône de nouveau au sommet du classement MRM des meilleurs concerts, 2 ans après nous avoir conquis au Point Ephémère, il récidive sur le même lieu du crime, mais cette fois-ci sans complice. Seul sur scène, Troy nous bouleverse par sa sincérité. On se prend au jeu et on le laisse nous guider dans son univers sombre, épuré et tellement intense... La claque émotionnelle de 2012...

Pas très loin derrière, le live de Beach House à Rock en Seine... Là aussi, le duo de Baltimore (en trio sur les planches) réussit à nous transporter parfaitement dans leur univers onirique, romantique et tellement beau... A eux seuls, ils auraient presque sauvé des eaux et du naufrage une édition des 10 ans bien terne...

Le retour sur scène des Stone Roses sentait bon la réunion de quadras en quête de cash. Que nenni, leur performance fut magique dans le cadre majestueux du Théatre Antique de Fourvière... Un grand moment de vivre en live pour la 1ère fois les morceaux de leur culte Debut album... Une nouvelle baffe...

Avec un Steve Shelley égale à lui même derrière les fûts (excellent et au groove inné) et un Lee Ranaldo inspiré au chant et à la guitare c'est bien plus que la moitié de Sonic Youth que l'on aura vu à la Maroquinerie en juin... Et dire qu'il aura fallu attendre plus de 30 ans pour voir Lee défendre en solo ses premières compositions pop indé... Et vu la qualité des morceaux et de la prestation on se dit que l'avenir lui appartient...

On n'était pas allé à Bercy depuis un paquet d'années, et il fallait au moins Radiohead pour nous inciter à y revenir... Et comme à l'accoutumé, on ne sera nullement déçu par la performance des Oxfordiens... Oui Radiohead a changé et oui on adhère toujours autant, le live en aura été le révélateur...

L'équivalent américain de Radiohead, les Chicago Boys de Wilco étaient enfin de passage en France, 5 ans après leur dernier voyage dans la capitale... Et là encore, ce fut grandiose... Un talent toujours aussi incroyable... Une musique protéiforme et ambitieuse qui puise aussi bien dans le rock indé que la country, l'americana, le jazz... etc... Magique...

Jack White en live c'est quelque chose... Ce type est un phénomène avec un charisme et une énergie électrisante... le second soir à l'Olympia, entouré uniquement de musiciennes n'était à rater sous aucun prétexte... Anton Newcombe et ses sbires du Brian Jonestown Massacre auront encore marqué leur venue par un uppercut psychédéliquement pop et racé : indispensable...

Marvin à l'Espace B aura enflammé et survolté notre fin d'année... Le rock en France a trouvé sa locomotive... Enfin, 10 ex-aequo Jeff Mills et les Liars auront réussi à redynamiser un certain esprit aventurier électronique : Mills en ré-inventant à Pleyel sa techno made in Detroit dans un dialogue unique avec l'orchestre d'Ile de France et les Liars en se ré-inventant eux mêmes par l'utilisation des machines pour explorer de nouveaux horizons au Nouveau Casino...

Mention spéciale aux Cracbooms et à Jaromil (en ouverture de Moslyve) à l'International, à Chain & The Gang au festival Bbmix ou à Palma Violets, Alabama Shakes et Alt-J au festival des Inrocks et à Overhead à la clef St Germain... Ils ont loupé le TOP 10 de peu... 

Une belle année de live... Vivement 2013...

A lire également, le Best of Albums 2012... Et le Best of Live 2011 et 2010...

dimanche 16 décembre 2012

Best of 2012 : le classement MRM des 10 meilleurs albums

Et voilà, 2012 touche à sa fin... Enfin diront beaucoup... Une année en dents de scie, une année de crise (encore...) avec quelques grands vainqueurs : Godspeed you Black Emporor, Beach House et Troy Von Balthazar.

Que retenir de 2012? Un retour inespéré et lumineux (Godspeed), un second longtemps attendu (Overhead) et quelques confirmations d'artistes majeurs continuant leurs chemins de belle manière (Beach House, Lee Ranaldo, Liars, Tindersticks). Et il faut l'avouer peu de nouveaux talents vraiment excitants. Seuls Violens et dans une moindre mesure Alt-J réussissent à tirer leur épingle du jeu même si Memoryhouse, Ty Segall ou Tame Impala n'auront pas été loin d'intégrer notre Top 10... Et pour le coup on aura forcément exclu de ce classement Moslyve pour des raisons évidentes d'objectivité (même si Slave to modern age aurait pu trouver une belle place dans cette sélection...)

Reste la scène  underground française dont Electric Electric est l'un des plus beaux représentants. En accrochant une belle 7ième place avec un album physique, ultra foisonnant et ambitieux, les 3 strasbourgeois auront été en 2012 les fers de lance d'une mouvance indé made in France qui a de beaux atouts dans sa manche (Papier Tigre, JC Satan notamment... et on attend avec impatience le 3ième album de Marvin en 2013)... Tous ces groupes sont malheureusement peu aidés par des médias frileux qui, comme l'industrie du disque, s'enfoncent dans la crise et meurent à petit feu, incapables de se ré-inventer... R.I.P.

Au final, l'année LIVE 2012 aura été bien plus excitante que celle des sorties de disques... La faute à la crise du disque, à la faillite des labels et à des médias bien trop conventionnels dans leurs choix... Heureusement quelques activistes, salles (Espace B, International, Point Ephémère, Maroquinerie), webzine (Dans le mur du son, Mowno, Froggy's Delight), labels (Africantape, Vicious Circle), micro labels artisanaux (Croque Macadam, Mind Riot Music...) donnent encore leurs chances à la musique et aux jeunes talents...

2013, on t'attend avec impatience avec quelques sorties espérées : Marvin, Chokebore, Radiohead, Moslyve, Chinese Robots, Cracbooms, Dirty Beaches, My Bloody Valentine...

