samedi 16 décembre 2017

Best of 2017 : Le classement MRM des 10 meilleurs albums


Une nouvelle année qui se termine et qu'on a pas vu passer... En 2017, beaucoup de bons disques mais un choix final très compliqué car aucun disque ne s'est vraiment détaché du peloton. Mais il faut bien une image arrêtée pour satisfaire au rituel du classement MRM des 10 meilleurs albums, alors lançons nous...

Cette année, la palme revient, comme souvent en ces pages, aux artisans qui livrent une oeuvre pleine de passion, d'authenticité et d'une certaine candeur réjouissante... Tout ce que l'on retrouve dans le second album du duo familial vendomois Ropoporose. Avec Kernel, Foreign Moons, Pauline et Romain nous livrent une disque exquis, tout à la fois raffiné, tendu et explosif. Le son de la batterie (très albinesque) est dantesque et propulse littéralement les guitares et la voix dans une stratosphère sonore pleine de groove et de puissance... Un régal d'album

En tentant pas mal d'expérimentations sonores,  The National, sort enfin un grand disque audacieux qui souffle un vent frais et envoutant sur des compositions toujours aussi mélodiques et recherchées.

Steve Albini a encore fait des merveilles cette année, et cette fois sur le son du "strange peace" de Metz (non pas la ville franaçaise mais le groupe canadien de punkrock/noise) qui ravage tout sur son passage.

On voit dans le duo (tiens encore un) Mount Kimbie, de dignes successeurs de Boards of Canada. "Love what survives" émerveille et rend la journée plus douce. Liam Gallagher revient enfin à ce qu'il sait faire de mieux : des blagues désopilantes sur twitter... et du rock brut et direct avec cette gouailles, cette nonchalance et ce petit supplément d'âme qui en fait un frontman unique.

James Murphy a réussi à nous rappeler pourquoi on avait été un fan de LCD Soundsystem depuis ses tout débuts avec "Losing my Edge", chose que le patron de DFA n'arrive définitivement pas à faire... Godspeed You Black Emperor revient avec un album lumineux dont chaque écoute crée sa propre expérience...

En terme de raffinement et de souplesse pop, Grizzly Bear trace sa route et démontre avec "Painted Ruins" qu'éxigence peut rimer avec succès populaire : réconfortant. King Krule, qui nous rappelle le Tricky Kid des débuts, nous fascine avec un LP qui ne ressemble à aucun autre. L'éternel Thurston Moore rallume la flamme de Sonic Youth tandis que St Vincent provoque tout en retrouvant un élan mélodique perdu sur son précédent album.

MRM TOP 10 ALBUMS 2017:

1. Ropoporose : Kernel, Foreign Moons (Yotanka)
2. The National : Sleep well beast ( 4AD)
3. Metz : Strange Peace (Subpop)
4. Mount Kimbie : Love what survives (Warp)
5. Liam Gallagher : As you were (Warner)
6. LCD Soundsytem : American Dream (DFA)
7. Godspeed You Black Emperor : Luciferian Towers (Constellation)
8. Grizzly Bear : Painted Ruins (Warp)
9. King Krule : The ooz (XL)
10. Thurston Moore : Rock'n'roll Cousciousness (Matador)
10. St Vincent : Masseduction (Loma Vista)

Pas loin du Top 10 : Mogwai, Slowdive, Gorillaz, Jesus and Mary Chains, The Horrors, Kori, Algiers, Ride...

MRM TOP 5 SONGS 2017:

1. Ropoporose : None
2. Gorillaz : Andromeda
3. Algiers : Underside of Power
4. Queens of the Stone Age : Feet don't fail me now
5. Liam Gallagher : Chinatown

A suivre le MRM TOP 10 CONCERTS 2017, et à relire les classements 2016, 2015...


jeudi 26 octobre 2017

St Vincent au Trianon Paris (24/10/17)



Le retour d'Annie Clark, alias St Vincent à Paris au Trianon pour la promo de son nouvel opus, Masseduction, a clairement créé la polémique! En nous obligeant à nous interroger sur notre rapport au live dans notre monde ultra-connecté, St Vincent lance un pavé dans la mare...

