mardi 25 octobre 2022

The Libertines au Zénith (24/10/22)


 La bande à Pete Doherty et Carl Barat était réunie pour rendre hommage au 2Oième anniversaire de leur 1er album culte "Up the Bracket" au Zenith de Paris. On a d'abord hésité à prendre part à ce revival qui sentait la naphtaline mais une enième écoute de ce disque frondeur et électrisant aura réveillé assez de souvenirs et de sensations pour finalement se laisser tenter...

Il y a 20 ans, le retour en grâce du Rock permis par l'éclosion soudaine et inattendue d'un groupe new-yorkais racé aux mélodies imparables, The Strokes, trouva sa répercussion au Royaume-Uni avec ce 1er LP des Libertines. Produit par l'ex-Clash, Mick Jones, "Up the Bracket" et son rock foutraque d'obédience punk va marquer les esprits et ouvrir la route à toute une ribambelle de groupes UK qui feront date (The Coral, Franz Ferdinand, Kasabian, The Rakes...).

Les 2 branleurs Pete Doherty et Carl Barat forment un duo de songwriters très complémentaires. Des mélodies pop imparables, des soli de guitares entrelacées foutraques, des voix se répondant et l'énergie folle du rock, telle était la formule gagnante du gang... Malheureusement, les frasques de Doherty auront eu raison de la carrière du groupe qui enregistra tout de meme un second album éponyme en quelques jours, et qui contient quelques titres forts et des remplissages...

A l'époque de leur grandeur, on aura vu les Libertines 3 fois en 2003 et 2004 mais sans jamais voir Doherty absent pour cause de prison ou de cure de désintoxication... C'est certainement un petit miracle que Doherty soit encore en vie et même de retour en forme avec Frédéric Lo cette année, après 10 ans de traversée du désert...


Le concert du Zenith aura fidèle à leur légende, d'abord brouillon avec un son inaudible (on entend pas la voix de Barat sur les premiers morceaux) puis convaincant une fois la machine lancée. Meme avec un son dégeulasse, la puissance pop de chansons comme Death on the Stairs et Time for Heroes font mouche, leurs mélodies ressortant du désastre...

La second partie du set de Up the Bracket est bien meilleure, l'ingé son  réussissant enfin à maitriser la salle... La complicité retrouvée des 2 amis est belle à voir. Doherty semble en forme (et a désormais les formes...) et Barat a toujours la meme dexterité à la guitare... C'est ce qui fait la force de ce disque, tous ces petits soli mélodiques qui enveloppent les chansons... 50 minutes au compteur et un beau rappel de la force de ce LP...

La seconde partie du concert surfera sur cette tendance. Les Libertines sortent leurs hymnes et font chavirer un public ravi et connaissant les paroles par coeur. 2 extraits de l'album des retrouvailles (mollasson) de 2015, Gunga Din et l'émouvant you're my waterloo, et surtout 4 de The Libertines qui mettent le feu à la salle. On aura adoré l'éternel "Music when the lights go out" ou encore "can't stand me now".

Le concert se termine sur le single, hirs album, "don't look back into the sun"... Au final, ce sera de manière surprenante l'un de leur meilleur concert vu... Seul bémol, une salle un peu tiède dans l'ensemble, la fatigue du lundi sûrement... Les Libertines vont ils prolonger l'aventure en essayant de sortir un digne 4ième album? A suivre...

A lire également le role des Libertines dans les années 2000 ou Up the Bracket en Best Song Ever.

lundi 17 octobre 2022

Sorry au Pop-Up du Label (15/10/22)


Etonnant de voir jouer ce jeune groupe londonien ultra prometteur dans une si petite et exiguë salle... , Sorry, le band mené par le duo Asha Lorenz et Louis O'Bryen, amis d'enfance, fait partie des nouvelles sensations venues d'outre manche... 

Encore une... Après les visites récentes de LIFE, Sinead O'Brien, Working Men's Club ou encore Wu-Lu, Sorry dénote, dans un registre plus pop que ses contemporains. En brassant de nombreuses influences dans un maelstrom pop indé de leur sauce, Sorry parvient à faire vibrer la corde sensible. Entre mélancolie, exaltation, doute et optimisme de leur jeunesse, les londoniens proposent une musique attachante et qui prend aux tripes...


Dans un Pop-Up du label plein à craquer, Sorry vient présenter son tout récent second album, "Anywhere but Here", sorti une semaine plus tôt. L'assistance est assez jeune, normal pour un groupe à la moyenne d'âge autour de 24 ans. Le chant et la présence d'Asha sont vraiment le point fort du groupe. Asha prend le public par la main pour l'amener dans un rollercoaster émotionnel passionnant...