Le classement MRM des 10 meilleurs albums de l'année 2012 :

1. Godspeed You Black Emporor : Allelujah, Don't bend ascend
2. Beach House : Bloom
3. Troy Von Balthazar : ... is with the demon
4. Lee Ranaldo : Between the times and the tides
5. Violens : True
6. Liars : WIXIW
7. Electric Electric : Discipline
8. Overhead : Death by Monkeys
9. Tindersticks : The Something Rain
10. Alt-J : An awesome Wave

Quel retour! 10 ans après leurs derniers sévices, Yanqui U.X.O., Godspeed You Black Emporor revient avec un ovni pour décrocher la première place du Top MRM et succéder à The Horrors... 4 titres, deux de 20 mn, deux de 6 mn, de la lumière, de l'incandescence, des nuances de noir, une énergie sidérante... C'est tout ça à la fois Godspeed... Un beau #1.

Avec Bloom, Beach House nous délivre un disque resserré, compact et cohérent en nous faisant partager de la meilleure manière leur univers dream pop éthéré et rêveur... En cette année de crise, un album indispensable pour s'évader... Numéro 1 de nos deux classements en 2010 (album et live), Troy Von Balthazar apparait en bonne place sur le podium cette année avec "... is with the demon". Beaucoup moins facile d'accès que son prédécesseur ce LP est d'une beauté intense et confondante qui ne se livre qu'à ceux qui auront laissé le temps et leurs chances aux mélodies et aux textes poignants de TVB. Un grand disque...

La disparition de Sonic Youth nous aura peiné (et c'est peu dire) mais elle aura au moins l'avantage de sembler libérer Lee Ranaldo qui nous a offert son 1er album solo... De l'indie pop parfaite! Un titre comme "Waiting on a dream" a une classe sidérante... Et que dire des autres perles dont ce disque regorge... Après un premier album un peu lourdingue et grandiloquent, Violens surprend avec True et sa pop ciselée aux influences Smithienne... Très bel ensemble... Les Liars se sont réinventés totalement avec WIXIW en composant sur des machines et en virant electro... Un trip qui rappelle celui du Radiohead de Kid A en plus sombre et tribal... Parfait.

Le leader d'Overhead, Nicolas Leroux, a enfin décidé de donner une suite au royal et immense disque de rock indé qu'était "No time between". 8 ans d'absence pour un "Death by monkeys" de grande classe qui permet à Overhead d'explorer une nouvelle voie, plus sombre, plus stellaire mais toujours aussi raffinée et avec cette immense et belle voix pour continuité... Avec "The Something Rain" les Tindersticks continuent de nous bercer de toute leur superbe. Alt-J enfin, les vainqueurs du prestigieux Mercury Prize ont apporté beaucoup de fraicheur et de décontraction avec "An awesome Wave".

Et pour finir, le Top 3 Songs 2012

1. Lee Ranaldo : Waiting on a dream
2. Beach House : Irene
3. Tindersticks : Show me everything

A suivre le top 10 des Concerts...

Et à relire les Top 2011 et 2010...

samedi 15 décembre 2012

Marvin à l'Espace B (14/12/12)


Belle petite soirée indé hier à l'Espace B avec les fers de lance de la scène rock underground française : les montpelliérains de Marvin. Au même titre que leurs comparses de Electric Electric, Papier Tigre ou encore Pneu, Marvin porte haut les couleurs d'un rock made in France décomplexé et résolument tourné vers l'avenir...

La soirée commença par le duo guitare/batterie Terebenthine, plutôt efficace dans un style qui lui est propre alternant moments de légèreté et grosses poussées dévastatrices de bruit... On est ensuite encore plus convaincu par le Math Rock épicé des brestois de Mnemotechnic. Le chanteur a exactement le même timbre de voix que celui de The Rapture (ce qui est plutôt un compliment). Cette voix apporte un côté pop et classieux à un ensemble déterminé, survitaminé et emballant... Du très bon Math Rock en provenance des côtes du Finistère... 

Arrive ensuite le clou du spectacle avec l'entrée en scène de Marvin... Ca démarre pied au plancher et bizarrement on croit reconnaitre la ligne mélodique du Goo de Sonic Youth sur le second titre... Après un petit round d'observation, les premiers rangs commencent à bouger, pour rapidement s'enflammer et pogoter allègrement et joyeusement jusqu'à la fin du set. Porté par un batteur impressionnant qui structure à merveille les envolées flamboyantes de la guitare et des synthés, Marvin emporte son public dans un trip ultra-physique qui électrise la salle...

On pense bien sûr au Math Rock pour ce caractère ciselé au couteau mais aussi au hardcore old school pour l'energie et les intentions et de manière plus surprenante à la Techno de Detroit pour ce coté Transe si présent dans la musique de Marvin (les beats, ces sons de Korg ultra spé) ...

Une petite heure d'un concert ébouriffant dont on sort vidé et trempé... La scène underground française vaut décidément le détour... On attend avec impatience le 3ième LP de Marvin prévu en 2013 sur l'excellent label Africantape...

Pour prolonger la lecture : Foals, Battles et quelques indés à découvrir : Chain & The Gang, Dirty Beaches...

dimanche 9 décembre 2012

Christopher Owens et Lozninger à la Gaité Lyrique (8/12/12)


Grosse déception avec la prestation attendue de Christopher Owens, ex-Girls, pour sa première date française en solo dans le cadre enchanteur de la Gaité Lyrique à Paris...

Mais revenons d'abord à la première partie avec le français Benjamin Lozninger. Tout seul sur scène avec sa guitare et quelques samples lancés via son iphone. Et ca démarre mal avec un son catastrophique au départ avec une guitare squelettique et une voix mal réglée dans les graves... Heureusement tout ceci sera rapidement corrigé par l'ingé son et le concert décollera subitement lorsque Lozninger demande à l'assistance si quelqu'un voulait monter sur scène pour chanter quelques choeurs...

Et quelle surprise de voir débarquer Jaromil (Arnaud) su scène, vu récemment en ouverture de Moslyve et Wolves & Moons à l'International en octobre. On se demande encore si c'était prémédité mais la prestation vocale de Jaromil sur 2 titres à illuminé le set de Lozninger. Les deux voix se répondant à merveille, Jaromil dans ces aigus cristallins très féminins et si caractéristiques, et Lozninger dans les graves médiums... Superbe... Comme transcendé par cette expérience, le soliste se lâchera vraiment sur cette fin de set et nous gratifia d'un superbe morceau de bravoure en guise de conclusion... Une belle découverte...