Après 3 premiers disques d'un pop sophistiquée où la chaleur et la proximité dominaient, St Vincent s'est lancée en 2014 dans une approche artistique plus poussée où l'image, la chorégraphie et la posture se mélangent à la musique pour créer une oeuvre complète... Le détachement et la froideur en résultant nous avait un petit peu éloigné d'Annie. Avec Masseduction, St Vincent persiste dans une voie électronique et synthétique mais en y insufflant une dose de pop qui radoucit et ensoleille le propos.

Après avoir dénoncé nos vie ultra-connectées dans son LP éponyme précédent , l’américaine évoque sur Masseduction (à la pochette très provocatrice) ses rapports à la séduction au pouvoir et au media dans le contexte de nos sociétés consuméristes... Et pour étayer son propos, St Vincent se produit seule sur scène. Sur un backing track elle chante et joue de la guitare...

Expérience déroutante pour les amoureux de performance live... Assiste-t-on à un super Karaoké ou à un live show d'un nouveau genre? La première partie du show où sont interprétés des extraits des 4 premiers albums nous laisse perplexe. Sans aucun jeu de scène et peu de jeux de lumières, Annie se contente de changer de place sur la scène à chaque titre... Les chansons y perdent de leur spontanéité et disons même de leur magie... C'est la déception...

La seconde partie du spectacle tournera autour de Masseduction joué dans son intégralité. Avec l'appui de l'immense écran derrière elle, le show prend une autre tournure et le coté synthétique et programmé des morceaux rend leur interprétation dans ce contexte plus naturel (si on peut le dire).

Au final, on sors du Trianon avec un sentiment bizarre. En tant qu'amoureux du son et du lien organique entre un artiste et son audience on repart frustré. Cependant, la prise de risque et la volonté de St Vincent de bousculer et de faire réfléchir son public dans le cadre d'une oeuvre globale force le respect...

A lire également St Vincent à la Cigale en 2014 et au Café de la Danse en 2011

mardi 25 juillet 2017

Liam Gallagher, Pixies, Alt-J et les Red Hot à Lollapalooza Paris (23/7/17)


La franchise mondiale Lollapalooza a donc fait son arrivée sur les bords de la Seine en juillet 2017. Ancien festival itinérant façon artisanal lancé par Perry Farell  pour partir en tournée avec son groupe, Jane's addiction, et fédérer une partie du rock indé US au début des années 90, Lollapalooza est désormais une grosse machine propulsée par le Géant Live Nation!

On est à  mille lieues de la petite sauterie entre amis des débuts. Ici les moyens sont colossaux et la prog à tomber : en une journée Liam Gallagher (grands débuts en solo cette année), les Pixies, Alt-J, IAM, les Red Hot Chili Peppers... On croit rêver...

Le site de l'hippodrome de Longchamp n'a pas beaucoup de charme comparé au Parc de Saint Cloud et la circulation vers les 2 scènes alternatives était clairement un calvaire, mais dans l'ensemble c'était très solide ce premier round...

Et enchaîner Liam Gallagher et les Pixies, sans aucune transition fut une expérience assez bluffante! Le dernier né des Gallagher bros a assuré! Ses premiers morceaux en solo déchirent en live (Bold, Greedy Soul, Wall of Glass, Chinatown), c'est incisif et plein de l'aura du chanteur d'Oasis qui semble avoir retrouvé la flamme après les errements Beady Eye.

Car en terme de presta sur scène, Liam est une vraie bête! Il a ce truc sauvage de passionné. Très pro du début à la fin, on le sent très concentré et pleinement dans l'énergie. On dirait presque qu'il joue une partie de sa vie sur ces prestations, comme si il sentait qu'il devait reconquérir son public! Et ca marche... Et quel plaisir de ré-entendre la fougue de titres cultes d'Oasis comme Rock'n'Roll Star (il n'y a que Liam qui puisse chanter ça en restant crédible une minute); Morning Glory; Slide Away... Et contrairement à Noel, Liam replace sur la carte l'album honni, Be Here Now , celui qui sonna la fin de l'age d'or du groupe, mais qui fait partie intégrante de l'histoire éclatante de ce combo de lads qui conquit le monde avant de se vautrer dans une fin d'empire chaotique et grandiloquente sous influence de la poudre blanche (Do you know what i mean et Be Here Now)...

