lundi 26 août 2019

Peter Cat Recording Co à Rock en Seine (24/8/19)


Oubliez Cure, Johnny Marr, Foals and co, la sensation de Rock en Seine 2019 était un groupe indien venu de New Delhi au nom improbable: Peter Cat Recording Co...

Après une première journée avec les très bon concerts de Jonny Marr (ex The Smiths) aux arpèges de guitare toujours aussi soyeux et la techno martienne de Kompromat (nouveau projet de Vitalic et Rebeka Warrior) et un show The Cure dans une marée humaine un peu trop dense, empêchant de complètement rentrer dans le concert, le samedi à Rock en Seine s'annonçait périlleux...

En effet, aucun groupe de Rock au programme, un comble pour ce festival après 16 ans d'existence... Une première... Heureusement, au milieu des nouveautés RnB qui ne nous parlent pas beaucoup, un groupe venu de nulle part aura transformé notre soirée!

Le groupe commence avec son tube d'entrée "where all the money flows", ballade surannée et intemporelle qui fait à la fois très année 50 et très moderne. Et c'est bien ce qui est bluffant avec ce groupe, c'est cette capacité de passer d'un style à l'autre avec une décontraction et une aisance sidéreante. on passe d'une comptine année 50 à un space jam psychédélique improbable à un funk joyeux et débridé tout droit sorti du Detroit des années 70 (Memory Box).

C'est fou, les 5 indiens mélangent allègrement des pans entiers de la musique occidentale tout en y ajoutant leurs propres influences, le tout sublimé par la voix de crooner du chanteur, Surayakant Sawhney au timbre envoutant.

Par moments, on se croirait dans un film de David Lynch tant le déroulé semble étrange, inattendu et surprenant... Commencé avec peu de spectateurs, le concert se finit avec une foule importante et une fosse où tout le monde danse avec ce bonheur frais qui fait du bien... Ca fait longtemps que l'on avait pas pris une telle claque surprise à Rock en Seine!

Peter Cat Recording Co est un grand groupe en devenir! Ils sont capables de tout et pourraient deventir une sorte de mélange indien de Radiohead et Arcade Fire... On parie sur eux !

Actifs depuis 2009, le groupe a été déniché en Inde par le label français Panache qui, après une compilation du groupe vient de sortir leur nouvel album, le très ensoleillé Bismillah, à écouter de toute urgence!

ps: on a meme eu la chance de se retrouver à coté du groupe dans la fosse de Rock en Seine le dimanche durant le concert de Deerhunter, des hommes de gout c'est indéniable ;-)

mardi 30 avril 2019

Troy Von Balthazar à la Maroquinerie (29/4/19)


3 ans que l'on avait plus eu l'immense plaisir de voir sur scène le fabuleux Troy Von Balthazar, enfin de retour à Paris, sur la scène de la Maroquinerie pour défendre son 5ième album: "it ends like crazy"!

Voir Tvb en concert, c'est un sentiment très spécial, vraiment à nul autre pareil. Troy dégage une telle énergie positive et rassurante que l'on se croirait dans son salon, entouré de ses amis et en ayant le bonheur d'apprécier un moment rare d'échange et de communion…

Lorsque l'on connait tous les sacrifices auxquels l'artiste a consenti pour vivre pleinement sa passion en dehors de tout schéma mercantile, on sait à quel point ce genre de soirée est précieuse et rare! Troy respire la sincérité et il en est extrêmement touchant.

Comme à son habitude depuis la tournée de 2012 pour soutenir "is with the demon", Troy se produit seul sur scène et construit la plupart de ses morceaux à l'aide de pédales de loops. La nouveauté réside en la présence de 2 synthétiseurs, qui occupent d'aileurs une place prépondérante dans son dernier effort enregistré.