Et heureusement qu'il y avait cette première partie car on a pas été convaincu par le concert de Christopher Owens... Arrivé drapé comme un notaire de province (blazer bleu un peu grand, chemise blanche, cravate bleu à poids blancs) Owens va nous servir une americana soft et ultra classique qui a du mal à nous faire vibrer. On s'attendait à plus de gout et d'expérimentation de la part d'une des coqueluches de la presse indé avec son ancien groupe Girls.

Les choeurs cheezy des choristes n'aident vraiment pas... Sans parler des arrangements où on nous aura servi toute la panoplie ultra datée et presque ringarde : harmonica, flûte traversière, saxo... On touchera même le fond lors du rappel et cette reprise de Cat Stevens : Wild World... On reste sans voix  et on décide même de partir sur la dernière chanson... On loupera donc la remise des roses blanches au public...

Et dire que certains vont crier au génie...

vendredi 30 novembre 2012

The Dandy Warhols au Trianon (29/11/12)


3ième passage à Paris en cette année 2012 pour les Dandy Warhols... Après l'Olympia en avril et Rock en Seine en aout, les Dandy investissent cette fois le Trianon, boulevard Rochechouart. Le superbe théâtre parisien est plutôt bien garni pour une date si rapprochée des précédentes. Les Dandy semblent avoir une importante colonie de fans irréductibles...

Courtney Taylor est sa tribu débarquent sur scène à 20h30 tapante... L'accueil est chaleureux et le set ne pouvait pas mieux commencer que par ce "Be In" ouvrant le majestueux second album du groupe "Come Down". On est tout de suite transporté dans l'univers psyché, halluciné et langoureux des Dandy... Vient ensuite le tube "We used to be friends" et le classique "Shakin'"... La foule est en liesse sur le royal "Not if you were the last junkie on earth" juste avant que le sublime "I love you" ne plonge l'assistance dans un état contemplatif avancé...

Le combo de Portland est une expert dans l'art de faire décoller son public sur des titres up-tempo pop classieux avant de le faire basculer dans un trip sous acide avec des morceaux psyché ultra planants... On adore... Le public réagira de manière soudaine et inattendue sur "Godless" et deviendra totalement hystérique sur "Bohemian like you"... L'ambiance est chaleureuse et enjouée et on sent le groupe (notamment Zia) heureux de ces réactions.

On retiendra en milieu de concert une belle version en solo de "Everyday should be a holiday" par un Courtney très en verve et pour conclure un concert convaincant un "Boys Better" explosif ... Ou presque, puisque Zia reviendra seule en scène nous chanter une petite comptine à capella...

Une très belle soirée...

A lire également les Dandy Warhols à Rock en Seine et à l'Olympia... Mais aussi leurs alter egos du Brian Jonestown Massacre en concert en ces mêmes lieux quelques mois plus tôt.

dimanche 25 novembre 2012

Ty Segall et Chain & The Gang au festival Bbmix (24/11/12)


Seconde soirée du festival Bbmix à Boulogne Billancourt hier soir pour la venue du nouveau prodige américain, Ty Segall, et celle du dandy foutraque Ian Svenonius et de son combo enflammé Chain & The Gang.

On arrive pour le concert de The Rebel, le projet solo du leader du groupe écossais Country Teasers. Dissonant, malsain et subversif... Un Ovni... Très spécial... La salle est, elle aussi, très particulière puisque l'on se retrouve dans un amphithéâtre avec seulement des places assises... Bizarre pour un festival de rock indé... Heureusement, les allées et le devant de la scène seront vite archi-combles et une ambiance plus propice à la performance rock pourra se mettre en place...

Après quelques réglages de leur instruments et matériels dans une ambiance assez détendue, le concert de Chain & The Gang commence enfin... Et là c'est la claque... Ian Svenonius est un Personnage... Un vieux de la vieille qui aura commencé son aventure sur la scène hardcore de Washington DC à la fin des années 80 avec Nation of Ulysses avant d'enchainer de nombreux projets (The Make-up notamment) pour désormais tenter une aventure rockabilly sous perfusion punk avec Chain & The Gang. Pour Ian, le bon rock est une affaire de comédie (au sens théâtral du terme) qui se doit d'être drôle et subversive à la fois, pour marquer les esprits tout en les amusant.

Et son personnage de Preacherman halluciné lui va comme un gant. La plupart des chansons commencent par un monologue amusant, incisif et d'un humour très fin. Avant le déferlement d'énergie aussi bien musical que vocal. Ian et sa chanteuse s'en donnent à coeur joie, ils font le show, se dandinent, hurlent et mettent le public dans leur poche... Avec des titres de chansons aussi définitifs que "certain kinds of trash", "Reparations" ou encore "Enough said" qui sonnent comme des slogans tout est dit... Euphorisant et subversif, un concert mémorable... Pour découvrir Monsieur Svenonius, on vous conseillera une brillante interview pour le webzine français The Drone, à voir...

On finit la soirée avec le tant attendu Ty Segall. Le prolifique songwriter de San Francisco a sorti rien de moins que 3 albums cette année (Slaughterhouse, Twins et Hair avec White Fence). Précédé d'une flatteuse réputation, Ty débarque sur scène avec sa Mustang de combat. Le show est comme on l'attendait : pied au plancher avec une énergie folle, un gros son rempli de saturation, de larsens et de soli de guitare bien gras... Rien de nouveau sous le soleil de la Californie mais une intéressante mixture garage, punk et grunge servie avec conviction et brio... Un petit concert de rock énervé et incisif...