Un final avec un Wonderwall guitare/voix, comme un pied de nez à son frère, qui aimait à la grande époque, reprendre ce titre seul en scène avec sa guitare acoustique au moindre écart du chanteur!

Moins d'une minute après la fin du set de Liam, débarquent les Pixies sur la scène adjacente, et là encore c'est une tuerie! Franck Black est en grande forme et a décidé de tout balancer aujourd'hui (le concert est filmé). 1 heure dantesque sur les chapeaux de roue, sans temps mort. 19 chansons balayant tout le spectre Pixies, avec beaucoup de Doolitlle (Debaser, Monkey, un Hey fabuleux, Wave...) et 5 extraits du dernier (bon) LP en date. Super moment...

On terminera la soirée sur un bon Alt-J, mais bizarrement placés sur la petite scène alternative inaccessible, pour constater que les Red Hot Chili Peppers en live c'est effectivement super efficace. Les gars sont de très bons musiciens, c'est indéniable, mais c'est presque dans les moments de lâchage entre les morceaux qui'ils sont les meilleurs...

Belle journée de grosses tètes d'affiche... Et dans le combat de poids lourds qui s'annonce avec Rock en Seine (AEG, le gros concurrent de Live Nation devrait entrer au capital de RES suite au rachat par M. Pigasse) espérons que la diversité musicale sera une vraie ambition et que les indé, français notamment, seront invités à la fête! Il est bon de rêver de temps en temps...


lundi 10 juillet 2017

Guns 'n' Roses au Stade de France (7/7/17)


Axl, Duff et Slash ensemble au Stade de France! Il y a quelques mois encore une tel évènement paraissait totalement impossible! Au moment de leur séparation il y a plus de 20 ans, l'enceinte des footballeurs français champions du monde n'était pas encore sortie de terre. Pour paraphraser Axl, cette réunion ne devait pas avoir lieu dans cette vie et c'est très subtilement que cette reformation est baptisée "Not in this lifetime Tour".

Bien sûr, après avoir été les dieux du Rock au détour des années 90, les Guns avaient pris un coup de vieux après la déferlante de Seattle (Nirvana, Soundgarden, Alice in Chains) devenant très vite synonyme de ringard, à tel point que Kurt Cobain déclara avoir conçu "In Utero" en contrepoint pour faire fuir les affreux fans de Guns 'n' Roses qui avaient trop acheté Nevermind à son goût...

24 ans après les avoir vu à Lyon, on a pas hésité une seconde au moment de l'annonce du concert pour prendre nos places et même si l'excitation était importante c'est sans attendre grand chose que l'on se dirigeait vers le SDF... Forcément, cette immense tournée mondiale est ultra lucrrative (150 millions de dollars de chiffre d'affaires rien que sur le continent américain, Amsud compris). Ca donne le tournis et on comprend mieux que l'impossible devint possible... D'où certaines craintes légitimes de vivre un moment réchauffé sans saveur...



Et bien, aussi surréaliste que cela puisse paraitre, on a vécu un grand moment, régressif certes mais tellement jouissif et authentique! et donc rare... Ultra pro du début à la fin : début à l'heure, 3h20 de concert, une musicalité incroyable avec des jams monumentaux sur une version instrumentale à 2 guitares du "Wish you were here" de Pink Floyd ou le thème du Parrain légendairement repris par Slash. Beaucoup d'émotions avec une cover de Soundgarden, "Black Hole Sun" en hommage au défunt Chris Cornell, et bien sûr l'enchainement des morceaux d'anthologie GUNS : Welcome to the Jungle, Sweet Child O'Mine, it's so easy, Mr Brownstone, Don't cry, Rocket Queen, You could be mine... la liste est longue... et des morceaux emblématiques, non single-isés, comme Coma ou Double Talkin Jive...