Remplies de mélodies vocales catchy, les chansons de Sorry gardent ce côté décalé du DIY et du bricolage. C'est rafraichissant, enthousiasmant... 19 titres joués en un peu plus d'une heure, dont 4 issus de EP et le reste de leurs 2 premiers disques. Sorry est prêt pour prendre toute la lumière dont ils avaient été privés pour leur 1er LP sorti en mars 2020, juste avant les périodes de confinements et d'arrêt des concerts...

A lire également la nouvelle vague UK : LIFE, Wet Leg, King Hannah, Fontaines DC...

vendredi 14 octobre 2022

Bob Dylan au Grand Rex (13/10/22)


 On ne pourrait résumer en quelques lignes la carrière de la légende Bob Dylan (ou la légende de la légende à la lecture des inestimables Chroniques volume 1...). Prix nobel de littérature quand même, ca pose la stature de Monsieur Zimmerman, auquel John Lennon ne croyait pas (God)... 

Dylan qui a donc su donner ses lettres de noblesse à l'écriture rock était de passage pour 3 soirs au Grand Rex à Paris.  Bien que ultra fan de sa période sixties dorée, c'est la 1ere fois que l'on voit l'artiste en concert, il était presque temps...

81 ans au compteur, 60 ans de carrière et une moitié de setlist remplie par son dernier album en date, le 39 ième,  joué en intégralité. Un seul titre des de sa glorieuse décennie sixties : "Most likely you go your way and I'll go mine", issu de Blonde on Blonde. Franchement, quel artiste populaire se permet aujourd'hui de ne jouer aucun de ses hits? Bob Dylan et... c'est tout.... Unique ce mister Bob...

Entouré d'un groupe ultra précis (1 batteur, 1 bassiste,  3 guitaristes dont 1 steel guitar et Dylan au piano), on entend un blues subtile et éternel. une beauté et une authenticité belle à pleurer. Les morceaux du récent Rough and Rowdy ways sonnent tellement juste. L'atmosphère à la fois sereine et contemplative renvoie à la fin de carrière des grands noms du Blues. Ces dieux en fin de route inspirent le respect et l'admiration, non pas pour ce qu'ils ont été mais pour ce qu'ils représentent, construits par une vie d'expériences et de passion...

On aura été marqué par des titres comme "I countain multitudes", tellement il synthétise une vie dylanesque, Black Rider, My own version of you, Cross the rubicon ou encore cet ambigu et touchant "Gotta serve somebody" (de sa période born again).

une soirée exquise et intemporelle... Vraiment... On aura meme eu le temps et la chance de voir Dylan sortir du Grand Rex et rentrer dans le van qui le ramenait à son hotel, à quelques centimètres de la légende, toujours aussi proche et insaisissable... Dylan

Pas de photo puisque les téléphones étaient interdits dans la salle...

A lire également, Bob Dylan en Best Song Ever : "Like a rolling stone"

samedi 1 octobre 2022

LIFE au Point Ephémère (30/9/22)


 Encore un nouveau groupe ultra excitant venu de la terre du Brexit. LIFE (quel nom!) était de passage au Point Ephémère pour soutenir son 3ième opus, le succulent North East Coastal Town sorti cet été du coté de Liquid Label.

LIFE n'est pas le groupe UK dont on parle le plus dans ce déboulé de talents qui s'épanouissent dans le chaos des crises successives... Comme à la fin des années 70, il semble que la crise sévère engendre au Royaume Uni une flopée de rejetons qui transforment la merde ambiante en art! 

Alors que leur 3ieme LP est un grand disque où leurs influences punk nourrissent des mélodies imparables, à moins que ce ne soit l'inverse, on ne comprend pas vraiment que LIFE ne soit pas plus remarqué... 


Pourtant sur scène, l'énergie folle véhiculée est contagieuse. Dès le 3ieme morceau, le chanteur Mez Sanders-Green descend dans la fosse et crée une mini émeute. Les pogo sont lancés et ne s'arrêteront presque plus durant tout le concert. Il faut dire que l'énergie punk du combo ne peut qu'amener son auditoire à se trémousser, à se dépenser, à se libérer et tout ça dans un joyeux bordel.

LIFE jouera la quasi intégralité de son nouvel album et il est clair que ce disque les voit passer un sacré cap. Ce disque regorge d'hymnes aux refrains fédérateurs imparables et aux mélodies qui vous restent scotchées dans le crâne un moment.


La plume est aiguisée et percutante avec des  punch lines qui font mouche (Big Moon Lake, Almost Home, Self Portrait, The Drug). Et avec une chanson du calibre de 'Friends without Names' LIFE tient même son classique instantané. On entend meme du Johnny Rotten ou du Iggy Pop dans la voix de Mez...

Quel bonheur cette soirée, un vrai bon groupe de live qui vient défendre un disque impressionnant et jouissif! Que demander de plus...

A lire également le renouveau rock UK avec Yard Act, Wet Leg, Working Men's Club, Fontaines DC ou encore Sinead O'Brien.