Tvb a présenté en version assez dépouillée plusieurs pépites de "it ends like crazy", comme le surprenant "Lullaby for psycho" métamorphosé dans une version guitare voix qui gagne en émotion, ou encore Hell ou Filthy Days. Ce 5ieme album, que Troy a composé et enregistré seul, tel un Hermite, en plein milieu de la creuse, n'est pas facile à appréhender car gorgé d'arrangements lofi qui consacrent une sorte de symphonie pastorale de chambre. On perd un peu en émotion pure ce que l'on gagne en nuances et en palettes de sentiments. C'est un disque qui mérite un temps certain de digestion pour livrer toutes ses promesses (rafraichissantes et enthousiasmantes). En live ces chansons expriment une immédiateté surprenante et nous rappellent le talent indéniable de leur auteur…

Tvb puisera dans chacun des ses superbes albums solo les classiques de son répertoire qui auront, bien sûr, ravi l'assistance: "heroic little sister", 'i block the sunlight out" (LP1), le magique et oublié "very very famous" (pépite du 2nd LP), l'immanquable "The Tigers" à cappella, "Tropical" (enregistré dans la cuisine de Leonard Cohen) et "white sail boat" (LP3) ou encore Astrid (LP4)…

Que du bonheur, pour une soirée inoubliable que l'on aurait voulue interminable!

A lire également Tvb au Supersonic et au point Ephémère (2012, 2010).


samedi 6 avril 2019

Bruit Noir et Michel Cloup Duo au Café de la Danse (5/4/19)


Pouvait-on espérer soirée plus alternative que ce cette double confrontation Bruit Noir / Michel Cloup Duo au Café de la Danse hier soir? Dans un monde aseptisé et sous chloroforme ou plus rien ne doit dépasser de la masse sous peine d'etre rasé gratis, il faut chercher pour trouver aussi décalé, lucide et revigorant que cette doublette de duos!



Bruit Noir, le side project du leader de Mendelson, Pascal Bouaziz, vient de sortir un second opus, II/III, radical, tranchant et sans concession. Sur des rythmiques synthétiques élaborées par son acolyte Jean-Michel Pirès, Pascal Bouaziz nous délivre des monologues percutants et qui laissent sans voix!

D'aucuns trouveront ce hip-hop slammé cynique et rempli d'une méchanceté gratuite alors qu'en fait les textes de Pascal Bouaziz sont d'un humour noir jouissif et brillant! En live, on est entrainé et on ne peut refréner un petit rictus amusé sur nos visages à l'écoute des paroles. Franchement c'est génial! Il faut écouter l'Europe, Paris, le Succès! c'est cruel mais tellement vrai et delivré avec la dose d'humour qui rend le tout imparable!

Le seul reproche à faire à ce concert est le fait d'avoir été trop court (40 mn), la faute à un couvre feu parisien trop hatif... Pascal Bouaziz s'en ait d'ailleurs beaucoup amusé lors des fameux intermèdes qu'il illumine entre les morceaux. Il devrait d'ailleurs s'essayer au Stand Up, il a l'humour et le charisme pour faire un carton en la matière! Oui dans un monde idéal Bruit Noir aurait du succès et ce monde serait forcément beaucoup mieux pour le paraphraser...



Après cette ouverture parfaite, Michel Cloup Duo a delivré un set solide, presque uniquement constitué des pièces du tout nouvel album sorti il y a une semaine, Danser sur les ruines... On n'a pas encore eu le temps de digérer complètement l'opus mais on apprécie sincèrement la volonté de se réinventer sur ce disque en introduisant plus de sons electro, de synthés et de groove en général, avec même des textes positifs pour tenter de nous projeter dans une sorte d'utopie au delà du marasme actuel.

En live, l'utilisation de pédales de loop et de sons préenregistrés donne du volume à l'ensemble, ca pète pas mal! Là encore, on aurait aimé un peu de rab, et même si le plaisir de découvrir l'album en entier en live est grand on aurait aimé retrouver quelques perles des disques précédents (Minuit dans tes bras, la classe ouvrière s'est enfuie...).

On notera l'idée originale et bien sentie, de laisser un artiste peintre dessiner une immense fresque dans le fond de la scène pendant le concert. Un mariage réussi!

Une soirée qui fait du bien, tout simplement!

A lire également Michel Cloup à la Maro en 2016 dans notre Top 10 2016 et 2014.