Même November Rain sonnait d'enfer, et bien sûr mis le SDF en transe. Au même titre que les reprises à la sauce Guns de Paul Mc Cartney, Live and Let Die, Bob Dylan, Knocking on heaven's door et un immense Whole Lotta Rosie, qu'Axl masterise complètement depuis sa pige chez AC/DC l'an dernier... Enorme en tous points ce concert!!! Osons un "d'Anthologie"!

Un moment de communion, une sorte de messe joyeuse et célébrée avec 70 000 convives, dont la moitié avec un t-shirt des Guns. Ca rappelle plein de souvenirs mais ca se vit également au présent. Les 3 anciens potes brouillés montrent qu'il sont heureux de retrouver leur légende et de la partager avec leur public...

Que ca fait du bien!

A lire également l'épisode Best Song Ever avec "it's so easy"

mercredi 28 juin 2017

Où en sont-ils 3 ans après la sortie de "Underground Revolution (part 76)"?


"Brut de Rock" pour Rolling Stones, "Radicalisme de la proposition" pour Villa Schweppes, la compilation "Underground Revolution (part 76)" n'était pas passée inaperçue lors de sa sortie en 2014. 3 ans après, où en sont les protagonistes? Tour d'horizon dans l'ordre d'apparition sur le 33 Tours Vinyle...

LOVE SUPREME DISSIDENTS

Un titre d'ouverture post-punk et frondeur qui donnait le ton! Un EP enregistré et mixé par Nicolas Leroux qui devait sortir dans la foulée mais qu'on attend toujours... Les 3 musiciens disséminés sur 3 continents différents semblent avoir perdu la connexion... Mais une jam session à Chicago en aout dernier pourrait bien relancer l'histoire... A suivre

BURNING ALMS

Depuis la sortie de leur génial premier album chez Smalltown America en 2014, le duo s'est mis en stand-by pour cause de déménagement du chanteur/guitariste, John, à Londres. Mais grande nouvelle de 2017, Burning Alms revient sur scène début Août et s'est mis au travail pour donner un successeur à "In Sequence".



Entre temps, le batteur Tom, a sorti un premier album electro d'obédience dream pop avec son projet Simple Eyyes. Le disque en question est sorti l'année dernière sur le label japonais Nature Bliss

MOSLYVE

Le groupe central du label MRM n'est plus. Après la sortie d'un ultime album en 3 versions différentes, Moslyve a donné un concert d'adieu à Paris en avril 2015.

Depuis, les 2 membres fondateurs du groupe, Sylvain et Amaury, ont repris du service avec AMAIN ARME, duo guitare/batterie qui sert un rock noise énergique et passionné en français dans le texte pour un rendu totalement unique dans le paysage du rock français.

Amain Armé a enregistré son premier album à Chicago avec le légendaire Steve Albini (Nirvana, Pixies, Ty Segall et bien d'autres...). Un premier extrait des sessions, "Liberté", a été dévoilé. Le second, "Crêpe Humaine" devrait débarquer très bientôt. Pas encore de date de sortie pour l'album, ni de label approché... A suivre.



Dans le même temps, l'un des 2 chanteuses de Moslyve, Nathalie, a enregistré, sous le nom de Josef, un 2-titres avec Nicolas Leroux, que l'on ne présente plus. A écouter ici  Un album serait en préparation...

CHINESE ROBOTS

Les supers actifs Chinese Robots (1 45 tours et 2 EP en quelques mois sur le label MRM) ont connu pas mal de changements depuis 2014. Repartis en formule trio ultra efficace en live, Pierre-Hubert et ses compères préparent le tant attendu premier album du groupe. D'ici là ils pourraient surprendre leur monde pour quelques prestations exceptionnelles en formule restreinte et tubes repensés dans une optique dépouillée et inventive.