Belle soirée pour ce festival Bbmix qui surprend par une programmation de qualité et loin des sentiers battus... A lire également dans la veine indé qui mériterait plus d'attention : Dirty Beaches, Troy Von Balthazar ou encore les sorties du label MRM (un peu d'auto-promo ;) )


mercredi 21 novembre 2012

Beach House au Trianon Paris (20/11/12)


Alex Scally et Victoria Legrand ont terminé la tournée européenne de promotion du dernier album de Beach House (Bloom) au Trianon hier soir. Après la monumentale claque reçue à Rock en Seine fin août, c'est peu dire que l'on attendait ce concert avec impatience...

La soirée débute par un set mélancolique et et tout en clair obscur de Holy Other. Lorgnant du coté du dubstep, le lutin derrière les machines ajoute quelques réminiscences électronica et ambient à ses beats envoûtants. Une bonne entrée en matière malgré un son un peu faible qui couvre difficilement les bavardages du public... Dommage, la musique était vraiment intéressante...

Après le remplacement in extremis d'un spot, Beach House débarque enfin sur scène et ca démarre sur les chapeaux de roue avec le dernier single en date : Wild. "Wild in our own ways", cette sentence sibylline pourrait résumer à elle seule le groupe et sa prestation hier soir (je devrai donc arrêter ces quelques lignes ici...). Calme et intense à la fois.

Beach House nous embarque dans son monde onirique, plein de chaleur et de couleurs vives et éclatantes. La magie opère rapidement et on part dans un voyage lumineux dans lequel on se laisse totalement guidé par la voix hypnotisante de Victoria. Les arpèges de guitare d'Alex apportent une douceur et une profondeur éloquente (on sent l'influence de Johnny Marr). Le batteur joue son rôle à merveille en structurant l'ensemble de la performance et en dynamitant les morceaux de ça et là.

On passe un sacré bon moment même si on n'atteint pas les sommets entrevus à Rock en Seine, le contexte étant différent... 1h30 de show avec la quasi totalité de Bloom interprétée (seul manque à l'appel "Troublemaker"), les 3/4 de Teen Dream et seulement 1 titre de Devotion et du premier LP... Et c'est bien dommage que le groupe n'ait pas plus puisé dans leur second album qui recèle tout de même quelques perles.

Le concert se termine avec l'épique "Irene", certainement le morceau le plus abouti de Bloom et déjà un classique... Au final, en ces temps de crise permanente, ca fait un bien fou de se perdre 90 minutes dans un univers féérique et réconfortant... Beach House : un groupe d'intérêt public...

A lire également l'énorme prestation de Beach House à Rock en Seine 2012.

samedi 17 novembre 2012

Moslyve, Lys last Stand, A Free Soul : les dernières sorties sur le label Mind Riot Music...



Période assez intense pour le label Mind Riot Music avec les sorties toutes récentes des albums de Moslyve "Slave to modern age", Lys last Stand "and you think it's a beautiful place...!" et de A Free Soul "The Fall"... Tour d'horizon de l'actualité du label...

"Slave to modern age" de Moslyve

Le tant attendu second album de Moslyve est enfin disponible. "Slave to modern age" a été précédé de quelques semaines par le 45 Tours "Lucky 13" qui a eu droit à de belles chroniques dans Rock & Folk et Magic, et sur lequel le groupe a pondu un brûlot en français dans le texte pour la toute première fois (à lire la revue enthousiaste de Dans le mur du son).

Ce nouvel opus d'indie pop sous perfusion noisy, a été produit par la tête pensante du groupe Overhead, Nicolas Leroux, dans son studio Mulholland Drive. L'album est disponible en digital (i-Tunes, Amazon, Fnac... etc) et en vinyle 33 Tours en édition limitée et numérotée (500 exemplaires) disponible via le site du label (ICI), ou chez quelques disquaires triés sur le volet (Balades Sonores à Paris, Dangerhouse à Lyon).

Quelques belles revues de "Slave to modern age" de Moslyve sont disponibles du côté de Froggy's Delight, Nouvelle Vague ou encore Zicazine. L'album en écoute ICI.

Et Moslyve sera en showcase acoustique au Motel à Paris le 2 décembre.

Ré-édition des premiers albums de A Free Soul et Lys last Stand

Après le rock indé de Moslyve, le label Mind Riot Music creuse son sillon indie electro avec les ré-éditions de "The Fall" de A Free Soul et de "and you think it's a beautiful place...!" de Lys last Stand dans de superbes versions 10ième anniversaire remasterisées depuis les bandes originales.

"The Fall" est un véritable concept album quelque part entre le "Pornography" de The Cure et" Pre-Millenium Tension" de Tricky, le tout sous influence techno et acid house.

"and you think it's a beautiful place" oscille quant à lui entre electro expérimentale, house et ambient avec ajout de sons acoustiques bien sentis...

Ces deux disques sont disponibles en digital et en CD édition limitée (100) via Bandcamp. Et les remixes du single de Moslyve "Sound" par A Free Soul et Lys last Stand sont toujours disponibles en téléchargement gratuit via Soundcloud (ICI).

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A lot of new releases for the Music Label Mind Riot Music : The new Moslyve album "Slave to modern age" and 10th Anniversary editions of A Free Soul and Lys last Stand debut albums.

The best of noisy indie pop made in Paris is available on the new Moslyve album "Slave to modern age". The record has been produced by the acclaimed leader of the band Overhead, Nicolas Leroux and is available in digital format on i-Tunes, Amazon and co and on 12-Inch Vinyl (limited edition) through the label website (HERE).

"The Fall" by A Free Soul is a concept album a concept album full of techno, acid-house and abstract hip hop. The success on the web of the song « Burning Mind » (more than 3600 downloads via archive.org in a pre-mastering version) has built the legend of this album never completely released before (was it?)…
 
Lys last Stand’s « and you think it’s a beautiful place » is a master piece where collide electronica, pop and weird sounds… Songs such as « Darker on the happy side » (1300 downloads) or « Low Time » (2500 downloads) have given a lot of credit to the producer.

Those two records are available on CD (edition limited to 100 copies) and digital on Bandcamp (HERE). And the latest remixes of the Moslyve single "Sound" by A Free Soul and Lys last Stand are still available for free via Soundcloud (HERE)

mercredi 14 novembre 2012

Troy Von Balthazar au Point Ephémère (13/11/12)

Le fantastique Troy Von Balthazar nous aura honoré d'un spectacle rempli d'une émotion rare lors de son retour au Point Ephémère, 2 ans après avoir déjà illuminé les lieux de sa présence céleste...