CHINESE ARMY

Oan et Benoit n'ont pas perdu leur temps depuis la sortie de la compile. Après une double page dans Rock & Folk, Chinese Army a réalisé de belles performances scéniques, mêlant admirablement images et sons, dans des salles de renom comme la Maroquinerie, la boule noire, petit bain ou tout récemment le musée d'art contemporain des abattoirs de Toulouse. Entre temps, le duo s'est enfermé en studio pour produire son premier album dont la sortie ne devrait pas avoir lieu avant décembre ou janvier prochain.



TEACH KIDS MANNERS

Très actif, le trio enchaîne les dates (1ere partie de Julien Doré l'année dernière, festival Comète et Coucoul, Point Ephémère...) et a même joué le mois dernier un concert privé dans le très sélecte Club Silencio à Paris. Un second EP, co-réalisé avec le groupe Omoh et mixé par Antoine Gaillet au studio Soyuz, est prêt et devrait sortir à l'automne.



En parallèle de TKM, le leader du groupe, Gillian, joue avec son frère dans Famonty, où il explore plus en profondeur ses influences abstract hip-hop. 3 titres hautement recommandables sont en écoute sur leur Soundcloud. Gauthier, le bassiste et multi-instrumentiste de TKM joue quant à lui au sein du groupe Pointe Noire avec Baptiste Homo et Marie-Flore (tous deux dans Omoh)

NICOLAS LEROUX

Responsable du mixage de la moitié des titres sur la compilation (Moslyve, Love Supreme Dissidents, les 2 titres acoustiques de Chinese Robots), le chanteur-compositeur-interprète au talent fou et réalisateur-mixeur émérite a déménagé en Bourgogne depuis 2 ans et réaménagé son studio sur place. C'est là bas qu'il prépare le retour de son projet FUGITIVE KIND. Après un album remarquable de sensibilité, de nuances et de poésie, la suite de ses aventures est attendue avec impatience...

Pour le plasir on s'écoute la compile... ;-)




A lire également notre article un an après la sortie de la compile

vendredi 16 juin 2017

Algiers au Silencio (15/06/17)


Algiers, le groupe du moment, en concert dans le club de David Lynch à Paris c'était forcément immanquable! Mais on a failli passer à coté!

Ca faisait des semaines que l'on guettait l'annonce du concert d'Algiers à Paris le 15 juin avec pour seule référence cette "unknown venue" en lieu et place de la salle sur leur site internet... Un simple post sur leur page Facebook précisait mercredi soir qu'il fallait contacter le groupe sur leur adresse g-mail pour avoir des précisions... On s'en aperçoit le lendemain, jour du concert à 14h et on joue le jeu... 20 minutes plus tard on nous répond que l'on vient d’être ajouté à la guest-list pour le soir même dans le très tendance Silencio (club apparenté à M. David Lynch)...

Petite salle cosy, pleine à craquer et ambiance club qui sied parfaitement au son et à la mentalité accrocheuse et revendicatrice des 3 d'Atlanta, rejoints depuis peu par l'ancien batteur de Bloc Party, Matt Tong. Première surprise, leur leader, Franklin James Fisher s'exprime dans un français parfait! Avec un son plutot bon, Algiers va interpréter la quasi-totalité de son premier album, avec bien entendu les perles que sont devenues Black Eunuch, Old Girl, Blood ou Claudette...

On aura droit à quelques morceaux du tant attendu second LP, qui sortira dans une semaine (le 23/06). On aura pu reconnaître les deux singles annonciateurs : "Underside of Power" et "Cleveland" et un remarquable morceau de fin de concert qui se termine en mode jazz-fusion avec Franklin James Fisher derrière un Fender Rhodes de circonstance rappelant les intentions psyche jazz d'un Keith Jarrett encadré par Miles Davis (période cellar door).

Un groupe remarquable, très politisé dans son expression et ses thèmes de prédilection, et qui se nourrit de la riche actualité anxiogène (Brexit, Trump) dans lequel ce second album semble avoir puisé sa source.

Il y a quelque chose de très profond avec leur musique et la voix est juste géniale...A suivre de près...

vendredi 7 avril 2017

Drinks au Point Ephèmère (6/4/17)


Drinks c'est le projet hirsute de Cate Le Bon et Tim Presley (plus connu sous le pseudo White Fence). Un véritable ovni qui déboula dans le cadre intimiste du Point Ephémère hier soir pour une performance véritablement enthousiasmante!

Difficile d'expliquer à quoi ressemble la musique des 2 compères. C'est assez libre, voire freeform, mais on pourrait, avec un peu d’imagination, penser à un Syd Barrett jamant avec Pavement dans un bol de krautrock... Barrett s'entend clairement dans ces voix monotones, perchées et capable de dérailler joliement. Pavement c'est pour le bordel organisé et dissonant en totale nonchalance et le krautrock pour ces sonorités et rythmiques bizarres, sombres et décalées...

Et on a bien eu tout ça hier et plus encore..  C'est vraiment rafraîchissant de voir des groupes comme Drinks qui jouent pour le plaisir de jouer. Pas de plan marketing, peu de promo (qui savait que ce concert avait lieu?), pas grand chose sur les réseaux sociaux... Il fallait venir, être présent et profiter de ce moment rare de partage d'un délire sans aucune prétention...

Sur scène, Cate le Bon attire les regards grâce à une présence et un charisme naturel. Le duo fonctionne vraiment bien avec un Presley plus effacé mais non moins ultra investi. La section rythmique enrobe parfaitement l'ensemble (la basse ronde et tout en déhanchement est ultra efficace).

Au milieu des déjà classiques "Focus on the Street", "Hermits on holiday" encore "Laying down Rock", quelques inédits qui permettent de rêver à un successeur rapide au premier essai datant de 2015... Wait and see...

Une soirée exquise!

A lire également quelques Pavement-itudes pour le plaisir...

mercredi 5 avril 2017

Ropoporose à Petit Bain (4/4/17)



Ca faisait longtemps que l'on avait pas attendu un concert avec tant d'impatience. En sortant, il y a quelques semaines, leur second album "Kernel, Foreign Moons", la fratrie Ropoporose (Romain/Pauline) nous a ébloui. Un disque vraiment fascinant, rempli d'idées, de tension rock et de mélodies addictives.

Sur ce second disque, on sent une grande maîtrise de leur sujet et un savant dosage d'influences diverses et variées. Si leur premier LP "Elephant Love" sonnait rempli de fraîcheur et d'enthousiasme, son successeur sonne de manière plus mature (malgré leur belle jeunesse) autant grâce à des compos soignées réussissant l'alliage improbable entre complexité des structures et évidence mélodique qu'à la qualité de l’enregistrement, notamment au niveau du son de batterie : brut, ample et spatial (avec l'apport à la prod de Thomas Poli).

En live, les attentes ne sont pas déçues. Le set est enlevé, puissant et on sent une vraie osmose entre le frère et la soeur. C'est communicatif! On pensait que sur scène, le duo simplifierait les chansons à l'essentiel. Que nenni, avec la technique éprouvée des loops en direct, Pauline additionne sur chaque morceau, les strates de guitares, et même de synthés, qui construisent l'univers singulier de Ropoporose. Une prouesse technique qui requiert une grande concentration. Un quasi sans faute si on excepte un loupé sur un morceau, il faut le dire, plutôt complexe...

Ropoporose a déjà à son répertoire un paquet de chansons immenses. Moira, Consolation ou 40 Slates du premier LP et les fabuleux nouveaux titres que sont Horses, Guizmo, Moon, Faceless Man et surtout l'immense None! De quoi régaler en live les aficionados d'un rock indé classieux, inventif et d'une grande sincérité.

Déjà l'un des grands moments de notre année musicale!

Pour finir, mention spéciale à Yacht Club, que l'on découvrait complètement en ouverture de la soirée. Les 4 tourangeaux sortent des sons totalement improbables avec leurs instruments (guitares, batteries et patchs, synthés) dans un style mélant math rock/electro voire weird world music.  Il y a une vraie recherche sonore et une envie certaine d'aventure sonique! Les titres plus rythmés soulèvent l'enthousiasme, on ne comprend pas trop ce qu'il se passe mais on est comme aspiré dans ce déluge sonore aux sonorités complexes mais au final presque évidentes... A suivre...