Chaque concert de Troy auquel on aura pu assister ces dernières années aura été un évènement assez grandiose (que ce soit en solo ou avec Chokebore). Le show au Point Ephémère pour la tournée de son 3ième opus (... is with the démon) n'aura pas dérogé à la règle.

Non content de réaliser des prestations quasi parfaites sur ses tournées précédentes, en mixant passage seul en scène puis accompagné par sa section rythmique favorite, Troy a décidé de se mettre en danger pour ce "Is with the demon Tour" en assurant le spectacle entièrement seul...

On assiste à une véritable performance où Troy crée sous nos yeux ébahis les boucles de guitare qui, superposées, vont structurer les morceaux qu'il va nous interpréter ce soir. Le concert est forcément ultra intimiste. Par son charisme, sa présence et la chaleur qu'il réussit à communiquer, Troy crée un lien précieux avec son public. Une grande émotion parcourt la salle et on nous partons tous ensemble dans un voyage qui nous emporte assez loin.

Alternant nouveaux morceaux (Tiger vs Pigeon, White Sailboat, Applause, Queen of what) et perles plus anciennes ré-arrangées (Communicate, Heroic Little Sisters) TVB subjugue. Avec l'incontournable  "The Tigers" Troy ose une version à capella, debout sur son ampli, un mini radio K7 sur l'épaule comme source d'instrumentation et des percus dans l'autre main. Avec un rideau rouge incandescent pour décor, on se croit pris dans un instant Lynchéen... Saisissant...

Le temps semble s'être arrêté, le concert passe à une vitesse surréaliste... Il est déjà temps d'un premier rappel exceptionnel avec le somptueux "Days of Nothing" de Chokebore (époque "Taste for the Bitters") et le non moins fabuleux "I block the sunlight out"... Le public en redemande et crie sa flamme... Troy revient pour un dernier tour de piste avec "Took some $$" et le très beau et imparable "Wings".

On aura partagé quelques instants de grâce avec un artiste à part... On aura vibré et on se sera rempli d'émotions, au point de finir vidé et incrédule lorsque les lumières réapparaitront... Un grand moment de partage sincère et intense... Merci Monsieur Troy Von Balthazar.

A lire également Troy Von Balthazar à la Machine du Moulin Rouge en 2011, au Point Ephémère en 2008 ou encore TVB au top des classements 2010 MRM meilleur album et meilleur concert... A scruter également, le retour de Chokebore à la Maroquinerie en 2010 ou à la Machine du Moulin Rouge en 2011 et Best Song Ever : Narrow...

dimanche 11 novembre 2012

Spiritualized, Alt-J, Palma Violets, Alabama Shakes... au festival Inrocks (Cigale/Boule Noire, 8 au 10/11/12)

Après avoir longtemps hésité entre le Pitchfork festival et les Inrocks festival, on se sera finalement décidé pour ce dernier et l'ambiance chaleureuse et plus intimiste de la Cigale et de la Boule Noire en lieu et place de la Halle de la Villette, de son cortège de hipsters et d'un son souvent limite...

Pass 3 jours en poche, on se rend tout d'abord à la Cigale... Et ca commence mal avec un mauvais concert d'un mauvais groupe : The Maccabees. On se console avec une bière en attendant l'arrivée du docteur 'es psychédélisme : Monsieur Jason Pierce (ex-Spacemen 3)... Pendant 40 minutes on est transporté par le tourbillon Spiritualized. Parfois brouillon et un peu longuette, la performance du groupe est à son image : embrumée et hypnotisante... On part avant la fin pour voir la nouvelle coqueluche du moment : le touts récents vainqueur du Mercury Prize : Alt-J...

Ambiance torride à la Boule Noire, où la foule s'entasse dans une chaleur étouffante digne de la fournaise du Bataclan (remember le coup de gueule de Jack White)... Heureusement, les Alt-J vont apporter leur fraicheur avec ces mélodies poppisantes, cet superbe entrelacement de voix (aiguë et nasillarde en lead et tout en basse en backing) et cette rythmique implacable du meilleur effet... Et c'est bien cette batterie qui sous tend tout l'édifice. D'influence hip-hop par moments, elle ressemblerait presque à de la jungle au ralenti. La batterie illumine le jeu du groupe... Une belle performance pour ce groupe promis à un bel avenir... Le premier TOP du festival...

Le vendredi on commence par assister à une performance plutôt convaincante de Poliça que l'on découvre donc live... Sur scène, 2 batteries se répondant, une basse et une chanteuse lançant quelques boucles et en enveloppant ce coté tribal de la section rythmique par un chant (un peu cheesy) qui adoucit nettement le tout, le rendant plutôt pop... Bonne entrée en matière... Et on sera d'autant plus déçu de l'album dont l'écoute aura été un vrai calvaire à cause de l'utilisation abusive de l'auto-tune que l'on exècre par dessus tout. C'est tellement dommage comparé à la performance vocale en live sans artifice... Joli moment pop électro avec les français de St Michel à la Boule Noire. Sympathiques et entrainants... On a hâte d'entendre l'album qui arrive...

On enchaine avec la révélation du weekend : les anglais de Palma Violets... Signés chez Rough Trade et pour le moment auteurs d'un seul et unique 45T, les jeunes pousses sont précédées d'un buzz flatteur... Et sur scène ca pulse : beaucoup d'énergie, de joie de vivre et de délires... On ressent l'influence des Clash et on pense inévitablement à la fougue, à la nonchalance et à l'attitude des Libertines (on me souffle même à l'oreille une influence The Smiths/Morrissey)... Vibe punk, mélodies efficaces et la fraicheur des nouveaux groupes, ca donne un super concert... Le second TOP du weekend... Un groupe à suivre de près... Après ce show ébouriffant, on prend le rock new wave (oui encore un groupe sous influence Joy Division) des Savages en pleine poire... Belle perf...

Dernière journée avec ce pass 3 jours définitivement rentabilisé avec un samedi de bonne facture... Ca démarre fort avec les deux jeunots de The Bots. Après leur passage convaincant à Rock en Seine, on est à nouveau séduit par cette énergie juvénile débordante et leur blues rock basique et percutant à la White Stripes... Ensuite on pensera un bon moment devant Wild Belle qui nous aura plus convaincu par  leurs morceaux d'obédiance Reggae que leurs songs pop...

Le concert de Willy Moon nous aura enflammé. Tout droit débarqué des années 50, il tente de revisiter cette décennie en la transposant dans les années 2000. Réjouissant... Et on aura littéralement scotché sur sa guitariste... D'une élégance et d'une beauté confondante... Sexy à souhait... On terminera cet beau périple par le Bluegrass hanté des Alabama Shakes... Le groupe typique qui prend une dimension incroyable en live. Totalement porté par la voix hors norme et le charisme de Brittany Howard, Alabama Shakes impressionne et prend aux tripes. Revisitant tout un pan de la culture américaine : Blues, Soul ou Rock, on a l'impression de voyager en plein coeur de l'Amérique profonde... Un grand groupe de scène...

Bien qu'on ne lit plus les Inrocks depuis leur virage pseudo culturel et la réduction des pages musiques à la portion congrue (sans parler du changement de direction insufflé par le nouveau propriétaire...), on doit constater que leur festival est toujours aussi intéressant...

A lire également Jason Pierce avec Spacemen 3 ou encore les comptes-rendus du festival des Inrocks 2011 ou 2010...

samedi 10 novembre 2012

Best Song Ever (épisode 86) : Walking with Jesus par Spacemen 3

Groupe cultissime s'il en est, les Spacemen 3 de Jason Pierce et Peter Kember (Sonic Boom) auront vendu peu de disques durant leurs 10 ans d'existence (82-91) mais auront été une source d'inspiration sans fin pour des milliers de groupes par la suite... Une pierre indispensable dans notre édifice de la Best Song Ever...

Après un premier album noisy-psychédélique (Sound of Confusion) au son riche et planant, Les Spacemen 3 décident d'explorer leur inconscient embrumé et rempli de substances hallucinogènes en ralentissant le tempo et en mêlant guitare acoustique saillante, envolées hypnotisantes au Fender Rhodes ou au Farfisa avec des arrangements psychédéliques pour organiser une sorte de transe spirituelle démentielle...

Le tout donnera ce second LP au titre si bien trouvé : The Perfect Prescription... Sorti en Septembre 87, ce 33 Tours ouvrait la voie avant l'heure au second Summer of Love de l'été 88... Leur mantra "Taking drugs to make music to take drugs to" est respectée à la lettre... Les titres des chansons ne sont nullement équivoques : "Feel so Good", "Ecstasy Symphony", "Transparent Radiation (Flashback)" jusqu'au retour sur terre "Come down easy" et le final "Call the doctor"... Un trip complet...

"Walkin with Jesus" est le parfait étendard de l'album... Planant, hypnotique, Zen et brillant...

A écouter sur youtube... A lire également MGMT en 08 (leur second LP a été produit par le Spacemen Sonic Boom) ou encore leur rôle dans les années 2000...

lundi 15 octobre 2012

Radiohead à Bercy, Soir #2 (12/10/12)



Quel bonheur de pouvoir enchainer deux soirées de concert de suite de Radiohead... A Bercy certes, mais le plaisir de revoir les oxfordiens prend le pas sur tout autre considération...

Cette fois-ci dans la fosse, après avoir été en tribune la veille, on constate rapidement que le public de Radiohead n'est pas du tout le même en gradin et dans le centre de l'arène... L'intransigeance nauséabonde de la veille fait place à des sensations bien plus positives...

Dès le début du set, on pense qu'ils vont nous refaire le coup de 2008 où leur seconde soirée avait été beaucoup plus punchy et intense que la veille grâce à un set liste remodelé faisant la part belle aux morceaux plus énergiques du combo... Le premier tiers du concert confirme cette hypothèse et on se prend à rêver d'une suite hypnotique et jouissive avec des titres comme The bends, Just, My Iron Lung, Jigsaw falling into place...

Et bien non, Radiohead nous emmènera sur ses terres actuelles, à l'image de la veille, pleines de maitrise,  d'atmosphères subtiles et complexes et de beautés éthérées. 7 chansons sur 24 auront différé du set de jeudi, exit : Airbag, Kid A, Meeting in the aisle, Pyramid Song, Supercollider, Lucky et Street Spirit et place à Daily Mail, I might be wrong, Videotape, You and Whose Army, Planet Telex, Exit Music (for a film) et Weird Fishes/Arpeggi.

Le son est indéniablement mieux réglé que la veille (plutôt normal) et l'ambiance bien plus chaude... Ce groupe fascine, les jeux de lumière émerveillent et les grands moments soniques n'auront pas manqué encore une fois... On retiendra un départ canon avec l'enchainement Lotus Flower - Bloom - There There où l'enchevêtrement de percussions aura saisi l'assistance à froid... du grand art... Daily Mail et sa chaleur aura fait mouche... On aura redécouvert Videotape avec ce beat minimaliste et malsain remis au premier plan du mix, on aura été bercé par le traditionnel You and Whose Army et totalement abasourdi par la suite royale : Planet Telex, Nationa Anthem, Feral et le culte Paranoid Android...

Premier rappel et nouvelle claque avec Exit Music... avant une fin de concert trippante identique à la veille...

On est déjà prêt pour leur prochain passage... Mais malheureusement il va certainement falloir patienter quelques années...

A lire également le Live Report de la veille à Bercy (11/10/12), ou encore celui de 2008... Best Song Ever : Fake Plastic Tree, la sortie de The King of Limbs ou le rôle de Radiohead dans les années 2000

vendredi 12 octobre 2012

Radiohead à Bercy, Soir #1 (11/10/12)



4 années se sont déjà écoulées depuis le dernier double séjour parisien des Oxfordiens... 4 années et une situation bien différente pour le groupe...

En 2008, Radiohead reprend la route pour promouvoir l'album qui les a vu s'émanciper du confortable support financier de leur label historique (Parlophone)... En laissant les internautes télécharger In Rainbows contre la somme de leur choix, Radiohead a fait vaciller quelques jours les certitudes des plus grandes maisons disques... (On lira en ce sens la conclusion de notre série d'articles sur les années 2000)

Pire encore, en annonçant à la terre entière le lancement du disque quelques jours seulement avant sa sortie, le groupe osait court-circuiter le réseau bien établi des médias traditionnels... Crime de lèse majesté que la profession leur fera payer chère à la sortie du dernier album en date : The Kings of Limbs qui fut massacré par la critique pour la première fois dans l'histoire du groupe depuis... Pablo Honey.

Un retour de bâton bien mérité dirons certains. D'autres mettront en avant l'absence de mélodies et un discours abscons qui coupe le combo de ses adorateurs... Que nenni, l'aura du groupe auprès de ses fans ne se sera pas érodée, la preuve étant la rapidité avec laquelle les précieux sésames pour Bercy se sont arrachés...

Oui, Radiohead a changé. La force tellurique du groupe s'est transformée en force tranquille, apaisée, plus cérébrale et plus planante d'un coté et toujours aussi physique de l'autre sous l'impulsion des percussions, des beats et des syncopes ultra présentes sur The King of Limbs... Ce n'est pas pour rien que Radiohead compte désormais en son sein 2 batteurs...

En ces pages, on a adoré The King of Limbs (voir notre article à sa sortie) pour ses expérimentations, son atmosphère travaillé et envoûtant et cette volonté des Oxfordiens de toujours aller de l'avant et de continuer à apporter quelque chose de nouveau à leur son, à leur carrière.

Le setlist de ce premier soir à Bercy est le parfait reflet actuel du groupe. Peu de chansons héroïques aux guitares chatoyantes et permissives mais un enchainement de voyages en montagnes russes. Ce coté chamanique des concerts du groupe n'a jamais été aussi présent. Un subtile mélange d'émotions et d'enchainements magiques et variés aura conquis son auditoire.

Une perle rarement jouée : Meeting in the aisle, et quelques sommets toujours aussi hauts : Pyramid song, Lucky, Paranoid Android, Kid A, Magpie, Street Spirit... Les récents Feral et Bloom sont d'une puissance dévastatrice en live, ces rythmiques nous enrobent et nous transportent... Saisissant... Et le tout se terminant par les classiques électro Everything in its right place et le séminal Idioteque...

On sort heureux... Le groupe a été bon... Son seul problème reste son public à Bercy avec une palanquée de cons totalement intolérants (au vu de certaines réactions...). Le groupe vieillit bien, son public beaucoup moins...

A lire également : le second soir à Bercy,  The King of Limbs, Radiohead à Bercy 2008, Best Song Ever : Fake Plastic Trees et Radiohead dans les années 2000

samedi 29 septembre 2012

Dirty Beaches au Point Ephémère (28/9/12)

Dernière date de la tournée de Dirty Beaches hier soir à Paris dans la chouette salle du Point Ephémère... Et soirée dark et post cold wave à souhait... Joyeux drills et clowns interdits...

On arrive en plein set de Black Mail... On se serait crû en plein Manchester dévasté de la fin des années 70... Ambiance lourde rythmée par les percussions de machines qui donnent le ton... Intéressant... Puis arrive Femminielli, membre du combo live Dirty Beaches, aidé par ses 2 autres acolytes, qui vient nous abreuver un cocktail sonore étonnant... Hypnotique et déconcertant... Il déverse des flots de mots en italien, espagnol et même français sur une musique oscillant entre disco, acid et cold wave... Surprenant et plutôt envoûtant...

Cette soirée épique se terminera par le concert tant attendu de Dirty Beaches. Le leader du projet (on peut parler sur disque de projet solo) Alex Zhang Huntai retrouvera la lumière et son compère Femminielli repassera derrière les machines, pas très loin du guitariste du trio : Shub... On veut bien sûr parler de lumière noire et intense... Si son dernier LP se voulait d'une nouvelle idée du blues moderne : organique, lo-fi mais aux influences soul très présentes, en live on a droit à la dureté des machines qui dessinent une atmosphère urbaine, voire post industrielle un peu glaciale et saisissante... La chaleur citadine de Badlands se transforme en froideur hantée et passionnante...

Une live d'une grande générosité pour conclure une soirée qui aura remué nos sens...

Dans le même ton on vous conseillera de la lecture Joy-divisionesque : Best Song Ever Dead Souls ou encore Peter Hook ou New Order... ou plus récemment Trailer Trash Tracys

vendredi 28 septembre 2012

Breton à la Gaité Lyrique (27/9/12)

Comme son nom l'indique, le groupe Breton était bien chez lui à Paris à la Gaité Lyrique... Le combo electro-dark-rock londonien, baptisé en hommage à l'oeuvre surréaliste d'André Breton aime la cité des lumières et c'est dans un français parfait que son leader, Roman Rappak, l'a exprimé devant une assistance comblée...

Après une première partie convaincante (les parisiens de Sarah W_Papsun qui délivrèrent un math rock survitaminé de bon aloi) Breton rentre en scène et lance tout de suite les hostilités. On Tour pour la sortie de leur premier album, Other's people problems, les anglais vont puiser abondamment dans leur dernier effort sans oublier leur trois premiers EP (palme spéciale à attribuer au robuste Blanket Rule Ep).

Leur mélange intriguant de synthés analogiques, samplers et boites à rythmes alliés à une batterie martiale au son cold wave et à une telecaster 72 custom pleine de reverb rutilante permet à Breton de produire une musique de son temps : urbaine, intense et dansante... Mélancolie, noirceur et pulsions de vie...

Les visuels projetés derrière le groupe permettaient de rentrer de plein pied dans cet univers quelque peu claustrophobe... Le chaos cher aux surréalistes n'est jamais très loin...

Une bonne prestation même si l'énergie de leurs compos n'aura pas toujours été rendue pleinement sur scène...


lundi 24 septembre 2012

Jeff Mills à la Salle Pleyel (23/9/12)

Le temple de la musique classique à Paris accueillait, hier soir, une improbable rencontre au sommet de l'Olympe entre l'Orchestre National d'Ile de France et la légende de la musique électronique de Detroit : Jeff Mills.

Après avoir été un pionnier de la techno avec son comparse Mad Mike et le collectif Underground Resistance à a fin de années 80, Jeff Mills a mené une brillante carrière de DJ qui lui confère une aura toute particulière. Ses DJ sets à 3 platines sont tout bonnement incroyables, sa dextérité, sa vitesse et son sens rythmique et du groove lui permettent de réaliser des prestations mémorables qui restent durablement dans l'inconscient (je me souviens d'un set fantastique au Sonar 2005...).

Mais loin de s'enfermer dans un genre particulier (celui du Djing) Mills a toujours su s'ouvrir à différentes expériences aussi bien multimédia, ciné-concerts qu'avec un orchestre philharmonique (le fameux concert au pont du Gard en 2005). Pour l'occasion, il s'allie avec le chef d'orchestre Christophe Mangou pour jouer avec l'Orchestre National d'Ile de France des chansons spécialement composées pour marier musique électronique et classique...

C'est très difficile d'analyser une telle expérience singulière et pour laquelle on a peu de repères... On parlera donc plus en ces lignes du ressenti et de l'émotion particulière provoquée par cet ensemble surprenant...

La première partie du concert fait la part belle aux orchestrations des musiciens, Jeff Mills n'intervenant qu'avec la mise en place de beats et de rythmiques techno en arrière plan... C'est plaisant, envoûtant et rêveur... mais après 20 minutes on commence à vouloir entendre les deux mondes fusionner et non plus cohabiter... Et c'est exactement ce qu'il va se produire...

La seconde partie du concert est beaucoup plus rythmée, les breakbeats technoides deviennent plus robustes, plus intenses, plus nerveux, l'orchestre se met au diapason et l'ensemble sonore a fière allure... On part dans un voyage captivant à la frontière des mondes (jazz, techno, classique, electronica), sur l'arête des cimes de ces univers...

Spectacle magique dont le sommet sera ce duo incandescent entre la machine et les tambours et les percussions dans un style free jazz-techno épatant...

Bluffant, original et revitalisant... Tout simplement...

Et bonheur ultime, le spectacle est à revoir en intégralité sur le site d'arte live web pendant quelques mois... A découvrir absolument... c'est ICI.

A lire également, entre culture DJ et Village Vanguard : Cinematic Orchestra ou encore le pionnier français Laurent Garnier...

mardi 18 septembre 2012

Graham Coxon au Café de la Danse (17/9/12)


Après le méga concert de Hyde Park avec Blur pour la clôture des JO de Londres, retour à un quotidien beaucoup plus indé pour Graham Coxon avec ce détour dans la petite, mais ô combien chaleureuse, salle parisienne du Café de la Danse...

De passage en France pour la promo de son 8ième album, A+E, le guitariste de Blur nous a offert une très belle prestation. Tour à tour, rock'n'roll traditionnel d'obédience 60's, krautrock hypnotisant et même blues ultime, les 90 minutes de musique auront été assez euphorisantes... Le plaisir et l'intensité sont montées petit à petit durant le show, atteignant même leur apogée sur l'avant dernière chanson qui provoqua un pogo et même du crowd surfing dans le public (c'est assez remarquable dans une salle où la fosse est carrément minuscule...) laissant Graham et ses 5 musiciens totalement incrédules...

On retiendra les passages krautrock en provenance directe du dernier album en date de Coxon. Sur A+E, le songwriter anglais s'amuse à explorer un indie rock déviant et malin qui fait la part belle aux synthés crasseux, aux boites à rythme martiales, aux sons de gratte tordus et distordus et à une basse ronde et très présente (ce LP aura été composé à la basse dixit Coxon)... On retrouve le meilleur de l'artiste qui nous rappelle la belle époque de 13 et de l'album éponyme Blur où Coxon invita le groupe à explorer les versants aventureux de l'indie rock US à la Pavement, Sonic Youth ou encore Dinosaur Jr...

Une excellente soirée et un grand plaisir de voir sur scène ce grand artiste à l'humour pince-rire tellement british ("you're the best audience in the world... per square meter...").

A lire également, Blur aux nuits de fourvière, Best Song Ever : Song 2, ou encore Pavement ou Sonic Youth...

lundi 10 septembre 2012

Best Song Ever (épisode 85) : All Things to All Men par The Cinematic Orchestra

Après le trip-hop de Tricky, nous poursuivons notre chemin avec les alchimistes de Cinematic Orchestra qui produisirent, au début des années 2000, une oeuvre singulière osant l'alliage entre sample, platines et instruments acoustiques sous obédience jazz... Avec "All Things to All Men" l'équilibre trouvé est brillant...

Des entrelacements de cuivres et de cordes formant une mélodie imparable à force d'empilement de couches successives d'instruments avant qu'une batterie au groove jazzy et lascif ne vienne enrober le tout et que le morceau ne décolle juste avant l'arrivée de la voix inaltérable et si chaude de Roots Manuva. 

Le ton est délibérément grave. Un rap à l'ancienne, prêt à éveiller les consciences, à dénoncer les injustices et les faiblesses de l'âme pour inciter à se relever, à se battre et à reprendre en main les rênes de sa destiné... 

Encore un chef d'oeuvre se dressant devant nous, dans cette quête impossible de la Best Song Ever... La rencontre d'érudits électroniciens sous influence jazz cool ou comme le disait Gilles Peterson dans la préface de l'album (Every Day sur le label culte Ninja Tune) : Cinematic Orchestra navigue entre les lignes de la Culture DJ et celle du Village Vanguard.

Cette chanson est d'une beauté confondante...

A voir sur youtube et à ne pas manquer dans la série Ninja Tune : Best Song Ever DJ Food.